Source : GRAVITATION
Auteur(e) : Lysanea
Genre : yaoi, romance
Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf Akitoshi Shindo, et tout le personnel médical (dont Suzanne, Mary, le Professeur Garrett, le Docteur Caroll)
Chapitre vingt : un premier face-à-face
Pairing : Tatsuha/Ryuichi, Akitoshi/Suzanne
Personnages : Tatsuha Uesugi (frère de Yuki Eiri), Sakuma Ryuichi (chanteur et ami de Shuichi), Akitoshi Shindo (frère de Shuichi)+ le personnel médical surtout Suzanne.
Chapitre vingt : un premier face à face
Ryuichi terminait de se battre avec sa blouse lorsque Akitoshi le retrouva dans le couloir.
- Tu te mets sur ton 31 ? le taquina-t-il.
- Au lieu de te moquer, donne moi un coup de main.
- Tu l'as veux où, ma main, exactement ? demanda-t-il en nouant le lien dans son dos.
Ryuichi se tourna vers lui avec une drôle de lueur dans le regard.
- Fais attention Aki-kun, je commence à être en manque…
- Ah ouais, tu commences seulement ? La machine a du mal à se mettre en route, ça s'use, c'est ça ? Dis, ça marche encore, au moins ?
- Ca fait qu'une semaine, il m'en faut plus, tu sais. Mais si tu veux vérifier, tu peux me faire visiter le Placard…
Akitoshi fit semblant de réfléchir sérieusement.
- Je voudrai pas que Tatsuha soit déçu si tu ne peux plus assurer, donc je devrai, par amitié, vérifier, mais… je ne crois pas pouvoir être si dévoué que ça… Te vexes pas, surtout, ajouta-t-il en posant sa main sur son épaule, ce n'est pas toi, perso, mais je préfère vraiment les nanas…
- Je m'en remettrai, va ! En parlant de tes préférences sexuelles, est-ce que tu as moyen de joindre Suzanne ? Si elle est disponible, je voudrai bien qu'elle vienne avec moi voir Tatsuha. J'ai un peu peur de faire des bêtises.
- Elle va plus tarder, je me doutais bien que tu la voudrais à tes côtés. Tu te sens comment ?
Le chanteur se tourna vers la chambre de Tatsuha.
- Sais pas, fit-il en posant sa main sur la vitre. J'ai un peu peur de ce face-à-face, mais je l'attends avec impatience depuis qu'il a tourné ses yeux vers moi, hier.
- Tu as déjà un peu réfléchi à ce que tu vas lui dire ?
- J'ai imaginé une centaine de scénarios différents. J'ai même rêvé qu'un baiser suffisait à lui rendre sa mémoire…
- Il apprécierait de savoir que dans tes rêves, il devient la Belle au Bois Dormant !
- Si tu veux vraiment le comparer à une princesse, il est plus proche de Blanche-Neige que d'Aurore…
- Aurore ?
- Bah oui, Aurore, c'est le prénom de la Belle au Bois Dormant !
- Excuse-moi, je connais pas les contes de fées occidentaux par cœur !
- J'ai lu beaucoup d'histoires et de contes à Kumagoro, depuis le temps qu'on vit ensemble, et… la Belle au Bois Dormant est l'un de mes préférés, avoua-t-il en entortillant ses doigts nerveusement.
- Je vois. Comme quoi, il n'y a pas que les histoires de lapin qui t'intéresse.
- Non, et d'ailleurs, pour info, je n'aime pas du tout Alice au pays des merveilles.
Akitoshi sourit, puis posa sa main sur l'épaule de Ryuichi, qui le regarda et lui sourit à son tour
- A part un tête-à-tête avec Blanche-Neige, as-tu fini par trancher sur ce que tu allais lui dire ?
- Ce sera forcément différent de ce que j'ai imaginé, que je me sois préparé ou non. C'est une drôle de situation. Tu me comprends mieux que quiconque, toi.
- C'est sûr, mais dans une moindre mesure. Ca va sûrement être difficile de se tenir devant lui et de le voir se débattre avec sa mémoire pour nous retrouver dans le brouillard de ses souvenirs, de son passé.
- C'est horrible, oui. On a vécu tant de choses avec lui, et c'est comme si on avait rêvé, en fait. Dis, Aki-kun, si jamais il ne retrouve pas la mémoire, tu crois qu'on arrivera à reconstruire la relation qu'on avait avec lui, toi et moi ?
- Il nous faudra essayer, au moins. Je me doute bien qu'il va te falloir beaucoup de force, Ryuichi, mais je ne doute pas de tes capacités.
- S'il ne se souvient pas de moi uniquement, je disparaîtrais de sa vie, vraiment. Je ne chercherai pas à être autre chose que l'idole dont il se souvient.
- Ryuichi…
- C'est long, cinq ans, continua-t-il en portant de nouveau son regard vers Tatsuha. Il y a cinq ans, je n'imaginais pas qu'il puisse devenir mon amant et finalement celui avec qui je voudrai passer le reste de ma vie. Je me souviens du jour où j'ai compris que mes sentiments pour lui changeaient. C'était il y a près de 4 ans. Il n'était plus seulement un de ces fans me considérant comme un dieu de la scène, mais un jeune homme qui arrivait à me toucher comme peu de gens par le passé et au présent aussi. Ils se comptent sur les doigts d'une main, Akito, et tu les connais presque tous : mes tuteurs, Tohma, Noriko, K et ton frère, Shuichi... Et Tatsuha…
- Lui non plus ne s'attendait pas à ça…
- Il a été aussi surpris que moi, je crois. Il ne s'est pas tout de suite rendu compte de l'importance qu'il prenait, il pensait que je lui faisais cadeau de mon temps, comme ça…Parce que beaucoup de gens rêvent de passer du temps avec Sakuma Ryuichi. Mais plus je le voyais, plus il s'installait confortablement dans mon cœur et dans ma vie. J'ai joué l'ami, le grand frère, mais je sentais bien que nos vies étaient en train de basculer. Je ne supportais plus de le voir avec Dan, ça me rendait malade de savoir ce qui se passait entre eux.
- Je comprends mieux ta réaction lorsque Dan a débarqué au mariage, puis à l'hôpital.
- Ca m'a fait tellement mal quand j'ai appris qu'ils s'étaient revus sans qu'il m'en ait parlé... Je me suis rendu compte aussi que ça avait un rapport avec le fait que nous deux, on s'était très peu vus, depuis quatre ans.
- Mais vous avez vécu des choses très fortes à chaque fois.
- Oui, et je voudrai qu'il s'en souvienne… Si cinq ans c'est trop, qu'il se souvienne au moins de ces quatre dernières années… De toutes nos premières fois…
- Vous allez être exaucé, Ryuichi, assura Suzanne qu'ils n'avaient pas vu ni entendu arriver.
Ils se retournèrent et lui firent face.
La jeune infirmière leur sourit tout en s'équipant elle aussi sans attendre.
- Bonjour, Suzanne, merci d'être venue, lui dit Ryuichi.
- De rien.
- Merci, répéta Akitoshi. Tu as des nouvelles, pour nous affirmer comme ça que Tatsuha va finir par se souvenir de son passé.
- Les résultats de l'IRM le confirme : d'un point de vue médical, il n'y a aucune raison pour que Tatsuha ne retrouve pas sa mémoire intacte, expliqua-t-elle. Ce n'est qu'une question de temps, il faut qu'il reprenne des forces pour que les efforts de concentration que va lui demander ce travail sur sa mémoire soient possibles, et ne lui coûte pas trop. C'est épuisant d'essayer de se souvenir, nous en avons tous eu une expérience à une plus petite échelle.
- Justement, j'ai peur de trop en dire ou de ne pas réussir à l'aider en ne lui en disant pas assez. Même si tu nous as très bien expliqué les choses, je ne suis pas sûr, au fil de la conversation, de réussir à me concentrer et me contrôler.
- C'est sûr qu'il vaut mieux être prudent, le ménager. D'où ma présence. J'ai prévenu le service que je descendais, ils ne vous auraient pas laissé voir Tatsuha seul. Ce n'est pas par manque de confiance, mais quand deux personnes sont si liées, il peut se passer des choses dans l'inconscient qui peuvent bouleverser le patient. Allons-y. Tu viens, Akito ?
- Je veux bien, mais… Je peux vraiment ? demanda-t-il en regardant Ryuichi.
- Moi, ça ne me pose pas de problème, au contraire ! lui répondit-il.
- Alors d'accord ! T'es sûre, Sue ?
- Oui, fais-moi confiance. Si je sens le moindre problème, je te ferai signe de sortir.
- Bien.
Ils attendirent qu'il enfile sa blouse, puis ils entrèrent.
Tatsuha ouvrit les yeux lorsque Suzanne s'approcha de son lit et lui sourit.
- Alors, Monsieur Uesugi, demanda Suzanne, en vérifiant par réflexe que tout allait bien, comment vous sentez-vous ?
- Encore… un peu… vaseux… murmura-t-il faiblement.
Ryuichi en aurait presque pleuré, tant il avait craint de ne plus jamais entendre cette voix qu'il aimait tant, autant que son propriétaire.
- C'est normal, vous êtes resté huit jours dans un coma assez profond. Deux de vos amis attendaient avec impatience votre réveil.
- Seulement… deux… ? Je croyais en… avoir plus… Ah, j'oubliais… je ne suis pas… chez moi… Mais… je suis content… Bonjour, Ryuichi-sama…
Ryuichi grimaça en mordant furieusement l'oreille de son Kumagoro.
- Non, Tat-chan, tu ne dois pas m'appeler comme ça ! gémit-il, les yeux noyés de larmes.
- Désolé, je… C'est bizarre… Ca sonnait tellement… faux… Comme si… comme si je ne t'appelais… plus comme ça… Mais, je ne me… souviens pas… si j'ai eu la possibilité de… t'appeler… autrement… expliqua-t-il en parlant très lentement.
- Tu l'as eu et tu t'en souviendras, Na No Da ! Dis, t'as pas oublié Kuma-kun, au moins ? demanda-t-il en tendant sa fidèle peluche à bout de bras.
Tatsuha sourit et tira sur l'oreille non mordillée du lapin.
- Bonjour… Kumagoro…
- Il est tout content de te voir réveillé ! Qu'est-ce que tu me dis, Kuma-kun ? fit-il soudain en approchant son lapin de son oreille. Ooooh ! Je sais pas ! Tat-chan, il me demande s'il peut rester avec toi…
- Avec plaisir… Tu… es vraiment d'accord… pour me le prêter ?
Ryuichi hocha vivement la tête en guise de réponse. Tatsuha prit la peluche et l'installa contre lui, ravi.
- Il ne vous a que très rarement quitté, Monsieur Uesugi.
Tatsuha regarda Suzanne puis Ryuichi, étonné. Il existait beaucoup de copies de Kumagoro, et Ryuichi ne se séparait jamais du sien.
- Merci… beaucoup, Ryuichi-sa…
- Oooooh ! attention à ce que tu vas dire !
- Pardon... Sakuma-san...
- Maiiiiiiiiiiiis euuuuuuuuuuuh! Tu peux pas m'appeler Ryuichi comme tout le monde, ou Ryui-chan, comme presque tout le monde ? fit-il en agitant ses bras dans tous les sens.
- Dans… mes souvenirs… tu es… mon idole… mais… mes sentiments… ne… vont pas… avec. Est-ce qu'on est… devenus… amis ?
Ryuichi avait cessé de s'agiter dès sa première phrase. Il s'assit près de Tatsuha, un large sourire aux lèvres.
- Oui, Tat-chan, on est devenus amis !
- Vraiment ?
- Oui, vrai de vrai !
- J'ai… avancé… alors… J'espère… m'en souvenir… Tu es quelqu'un… de si important… pour moi… Te voir ici… me fait pas seulement… plaisir… ça me fait… du bien… même si… c'est aussi… bizarre… Tu as repris… ta carrière… aux Etats-Unis ?
Ryuichi affichait toujours son énorme sourire tout en mâchouillant un caranougat surgit de nulle part.
- Oui !
- Et… mon frère et Shuichi… sont rentrés… de la tournée des… Bad Luck… ou pas… encore ?
- Doucement, Monsieur Uesugi, intervint Suzanne.
- Je… veux juste me… mettre à jour.
- Vous n'êtes réveillé que depuis hier, donc à peine une quinzaine d'heures. N'essayez pas d'aller trop vite.
Tatsuha se redressa un peu.
Ryuichi l'aida à mieux s'installer, se rapprochant donc inévitablement de lui. Ce qui eut pour effet d'accentuer l'étrange sentiment de Tatsuha concernant Ryuichi, une sorte de familiarité, comme s'il était habitué à cette promiscuité.
Et si Ryuichi n'en montrait rien, être si proche de Tatsuha lui mettait le cœur à l'envers.
- Merci… murmura-t-il au chanteur avant de se tourner vers Suzanne. Si j'ai… oublié beaucoup… de choses… la moindre seconde… compte…
- Suzanne a raison, il ne faut pas te brusquer, avança Akitoshi en s'approchant à son tour.
Il était resté un peu en retrait jusque là.
Tatsuha le regarda vraiment pour la première fois et fronça les sourcils, mais avec une lueur amusée au fond des yeux, qu'Akitoshi fut heureux de retrouver.
- J'hésite… On dirait… Shuichi… en plus vieux… mais ça se voit… que ce… n'est pas lui.
- Je suis Akitoshi Shindo, le petit frère de Shuichi.
- Vraiment… ? Après tout… je fais aussi… plus que mon… âge… Et qu'est-ce que… tu fais ici… à t'inquiéter… pour moi ? Tu es… mon amant ?
Ryuichi faillit s'étrangler avec un morceau de caranougat qui avait choisi ce moment pour passer de travers dans sa gorge.
Akitoshi sourit, les joues légèrement rouges quand même, sous le regard amusé de Suzanne.
- Non, nous sommes amis, Tat-chan.
- Ah… Des amis… en vacances… au Canada ? Ou alors… tu es… l'amant… de Ryuichi… Mais dans ce… cas-là… on ne serait pas… amis… tous les deux…
- Monsieur Uesugi, ça suffit, l'interrompit Suzanne plus fermement. Vous êtes en train de compromettre vos chances de recouvrer totalement la mémoire en vous fatiguant ainsi.
Le jeune homme soupira faiblement.
Même ce simple geste lui coûtait des efforts.
- Je sais… mais c'est… si frustrant. Les souvenirs sont… comme… comme des papillons… qui volent dans… dans ma tête… que j'essaie d'attraper… Je sais des choses…j'en sens d'autres… j'en éprouve encore… des différents.
- C'est pour cela que vous ne devez pas trop forcer, Monsieur Uesugi. Je ne plaisante pas lorsque je vous dit que vous risquez de perdre tout ou une partie de votre mémoire de manière irréversible par trop de stress et d'efforts.
- J'ai compris… Mais je stresse aussi… beaucoup… à propos… de mon amnésie… En quelle année… sommes-nous ? Pourquoi… est-ce que je suis… ici ? Je ne peux pas… avoir juste… ces deux réponses ?
Ryuichi et Akitoshi se tournèrent vers Suzanne.
- C'est encore trop tôt, Tatsuha, ces réponses vous amèneront à vous poser de nouvelles questions et probablement de nouvelles angoisses. Des angoisses plus importantes que celles que vous cause votre état.
- A propos de ça, tu n'as certainement pas oublié les techniques de concentration et de méditation. Sert-en pour t'armer de patience, proposa Akitoshi en lui souriant.
Tatsuha lui rendit son sourire.
- On… est vraiment pas… ensemble ?
- Non, je te jure ! Je suis 100 hétéro, si tu veux tout savoir !
- Dommage…
Ryuichi récupéra Kumagoro et le serra contre lui.
- Ooooh ! Kuma-kun ! gémit-il les yeux noyés de larmes, Tat-chan nous aime plus…
- Mais si je t'aime ! s'écria Tatsuha d'une seule traite. Je… t'aime, répéta-t-il en fronçant les sourcils.
Ce n'était pas la douleur qui avait conduit ses deux sourcils à se rejoindre au-dessus de son nez.
Non, c'était ce qu'il avait dit…
C'était comme si c'était une autre partie de lui qui avait prononcé ces mots.
- Tsu-chan… laissa échapper Ryuichi, qui avait réussi jusque là à se contrôler en ne l'appelant pas ainsi.
Tatsuha frissona…
Ce nom…
Cette intonation…
- Tsu-chan… ? répéta-t-il alors que leurs doigts s'entrelaçaient inévitablement
Il se sentit happé par le regard du chanteur redevenu tout à fait sérieux.
Il se mit à avoir chaud, très chaud, son souffle s'accéléra alors que des images s'imposaient à son esprit, essayant d'en percer le brouillard.
Des images floues, des sentiments forts.
Sa main se crispa dans celle de Ryuichi.
Il avait toujours son regard plongé dans le sien, mais en même temps il était ailleurs, essayant de saisir ces bribes de passé qui explosaient un peu partout dans son esprit, ne lui laissant que des contours incertains mais jamais de traits définis et nets.
Des voix…
Tsu-chan…
Des rires…
Tsu-chan…
Des soupirs…
Tsu-chan…
Suzanne, qui avait jeté un œil aux appareils de surveillance et de contrôle du patient, puis aux deux hommes, décida qu'il était temps d'intervenir. Sans brutalité, elle prit le bras de Ryuichi et le tira doucement mais fermement en arrière, le forçant à se lever.
Les mains des deux hommes se détachèrent, mais pas leurs regards. Alors la jeune infirmière se mit volontairement entre eux, ôtant les coussins derrière Tatsuha pour le forcer à se rallonger.
- Nous allons vous laisser vous reposer, Tatsuha. C'est assez pour une première prise de contact avec votre entourage.
- D'accord… murmura-t-il en se laissant faire, soudain las.
Les machines indiquaient clairement une accélération du rythme cardiaque qui commençait à peine à redevenir normal.
Ryuichi revint près de lui et réinstalla Kumagoro à ses côtés.
- Veille bien sur Tat-chan, Kuma-kun ! On repassera plus tard, promis !
- Merci… encore…
- A tout à l'heure, Tat-chan, le salua Akitoshi en sortant le premier.
- Je vais appeler Mary pour qu'elle s'assure que tout va bien. En attendant, essayez de vous apaiser un peu.
- Je… je suis déjà… en train de m'endormir…
Ryuichi fit un dernier signe de main avant de sortir, suivit de Suzanne.
Les deux hommes attendirent que Suzanne revienne avec Mary, puis ils quittèrent le service tous les trois.
Aucun d'eux ne parla jusqu'aux ascenseurs.
- Je dois retourner aux urgences. Est-ce que ça va, Ryuichi ?
- Je suis désolé pour le petit dérapage…
- C'est compréhensible. Ca aurait pu être pire, vous vous en êtes bien sorti, vraiment. Je trouve que vous avez été très fort.
- Ah oui ? fit le chanteur, des étoiles dans les yeux. Alors j'ai le droit à un gâteau ? Et et et… une crêpe au chocolat !!!
Et sans plus attendre, il fila en direction de la cafétéria en agitant les bras.
- Il est très perturbé, remarqua Akitoshi. Qui ne le serait pas, à sa place…
- Je le trouve vraiment très courageux et fort, au vu de tout ce qu'il accumule depuis une semaine. Il faudra faire attention à lui aussi… Et toi, dis-moi, comment te sens-tu ?
Il lui sourit sans conviction.
- Tu me reposeras la question la semaine prochaine, tu veux bien ?
- Akito…
- Je ne dois pas craquer, Sue, pas maintenant. Tout est encore possible pour eux, c'est ce qui me fait tenir. Tatsuha ne peut pas ne pas se souvenir de ce qu'ils ont vécu, ce qui les lie est si intense… Tu as vu ce qui s'est passé… Un mot, un contact et la température a soudain augmenté.
- Ce n'est qu'une question de temps, tu sais. Mais Ryuichi aura-t-il la patience d'attendre et la force de vivre ça ?
- Il l'aime, c'est sa plus grande force. S'il faut que je sois là pour le lui rappeler, il n'y a aucun problème. Je resterai et les soutiendrai jusqu'au bout. Pourquoi me regardes-tu comme ça ?
- Je t'admire, Akito. C'est fou, tu es toujours aussi attentionné et sensible qu'il y a quatre ans, malgré tout ce que tu as vu et vécu depuis.
- Justement, j'ai eu l'occasion de voir beaucoup de choses et de constater que ces liens sont vraiment rares. Aussi bien ceux qui unissent Ryuichi et Tatsuha, mais aussi mon amitié avec Tat-chan.
- Je comprends ce que tu veux dire. Tatsuha l'a senti aussi, sûrement, c'est pour ça qu'il s'interroge sur la nature de votre relation.
Ils se regardèrent un instant en silence.
- Est-ce qu'on peut utiliser le Placard un moment ?
- J'aimerai te dire oui, mais on m'attend aux urgences, Akito…
- Cinq minutes, s'il te plaît, insista-t-il avec son regard « Shindo » inauguré par son grand frère dès la naissance.
- Ca non plus, ça n'a pas changé, tu me fais toujours craquer avec ce regard-là. Allons-y.
Ils se retrouvèrent dans une petite pièce près des urgences qui était utilisée officiellement pour stocker du matériel, mais surtout pour abriter des conversations ou des petites pauses coquines. Si le petit volet était abaissé, cela signifiait que la pièce était occupée.
Là, elle était libre.
Ils y entrèrent et s'assirent sur le brancard.
Akitoshi caressa la joue de Suzanne avec cette douceur qui la bouleversait tant.
- Est-ce que ça va, Sue ? Tu m'as l'air si fatigué.
- C'est normal, je suis de garde depuis deux nuits. Mais ne t'inquiète pas, j'ai encore une heure aux urgences et après je rentre récupérer. Sauf si tu as besoin de moi ici…
Pour toute réponse, il l'embrassa tendrement.
- T'es adorable, murmura-t-il en la serrant contre lui. Tu as déjà tant fait pour nous, je ne sais même pas comment te remercier.
- Reste avec moi autant que tu peux, c'est tout ce que je te demande.
- Sans nous, tu te reposerais plus.
- Sans vous, je ne serai pas aussi bien.
Akitoshi se détacha et lui prit le visage entre ses mains pour la regarder en face.
- Sue, on ne doit pas s'attacher l'un à l'autre, on en a déjà discuté.
- C'est trop tard pour moi, Akito. Je me suis attachée à chacun d'entre vous. Mais lorsque toi tu devras repartir, je ne ferai rien qui puisse gâcher ce qu'on a vécu. Et ce n'est pas fini, n'est-ce pas ?
- Non, bien sûr que non. Je ne suis que de passage dans ta vie, c'est à toi de décider si tu veux m'en faire sortir plus tôt que prévu. Je suis bien avec toi, et heureusement que tu es là. Ton amitié m'est très précieuse et le réconfort que je trouve dans tes bras est un trésor inestimable. Alors merci pour tout, Suzanne.
- On est quitte.
Ils s'embrassèrent une nouvelle fois mais plus longuement.
- Je te laisse retourner travailler, et je vais essayer de retrouver Ryuichi, décida-t-il en se levant.
Suzanne le retint par le bras et lui sourit, l'œil malicieux.
- Ca peut encore attendre un peu… non ?
Face à un tel regard, Akitoshi ne pouvait que décider que oui, tout pouvait encore attendre un peu…
A suivre…
Merci d'avoir lu ce nouveau chapitre, j'espère que ca vous a plu ! Kisu… Lysanea.
