Source : GRAVITATION
Auteur(e) : Lysanea (lysaneahotmail.fr)
Genre : yaoi, romance.
Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf mention contraire, ici, l'ex de Tatsuha, Sarah Hoang, et le frère de Shuichi, Akitoshi Shindo.
Chapitre quatre : derniers cartons
Pairing : Shuichi/Yuki.(pour l'instant) Tatsuha/Sarah (c'est qui cette pouf ;-) )
Personnages : Shindo Shuichi (ancien chanteur des Bad Luck, fiancé de Yuki Eiri), Yuki Eiri, (écrivain, fiancé de Shuichi). Tatsuha Uesugi (frère de Yuki Eiri), Sakuma Ryuichi (chanteur), Akitoshi Shindo (frère de Shuichi), Sarah Hoang (ex de Tatsuha, amie de Shuichi)
Note de l'auteur(e) : une petite note pour vous dire que l'entrée en matière se termine avec ce chapitre, pour ceux qui s'impatientaient… après ce chapitre, donc, je réunis enfin Tatsuha et Ryuichi… encore un peu de patience ! Bonne lecture…
Chapitre quatre : derniers cartons.
Tatsuha était revenu à Tokyo aider son frère et Shuichi à faire leurs derniers cartons. Lorsqu'il était arrivé chez eux, ils étaient déjà au travail. Son arrivée avait annoncé la pause déjeuner, mais ils ne s'étaient pas attardés, et s'y étaient rapidement remis tous les trois.
- J'ai cru qu'on en viendrait jamais à bout, mais finalement, j'en vois la fin. Nous aurons certainement bouclé tout ça ce soir. Je ferai un saut aux orphelinats demain pour déposer les derniers cartons pour eux.
- Le père Noël en plein mois de mai ! C'est fou tout ce que tu as pu accumuler de peluches et de gadgets inutiles dans ta carrière ! s'étonna Tatsuha.
- Et pourtant, lui répondit son frère, nous en déposions pas mal aux quatre coins du pays, au fur et à mesure. Sans parler des ventes aux enchères.
- Grâce aux personnalités comme vous, les orphelinats et les instituions d'aide tiennent le coup. Vous allez leur manquer !
- Ce n'est pas parce qu'on quitte notre pays qu'on va oublier d'où on vient, répliqua Shuichi. Bad Luck va encore faire vendre quelques années, si ça s'arrête un jour. K et Tohma ont bien l'intention d'entretenir notre souvenir, ce qui rapporte.
- Et je suis toujours écrivain.
- Et pas n'importe lequel, c'est sûr !
La sonnerie de la porte d'entrée les interrompit.
- Tu attends quelqu'un ? demanda Yuki à Shuichi.
- Iee, répondit-il en regardant sa montre. Mon frère ne peut pas venir avant 15h30. Mais peut-être a-t-il pu se libérer plus tôt ?
- J'y vais, décida Tatsuha en se levant.
Une deuxième sonnerie retentit alors qu'il ouvrait la porte. Son cœur manqua un battement avant de repartir en trombe : Sarah Hoang se tenait devant lui.
Sarah, la seule personne à qui il avait été fidèle et sérieux, tout au long d'une histoire passionnante qui avait duré huit mois. Jusqu'au bout, il avait cru l'aimer, ce n'était que de la passion et du désir, de la tendresse et beaucoup d'affection, mais en aucun cas de l'amour.
Ils s'étaient séparés six mois plus tôt, et il n'avait plus eu de nouvelles depuis.
Et à présent elle se trouvait là, devant lui, ses longs cheveux noirs retenus par un bandeau, ses yeux gris comme un ciel d'orage lui renvoyant son regard étonné.
- Si je m'attendais à ça… murmura-t-elle. Je suis désolée de ne pas avoir prévenu que je passais. Je ne pouvais pas appeler, mon téléphone m'a lâché, et l'interphone ne fonctionne pas, alors je suis monté directement…
- Tu… tu as bien fait, se reprit-il en s'écartant pour la laisser passer. Entre, je t'en prie.
Elle entra, et le parfum qui l'enveloppait était si chargé de souvenirs que le jeune homme dut se retenir de l'attraper pour la serrer dans ses bras. C'était une réaction si stupide…
- Comment vas-tu ? demanda-t-il en la conduisant dans le salon.
- C'est de pure forme ou cela t'intéresse-t-il vraiment ?
- Ca m'intéresse, quelle question !
- Alors pourquoi ne m'as-tu jamais rappelé, pas une seule fois en six mois ?
- Touché, je l'ai mérité. Je ne sais pas, je n'osais pas trop. Je t'ai blessé, même si c'était la dernière chose que je souhaitais.
- Et tu as continué en faisant le mort. Peu importe. Tu étais trop parfait, j'ai fini par trouvé la faille : ta maladresse. Mais pour répondre à ta question, je vais bien, je te remercie. Et toi ?
- Ca va aussi…
- Qui est-ce, Tat-chan, demanda Shuichi en le rejoignant. Sarah ! Ohayo !
- Ohayo, Shuichi.
- Sarah ? reprit Yuki en apparaissant derrière son fiancé. Quelle surprise…
- En fait, j'étais chez NG, hier, et Tohma m'a dit que vous partiez bientôt. Je pensais avoir le temps de vous voir, mais il est logique que vous preniez de l'avance, et je n'ai pas vu les jours passer. Alors je suis venue vous apporter votre cadeau, plutôt que de la donner à quelqu'un pour qu'il vous l'emmène plus tard, expliqua-t-elle en désignant le gros paquet qu'elle avait déposé à l'entrée du salon. Avec tous mes vœux de bonheur.
- Arigato ! Mais, il ne fallait pas, Sarah, c'est très gentil.
- Je ne peux malheureusement pas accepter votre invitation, mais je serai avec vous de tous mon cœur.
Shuichi la serra dans ses bras un moment.
- Tu es adorable. Assis-toi un moment, qu'est-ce que tu veux boire ?
- Rien, je te remercie. Je ne faisais que passer, j'ai pas mal de choses à régler. Moi aussi, je suis en plein déménagement.
- Honto ?
- Honto ni. Je suis déjà très peu à Tokyo, je suis repassée récupérer des affaires que j'avais visiblement oublié à NG. Ce n'était rien d'important, juste un prétexte, Tohma a encore essayé de me faire changer d'avis pour que je réintègre NG. En vain.
- Tu ne comptes vraiment plus y travailler, alors ?
- Iee. J'étais restée principalement pour Bad Luck, comme tu le sais. Il est temps pour moi de passer à autre chose, comme toi. Je m'installe tranquillement à Sydney.
- Tu quittes le Japon ? laissa échapper Tatsuha en se détachant du mur où il s'était appuyé.
- Je n'ai plus rien qui me retient ici. Ne fais pas cette tête, tu n'es pas responsable, assura-t-elle en lui souriant. On peut pas tous avoir la chance de tomber sur le bon à la première grande histoire qu'on vit. J'ai à peine vingt-ans, j'ai le temps ! Je sais à peu près ce que je veux et ce que je ne veux pas, grâce à toi. Bien, mes chers amis, je vous laisse. Dans le petit mot accompagnant le cadeau, j'ai glissé mes coordonnées à Sydney. Donnez-moi de vos nouvelles, de temps à autres. Et si vous voulez visiter l'Australie, faites-moi signe !
Elle embrassa Shuichi et Yuki avant de se tourner vers Tatsuha.
- Est-ce que je peux t'accompagner un peu ? demanda-t-il sans grand espoir.
- Avec plaisir ! répondit-elle pourtant.
Il sourit et se tourna vers les deux fiancés.
- Je peux vous abandonner un moment ?
- Pas de problème, on a décidé de faire une pause, de toute façon. Prends ton temps.
- Arigato. Je prends les clefs pour pas vous déranger.
- Bonne chance, Sarah.
- Merci, à vous aussi, soyez heureux !
Ils sortirent sans un mot de plus.
Ils ne parlèrent pas davantage dans l'ascenseur.
Une fois dehors, cependant, Tatsuha se lança.
- Tu pars quand, exactement, pour Sydney ?
- Je prends mon nouveau poste le 21 mai. Il faut que j'y sois un peu avant, c'est sûr, mais je ne sais pas quand encore. Il me reste tant de choses à faire !
- Entre les matsuris et le mariage de mon frère, je peux trouver un peu de temps pour t'aider, si tu as besoin d'un coup de main.
Ils étaient arrivés à la voiture de Sarah. La jeune fille lui fit face.
- C'est très gentil à toi, mais je sais que tu as beaucoup à faire. Et il y a plein de gens qui n'attendent qu'une chose, que je les appelle au secours !
- J'imagine…
- Non, ce n'est pas ce que tu crois, Tatsuha.
- Je ne crois rien. Je n'ai plus ce droit-là te concernant.
Ils se regardèrent un long moment en silence.
- Tu as changé de voiture, reprit-il en détournant le regard.
- L'autre me rappelait trop de souvenirs.
Il essayait de changer de sujet, mas quoi qu'il dise, cela les ramenait toujours à eux.
- Tu m'as quitté parce que tu aimais une autre personne. Es-tu au moins heureux avec elle, Tat-chan ? Pourquoi ton regard est-il si triste ?
- C'est compliqué, répondit-il en s'adossant à la voiture.
- En es-tu sûr ? Es-tu heureux, l'as-tu retrouvée, cette personne ? Ma question est simple, non ?
- Non, parce que je n'ai as encore pu retrouver la personne que j'aime, de qui je suis séparé par quelques continents, mers et océans…
- Tu n'as pas encore pu, me dis-tu. Alors, il y a de l'espoir. Je ne crois pas à ce dicton « loin des yeux, loin du cœur ». L'amour détruit les barrières, réduit les distances. Si ton amour est partagé et qu'il est fort, vous finirez par vous retrouver, quelle que soit la distance qui vous sépare. Tu dois y croire, tous les rêves se réalisent, à condition d'y croire très fort. Sinon, ce ne sont pas des rêves, mais des utopies.
- Pourquoi me dis-tu tout ça, Sarah ?
Elle sourit en caressant sa joue.
- Parce que je t'aime. Et que pour cette raison, je n'accepte de t'avoir perdu qu'avec l'idée que tu es plus heureux que nous ne l'étions ensemble. Sinon, je ne m'explique pas notre rupture.
- Gomen nasaï, Sarah, s'excusa-t-il en prenant sa main entre les siennes.
- Il ne faut pas. Tu m'avais prévenue, dès le premier soir, que ton cœur était pris. J'ai voulu tenter ma chance, j'y ai cru, tu as voulu y croire, bref, on a essayé. C'est le principal. Alors pas de regrets. On a vécu de très belles choses, que nous garderons en nous.
- Je n'avais jamais été aussi proche d'une autre personne.
- Je sais, et je sais ce que ça représente. Non mais je rêve, s'écria-t-elle soudain en libérant sa main, c'est toi qui me quittes, et c'est moi qui te raisonne et te réconforte ! Allons, arrête de culpabiliser, tout va bien.
- J'espère de tout mon cœur que tu rencontreras quelqu'un qui te rendra heureuse.
- Je l'espère aussi. Quant à toi, puisque tu as trouvé cette personne, je t'en prie, fais en sorte d'être heureux avec elle. Si c'est la dernière chose que je dois te demander, qu'il en soit ainsi. Promets-le moi, s'il te plaît.
- Je te le promets.
- Je t'appelle bientôt, pour savoir si tu as tenu ta promesse ! Prends soin de toi, Tat-chan.
- Toi aussi, et bonne chance. Merci pour tout, Sarah.
- Merci à toi.
Tatsuha la prit dans ses bras et ils s'abandonnèrent à une tendre étreinte. Puis, la jeune fille s'écarta et s'engouffra dans sa voiture. Avant de se tourner vers lui, elle enfila ses lunettes de soleil pour cacher ses yeux embués de larmes. Puis, elle abaissa la vitre et sourit, l'attrapa par le t-shirt pour l'attirer à elle et l'embrassa à pleine bouche, avant de le repousser et de démarrer en trombe, le laissant interdit sur le trottoir.
Tatsuha se ressaisit et regagna l'appartement.
En rentrant, ils trouva Yuki et Shuichi allongés à même le sol du salon ; le chanteur s'était installé perpendiculairement à l'écrivain, la tête sur son torse. Yuki avait sa main posé sur le ventre de Shuichi, que le t-shirt à moitié relevé laissait nu, et le caressait distraitement. De son autre main, il tenait un journal qu'il lisait attentivement. Shuichi tenait aussi un magazine, mais il semblait plus sensible aux doigts de son amant qui se promenaient sur son ventre nu qu'à ce qu'il contenait.
- Alors ? lui demanda ce dernier alors qu'il investissait le canapé. Tout va bien ?
- Ca m'a fait du bien de la revoir et de lui parler, même si c'était un peu bizarre, un peu soudain.
- La page est définitivement tournée ? demanda Yuki en posant le journal.
- Haï. C'est un peu comme si elle m'avait donné sa bénédiction pour que je puisse passer à autre chose, sans culpabilité ni regrets.
- Parfait. C'est Ryui-chan qui va être content !
- Rien n'est moins sûr…
- Il t'a bien dit de vivre ta vie et tes expériences, puis de revenir vers lui si c'était ce que tu souhaitais, non ? lui rappela Shuichi en abandonnant son magazine.
- Haï. Mais c'était il y a plus de trois ans…
- Et alors, il ne t'a pas donné de date limite, que je sache… intervint son frère.
- Iee. Au contraire, il me répète toujours que je dois prendre mon temps pour me décider, et que c'est valable dans tous les domaines.
- Et aujourd'hui, es-tu sûr de vouloir être avec lui, de pouvoir assumer la responsabilité d'une telle relation ? Penses-tu avoir acquis ce qui te manquait, il y a trois ans ?
- Haï. Je sais qu'il y a beaucoup de choses que nous devrons faire ensemble, mais je me sens plus que prêt à essayer.
- Alors fonce. Qu'il accepte ou non, il saura au moins dans quelles dispositions tu es, à présent. Le reste viendra naturellement.
- Vous avez raison. Bien, je sens que les trois prochains jours vont être difficiles… J'ai tellement hâte de le revoir ! C'est bien la première année, je crois, que je suis si pressé d'en finir avec les matsuris !
- Je sais pas comment tu peux apprécier l'Aoi Matsuri. C'est long et ennuyeux… soupira Yuki sans bouger, toujours dans la même position.
- C'est un défilé solennel et grave, chargé d'histoire, le contra Tatsuha.
- C'est sinistre, les roues des chars grincent affreusement. S'il n'y avait pas tous ces beaux costumes, le spectacle ne vaudrait même pas un coup d'œil par la fenêtre.
- Eiri ! protesta Shuichi. T'es dur…
- Pas encore, mais si tu continues à remuer comme ça, ça va pas tarder…
- Baka !
- Je vais peut-être vous laisser…
- Mais non, tu connais ton frère, c'est que de la provoc'. Dès qu'on parle du temple et de religion, il devient pervers.
- Et sachant cela, Shui-chan, tu te demandes encore pourquoi mon père refuse d'assister à votre mariage ?
- Je connais et respecte son opinion à notre sujet, mais je pensais qu'il aurait pu mettre ça de côté, pour son fils, répondit-il en entrelaçant ses doigts et ceux de Yuki .
- Cela fait un moment qu'il ne me considère plus comme son fils, tenshi. Note mariage, ce n'est qu'une chose de plus qu'il me reproche, après New-York, après la mort de ma mère, après l'abandon du temple, après mon départ de la maison et mon installation à Tokyo, la rupture de mes fiançailles avec Ayaka, l'officialisation publique de notre relation…
- Tu as sauté le passage sur toutes tes aventures et les bruits qui ont couru sur toi…
- Sûr.
- Il a cependant noté que tu avais changé de nom, ainsi, même si ce n'était pas ta principale raison, le nom des Uesugi n'a pas été en tâché par tes soit-disant écarts de conduite…
- Mais je m'apprête à donner ce même nom à un autre homme par les liens sacrés du mariage. S'il avait encore des cheveux, il se les aurait arraché…
Les deux frères partirent d'un grand rire.
- Le pauvre homme, vous ne devriez pas rire ainsi, les gourmanda Shuichi. Même si, d'après tout ce que vous m'avez dit, il a été dur… sévère avec toi, tu lui as bien rendu, depuis, non ?
- Ce n'était pas volontaire, enfin pas toujours. Et je te signale que lorsque j'ai voulu me ranger, c'est toi qui est venu me chercher, avec cet affreux déguisement.
- C'est la faute à Tatsuha ! Et puis, je n'allais pas te laisser m'échapper comme ça ! Et j'ai bien fait, on ne serait peut-être pas là aujourd'hui.
- Sûr.
La sonnerie de la porte d'entrée retentit.
- Là, par contre, c'est sûrement mon frangin !
- Bouge pas, je vais lui ouvrir ! l'arrêta Tatsuha alors qu'il se redressait.
- Tu t'es reconverti en portier, ou quoi ?
- Chut, je vais lui faire une surprise ! murmura-t-il sur un clin d'œil, avant de gagner l'entrée.
Il ouvrit la porte d'entrée au jeune homme, mais se cacha derrière.
- Onii-chan, qu'est-ce que tu me… commença-t-il en entrant.
- Bouh ! hurla Tatsuha en surgissant, le faisant sursauter.
- Mais mais mais… T'ES MALADE OU QUOI ? J'ai perdu trois minutes de ma vie à cause de tes bêtises !
- WOUAAHAHAHAHAHA ! La tête que t'as fait ! s'esclaffa Tatsuha en réponse. Gomen, Aki-chan, mais c'était trop tentant !
- Baka ! répliqua-t-il en lui sautant sur le dos. Tu l'auras voulu ! Omae o korosu !
- C'est reparti… murmura Yuki depuis le salon.
- Nan ! hurla Tatsuha en s'écroulant par terre, alors que le jeune homme le chatouillait furieusement. Yamero ! AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !Tasukete ! AHHHHHHHHHHHHH ! Mais arrêêêêêêête ! Aki-chan, nasake ! Stop !
- Tu capitules ? Tu te rends et tu t'excuses ?
- You… Youkai !
- Nani, j'ai pas bien compris, là ? protesta-t-il en le chatouillant plus fort encore ses zones sensibles.
- AAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHH ! Ok ! AHHHHHHHHHHHH ! Gomen ! Je me rends, lâââââââche-moi ! JE ME RENDS !
- Ryoukai, dit-il en se relevant. J'accepte ta réédition et tes excuses. Et sinon, comment tu vas ? demanda-t-il encore en lui tendant la main pour l'aider à se relever.
. Tatsuha, en larmes, la saisit et se redressa doucement. Ils se regardèrent un instant avant de tomber dans les bras l'un de l'autre.
- Ca va, et toi ? T'as l'air en forme ! K'so, tu m'as tué ! Viens, entre.
- Tu m'as cherché ! En tout cas, ça me fait plaisir de te voir, je ne m'y attendais pas. Je l'espérai, mais avec toutes les festivités, je n'y croyais pas trop, avoua-t-il en se déchaussant.
- Comme tu vas le constater dans un instant, nos tourtereaux ont un peu besoin d'aide.
Akitoshi entra dans le salon et s'étonna du spectacle de son frère et de Yuki couchés par terre.
- Bah alors, qu'est-ce qui se passe ?
Cette fois, les deux amants se relevèrent pour saluer le nouvel arrivant.
- C'est à vous de nous le dire. C'était quoi, ces cris ? Franchement, vous avez passé l'âge, non ?
Les deux cadets se regardèrent et sourirent.
- C'est notre façon de se retrouver, ça faisait longtemps qu'on s'était pas vu ! Et vous, que faisiez-vous étalés par terre comme des feuilles de riz ?
- C'est gentil, ça ! On se reposait un peu, faire les cartons, ça crève, mine de rien !
- Tu parles à quelqu'un qui a pas arrêter de les faire, ses cartons, Onii-chan ! Même si je n'avais pas grand chose, c'est un sport, le déménagement… Vous en êtes où ?
- A la pause ! répondit Yuki en s'asseyant sur le canapé, les invitant d'un geste à faire de même.
- Profitez de votre pause, dans ce cas, je peux prendre la relève.
Shuichi l'entoura de son bras et le fit asseoir aux côtés de Tatsuha et de Yuki.
- C'est gentil, Aki-chan, mais je propose plutôt de nous préparer un bon goûter. On terminera ensemble après, il reste plus grand chose. Je reviens.
Il gagna la cuisine et commença à sortir les verres, les gâteaux, bref, tout ce qui pouvait servir à leur donner des forces.
Alors qu'il disposait les gâteaux dans des plats plus adaptés, il sentit une présence, puis deux bras passer sous les siens et entourer sa taille. Le souffle chaud de Yuki dans son cou le fit frissonner. L'écrivain déposa un baiser sur sa nuque et s'écarta un peu pour ne pas gêner ses mouvements.
- Nos deux frangins s'entendent vraiment très bien.
- C'est impressionnant, comme ils se sont liés rapidement. Mon frère est revenu depuis moins d'un an, ils ont souvent passé des semaines sans se voir, et pourtant… On dirait qu'ils se connaissent depuis toujours.
- Ils ont beaucoup de points communs, à commencer par leur relation difficile avec nous. Ton frère a ressenti ton absence...
- Tat-chan a subi ton rejet.
- Aki-kun a cherché son père, dans l'espoir de retrouver le reste de sa famille...
- Et Tat-chan recherchait ce frère qu'il avait perdu.
- Ceci sans compter le fait que ton frère est très intéressant, il a vu et vécu pas mal de choses et mon frère est aussi très ouvert et cultivé. Ca élève le niveau de conversation.
- J'ai pu le constater. C'est très bien, j'en suis ravi. Je préfère que les gens que j'aime s'entendent bien.
- C'est drôle, parce que physiquement, ils nous ressemblent beaucoup.
- C'est vrai aussi. Matte… t'es pas en train de les imaginer finir ensemble, quand même ? demanda-t-il en se tournant vers lui. Eiri-chan…
- Ca m'a traversé l'esprit, j'avoue. Ce serait peut-être mieux pour Tat-chan. C'est si compliqué avec Ryuichi.
Shuichi fronça les sourcils.
- Aki-chan n'est pas attiré par les hommes, mais ça ne veut rien dire, je ne le suis pas non plus. Pourtant je t'aime et je vais t'épouser. Mais même si nous on pense que c'est mieux pour eux, ça ne veut rien dire. Peut-être bien que la seule personne qui convienne à ton frère, c'est Ryui-chan. Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de le savoir d'avance. Il faut essayer, c'est à eux de prendre cette décision.
- De toute façon, nous ne serons bientôt plus assez concernés pour intervenir. Nous avons notre propre vie à construire.
- Comme nous, qui avons réussi malgré les obstacles et des premiers temps incertains, ils arriveront, aussi bien Ryuichi, que Tatsuha, que mon frère à faire le choix qui décidera de leur vie et de leur avenir. Je leur souhaite autant de bonheur que celui que nous vivons depuis six ans.
- Ca ne fait que commencer, mon ange… promit-il avant de l'embrasser.
Il y mit tellement de passion et d'ardeur que Shuichi en eut le souffle coupé.
- Ca va pas de m'embrasser comme ça ! haleta-t-il en s'écartant à regrets. Tu veux me rendre dingue ! Tiens, apporte-les gâteaux, ordonna-t-il en plaçant le plateau entre eux. Je finis de préparer les boissons et j'arrive. Ne reviens pas, où je ne réponds plus de rien.
- Intéressant… murmura-t-il en passant ses doigts sur ses lèvres d'une manière plus que suggestive.
- DEHORS !
Les deux cadets levèrent la tête au cri de Shuichi, et Yuki apparut, tout sourire. Ils l'interrogèrent du regard, alors qu'il posait le plateau sur la table basse.
- Il n'aime pas que je l'embête à la cuisine.
Tatsuha soupira.
- Je ne veux même pas savoir ce que tu entends par « embêter ».
- Tat-chan, protesta Akitoshi, il n'y a pas que le sexe dans la vie !
- Dans la leur, si, ou presque !
- Vivement que tu retrouves Ryuichi à Détroit, qu'on entende plus tes remarques de moine célibataire bisexuel frustré.
Akitoshi partit d'un grand rire, alors que Tatsuha lançait un coussin à son frère par dessus la table.
- Kyuusen' ! ordonna Shuichi en apportant les boissons chaudes et froides. Qu'est-ce qui se passe ?
- Tat-chan vient de se faire clouer le bec par son frère ! Me regarde pas comme ça, tu l'as cherché !
- C'est pas une raison, je suis pas un bisexuel moine célibataire frustré !
- Je crois que c'était dans l'autre ordre… releva Akitoshi qui avait les larmes aux yeux tant il riait.
- Oh toi !
- Yamero ! Fais appel à tes ressources de moine, et savourons cette pause, bienvenue pour tous, s'il te plaît, Tsu… euh je voulais dire Tat-chan, le taquina encore Shuichi.
Le jeune homme lui lança une œillade meurtrière avant de s'installer comme tout le monde à genoux autour de la table basse. Ils se servirent les uns, les autres.
- Sérieusement, Tat-chan, tu vas à Détroit ? reprit Akitoshi.
- Haï, je vais passer quelques jours avec Ryuichi avant le mariage.
- Sugoï ! J'espère que tout va bien se passer !
- Avec toutes les personnes qui le souhaitent autour de nous, ça devrait aller !
Ils continuèrent à discuter et se taquiner affectueusement en savourant leur goûter, puis se remirent au travail.
Malgré l'insistance des deux cadets, ce fut tous les quatre qu'ils s'employèrent à terminer les cartons.
Ainsi, cela fait, ils purent sortir ensemble et passer une excellente soirée.
-
A suivre…
Lexique :
Arigato : merci
Baka : idiot
Gomen nasaï : je suis désolé
Haï : oui
Honto : vraiment / Honto ni : vraiment.
Iee : non
Kuso/k'so : merde
Kyuusen' : cessez-le feu, trêve, armistice
Nasake : pitié, clémence
Ohayo : salut, bonjour.
Omae o korosu : je vais te tuer
Onii-chan : grand-frère
Ryoukaï : accepté
Sugoï : super, génial
Tasukete : au secours
Tenshi : ange
Yamero : stop
Youkai : démon, mauvais esprit
merci d'avoir lu ce chapitre et à bientôt...
