Titre : Grandir, c'est dire je t'aime

Source : GRAVITATION

Auteur(e) : Lysanea

Genre : yaoi, romance, song.

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf Akitoshi Shindo et Suzanne. La chanson Wait appartient aux Beatles

Chapitre vingt-sept : Vol 2405 pour Tokyo

Pairing : Ryuichi/Tatsuha

Personnages : Tatsuha Uesugi (frère dei Eiri Uesugi, amant de Ryuichi), Akitoshi Shindo (frère de Shuichi et meilleur ami de Tatsuha) Sakuma Ryuichi (chanteur, amant de Tatsuha)

allusion à Shuichi, Eiri, Suzanne, Mika, Etsuko.

Notes de l'auteure : un grand merci à tous pour vos encouragements et à ceux qui lisent simplement aussi. Joyeux Noel un peu en retard et j'espère que vous aimerez ce chapitre un peu long. Alors, est-ce la fin ou non ? Bonne lecture ! Rendez-vous à la fin ! Kisu ! Lysa


Chapitre vingt-sept : Vol 2405 pour Tokyo

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- Ca y est, tu peux détacher ta ceinture. Comment tu te sens ?

- Ca va aller, arrête de t'inquiéter, Kito-chan.

- Je t'avais jamais vu faire une gueule pareille, si j'étais pas si compatissant, je t'aurai filmé. J'aurai pu gagner des milliards de yens en te faisant gagner le concours des grimaces les plus horribles. C'est suffisant pour m'inquiéter, tu crois pas ?

- Le décollage a réveillé ma douleur, mais c'est fini. Je vais me prendre un petit cachet et dormir comme un bébé…

- Bouge pas, je te descends ton sac, répondit Akitoshi en se levant pour récupérer les affaires en haut. Faut dire, Tat-chan, tes adieux à Ryuichi, cette nuit, n'ont certainement pas arrangé les choses.

- Quoi, t'es jaloux ? le taquina-t-il en prenant le cachet qu'il lui tendait.

- Manquerait plus que ça ! Non, je comprends que cette nuit ait été plus fougueuse que toutes celles que vous avez eu depuis que vous vous êtes retrouvés à la fin de ton amnésie, il y a un mois, mais si tu souffres encore plus au final, je vois pas trop où tu trouves ton bonheur…

- Je te connais trop bien, Aki-chan, tu ne parles pas que d'une souffrance physique, là.

- C'est vrai que je parle aussi de ton pauvre petit cœur maltraité par les doutes, puis par la séparation et encore les doutes…

- Fou-toi de moi, surtout, j'te dirai rien !

- Moi ? protesta-t-il, faussement indigné. Jamais, voyons…

- Mouais, c'est ça… En tout cas, pour la douleur physique, t'as pas à t'en faire. Même si ça a été plus fougueux et passionné cette nuit, parce qu'on savait pas quand on allait se revoir, Ryui-chan a été super doux avec moi. Il a cette étonnante capacité à être et faire une chose et son exact contraire en une fraction de seconde.

- C'est bien vrai. Il n'empêche, une blessure au ventre, c'est super dur à gérer. Que ton homme soit la douceur incarnée n'y changera jamais rien. Et je ne doute pas qu'il le soit…

- Je ne me rappelle pas avoir eu vraiment mal, mais si c'est arrivé, je n'ai eu que ce que je méritais, parce que c'est moi qui ait pas arrêté de le provoquer. Je l'ai rendu dingue… se réjouit-il avec un sourire torve.

- Je n'en doute pas non plus. Je l'aurais cru même si je n'avais pas entendu certaines choses en passant près de votre chambre, du genre « tu l'auras voulu ! » ou « mais arrêêêêêêêêêteeeeee ! » sans compter les « dépêche-toi, j'en peux plus ! » et j'en passe…

- Arrête de te moquer, Kito-chan. T'imagines même pas comment il va me manquer. Ca a toujours été comme ça, quand on se séparait, mais là, c'est en même temps différent. Je sens que je vais avoir du mal. Sachant que j'ai failli y passer, je trouve encore plus difficile de se séparer. Je pensais que lui aussi aurait cette difficulté.

- Et ce n'est pas le cas, d'après toi ?

- Il a refusé que je reste avec lui.

- Vous en avez vraiment discuté ou c'est encore une interprétation « made in Tatsuha ».

Tatsuha lui décrocha une œillade meurtrière.

- Bien sûr, qu'on en a discuté. Bon, je ne lui ai pas carrément posé la question, j'avoue. J'ai glissé, comme ça, que ça ne me dérangerait pas de vivre aux Etats-Unis avec lui. Et lui, il m'a répondu que ça ne le dérangerait pas non plus de vivre avec moi, mais pas aux Etats-Unis.

- Effectivement, il a bien refusé que tu restes avec lui aux Etats-Unis, même si ce n'était pas si catégorique que ça. Mais Tat-chan, je suis très bon en géographie, je ne pense donc pas le tromper en te rappelant que le Japon n'appartient pas aux Etats-Unis…

- Fait le malin ! Je te signale qu'il ne m'a jamais parlé de revenir au Japon non plus…

Akitoshi leva les yeux en soupirant.

- Est-ce que tu lui as seulement demandé ?

- Je n'ai pas pour habitude de poser des questions auxquelles j'ai déjà la réponse, Kito-chan.

- Baka ! Tiens, continua-t-il en lui tendant une enveloppe. Tu auras sûrement une réponse différente de celle que tu as trouvé seul.

- Une lettre ? s'étonna Tatsuha en la prenant. De Ryuichi ?

- Non, de Bouddha...

- Mais arrêêêêêteeeeeee ! protesta-t-il en le poussant sans brutalité.

- Ah tiens, j'ai déjà entendu cette voix et ce ton, cette nuit ! Ryuichi aussi t'en a fait baver, finalement…

- T'es qu'un jaloux ! Bon, c'est pas une mauvaise nouvelle ou une lettre de rupture, rassures-moi ?

- Je ne l'ai pas lue et il ne m'a rien dit d'autre que de te la remettre avant de te rendre ton lecteur mp3, où il t'a enregistré des trucs.

Akitoshi sortit le lecteur alors que Tatsuha ouvrait la lettre et la dépliait.

Tenshi…

Il est presque 4h du matin, tu es allongé près de moi, endormi. On a pas été très sage, cette nuit, j'espère que tu n'auras pas trop à subir les conséquences de nos folies, dont tu es le principal responsable, je tiens à le rappeler. Même si je n'ai que faiblement protesté… Tu es si beau, mon ange. J'aime te regarder, dans ces moments-là. Mais je t'ai tellement vu les yeux fermés, il y a peu, que j'ai du mal, depuis, à ne pas te réveiller. C'est devenu une sorte de jeu entre nous. Quand je craque, je me blottis un peu plus contre toi, ou je t'embrasse partout ou je peux. Tu finis par t'agiter dans ton sommeil, tu m'entoures de tes bras, tu captures ma bouche curieuse et gourmande. Et j'obtiens souvent ce que je veux, puisque tu te réveilles. Pas toujours, mais le plus souvent. Même si tu es encore endormi, ça me suffit, ces petits gestes qui me montrent que tu vis. Même un grognement me satisfait. Mon petit chat… Mais là, je me contente de te regarder parce que je dois finir cette lettre. Je te l'écris pour m'excuser de t'avoir blessé encore une fois, lorsque j'ai refusé qu'on vive ensemble aux Etats-Unis, sans te proposer qu'on vive ensemble au Japon. Tu vas comprendre pourquoi ça s'est passé comme ça. Dans quelques heures, tu seras dans l'avion, à lire ces lignes. Si Akito a fait tout ce que je lui ai demandé, et je sais que c'est le cas, tu as ton lecteur mp3 à portée de main. Allume le, et prépare la chanson « Wait ». C'est la dernière chanson que j'ai écrite pour toi, mon cœur. Imagine-moi avec ma guitare, sur notre lit, et lance-là. Tu me diras ce que tu en penses… Je t'aime, mon Tsu-chan. Tu me manques déjà. Kuma-kun t'embrasse fort…

- Tu ne sourirais pas si bêtement si c'était une mauvaise nouvelle, remarqua Akitoshi en souriant gentiment.

- Je suis sûr que t'es au courant d'absolument tout. Tu as peut-être même déjà écouté la chanson qu'il m'a écrite, ou lu les paroles.

- Il t'a écrit une chanson ? Formidable !

- Fais pas genre !

- Bon, d'accord, j'étais au courant. Mais je ne la connais pas, l'exclusivité, c'est pour toi, répondit-il en lui tendant son lecteur.

Tatsuha le prit, chercha la chanson, puis lui tendit un écouteur.

- On va la découvrir ensemble, dans ce cas.

- Euh… C'est perso, non ?

- Tu peux m'en envoyer, des bakas, t'es pas mieux ! C'est une chanson, bien sûr qu'il y a un message perso, mais la chanson, elle, reste publique. Mets-ça dans ton oreille et ferme ta bouche, Kito-chan

- Ca va…

Ils fixèrent chacun un écouteur et se penchèrent l'un vers l'autre, tête contre tête.

Tatsuha lança la chanson.

It's been a long time (ca fait longtemps)

Now I'm coming back home (maintenant je vais rentrer à la maison)

I've been away now, j'étais absent, maintenant,

(Oh how I've been alone (Oh comme j'ai été seul))

Wait till I come back to your side (attend jusqu'à ce que je vienne à tes côtés)

We'll forget the tears we've cried (nous oublierons les larmes que nous avons versées)

But if your heart breaks (mais si ton cœur est brisé)

Don't wait, turn me away (n'attends pas, détournes-toi de moi)

And if your heart's strong (et si ton cœur est fort)

Hold on, I won't delay (tiens bon, je ne vais pas tarder)

Wait till I come back to your side (attend jusqu'à ce que je vienne à tes côtés)

We'll forget the tears we've cried (nous oublierons les larmes que nous avons versées)

I feel as though (je me sens comme si)

You ought to know (tu devais vraiment savoir)

That I've been good (Que j'ai été bon)

As good as I can be (aussi bon que je peux l'être)

And if you do, (et si tu le fais)

I'll trust in you (je croirais en toi)

And know that you (et saurais que tu)

Will wait for me (m'attendras)

- Encore une fois, s'il te plaît, murmura Akitoshi lorsqu'elle se termina.

Tatsuha s'exécuta volontiers et il la réécoutèrent une seconde fois.

- C'est dément, commenta Akitoshi alors que Tatsuha éteignait le lecteur, les yeux brillants. Quel talent, ce type, quel amour…

- Comment ça, « quel amour » ? Je te permets pas de dire que mon Ryui-chan est un amour, et puis quoi encore ?

- Mais pas dans ce sens là, baka ! Quel amour il te porte, c'est ce que j'ai voulu dire !

- Mouais… Et arrête avec tes « bakas » !

- Je ne suis toujours et définitivement pas attiré par les mecs, Tat-chan, alors arrête de te prendre la tête pour rien !

- C'est sûr, il n'a rien à voir avec Suzanne.

Akitoshi grimaça.

- Arrête avec ça, Suzanne, c'est vraiment du passé, maintenant.

Tatsuha posa sa main sur son bras.

- C'est bien dommage, tu sais ce que j'en pense.

- Oui, je sais. Mais j'ai pas l'intention de recommencer à voyager, je veux rester à Tokyo avec ma mère et ma sœur. C'est plus fort que tout ce que je peux éprouver pour Suzanne.

- Je comprends, Kito-chan, mais ce que je trouve dommage, c'est que t'en fasse quelque chose de si définitif. T'as vraiment besoin d'être si catégorique en fermant toutes les portes ? Si vous n'étiez pas amoureux, bon, ok, vous passez à autre chose chacun de votre côté. Mais là, ça risque de ne pas être si simple… Tu ne penses pas que ça puisse changer ?

- Je ne veux pas d'une relation à distance, c'est tout. Même des gens qui s'aiment aussi fort que Ryuichi et toi avez fini par craquer, tu penses bien que ça ne donne pas envie de se lancer dans un truc aussi complexe…

- C'est sûr qu'il y a des moments où je me suis demandé comment on faisait…

- Mais c'est fini, Tat-chan, hein ? C'est bien le sens de sa chanson.

- Apparemment, oui. Il va abandonner sa carrière aux Etats-Unis pour rentrer au Japon. Quant à moi, je vais me retirer du Temple et redevenir un simple laïc.

- C'est possible ?

- Oui. Je continuerais à pratiquer et avancer sur la Voie, le but de ma vie restera toujours la fin de la souffrance, et le moyen pour y arriver, de suivre et respecter notre code de moralité, formé par le Noble Sentier Octuple et les cinq préceptes, affirma-t-il solennellement.

- Mais être avec Ryuichi implique nécessairement que tu ne puisses pas respecter certaines règles, non ?

- C'est pourquoi je serai seulement laïc. J'observerai toutes les règles que je pourrais.

- C'est une religion vraiment tolérante.

- Ce n'est pas une religion, mais une philosophie, un mode de vie et de pensée. Bouddha n'est pas un Dieu, juste un homme qui s'est Eveillé, ce que tous les Bouddhistes cherchent à faire en suivant son exemple. Et l'Homme en général, par tous les moyens qu'il peut trouver.

- C'est vrai, tu me le répète asez souvent. Ca va te faire bizarre, non, de ne plus appartenir au Temple ?

- Sûr. J'ai bien profité de ma vie jusque là, parce que je pensais toujours que je finirai au Temple et que je serai « sage » à ce moment-là et jusqu'à mes derniers jours. Mais mon amour pour Ryuichi est plus fort que celui que j'éprouve pour Bouddha, qu'Il me pardonne ! Et puis, Bouddha sera toujours là, alors que pour Ryuichi, j'ai moins de certitude…

- Me dis pas qu tu doutes tes encore ?

Tatsuha le regarda longuement, puis soupira.

- La vie est parfois si étrange. Tu as vu tout ce qui nous est arrivés, en si peu de temps ? Je ne veux plus rien risquer.

- Je ne peux que t'approuver. Alors tu vas t'installer à Tokyo ?

Tatsuha haussa les épaules.

- Je ne sais pas encore. Je ne sais même pas ce que je vais faire de ma vie…

- Est-ce que tu as vraiment à te poser la question, Tat-chan ? Ryuichi et toi avez les moyens de vivre d'amour et d'eau fraîche…

- Les moyens, oui, mais l'envie, je ne pense pas. On est des mecs hyper actifs, c'est pas dans notre caractère de se la couler douce toute une vie. Au début, ça va être cool, on va rattraper le temps passé et profiter l'un de l'autre. Mais très vite, aussi bien lui que moi, on va finir par s'ennuyer.

- T'as le temps d'y réfléchir, en tout cas. Mais sache que si tu veux bosser avec moi, y a pas de soucis.

- Tu recrutes ?

- Pas dans l'immédiat, et t'es pas en état. Mais plus tard, sans problème. Tu seras toujours le bienvenu. Les gamins t'adorent, en plus. (1). Ca va déjà me faire bizarre de ne plus voir mon frère débarquer n'importe quand dans la journée…

- Je veux bien te croire ! Ils vont nous manquer…

- Oui, je me suis si vite habitué à eux…

Ils se regardèrent et se sourirent, se comprenant parfaitement.

- Tu sais, Tat-chan, je… merde ! Je sais pas comment te dire ça, c'est trop con…

- Quoi, tu vas pas me faire une déclaration, quand même ? se moqua-t-il gentiment.

- Et bien si, figure-toi ! Une déclaration d'amitié. Je suis très content de la manière dont on s'est liés, tous les deux. T'es vraiment comme un frère, pour moi.

- C'est pareil pour moi, tu sais. En moins de deux, t'es devenu plus qu'un pote ou un amant potentiel.

Le sourire d'Akitoshi s'élargit.

- Est-ce que je devrai me sentir vexé du fait que tu ne m'aies jamais désiré ?

- Qui t'as dit que c'était le cas ? T'avances pas trop vite, Kito-chan. La première fois qu'on s'est rencontrés, je me suis dit direct que, foutu comme t'étais, tu devais être un sacré bon coup…

- Putain, Tat-chan !

- … et je le pense encore plus aujourd'hui que je te connais, termina-t-il en lui faisant un clin d'oeil.

- Si j'avais su que tu me reluquais, à ce moment-là, j'aurais été moins sympa.

- Je sais être discret. Mais j'y peux rien, moi, si tu ressembles à ton frère à l'époque où lui-même ressemblai beaucoup à Ryuichi. T'as les cheveux de la même couleur !

- Ca, c'est de l'argument ! T'es irrécupérable… soupira-t-il.

- Je me suis beaucoup calmé, pourtant. Avant Ryuichi, c'était pire. T'en as eu des échos, non ?

- Oh ! oui, assez pour avoir mes oreilles qui ont frôlé la désintégration tellement elles ont chauffé.

- Ca va, fait pas ton puceau, t'es le même fléau, version hétéro exclusive…

- Ca, c'est la meilleure ! s'indigna-t-il.

Tatsuha éclata de rire devant son air outré.

- J'y crois pas, quel comédien ! Arrête de faire l'innocent, genre on a jamais passé des heures entières à briser des cœurs, nuit après nuit, de boîtes en bars et de clubs en soirées...

- J'y peux rien moi, si les gens comprennent pas ! protesta-t-il en haussant les épaules. Quand j'y repense, c'est dingue le nombre de fois où on a du se rouler des pelles pour qu'on nous foute une paix digne de ce nom !

- Mouais, ça n'a jamais vraiment eu l'air de te déplaire, non plus…

- Bah non, parce que c'était toi.

- Et que je suis doué, crâna-t-il en bombant le torse, avant de grimacer sous la douleur.

- Bien fait ! Bon, j'avoue, tu sais y faire. Mais t'es bien le seul mec que j'accepte d'embrasser de cette façon. Et comme je sais exactement ce que j'éprouve pour toi, ça ne me trouble pas plus que ça !

- Tant mieux, ce serait con de s'éloigner pour des futilités pareilles !

Akitoshi se cala dans son siège.

- De toute façon, ça ne risque plus d'arriver, puisque Ryuichi va rentrer au Japon.

- Premièrement, je ne sais pas quand il va revenir, parce ça peut prendre du temps de mettre fin à une carrière telle que la sienne. Deuxièmement, le retour de Ryuichi ne veut pas dire qu'on ne sortira plus ensemble !

- J'espère bien, mais au moins, il pourra s'occuper de la partie « démonstration de notre lien grâce à un savant mélange de salive sur fond d'exploration buccale et de test lingua-linguistique »

- P'tain, si je devais dire tout ça avant d'embrasser Ryuichi… T'as déjà fait le coup à Suzanne, genre « salut ma belle, je peux mesurer la profondeur de ta cavité buccale?

- On se faisait des trips comme ça, des fois, pour délirer. J'te jure, Tat-chan, elle en a sorti de bien pire...

- J'imagine parfaitement bien la scène. Mais ne crois pas t'en sortir comme ça, Kito-chan, Ryuichi ne sera pas toujours là, il y a bien des fois où on sortira que tous les deux !

- C'est pareil ! Embrasser, c'est tromper, alors je sais pertinemment qu'à moins d'un sauvetage par bouche-à-bouche, tes lèvres ne se poseront jamais plus que sur celles de Ryuichi.

- Tu m'en veux pas trop ?

Akitoshi poussa un long soupir résigné.

- Ce sera dur, mais… je m'en remettrai, ne t'en fais pas.

Tatsuha le poussa du coude.

- Sérieux, Kito-chan, reprit-il après un silence, je tenais encore à te remercier pour tout.

- C'est bon, tu l'as déjà fait.

- Ce ne sera jamais suffisant, même si je te le répétais toute ma vie.

- Alors arrête ! J'ai vraiment eu peur de te perdre, tout ce que j'ai fait, c'était normal. T'aurais fait exactement la même chose pour moi, et ne dis pas le contraire, je ne te croirai pas !

Tatsuha lui fit un clin d'œil en lui souriant... puis bailla furieusement, faisant rire son ami.

- Assez parlé, repose-toi un peu jusqu'au repas.

- Tu me racontes une histoire ?

- Baka…

- Je ne compte plus le nombre de fois où tu m'as traité d'idiot depuis qu'on a quitté le sol américain…

- Tu sais bien que dans ma bouche, c'est de l'affection pure et simple, mon Tat-chan.

- Mais bien sûr…

- Je te laisse tranquille.

Tatsuha inclina son siège et somnola jusqu'au repas.

Ils mangèrent tranquillement en regardant un film en se servant uniquement de l'écran individuel de Tatsuha. Celui-ci s'endormit rapidement sur l'épaule de son ami, qui le regarda avec tendresse dans le reflet de l'écran éteint, avant de s'endormir à son tour.

Tatsuha fut réveillé par une douce caresse, puis par… un violent tiraillement de peau : on venait de lui pincer le bras.

- Itaï… gémit-il en émergeant, papillonnant des yeux.

- Désolé, Tat-chan, mais la douceur, ça ne marche visiblement pas, avec toi.

Le jeune homme se redressa en frottant ses yeux, puis regarda son ami.

- J'ai fait quoi, encore ?

- Tu te collais à moi en murmurant des « Ryuichi » plus qu'éloquents, il fallait bien que je te sorte de ton rêve, où tu m'aurais violé sur place.

- Rêve pas trop, Kito-chan. Tu pouvais pas juste me repousser ou me coincer un coussin, et me laisser dans mon rêve qui me paraissait tellement réel !

- On arrive, mon grand. Attache ta ceinture et prépare-toi, tu sais que c'est la partie la plus difficile du voyage qui t'attend.

- Déjà ? s'étonna-t-il en jetant un œil par-dessus le hublot. J'ai dormi si longtemps ?

- Tu avais du sommeil à rattraper.

- Exact. Bien, atterrissons, dans ce cas ! dit-il en bouclant sa ceinture. Une vraie partie de plaisir !

- Ca va aller ?

- "Le but de la souffrance est de m'apprendre que je ne suis rien". Ca rend humble, tu sais.

- C'est pas le moment de philosopher.

- Au contraire, vu la douleur que je vais probablement ressentir, autant me préparer à l'accueillir. D'ailleurs, je veux bien un peu de soutien.

- Du soutien ?

Tatsuha lui prit la main en souriant.

- Comme ça, par exemple.

Akitoshi lui rendit son sourire et leurs doigts s'entrelacèrent.

Et non, ce n'était pas réservé qu'aux amants…

L'atterrissage secoua un peu, mais Akitoshi savait que ce n'était pas l'unique cause de la douleur que manifesta Tatsuha. La vitesse, la pression, le choc des roues sur l'asphalte qui se répercuta et résonna dans tout son corps réveilla la brûlure de sa vilaine blessure qui terminait de cicatriser. Akitoshi compatit à la douleur de son ami et serra sa main plus fort.

Une fois l'avion sur la piste et roulant à une allure plus confortable, il détacha leurs ceintures.

- Comment tu te sens ? s'inquiéta-t-il en dégageant ses mèches sombres qui barraient son front plissé par la douleur.

- K'so, ça fait un mal de chien, j'avoue ! Je reprendrai pas l'avion de si tôt !

Akitoshi lui tendit sa bouteille d'eau et un cachet. Tatsuha hésita.

- Je préfère attendre d'être rentré.

- Si tu veux que la douleur s'apaise, tu dois les prendre maintenant.

- Je risque de m'endormir…

- Et bien dors ! Je te porterai, s'il le faut, c'est pas un problème. Avale-moi ça, presto, je ne supporte plus tes grimaces horribles !

- Je te promet de le prendre, mais pas tout de suite…

- Et pourquoi pas ?

Akitoshi était d'une patience exemplaire.

- Je veux d'abord passer un coup de fil, en arrivant à l'aéroport. Le cachet risque de m'abrutir.

- Un coup de… d'accord, j'ai compris. Ah ! l'amour ! Ok pour l'appel, mais rapide.

- Merci, Kito-chan.

Trois-quarts d'heure plus tard, Akitoshi laissa Tatsuha près des cabines téléphoniques et alla récupérer leurs bagages.

Dans un appartement de Boston, Etats-Unis, un téléphone sonna. Son propriétaire décrocha.

- Oui, allô ?

- Ryui-chan, c'est moi !

- Bah alors, mon cœur, je te manque déjà ?

- Tu m'as manqué dès que j'ai franchi le portique de l'aéroport.

- Ca me rassure, parce que ça nous a pas trop fait du bien, à Kumagoro et moi, de te voir partir comme ça avec Aki-chan…

- Jaloux ?

Ryuichi devina son sourire dans sa voix.

- Maiiiiiiiiiis naaaaaaaaaaaaan, juste… euh… envieux ? Désespéré ? Dégoûté ? Frustré ? Triste ? Des…

- Ryui-chan…

- Hey ! Fallait pas poser la question !

-………………

- Bon d'accord, je me tais. Comment s'est pasé ton vol, tu n'as pas eu trop mal ? Si ?

- Ça été, Kito-chan s'est bien occupé de moi.

- Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrr...

- Tiens, c'est quoi, ce bruit ? Kuma-kun est en train de muer ?

- Baka !

- Je vais finir par croire que c'est mon prénom…

- T'as qu'à pas dire de conneries, aussi ! Dis, tu m'appelles d'où, t'es rentré chez toi ?

- Je suis encore à l'aéroport. Il fallait absolument que je t'appelle, tu t'en doute bien.

- Ah bon ? Pourquoi ?

- Baka, tu sais très bien pourquoi. Ta lettre et ta chanson.

- Ah ! ça…

- Oui, ça. Tu m'as demandé quelque chose, je vais te répondre. Ryui-chan…

- Mouuuuuuui ?

- Ce que je pense de ta chanson, c'est qu'elle est magnifique, et Kito-chan est d'accord avec moi, au cas où tu douterais de mon objectivité.

- Miiiciiiiiii…

- Et pour le reste, c'est oui, Ryui-chan. Je t'attendrai le temps qu'il faudra.

- J'en suis heureux.

- Alors à bientôt ?

- A très bientôt, mon ange, je te le promets.

- Daisuki, mon Ryui-chan.

- Daisuki, mon Tsu-chan.

Tatsuha raccrocha et se retourna au moment où Akitoshi le rejoignait avec les bagages.

- Ça y est ? Comment va-t-il ?

- Oui, il va très bien et il sera bientôt là.

- C'est génial ! se réjouit-il en lui ébouriffant les cheveux. Et toi, comment tu te sens ?

- Donne-le moi, ton foutu cachet !

Le jeune homme sourit en lui tendant l'eau et le cachet, qu'il avait déjà préparé. Tatsuha l'avala en grimaçant.

Ensemble, ils gagnèrent le point de rendez-vous avec Mika. La jeune femme fit passer tout le soulagement et le bonheur qu'elle ressentait à revoir son frère, pratiquement entièrement guéri, dans son regard, ne pouvant pas se permettre de grandes effusions. Mais la petite Etsuko se pendit au cou de son oncle et ne le lâcha plus jusqu'à la voiture. Elle le câlina même durant le trajet.

Tatsuha somnolait en regardant défiler le paysage, ces lieux si familiers qu'il avait failli ne jamais revoir.

Ils déposèrent Akitoshi chez lui, puis Mika ramena son frère endormi à Kyoto où elle s'installa avec sa fille pour s'occuper de lui quelques temps.

Tatsuha était enfin de retour après deux mois loin de chez lui. Deux mois durant lesquels il s'était passé plus de choses pour son avenir que durant mettons les dix années précédentes...

Mais il savait au fond de lui qu'il n'allait se sentir vraiment chez lui que le jour où, enfin, Ryuichi le rejoindra pour qu'ils s'installent ensemble.

Ils avaient encore beaucoup de choses à faire, chacun de leur côté, pour ce ce soit possible, mais rien ne les effrayait.

S'il devait y avoir un sens à tout ce qu'ils avaient vécu et enduré dans leur vie, il fallait le chercher là. Ce devait être pour préparé leur rencontre et ce qu'ils avaient traversé à nouveau, durant quatre ans, et surtout ces deux derniers mois.

Maintenant, ils étaient vraiment prêts.

A suivre… ou Owari ???

(1) Akitoshi travaille dans un orphelinat.


Lexique :

Baka : idiot

Daisuki : je t'aime (dans le sens « je suis fou de toi / je t'aime à la folie… »).

Itaï : aïe

K'so/Kuso : merde !

Notes : ma fic peut se terminer ici sans problème, mais moi, ça ne me satisfait pas ! donc, il y a encore un petit chapitre et un épilogue, pour ceux qui partagent ma vision des choses . merci d'avoir lu, encore une fois, et enormes bises à tous !