Source : GRAVITATION
Auteur(e) : Lysanea
Genre : yaoi, romance, drame, tragédie (juste un peu)
Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf Akitoshi Shindo, et tout le personnel médical ( le Professeur Garret)
Chapitre dix-sept : une nouvelle épreuve
Pairing : Tatsuha/Ryuichi, Hiroshi/Ayaka
Personnages : Tatsuha Uesugi (amant de Ryuichi, frère d'Eiri), Sakuma Ryuichi (amant de Tatsuha, chanteur et ami de Shuichi) Akitoshi Shindo (frère de Shuichi), Hiroshi Nakano (meilleur ami de Shuichi, guitariste) Ayaka Nakano (amie du couple, épouse de Hiroshi) + le personnel médical (le Professeur Garret)
Notes : je me suis souvenue d'un épisode de ma vie et j'ai eu envie d'écrire ce chapitre en écho, c'est donc une expérience personnelle. Un grand merci à Anyka d'avoir replongé dans ses souvenirs avec moi pour m'aider à décrire le plus fidèlement possible cette situation, et d'avoir souffert avec moi pour ça ! Bisous, je t'adore. A tous, merci de me lire et j'espère que ça vous plaira, bonne lecture !
Chapitre dix-sept : une nouvelle épreuve.
Lorsque Ryuichi et Hiroshi regagnèrent l'hôpital, ils trouvèrent Ayaka qui les attendait devant la chambre de Tatsuha.
A peine les aperçut-elle qu'elle courut se blottir dans les bras de son mari, ne se posant même pas la question de savoir pourquoi il était là.
- Hiro-chan, je suis si contente que tu sois là…
La voyant ainsi, Ryuichi se précipita vers la chambre de son amant, qu'il trouva vide. Alors, il revint vers la jeune fille, qui contenait difficilement ses larmes.
- Où est-il ? lui demanda-t-il d'une voix blanche.
- En réanimation.
- C'est où, la réa ? Vite, montre-moi !
- Je t'attendais pour t'y conduire, justement, expliqua-t-elle en le suivant alors qu'il se précipitait vers l'ascenseur. Akitoshi est avec lui.
- Que s'est-il passé ?
Ils prirent l'ascenseur, Hiroshi serrant sa femme contre lui, la sentant bouleversée malgré les efforts qu'elle faisait, ne souhaitant pas alerter Ryuichi plus qu'il ne l'était déjà.
- Après votre départ, nous avons continué à discuter tranquillement. Pendant environ une demi-heure, ça avait l'air d'aller. Mais sa voix commençait à faiblir, il pâlissait à vue d'œil et s'enfonçait de plus en plus dans son lit. Un moment, il s'est mis à tousser et cracher du sang.
- Cracher ou vomir du sang ? Y en avait-il beaucoup ?
- Il crachait simplement. Nous avons appelé l'infirmière et Akito lui a dit de dormir. Tat-chan lui a alors répondu complètement à côté.
- Comment ça ?
Ayaka hésita un moment devant deux couloirs puis se décida et reprit son récit.
- Il lui a dit qu'il dormirait dans la voiture. Je lui ai demandé quelle voiture, pour aller où ? Il m'a répondu qu'il devait aller voir « maman » à l'hôpital. On lui a posé d'autres questions et on s'est rendu compte qu'il délirait. J'ai posé ma main sur son front, il était brûlant. L'infirmière est arrivée à ce moment-là, et il s'est évanoui. Alors l'infirmière est sortie une minute et est revenue avec d'autres personnes. Et puis ça a été un défilé dans sa chambre, c'est parti dans tous les sens, et ils ont fini par le descendre en réa.
Ils étaient arrivés devant le service et Ryuichi avait patiemment attendu qu'elle termine son récit.
- L'ont-ils choqué ?
Les yeux de la jeune filles se remplient de larmes à ce souvenir.
- Oui, trois fois…
- Merci de m'avoir attendu en haut, Ayaka, et désolé de t'avoir fait revivre tout ça.
- C'est le moins que je puisse faire. Nous t'attendons ici…
- D'accord.
Il poussa les battants et Ayaka fondit en larmes. Hiroshi la serra contre lui.
- Courage, ma chérie, courage… C'est un battant et un rebelle, il ne se laissera pas faire.
- J'aimerai tellement y croire, mais si tu l'avais vu… Son cœur s'est arrêté, j'ai eu si peur…
- Ryuichi nous le ramènera. Aie confiance en lui.
Ils allèrent s'asseoir dans le couloir, les yeux fixés sur les portes derrière lesquelles avait disparu Ryuichi.
Celui-ci s'était présenté dans le service et un jeune homme le prit en charge, lui expliquant les spécificités su service, les comportements à adopter. Les personnes admises en réa étaient très fragiles et vulnérables, on veillait donc à ne pas introduire plus de germes encore. Le port de gants et de blouse était donc obligatoire, et une seule personne à la fois pouvait s'approcher du patient.
Ce fut carrément le chef du service, le Professeur Garet, qui conduisit Ryuichi jusqu'à une pièce avec une grande vitre d'où il put voir Akitoshi auprès de Tatsuha. Son cœur se serra : son amant était branché de tous les côtés à toutes sortes de machines. Et il était si pâle…
- Je vais à présent répondre à vos questions, Monsieur Sakuma. Sa blessure s'est infectée de manière interne, sans signes extérieurs apparents. C'est difficile de le voir, parce que la plaie est rarement propre et lisse dès les premiers jours. Ce sont les analyses de sang qui montre la présence d'une infection.
- On lui a fait une prise de sang ce matin, elle n'a rien montré ?.
- Si, justement. Mais ces analyses prennent du temps, il faut rechercher la bactérie responsable de l'infection pour pouvoir la traiter. Il est rare que l'infection se propage aussi vite, mais elle a trouvé dans ce corps fatigué un excellent terrain. C'est un cercle vicieux, il a perdu pas mal de sang à cause de l'infection, et cela l'a affaiblit lui et l'a renforcée, elle.
- Que va-t-il se passer maintenant ?
- La partie la plus difficile pour vous, je le crains : l'attente. Son cerveau a reçu trop peu d'oxygène. Il est dans un coma variable, il peut en sortir, il peut s'enfoncer. Nous allons observer ses réactions durant les prochaines 12, 24 et 48 heures. C'est à ce moment là que nous en saurons un peu plus. La bactérie n'a pas été encore isolée, nous ne pouvons donc pas encore traiter l'infection.
- Ca veut dire qu'elle est encore en train le détruire ? Mais vous ne pouvez pas laisser faire ça ! s'alarma-t-il.
- Non, ne vous inquiétez pas. Nous le traitons avec des antibiotiques de base assez puissants qui ralentissent sa progression. Mais c'est tout ce que nous pouvons faire. Nous allons régulièrement prélever du sang, faire des hémocultures, voir comment réagit son organisme, surveiller ce combat qu'il est en train de livrer. C'est pour sa vie qu'il lutte, Monsieur Sakuma, et notre équipe se mobilise pour qu'il gagne, c'est notre devoir. Mais nous sommes désespéramment pragmatiques.
- Que voulez-vous dire ?
Akitoshi était sorti les rejoindre et fit un simple signe de tête à Ryuichi pour ne pas interrompre leur discussion.
- Je veux dire par-là que nous ne sommes que des praticiens. Je ne suis pas aussi cartésiens que mes confrères, j'ai vu beaucoup de choses dans ma carrière. Je suis persuadé que nous parviendrons à isoler la bactérie à temps et à traiter l'infection avant qu'il ne soit trop tard. J'ai confiance en mon équipe. Mais le gros travail, ce sera vous, les proches de Monsieur Uesugi, qui devrez l'accomplir. Pendant que son corps souffre et subi des attaques, son esprit s'est égaré et erre dans un endroit encore inaccessible pour nous, et dont beaucoup rejette la simple idée. Son corps et son esprit son séparés, et son esprit ne réintégrera pas son corps simplement parce que celui-ci est guéri et ne souffre plus, non. Il faut le convaincre de revenir, de prendre à nouveau le risque de souffrir, de reprendre sa place dans ce corps qui l'a trahit. Ca, c'est votre travail. Montrez-lui votre amour, montre-lui que vous êtes là. Sans lui mentir, ne prétendez pas qu'il ne souffrira plus jamais. Rassurez-le comme vous rassurerez un enfant apeuré. Oui, il se pourrait qu'il souffre à nouveau un jour, mais quelque soit cette souffrance, vous serez là, auprès de lui. Parlez-lui, il vous entend. Voilà, Messieurs, je suis désolé de ce long discours, mais c'est pour la vie de mon patient, qui est une personne chère à votre cœur, que je me suis permis toutes ces paroles. Sur ce, si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas, toute l'équipe est disposée à vous répondre.
- Professeur… le retint Ryuichi alors qu'il se détournait déjà. Merci, dit-il simplement.
- Je vous en prie. Courage.
Il s'éloigna, et Ryuichi se tourna vers Akitoshi. Ils se regardèrent un moment en silence, ne sachant pas trop quoi se dire. Puis, dans un parfait ensemble, ils tournèrent leurs visages vers Tatsuha, allongé sur son lit.
- Va le voir et lui parler, il a besoin de toi. Je reste là.
- Tu devrais rentrer te reposer.
- Je vais devoir ramener Ayaka, mais je reviens ensuite.
- Hiroshi est ici, il va la ramener. Mais je veux bien que tu ailles les voir pour tout leur expliquer.
- Bien sûr.
- Mika est-elle au courant ?
- Non, pas encore. J'ai des scrupules à prendre le téléphone pour ce genre de nouvelles.
- Je comprends. Il faut la mettre au courant rapidement, c'est à elle d'appeler son père. Pour Eiri, si elle ne veut pas s'en occuper, je le ferai. Je lui ai promis de l'appeler, si il y avait le moindre souci.
- Ne t'inquiète pas de ces détails, Ryuichi, on s'en charge.
- Merci, Akitoshi. Viens et appelle quand tu veux. A plus tard.
- Merci, à plus tard.
Les deux hommes se séparèrent, et Ryuichi alla s'installer au chevet de Tatsuha.
Il lui parla doucement, tenant sa main entre les siennes, veillant à ne pas toucher tous les fils.
L'heure passa vite, trop vite, mais il se résolu à le laisser et se leva, après avoir déposé un rapide baiser sur son front.
A son grand étonnement, il trouva Akitoshi dans le couloir, assis, qui l'attendait.
Un regard leur suffit à se comprendre, et Ryuichi s'assit à ses côtés, acceptant sa présence et son soutien implicite.
Akitoshi lui tendit un soda et le chanteur lui sourit en retour, le remerciant d'être là et de rendre l'attente moins difficile.
Ils partageaient plus que leurs sentiments très forts, bien que de nature différentes, pour Tatsuha ; ils partageaient leur inquiétude, leur solitude dans ce couloir d'hôpital et leur sentiment d'impuissance, même si les mots du Professeur Garret les avaient encouragés. Et ils partageaient aussi l'espoir, comme une flamme entre eux.
Une flamme, un flambeau qu'ils s'échangeaient lorsqu'ils allaient à tour de rôle prendre leur place au chevet de Tatsuha, lui parlant inlassablement.
Une heure pour Ryuichi, puis il revenait, laissant passer une autre heure aux côtés d'Akitoshi, puis une demi-heure pour Akitoshi, qui laissait l'autre moitié à Ryuichi, puis une nouvelle heure à attendre ensemble.
La dernière heure fut pour Mika qui parvint à se libérer.
Leur présence fut tolérée jusqu'à 20h, mais ils furent contraints de quitter le service ensuite.
Ils rentrèrent donc tous les trois, et Ryuichi s'installa avec les autres chez Eiri et Shuichi.
Pratiquement tous les invités du mariage étaient repartis dans la soirée, excepté Mika, Tohma et leur fille, Hiroshi et Ayaka, qui avaient prévu de repartir le lendemain.
Akitoshi avait décidé de repartir en fin de semaine, mais face aux évènements, il était prêt à reporter son retour au Japon.
Dès son arrivée à la maison, Ryuichi s'installa dans une des chambres préparées par Tohma et s'écroula, épuisé.
Tohma, son ami de toujours, vint parler un peu avec lui, puis le laissa se reposer. Plus personne n'osa ensuite venir le déranger.
Mais lorsqu'il ouvrit les yeux tard dans la nuit, le visage inondé par ses pleurs, il découvrit qu'on avait mis Kumagoro dans son lit, à ses côtés.
Il sourit entre ses larmes et se rendormit, le lapin rose serré contre son cœur.
A suivre…
Notes : encore une fois, on ne tue pas l'auteure !!! (Je ne veux pas entendre d'omae o korosu, compris, Darlian ? ) oui, c'est triste, oui, je suis dure avec eux, oui, c'est pas juste, mais c'est la vie ! pour ceux qui se poseraient la question pour mon expérience personnelle, et bien j'étais à la place de Tat-chan. Je ne vais pas faire le coup de la lumière blanche et tout, je sais pas comment j'ai fait pour revenir ni pourquoi, ça fait presque 4 ans maintenant… c'est comme ça… Je trouvais peut-être qu'il faisait plus chaud de ce côté ;-) et c'est vrai que l'amour qui vous entoure, c'est bien chaud… Voilà voilà, j'espère que vous ne me détestez pas trop et que vous me faites confiance pour la suite… bisous et merci !!! Lysanea
