BON! Désolé un peut de retard… Un beau chapitre de 13 pages Word c'est tu pas beau ça!!!!!

Espérant que ça va vous plaire.

On se revoit en bas de la page! ;)


- TERRREEEE EN VUE À TRIBORD! Cria la vigie perchée tout en hauteur.

Tout l'équipage se retourna vers l'horizon et vit au loin une chaîne de montagnes, Ered Nimrais. La nouvelle fut accueillie avec de grands cris de joie et de soulagement. Le voyage avait duré seulement trois jours et aucun incident ne s'était produit; ce qui était un exploit dans l'histoire de la navigation des Haradrims.

Eänwen sourit elle aussi à cette nouvelle. Les dieux étaient de leur côté, ils voulaient que l'équipage soit capable de se rendre à bon port. C'était bon signe.

Ce fut une grande joie aussi pour Astaldo qui lui, depuis le début du voyage, avait vu la couleur de son visage passer du brun au vert. Torturé par ses vertiges et son mal de cœur perpétuel, l'elfe avait l'impression qu'il ne pouvait rien garder dans son estomac assez longtemps pour en tirer de l'énergie. Déshydraté, il ne pouvait boire un verre d'eau sans en rendre trois. Humilié et orgueilleux, il avait passé les trois jours enfermé dans sa cabine, ne sortant que la nuit pour respirer de l'air frais.

Dès qu'il entendit la vigie crier la nouvelle, il sortit dehors en courant en criant sa joie qui ressemblait plus à un croassement de crapaud qu'autre chose.

- Bon enfin le voilà notre malade, dit Eänwen en s'approchant de lui. J'avais fini par croire que tu avais passé par-dessus bord tellement qu'on ne te voyait pas.

- Arrête de rire de moi, dit Astaldo quelque peu irrité.

- Moi? JAMAIS voyons… dit elle en lui faisant un clin d'œil. Pour qui te me prends?

- Ma sœur imagine toi dont! Sourit-il.

À ce moment, un des soldats passa à côté d'eux et remarqua Astaldo.

- Rebienvenue parmi nous capitaine! S'exclama-t-il en continuant son chemin.

L'elfe ne répondit rien, sentant son orgueil refaire surface. Il baissa les yeux.

- Ahhhhh, s'exaspéra Eänwen. Reviens en un peu là. T'as presque jamais embarqué sur un bateau de ta vie. Donne-toi une chance!

- Mais je suis un capitaine! Je devrais être à la hauteur mais j'ai échoué…

- Arrête de te plaindre! Premièrement, tu es un commandant qui gouverne des soldats et non un capitaine qui conduit un navire. Tu as appris toute ta vie à combattre sur la terre ferme et je suis sûr que tu battrais chacun de ces gars un à un à pleine couture si tu le voulais!

- Et toi là-dedans? Tu t'es oublié.

- Moi ça ne compte pas, j'ai appris du maître! Sourit-elle en le prenant par les épaules.

- T'es en train d'insinuer que tu me battrais en combat singulier?

- Quoi? Moi? Je n'ai rien insinué du tout! Déclara-t-elle sous une fausse innocence.

Astaldo leva les yeux au ciel et se retourna vers l'océan. Eänwen suivit son regard.

- Combien de temps reste-t-il à mon calvaire? Demanda-t-il

- À peine quelques heures, le vent s'est levé et le courant nous porte facilement.

- Vivement notre arrivée! S'exclama-t-il. Je vais retourner en cabine faire une sieste. Tu vas être capable de t'occuper du bateau?

- Moi? C'est quasiment pas ce que j'ai fait de tout mont temps durant que «monsieur» se prélassait tout doucement.

- Se prélasser? Mais comment tu … ahh pis laisse faire. Dit-il en se retournant à l'intérieur.

- Pfffff… fit Eänwen pour elle-même en souriant. Il ne changera jamais.

Sur ce, elle traversa le pont inférieur et monta les escaliers pour aller rejoindre l'homme à la barre.

- Derek?

- Oui madame?

- Nous allons accoster sur la rive d'Anfalas, quelque part proche de la Baie des Havres. C'est…

- Voulez-vous qu'on amarre à Dolamroth dans ce cas? Coupa-t-il. Ou peut-être à Edhellond?

Eänwen le regarda d'un air surpris.

- Vous connaissez la région du Gondor?

- Bien sûr madame, mais seulement son sud. Mon père était un pêcheur à l'époque et nous avons déjà fait commerce en ces villes avant le début de la guerre. Il m'emmenait souvent avec lui quand j'étais jeune.

- Alors, si vous connaissez bien ces villes, vous devez savoir si elles sont bien protégées n'est-ce pas?

- Oui madame. Ce sont des villes maritimes alors c'est certain qu'elles se protègent des invasions par la voie des eaux et de ses étrangers. Elles ne laissent pas passer n'importe qui.

- Et bien… Cela nous ne laisse pas vraiment le choix. Connaissez-vous un endroit où amarrer sans attirer trop l'attention?

- Oui. Je connais l'existence d'un port abandonné à l'est de la Baie des Havres. Il a été fermé à cause du manque d'achalandage dans ce coin de pays, le poisson n'y étant pas très bon.

- Il y a-t-il des habitants proches de ce port?

- Oui il y a un petit village. Mais ne vous inquiétez pas; nous serons là ce soir, au couchez du Soleil et si quelqu'un nous voit arriver et va nous dénoncer à la métropole la plus proche, nous allons déjà être très loin dans les plaines du Gondor.

- Parfait! Un autre problème de réglé, dit-elle tout joyeusement à Derek en redescendant sur le pont.

Il va juste falloir attendre qu'un autre se présente, se dit-elle à voix basse.


- Descendez les chevaux! Ordonna Astaldo. Doucement, doucement. On ne veut pas les effrayer.

Un à un, passant par la passerelle de bois qui reliait le quai au bateau, les chevaux descendirent accompagnés par un des membres d'équipage. Il fallait être prudent : un faux pas, et le cheval finissait dans l'eau.

- Faites attention, continua Astaldo. Ce sont nos seules montures jusqu'à Edoras !

Eänwen, elle qui avait déjà son fidèle destrier Rahom, était déjà monté sur sa celle, prête à partir. Revêtue de ses habits de tous les jours, elle s'était dotée à présent d'une cape noire pour se protéger de la froide nuit qu'annonçait la nuit. À l'horizon, le Soleil venait tout juste de se coucher, laissant place aux ténèbres.

- Qu'est-ce qu'on fait du bateau commandant? Demanda l'un des membres d'équipage qui abordait une moustache noire.

Astaldo jeta un coup d'œil à Eänwen, ne sachant pas la réponse.

- Nous devons laisser aucune trace de notre passage, déclara-t-elle. Si on est suivi, personne ne doit se douter que nous avons amarré ici.

- Bien, alors, que proposes-tu?

- Je propose la solution du bateau enflammé.

- Le bateau enflammé? Ce n'est pas une solution d'attaque ça? Le genre de truc qu'on utilise en dernier espoir? Demanda l'homme à la moustache.

- Oui effectivement, mais nous n'avons pas le choix. On ne peut se permettre de le laisser ici, il est trop reconnaissable.

- Mais….

- Si on le laisse comme ça, il va soit se faire voler ou il va nous trahir. Dans les deux cas, on le perd mon cher Mosta, nous ne reviendrons pas en ce port d'ici des mois peut-être.

- D'accord alors, allons-y pour le bateau enflammé, fit Mosta en baissant les yeux, déçu.

- Bon! Tout le monde connait la procédure? Demanda Astaldo.

- Oui commandant! Répondit l'équipage.

- Bien alors au boulot, et vite!

Le principe du bateau enflammé est très simple. Il s'agit tout simplement de faire enflammer un navire et de le laisser dériver vers le large grâce au vent. Ce principe est une tactique offensive qu'on utilise lors d'une bataille maritime quand une ville est assiégée. (*) On laisse dériver le bateau enflammé vers les navires ennemis qui tirent à courte portée.

Derek trouva du liquide inflammable sur le bateau et commença à en asperger un peu partout, pendant qu'Eänwen et Astaldo s'attardaient à produire du feu avec des galets. Les autres eux prirent quelques minutes pour s'assurer que le navire était bien vide et aidèrent Derek à rependre le liquide visqueux.

- Donne-moi une branche, dit Astaldo à sa sœur en s'acharnant sur les deux galets. Je crois que j'ai trouvé la bonne méthode.

- Plus vite que ça! Ricana-t-elle en le brandissant quelques morceaux de bois secs. Même un oliphant serait meilleur que toi avec ses grosses pattes.

- Ben oui continue à rire de moi… Pendant ce temps-là, moi je m'acharne à faire du maudit feu pendant que mademoiselle rit de ma gueule!

- Ahhh pas la peine d'être si vulgaire!

Tout d'un coup, une petite flamme s'éleva du morceau de bois.

- OUI! Je l'ai eu. Alors, c'est qui le meilleur hein?!

- Ben oui c'est toi, dit Eänwen sans l'ombre d'admiration. Allez, enflamme mon bâton.

D'un pas léger, ils marchèrent doucement vers le navire, la main devant leur flamme pour empêcher le vent de l'éteindre. Le navire commençait déjà à avancer grâce aux voiles détachées, mais les cordes attachées au quai se tordaient pour l'empêcher d'aller plus loin.

D'un geste synchronisé, ils abaissèrent leur flamme vers le tracé du liquide et il s'enflamma. Aussitôt, on coupa les cordes qui rattachaient le quai à l'embarcation. Une traînée de feu s'éleva et commença à brûler tout sur son chemin. De la vigie au bas de cave, de la proue à la poupe, rien n'était laissé au hasard. Le navire commençait déjà à dériver vers le large, éclairant l'ombre.

Déjà, des habitants du village d'à côté commençaient à remarquer le cirque des étrangers. D'un regard inquiet, les villageois sortaient de chez eux pour regarder le nef et son équipage, se demandant ce qu'ils faisaient là.

- Partons, déclara Eänwen en détachant son regard de la mer. Nous avons déjà attiré assez d'attention.

Les chevaliers en manteau noir étaient maintenant tous sur leur cheval respectif, chacun ayant une part de baguages à transporter.

- Quand nous passerons à côté du village, ne vous retournez pas, ne leur lancer aucun regard, ordonna la jeune femme d'une voix forte en s'adressant aux hommes. Nous allons voyager quelques heures jusqu'à temps que la Lune soit haute dans le ciel. Après nous nous reposerons quelque part dans les collines vertes du Gondor. Allons-y!

D'un cri, Rahom se cambra et parti au grand gallot, suivit de ses congénères. À vive allure, ils passèrent comme des flèches à côté des habitants du village. Tout ce qu'ils virent, fut des cavaliers à capuchon noirs passés devant eux, laissant derrière eux qu'une traînée de poussières et des bruits des sabots qui s'évanouirent très vite dans la nuit.

Plus loin, Mosta se risqua de lancer un coup d'œil furtif derrière lui quand ils furent sur le haut d'une colline. La nuit était belle, la lune se jouait sur les flots, le navire de lumière voguait doucement au gré d'une brise légère, laissant derrière lui une fumée dense et qui ne serait bientôt que poussière.


Deux jours s'étaient écoulés depuis leur départ du port à cheval. Ered Nimrais, communément appelé les Montagnes Blanches, se rapprochait des cavaliers d'heures en heures. La troupe s'arrêtait seulement 2 fois par jour, à l'heure du midi et quand la nuit tombait. Eänwen se tenait toujours droite comme un i sur le dos de son destrier qui brûlait des distances à grands pas, infatigable. Ses yeux gris perçants ressortaient de sous l'ombre de son capuchon qui cachait son visage fin et sauvage. Sa cape claquait au vent derrière elle, son cœur battait au rythme de l'espoir d'arriver à son but. Rien ne pourrait jamais l'arrêter.

Au soir du deuxième jour, les Montagnes Blanches se dressèrent dans toute leur splendeur devant eux. Ses pics habillés d'un manteau de neige brisaient les nuages, quelques arbres recouvraient son flanc et à la lisière du sol, ses panneaux imposants de roc blancs vantaient le nom de la montagne.

Au soir du deuxième jour, remontant le fleuve Morthond par le nord, la troupe arriva finalement à Val d'Erech. En suivant les indications des écrits de son père, la jeune elfe trouva « Le chemin des morts ».

- Nous y voici, dit-elle en rangeant le journal dans son sac. Ce soir, nous allons camper ici, à l'embouchure du chemin. Nous le traverserons demain à l'aube, pour finalement en sortir en fin de journée. Je ne veux personne qui s'en approche avant, compris?

Elle reçut une réponse affirmative.

- Bien, dit Astaldo en prenant la parole. Je veux qu'un groupe s'occupe du feu et du souper, pendant que l'autre groupe, Eänwen et moi , nous nous occuperons des chevaux.

Personne ne protesta et le groupe se fendit en deux, chaque membre habitué à ces occupations quotidiennes qu'ils avaient depuis quelques jours.

La jeune elfe prit Rahom et un autre cheval par la bride et les emmena boire à la source du fleuve. Les chevaux, assoiffés et fatigués de leur journée, burent et se reposèrent tranquillement. Eänwen elle se coucha sur l'herbe en regardant le ciel. Il était si étoilé, que c'était comme si une main avait saupoudré le firmament de poussières lumineuses. Presque chaque espace noir était occupé par un petit point blanc, dont un étant plus grosse que les autres : la Lune. Eänwen resta là, étendue, époustouflée par le spectacle que les astres lui offraient nuit après nuit.

Elle entendue les pas d'Astaldo approchés, et se releva sur ses coudes pour le voir arriver.

- Nous avons un problème, dit-il en s'arrêtant debout devant elle.

- Quoi?

- Les hommes sont affolés. Derek m'a rapporté que Miras aurait vu une forme verte passée au loin dans le chemin de la montagne. Bien sûr, tu le connais, il a pris peur et l'a dit aux autres, mais personne ne l'a vu sauf lui. Tout le monde pense que ce serait à cause de la fatigue, mais au fond de leur tête, ils sont inquiets : « Chemin des Morts », ce n'est pas pour rien que ça se nomme ainsi. T'as une idée de ce que ça peut être?

- Peut-être.

- Ils pensent que c'est des fantômes Eänwen! Dis-moi que ce n'est pas vrai!

- J'en sais rien honnêtement, dit-elle en haussant les épaules. Comme je te l'ai dit, tout ce que dit père dans son journal, c'est de ne pas s'éloigner de la route principale, sous aucun prétexte.

- Hum…

- De toute façon, je ne crois pas aux fantômes; en tout cas, jusqu'à tant que j'en croise un, ajouta-t-elle avec un sourire. En plus, on va traverser le chemin en plein jour. T'as déjà vu un fantôme pendant la journée? Ça doit être beaucoup moins épeurant que pendant la nuit.

- Oui, mais tout de même, mes hommes sont effrayés et le doute s'est installé dans leur esprit.

- Tu crois qu'ils vont nous suivre? demanda-t-elle

- Oui, je ne doute pas de leur loyauté. Mais j'ai tout de même peur que leur courage flanche…

- Ouais. Je comprends.

D'un coup, il tourna la tête en humant l'air.

- Mmmmmmm. Tu sens? Demanda-t-il pour changer de sujet.

- Quoi? Fit-elle en relevant la tête

- De la soupe aux légumes! Ça fait une éternité qu'on n'en a pas mangé!

Sur ce, il aida sa sœur à se relever et marchèrent ensemble vers le feu. Les hommes étaient déjà assis en rond autour du feu, qui au-dessous cuisait un chaudron de soupe. Une niche de pain circulait de main en main. Eänwen et son frère se servirent et s'assirent ensemble, aux côtés de Derek et Mosta.

Le souper se déroula dans le calme et animé par plusieurs discussions. Personne ne parla de ce que Miras avait vu plus tôt dans la soirée, mais ce dernier était pourtant très silencieux.

Cet instant de la journée était souvent très apprécié des cavaliers, puisque c'était le seul moment où tous les voyageurs étaient rassemblés. Ils parlaient, racontant des instants marquants de la journée, des histoires ou même chantaient quand certaines occasions étaient à l'honneur. Ils se rappelaient certaines périodes de leur passé en Haradwaith, leur enfance… Des débats et des conversations philosophiques animaient aussi des soirées comme celle-ci. Mais comme vous pourrez vous en douter, il y avait aussi des blagues d'hommes; surtout sur le fait qu'Eänwen était la seule fille du groupe. Cela menait souvent à des échanges assez… étranges?

Mais ça ne dérangeait pour le moins du monde la jeune femme, elle s'en attendait. De quoi faudrait-il s'attendre d'autre d'une bande d'hommes rassemblés ensemble?

- Alors, Eänwen, on dirait que tu partages le pouvoir avec ton frère, s'enquit Kuilo. Tu dois avoir une bonne dose de testostérone là-dessous…

Kuilo était un bonhomme grand et très axé sur sa musculation; étant la première chose qui nous sautait aux yeux quand on le voyait. Il était réputé pour ses combats à l'épée et son sens de l'humour penchant sur le sexiste.

- Moi? Tu me prends pour qui, un homme? Rétorqua-t-elle. Laisse-moi rire, si tu appelles ça de la testostérone dans un corps de fille qui prétend prendre le pouvoir, toi tu ne dois pas en avoir tant que ça hein Kuilo!!?? T'es bien un homme hein, rassure-moi?

- Ohhhhhhhh, s'écria Derek en riant. Elle t'a bien eu là mon cher.

- Je n'aurais aucune gêne à te le montrer, continua l'homme concerné en se levant sur ses pieds. T'as juste à jeter un coup d'œil à ça!

Il point d'un geste vif la partie inférieure de son ventre.

- Non merci, je ne voudrais pas être traumatisée à vie, rit-elle en mimant de se cacher les yeux. En plus, ça ne t'avantagerait pas, tu ferais monter l'estime de chacun des hommes assis autour de ce feu même!

- Tu ne sais pas de quoi tu parles la petite.

- La petite? Demanda-t-elle en s'approchant de lui. Tu veux qu'elle te montre de quoi elle se chauffe la petite?

Elle commença à lui donner des petits coups inoffensifs sur les épaules.

- C'est tout dont ce que tu es capable de faire? Demanda-t-il en lui emprisonnant les poings.

- Ohhhh non, j'ai plusieurs tours dans mon sac, dit-elle avec un sourire mesquin aux lèvres.

D'un coup vif, elle leva son genou avec énergie et le planta directement entre les deux jambes de Kuilo. Ce fut instantané. Il lâcha les mains d'Eänwen et tomba à terre, plié en deux. Ce fut l'hilarité totale dans le groupe, Astaldo riait aux larmes. C'était très drôle de voir sa jeune sœur, début vingtaine d'âge physique pesant 120 livres mouillée, mettre à terre Kuilo, l'armoire à glace du groupe.

- Bon d'accord ça suffit! Dit-elle au groupe en se désintéressant complètement de l'homme qui souffrait à terre. On va dormir tout le monde! Il est assez tard et on doit se lever tôt demain matin.

- Derek, tu prendras le premier tour de garde avec moi. Ensuite, ce sera Mosta et Kuilo, dit-il en tournant son regard vers ce dernier toujours K-O sur le sol.

- Bon alors bonne nuit tout le monde! Dit Eänwen. À demain.

Sur ce, elle se dirigea vers l'emplacement où elle avait laissé les chevaux. Rahom était toujours là, broutant l'herbe avec les autres. La jeune femme s'en approcha et lui enleva sa selle et sa bride pour qu'il se mette plus à l'aise. Elle fit de même pour tous les chevaux; c'était sa tâche de soirée qu'elle s'était attribuée elle-même. Les autres n'avaient souvent pas le temps ou la conscience qu'il fallait pour faire cela tous les soirs.

Mais Eänwen elle, elle avait le temps. Étant une elfe, elle n'avait pas besoin de dormir comme les Hommes. C'était pareil pour son frère : les elfes avaient seulement besoin d'entrer dans une espèce de transe, les yeux ouverts même, pour récupérer du sommeil et l'énergie perdue. Pour sa part elle, elle se couchait sur le sol et regardait le firmament, un spectacle dont elle ne se lasserait jamais.


Le Soleil se pointa enfin le bout du nez au matin. La brume pesait sur la terre, les faibles rayons de lumières créaient une fine rosée sur les plants et dans le ciel, des nuages fins s'effilochaient dans le bleu encore profond du ciel.

L'aube. Le début d'une nouvelle aventure, d'une nouvelle journée.

Eänwen se leva, fraîche comme une rose et se chargea d'aller réveiller les autres. En chemin, elle constata qu'Astaldo lui, était assis sur le sol à côté du feu qu'il s'était chargé de tenir vivant toute la nuit.

- Bon matin, lui dit-il sans lever son regard du feu.

- Bon matin. Où sont Mosta et Kuilo?

- Mosta est parti chercher du bois pour le feu, et Kuilo lui s'est endormi après 1 heure de veille.

- Rappelle-moi de ne jamais faire confiance à Kuilo quand il est question de veiller quelqu'un.

- Pas de problème.

- Je voudrais qu'on prépare déjà notre dîner pour qu'on puisse le manger sur notre cheval, je ne veux pas qu'on aille à traîner dans ces montagnes.

- Pourquoi?

- Je ne sais pas… un pressentiment.

- Tu as peur que quelque chose nous attaque déjà en début de parcourt?

- Non… si on a à craindre de quelque chose, ce sera au cœur de cette montagne. C'est pour cela que nous devons partir au plus vite pour la traverser aujourd'hui. Réveille les autres, ordonna-t-elle sur un ton précipité.

- Comme tu le voudras…

D'un pas rapide, il alla réveiller sans ménagement les soldats un à un qui était éparpillé un peu partout sur la colline.

Pendant ce temps, Mosta arriva avec des morceaux de bois secs sous le bras droit… et deux lapins morts dans la main gauche. Il abordait un grand sourire fier et bombait le torse.

- Ouais ouais je vois que tu nous as apporté quelque chose à manger, remarqua Eänwen.

- Oh que oui, dit-il en les jetant à côté du feu. Je ne pouvais pas passer à côté sans les rapporter. C'est sûr que ce ne sera pas assez pour nourrir tout le monde, mais…

- On va s'y faire, coupa-t-elle. Ça va raviver un peu l'humeur des troupes. Allez, aide-moi à les préparer.

Elle lui brandit un des couteaux et lui lança habilement. Mosta l'attrapa par le manche, s'assit à côté de la jeune femme et l'aida.

Effectivement, le fait d'avoir de la viande sous la dent redonna le sourire aux hommes du désert. C'était leur premier vrai repas depuis quelques jours qui leur donnait de l'énergie pour leur longue randonnée à cheval.

Une heure plus tard, ils avaient terminé de manger et étaient prêts à s'engouffrer dans les Montagnes Blanches. Eänwen fut la dernière à monter sur son cheval et s'adressa au groupe :

- Voici les règles à suivre pour le reste de la journée : premièrement, pour éviter tout problème durant le trajet, nous n'allons pas descendre de notre cheval jusqu'à temps qu'on ait franchit le chemin de la Montagne au complet est-ce clair?

- Oui, répondirent-ils.

- Deuxièmement, je vais mener le cortège et tout le monde doit rester derrière moi. Contrôlez votre cheval et assurez-vous de ne pas prendre un des petits chemins qui vont être sur notre route. Bref, restez sur la voie principale. Clair?

Réponse affirmative.

- Bien. Allons-y, au trot cette fois!

Sur ce, carte en main, elle fit tourner son cheval et s'élança la première sur le chemin, suivit d'Astaldo et des autres soldats, Derek fermait la marche. Tous les yeux étaient levés vers le haut, admirant les hauts panneaux de pierres blanches. Cette voie avait été construite il y a de cela des centaines, voir des milliers d'années par les Hommes. Elle était à l'air libre et étroite, juste assez pour laisser passer la largeur d'un cheval à la fois. Une légère brise soufflait la poussière de roc sur le sol, obligeant quelques fois les cavaliers à se cacher momentanément le visage.

Une fois de temps en temps, une petite voie parsemée de galets s'ouvrait sur un des côtés des panneaux de roc. Un vent froid en sortait, aspirant les étrangers vers ses entrailles. Mais les soldats étaient fermes sur leur bride, et se concentrèrent sur la route principale, suivant la jeune femme en avant.

Les minutes passèrent, les heures passèrent. Un silence de plomb s'était installé parmi les cavaliers, scrutant les alentours attentivement de peur que quelque chose sorte du prochain tournant. Le soleil de midi plongeait aussi cruellement qu'une lance sur sa victime, la chaleur montait d'heure en heure. Des gouttes de sueur perlaient sur les fronts des voyageurs malgré le tissu qu'ils s'étaient mis sur la tête pour se faire de l'ombre. Ce devait être encore pire pour les chevaux qui eux, devaient monter et descendre des chemins sinueux et rocailleux, avec un gros poids sur le dos.

Mais malgré tout, Eänwen refusa d'arrêter. En tant que soldats du Désert, ils avaient appris à supporter les chaleurs et les conditions les plus insoutenables. C'était de même pour les chevaux qui devaient être les plus résistants de toute la Terre du Milieu. Avec cette idée en tête, elle refusa toute demande des soldats et continua d'avancer de l'avant, refusant d'entendre les complaintes sur les conditions qu'ils avaient à subir.

Mais elle se retourna sur elle-même, face au groupe, pendant que son cheval continuait à avancer péniblement. Les têtes de chacun se relevèrent et l'écoutèrent :

- Camarades, ce que nous subissons aujourd'hui est difficile je l'admets, même insoutenables. Moi aussi le goût de sauter de mon cheval est alléchant, de me trouver un coin à l'ombre et de me reposer. Mais ma conscience me rappelle que nous sommes sur un territoire hostile. Je ne crois pas que ces conditions météorologiques soient dues au fonctionnement naturel de la nature. Quelque chose ou quelqu'un en ces terres ne veut pas que nous atteignions notre but, il veut qu'on échoue lamentablement. En nous arrêtant et en prenant une pause, nous lui prouvons que nous n'avons pas de cœur au ventre et que notre volonté est veine. L'est-elle?

- …

- Est-ce que vous croyez qu'elle est vaine?! Répéta-t-elle encore plus fort.

- Non!

- Qu'elle ne vaut pas la peine d'être atteinte pour de bon? Que nous avons parcouru tout ce chemin comme personne d'autre avant pour RIEN?

- Non!

- Alors pourquoi vous lamentez-vous? Nous sommes des Haradrims, seigneurs du Désert. Nous sommes le peuple le plus endurant et le plus persévérant de tout le continent. Personne ne nous arrive à la cheville!

- YAH!

- Chacun d'entre vous a été choisi pour votre courage, vos qualités propres et pour votre loyauté que vous éprouviez envers notre père à Astaldo et moi. Il vous avait fait confiance. Il vous avait confié à vous seul de ce qui se préparait véritablement dans le royaume du Mordor et vous avez cru en cette quête de fuir cet ennemi qui a déjà tissé sa toile d'araignée autour de notre royaume. Vous avez troqué votre famille et vos amis, pour une quête qui semblait suicidaire. Mais vous avez cru malgré tout cru en Thalion. Vous avez adopté sa thèse et vous êtes d'accord avec le fait que le seigneur du Mordor n'est qu'un mercenaire, un fantôme cruel, sans pitié et qu'il considère la vie humaine comme un vulgaire tas d'excréments de Mumakil!

- OUI!

- Alors qu'attendons-nous? Edoras n'attend que nous! Sauron n'a qu'à bien se tenir, de nous craindre! Je vous le promets, vous participerez à sa perte et vous le verrez tomber de sa haute tour d'ici peu!

- OUI! S'écrièrent les soldats, soudainement nourris d'un nouvel espoir.

- Bon allons-y compagnons! Le destin nous attend et nous avons parcouru plus des trois-quarts du chemin, nous ne pouvons nous permettre de nous arrêter maintenant! Courage soldats, nous y sommes presque! Dit-elle en retournant droite sur sa selle.

Des cris de joie se firent entendre derrière elle. Les soldats avaient repris du poil de la bête, jamais Eänwen ne les avait entendus aussi confiant.

- Beau petit discours.

La jeune femme se retourna. Astaldo la regarda, le sourire aux lèvres.

- Merci.

- Tu aurais dû être nommé chef, tu sais, je ne suis pas capable de faire lever les foules comme tu es capable de le faire.

- Tu penses qu'ils auraient accepté de se faire diriger officiellement par une femme? Demanda-t-elle un sourcil arqué. Honnêtement, laisse-moi douter.

- Euhh… bon, je te l'accorde. Sourit-il après un moment d'hésitation.

- Bien.

- Mais il reste que tu as fait une belle harangue. Tu nous as redonné le goût à l'aventure. Et ça, tu le tiens définitivement de Père.

Eänwen ne répondit rien, se contenta de se retourner vers la route, replongeant dans ses souvenirs. Les conversations avaient repris derrière, une nouvelle atmosphère s'installa. Son intervention en avait affecté plus d'un. Elle en était tout de même fière.

Même pendant un instant, elle crut que la chaleur avait diminué…


Plus tard dans la journée, le Soleil ne plombait plus sur leur tête, mais la chaleur était tout de même bien présente, quoique moins pire que plus tôt. Les chevaux étaient toujours aussi fatigués, le sabot lourd et la tête basse. Mais un nouveau vent frais les atteignait à présent. Une brise à peine perceptible, mais bien vivante.

Vers l'heure du souper, à la suite d'un tournant, Eänwen vit la sortit. Une grande fissure s'ouvrait à travers la roche blanche, laissant apparaître les plaines du Rohan. Un vent frais, bien présent cette fois, s'engoufra dans les cheveux de la jeune elfe, les faisant voler dans son dos. Comprenant ce que cela signifiait, Rahom s'excita et hennit joyeusement. Pour Eänwen, une étape venait prendre fin, une autre commença. Un sourire béat s'étira sur ses fines lèvres.

- Hey les gars! Dit-elle aux soldats qui étaient plus loin derrière. Regardez ce que j'ai trouvé!

Sur ce, elle héla son cheval partit au gallot pour enfin se trouver devant les plaines du Rohan, pays Maîtres des chevaux. Suivis de peu par les autres, ces derniers crièrent de joie et d'accomplissement, la partie la plus difficile était à présent derrière eux.

Toutefois, les réactions des soldats furent pour le moins très amusantes. Mosta embrassait déjà l'herbe verte et moelleuse, Kuilo enlevait déjà ses survêtements et parti en courant vers l'étendue d'eau la plus proche pour se rafraichir, imité par quelques autres soldats. Derek dansait et chantait une chanson avec Astaldo, qui était purement et simplement ridicule.

Pour Eänwen elle, elle sauta de sa selle et l'enleva pour que Rahom puisse respirer un peu. Puis elle marcha vers un rocher à l'ombre d'un arbre et s'assit dessus pour regarder l'horizon qui s'offrait à elle.

Une mer de verdure s'étendait partout autour, dominée par quelques collines et pâturages. Le soleil se couchait tranquillement à l'ouest. Le ciel immense, au-dessus d'elle, était vierge de nuages et des bancs d'oiseaux virevoltaient au ras des arbres. Au loin, l'elfe vit un troupeau de chevaux sauvages galoper au rythme du vent. Oui, ils avaient bien affaire avec le Rohan.

Prochaine destination, Edoras.


(*) : Voilà un petit clin d'œil à Élizabeth II : The Golden Age. Un très bon film réaliste qui relate la merveilleuse victoire de la Reine Vierge sur Philippe II d'Espagne (j'inclus là-dedans Rome) et son Invincible Armada en 1588. C'est un film que j'adore, la soundtrack est plus que JOUISSANTE et les acteurs merveilleux. J'adore l'histoire anglaise, rien de moins.

Chemin des morts : Je suis consciente que mon interprétation de sa disposition est un peu ambiguë… ne me tapez pas trop dessus ok? :P