Source : GRAVITATION
Auteur(e) : Lysanea (lysaneahotmail.fr)
Genre : yaoi, romance, léger lime pour ce chapitre.
Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf mention contraire.
Chapitre cinq : retrouvailles
Pairing : Tatsuha/Ryuichi.(enfin)
Personnages :
Chapitre cinq : les retrouvailles
Tatsuha se réveilla doucement et cligna plusieurs fois des yeux avant de les ouvrir franchement. Il se rappela alors où il était et se redressa en baillant. Un regard sur ce qui l'entourait confirma ses doutes et la déception manqua de le submerger : il était dans la chambre d'amis.
Il replongea dans ses souvenirs…
Hier, Ryuichi était venu le chercher à l'aéroport. Déguisé pour ne pas être reconnu, Tatsuha aurait pu croire se faire agresser par un inconnu, si en se jetant à son cou, le chanteur n'avait pas hurlé un « Tsu-chan ! » des plus reconnaissables…
Une fois à la maison, Ryuichi lui avait fait faire le tour du propriétaire, lui répétant qu'il devait faire comme chez lui. Il avait déposé son sac dans la chambre d'amis, mais Tatsuha ne s'en était pas formalisé, sachant que Ryuichi aimait avoir son espace à lui. Confiant, il avait donc été prendre une douche, puis avait retrouvé le chanteur en bas, qui terminait de préparer le dîner.
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Début du flash back
- Ca sent drôlement bon, Ryui-chan… Oh, t'as fait des lasagnes ! Sugoï !
- C'est toujours ton plat préféré, au moins ?
- Définitivement oui ! Tu les prépares trop bien, en plus. C'est vraiment gentil à toi, merci.
- Mais de rien ! Installes-toi, je vais nous servir.
Le jeune homme s'exécuta, tout heureux. Il se sentait tellement bien… Ryuichi était si craquant avec son tablier blanc, au centre duquel un joli Kumagoro mangeait une carotte.
- Alors dis-moi, comment vont nos deux futurs mariés ? demanda le chanteur en s'asseyant à son tour. Ils ne sont pas trop angoissés ?
- C'est délicieux, Ryui-chan, merci ! Pour nos deux tourtereaux, ils sont plus que calmes. Ils ont cette incroyable sérénité des gens sûrs de ce qu'ils font. C'est normal, en même temps. Mon frère a demandé Shuichi en mariage l'an dernier, mais ça fait un moment qu'il y pense. Et ce moment, il se compte en années.
- Je vois. Si Shui-chan avait envisagé sa vie ailleurs qu'au Japon, ça lui serait aussi venu à l'esprit. Quelle importance, ils vivent comme un couple marié depuis toujours !
- C'est sûr ! Dire qu'Eiri avait accepté un essai d'une seule semaine, lorsque Shuichi a débarqué avec toutes ses affaires… Finalement, il ne l'a que rarement quitté.
- Vrai ! Après tout, il ne l'a pas tant de fois que ça jeté dehors, Na No Da !
- Bah disons que y'a eu un avant et un après New York… Mais depuis quatre ans, ils ne se sont plus quittés que par obligation professionnelle. Et vu combien ça les dérangeait, je crois qu'ils sont partis pour ne jamais plus se quitter. Et c'est tant mieux.
- Haï, ils vont si bien ensemble ! C'est un bonheur de se réveiller dans les bras de la personne qu'on aime, de rentrer le soir et de savoir qu'on est attendu, ou que quelqu'un va nous rejoindre.
- J'imagine.
- Oh ? Tu imagines, c'est tout ? Tu n'as pas de souvenirs ?
- Bah… non, répondit-il, ne voyant pas où Ryuichi voulait en venir.
- Tu ne vivais pas avec Sarah ?
Tatsuha se sentit rougir. C'était facile d'en parler par mail, et encore… Mais face à lui c'était autre chose.
- Pas vraiment, finit-il par dire. On avait chacun notre appartement, et on faisait des allers-retours entre les deux.
- Est-ce que vous avez échangé vos clés ?
Il aurait préféré ne pas avoir à répondre parce qu'ils s'étaient jurés de ne jamais se mentir, et la réponse pouvait être douloureuse dans sa signification. Il ne pouvait même pas faire semblant que ça n'avait pas d'importance…
- Haï, murmura-t-il.
- C'est symbolique, tu sais. Permettre à quelqu'un de venir chez soi n'importe quand, même sans prévenir, montre qu'on a absolument rien à cacher, et qu'on ne craint rien de l'autre. La confiance est totale.
- Je sais. C'est une décision mûrement réfléchie. Mais on peut se tromper. Et trouver des surprises en rentrant le soir…
- Oh toi, tu as été mis au courant de l'épisode avec Kumagoro !
- Je n'en revenais pas, je te jure ! C'est horrible, le pauvre, et toi aussi, le choc… Comment as-tu pu… enfin, excuse-moi, ça ne me regarde pas.
- Je ne l'ai pas vraiment choisie, Tsu-chan. On se connaissait déjà, avant. Mais on a bu un verre ensemble lors d'une soirée et on a été pris en photo, avec un angle qui laissait planer le doute sur notre degré d'intimité. Nos managers respectifs ont jugé que ça serait un sacré coup de pub, surtout que son dernier film était un désastre. C'était un jeu, même si je l'aimais bien. Kumagoro a payé parce que j'ai voulu aidé une amie en qui j'avais mis trop de confiance.
- Il ne t'en a pas trop voulu, au moins ?
- Iee. Mais il est méfiant, depuis. On ne laisse plus n'importe qui rentrer chez nous ! Et je ne le laisse jamais seul avec quelqu'un. Excepté Shui-chan, Tohma, Noriko et toi, bien sûr. Je sais que toi, tu ne nous ferais jamais un truc pareil.
- Certainement pas ! Je tiens trop à Kumagoro… et à toi.
Il lui sourit, tendrement, et le cœur du jeune homme s'emballa.
Fin du flash back
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Tatsuha se leva pour prendre sa douche, toujours plongé dans ses souvenirs.
Après le dîner, ils s'étaient installés devant la télé pour voir un film. Mais il s'était rapidement endormi, à côté de Ryuichi. Non, pas à côté… Il se rappelait vaguement son bras autour de ses épaules, l'enserrant tendrement. Avait-il rêvé ? Car sinon, pourquoi s'était-il réveillé dans la chambre d'amis ?
Tatsuha eut peur de comprendre…
Etait-ce un message ?
Ryuichi aurait pu le conduire dans sa propre chambre, mais il s'était arrêté pour le déposer dans la chambre d'amis.
« D'après toi, c'est ce que nous sommes devenus ? murmura-t-il en sortant de la douche. Je vais te montrer que ma venue n'a rien d'amicale. On a perdu assez de temps, mon Ryui-chan. Si je dois te reconquérir, je suis prêt à relever le défi »
Quelques instants plus tard, en jean et chemisette, il rejoignit Ryuichi dans la cuisine. Il le trouva en train d'empiler des pancakes, Kumagoro juché sur une épaule. Comment le lapin tenait-il avec tous les mouvements que le chanteur faisait, ça, c'était un pur mystère…
- Konnichi wa, Ryui-chan, dit-il en boutonnant négligemment sa petite chemise. Konnichi wa, Kumagoro !
- Konnichi wa, Tsu-chan ! répondit le chanteur en essayant de ne pas trop fixer le jeu des doigts de Tatsuha sur sa chemise. Bien dormi ?
- Trop, j'ai honte !
- Nan'de ?
- Je voulais être le premier réveillé pour pouvoir te préparer un super ptit déj', pour te remercier. J'ai bien raté mon coup… Je suis désolé, le décalage horaire m'a tué…
- Je comprends, ne t'en fais pas. T'embêtes pas avec tout ça.
- J'irai faire des courses, tout à l'heure, et je m'occuperai du dîner. T'es d'accord ?
- Avec plaisir ! Mais ne te sens pas obligé, tu es mon invité et j'en suis heureux !
Ils s'installèrent à table, Ryuichi fit asseoir son lapin rose contre le sucrier.
- Je t'ai déjà dit que je ne faisais jamais rien à contrecœur, ni par obligation, quand je peux l'éviter. Ca me fait plaisir, crois-moi.
- Parfait, dans ce cas ! Vivement ce soir, hein, Kumagoro ? Tu te souviens de la bonne cuisine de Tsu-chan, toi aussi. Huuummmm… On va se régaler, Na No Da !
Tatsuha commença à se servir et manger en souriant : ce Ryuichi-là aussi lui avait manqué.
- Au fait, merci de m'avoir emmené dans la chambre, hier soir.
- Bah… de rien ! J'allais pas te laisser sur le canapé, quand même !
- Ca ne m'aurait pas dérangé, si tu étais resté avec moi.
Ryuichi laissa échapper un petit rire.
- Il n'y aurait pas eu de place pour nous deux, Na No Da !
- Ca t'aurait obligé à te coller à moi.
- Tu n'aurais pas réussi à te reposer…
- Je m'en fiche ! s'emporta-t-il soudain. Pourquoi… Pourquoi me suis-je réveillé dans la chambre d'amis ? Ca veut dire quoi, Ryuichi ?
Le chanteur le regarda, surpris.
- Demo… pourquoi t'es fâché, Tat-chan ?
- Je suis pas fâché.
- Si t'es fâché, et c'est super dur de mettre un moine bouddhiste en colère ! Oh ! Kumagoro, on a fait une bêtise, et on sait même pas laquelle ! soupira le chanteur en attrapant son lapin pour le serrer contre lui.
- Je ne suis pas en colère, mais… frustré. J'aurais aimé me réveiller dans tes bras, ou à tes côtés, ou simplement dans ton lit, qui aurait gardé une trace de ta présence, de ton odeur, de ta chaleur, même si t'y étais plus… Pas dans cette chambre impersonnelle et froide que tous tes invités de passage occupent. C'est comme si je n'étais plus que ça, un invité de passage dans ta vie…
Ryuichi avait posé Kumagoro dès le début de sa tirade, et le regardait avec intensité. Il était extrêmement touché par ses mots.
- Je suis désolé, Tsu-chan, je pensais bien faire.
- Tu t'es trompé.
- Je vois ça. Ne m'en veux pas, s'il te plaît. Je ne me voyais pas te mettre d'autorité dans mon lit.
- Tu ne t'es pas dit que c'était ce que je voulais ? Ce n'est pas assez évident ? A-t-on déjà agi autrement ?
- Les autres fois, il y avait une sorte d'accord tacite entre nous. On alors, on finissait par s'y retrouver ensemble, et conscients.
- C'est vrai, reconnut Tatsuha.
- Donc, à ta question « ça veut dire quoi ? », et bien je réponds : rien d'autre que de la prudence et du respect. Mange, ordonna-t-il en se levant pour récupérer une nouvelle fournée de pancakes.
- Est-ce que… est-ce que ça a un rapport avec la manière dont on s'est séparés, il y a six mois ?
- Nani ?
- Je veux dire, est-ce que tu es prudent pare que tu penses que je peux avoir quelqu'un d'autre en ce moment, et que ce ne serait donc pas correct de se retrouver dans le même lit, avec ce que ça implique ?
- Yatta ! lui répondit-il en tapant du poing sur la table, avant de poser l'assiette de crêpes. Ne me dis pas que c'est idiot de ma part, t'es plutôt beau garçon…
Tatsuha soupira, alors que Ryuichi lui dédiait son plus beau sourire.
- Tu veux pas être sérieux deux minutes ?
- Tu l'es bien assez pour deux, Na No Da !
Le jeune homme lui lança un long regard, que le Ryuichi en mode ado qu'il avait en face de lui, lui rendit sans ciller. Il en fut un peu blessé, mais décida de ne pas insister. Quand Ryuichi était ainsi, c'était peine perdue d'essayer de lui faire entendre quoi que ce soit. Par un long soupir, il manifesta son abandon, mais seulement avec la ferme intention de mieux revenir à la charge plus tard.
- Dis, Ryui-chan, tu crois que tu auras le temps de m'apprendre à faire des pancakes ? demanda-t-il soudain. C'est tellement bon…
- Et bien… si t'arrives à te lever assez tôt demain, tu pourras manger tes propres pancakes, Tsu-chan !
Tatsuha sourit, ses contrariétés envolées. Peu importait, finalement, ces petites déceptions, ces points à éclaircir. Il était enfin avec l'homme qu'il aimait, et ce simple fait le rendait heureux…
- Je t'adore, Ryui-chan, tu m'as vraiment manqué.
Le chanteur suspendit son geste par lequel il portait son bol à ses lèvres, et le reposa sur la table. Ses yeux se mirent à briller comme des phares dans la nuit. Il se leva et courut se jeter dans les bras de Tatsuha, le renversant de sa chaise. La réception fut quelque peu douloureuse, mais le jeune homme ne s'en préoccupa pas. Il referma ses bras autour de Ryuichi, et ils restèrent ainsi l'un contre l'autre un long moment. Puis, Ryuichi se redressa et plongea son regard dans le sien.
- Tu m'as manqué aussi, Tsu-chan.
Le jeune homme sourit, avant de poser sa main autour de sa nuque pour l'attirer à lui et l'embrasser. Il crut sentir une hésitation de la part du chanteur, mais comme il lui rendit son baiser, il n'y pensa plus et s'abandonna.
Ryuichi approfondit leur baiser et ils oublièrent tout.
Leurs corps impatients se pressèrent l'un contre l'autre, leurs bassins se livrant un véritable combat, l'un se soulevant avec force, l'autre s'appuyant avec fougue. Les mains de Tatsuha caressaient cette peau qui lui avait tant manqué, sous le t-shirt relevé avec empressement. Celles de Ryuichi se perdaient dans ses cheveux, déboutonnaient sa chemise, caressaient la peau mise à nue, bref, faisaient tout en même temps.
Mais brusquement, Ryuichi interrompit leur baiser ainsi que ses caresses et se redressa. Tatsuha grogna sa frustration, ouvrit les yeux et se redressa à son tour.
- Quelque chose ne va pas, Ryui-chan ? demanda-t-il en promenant ses lèvres dans son cou.
- Euh… c'est l'heure du film… répondit-il en se dégageant pour se relever complètement.
Tatsuha resta un instant bouche bée, peu certain de ce qu'il venait d'entendre, tellement cela lui semblait stupide comme réponse, et inapproprié.
- Quoi ? finit-il pas demander. Quoi ?
- On l'a déjà loupé hier soir, et là, c'est la dernière rediffusion, ce serait trop bête de rater ça !
Tatsuha se releva, interdit.
- Attends, tu te fous de moi, là ? On lâche tout, comme ça, parce qu'en une fraction de seconde, t'as eu l'envie de voir un film ?
- Pas un film, Tsu-chan, ce film. Tant pis pour la cuisine, je rangerai après ! Vite, ça a déjà dû commencer !
Il attrapa son Kumagoro et sortit en courant. Abasourdi, Tatsuha finit par le suivre. Il le retrouva sur le canapé en train de régler la chaîne, son lapin serré contre lui. Il s'assit à ses côtés, mais refroidi et frustré, il ne put faire le moindre geste. Et visiblement, Ryuichi n'en attendait pas.
Au bout d'un moment, n'y tenant plus, il se leva.
- Je suis désolé, Ryui-chan, mais j'ai plus trop envie de le voir, ton film. Je vais ranger la cuisine, et ensuite, je vais aller prendre un peu l'air.
- Comme tu veux ! Mais laisse la cuisine, je vais m'en occuper.
- Reste, tu as l'air d'y tenir, à ton film, alors fais pas attention à moi. J'en ai pour deux minutes à débarrasser. A tout à l'heure.
- Ok. Arigato.
Il ne l'avait pas regardé une seule fois, plongé dans son film. Il ne prêta pas plus attention à lui quand il repassa après avoir ranger la cuisine, ni lorsqu'il redescendit, prêt à sortir. Ce ne fut qu'une fois qu'il entendit la porte claquer que Ryuichi se détendit. Alors il éteignit la télé en soupirant et serra son lapin plus fort contre lui.
« Gomen nasaï, Tatsuha, mon Tsu-chan, mais c'est mieux ainsi… »
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Lexique :
Arigato : merci
Demo : mais
Gomen nasaï : je suis désolé.
Haï : oui
Konnichi wa : bonjour
Nani : hein ?
Nan'de : pourquoi ?
Sugoï : super, génial !
Yatta : gagné !
Merci d'avoir lu, j espere que ca vous a plu... Lysanea
