Voilà le chapitre 5, Edoras. Je ne sais pas pourquoi, mais j'aime particulièrement celui-là. Il n'y a rien de spécial, mais tout de même, vous verrez!
On se revoit en bas de la page!
Playlist pour ce chapitre :
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Chapitre 5: Edoras
Grima venait de quitter la cité, sa véritable identité éclatée au grand jour par Gandalf. Sous son masque, il était le pantin de Saroumane et avait été le conseiller du Roi Théoden pendant quelques années, et l'avait amené doucement dans les toiles d'araignées du Magicien Blanc, le soumettant ainsi à la folie et à la volonté de Sauron.
Ses cheveux châtains au vent, le Seigneur de la Marche regarda son ancien conseiller galoper à travers les plaines face à son château qui menaient à Isengard. Un traître, fourbe, perfide.
Le roi Théoden se remémora les derniers mois qu'il avait vécu. Avant aujourd'hui, il se sentait submergé par la noirceur et l'oubli, sans jamais avoir la force de revenir à la surface. Se sentir oppressé à chaque moment, comme si quelque chose pensait à votre place, agissait sans votre consentement. Avoir des visions d'horreurs, sans jamais pouvoir détourner le regard ou fermer les yeux. Durant tout ce temps, le roi Théoden fut obligé de vivre dans un continuel cauchemar, sans pouvoir se réveiller par lui-même.
Mais aujourd'hui dans son rêve éveillé, il vit qu'on lui tendait la main. Un vieillard à la longue barbe blanche le regardait avec un regard sincère et souriant, l'invitant à se lever de son trône. Il voulu tendre la main pour mettre sa main dans la sienne, mais une force invisible l'en empêchait. Mais le vieillard devant lui émana soudainement d'une lumière intense qui attira le regard du Seigneur de la Marche, étant fasciné. Tel une vague, il sentit une nouvelle force se libérer en lui, un espoir naissant. Sans hésitation, il étendit doucement son bras droit et mit sa main dans celle du vieillard. Et puis, tranquillement, il sentit ses forces revenir, ses muscles se raffermir, la peau de son corps se tendait. Finalement, le voile magique qui lui cachait la réalité des yeux lui fit enlever et se retrouva assit sur son trône, Eowyn à ses côtés qui le soutenait. Il leva les yeux vers elle, essayant de la reconnaître et lui sourit, un geste qu'il n'avait pas fait depuis longtemps.
Son cauchemar était terminé. Maintenant que Gandalf l'en avait fait échapper, il pouvait enfin respirer et vivre librement. Le roi pouvait enfin entendre le chant des oiseaux, le bruit des sabots sur l'herbe, le vent sifflé dans les arbres, le rire des enfants. Tous ces sons si subtiles et sans importance évidente mais, qui enrichit tellement une vie.
- Roi Théoden? Demanda Aragorn en mettant sa main sur son épaule. Vous vous sentez bien?
Le Seigneur de la Marche cligna des yeux, revenant à la réalité. Il était toujours au même endroit, sur la plate-forme de pierre en face de son château, son regard perdu dans la plaine. Il revint vers le rôdeur.
- Oui oui bien sûr, sourit-Théoden. Je ne me suis jamais senti aussi bien depuis de longues lunes mon ami.
Il marqua un silence.
- Je voudrais bénir le ciel qu'Edoras ait été sur votre chemin, dit-il aux quatre compagnons. Jamais je ne m'en serais sortit sans vous, surtout vous Gandalf. Je vous ai vu dans ma tête et vous m'avez libérer de ce mauvais rêve. Merci.
- Cela me fait plaisir mon cher ami, sourit Gandalf en le prenant par les épaules. Mais passons les remerciements, nous avons beaucoup à parler. Nous entrons en guerre monseigneur.
- Hum….
- Contre Sauron et Isengard, renchérit le magicien blanc. Les orques parcourent librement vos terres, semant la terreur et la mort sur leur passage. Ils épargnent rien ni personne.
- Pourrions-nous en parler dans un endroit plus calme? dit Théoden qui ressemblait plus à un ordre qu'une demande. Je ne voudrais pas alarmer mes citoyens.
Gandalf jeta un coup d'œil autour d'eux. Les paysans avaient commencé à se rassembler au bas des escaliers, écoutant leur roi.
- Bien sûr, fit Gandalf.
- Allons à l'intérieur, nous serons plus tranquilles.
Accompagnés d'Aragorn, Legolas et Gimli, ils se dirigèrent vers les grandes portes de bois et les soldats leur ouvrirent le portail.
Mais tout à coup, un son puissant et perçant résonna dans la cité avant qu'ils n'aient franchi les portes du couloir doré. Le son d'un cor étranger, un long cri aigu et sournois, qui coupa net toutes les conversations. Tous s'échangèrent des regards pendant un instant, se demandant d'où cela pouvait provenir.
Un soldat tentait de se frayer un chemin parmi les paysans présents de la foule qui venaient d'assister à la scène du roi.
- Mon Roi! Demanda-t-il en continuant de faire son chemin à coups de coude. Roi Théoden?
Le seigneur se retourna et revint sur la plate-forme de pierre. Le soldat avait rejoint les escaliers.
- Qui a-t-il mon brave homme?
- Mon…. Seigneur… parvint-il à articuler à bout de souffle. Des cavaliers… noirs… Une dizaine…
- Où? Où?
- Par la… porte nord Monseigneur.
- Mène moi-y mon brave. Et vous quatre, ajouta-t-il en désignant les nouveaux arrivants. Venez avec moi.
Précipitée, la communauté de l'Anneau le suivit. Les villageois les laissèrent passés, s'inclinant à nouveau devant leur roi. Les hommes descendirent le chemin en pente qui menait vers la porte au Nord. Ils passèrent à travers les quartiers, coupant à travers les pâtés de maisons. Les habitants, vaquant à leur occupation, les regardèrent passer avec un regard vide.
Théoden, Aragorn, Gandalf, Legolas et Gimli atteignirent le mur de protection d'Edoras, suivis par quelques paysans curieux. Ils montèrent les escaliers de pierre usés par le temps et les intempéries, et s'accotèrent sur le rempart, scrutant les cavaliers noirs. Les nouveaux venus s'étaient arrêtés à environ deux cents mètres de la muraille, attendant la réaction des Rohirrim.
- Ils sont douze, déclara Legolas.
- Des Nazgul? S'enquit Gimli qui était perché sur un banc.
- Non maître nain, les Nazgul sont neuf, rappela l'elfe.
- Mais cela pourrait être un leurre, continua Gandalf sur l'idée de Gimli. En temps de guerre, nous pouvons nous fier sur rien.
- Mais dois-je rappeler que les cavaliers noirs de Sauron n'attendent pas aux portes de leur ennemi, attendant qu'elles leur soient ouvertes? Dit Aragorn.
- Bon point.
- Si au moins ils enlevaient leur capuchon, notre idée pourrait être vite faite, dit Legolas. Je ne peux même pas les entendre, aucun murmure ne sort de leurs lèvres.
- Regardez! S'écria un soldat. Ils lèvent un étendard.
- Bon enfin, on dirait qu'ils ont compris notre désarroi, dit Gimli avec un sourire.
Un des cavaliers avait levé au bout de ses bras un drapeau accroché autour un bâton. Le morceau de tissu rouge abordait sur lui un serpent noir, claquant au vent.
- Avez-vous déjà vu cet étendard Gandalf? Demanda Théoden
- Nous le saurons bien assez tôt, regardez.
Un des cavaliers se détacha du groupe et fit avancer lentement son cheval. Il s'arrêta et enleva son capuchon et détacha sa cape qu'il garda sur ses jambes. Dévoilant ainsi son visage au grand jour, tous les hommes du Rohan purent le regarder. Ses yeux perçants balayèrent le dessus de la muraille, le vent jouait dans ses longs cheveux. Il abordait une fine moustache et sa peau brunie par le Soleil contrastait avec ses habits. L'homme portait des vêtements écarlates et dorés, un collier pendant à son cou. Un cimeterre était accroché à sa ceinture et un arc entourait son torse.
- Ils viennent du Sud, déclara Legolas. De l'extrême sud à ce que je peux en juger.
- Que veulent-ils? Demanda Gimli.
- À ce qu'il semble, je crois qu'ils veulent… parler, jugea Gandalf.
- Je vais y aller, décida Aragorn.
- Qu'il en soit ainsi, dit le magicien blanc. Mais, je viens avec vous. Théoden, y avez-vous une quelconque objection?
- Non, allez-y.
Gandalf et Aragorn échangèrent un regard et descendirent ensemble les marches qui menaient aux portes.
- Archers! Préparez-vous à l'offensive si quelque chose se passe de travers! Ordonna Théoden.
- Tu penses vraiment qu'ils vont tenter quelque chose? Demanda discrètement Gimli à Legolas.
- Non… dit-il après un moment de réflexion. Je ne crois pas qu'ils cherchent à faire du trouble.
- On va être vite décidé, regarde. Dit-il en pointant en bas de la muraille.
Sous un crissement de bois, les portes s'ouvrirent pour laisser passer Gandalf et Aragorn, chacun sur leur cheval. Le portail se referma derrière eux. Les deux compagnons galopèrent jusqu'à l'homme du Sud qui les attendait, une centaine de mètres plus loin. Il se tenait droit comme un i sur le dos de son cheval, son regard analysant les deux hommes.
- Bonjour, commença le magicien. Je me nomme Gandalf le Blanc et voici Aragorn fils d'Arathorn. Vous êtes ici sur les terres du Rohan, et par conséquent sur celles de Théoden le Roi. Que voulez-vous?
- Je suis Mosta, fils de Raklin. Nous avons fait un long chemin depuis la province d'Haradwaith et nous demandons hospice en ces lieux. Mon commandant pense que nous avons des objectifs en commun et m'a demandé de vous faire ce message. Il vous expliquera à vous et à votre seigneur, le reste de notre histoire en lieux clos.
- Qu'il en soit ainsi, accorda Gandalf avec son éternelle politesse. Je vais aller en discuter avec le roi lui-même qui en décidera. Si votre faveur est accordée, nous allons vous ouvrir les portes. Sinon, il vous sera demandé de passer votre chemin et de quitter ces terres.
- Bien sûr, dit Mosta en inclinant un peu la tête.
- Aragorn? Vous venez?
Le Rodeur lui, n'avait pas lâché des yeux les autres cavaliers, toujours cachés sous leur capuchon. Rien de cela ne lui inspirait confiance, pourquoi se cachaient-ils?
- Aragorn?
- Oui, allons-y. dit-il en talonnant se cheval vers Edoras, suivit de près par Gandalf.
Pour Mosta, il rabattit son capuchon sur son visage, retourna vers les siens et ils se rassemblèrent autour de lui, parlant à voix basse.
Les grandes portes s'ouvrirent pour laisser passer les deux cavaliers. Théoden, Legolas et Gimli les attendaient sur le seuil.
- Alors? Demanda Thédoen. Ce fut court.
- Ils veulent hospice. Dit Gandalf en débarquant lestement de Gripoil. Ils ont fait un long voyage depuis Haradwaith et disent qu'ils ont un objectif commun avec nous.
- Vous pensez que…?
- Non. Trancha Aragorn qui n'avait pas parlé depuis l'échange avec Mosta. Haradwaith est reconnu pour être une province au service de Sauron. Comment pouvons-nous leur faire confiance? Ils pourraient nous attaquer directement à l'intérieur des murs.
- Comment une dizaine de cavaliers pourrait prendre d'assaut Edoras et en sortir vainqueur? S'enquit Théoden. C'est impossible.
- Nous ne pouvons pas prendre des chances de sacrifier des vies! Continua Aragorn.
- Je crois que ça vaudrait la peine de prendre une chance. Dit Gandalf.
- Mais…
- Peut-être même qu'ils pourraient nous apprendre des choses sur l'ennemi! Ajouta Gimli.
- Bon, c'est décidé. OUVREZ LES PORTES! Ordonna Théoden malgré les protestations d'Aragorn.
Les douze cavaliers, toujours cachés sous leur habit, montèrent côte à côte les escaliers qui menaient au château. Le vent des hauteurs claquait sur leur longue cape noire, dévoilant leurs bottes sales et couvertes de poussières. À chaque côté de la plate-forme de pierre, l'étendard vert du Rohan flottait gracieusement au rythme de la brise. Le toit du bâtiment était fait en or, brillant de mille feux sous les rayons du Soleil. Trois grandes arches s'imposaient avant les portes du château, où étaient abrités des soldats. Un d'eux s'approcha.
- Vous ne pouvez vous présentez ainsi armé devant le roi. Laissez vos armes à l'entrée. Dit-il en pointant à sa gauche.
Dans le silence, les hommes du désert sortirent épée, sabres, cimeterres, longs poignards, arcs, carquois et les déposèrent à l'endroit indiqué.
- Tendez les bras comme une croix, nous allons vous fouiller.
Sans protestation, ils exécutèrent d'un geste synchronisé l'ordre et se laissèrent fouiller. Les soldats passèrent leur main le long du corps de chacun des voyageurs, pour voir s'ils ne dissimulaient pas une arme quelconque. Après examen, aucune arme n'avait été trouvée.
- Bon, vous pouvez passer. Dit l'homme en s'écartant de l'entrée.
Les portes s'ouvrirent, laissant passage aux étrangers du sud.
Ils entrèrent dans la salle d'un pas assuré et sans peur. D'un regard discret, ils analysèrent la salle. Formant un large couloir, de longues colonnes décorées d'or se tenaient devant eux. De chaque côté de la salle, une quarantaine d'hommes armés les toisaient, surveillant chacun de leurs gestes d'un œil attentif. Le roi Théoden était assis sur son trône, entouré de plusieurs hommes de différents âges et race. Mosta reconnut Gandalf et Aragorn, qui était plus méfiant que jamais. À leurs côtés, un elfe blond et un nain les regardaient avec une aussi grande attention.
À la tête du groupe des Haradrims, Astaldo menait le cortège. Toujours masqués, ils s'arrêtèrent à une distance raisonnable du roi et s'inclinèrent bien bas.
- Merci de nous accueillir dans votre demeure monseigneur Théoden, commença Astaldo en relevant juste un peu son capuchon, dévoilant ainsi seulement son visage.
- Il m'en fait plaisir. Mais sachez que mon jugement n'est pas encore définitif, pour raison que je ne connais pas vos véritables intentions en ces murs.
- Il va de soi, accorda-t-il. Pour commencer mon nom est Astaldo, commandant de ce cortège d'Haradwaith. Nous avons fait un long chemin pour parvenir jusqu'ici.
- Évidemment.
- Nous avons franchi mer, plaines et montagne pour nous rendre jusqu'à vous. J'espère que nos espoirs sont bien accueillis malgré toutes ces précautions, dit-il en jetant un coup d'œil aux hommes armés comme des requins derrière eux.
- Mais pourquoi restez-vous cachés derrière vos habits?
- Tout simplement parce que nous savons que plus nous allons vers le Nord, plus les Haradrims sont mal vus, surtout par le Gondor.
- Racontez-nous votre épopée mon cher, demanda Gandalf qui était intéressé par les hommes du Sud.
- Je ne crois pas que ce soit à moi de vous conter notre histoire, dit Astaldo avec un sourire que Gandalf ne manqua pas. Je ne suis pas un bon conteur.
Il se retourna vers ses hommes.
- Compagnons, dévoilez votre visage! Dit-il.
D'un geste encore synchronisé, ils relevèrent leur capuchon, éclatant leur identité au grand jour. Chacune était différente, mais se ressemblait en même temps. Ils avaient tous des cheveux noirs longs ou courts, leur teint bruni par le Soleil trahissait leur origine. Certains étaient tatoués sur les rebords du visage, d'autres sur les bras, d'autres pas du tout. Ils avaient les mêmes traits sauvages : avides d'aventures et de combats. Mais sur le plan physique, Astaldo se distinguant des autres.
- Vous êtes un elfe? Demanda Legolas, qui avait remarqué en premier les oreilles pointues du commandant.
- En fait, je suis un semi-elfe. Je tiens de mon père.
- Mais comment est-ce possible…? Un elfe en Haradwaith? Demandant Gandalf piqué par la curiosité et l'étonnement complet.
- Voilà où commence notre histoire que je vous disais tout à l'heure. Mais je ne suis pas la bonne personne pour vous la raconter.
Il se retourna vers le centre du groupe.
- Eänwen chère sœur? Sors s'il te plait.
Caché depuis le début au milieu des autres soldats, les hommes du désert défirent leur formation et la laissèrent passer. Sortie de l'ombre, elle s'avança vers son frère, le regard dur.
- Je vais la laisser se présenter elle-même. C'est elle qui nous a menés jusqu'ici si je peux me permettre de rajouter.
Eänwen retourna vivement son regard vers son Astaldo, commentaire complètement inutile.
- Je vous salue roi Théoden du Rohan, commença-t-elle en détournant son regard vers lui. Bien le bonjour messeigneurs.
- Bonjour dame Eänwen, salua le roi. Comme je peux le remarquer, vous êtes une elfe aussi, à en juger par vos traits.
- Oui monseigneur.
- Et votre frère ici présent dit que vous avez une histoire à nous conter, votre histoire en fait.
- Oui monseigneur, répéta-t-elle.
- Cela va-t-il être pertinent au fait que nous voulons savoir ce que vous faites ici? Demanda plus froidement Aragorn.
- Mais bien sûr, continua Eänwen avec un calme légendaire.
- Alors, allez-y ma chère, nous vous écoutons.
- Et bien. Commençons par le début. Je me nomme Eänwen, fille de Thalion d'Haradwaith, autrefois d'Erliador.
- Quoi?! Comment avez-vous dit? S'étonna Gandalf en se levant de son siège d'un bon. Vous avez bien dit Thalion?
- Oui monseigneur.
- Qui est cet homme Gandalf? S'enquit Théoden.
Le magicien blanc baissa les yeux, essayant de revenir au plus profond de ses souvenirs.
- Un elfe, un grand elfe. Je ne l'ai jamais côtoyé personnellement, mais Elrond m'en a quelques fois parlé. Thalion allait et venait, ne disant jamais d'où il venait et où il allait. Je ne sais pas quel âge il avait, mais j'ai eu la confirmation qu'il avait combattu avec Elrond lors de la bataille où Sauron tomba et qu'Isildur s'empara de l'Anneau Unique.
- Si vieux que ça? Demanda Gimli.
- Oui. Il était d'une grande sagesse et il voyageait beaucoup à l'époque que je l'ai connu.
- Mais j'ai le malheur de vous apprendre Gandalf qu'il est décédé, interrompit la jeune femme. Il y a de cela à peine plus d'une semaine.
- Cela m'attriste en effet.
- Moi aussi j'en fus attristée, confit Eänwen. Ce fut mon père. J'ai été élevée par lui durant toute mon enfance, les femmes n'étant pas acceptées dans les institutions dans mon pays. Il m'a tout enseigné et m'a laissé ses journaux de voyage que j'ai lu assidument durant ma vie. Mes ancêtres viennent d'un âge oublié. Ils venaient ni de la Lothorien, ni de la Forêt noire.
Legolas arqua un sourcil.
- Ils venaient de Forlindon dans la province d'Erliador, au-delà des montagnes. C'est là que mon père est né, à côté des Havres Gris. Lors de la Grande Guerre, ils furent massacrés et ont du fuirent partout en Terre du Milieu. Mon père lui, est parti seul par le Golf de Lune, et a longé la côte est de la Terre du Milieu, passant ainsi par le Rohan, le Gondor, la Baie de Belfalas; pour finalement arriver en Haradwaith.
- Pourquoi l'Haradwaith? Demanda Gandalf.
- Je crois que ce fut un pays qui l'attirait. Durant des années, il allait et venait, voyageant partout en Terre du Milieu. Quand il séjournait en Haradwaith, il prenait par aux campagnes militaires, partageant ainsi son savoir. Mais il ne cherchait jamais à monter en grade, voulant rester discret. Puis, il rencontra ma mère, une simple haraddrim. Il l'épousa et ils eurent Astaldo et moi. À partir de ce moment, il n'a plus jamais quitté le pays. Mais je sais qu'il correspondait avec certaines personnes de la Terre du Milieu. Des fois, on a même eu des chances de recevoir la visite de certains d'entre eux, mais je ne me rappelle pas de leur nom.
- Quel âge avez-vous, mademoiselle? Demanda Legolas, tout d'un coup intrigué par la jeune femme.
- J'ai 110 ans, mon frère en a 115.
- Les Haradrims de votre pays ne se posaient pas de question sur le fait que vous gardiez l'apparence de gens dans la vingtaine?
- Oui et non. Ils savaient que notre père était spécial en quelque sorte et il était très respecté des autorités. Alors, ils faisaient comme si rien n'était.
- Et votre père lui? Son âge?
- Honnêtement, je n'en ai aucune idée. Il ne l'a jamais écrit, jamais mentionné. Mais comme Gandalf l'a dit, il a participé à la Première Guerre de l'Anneau, alors, faites le calcul.
Elle marqua un silence.
- Sur son lit de mort, il a dévoilé à Astaldo et moi notre véritable vérité. Une mission. Il nous a confié les véritables desseins de Sauron, son ultime but. Il nous a parlé de l'Anneau, qu'il était de retour.
- Évidemment! S'écria Gimli qui s'était allumé une pipe.
- Étant au courant des campagnes militaires de notre pays, il savait que Sauron recrutait parmi nos soldats et qu'il contrôlait nos lieutenants. Les Haradrims allaient combattre aux côtés du Seigneur des ténèbres, et mon père le savait. Il ne pouvait supporter cette vérité. Sachant que trop bien ce que Sauron voulait vraiment, c'est-à-dire nous utiliser pour le défendre durant la guerre et ensuite nous planter le poignard dans le dos, mon père Thalion a monté un plan.
- Un plan?
- Un plan d'évasion. Il voulait nous amener loin de ce suicide. Mais il tomba au combat avant. Alors, nous avons pris une partie de son cortège d'hommes et avons pris les choses en main.
- Ce qui veut dire? Demanda Gandalf. Vous ne pouviez pas partir comme ça tout bonnement n'est pas?
- Non… confirma Eänwen. L'acte de fuir durant une guerre, pour n'importe quelles raisons, signifie que nous sommes déserteurs. Alors, il fallait faire vite. Astaldo et moi avons réuni dix de nos plus valeureux et braves soldats et nous sommes partis durant la nuit. Nous avons traversé la Baie de Belfalas, et nous avons amarré dans la province d'Anfalas au Gondor. Nous avons voyagé vers le Nord, suivi la rivière Lefnui, traversé entre les Montagnes de Druwaith Iaur et les Montagnes Blanches.
Quelques hommes du Désert se retournèrent discrètement vers elle, réalisant le petit mensonge qu'elle leur racontait. La jeune femme venait de leur cacher leur petit épisode au cœur du Chemin des Morts. Mais aucun d'entre eux ne laissèrent transparaître leur étonnement. Eänwen était pleinement consciente de ce qu'elle faisait : elle ne voulait pas leur révéler véritablement par où ils étaient passés puisque ce fut un secret bien gardé par son père durant plusieurs années. Ce n'était certainement pas pour rien qu'il avait gardé le secret durant si longtemps. De plus, elle ne savait même pas si Théoden allait les accepter dans son royaume, alors pourquoi leur révéler un si précieux secret?
- Nous avons chevauché par la Trouée du Rohan en longeant la Montagne, ne voyageant que de nuit jusqu'à Edoras, continua Eänwen.
- Par la trouée du Rohan? Vous n'avez pas rencontré d'orques?
- Oui, nous en avons rencontré, improvisa-t-elle sans le faire voir des Hommes. Mais on a été chanceux, ils n'étaient pas très brillants. Nous les avons dépassés à cheval et après quelques minutes, ils étaient loin derrière nous.
- Pourquoi Edoras? Demanda Théoden soudainement. Vous auriez pu aller à Minas Tirith?
- Mon père ne faisait pas confiance aux Intendants du Gondor, surtout depuis que la lignée des Rois s'est éteinte.
Aragorn eut un sourire subtil.
- Aussi, c'est parce que vous, Theoden fils de Thengel, votre grand-père connaissait mon père, et ils étaient de bons amis. Alors, c'est pour cela qu'il nous a recommandé de trouver refuge ici.
Le roi hocha la tête, le regard fixé sur Eänwen. Il semblait réfléchir.
- Et bien ma chère, dit-il en prenant son menton dans sa main. Vous m'avez convaincue. Votre histoire semble véridique et honorable, il n'y a aucune raison pourquoi je ne vous laisserai pas habitez mon royaume.
Eänwen sourit, elle avait enfin réussi. Les larmes aux yeux, elle articula :
- Merci monseigneur. Vous ne savez pas ce que cela représente pour moi et mes compagnons.
- Il me fait plaisir d'accueillir en mes murs un peuple comme le vôtre. Nous allons fêter ce soir votre arrivée en grand, qu'en dites-vous mes amis?
La quarantaine d'hommes postés à chaque côté de la salle, qui avaient écouté au complet le récit d'Eänwen, se réjouirent de la nouvelle et accueillir les nouveaux venus comme de bons vieux amis. Les Haradrims purent enfin se détendre un peu et délaisser leur attitude sévère et militaire, pour enfin être eux - même. La foule se mélangeait, les voix s'élevèrent, les rires éclatèrent. Une amitié entre les Rohirrim et les Haradrims commença à germer tout doucement, telle une fleur au printemps.
Et voilà… Encore une fois, AYEZ PITIÉ D'UNE PAUVRE AUTEURE QUI TRAVAILLE FORT!
