Source : GRAVITATION
Auteur(e) :
Genre : yaoi, romance, song, un peu de supense...
Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf Akitoshi Shindo, et tout le personnel médical (dont Suzanne, Mary, le Professeur Garrett, le Docteur Caroll), le Dr Esteves. La chanson est de M. Polnareff « Lettre à France ».
Chapitre vingt trois : il était une fois… toi et moi.
Pairing : Tatsuha/Ryuichi,
Personnages : Tatsuha Uesugi (amant de Ryuichi, frère d'Eiri), Sakuma Ryuichi (amant de Tatsuha, chanteur et ami de Shuichi), le Dr Esteves
Notes de l'auteure : je suis en forme, dis donc, un nouveau chapitre si tôt après avoir posté le précédent… J'ai un peu de temps, j'en profite. Et j'avoue, j'ai aussi envie de les réunir, ils commencent à me faire de la peine ces deux-là… C'est pas encore pour ce chapitre, mais ça se précise. Bonne lecture ! Lysanea
Chapitre vingt trois : il était une fois… toi et moi.
Ryuichi sortit les clés et regarda sa montre : il avait mis exactement le temps annoncé, une heure. Il avait promis à Tatsuha de ne pas s'absenter trop longtemps, une heure au grand maximum, et il avait réussi à tenir sa promesse.
Il n'avait pas aimé l'idée de le laisser seul, il n'était sorti de l'hôpital que depuis quatre jours… Mais Tatsuha avait insisté, et s'était même presque vexé, répétant qu'il n'était pas infirme et qu'il pouvait rester seul sans risquer de mourir.
Ryuichi avait fini par céder. Mika, Tohma et Etsuko étaient rentrés au Japon. Shuichi et Eiri étaient au Québec pour leur dossier d'adoption, il ne restait plus que lui et Akitoshi pour veiller sur le blessé. Mais Akitoshi était avec Suzanne toute la journée, c'était le premier jour depuis deux semaines qu'elle avait tout son temps libre, et ils voulaient le passer ensemble. Ryuichi n'avait pas voulu les déranger.
Il s'était donc dépêché d'aller régler ses affaires pour son départ à New York le lendemain, où il devait participer au festival de son ami Nicolas, et il était maintenant de retour, une heure plus tard.
- Tadaïma, Tat-chan ! hurla-t-il avant de plaquer ses mains sur sa bouche. Chuuuuuuuuuuuuut, il dort peut-être…
Il posa ses affaires dans l'entrée avant de gagner le salon… et il se figea.
Tout était retourné dans tous les sens, comme si un ouragan avait traversé la pièce.
Il s'avança prudemment, enjambant le désordre.
Un cambriolage ?
Non, la serrure n'avait pas été forcée…
Et pourtant, il y avait… du sang !
Un vertige le saisit, il sentit la panique le gagner.
- Tat-chan ? appela-t-il en suivant les traces de sang. Tatsuha, où es-tu ? Tat… TATSUHA !
Les traces l'avaient conduit jusque dans la salle de bains, où il trouva Tatsuha inconscient, plié par-dessus une baignoire rouge de sang.
Il se précipita vers lui, vérifia s'il était blessé et constata avec soulagement que non, puis le souleva pour l'allonger parterre, posant sa tête sur ses genoux. D'une main, il attrapa le téléphone, de l'autre, une serviette sur laquelle il fit couler de l'eau froide. Il appela le Dr Esteves, qui s'occupait de lui depuis sa sortie de l'hôpital, quatre jours plus tôt, puis abandonna le téléphone et s'occupa de nettoyer le jeune homme toujours inconscient..
Il passa le linge humide sur son visage, sa bouche, qu'il embrassa en murmurant son nom, essayant de le faire revenir à lui.
Ceci fait, il se redressa en le soulevant et le porta jusqu'à sa chambre. Il l'allongea sur le lit, le débarrassa de ses vêtements sales en continuant de le nettoyer, puis le changea et l'installa mieux dans son lit.
Il ne pouvait malheureusement pas faire grand chose de plus...
Rassemblant toutes ses affaires sales, il regagna la salle de bain où il les fit tremper, avant de laver la baignoire. Tout ce sang lui retournait le cœur. Qu'avait-il bien pu se passer ? Visiblement, il s'était remis à vomir du sang… Mais pourquoi cette pagaille dans le salon ?
La salle de bain nettoyée, il s'attaqua au salon en question, essayant de trouver des réponses.
Il entendit Tatsuha s'agiter, il laissa donc la pièce en l'état et retourna dans la chambre.
Il s'assit à ses côtés.
Tatsuha avait les sourcils froncés et serrait les poings. Ryuichi prit sa main et desserra ses doigts avant de se pencher sur lui.
- Tat-chan, murmura-t-il en caressant son front de son autre main, Tatsuha, réveilles-toi.
Le jeune homme cligna deux fois des yeux avant de pouvoir les garder ouverts.
- Ryui-chan…
- Oui, je suis là. Tiens, bois un peu d'eau. Doucement… le médecin va arriver.
Il avait à peine terminé de dire ça qu'on sonna. Il reposa le verre.
- C'est elle, je vais ouvrir.
Ryuichi sortit et revint un court moment plus tard avec le médecin.
Le Dr Esteves était une grande femme blonde au visage et au sourire si rassurants qu'elle pouvait faire accepter les pires traitements à ses patients.
- Bonjour, Tatsuha. Alors, on me fait venir plus tôt, aujourd'hui, je vous manquais, c'est ça ?
- 'jour, Docteur, grogna-t-il. Désolé de vous contredire, mais je commence à avoir ma dose de blouses blanches…
- Ca tombe bien, je n'en mets plus ! Mon pull vert vous plaît-il mieux ? Le vert, c'est l'espoir ! Alors, Ryuichi m'a dit qu'il vous avait retrouvé inconscient au dessus de la baignoire. Vous avez vomi du sang, qu'est-ce que c'est que cette histoire, encore ?
- A vous de me le dire…
- Vous allez commencer par me raconter ce qui s'est passé, Tatsuha, pendant que je vous examine.
Le regard du blessé se porta involontairement vers Ryuichi. Celui-ci comprit et malgré la peine que cela lui fit, il accéda à sa demande silencieuse.
- Je vais vous laisser travailler, Docteur, et m'occuper de ranger le salon en attendant.
Il sortit sans un mot de plus.
Vu qu'il n'avait rien à faire et qu'il refusait d'écouter aux portes malgré la tentation, il fit ce qu'il avait annoncé et rangea le salon.
Les dernières traces de sang lavées, il se redressa et remarqua alors que la télé était allumée ainsi que le lecteur de DVD. Délaissant son éponge, il le mit en route, se demandant ce que Tatsuha avait bien pu regarder en une pauvre petite heure…
Sur l'écran apparut soudain une scène qui le renvoya deux ans et demi en arrière : c'était l'enregistrement d'un Noël qu'ils avaient passé tous ensemble, au Japon.
Ryuichi comprit ce qui avait pu provoquer un tel bouleversement chez Tatsuha ; ils chantaient tous les deux au milieu du salon, face à face, accompagnés par Fujisaki au piano.
Tatsuha et Ryuichi
Depuis que je suis loin de toi
Je suis comme loin de moi
Et je pense à toi tout bas
Tatsuha :Tu es à dix heures de moi
Ryuichi :Je suis à des années de toi
Ensemble : C'est ça être là-bas.
Ensemble :La différence
C'est ce silence
Parfois au fond de moi.
Tatsuha :Tu vis toujours au bord de l'eau
Quelquefois dans les journaux
Je te vois sur des photos.
Ryuichi : Et moi loin de toi
Je vis dans une boite à musique
Electrique et fantastique
Je vis en "chimérique".
Ensemble :Et je te reste infidèle
Mais qui peut dire l'avenir
De nos souvenirs
Oui, j'ai le mal de toi parfois
Même si je ne le dis pas
L'amour c'est fait de ça.
Ensemble :Il était une fois
Toi et moi
N'oublie jamais ça
Toi et moi !
Ryuichi : Depuis que je suis loin de toi
Tatsuha : Je suis comme loin de moi
Ensemble : Et je pense à toi là-bas.
Tatsuha : Oui j'ai le mal de toi parfois
Ryuichi : Même si je ne le dis pas
Ensemble :Je pense à toi tout bas...
Ryuichi arrêta le DVD et serra les poings, souriant tristement.
Ils s'étaient vraiment éclatés à détourner cette chanson qu'avait écrit Michel Polnareff.pour la France. Les rares personnes qui ne connaissaient pas cette chanson auraient pu penser que les deux hommes l'avaient totalement improvisée, tant elle leur correspondait, tant les paroles collaient à leur propre histoire, tellement ils avaient vécu les paroles en chantant…
Etait-ce cela qui avait mis Tatsuha dans un tel état ? Pourquoi avait-il fallu qu'il aille mettre son nez dans la boîte à souvenirs de Shuichi et d'Eiri, où ils conservaient tous les enregistrements qu'ils avaient fait, depuis le premier concert des Bad Luck jusqu'au mariage de Shuichi ?
Le Dr Esteves sortit de la chambre, le tirant de ses réflexions.
- Vous voulez boire quelque chose ? proposa-t-il gentiment.
- Je veux bien, par cette chaleur ! Un grand verre d'eau m'irait parfaitement.
- Asseyez-vous, je reviens.
Il fit l'aller-retour en moins d'une minute.
Il servit le médecin et s'assit en face d'elle, alors qu'elle se rafraîchissait.
- Tatsuha doit se reposer, lui dit-elle en reposant son verre. Il a eu une légère chute de tension..
- Il vous a expliqué ce qui s'était passé.
Ce n'était pas une question.
- Effectivement, et c'est à lui de vous le raconter aussi, s'il le souhaite. Il a eu un trop plein d'émotion, il a « craqué », selon ses propres termes.
- J'ai compris qu'il avait visionné un enregistrement de nous, fait pendant un Noël il y a deux ans et demi. On a chanté, comme on le fait tout le temps, en choisissant toujours des chansons collant à notre histoire. La moindre chanson a toujours été prétexte à se dire qu'on s'aime de manière détournée… Cet enregistrement date du début de notre histoire, et pourtant on ressent vraiment comme on est lié. Aujourd'hui, c'est encore plus fort. Mais il ne se souvient toujours pas, et ça le touche beaucoup.
- Ce blocage qu'il fait par rapport aux souvenirs liés à votre histoire le préoccupe beaucoup, en effet. Plus il force, plus il a le sentiment que cela lui échappe, et il se bloque. C'est très difficile.
- Que puis-je faire, Docteur ? Je me sens si impuissant…
- C'est ce que j'éprouverai aussi, à votre place. C'est difficile pour vous aussi. Je vous conseillerai d'aller le rassurer, lui parler. Il a peur de finir par vous perdre. Cette situation ne remet pas en question votre histoire, n'est-ce pas, Ryuichi ?
Ryuichi soupira.
- Quand il était dans le coma, j'ai prié qu'il revienne, moi qui suis athée. Je sais pas où ont été mes prières, mais je les ai adressées quand même. J'ai promis que j'accepterai de m'effacer, si c'était la condition pour qu'il revienne. Lorsqu'il s'est réveillé amnésique, j'y ai lu un signe. On m'a conseillé d'attendre et de voir quels souvenirs lui revenaient. Il se souvient aujourd'hui de presque tout,sauf de nous…
- Vous en concluez donc que c'est la confirmation du signe et que vous devez disparaître de sa vie ?
- Regardez dans quel état, à cause de… à cause de…
- De quoi, Ryuichi ? Il sait, il sent ce qui vous unis. Disparaître de sa vie n'y changera rien, désormais. Il essaiera toujours de retrouver les souvenirs qui lui manque.
- Ne peut-il pas rester sur les souvenirs qu'il a de Sakuma Ryuichi, son idole qu'il adore ?
- Il a cette image dans la tête, mais dans son cœur et dans son corps, vous avez cessé d'être l'idole. Cette mémoire du corps et du coeur empêche son esprit de se contenter des souvenirs qu'il a.
- Pourtant, c'est son esprit qui se bloque.
- Pas exactement. Ce n'est pas si simple. Il a peur de ne jamais se souvenir, ce qui alimente son blocage. La peur est le plus gros des obstacles qu'on puisse rencontrer dans un processus de guérison. Il y a certainement d'autres facteurs qui entrent en jeu, et nous y travaillons avec Arnaud pour les identifier. Tatsuha est bien entouré, il a les moyens en lui et autour de lui, de dépasser cette peur. Laissez-lui le temps, Ryuichi. Donnez-vous cette chance. Ne gâchez pas tout avec des considérations qui n'ont pas lieu d'être, conclu-t-elle en se levant.
- Merci, Docteur, lui dit-il en se levant à son tour.
Il la raccompagna jusqu'à la porte.
- Je ne vous connais que très peu, mais je commence à bien connaître Eiri. Il m'a dit que vous étiez l'une des meilleures choses qui étaient arrivé à son frère. Témoin de ce lien entre vous, de votre inquiétude pour lui, je ne peux que le croire... Je ne peux pas jurer que Tatsuha s'en sortira, mais j'espère que vous lui laisserez et vous laisserez plus de chance. A demain, Ryuichi.
Il lui serra la main et la remercia une dernière fois avant de refermer la porte.
Avant d'aller voir Tatsuha, il passa dans la cuisine lui préparer un petit goûter.
Chargé de son plateau, il frappa et entra dans la chambre.
- Je sais que tu es fatigué, mais tu vas devoir faire un petit effort pour manger un peu, lui dit-il en posant le plateau sur la table de nuit. Tu as besoin de force.
Tatsuha se tourna vers lui, alors qu'il s'asseyait sur une chaise tout près de lui.
- Je…
- Non, Tat-chan, je veux d'abord que tu manges un peu. Nous parlerons après. Mords, ordonna-t-il en lui présentant une tranche de brioche couverte de chocolat.
Tatsuha s'exécuta et mordit sans le quitter des yeux. Il mâcha lentement, avala, puis recommença. Ryuichi l'aida ensuite à boire un peu de lait, puis, il réussit à lui faire manger une deuxième tartine malgré ses protestations.
- Voilà, c'était pas si terrible… Qu'est-ce que…
Tatsuha avait attrapé sa main et léché ses doigts où du chocolat avait coulé. Ryuichi sentit son cœur bondir dans sa poitrine, et il se fit violence pour garder son sang froid.
- C'était très bon, Ryui-chan… murmura-t-il.
Ryuichi fit un grand sourire, cachant son trouble.
- Un vrai gourmand… T'en veux pas une troisième ?
- Ca ira, merci, refusa-t-il en se rallongeant.
- Je ramène tout ça et je reviens.
Il gagna la cuisine et posa tout dans l'évier, avant de s'adosser contre le mur, respirant doucement pour calmer les battements de son cœur. Encore un geste aussi ambigu et suggestif, et il ne répondait plus de rien !
Un peu plus calme, il retourna dans la chambre et reprit sa place sur la chaise aux cotés du jeune homme. De nouveau, celui-ci tourna le regard vers lui.
- Je suis désolé, Ryuichi…
Le sourire du chanteur disparut, il n'avait soudain plus envie de jouer la comédie du « je vais bien, tout va bien ».
- Parle-moi, Tat-chan, s'il te plaît. Explique-moi ce qui s'est passé, ne garde pas tout comme ça en toi. Ca nous concerne tous les deux, non ?
Tatsuha ferma les yeux. Ryuichi lui prit la main et pressa sa paume contre ses lèvres.
- Onegaï shimasu…
- Je… J'en peux plus, ça me rend dingue, tout ça… murmura-t-il en ouvrant les yeux. J'ai mis ce dvd, pensant que ça m'aiderait. Mais de nous voir tous les deux comme ça, si complices, si amoureux… K'so, c'est ce dont j'ai toujours rêvé, c'est ce que je ressens, et je ne m'en souviens pas… Ca me rend malade de penser qu'on a perdu tout ça… Alors je me suis un peu énervé, j'ai tapé dans tout ce que je trouvais… et j'ai fini par m'écrouler et vomir du sang…
Ryuichi serra sa main plus fort contre sa joue.
- Tu ne dois pas te mettre dans de tels états, Tat-chan. Nous n'avons rien perdu, c'est encore en nous, en moi comme en toi. Ca reviendra.
- Et si ça ne revenait pas, Ryui-chan ? Tu accepterais de tout recommencer avec moi ? Tu m'as révélé notre lien il y a une semaine, je suis sorti de l'hôpital depuis quatre jours. A chaque fois que je te pose cette question, tu évites d'y répondre, tu me réponds à moitié ! Qu'est-ce qui va se passer, pour nous, quand je pourrai à nouveau rentrer au Japon ?
- Je ne sais pas.
- Si, tu le sais ! protesta-t-il en dégageant sa main. Je…
Une quinte de toux l'interrompit. Ryuichi se redressa et l'aida en lui faisant boire un peu d'eau.
- Ca suffit, Tat-chan, on en reparlera au moment opportun, tu n'es pas en état.
- C'est quand, le moment opportun, pour toi ? continua-t-il quand même, mais plus calmement. Quand arrivera le moment de me mettre dans un avion pour Tokyo, et tu te justifieras comme ça ?
- Je ne ferais jamais ça, Tatsuha… se défendit-il, blessé.
- Au moins, ce serait réglo.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
Tatsuha se redressa en grimaçant, mais refusa son aide en repoussant son bras.
- J'ai bien compris que cette situation était aussi difficile pour toi que pour moi. Je peux comprendre que tu ne souhaites pas recommencer de zéro avec moi, si je ne devais jamais retrouver ces souvenirs qu'il me manque.
- Tsu-chan, je t'aimerai toujours…
- Arrête, s'il te plaît. Il n'est pas question d'amour, ici, je ne remets pas en question tes sentiments. J'ai compris que tu voulais me quitter, j'ai compris tes raisons. Alors sois honnête, ne fais pas comme si ça ne changerait rien, que je me souvienne ou non. Si je ne retrouve pas la mémoire nous concernant, tu me quitteras, n'est-ce pas ?
Ryuichi avait la gorge si nouée qu'aucun son ne pu en sortir. Tatsuha ferma les yeux un moment, les rouvrit, puis se rallongea.
- Je te l'ai dit, je comprends, je ne t'en veux pas. C'est sûrement mieux, tu as raison, quelque part. Laisse-moi, maintenant, s'il te plaît, je suis fatigué.
- Je ne cesserai jamais de t'aimer, Tatsuha. Ce que nous avons vécu et partagé est en moi, je me souviens de tout. Mais si toi, tu as oublié, il doit y avoir une raison.
Tatsuha lui lança un regard scandalisé.
- Tu crois que quelque part, je ne souhaite pas me souvenir, c'est ça ?
- Pas forcément toi, mais quelque chose t'en empêcherait.
- Quelque chose ? Sakuma Ryuichi serait devenu croyant, ces dernières années ? Arrête, s'il te plaît, là, tu me fais vraiment mal. Je n'ai pas de souvenirs, mais ça m'étonnerait fort que tu aies déjà eu à faire tant d'histoires avec moi.
- Tu as raison, je ferai mieux de te laisser. Si tu as besoin de…
- Ca ira, le coupa-t-il en tournant sa tête de l'autre côté.
Ryuichi se leva et sortit en laissant la porte entrouverte.
Il gagna le salon et envoya promené tous les coussins qu'il avait soigneusement remis en ordre un peu plus tôt. Puis, il se recroquevilla dans un coin du canapé en serrant sa peluche rose contre lui.
Il aurait pu rester ainsi des heureux sans bouger, mais tout ce qui s'était passé ces derniers temps défilait dans sa tête ;
Il ne pouvait pas en rester là.
Le chanteur se leva et retourna dans la chambre de Tatsuha. Il s'assit sur le lit.
- Tat-chan, tu dors ?
Tatsuha ne bougea pas, même s'il avait très bien entendu Ryuichi, et que quelque part, il savait que le chanteur n'était pas dupe. Il le lui confirma.
- Je sais que tu m'entends, alors écoute-moi. J'ai passé trois semaines horribles, presque un mois complet à me demander tous les jours si je t'avais perdu ou non. Demain, je vais à New York pour les raisons que tu connais. Je refuse de partir en nous laissant sur une telle discussion. Je peux te perdre, tu peux me perdre, ça me terrifie, quoi que tu en penses. Alors tu vas me faire une place et me supporter dans ton lit, conclut-il en se glissant à ses côtés.
Tatsuha était allongé sur le côté où il n'était pas blessé. Ryuichi se blottit contre son dos, son corps épousant la forme du sien. Il fit passer son bras doucement sous le sien et posa sa main à plat sur son cœur. Il sourit en sentant les battements rapides qui montraient qu'il n'était pas si insensible à sa présence que son immobilité le laissait croire. Il déposa un tendre baiser sur sa nuque, ce qui les fit frissonner tous les deux.
- Dors bien, mon Tsu-chan.
Tatsuha ne répondit pas, comme si il dormait vraiment.
Mais sa main remonta jusqu'à celle que Ryuichi avait posé sur son cœur et leurs doigts s'entrelacèrent, alors que, se détendant enfin, il laissait aller son corps en arrière, répondant à la douce et rassurante pression exercée par celui de Ryuichi contre lui…
Il était une fois… toi et moi… n'oublie jamais ça…. toi et moi…
A suivre…
Lexique :
K'so : kuso : merde/zut
Onegai shimasu : s'il te plait
Notes : j'espère que vous êtes contentes, j'ai arrêté de les torturer et de vous torturer avec mes chutes assassines ! Qu'est-ce que ça fait du bien de les imaginer de nouveaux dans les bras l'un de l'autre… bisous à tous !
