Grandir, c'est dire je t'aime

Source : GRAVITATION

Auteur(e) : Lysanea (lysaneahotmail.fr)

Genre : yaoi, romance

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf : les membres de la famille de Shuichi (Kaori, la mère, Akitoshi, le frère, Mazaki Koboe, le père), la mère de Yuki, Sayuri Asato Uesugi, Suzanne + les vigiles. Les chansons sont de Joe Dassin : « Plus je te vois, plus je te veux » et de Jacques Brel « Le refrain de ma vie ».

Chapitre douze : le mariage : la réception

Pairing : Tatsuha/Ryuichi, Yuki/Shuichi, Mika/Tohma, Hisae/Fujisaki, Suzanne/Akitoshi

Personnages : Yuki Eiri (fiancé de Shuichi, écrivain), Shindo Shuichi (fiancé de Yuki, ancien chanteur des Bad Luck) Tatsuha Uesugi (frère de Yuki Eiri), Hisae Shindo (sœur de Shuichi), Suzanne (infirmière et amie de Akitoshi) Mika Uesugi Seguchi (sœur de Yuki, épouse de Seguchi Tohma), Shindo Akitoshi (Aki-chan, frère de Shuichi), Kaori Shindo (mère de Shuichi) Sakuma Ryuichi (chanteur et ami de Shuichi), Hiroshi Nakano (Hiro, ancien guitariste des Bad Luck et meilleur ami de Shuichi),

Allusion : Tohma (Seguchi Tohma, PDG de NG Productions), Etsuko (fille de Mika et de Tohma), Noriko (amie de Shuichi et ancien membre des Nittle Grasper) Ayaka (épouse de Hiroshi), K (ancien manager des Bad Luck), Fujisaki Suguru (ancien pianiste des Bad Luck), Sakano (ancien producteur des Bad Luck),

Notes : finalement, j'ai eu le temps de travailler ce gros morceau qu'est le mariage, pas autant que je l'aurais voulu, mais finalement, ca a du bon deux heures de transports en commun, quand tu peux t asseoir et écrire assez correctement pour te relire... Je vous préviens, c'est un peu long et rose bonbon... Bonne lecture, et merci pour vos reviews, ca me fait toujours super plaisir ! Lysanea


Chapitre douze : le mariage : la réception.

-

La salle de réception de l'hôtel avait été magnifiquement décoré sous la direction de Mika. Les tables avaient été disposées et l'ensemble des invités répartis selon une parfaite organisation. Mais pour le moment, personne n'était vraiment sagement assis, les mariés eux-mêmes allaient d'un groupe à l'autre…

Shuichi trouva enfin l'occasion de s'approcher de son frère et de Suzanne, qui ne s'étaient que rarement quittés d'ailleurs.

- Tout se passe bien ? leur demanda-t-il.

- Oui, c'était vraiment une très belle cérémonie, lui répondit Suzanne. Je ne vous connais pas et pourtant, j'ai été très émue. Akito m'a un peu raconté votre histoire, c'est vraiment un très beau lien qui vous unit à votre époux. Je vous souhaite beaucoup de bonheur.

- Merci beaucoup, Suzanne. J'ai été très surpris d'apprendre que vous étiez la jeune femme que mon frère a rencontré à Paris il y a quelques années.

- Oui, la vie fait parfois de drôles de surprises.

- J'en revenais pas. J'ai gardé le souvenir d'une jeune fille presque aussi grande que moi, aux cheveux ultras courts blonds platine, aux yeux verts comme les bouteilles de bière que je descendais, tous les doigts bagués et prêts à s'imprimer sur ta figure si t'avais un geste ou une parole déplacé… Tout ça cachant un cœur d'or et une grande sensibilité. Et je retrouve une jeune infirmière à la longue tresse brune, qui fait bien une tête de moins que moi, au petit sourire presque timide. Tes yeux m'ont frappé, mais j'étais trop inquiet pour Tat-chan pour faire le lien.

- Ne rêves pas, tu n'as pas grandi, j'ai juste délaissé mes talons.

- Le résultat est le même, t'es obligé de lever les yeux pour me regarder, et c'est irrésistible…

- Toi par contre, tu changes pas…

- Vous l'avez reconnu tout de suite ?

La jeune fille sourit en regardant Akitoshi.

- Dès qu'il est entré dans le périmètre des urgences et que je me suis retournée. J'ai été si surprise que ma collègue s'est inquiétée. Le temps que je réagisse, le brancard était déjà passé, et Akito avait été prié de rester en arrière. Lorsque je lui ai dit que je lui donnerai des nouvelles au plus vite, j'ai bien vu qu'il ne me reconnaissait pas. Il me regardait à peine, en fait. Mais moi, j'avais ma certitude, c'était bien lui, ce jeune homme si troublé rencontré à Paris. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il avait atterri dans l'hôpital où je travaillais, à 6 heures d'avion de là où on s'était vus pour la dernière fois.

- Entre nous, je ne crois pas aux coïncidences. J'espère que vous saurez saisir cette nouvelle chance que vous offre le destin. Je vous laisse à cette entreprise. Au plaisir, Suzanne. Si vous avez besoin de quoi que ce soit…

- Merci beaucoup.

- Avant de partir, tu sais où est maman ?

- Oui, elle est à l'arrière avec Mika, je crois qu'elles supervisent la préparation du service de la pièce montée.

- Bien, nous allons les rejoindre. A plus tard.

Shuichi lui ébouriffa les cheveux et s'éloigna.

Il croisa Ryuichi qui tenait deux verres à la main, le front plissé.

- Qu'est-ce que t'as, Kuma-kun s'est fait enlevé ?

- Très drôle ! Tu n'aurais pas vu Tat-chan, par hasard ?

- Non, mais il ne doit pas être bien loin. Ca fait longtemps que tu le cherches ?

- Cinq à dix minutes. On sortait des toilettes et… Me regarde pas comme ça, le docteur Caroll a dit qu'il ne devait pas faire trop d'efforts, comment veux-tu qu'il reste debout dans son état ? Fallait bien quelqu'un pour l'aider à tenir.

- Tenir quoi ?

- T'es pas possible, Shui-chan ! Bon, je vais voir sur le balcon. Si tu le croises, tu me l'envois.

- Ok. Et arrête de t'inquiéter, tu le sentirais, s'il allait mal. Tu pressens les choses par dessus les océans et les continents quand il va pas bien, c'est pas une salle de réception qui va brouiller tes perceptions, quand même !

- T'as raison. Mais je me sentirai bien que quand il sera dans mon champ de vision.

Ryuichi se dirigea vers le balcon et Shuichi continua son tour de salle. Ryuichi soupira de soulagement lorsqu'il y trouva Tatsuha. Il posa les deux verres sur la rambarde.

- Tu es là, mon ange, je te cherchais. Tout va bien ?

- Oui, j'avais juste envie de prendre un peu l'air du soir.

Ryuichi se pencha et l'entoura de ses bras, très doucement, en posant son menton sur son épaule. Tatsuha appuya sa joue contre la sienne.

- Je suis tellement heureux pour mon frère et Shui-chan. Je ressens encore l'émotion qu'ils ont crée durant la cérémonie.

- Ca m'a touché aussi. Ca donne envie.

- C'est pour ça que tu me cherchais ? le taquina-t-il.

- Baka. Non, j'avais une chose à te donner.

- Qu'est ce que c'est ? demanda Tatsuha alors que Ryuichi se détachait et le faisait pivoter pour lui faire face.

Il attrapa une chaise et s'assit en face de lui.

- Tu te souviens, le premier soir, on a eu une conversation sur les clés, le symbole, et tout ça.

- Oui.

- Tiens, dit-il en sortant un trousseau de clés qu'il lui tendit. Ce sont les clés de mes appartements de Chicago, Los Angeles, New York et Détroit. Elles sont marquées, tu pourras facilement les différencier. Il y a aussi celle de mon chez moi à Tokyo.

Tatsuha laissa son regard glisser des clés aux yeux de son amant.

- Je… je ne sais pas quoi te dire, Ryui-chan.

- Dans un premier temps, accepte ou refuse-les. Je ne t'en voudrai pas si c'est ta décision.

- Je les accepte, bien sûr, répondit-il en se saisissant du trousseau. Je suis très touché. Mais je ne les accepte que pour le symbole, parce que je n'en aurais pas l'utilité. Tu as bien vu que je n'avais pas tellement l'occasion de venir te voir.

- Au moins quand tu viens, tu es chez toi.

- Je ne risque pas de tomber sur une Renée Diamanda ?

- Si ça devait arriver, je changerai de serrure…

- Teme ! s'indigna-t-il en frappant son torse de son poing.

- Arrête, tu vas te blesser, répliqua-t-il en se saisissant de sa main.

Leurs doigts s'entrelacèrent, leurs regards se fondirent l'un dans l'autre. Ryuichi se pencha vers lui et l'embrassa tendrement, son autre main glissant derrière sa nuque pour l'embrasser plus profondément encore. Puis ils s'écartèrent et se sourirent tendrement, leurs mains toujours entrelacées.

- Dis, mon Ryui-chan, combien de temps peux-tu rester avec moi, ici ?

- Je resterai jusqu'à ce que je puisse te ramener à Détroit avec moi, mon cœur.

- Mais, tu as des obligations…

- Il n'y a pas de mais. Rien ne compte plus que toi à mes yeux. Mais ne le dis pas à Kumagoro, il risquerait de se vexer

- Il a dû s'en rendre compte, tu l'as oublié deux ou trois fois, ça ne t'étais jamais arrivé avant.

- Tu n'as pas tort… Il faudra que j'en parle avec lui.

- Sérieusement, Ryui-chan, le docteur Caroll a dit que je serai remis dans quelques jours. Eiri et Shuichi nous laissent leur maison, le temps que je puisse voyager de nouveau. Mais Mika peut rester, ou Akitoshi.

- Tu préfères qu'Akitoshi reste avec toi, c'est ça ?

- Mais non, baka ! C'est juste que ça le dérangera moins que toi. Et il a Suzanne, je suis sûr qu'ils vont finir ensemble, ces deux-là, c'est gros comme un temple.

- Leur histoire est compliquée. Mais pour en revenir à toi, tu ne dois pas t'inquiéter. Quand vas-tu comprendre que rien ne peut me déranger, te concernant ? Je t'aime, Tsu-chan, tout le temps passé à tes côtés et un cadeau. J'adore prendre soin de toi, m'occuper de toi. Quand tu pourras de nouveau voyager, tu viendras t'installer à Détroit avec moi. Et lorsqu'un voyage jusqu'au Japon te sera de nouveau possible, et bien tu repartiras, et nous reprendrons notre vie, avec nos obligations respectives, nos devoirs à honorer et tout ça. Mais pour l'instant, on reste ensemble. Vu ?

- Avec plaisir. Tu sais, mon amour, je…

Il s'interrompit, victime d'une violente quinte de toux. Il suffoqua sous la douleur et fit appel à toutes ses années de pratique au Temple pour faire refluer la douleur et se calmer. Il avait agrippé le bras de Ryuichi si fort qu'il n'avait pas pu aller chercher de l'aide. Lorsque enfin il desserra ses doigts, Ryuichi se leva.

- Je vais chercher Suzanne.

- Attends, s'il te plaît… Sois… discret, n'alerte personne…

- Tsu-chan, tu craches du sang, tu te tords de douleur, et tu veux que…

- S'il te plaît… Pas avant que j'ai vu… Suzanne… s'il te plaît…

- D'accord. Je reviens, mon cœur, tiens le coup, continue de garder la panique et la peur loin de toi.

Il embrassa son front et le laissa.

Il avait croisé Akitoshi et Suzanne se dirigeant vers l'arrière, il retrouva donc rapidement la jeune femme, qui le suivit sans en avoir l'air, aussi discrètement que possible. Ryuichi se retint de ne pas traverser la salle en courant.

Sur le balcon, Tatsuha continuait à cracher du sang. Suzanne s'approcha, le toucha, regarda l'aspect du sang qu'il crachait, lui souleva sa chemise afin de s'assurer que le pansement était en place et que la plaie ne s'était pas ouverte. Tout était propre, heureusement.

Elle s'écarta pour laisser Ryuichi passer un linge humide sur le visage du jeune blessé pour lui enlever les traces de sang et le rafraîchir aussi. Il l'aida à boire ses cachets avec un peu d'eau.

- Ce n'est rien de grave, leur assura Suzanne. Il ne faut pas oublier que la blessure est profonde, les tissus ont été endommagés. Si le poumon et les autres organes n'ont pas été touchés, l'organisme a subit une agression et de nombreux dérèglements. Il y a eu beaucoup d'agitation, de fumée, d'odeurs différentes, de bruits, tu as été pas mal agressé aujourd'hui. Normalement, après une telle opération, il faut du calme, du repos, une position allongée pendant au moins 24h. Tu n'as bénéficié que de la moitié de ce temps. Il serait plus sage de rentrer à l'hôpital..

- Je vais t'y ramener, Tsu-chan.

- Non.

- Mais…

Tatsuha leva le visage vers lui.

- Pas encore. Je vais me reposer un peu ici, ça va passer, les cachets agissent très vite. Je me sens déjà un peu mieux, la douleur est supportable.

Ryuichi se sentait impuissant. Il se souvenait des paroles du docteur Caroll, il savait que s'il partait maintenant, Tatsuha attirerait l'attention et perturberait le mariage, ce qu'il ne supporterait pas.

- Ma permission prend fin dans une heure. Une heure, je vous demande de m'accorder cette petite heure, et je vous laisse me ramener. S'il vous plaît.

Suzanne allait répondre, mais Shuichi arriva à ce moment-là.

- Vous êtes tous là, parfait ! C'est l'heure du gâteau, il faut rentrer. Tout va bien ? Tat-chan, tu es un peu pâle, non ?.Il y a un problème ? Suzanne ?

Suzanne échangea un rapide regard avec Tatsuha.

- Je m'assurai justement qu'il allait bien. Il est peu fatigué, c'est normal, mais il n'y a pas à s'inquiéter. Il ne faudra pas que tu manges trop de gâteau, c'est tout.

- Ce n'est pas un souci, il n'a jamais été trop gourmand, remarqua Ryuichi.

- Ca dépend des gourmandises et où elles se trouvent, se défendit le jeune homme en faisant un clin d'œil à son amant.

- Je vois tout à fait Ryui-chan se transformer en plateau de dégustation…

- Ca te va bien de me dire ça, Shui-chan, toi qui joue si bien les cornets de glaces…

- Je n'ai rien entendu, fit Shuichi en se détournant pour quitter le balcon.

- Attends, Onii-chan, c'est quoi cette histoire, je veux savoir ! s'écria Akitoshi en lui emboîtant le pas.

Ils commencèrent à les suivre. Tatsuha retint Suzanne par le bras un moment.

- Merci, Suzanne.

- De rien. Mais je ne te quitte pas des yeux, et au moindre signe alarmant, c'est une ambulance que j'appelle.

- Je connais mon corps, mes limites. Ca ira.

Ils rejoignirent les autres et allèrent s'installer à leurs places respectives.

Lorsque tout le monde fut assis, Eiri se leva.

- Je n'aime pas les discours, c'est pas nouveau. Mais aujourd'hui est un jour exceptionnel, et vous êtes tous présent pour être témoin de ce qui nous lie, Sui-chan et moi. Alors je prends la parole. Mais je vous préviens, au premier commentaire, je me rassois !

- Pour une fois que t'acceptes de dire plus d'une phrase, on va pas se priver ! ne put s'empêcher de remarquer Tatsuha.

L'écrivain fit mine de se rasseoir, sous les protestations.

- Mais je plaisante, Onii-chan ! Vas-y, te fais pas prier.

- Je te louperai pas, le jour où tu seras à ma place, promit-il, et cela calma instantanément Tatsuha, qui rougit. Dans un premier temps, reprit Eiri, Shui-chan et moi tenions à vous remercier d'être là. Nous avons une pensée pour ceux qui n'ont pas pu être physiquement présents, mais dont les pensées nous accompagnent à chaque instant. Ton père, Shui-chan, Mazaki Koboe, ainsi que ma mère, Sayuri Asato Uesugi.

Il observa un silence respectueux durant quelques secondes, que personne ne perturba et que beaucoup accompagnèrent.

- Merci à vous d'avoir accepté de vivre avec nous l'un des plus importants et l'un de plus beaux jours de notre vie. Shui-chan, continua-t-il en se tournant vers lui, je veux aussi te remercier.

Il plongea son regard dans le sien, l'ambre contre l'améthyste, l'ambre dans l'améthyste, durant un long moment. Tout le monde était impressionné par cet échange silencieux dans lequel, cependant, ils s'hurlaient leur amour. Personne ne se senti gêné ou mal à l'aise, le temps n'avait aucune prise sur la scène. Il aurait pu se passer une seconde ou une heure, l'intensité de leur échange avait balayé tous les repères temporels.

Les deux époux (!!!) se sourirent, et l'écrivain reprit.

- Ecrire des romans d'amour, c'est facile pour moi. Te parler de mes sentiments l'est beaucoup moins. Le faire en public, c'est une épreuve. Mais ce public, ce sont nos proches, et ils nous connaissent ainsi que notre histoire.

« Ce soir-là, il y a plus de cinq ans, quand j'ai décidé de rentrer par le parc, traînant encore ma vie comme un boulet accroché à ma cheville, je ne savais pas ce qui m'attendait. C'était mon destin, le sens que je cherchais à ma vie sans le savoir, sous la forme d'un incroyable gamin aux cheveux roses, qui s'interrogeait sur son talent et son avenir. Toi, Shui-chan. On s'est donné des réponses, ce soir-là, mais pas celles espérées. Je t'ai dit que tu n'avais aucun talent et que tu ferais mieux d'abandonner. Tu m'as regardé avec ce mélange de crainte et d'attirance, comme tant d'autres. Tout aurait pu s'arrêter là, si tu n'avais pas été Shindo Shuichi, l'être le plus têtu et borné de la création.

« Je n'ai jamais vraiment su quand exactement je tombais amoureux de toi. C'était peut-être à ce moment-là, quand nos regards se sont croisés pour la première fois. Ou la seconde, sous la pluie, je ne sais pas. Contrairement à ce qu'on peut penser, on ne se rend pas forcément tout de suite compte qu'on est tombé amoureux de quelqu'un. Moi, je n'étais pas prêt quand ça m'est arrivé. Mais c'est resté en moi, et ça a germé doucement. Une petite graine, une pousse, une fleur, une plante, un arbre, une forêt qui a envahit mon organisme, me donnant un second souffle, une nouvelle vie, en remplissant mon cœur, mon corps et mon esprit. Dois-je me laisser aller à la facilité en disant que tu l'as arrosé et l'arroses tous les jours depuis notre rencontre ? L'image est très ambiguë alors que les esprits mal placés rient un bon coup, que je puisse terminer.

Des rires francs éclatèrent.

- Trop fort, Eiri !

- Excellent !

- Ca va, ça va…

- Arrête un peu de jouer la comédie, Eiri, t'es écrivain, tu ne choisis jamais tes mots par hasard ! On te connaît, maintenant !

- C'est vrai, et si vous me connaissez, c'est grâce à Shui-chan, reprit-il en caressant tendrement sa joue. Ton amour a gonflé mes veines, fait battre mon cœur.. Je suis né dans tes yeux, je vis dans ton regard. J'ai vécu des choses difficiles et douloureuses. Mais si c'est le prix à payer pour en arriver ici, aujourd'hui, à tes côtés, après cinq ans de bonheur avec toi, alors je revivrai chaque blessure, chaque douleur autant de fois qu'il le faudra, sachant que je finirai par te retrouver, qu'elles me conduiront à toi, que ton sourire et ton amour m'en guériront.

- Eiri-chan… murmura Shuichi, ému comme jamais, en pressant sa joue sur sa main.

- Je n'ai pas l'habitude de tant parler, surtout de nous et de mes sentiments, alors je vais terminer sur un poème, puisque c'est le défi que vous nous avez demandé de relever.

Eiri : De jour en jour, de seconde en seconde
L'amour grandit et me rend presque fou
Comme un orage qui monte et qui gronde
Comme une foudre qui tombe sur nous

Et plus le temps va, plus tu es à moi
Et plus je te vois et plus je te veux
Plus les jours passent et plus tu te donnes
Et si les nuits sont chaudes

Tu aurais la cause

Quand tu t'en vas je ne sais comment vivre
Sans ta présence le temps tourne à vide

Et plus le temps va, plus tu es à moi
Et plus je te vois et plus je te veux
Quand la nuit revient je te cherche des mains

Plus je suis à bout, plus tu me rends fou
Et plus je te vois et plus je te veux

« Nous serrons heureux, mon ange, je te le promets, termina-t-il alors que Shuichi se levait, pleurant sans retenue. »

Les applaudissement résonnèrent longtemps dans la salle, alors qu'Eiri serrait Shuichi dans ses bras.

- Je suis fière de toi, Eiri, il nous a fallu attendre cinq ans pour t'entendre t'exprimer sur tes sentiments, mais ça valait le coup, lui dit Mika, essuyant ses larmes. Bravo.

- Merci, nee-san, répondit-il en se rasseyant, alors que Shuichi demeurait debout.

- J'aurais pas dû te faire la politesse et passer en premier, commença Shuichi, la gorge encore nouée d'émotion. Je suis tellement bouleversé, je sais pas si je vais réussir à parler.

Hisae s'avança et lui tendit un verre.

- Tiens, Onii-chan, et achève-nous. On ne va plus avoir de larmes à la fin de la journée…

- Merci, Imooto-chan. Et merci à toi, mon amour, pour tes mots, ton amour, et la vie que tu m'offres depuis plus de cinq ans.

- Ce n'est que le début.

- Oui, ce n'est que le début. Et pourtant, il s'est passé tant et tant de choses… Quand je te regarde, j'ai plein d'images qui défilent dans ma tête de ces cinq ans avec toi. Notre rencontre, les débuts difficiles, nos luttes, nos combats contre nous-même, l'un contre l'autre, envers et contre tout et tous. Et tout ces moments magiques, ce bonheur qui nous donnaient raison de tenir et de se battre. Je n'ai pas cessé d'entendre autour de nous que je t'avais sauvé, transformé. Toi-même, tu me dis être né dans mes yeux et vivre dans mon regard. Même si j'ai fini par me rendre compte qu'aimer est pour certains impossible, c'est « juste » ce que j'ai fait, Eiri-chan, je t'ai aimé. Tout le reste, c'est nous deux, toi et moi, ensemble, qui l'avons accompli. On m'a dit qu'il fallait du courage pour approcher l'homme que tu étais alors, et vouloir en être aimé. Parce qu'il était facile de t'aimer. C'est faux. Beaucoup de gens sont tombés amoureux de Yuki Eiri, il m'est arrivé la même chose. Mais j'ai rencontré Eiri Uesugi tapi au fond de toi, et c'est lui que j'ai aimé. Dès lors que je l'ai entraperçu, je n'ai plus voulu te quitter, et j'ai juré de lui redonner vie. Voilà l'histoire de mon coup de foudre, de mon combat. Je suis heureux de l'avoir mené et gagné, et d'avoir épousé aujourd'hui Uesugi Eiri, et de porter ce nom. J'étais un gamin quand on s'est rencontré, je suis devenu un homme par ce combat que tu m'as amené à livrer au nom de l'amour. Je suis devenu un homme entre tes bras, je suis aujourd'hui ton époux, et j'espère être demain un père à tes côtés. Je t'aime, Eiri-chan. Ce que nous avons construit, personne ne pourra jamais nous l'enlever. Je sais que nous serons heureux, je te fais la même promesse, dit-il en caressant tendrement sa joue. Je conclu à présent sur le poème de notre défi

Shuichi : J'ai gravé quelques cœurs sur quelques arbres
Sur du sable, sur du marbre
Sur des coins de tables d'écoliers
J'ai cru en presque toutes mes histoires
A des amours dérisoires

Qui ne passaient même pas l'été

J'ai gravé quelques cœurs dont il ne reste
Le plus souvent que la flèche
Qu'un peu d'amertume ou de remords
La veille au soir on lui a dit: "Je t'aime"
Le matin on ne sait même
Plus le prénom de celle qui dort

Mais c'était de toi que je rêvais
C'était de toi que je brûlais mes nuits
Je changeais sans cesse les couplets
Mais c'était toi le refrain de ma vie

Je ne rêve plus tu es bien là
Mais je continue à rêver de toi

Je vois bien que mon rêve était vrai
Que c'était toi dont je brûlais mes nuits
Je changeais sans cesse les couplets
Mais c'était toi le refrain de ma vie

Je ne rêve plus tu es bien là
Et je continue à rêver de toi

- Mais ce rêve qu'est notre vie, nous en faisons une réalité jour après jour, termina-t-il.

Il eut le droit aussi à un tonnerre d'applaudissements, alors qu'il embrassait tendrement Eiri.

Hiroshi se leva pour demander la parole, annonçant la session « toast aux mariés ».

- Je lève mon verre à ce couple exemplaire. Ce n'était pas gagné d'avance, mais ils sont bel et bien là aujourd'hui, unis officiellement par les liens du mariage, même si je continue de croire que quelque chose de plus puissant encore les unit depuis cinq ans. Vous allez nous manquer. Déjà, Shui-chan, je ne me suis toujours pas habitué au fait que tu ne débarques plus chez moi pour squatter mon canapé. Pourtant, ça fait plus de trois ans !.Tant mieux, c'est sûr, pour vous et pour moi aussi, même si tu ne nous dérangeras jamais, Ayaka-chan et moi. En parlant de ça, pour ceux qui s'amuseraient du fait que je suis marié à l'ancienne fiancée de Yuki alors que j'étais amoureux de Shuichi, et bien croyez-moi, j'ai gagné au change !

Les rires fusèrent. Hiroshi leva son verre.

- Longue et heureuse vie à vous. Yuki, ne te crois pas à l'abri. 12 heures d'avion, ca ne me fait pas peur.

- Tu dis ça parce que tu sais que tu n'auras pas à le faire, répliqua l'écrivain.

- J'avoue. A vous deux !

- A vous ! reprit l'assistance en chœur.

Mika se leva.

- Je n'ai pas grand chose à dire, si ce n'est à vous présenter mes excuses. Avec Tohma, nous avons souvent essayé de vous séparer. Nous n'avons par réussi et tant mieux. Nous ne saurons jamais si ça aurait pu être quelqu'un d'autre que toi, Shuichi, qui aurait pu accomplir ce que tu as fait. Mais je suis persuadée que non. Car il n'existe pas deux personnes comme toi, et te ressembler n'aurait pas été suffisant. Je remercie le ciel de t'avoir mis sur le chemin de mon frère, et quelles qu'aient été vos souffrances respectives, c'est du passé. Et celles à venir, car la vie n'est pas aussi rose que l'étaient tes cheveux, Shui-chan, vous les surmonterez ensemble, je n'ai aucune crainte à ce sujet. Vous allez nous manquer. Soyez heureux, termina-t-elle en levant son verre.

Les deux époux la remercièrent.

Hisae se leva.

- Je veux juste te dire devant tout le monde combien je t'aime, Onii-chan. Tu vas cruellement me manquer, mais je suis vraiment heureuse pour toi et pour vous deux. Vive vous et vive l'amour !

Shuichi embrassa sa sœur, alors que son frère se levais.

- A mon tour, je veux te dire que je suis heureux et triste à la fois. Heureux pour toi, parce que tu mérites ce bonheur, et triste pour moi et nous deux, parce que viens de te retrouver, et pourtant je te perds encore une fois. Mais ton bonheur compte plus que tout à mes yeux, alors ma joie est bien plus forte que ma peine.

- Tu ne m'as jamais perdu et tu ne me perdras jamais, Otouto. On est resté ensemble toutes ces années, tu sais tout de moi, je sais tout de toi, on a grandi ensemble même sans la présence physique de l'autre. A s'appeler à des heures pas possible, se parler des heures au téléphone ou sur le net, s'envoyer des cadeaux sans raisons et ne jamais oublier une date symbolique, malgré la distance. Ca ne changera jamais. Je reviendrai vous voir, et toi, tu seras toujours le bienvenu chez nous. Ca fera sûrement plaisir à Suzanne de te voir de temps en temps, puisque vous avez repris contact. Enfin ça, c'est votre histoire…

- Tu as raison… euh pour toi et moi, je veux dire. Le reste, on verra. Je lève mon verre à votre bonheur. Prends soin de lui, Yuki.

- Oui, Eiri-san, intervint Kaori Shindo en se levant à son tour, prenez soin de mon fils. Je vous l'ai confié, il y a un peu plus de quatre ans, lorsque vous avez enfin accepté de reconnaître et dévoiler vos sentiments. Je ne l'ai jamais regretté. Je renouvelle ma bénédiction et vous demande de continuer à le rendre heureux.

- Je renouvelle mon serment et ma promesse. Je continuerai de la rendre heureux, Kaori Shindo-san.

- Je vous fais confiance, assura-t-elle en se rasseyant..

- Moi aussi, je veux dire quelque chose, mais vous m'excuserez si je reste assis…

Tout le monde se tourna vers Tatsuha. Il était encore pâle, ce qui inquiétait Yuki. Il le connaissait bien, il comprit à ce moment là qu'il faisait d'énormes efforts. D'accord ou pas, il allait faire en sorte de le ramener d'ici peu.

- Je voulais dire merci à Shuichi d'avoir redonner ses ailes à mon frère. Quand j'étais petit, je voyais toujours Eiri comme un ange. De nous trois, tu es le seul à avoir tout hérité de maman, les yeux, les cheveux, le regard si doux que tu as de nouveau. Lorsque tu es revenu brisé de New York, j'ai prié tous les jours de ma vie, sans exagérer, pour que tu rencontres un autre ange. Un ange qui soignerait tes ailes et t'apprendrait de nouveau à voler, en te portant haut dans le ciel. Tu es parfois un petit démon, Shuichi, pourtant, tu avais aussi l'innocence d'un ange, quand tu as rencontré mon frère. Merci de nous avons rendu notre Eiri, de l'avoir libéré de sa prison de glace et rendu ses ailes. Onii-chan, je te souhaite de toujours voler plus haut, grâce et avec ton précieux guide. Tous mes vœux de bonheur pour cette vie nouvelle qui vous attend.

Eiri se leva et alla jusqu'à lui pour le serrer délicatement dans ses bras.

- Merci, Otouto, lui dit-il en s'accroupissant devant lui. Tu sais le ciel est vaste, il y a de la place pour toi aussi. Ton ange est tout prêt, il ne vous faut pas grand chose pour vous libérer et qu'enfin, vous vous envoliez à votre tour. Mais c'est votre histoire, conclut-il en se relevant pour regarder Ryuichi dans les yeux.

- Décidément, il y en a des histoires à construire ! remarqua Hiroshi.

- Espérons que nous aurons su vous donner des idées et des envies, répondit Shuichi en rejoignant Eiri. Si plus personne ne souhaite intervenir, nous allons couper le gâteau.

Personne ne demanda la parole, la pièce montée fut amenée.

Les deux époux procédèrent au coupage rituel de la première part de gâteau, leurs deux mains sur le manche (1) et chacun fit manger la première cuillère à l'autre.

Puis la distribution se fit et des groupes se reformèrent.

- Tu ne trouves pas que Tat-chan est vraiment pâle ? demanda Eiri à Shuichi en lui tendant sa cuillère

- Si, répondit celui-ci après avoir engloutit le morceau de gâteau. Il serait temps qu'il rentre à l'hôpital, la journée a dû être épuisante pour lui, même si il n'en montre rien.

- Rien que ça, déjà, ça doit lui coûter, remarqua Eiri avant de refermer la bouche autour de la cuillère tendue par Shuichi.

Un éclair de compréhension traversa leurs regards. Délaissant leurs parts de gâteau, ils le rejoignirent.

- Tu vas pouvoir rentrer à l'hôpital, Tat-chan, lui dit Eiri en posant sa main sur son épaule.

- C'est ce dont nous étions en train de discuter, lui dit Ryuichi. Je vais monter chercher ses affaires et je le ramène.

- Bien. Comment tu te sens ?

- Un peu fatigué, mais ça va.

- Tu n'as jamais su mentir, Otouto.

- Je te jure que ça va, je suis vraiment content d'avoir pu assister à tout ça. Le gâteau est super bon, en plus. Vous inquiétez pas, j'aurais le temps de me reposer à l'hôpital.

- Nous passerons te voir demain matin avant de partir en voyage de noces. Le docteur Caroll nous a autorisé une visite exceptionnelle.

- Comme d'habitude. S'il reste du gâteau, ce serait gentil de lui en mettre de côté.

- Il en restera, t'en fais pas.

Ryuichi revint.

- Tu es prêt ?

- Oui. A demain alors, les mariés.

- Merci encore pour ta présence et ce que tu as dit. A demain, lui dit Shuichi.

- Merci, Otouto. A demain.

Suzanne se tourna vers les mariés.

- Merci de m'avoir permis d'assister à ce si beau mariage. Akito m'a fait la traduction de tout ce que vous vous êtes dit, c'est vraiment magnifique. Je vous souhaite beaucoup de bonheur.

- Merci.

- Merci, Suzanne, et à bientôt.

- Je les accompagne à a voiture et je reviens, les prévint Akitoshi.

Ils partirent, ayant salué rapidement ceux qu'ils devaient.

Ryuichi installa Tatsuha dans la voiture.

- Merci beaucoup, Akito, de m'avoir invitée. C'était magnifique.

- Merci à toi d'être venue, malgré ton emploi du temps compliqué voir même complexe. J'espère que tu ne seras pas trop fatiguée.

- Ce n'est rien. Je prends ma garde ce soir jusqu'à demain 8 heures, je me reposerai en rentrant, je ne reprends le service qu'après demain en milieu d'après midi.

- Je ne te verrai pas demain, alors, tu seras déjà partie.

- Tout dépend de l'heure à laquelle vous arrivez. Tu connais l'hôpital, 8h est l'heure officielle de ma fin de garde, mais je ne serai pas sortie avant 9 heures, si j'ai de la chance. Si tu ne me vois pas, demande à mes collègues.

- Je risquerai de te déranger. Et puis si c'est juste pour se croiser… Moi, ça me fera plaisir, même de te voir en coup de vent, mais bon. Je préfère t'inviter à déjeuner ou dîner quand tu le pourras, si t'es d'accord.

- Et tu répondras à toutes mes questions ?

- Quelques unes, oui.

- C'est noté. A bientôt, Akito.

Elle l'embrassa exactement entre le coin de la bouche et la joue et lui sourit. Ryuichi s'étant installé à l'arrière pour veiller sur son cher et tendre, elle prit place au volant.

Akitoshi suivit la voiture des yeux, ses doigts effleurant la trace invisible du baiser de Suzanne, puis retourna à l'hôtel, sans prêter attention au sourire des deux vigiles postés à l'entrée, qui assuraient sécurité et protection depuis l'agression de Tatsuha..

A suivre.


Notes :

(1) du couteau, je le précise pour les esprits mal placés (à commencer par moi).

Je vous avais prévenu que le mariage était un gros morceau, j'ai essayé de ne pas en faire trop, mais c'est un mariage quand même, c'est bien le seul moment dans notre vie ou on peut faire de l'excès de romantisme, d'eau de rose, de chamalow quoi !!! ç dégouline d'amour, comme dirait Anaïs, mais bon, c'est comme ça que je vos les choses… J'espère que ca vous aura au moins un peu ému et plu… bises, Lysanea

Lexique :

Baka : idiot.

Imooto-chan : petite soeur

Nee-san : grande soeur

Otouto ; petit frère

Onii-chan : grand frère