Titre : grandir, c'est dire je t'aime

Source : GRAVITATION

Auteur(e) : Lysanea

Genre : yaoi, romance

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf Akitoshi Shindo, et tout le personnel médical

Chapitre dix-huit : l'attente.

Pairing : Tatsuha/Ryuichi, Mika/Tohma, Akitoshi/Suzanne

Personnages : Tatsuha Uesugi (amant de Ryuichi, frère d'Eiri), Sakuma Ryuichi (amant de Tatsuha, chanteur et ami de Shuichi) Akitoshi Shindo (frère de Shuichi), Mika Uesugi Seguchi (sœur de Tatsuha et d'Eiri, épouse de Tohma), Tohma Seguchi (époux de Mika, meilleur ami de Ryuichi)n Etsuko (fille de Mika et de Tohma) + Suzanne + le Professeur Garett.

Notes : bonjour à tous ! après une petite absence, je reviens avec ma fic tordue qui va je ne sais pas où mais qui y va ! J'ai récupéré mon ordi mais internet c'est pas gagné, alors tout va prendre encore un peu de temps. J'espère que vous ne vous êtes pas désintéressés de mon histoire et que vous voulez toujours savoir ce qui va advenir de nos amoureux… Merci à toutes celles qui m'ont envoyé des mails pour me soutenir et m'encourager à continuer, j'espère de tout cœur ne jamais vous décevoir. Concernant ce chapitre, disons que c'est une une sorte de remise en route, il ne se passe pas grand-chose… mais ca va venir ! Bisous et bonne lecture…

Chapitre dix-huit : l'attente.

Mika embrassa sa fille et son mari, qui venait de la déposer à l'hôpital, puis gagna le service de réanimation. Elle trouva Akitoshi assis dans le couloir, et il se leva à son arrivée.

- Comment vas-tu ? demanda-t-elle en lui faisant une bise.

- Ca peut aller. Et toi ? Tu n'as pas eu trop de mal à venir, par rapport à ta fille ?

- Tohma vient de me déposer, il l'emmène ensuite au zoo ou au cinéma. Elle commence à comprendre qu'il est arrivé quelque chose de grave à son oncle, donc elle ne m'empêche pas vraiment de faire ce que j'ai à faire. C'est juste qu'elle aimerait le voir. Mais je refuse, même à travers la vitre. Elle l'aime beaucoup, je ne suis pas sûre qu'elle serait assez forte pour supporter cette vision de son oncle branché partout et si pâle…

- C'est sûr qu'elle est encore bien jeune pour voir ça.

Ils étaient tous les deux face à la vitre à travers laquelle ils regardaient Ryuichi au chevet de Tatsuha.

- Vous a-t-on donné d'autres nouvelles ? reprit Mika sans bouger.

- Les derniers tests qu'ils ont fait sur une des nombreuses bactéries qui pourraient être responsable de son état ont échoué. Grâce à ces résultats, ils ont considérablement réduit le nombre de possibilités. Ils avancent, Mika, assura-t-il en posant sa main sur son épaule. D'après le Professeur Garett, ils sont vraiment sur le point d'isoler la bonne, ce n'est plus qu'une question d'heures.

- En dispose-t-il seulement, de ce temps ? Cela fait six jours qu'il est dans cet état, Akito, six jours qu'il sombre d'heure en heure !

- Ca nous paraît énorme, mais pense à ceux qui restent des mois voir des années dans cet…

- Je ne veux pas y penser ! le coupa-t-elle en se tournant vivement vers lui.

Son éclat avait fait sursauter Ryuichi, qui jeta un œil par-dessus son épaule. Jugeant qu'il n'y avait rien d'urgent, il reporta son attention sur Tatsuha ; il lui restait peu de temps sur l'heure qu'on lui accordait, il s'occuperait de Mika et Akitoshi après.

- Je suis désolée, disait Mika au jeune homme.

- Tu n'as pas à l'être, c'est toi qui a raison, nous devons continuer de croire.

La jeune femme leva les yeux vers lui.

- Non, j'ai tort, je ne devrais pas espérer ainsi. Pour nous, bouddhistes, la douleur réside dans l'espoir. Il vaut mieux s'attendre au pire, ainsi, si c'est lui qui arrive, alors nous aurons été préparés. Et si c'est le meilleur, nous serons heureux et soulagés. Alors que si nous espérons et que le pire arrive, sans que nous l'ayons sérieusement envisagé, l'ayant nié par nos espoirs, nous serons plus malheureux encore. Mais j'ai beau le savoir et en être convaincue, c'est trop difficile d'envisager sa disparition. Je ne veux pas le perdre.

- Moi, je crois que le meilleur est une possible récompense de Dieu pour notre foi et nos prières. J'ai assez d'espoir et de foi pour tous ceux qui la jugent inutile ou malvenue.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit, Akito.

- J'ai parfaitement compris ce que tu as dit. Chacun ses croyances, chacun sa façon d'aider et de gérer cette situation. L'important ce n'est pas comment nous agissons, mais le fait d'agir. Nous souhaitons tous que Tatsuha se réveille, et la force de ce souhait sera entendue. Quelles que soient les formes prises par nos prières, quels que soient les noms de ceux à qui nous les adressons. C'est ça, le plus important, non ?

Mika sourit.

- Tu as parfaitement raison.

- Ryuichi revient, l'heure est déjà écoulée. Tu peux prendre sa place, Mika.

- Je veux bien, merci.

Ryuichi sortit, Mika déposa un baiser sur sa joue.

- Comment tu te sens ?

- C'est à moi de vous le demander, qu'est-ce qui s'est passé, tout à l'heure ? Pourquoi as-tu élevé la voix, Mika ?

- Pour rien, je suis un peu à bout. Je refuse d'imaginer qu'il puisse rester ainsi, en même temps, il nous faut l'envisager.

- Je refuse cette éventualité, répliqua Ryuichi en serrant les poings. Je n'abandonnerai pas, même si il ne réagit pas, même si rien ne change. Je continuerai à lui parler et à chanter. Je garde espoir, ma confiance en lui est intacte. Il va revenir, Mika, c'est pas un espoir mais une réalité.

Le chanteur la serra dans ses bras un moment, alors qu'elle laissait échapper un sanglot étouffé. Puis, elle s'écarta et leur tendit un petit sac.

- Je vous ai ramené de quoi déjeuner. Vous devriez aller dans le jardin de l'hôpital, il fait très beau, cela vous fera du bien. Je vous y rejoindrai dans une heure, d'accord ?

Les deux hommes acquiescèrent et la remercièrent avant de quitter le service.

Mika s'équipa et entra dans la chambre de son frère.

Son cœur se serra, comme à chaque fois ; elle ne s'habituait pas à cette vision, et tant mieux, quelque part.

- Bonjour, mon chéri, murmura-t-elle en prenant la main de son frère, sous les fils. Tu ne veux toujours pas revenir ? Je ne sais plus ce que je dois faire, Tatsuha. Etsuko te réclame beaucoup, tu sais. Elle ne comprend pas pourquoi elle ne peut pas te voir. Tu lui manques. Tu nous manques à tous, terriblement. Nous parlons beaucoup de toi, ça nous aide à tenir le coup.

« En ce moment, j'ai plein de souvenirs qui me reviennent, des choses auxquelles je ne pensais plus. Comme par exemple la première fois que je t'ai emmené voir les cerisiers en fleurs, et que tu as été si saisi par leurs beauté que tu en as pleuré. Peu de gens connaissent cette sensibilité que tu caches comme un trésor au fond de toi. Mais ceux qui t'entourent aujourd'hui en font partie, et aucun n'a été étonné d'apprendre que tu avais eu une telle réaction.

« Je me suis souvenue aussi de la ballade que tu m'avais emmenée faire sur ta toute première moto. Je voulais te l'offrir, mais toi, tu voulais absolument te la payer avec ton premier salaire.

« Je chéris tous les souvenirs de ces moments passés avec toi. Il y en a eu de très difficiles et douloureux, aussi. Je ne t'en ai jamais voulu, même si parfois tu as été très blessant avec moi. Souviens-toi, un jour, tu m'as jeté à la figure que je n'étais pas maman, que je ne lui arriverai même pas à la cheville un jour, et que ça me rendait pathétique… Tout ça parce que je m'étais inquiétée après que tu ne sois pas rentré de la nuit et que c'était prévu mais personne ne m'en avait informé. Entre Eiri qui avait décidé de déménager à Tokyo et toi qui vivait tes premières expériences sexuelles, âgé d'à peine 15 ans, je ne savais plus où donner de la tête ! Te voir avec une fille, ça allait, mais t'imaginer avec une garçon, ça me faisait tout drôle… »

La jeune femme tendit la main vers le visage de son frère et dégagea ses mèches sombres qui tombaient sur son front.

« Ca me fait penser à la première fois que tu as vu Ryuichi en chair et en os, reprit-elle après un court silence. Tu avais 12 ans, et lui 26, je crois. Tohma et lui m'avaient déposée à la maison. Et toi, tu ne t'es pas montré, ce soir-là. Mais plus tard, tu es venu me trouver dans ma chambre, et tu m'as demandé si un garçon pouvait tomber amoureux d'un autre garçon. En toute franchise, je t'ai dit que ça pouvait arriver, mais qu'il ne valait mieux pas. Tu m'as dit que tu pensais que c'était trop tard. Je t'ai questionné des jours entiers, mais impossible de te tirer les vers du nez. Finalement, de toi-même, tu es un jour venu m'avouer que tu pensais être tombé amoureux d'un homme, sans jamais me révéler son nom, mais qu'il était trop vieux. Moi, je te trouvais bien jeune pour parler d'amour…

« Pourtant aujourd'hui, je ne connais qu'un autre couple dont l'amour est aussi fort, Eiri et Shuichi. Les épreuves que vous avez tous traversées ont renforcé votre amour. Comme moi qui, à force de lutter, ai fini par gagner l'amour de Tohma. Je suis heureuse aujourd'hui, tout comme Eiri, et toi, bientôt. Ryuichi t'attend pour construire ce bonheur, alors reviens-nous, Tat-chan. Je crois vraiment que'il serait capable de faire une bêtise, si jamais tu... Oh Tat-chan... je le comprend tellement, cette idée me broie le coeur...

La jeune femme essuya ses yeux et reprit d'une petite voix.

« J'ai essayé de palier à l'absence de maman, je sais que je ne serais jamais une aussi bonne mère qu'elle a été, et c'est pour ça que j'ai besoin de toi, Tatsuha. Que tu me rappelles à l'ordre, que tu me rappelles cette mère formidable qu'elle était et qui me sert de modèle.

« Je t'aime, Tat-chan, je ne te le dirai jamais assez… Je t'en prie, ne m'abandonne pas à ton tour. Je compte sur toi, Otouto, reviens-nous.

Mika essuya les larmes qui s'attardaient sur ses joues, puis se pencha vers Tatsuha et déposa un baiser sur son front.

« Excuse-moi, je ne devrai pas pleurer ainsi, je vais finir par te faire peur et tu ne voudras définitivement plus te réveiller. Il est temps pour moi de te laisser, le temps passe si vite… Tu vas rester seul un moment, mon ange, mais ne t'en fais pas, nous ne sommes pas loin... »

La jeune femme déposa un autre baiser sur son front, puis sortit. Elle retira sa blouse et ses gants, puis s'appuya contre la vitre, ses larmes coulant de nouveau.

Une main sur son épaule la fit sursauter ; elle se retourna et se retrouva face à Suzanne.

- Bonjour, Mika, désolée, je ne voulais pas vous faire peur.

- Bonjour, Suzanne, ce n'est rien, répondit-elle en essuyant ses yeux. Comment vas-tu ?

- C'est à vous qu'il faut poser la question.

- Je craque un peu, mais c'est passager. J'allais rejoindre Ryuichi et Akitoshi au jardin, ils sont en train de déjeuner, veux-tu m'accompagner, si tu en as le temps ?

- C'est ma pause déjeuner, je venais aux nouvelles. Allons-y, décida-t-elle en prenant le chemin du jardin. Je suis passée au poste de soins pour jeter un œil sur l'évolution de Tatsuha, je vois qu'il n'y a aucun changement. Ils sont en train de se préparer pour faire de nouveaux tests sur une nouvelle bactérie.

- Est-ce toujours aussi long ?

- Ca l'est souvent.

Mika ne trouva rien à redire à cette réponse.

- Comment va votre fille ?

- Elle s'agite et s'interroge. Son père l'a emmenée au zoo ou au cinéma, elle n'avait pas encore décidé quand ils m'ont déposé. Heureusement que je les ai tous les deux. Bien sûr, Ryuichi et Akitoshi me sont d'un réel soutien, mais nous faisons tous les trois de gros efforts pour ne pas craquer et rajouter du poids sur les épaules des deux autres. Akitoshi peut aussi compter sur toi, et ainsi, nous pouvons tous les deux soutenir Ryuichi. Avec l'aide de Tohma, son meilleur ami.

- C'est vrai que c'est très important de pouvoir compter les uns sur les autres. J'ai vu beaucoup de familles dont les membres s'isolaient chacun dans leur douleur plutôt que de la partager et de se soutenir.

- C'est ce qui a failli se passer à la mort de ma mère. J'ai soutenu mon père, mais il s'éloignait de nous jour après jour. Eiri vivait son propre drame. Nous nous sommes retrouvés, Tatsuha et moi, à parler de notre mère disparue et à entretenir son souvenir entre nous. Nous avons surmonté cette épreuve ensemble. J'avais l'impression d'avoir perdu Eiri, que j'aimais tout autant. J'ai une relation particulière avec chacun d'eux, je les aime tout aussi fort, mais cela s'exprime différemment.

- Je comprends. Ah, ils sont là ! remarqua-t-elle en désignant Ryuichi et Akitoshi d'un signe de tête. Voulez-vous boire ou manger quelque chose, Mika ?

- Un café me ferait du bien, s'il te plaît.

- Allez les retrouver, je vous apporte ça.

- Merci, dit-elle avant de rejoindre les deux hommes.

Ryuichi s'écarta pour faire de la place.

- Rien de nouveau, j'imagine ? demanda-t-il à la jeune femme.

- Non, Ryuichi. Suzanne m'a simplement dit qu'ils se préparaient à faire des tests sur une nouvelle bactérie. Mais son état reste inchangé.

- Merci pour ce que tu nous as préparé, Mika, c'était très bon. Tu veux quelque chose ? proposa Akitoshi.

- Merci, mais non, j'ai juste demandé un café à Suzanne. D'ailleurs, connais-tu cet homme qui parle avec elle ? Il me semble bien familier, non ? Pardonne-moi d'être si directe, Akito.

Le jeune homme haussa les épaules en évitant de regarder Suzanne et l'homme en question.

- C'est un « pas tout à fait ex », comme disait Tat-chan à une époque, expliqua-t-il. Ils sont ensemble sans être ensemble, en quelque sorte.

- Mais… tu n'es pas avec elle, en ce moment ? Tu n'as pas dormi chez elle, ces deux derniers jours ?

- Si. Elle n'est pas avec lui, en ce moment, puisque nous sommes ensemble. Mais une fois que je rentrerai au Japon, elle le reverra sûrement. Même avant, si elle veut qu'on arrête. Son amitié me suffit.

- Je pensais que c'était plus sérieux que ça, entre vous.

- Je ne suis pas adepte des relations longues distances, tu sais, Mika. Avoir une vie amoureuse est déjà si complexe, parfois, n'allons pas chercher d'autres difficultés.

- On ne choisit pas de qui on tombe amoureux, Aki-kun.

- Certes, mais on peut éviter le tronc d'arbre quand on le voit venir, comme dirait mon frère. Je ne veux pas m'attacher à elle. Nous passons de très bons moments, mais si je sens que je perds le contrôle et qu'elle commence à prendre beaucoup trop d'importance dans ma vie, je saurais arrêter le processus à temps. Je ne compte plus le nombre de fois que j'ai eu à le faire, lorsque je vivais partout et nul part à la recherche de mon père.

- Tu ne l'aimes pas, alors.

- Je l'aime bien, je l'aime beaucoup, je l'adore, mais non, Mika, je ne l'aime pas et je ne suis pas amoureux d'elle. J'éprouve une grande affection et une grande attirance, beaucoup de désir, c'est assez pour le type de relation que nous avons. Désolée si je te choque.

- Tu oublies que j'ai accompagné Tatsuha durant son adolescence. Il m'a assez choqué à cette époque pour toute ma vie, avec ses mœurs dissolues ! Non, je trouve ça dommage, Suzanne est vraiment une fille bien, et vous avez l'air d'être sur la même longueur d'onde.

- Oui, mais on ne vit pas sur le même continent. Ca refroidit toutes les aspirations...

- Son ami est-il au courant de votre relation ?

- Je ne crois pas, nous sommes plutôt discrets, ici.

- Et s'il débarque un matin alors que tu es resté chez elle ? voulut savoir Ryuichi.

- Et bien, je lui ferai un café ! répondit-il avec un large sourire.

Ryuichi pouffa et Mika ne peut retenir un léger sourire.

Ils changèrent de sujet, comme la jeune infirmière les rejoignait.

Ensemble, ils terminèrent leur déjeuner, avant de retourner au travail pour l'une, et à leur veille pour les trois autres…

A suivre….

Notes de l'auteure : Je crois que tout est dit... je vous laisse la parole, si vous le désirez... merci d'avoir lu et j espère à très bientôt ! Lysanea