Titre : grandir, c'est dire je t'aime

Source : GRAVITATION

Auteur(e) : Lysanea (lysaneahotmail.fr)

Genre : yaoi, romance

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient, et la chanson est de Kelly Clarkson « Before your love » mais c'est ma traduction par contre

Chapitre sept : confrontation et petites leçons

Pairing : Tatsuha/Ryuichi

Personnages : Tatsuha Uesugi (frère de Yuki Eiri), Sakuma Ryuichi (chanteur)


Chapitre sept : confrontations et petites leçons.

Ryuichi sortit de la douche et regagna sa chambre et constata que Tatsuha dormait encore. Il laissa son regard glisser le long de son corps, admirant les formes qu'il devait deviner à moitié, cachées par le drap. Le soleil qui filtrait par les persiennes zébrait son visage de rayures dorées, mais quelques unes des mèches sombres de ses cheveux lui tombaient sur les yeux, le protégeant de la lumière.

Le chanteur, dont le cœur battait si fort dans sa poitrine que s'en était presque douloureux, sortit de sa contemplation et alla s'asseoir le plus discrètement possible sur le lit, un sourire tendre étirant ses lèvres. Délicatement, il dégagea son front pour admirer son visage, faisant rempart de son propre corps aux rayons du soleil et le protégeant de son ombre. Les mots lui vinrent naturellement, ces paroles de la chanson qu'il venait de terminer…

Je me demande comment j'ai fait pour tenir un jour

Comment j'ai pu me contenter d'un monde en dégradé de gris

Quand tu rentres dans les cercles toutes les paysages se ressemblent

Et tu ne sais pas pourquoi

Et j'ai regardé dans tes yeux

Où la route s'étend en face de moi

Et j'ai réalisé

-

Je n'ai jamais vécu avant ton amour

Je n'ai jamais senti avant ton touché

Je n'ai jamais eu besoin de quelqu'un qui me fasse me sentir vivant

Mais alors encore je ne vivais pas vraiment

Je n'ai jamais vécu avant ton amour

-

Je cherchais plus qu'une vie ordinaire

Tous mes rêves ressemblaient à des châteaux dans le ciel

Je suis devant toi et mon cœur est entre tes mains

Et je ne sais comment

J'ai survécu sans ton baiser

Parce que tu m'as donné une raison d'exister

-

Je n'ai jamais vécu avant que tu ne m'aimes

Je n'ai jamais senti avant que tu ne me touches

Je n'ai jamais eu besoin de quelqu'un qui me fasse me sentir vivant

Mais alors encore je ne vivais pas vraiment

Je n'ai jamais vécu avant ton amour

-

Après ses derniers mots, il se pencha et embrassa doucement le front du jeune homme endormi.

- Ce n'est pas pour endormir, normalement, qu'on chante des chansons ? murmura celui-ci, faisant sursauter le chanteur.

- Tsu-chan, tu m'as fait peur ! Depuis quand t'es réveillé ?

Le jeune homme se mit sur le dos et s'étira en baillant.

- Je me suis réveillé une première fois quand j'ai senti ton absence. Mais je me suis rendormi… Quand tu es revenu t'asseoir sur le lit, j'ai émergé définitivement.

- Et pourquoi tu ne t'es pas manifesté ?

Tatsuha tendit la main pour caresser son visage.

- J'ai senti le regard tu posais sur moi, si intense… J'étais curieux de savoir ce que tu allais faire ou dire. J'ai eu raison ! Une merveilleuse chanson au réveil aura récompensé ma curiosité ! Tu m'en veux pas trop ?

Ryuichi se pencha sur lui et l'embrassa.

- Pas du tout, mon cœur.

- Même si j'ai entendu tes paroles ?

- Tu aurais fini par l'entendre, je l'ai écrite pour toi. Elle est sur mon nouvel album, qui sort à la fin du mois.

- Ca c'est de l'exclusivité ! Et… tu m'en as mis un de côté ?

- A ton avis ?

- Sugoï ! s'écria-t-il en se pendant à son cou avant de l'embrasser. Mais hier, dans la cuisine, tu écrivais, non ?

- Haï. Quand tu es près de moi, Tsu-chan, c'est tellement plus facile d'écrire. Il me suffit de te regarder et de coucher sur papier ce que je ressens et que tu m'inspires. Tout est clair. Alors que quand je travaille en pensant à toi, c'est plus compliqué, tout est un peu… embrouillé.

- Nan'de ?

- Bah… y a des parasites !

- Nani ?

- Le doute, l'incertitude. M'aimes-tu encore ? Es-tu dans les bras de quelqu'un au moment où je pense à toi ? Comprendras-tu le sens de mes paroles ? Devrais-je cesser d'espérer, alors que c'est ce qui me fait me lever le matin ? Gomen, se reprit-il, je ne devrai pas te dire tout ça.

- Tu me l'as déjà dit, mon Ryui-chan, à travers tes chansons, répliqua-t-il en appuyant son front contre le sien. Même quand tu ne t'adresses pas directement à moi, ou que tu parles de tout sauf d'amour, je devine certaines choses. Bien sûr, il a fallu qu'on m'aide parce que je ne pouvais pas croire que j'étais encore si présent pour toi.

- Tu le crois, maintenant ?

- Oui. Je me suis tourné vers mon propre cœur et j'ai eu la réponse. Il n'y a pas à décrypter tes chansons, je le sais, je le sens, je comprends tout de suite quand tu me parles à travers elles. Au début, j'avais du mal, parce que je doutais de moi. Je ne croyais pas pouvoir être aimé par Sakuma Ryuichi.

- Et pourtant…

- Et pourtant, comme tu dis. Merci, mon Ryui-chan. Je ne sais pas chanter ni même écrire des paroles, j'ai dû mal à exprimer ce que je ressens, mais j'espère que tu ne doutes pas de mon amour pour toi. Je manque de preuves mais…

- Tais-toi, baka ! Je ne te demande rien. Tu traverses la planète pour venir me voir dès que ça t'est possible, c'est assez éloquent, non ? Je t'ai laissé vivre tes expériences, et tu l'as fait, mais tu reviens toujours vers moi. La dernière m'a fait peur, je l'avoue, j'ai bien cru que tu allais rester avec Sarah. Je l'aurais accepté, parce que je veux que tu sois heureux. Seulement pardonne-moi, mais je suis heureux que ça ait foiré !

Tatsuha sourit avant de l'embrasser.

- Moi aussi, si tu veux tout savoir.

- Tant mieux. Tu m'as dit merci, mon cœur, mais c'est à moi de te remercier. C'est toi qui me permet d'écrire de si belles chansons, qui ont un tel succès. Alors merci, mon Tsu-chan.

Un nouveau baiser scella leurs lèvres. Un baiser qui dura, s'intensifia, et Tatsuha entraîna Ryuichi avec lui en arrière. Après de telles paroles, plus d'un an sans câlins avec lui, les frustrations des dernières 24h, il s'attendait à ce qu'enfin leurs corps se retrouvent, à ne faire de nouveau plus qu'un avec lui… Il espéra jusqu'au bout… mais le chanteur se redressa.

- Tu veux toujours apprendre à faire les pancakes ?

- Haï ! répondit Tatsuha, masquant encore une fois sa déception et son incompréhension.

- Alors debout, mon ange, déploie tes ailes ! Je m'habille et je descends préparer l'atelier cuisine !

- Je file prendre ma douche et je te rejoins.

Il lui vola un dernier baiser en sortant du lit avant de quitter la chambre.

Arrivé dans la salle de bains, il se glissa sous le jet brûlant de la douche.

« Ce n'est pas mon imagination, il fuit. Comment peut-il être si doux et tendre, me dire de telles choses, m'embrasser si passionnément, faire écho à mon propre désir dès qu'on se touche, et se détourner comme si de rien n'était lorsqu'une simple caresse est sur le point de nous faire basculer ? Se pourrait-il qu'il n'ait plus envie de moi ? Que ce ne soit qu'une réaction physique et mécanique de son corps, mais sans désir ? Pourquoi ne m'en parle-t-il pas, croit-il que je pourrai le quitter pour si peu ? Je peux me passer de sexe, k'so. Mais pas d'explication. J'aurais mes réponses ! »

Moins d'un quart d'heure plus tard, en bas de jogging et t-shirt, il rejoignit Ryuichi dans la cuisine. Il l'accueillit d'un grand sourire, puis s'approcha pour lui passer un tablier. Tatsuha en profita et l'embrassa.

- Hey ! On embrasse pas son professeur !

- La leçon n'a pas commencé… répliqua-t-il en l'embrassant de nouveau.

Ryuichi se laissa faire, puis lui rendit son baiser et son étreinte, avant de s'écarter à regrets, visiblement.

- Ca donne faim…

- De toi, oui, répondit-il en mordillant tendrement son oreille.

- Je ne suis pas comestible, mon ange.

- Ca reste à prouver.

Tatsuha se fit de plus en plus pressant et entreprenant, et sans réellement en avoir conscience, Ryuichi se retrouva contre la table de la cuisine.

- Tsu-chan, ça va mal finir, la table est chargée… protesta-t-il.

- Moi aussi, je le suis, murmura-t-il à son oreille, accompagnant sa remarque d'un coup de rein suggestif contre le bassin du chanteur qui ne put retenir un gémissement.

- Yamero, Tsu-chan, onegaï shimasu… haleta-t-il.

Tatsuha fit glisser ses mains jusque sous les fesses de Ryuichi et le souleva sans difficultés.

- Si tu as peur pour ta table, il reste par terre, le canapé, la table du salon, n'importe où, je m'en fiche…

Il le porta jusqu'au salon, le serrant contre lui alors qu'il se débattait dans ses bras, et l'allongea par terre. Fermement mais sans brutalité, il lui écarta les bras en croix et bloqua toute fuite en appuyant son corps contre le sien. Il sentait le désir de Ryuichi, les pulsations contre sa cuisse. Pourtant, le chanteur le suppliait du regard.

- S'il te plaît, Tsu-chan arrête ça… Je t'en prie…

Tatsuha le regarda un long moment, puis se redressa et s'assit à ses côtés.

- Croyais-tu que j'allais te forcer ? Tu en as envie, mais tu me repousses. Je sais que je peux te faire céder, mais ce n'est pas ce que je cherche. Je veux comprendre, Ryuichi.

- Ne m'appelle pas comme ça, s'il te plaît. Pas toi, ça fait trop mal, répondit-il sans se relever.

- Excuse-moi. Mais s'il te plaît, Ryui-chan, dis-moi ce qui ne va pas. Tu ne veux plus qu'on fasse l'amour, c'est ça ?

- Ce n'est pas que je ne veux pas. On ne peut pas, c'est tout.

- Pourquoi ? T'as chopé un sale truc ?

Ryuichi se releva.

- Un sale truc ?

- Une mst (1) ?

- Non, je ne suis pas malade.

- C'est un truc pas glamour, genre des champignons, un furoncle, des hémorroïdes ?

- Mais non, je t'ai dit que j'avais rien de ce côté là !

- Alors c'est quoi, le problème ? Tu t'es fait tatouer le nom de cette actrice sur une fesse, pendant une nuit d'ivresse ?

- Mais ça va pas, t'as de ces idées !

- Alors dis-moi, k'so, j'en peux plus d'imaginer toutes ces raisons ! Si tu ne ressens plus de désir pour moi, dis-le franchement, mais regarde-moi dans les yeux.

- Tsu-chan, j ne peux pas te mentir, alors laisse-moi au moins te cacher la vérité.

- Sincèrement, je peux continuer avec toi sans faire l'amour, si c'est ce que tu veux, du moment qu'on reste ensemble. Mais j'ai besoin de mettre un nom sur cet interdit que tu dresses entre nous.

Ryuichi le regarda un long moment, puis céda.

- Bouddha, murmura-t-il.

- Nani ?

- Bouddha, ton fichu Bouddha, voilà le problème !

Tatsuha accusa le coup mais ne put parler tout de suite. Il finit par se reprendre.

- Je passe sur le « fichu Bouddha » pour ne retenir que Bouddha. En quoi est-il responsable ?

- K'so, t'as peut-être encore tes cheveux, mais tu n'en restes pas moins un moine bouddhiste, Tsu-chan !

- J'ai toujours été bouddhiste. Lorsque l'on s'est rencontrés, il y a plus de cinq ans maintenant, j'étais déjà un disciple depuis longtemps. Je ne comprends pas ce qui te gêne, aujourd'hui.

Ryuichi s'assit plus confortablement.

- C'est que depuis un an, t'as de plus en plus de responsabilités, tu t'affirmes dans la hiérarchie du temple. Alors, j'ai commencé à me poser des questions sur nous, sur notre relation. Tsu-chan, tu n'as pas le droit d'avoir des relations homosexuelles, cela t'est interdit. Je t'aime, je ne te pousserai pas dans le pêché.

Le jeune homme s'attendait à beaucoup de choses, sauf à ça. Emu, il prit la main du chanteur entre les siennes.

- Tu sais comme je suis attaché aux traditions et à ma religion. Crois-tu vraiment que je me vautrerai dans le pêché avec toi, pour ensuite retourner tranquillement officier ?

- Je me suis posé cette question aussi. J'en ai conclu que tu devais sûrement faire quelque chose en plus pour racheter tes fautes, j'en sais rien. La religion et moi, ça fait 1000. J'ai lu beaucoup de choses, j'ai parlé à des gens. J'ai appris l'essentiel le matin-même de ton arrivée. C'est le cœur et l'esprit retourné que je suis venu te chercher, mais je me suis fait la promesse de t'empêcher de pêcher une nouvelle fois.

- Tu sais, mon Ryui-chan, le bouddhisme est une religion très complexe. C'est aussi une philosophie de vie. Les textes peuvent être interprétés de mille façon, c'est tout le problème des religions, d'ailleurs. Nous avons des règles de conduite qui régissent la vie monastique, qui s'appliquent aux moines qui se sont retirés pour vivre en communauté. Pour eux, toute sexualité est proscrite. Tout simplement parce qu'on part du principe où l'activité sexuelle empêche de se concentrer et de développer son état mental. N'étant pas bonze, je ne suis pas concerné.

- Demo… j'ai lu le discours du dalaï-lama.

Tatsuha poussa un soupir à fendre l'âme.

- Même après cinq ans, ses mots continuent à faire des ravages. Il a dit des trucs dans le genre, que l'acte homosexuel fait parti de ce que les bouddhistes appellent « les mauvaises pratiques sexuelles », que les organes ont été crées pour la reproduction entre l'élément féminin et l'élément masculin et que le reste ne peut pas être accepté dans le bouddhisme, et blabla, et blabla, si je me souviens bien. As-tu lu les retours qu'il y a eu sur son discours ?

- Iee.

- Je vais t'expliquer. Le Dalaï-lama est le chef religieux des bouddhistes tibétains. Il n'est en aucun cas celui des bouddhistes du monde, ni notre porte-parole, même si nous le respectons. Il a développé une idée personnelle et fait passer le bouddhisme pour une religion condamnant l'homosexualité, et ça a été une grosse déception et une grosse tâche pour les bouddhistes. Il a fait une interprétation d'un texte en s'appuyant dessus. Crois-moi, il n'y a rien, dans les textes canoniques, qui vise directement à l'interdiction des relations homosexuelles. Il y a juste une condamnation du recours à certaines pratiques sexuelles, homo ou hétéro. Ce ne sont même pas elles qui sont jugées ou visées, mais le fait d'y avoir recours. Tu comprends ?

- Et comment définis-tu cela ? On n'interdit pas les relations homosexuelles, mais on t'interdit d'y avoir recours… Ca revient au même.

- Non. Parce que là, tu supposes que cette pratique sexuelle-là est une de celles dont il ne faut pas avoir recours.

- Un des préceptes l'affirme, non ?

- Tu rentres dans le piège du Dalaï-lama. Oui, le troisième précepte affirme que : « Si un moine pratique l'acte sexuel dans ce passage, même si la pénétration ne dépasse pas la taille d'un grain de sésame, il est coupable d'une faute ». Pourquoi ? Une des interprétations veut que cet acte soit présenté dans les esprits comme quelque chose de douloureux. Le plaisir ne peut pas naître d'un acte douloureux, ou alors c'est un plaisir malsain, car il résulte d'une satisfaction de la douleur. Dans le bouddhisme Theravada, qui est celui que nous pratiquons au Temple, ce n'est pas l'objet du désir sexuel qui détermine si un acte sexuel est incorrect ou pas, mais plutôt la qualité des émotions et des intentions impliquées. Si tu as recours à des pratiques sexuelles pour de mauvaises raisons, pour blesser, pour assouvir un désir primaire et de basses émotions, par égoïsme sans penser à partager avec ton partenaire, pour souffrir car tu aimes la douleur, sans respect pour l'autre, que ce soit avec un homme ou une femme, le bouddhisme te condamne, comme toutes les religions, la morale, l'éthique.

- Alors c'est pour ça que tes multiples conquêtes gênaient au temple ?

- Oui et non, parce qu'ils me connaissent. Bien sûr, je n'étais pas amoureux à chaque fois. Mais j'ai toujours respecté mes partenaires, je n'ai jamais cherché à blesser pendant l'acte, je voulais donner autant que je recevais. Après, c'est une autre histoire. J'ai toujours veillé à e que mes pratiques sexuelles soient en respect avec moi-même, mes sens, me rendent heureux sans me détourner de ma prière et de mon développement mental. En ce sens, ma conduite n'était pas condamnable.

- Et pour nous ?

- Nous, c'est différent, ai-je besoin de le préciser ? Tu es le seul à me prendre, et le plaisir que j'éprouve est en parfaite adéquation avec mes principes. Parce que nous faisons l'amour, Ryui-chan, nous communions. C'est une expression de l'amour, du respect, de la fidélité, de la chaleur humaine que nous ressentons et partageons. Qui pourrait juger cela comme une mauvaise conduite ?

- Pas les bouddhistes, visiblement…

- Pas tous. Mais je t'assure, mon cœur, que j'ai une conscience qui est toujours en forme. Toutes les fois où j'ai commencé à glisser, elle a sonné si fort les cloches dans ma tête que je me suis remis droit en moins de deux. J'ai cette faculté de sentir quand ce que je fais est en désaccord avec l'Enseignement reçu, qui fait parti de moi. Ca n'est jamais arrivé avec toi. Quand tu me prends, que tu es en moi, je me sens tellement bien, c'est si fort... J'aime ne faire qu'un avec toi, là je me sens entier.

Ryuichi respira un grand coup, puis le serra dans ses bras.

- Tu ne peux pas savoir comme je me sens libéré d'un poids.

- Je peux en conclure que tu es rassuré, maintenant ?

- Haï, complètement, assura-t-il en s'écartant pour lui faire face..

- On va pouvoir reprendre une vie sexuelle normale ?

- Haï ! Je suis désolé, mon ange. Pour t'avoir repoussé, pour cette prise de tête…

- Je viens d'échanger une leçon de bouddhisme contre une leçon de cuisine ! Je ne t'en veux pas, mon Ryui-chan. Je suis touché que tu te préoccupes tellement de mon âme. Mais je t'en prie, si un jour ça te reprends, pour quoi que ce soit, parle-moi, ne prends pas de décision pour nous sans me consulter. Tu veux bien ?

- Je te le promets. Et Kumagoro aussi !

- Bien. Et Kumagoro, tu le promets aussi ? demanda-t-il en attrapant le lapin.

- Haï ! répondit Ryuichi en travestissant sa voix.

- Parfait. Je t'aime, mon Ryui-chan.

C'était la première fois qu'il le lui disait depuis son arrivée. Ryuichi reposa Kumagoro et l'embrassa tendrement. Cette fois, rien ne pouvait freiner leur élan ni leur désir, sauf… leurs estomacs, qui les rappelèrent à leur bon souvenir. Ils s'écartèrent et se sourirent.

- T'es prêt pour ta leçon de cuisine ?

- C'est parti !

Ils se relevèrent, s'embrassèrent encore avant de gagner la cuisine.

-


Lexique :

Baka : idiot

Demo : mais

Haï : oui

Iee : non

Kuso/k'so : merde

Nan'de : pourquoi ?

Nani : hein ? quoi ?

Onegaï shimasu : s'il te plaît

Sugoï : super !

Yamero : arrête

(1) mst : maladie sexuellement transmissible.

Notes :

Je ne suis pas bouddhiste, mais je suis tombée sur un débat concernant le bouddhisme et l'homosexualité que j'ai trouvé très intéressant, alors j'ai voulu l'exploiter, je trouvais que ça collait bien avec Tatsuha.

Vous voyez que Ryuichi n'est pas méchant, bien au contraire, et pas si égocentrique qu'au début de Gravitation. L'amour, ça vous change un homme…

Voici la version originale de la chanson de Kelly Clarkson

Before your love

I wonder how I ever made it through a day
How did I settle for a world in shades of grey
When you go in circles all the scenery looks the same
And you don't know why
And I looked into your eyes
Where the road stretched out in front of me
And I realized

refrain :

I never lived before your love

I never felt before your touch

I never needed anyone to make me feel alive
But then again I wasn't really living
I never lived before your love

I wanted more than just an ordinary life
All of my dreams seemed like castles in the sky
I stand before you and my heart is in your hands
And I don't know how
I survived without your kiss
Cause you've giving me a reason to existrefrain

And I don't know why
Why the sun decides to shine
That you breath your love into me just in time

refrain