Source : GRAVITATION
Auteur(e) : Lysanea (lysaneahotmail.fr)
Genre : yaoi, romance, LIME (léger)
Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf mention contraire, on verra au fil des chapitres.
Chapitre trois : souvenirs, souvenirs
Pairing : Shuichi/Yuki (pour l'instant) Ryuichi/Tatsuha
Personnages :
Chapitre Trois : souvenirs, souvenirs
Shuichi trouva les deux frères dans la cuisine, occupés, ensemble, à la préparation du dîner, tout en discutant. Il sourit devant ce tableau. Ce n'était pas la première fois, mais cela l'émouvait toujours beaucoup.
Yuki leva les yeux et surprit son regard et son sourire. Il lui sourit à son tour, l'invitant à les rejoindre.
- Deha ?
Tatsuha se tourna vers lui alors qu'il s'avançait pour les aider.
- Il a hâte de te revoir, tu lui manques beaucoup, dit-il en posant sa main sur son épaule. Il te propose donc de venir dès le lendemain de notre arrivée à Toronto, le 17. Et selon comment ça se passera, vous reviendrez le 21, ou après, mais pas avant car il ne peut se libérer.
- Pourquoi si tôt ? voulut savoir Yuki.
- Il prévoit de nous aider. Je lui ai dit que c'était inutile, vu qu'il y aura nos deux familles pour cela. Vous pouvez donc arriver le 22, voir le 23 au matin, pour bien vous installer. Vous verrez quand vous y serez.
- Merci beaucoup, Shui-chan. Merci à vous deux. Et sinon, comment va-t-il ?
Shuichi sourit tout en s'occupant des légumes.
- Il m'a semblé plutôt en forme ! Il a dormi ces deux derniers jours, à cause d'un concert épuisant. Je l'ai laissé qui se préparait pour une interview. Je compatis ! Moi, j'en ai fini avec tout ça !
- C'est sûr que ce n'est pas cet aspect que tu peux regretter, remarqua Yuki.
Shuichi abandonna ses tomates, posa sa main sur la sienne et captura son regard.
- Je n'ai aucun regrets à avoir, ni maintenant, ni plus tard. Rien ne me manque vraiment, j'ai tout vécu à 100 et à cent à l'heure, j'ai fait tout ce que je voulais, c'est fini à présent. Je chéris des souvenirs, mais sans regrets, parce que je suis heureux que ça se soit arrêté. J'ai autre chose à vivre avec toi, loin de tout ça, et c'est mon seul rêve aujourd'hui. Compris ?
- Compris, assura-t-il en déposant un baiser sur son front.
- Bien .
- Dites, c'est mon tour d'avoir une bonne idée : pourquoi vous n'iriez pas profiter un peu l'un de l'autre, pendant que je termine le repas ? Ca me ferrait plaisir.
- C'est gentil, Tat-chan, mais…
- Pas de mais. T'es revenu ce matin, Shui-chan, vous ne vous êtes pas vu depuis quatre jours. Cela vous fera du bien, vraiment. Et n'ayez pas peur pour le dîner, non seulement je cuisine bien, vous avez déjà pu le constater, mais en plus, il n'y a plus grand chose à faire. Allez-y !
Les deux amants se regardèrent et se décidèrent.
- Merci, Tat-chan.
- Merci, otouto, reprit Yuki en passant sa main dans ses cheveux.
- Je vous dois bien ça ! Shui-chan, une dernière chose…
L'interpellé se retourna sur le seuil de la cuisine.
- Haï ?
- Je me demandais ce qu'avait bien pu te raconter Ryui-chan pour que tu sois écroulé de rire à ce point.
L'ancien chanteur des Bad Luck sourit.
- Vous m'avez entendu, alors… En fait, il m'a raconté ce que Renée lui avait fait, enfin à Kumagoro. Figurez-vous qu'un soir, il est rentré chez lui et a trouvé Kumagoro suspendu par les deux oreilles sur le fil à linge, en train de sécher.
Tatsuha ouvrit de grands yeux, interdit, voire horrifié.
- Elle a pas osé… non, elle aurait pas osé faire ce que je crois…
- Si, elle l'avait mis dans le lave-linge…
L'hilarité reprit Shuichi, et cette fois, elle fut partagée par Yuki. Tatsuha s'indigna encore plus en voyant dans quel état cela les mettait. Il pointa un doigt accusateur sur eux.
- Boutoku ! Et vous osez rire bêtement ! Honte à vous ! Hors de ma vue ! les chassa-t-il en leur balançant un torchon.
Se tenant comme des enfants, les deux tourtereaux gagnèrent leur chambre en riant encore.
« Je rêve ! Elle est vraiment cinglée, cette nana ! Avec ça, je suis sûr qu'elle ne remettra jamais plus les pieds chez lui… »
Il s'activa aux fourneaux, mais son esprit continua à errer et il se plongea dans ses souvenirs. Il se remémora le Noël qu'il avait passé avec Ryuichi, un an et demi plus tôt.
Le chanteur était revenu au Japon pour passer le Réveillon avec tout le monde, chez Mika et Tohma. Ils le fêtaient depuis la naissance de leur fille, pour la magie du sapin et les cadeaux. Tohma était chrétien, mais la famille de Mika était bouddhiste. Comme beaucoup, ils baignaient un peu dans toutes les religions…
Yuki, qui ne buvait jamais beaucoup, avait fait le chauffeur, et avait déposé Tatsuha et Ryuichi chez le jeune homme, dans l'appartement qu'il avait à Tokyo.
Ils avaient été directement dans la chambre et s'étaient écroulés sur le lit.
- Je suis mort… avait soupiré Tatsuha en se tournant vers Ryuichi. Enfin, j'ai encore des réserves… s'était-il repris en l'embrassant.
Ryuichi l'avait renversé avant d'appuyer son corps contre le sien de tout son poids, et de relever ses poignets au-dessus de sa tête.
- Je ne voulais pas de ce genre de relation entre nous, Tsu-chan, où on se voit, on couche ensemble, et le lendemain, chacun retourne à sa vie loin de l'autre.
Tatsuha avait soupiré et tenté mollement de se dégager.
- Dans ce cas, je vais m'installer dans l'autre chambre.
- Iee, je veux que tu restes.
- Tu ne sais plus ce que tu veux, ni ce que tu dis, mon Ryui-chan, s'était-il moqué avec tendresse.
Le chanteur l'avait embrassé un court instant, sans lui laisser le temps de répondre à son baiser.
- Mais je sais ce que je veux maintenant. Toutes mes bonnes résolutions se sont envolées au cours de la soirée. J'ai envie de toi, Tat-chan. Si t'en as la force, repousse-moi. Parce que je ne me sens pas capable de te laisser partir, si tu ne me le demandes pas avec plus de conviction.
- Pourquoi ferais-je une chose aussi stupide ? avait-il répliqué en se libérant et en le renversant sous lui. Je compte bien finir la nuit ici, puisque tu le veux autant que moi.
- Ce n'est pas raisonnable.
- S'il y a bien un moment qui peut ne pas l'être, c'est celui-là. Fais-moi l'amour, Ryui-chan, Prends-moi, aime-moi, épuise-moi.
Le chanteur avait souri avant de le renverser sous lui à son tour.
- Tu m'en demandes beaucoup, mais je ne peux pas dire non, c'est Noël, quand même !
- Quel prétexte, surtout pour un athée !
- Je n'en ai pas besoin, kozou.
Il n'avait pas laissé Tatsuha protesté et l'avait embrassé.
Ils n'avaient pas fermé l'œil durant les quatre heures qui les avaient séparés de l'aube, alternant discussions et fougueuses étreintes.
Tatsuha fut brutalement tiré de ses pensées par une sensation de chaleur intense sur sa main : il était en train de se brûler, ni plus, ni moins…
Il retira précipitamment son bras du four, puis l'y engagea plus prudemment pour mieux placer le plat, avant de le refermer. Il régla le programme pour la cuisson, puis s'occupa de dresser la table pour le dîner.
Calculant qu'il restait une bonne heure avant de pouvoir passer à table, il décida de se mettre à jour au niveau des Enseignements et des prières, puis, éventuellement, de revoir le déroulement des cérémonies auxquelles il devait encore participer.
Au moins durant ce temps de méditation, il ne penserait pas à Ryuichi. Ce qui n'allait pas être facile avec les petits sons étouffés qui lui parvenaient depuis une certaine chambre…
Fort heureusement, il maîtrisait le zen depuis plusieurs années, il était donc tout à fait capable de faire abstraction de ce qui l'entourait et de plonger en lui pour trouver la paix et la concentration nécessaire à sa méditation…
Le jeune homme de 22 ans fit place au tout aussi jeune moine bouddhiste qui se mit en position et plongea en lui…
-
Lexique :
Boutoku : sacrilège, injure, profanation
Deha : alors ? et bien ? donc.
Haï : oui
Iee : non
Kozou : jeune homme / jeune moine bouddhiste.
Otouto : petit frère.
Merci pour votre lecture et vos com' !
