Salut à vous! Voilà enfin le chapitre 8.

Il n'y a pas trop d'action dans celui là, c'est plutôt un chapitre de transition qui annonce le prochain qui est plutôt mouvementé! Mouahahah je vais m'amuser! :)

Pour ce qui est du Chapitre 8, il n'est pas très long je sais, mais c'est parce que je l'ai coupé en deux pour pouvoir faire deux chapitres moyens à la place juste 1 gros super chargé...

La suite est à voir dans le chapitre 9!

Alors je vous souhaite une bonne lecture, et on se voit en bas de la page!

Disclamer: Je suis présentement dans des démarches pour obtenir les droits de Tolkien, mais en attendant, juste Eänwen, Astaldo et les cavaliers Haraddrims sont à moi merci :)

Musique utilisée:

- Avatar (par James Horner) et

- The Chronicles of Narnia (Harry Gregson-Williams)

Merci à:

- Tweetounette: Merci de tes encouragements, j'ai bien aimé ta review. Elle m'a donné un bon bootts pour m'aider à continuer.

- Lisa: HAHA oui moi aussi ça fait longtemps que j'ai succombé aux charmes de ce bel elfe... Merci :)

- ButterfliesInstead: Ahah moi aussi j'aimerais en avoir plus de reviews... quel auteur n'aimerait pas hein? ;) Et aussi, en lisant d'autres fanfic, je me suis vraiment rendue compte que juste PERSONNE n'en parlait des Haraddrims, ce qui est assez triste :(. Malgré qu'il n'y aille pas gros information sur leur cas, ça donne la chance de pouvoir créer notre vraie propre histoire.


Chapitre 8: Vers le Gouffre de Helm

Le soleil passait déjà à l'ouest lors de leur départ d'Edoras. Tandis que sa lumière répandait sur les champs onduleux une brume dorée, les cavaliers restèrent alignés sur le chemin battu qui passait par les contreforts des Montagnes Blanches. Un vent frais fouettait les hautes herbes autour des voyageurs, soulevant vêtements et couvertures qui les protégeaient du froid. Dans le ciel sans nuage, des bancs d'oiseaux volaient, tranchant le vent à coup d'aile. Les animaux sauvages qui obstruaient la voie principale s'écartèrent du chemin, se rangeant sur le côté pour observer d'un œil discret la marre de gens. Les chevaux farouches galopaient joyeusement dans les plaines dorées, ivres de liberté, faisant des jaloux dans les destriers du Rohan.

Eänwen marchait seule, elle qui avait laissé son Rahom aux deux enfants rohirrims qui étaient apparus il y a deux jours. Pensive, elle balayait ses yeux sur le paysage, admirant silencieusement la beauté du Rohan.

- Tu es bien solitaire petite sœur, remarqua Astaldo qui était venu la rejoindre par-derrière.

- Hum?

- Ça ne te dit pas de te joindre à nous? Demanda-t-il en pointant derrière lui.

- Non pas vraiment, avoua-t-elle.

- Qu'est-ce qu'il se passe? T'as pas aimé l'incident de tout à l'heure?

- Ton insinuation? Non non pas du tout. Je suis juste… pensive.

- C'est quoi qui tu t'occupes tellement l'esprit?

- Pas grand-chose en fait. J'essaie de faire le vide dans ma tête. Surtout concernant les dernières semaines, concernant Père et tout cela.

- Hum…

- En gros, je tente d'oublier le désert, dit-elle. Pas complètement c'est sûr, mais juste assez pour le mettre loin dans mon esprit. Être ici en ce moment, c'est une des meilleures cures.

- Je partage ton avis, petite sœur. La plaie n'est pas encore tout à fait fermée dans mon cœur aussi. Prendre l'air loin de ce désert est bénéfique… pour nous tous, je crois.

- C'est un paysage tellement différent de par où nous sommes passés auparavant. J'essaie de tout graver en mémoire.

- Quelque chose me dit que nous n'avons encore rien vu…

Il lança une œillade à Eänwen, son regard rempli de sous-entendu.

- Oui effectivement, sourit-elle en replongeant son regard vers l'horizon.

- Mais promets-moi une chose Eänwen, dit Astaldo en passant son bras autour des épaules de sa sœur.

- Quoi? Demanda-t-elle en retournant la tête.

- Je sais que tu as l'embarras du choix ici, mais s'il te plait…

- Quoi?

- Je sais que je ne suis peut-être pas la meilleure personne pour t'en parler, mais…

- Accouche!

Il soupira bruyamment, passa nerveusement sa main gauche dans ses cheveux. Visiblement, il redoutait les conséquences de ce qu'il allait dire.

- Euh… Je, je veux… Euh j'aimerais… Ah tant pis! Bon voilà. Ne tombe pas dans les bras de n'importe quel homme sous prétexte que tu es trop dans le chagrin d'accord?

- …

- Et tu sais exactement de qui je parle! Précisa-t-il.

- Non, mais de quoi je me mêle hein?! S'indigna Eänwen.

Elle enleva d'un coup sec le bras de son frère de ses épaules en lui adressant un regard noir. Si un simple regard pouvait tuer, Astaldo savait pertinemment qu'il serait mort dans la seconde. Il sentit soudainement que la tension montait entre elle et lui. Le rythme de leur pas se faisait de plus en plus lent, plusieurs paysans les dépassaient à présent, certains leur lançant des regards incrédules.

- De ton bien-être! Voilà de quoi je me mêle!

- Et depuis quand tu te préoccupes de mon bien-être?

- Je ne voudrais pas que tu te fasses briser le cœur encore une fois!

- Me faire briser le cœur? Astaldo, je crois que je suis encore assez grande pour m'occuper de moi-même à présent!

- Je reste tout de même ton grand frère, il est de mon devoir de te protéger!

- Pour ton information, « grand frère », premièrement il n'y a aucun homme qui m'intéresse pour l'instant. Et deuxièmement, quand je voudrai que tu te mêles de ma vie privée, je te le ferais savoir! Ragea-t-elle.

- Parfait! S'exclama-t-il. Je vois que la question est réglée.

- Tant mieux, je ne voudrai pas avoir affaire avec toi d'ici les prochaines lunes!

- Comme tu le voudras!

Outrée, elle grogna de frustration et fonça vers l'avant, tandis qu'Astaldo retourna vers l'arrière, retrouver ses compagnons.

La jeune femme marcha rapidement, ses pas s'enchaînant tel le galop d'un cheval. Ses longs cheveux noirs volaient derrière elle, ses yeux gris fixaient le vide. Dépassant les villageois, elle monta les pentes et descendit les collines telle une gazelle. Ses jambes l'a suivaient sans peine ni de misère, comme elles l'avaient toujours fait d'ailleurs. Malgré les regards incongrus que les gens lui lançaient, elle ne se retourna devant personne, filant droit devant elle. Les poings serrés, son cerveau devenait fou. Un peu plus et on voyait de la fumée sortir par ses oreilles.

« Pourquoi faut-il toujours qu'il s'arrange pour que je me fâche? » murmura Eänwen pour elle-même. «Comme si il avait à tout savoir sur tout ce qu'il se passait dans MA vie! »

Maudissant son frère de tous les noms, elle monta une dernière colline et s'appuya contre ses genoux pour reprendre son souffle. L'elfe ferma les yeux et prit une grande respiration, allant chercher l'air au plus profond d'elle-même. Elle en accueillit autant que ses poumons lui permettaient, et retint son souffle pendant quelques secondes. Puis d'un seul coup, elle relâcha tout. L'air s'échappa rapidement de sa bouche, les muscles de son corps se détendirent.

« Quoi de mieux que l'exercice pour se calmer les esprits » dit-elle toujours appuyée sur ses genoux.

Elle releva tranquillement la tête, mais dut se mettre la main devant les yeux pour empêcher le Soleil couchant de l'aveugler. Quand son regard fut habitué, Eänwen se rendit compte qu'elle avait atteint le peloton de tête. Les premiers cavaliers du groupe s'étaient arrêtés pour la nuit. Ils établissaient à présent un camp rependu sur une plaine, surplombée tout autour par des collines et la broussaille. On pouvait même apercevoir une rivière tout près à l'Est.

Plus loin en avant, elle vit son cheval Rahom avec les deux enfants sur son dos, ces derniers visiblement perdus et ne sachant pas quoi faire. Depuis qu'Eänwen les avait trouvés à Edoras, orphelins et démunis, elle s'était attribué le devoir de s'en occuper jusqu'à tant qu'ils retrouvent leur mère… Espérant qu'elle soit toujours vivante. Pauvres enfants.

Rapidement, l'elfe descendit la dernière pente et se fraya un chemin à travers les chevaux et les carrioles. La voyant arriver, Rahom hennit bruyamment en direction d'Eänwen. Les deux petits l'aperçurent aussi.

- Eänwen! S'exclamèrent-ils.

- On te cherchait, rajouta le garçon nommé Éothain.

- Salut les jeunes! Alors, pour une première journée avec Rahom, comment ça s'est passé?

- Bien! dit la petite Freda, rayonnante de joie.

- Rahom a été très gentil.

- Ah oui? Sourit Eänwen en lui caressant le nez.

De l'autre main, elle ramena son sac devant elle et en sortit une pomme.

- Vous croyez qu'il l'a mérité? Demanda-t-elle aux enfants en la lançant lestement dans les airs pour la rattraper par la suite.

- Oui! S'exclama la petite.

- Tiens mon gros, dit simplement Eänwen en lui tendant la pomme.

Rahom tourna la tête et sentit légèrement le fruit. Puis, réalisant que c'était pour manger, il croqua dans la pomme à pleine dent.

- Alors et vous, vous avez faim? Demanda l'elfe.

- Un peu, avoua le garçon, quelque peu gêné.

- Bon, j'ai peut-être de quoi dans mon sac qui pourrait vous contenter jusqu'au matin. Allez, tendez-moi vos bras.

Un par un, elle les fit descendre du cheval et les installa sur une couverture pour qu'ils puissent s'asseoir plus confortablement. Puis, elle dessella Rahom, enleva le chargement de vives de son dos et les mit à l'abri des intempéries en dessous d'un arbre. Laissant l'animal brouter dans son coin, Eänwen rejoignit les deux enfants et ouvrit son sac.

- Bon alors qu'est-ce que nous avons là… dit-elle en fouillant dans le fourre-tout. Ah voilà ce que je cherchais.

Elle lança une miche de pain à Éothain et deux pommes à sa sœur.

- Tenez aussi, ça va vous tenir au chaud cette nuit, dit-elle en leur tendant une couverture de laine.

- Merci.

- Vous avez votre gourde d'eau?

- Oui, dit-il en la brandissant devant lui.

- Bien, pour ce qui est de moi, je vais revenir vous voir dans quelques heures. D'ici là, tentez de rester tranquille. Vous avez la permission de vous promener, mais ne vous aventurez jamais seul en dehors du campement. C'est bien compris?

- Oui. Répondit rapidement Freda. Et toi qu'est-ce que tu vas faire?

- Je vais aller m'occuper un peu de Rahom et me promener un peu. Mais je vais revenir vite ma chérie, ne t'inquiète pas.

Eänwen se pencha vers sa protégée et embrassa tendrement son front. Puis, elle se retourna vers le jeune garçon.

- Et toi, tu vas prendre soin de ta petite sœur?

Le sourire aux lèvres, il acquiesça d'un signe de tête. Rassurée, l'elfe ébouriffa les cheveux de ce dernier puis elle se releva sur ses pieds. Laissant son arc, elle tourna le dos aux enfants, elle se dirigea vers Rahom qui l'attendait tranquillement en broutant son herbe.

- Alors cher ami, murmura-t-elle dans la langue du désert, tu as soif?

Ne s'étant pas abreuvé depuis leur départ d'Edoras, Rahom hennit joyeusement. Eänwen l'interpréta comme étant une réponse positive. Après la dure journée de voyage qu'il venait de passer, il devait avoir soif. Lestement, elle monta avec grâce sur le dos dénudé du cheval.

- Allons voir cette rivière…

Munie seulement de la bride, la jeune femme fit avancer Rahom parmi la foule de gens éparpillée sur la plaine. Se frayant un chemin à travers les paysans, elle essaya de ne brusquer personne. Le peuple d'Edoras était à présent bien installé : certains avaient monté des tentes rudimentaires; d'autres dormiraient toutefois à la belle étoile, admirant le spectacle silencieux des cieux. Tous étaient regroupés aux alentours de plusieurs feux, où ils faisaient cuire leur souper.

Passant à côté d'un regroupement de quatre familles, d'après ce qu'Eänwen put compter, elle admira pendant un instant l'unité émanant du groupe. Cette solidarité se rependait aussi rapidement parmi le peuple que la lumière des Feux d'alarme du Gondor à travers les Montagnes blanches. Durant le voyage, ces familles s'étaient alliées pour faciliter la tâche à l'autre : une transportait les vives, l'autre les couvertures, l'autre les animaux, etc. Le seul vieillard de ce regroupement qui avait passé sa journée assis dans une carriole, faute de ne plus pouvoir marcher sur une aussi longue distance, était maintenant assis sur une buche de bois. Pipe à la main et son coude appuyé sur son genou, il parlait d'une voix vieille et rauque. Ses yeux réfléchissaient la sagesse, perdus dans de lointains souvenirs oubliés. Autour de lui, quelques enfants étaient assis sur l'herbe soyeuse, la tête relevée vers le vieil homme. Au fur et à mesure qu'il racontait les légendes de la Terre du Milieu, le vieillard créait une ambiance mystérieuse et tendue auprès des jeunots. La bouche entre ouverte, leurs grands yeux globuleux attentifs aux moindres mimiques de l'ancien; les enfants étaient hypnotisés par son récit. Même quelques adultes tendirent attentivement l'oreille à ce que leur aîné racontait.

Malheureusement, Eänwen ne put entendre pleinement ce que le vieil homme disait, mais cela lui rappela soudainement l'époque où son père lui racontait ses propres voyages à travers la Terre de Milieu. À chaque récit, la jeune elfe était fascinée par les explorations de son paternel. Même encore aujourd'hui, quand elle lit certains passages du journal de son père, elle ressent alors la même sensation quand elle était jeune : l'admiration d'une petite fille envers son père. « Mon papa est le meilleur du monde! », disait-elle.

« Et il le sera toujours… »

Souriante, Eänwen continua son chemin à travers la plaine, pour finalement arriver à l'extrémité du campement où elle suivit brièvement une petite route en terre battue bordée par de longues herbes et broussaille. Puis, elle sortit du sentier et fit avancer Rahom dans les hautes herbes. Au pied d'une petite colline, Eänwen descendit de son destrier pour lui permettre de ne pas s'épuiser inutilement. Elle le prit par la bride et monta la pente abrupte à ses côtés.

En quelques minutes la jeune elfe arriva en haut, les joues rougies et le souffle un peu court. Debout au sommet, elle embrassa la vue du regard. À ses pieds, la rivière coulait lentement au rythme du courant, le coucher du soleil se reflétait dans les doux plissements de l'eau. Plus loin, des enfants courraient sur les rives de la rivière, éclaboussant au passage quelques femmes qui étendaient sur des cordes des vêtements fraichement lavés. D'autres villageoises étaient dans l'eau, profitant de la rivière pour nettoyer leur propre corps tout en bavardant avec les autres. Le vent portait leurs voix aux oreilles d'Eänwen; elle put même distinguer quelques rires, ce qui était plutôt rare en ce temps sombre. Les femmes appréciaient beaucoup ce moment de la journée, puisque c'était le seul où elles pouvaient se réunir entre femmes et parler librement.

Voulant les imiter, Eänwen se trouva un coin à l'abri des regards et commença à enlever sa tenue de combat. Pièce par pièce, elle déposa le tout au pied d'un arbre, juste à côté de ses armes. Vêtue uniquement d'une courte tunique blanche, elle prit son sac et en sortit le nécessaire pour faire sa toilette, puis se dirigea vers la rive. Pendant que Rahom faisait des allés retour entre la rivière pour s'abreuver et l'herbe pour manger, Eänwen déposa ses affaires sur le bord de l'eau et enleva rapidement sa tunique. L'elfe planta doucement ses pieds dans l'eau et fut soulagée de voir que l'eau n'était pas glacée. Elle submergea alors tout son corps dans la rivière, puis commença à se laver. Elle utilisa quelques produits à base de plantes pour se nettoyer les cheveux et le reste de son corps, ce qui lui fit en grand bien. Vu qu'elle avait vécu avec des hommes tout le long de son voyage, elle n'avait pas eu vraiment un moment d'intimité pour s'occuper d'elle-même. Et juste le fait de penser à un moment où un des hommes d'Astaldo auraient pu la trouver dans sa tenue d'Ève, elle riait déjà.

Eänwen sortit de la rivière, dégoulinante d'eau. Elle prit sa serviette, s'essuya rapidement le corps et enroula la serviette autour de sa tête pour former un genre de turban. Elle se rhabilla avec un pantalon ajusté de toile bleu marin et un chandail assorti tout aussi ajusté à manches longues : c'est ce qu'elle portait généralement en dessous de sa tenue de combat. Elle enfila ses longues bottes noires et sa ceinture, où elle y accrocha ses deux poignards. Pour terminer, la jeune elfe mit sa longue cape de voyage et y attacha à l'avant sa broche en forme de serpent, représentant son pays d'origine. Elle mit dans son sac ses protections qu'elle se servait lors d'un combat, puis enleva la serviette qu'elle avait autour de la tête. Les cheveux humides, elle les démêla rapidement avec ses doigts.

Sa toilette terminée, Eänwen remballa le tout et mit son sac à bandoulière sur son dos. Sachant très bien que Rahom ne se sauverait pas et qu'il finirait par la rejoindre avant le départ le lendemain matin, elle le laissa libre dans la nature. Alors, la jeune femme se leva et marcha vers la plaine où elle avait vu les autres femmes sur le bord de la rivière tout à l'heure.

Très vite elle aperçut Eowyn, seule dans son coin, qui cuisinait quelque chose sur un feu. Vêtue d'une longue robe brune, la dame du Rohan essayait faire garder le feu allumé malgré le vent qui soufflait dans ses longs cheveux blonds. Rapidement, la jeune elfe arriva à côté de la Rohirrim, lui arracha un léger cri de surprise.

- Par tous les Valars! S'écria Eowyn, la main sur sa poitrine. Vous m'avez fait peur…

- Désolée, ce n'était pas mon but. S'excusa Eänwen. Je vous avais vue au loin toute seule, j'ai voulu venir vous tenir compagnie…

- Ce n'est rien, sourit-elle néanmoins. C'est très gentil de votre part.

- Le plaisir est pour moi. En fait, je voulais vous remercier pour les produits nettoyants que vous m'aviez offerts à Edoras.

Eowyn lui adressa un sourire. Effectivement, Eänwen s'était prise d'amitié de cette femme lors de son premier jour à Edoras. Eowyn était venue la voir d'elle-même, lui offrant la visite de la ville et du château pour qu'elle puisse mieux s'y retrouver. Depuis, lorsqu'elles avaient l'occasion de se voir, les deux femmes en profitaient pour parler entre elles.

- Ça m'a fait un grand bien, continua Eänwen.

- Ravie de vous avoir été utile dans ce cas. Ne vous gênez pas si vous en voulez d'autre.

- Qu'est-ce que vous préparez? Demanda la jeune elfe en baissant son regard vers le chaudron.

- Un ragoût, dit-elle en enlevant le petit chaudron du feu. Je crois justement qu'il est près.

Eowyn enleva le couvercle du contenant et brassa le liquide avec une cuillère. Eänwen se pencha légèrement vers l'avant pour voir de plus près le souper que son amie avait fini de préparer. Mais à peine avait-elle posé les yeux sur la mixture qu'un rictus de dégoût s'affichait sur son visage. Dans le chaudron, le ragoût avait une teinte blanchâtre, où y flottaient des morceaux moelleux non identifiés, des bouts de salades et d'herbes. Quand Eowyn y trempa la cuillère, la texture du ragoût était d'apparence visqueuse et non régulière.

Pour ne pas blesser son amie, Eänwen tenta aussi bien que mal de cacher sa réaction derrière un sourire intéressé.

- Vous en voulez? Demanda Eowyn. Je l'ai fait moi-même.

« Ah… génial »

- Euh… Non merci… balbutia-t-elle. J'ai déjà mangé tout à l'heure. Je ne voudrais pas faire ma gourmande lorsque je sais pertinemment que d'autres en ont plus besoin que moi.

Malgré le fait que son estomac lui criait d'accepter un bol, Eänwen continua d'ignorer les protestations de son ventre, craignant que son système digestif ne puisse supporter cette nourriture.

- Mais non voyons j'insiste, persista la dame.

- Non non, moi j'insiste. Je suis sûre qu'il y a encore quelques preux chevaliers qu'ils n'ont pas encore mangés, dit l'elfe en lui faisant un clin d'œil.

- De qui parlez-vous? Demanda-t-elle.

- Vous savez pertinemment à qui je fais allusion Dame Eowyn… dit-elle avec un regard entendu.

D'un coup de tête, Eänwen lui fit signe de regarder derrière elle. Subtilement, la dame du Rohan se pencha la tête pour voir de qui elle pouvait bien parler. Solitaire, Aragorn était tranquillement assis parmi d'autres paysans. Ne parlant à personne, il aiguisait sa longue épée et observait les gens autour de lui qui se préparaient pour la nuit. Ses cheveux noirs parsemés de minuscules cheveux blancs encadraient son visage carré et fort, son regard semblait perdu dans ses pensées. Ses grands yeux bleus parcouraient les montagnes en face de leur campement, recherchant quelque chose.

Eowyn revint à Eänwen.

- Vous pensez vraiment?

- Absolument. Et j'ai vu comment vous le regardiez tout à l'heure…

Eowyn ria nerveusement et essaya de cacher le sang qui lui montait aux joues en se mettant une main devant son visage.

- Allez-y c'est votre chance! Continua Eänwen. C'est rare qu'il ne soit pas en compagnie de ses deux autres bouffons! Allez lui parler et lui offrir votre soupe, je suis sûre qu'il appréciera le geste.

« Parce que la soupe elle, je ne lui donne pas cher de sa peau! »

- Vous pensez que je devrai?

- Mais bien sûr! Il est gentil et honnête, je suis sûre qu'il aimerait votre compagnie.

- Vous avez peut-être raison. Mais…

- Il n'y a pas de mais, ria Eänwen en poussant délicatement son amie dans la direction d'Aragorn. Allez-y, et je ne veux pas vous revoir avant que vous alliez lui parler!

Eowyn sembla hésiter un moment. Ses grands yeux doutèrent un instant, plongés dans ceux de l'elfe. Après quelques secondes d'incertitude, elle sourit à son tour et se retourna calmement dans la direction du Dúnedain. D'un pas assuré et le ragoût dans ses mains, elle alla sous les conseils de son amie à la rencontre du rodeur.

Fière de son coup, Eänwen se réjouit au plus profond d'elle-même d'avoir fait à sorte que son amie puisse passer par-dessus sa timidité envers Aragorn. Sifflotant légèrement, elle étouffa le feu d'Eowyn avec ses bottes et continua sa promenade de la soirée.

Les mains derrière le dos, elle zigzaguait à travers les camps de fortune que les habitants d'Edoras s'étaient construits pour la nuit. Certains la saluèrent chaleureusement, l'invitant même à venir s'asseoir avec eux. Déclinant poliment l'invitation, Eänwen continuait son chemin. Mais, d'autres lui lancèrent des regards insultants ou l'ignoraient tout simplement, comme si elle n'était qu'une vulgaire mendiante. Apparemment, ce n'était pas tout le monde qui avait accepté les Haradrims encore.

Soupir…

Hélas, comme Astaldo lui avait dit : « L'opinion d'un roi ne reflète pas nécessairement celui de son peuple. »

- Arrrghhh! Pourquoi faut-il toujours qu'il est toujours raison celui-là…murmura-t-elle. Et puis tant mieux. Sinon, je n'aurais pas donné cher la peau de ces gens là.

Sans rien dire, elle continua de marcher comme si ne rien n'était. Même si elle aurait voulu clairement faire passer son message à ces gens irrespectueux, Eänwen fit l'effort de les ignorer et se donna une bonne claque mentale pour se ressaisir. Ce n'était pas le temps d'attirer l'attention sur elle!

Sans se retourner, elle marcha droit devant elle, dépassant les familles les unes après les autres qui se préparaient pour dormir. Le soleil étant presque couché, chacune d'elles se préparait sérieusement pour dormir. Toute la population avait reçu l'ordre d'avoir une bonne nuit de sommeil, vu que le lendemain, le réveil se ferait tôt le matin pour pouvoir arriver le plus vite possible au Gouffre de Helm. Vu la lenteur de leur groupe, ils ne pouvaient se permettre de perdre du temps.

Arrivée à l'extrémité du campement, elle s'éloigna encore un peu plus et monta au sommet d'une petite colline où prônait un arbre solitaire. S'accotant le dos contre son tronc, elle put y admirer le soleil qui se couchait à l'horizon. D'une couleur orange, l'astre de feu répandait ses dernières lumières sur la Terre du Milieu, disparaissant derrière la limite du monde. À l'est, derrière Eänwen, on assistait à la naissance des étoiles du ciel nocturne, éclairant les voyageurs perdus. Les ténèbres commençaient tranquillement à envahir la terre du Rohan, laissant place à une tranquillité reposante. Dès alors, les paysans n'alimentaient plus les feux, les laissant mourir au vent. Le silence se faisait de plus en plus présent, permettant aux villageois de s'endormir dans un sommeil profond. Les gens se cachaient en dessous de leur couverture, se collant l'un contre les autres pour se protéger du froid, pendant que certains chevaliers resteraient éveillés toute la nuit, s'échangeant le tour de garde autour du seul feu allumé de toute la plaine.

Seule au sommet, Eänwen s'assit sur le sol, son dos reposant sur le tronc de l'arbre. Perdue encore une fois dans la contemplation de la nuit, elle rentra dans sa zone de sommeil, bercée par le doux chant des étoiles. Inconsciemment, ses mains glissaient sur la surface terreuse, dessinant des formes sphériques du bout des doigts. Elle sentait les grains de la terre rouler sur sa douce peau, quelques brins d'herbe lui chatouillant les paumes. Le silence imposait son règne dans la grande plaine d'Eregion : aucun animal sauvage ne parcourait les prés, le son du vent qui soufflait sur les hautes herbes était à peine perceptible et la population qui dormait derrière elle n'émettait aucun bruit. Seuls quelques murmures de rêves paisibles atteignirent Eänwen, chantant une douce mélodie à ses oreilles.

Le vol d'une mouche aurait été dérangeant.

Cependant, malgré que ces yeux fussent fermés cette fois, son sens auditif s'arma et augmenta en puissance. N'importe quoi qui se s'aurait approché de la jeune femme, elle aurait bondi comme une panthère, prête à attaquer. Son ouïe resta sur sa garde, tentant de repérer tout son irrégulier qui s'ébruiterait quelque part dans la plaine.

Pourtant, la nuit se passa relativement bien. Rien ne fit sursauter Eänwen de son sommeil; aussi bien que quand elle reprit quelque peu conscience, la jeune elfe fut étonnée de voir à quel point elle n'avait pas vu la nuit passée. Elle entrouvrit encore un peu les yeux et grâce au positionnement de la Lune, elle jugea que l'aube était à deux heures de naître. C'était rare qu'elle « dormait » autant, surtout dans un territoire aussi hostile et très vulnérable aux attaques. Mais malgré ce que lui dictait son cerveau, elle referma doucement les yeux, essayant de faire le plein d'énergie pour les dures journées à venir.

Mais cette fois-ci, son repos ne dura que quelques minutes.

Tout d'un coup, elle entendit des pas. Ils venaient de derrière elle, un peu vers sa gauche. Ne sachant pas à quoi s'attendre, elle se prépara. Sans ouvrir les yeux, elle fit glisser subtilement sa main droite vers un de ses poignards qui était accroché à sa ceinture. Ses sens aux aguets, tout son corps était tendu comme un arc, prêt à être débandé; elle attendait seulement le bon moment pour bondir sur son ennemi, tel un loup sur sa proie. Son cœur battant la chamade, elle attendit.

Les pas se rapprochaient dangereusement. Malgré toute la tension qui l'habitait, elle essaya de maintenir son expression faciale aussi détendu que possible. Faignant le sommeil profond, elle fit même glisser sa tête sur son épaule gauche. Ce simple geste, inutile pour certains, était très profitable à Eänwen : vu que son ennemi venait de sa gauche et qu'elle ne pouvait pas se servir de la vue, son sens auditif était son principal atout. Alors, elle se servit de son oreille comme de ses yeux, recueillant les ondes telle une chauve-souris. Quand son assaillant serait au bon endroit, Eänwen saurait exactement où frapper.

Mais avant que son ennemi fût assez proche pour qu'elle puisse tenter une attaque-surprise, il s'arrêta à quelques mètres d'elle. Pendant un instant, la jeune elfe entendit les pans de ses vêtements se frotter les uns contre les autres; puis ensuite un souffle lent et profond, respirant la sérénité. Malgré la situation, Eänwen continua d'afficher un air impassible sur son visage tout en maintenant fermement son poignard dans sa main droite.

Et puis sans qu'elle s'y attende, un court rire cristallin parvint à ses oreilles. Étouffé par la suite, ce rire s'évanouit, pour ensuite laisser place à un léger soupir.

C'est là qu'Eänwen comprit. Le bruit des pas feutrés et légers, une respiration lente et sereine… et ce rire. Jamais elle n'oublierait ce rire qui l'avait marqué il y a de cela à peine 2 jours. Sans ouvrir les yeux, elle abandonna son air impassible et aborda un léger sourire sur son visage.

- Vous avez une tendance assez régulière de venir me voir uniquement lors de mon sommeil… constata Eänwen.

Elle ouvrit les yeux et les braqua sur l'intrus qui se tenait devant elle.

- …. Seigneur Legolas, compléta-t-elle en se croisant les bras.

Effectivement, comme elle l'avait deviné, le grand Legolas se tenait devant elle. Vêtu de sa longue cape verte et de ses habits de tous les jours, il l'a regardait d'un air incrédule.

- Je ne vois pas ce que vous voulez dire.

- Ah non? Ria-t-elle en se relevant. Pourtant, vous ne m'avec pas saluer ce matin avant le départ d'Edoras.

- Ah… vous êtes sûr?

- Oui, c'était juste avant que vous vous rendiez aux écuries.

- Ahhhh oui. Juste avant que vous frappiez votre frère c'est ça? Dit-il avec un sourire aux lèvres.

« Argh… Il s'en ait rendu compte » se dit amèrement Eänwen.

- Ohh… euh, vous parlez de ça? Balbutia-t-elle. Ah oui, juste… juste un petit incident familial, rien de plus.

- Encore?

- Oui. Astaldo et moi sommes tous deux des têtes fortes, mais comme je vous l'ai dit l'autre soir, nos querelles finissent toujours par s'arranger d'une manière ou d'une autre.

- Je l'espère pour vous. L'unité familiale est très importante, surtout en temps de guerre…

- J'étais très proche de mon père avant qu'il décède, mais les relations encore frère et sœur sont souvent… moins faciles voyez vous! Dit-elle en riant légèrement.

- Oui, cela est de même avec mon propre père. Mais la relation qui unissait vous et votre père semblait si forte… En tout cas, de la manière dont vous en parliez à Edoras, j'ai éprouvé une certaine admiration envers vous; votre vie est passionnante.

- Et vous Legolas, parlez moi un peu de votre histoire. Lors de notre dernière conversation, vous ne m'avez rien dit sur votre passé et votre…

Elle fut interrompue par le court rire de Legolas, ce dernier abordant un regard peu convaincu.

- Mon passé? Il n'est pas très passionnant, confessa-t-il.

- Essayez toujours, dit-elle en lui faisant un clin d'œil. Nous avons jusqu'à l'aube, alors assoyons-nous.

Prenant place sur le sol, Eänwen ramena ses jambes devant elle et pencha le dos vers l'arrière, où ses bras lui servaient d'appui. Legolas lui, croisa ses longues jambes où il accota chacun de ses coudes sur ses genoux. Mains jointes, son dos droit comme un « i », la tête haute; Eänwen était sûr qu'il serait capable de tenir des heures ainsi.

- Alors, quels sont vos questionnements? Demanda-t-il.

- Votre âge?

- 2931 ans.

- QUOI?!

Son cri se répercuta un peu partout dans la plaine, tel un écho à travers une montagne. La mâchoire décrochée, elle le regarda d'un air hébété. 2931 ans! Elle n'en croyait pas ses oreilles. Frappée de stupeur, Eänwen ne bougeait plus, son cerveau essayant d'emmagasiner l'information. Mais comment pouvait-il…

- Mais mais… vous avez l'air si jeune? Mon père avait certes cet âge, mais il avait l'air beaucoup plus âgé que vous.

- Les elfes sont immortels Dame Eänwen. Et si le corps de votre paternel commençait à faire voir des signes de l'âge, c'est que Thalion était beaucoup plus âgé que vous le pensiez. Je n'ai pas encore atteint la barre des 3000 ans encore, ce qui est plutôt considéré jeune pour ma race, et la vôtre aussi. À nos yeux, sans vouloir vous offenser, vous êtes encore qu'une enfant ayant à peine atteint sa puberté, dit-il très sérieusement.

- Je vois… Il y a tout de même une très grande différence entre 110 et 2931 ans n'est-ce pas, dit-elle en regardant soudainement le sol.

- Oui effectivement. De toute manière, mon âge n'a peu d'importance puisque les évènements les plus excitants de ma vie sont survenus il y a à peine quelques mois voyez-vous.

- De quoi était constituée votre vie avant la Communauté ?

- De pas grand-chose voyez-vous…

En étant convaincue du contraire, Eänwen l'écouta tout de même avec grande attention. Cette nuit-là, elle en apprit beaucoup sur ce grand elfe, qu'elle pourrait considérer comme son père vu son âge avancé. À sa grande surprise, elle apprit qu'il était le fils héritier de Thranduil, roi de la Forêt Noire. Portant le titre de prince, il ne s'en vantait pas pour autant, se faisant passer pour un elfe « normal ». Il racontait que depuis le Second Âge, les Elfes des Bois vivaient en paix, se concentrant sur des activités quotidiennes, tel le travail de forge, la musique, la peinture, et bien sûr, de manger. Les deux sexes étaient considérés égaux dans la société elfique, mais chacun avait ses spécialités. La femme par exemple, se spécialisait souvent dans l'art de guérison, pendant que les hommes, eux, allaient à la guerre. Cependant, certaines exceptions existent, tel Elrond qui est un guérisseur qualifié.

Legolas raconta que durant cette époque de paix et d'unité, il grandit dans la solitude. S'entraînant d'arrache-pied à l'arc et à l'épée, il devint, selon ses pairs, une fine lame et un archer hors pair. De plus, il disposait d'une vue perçante et considérée comme exceptionnellement habile, même pour un elfe. Il n'avait pas encore connu l'amour, qui arrivait seulement une seule fois dans la longue vie de sa race. De nature gênée, il ne passait pas son temps avec la compagnie d'autres elfes. Outre ses habilités au combat, il lisait et écrivait des poèmes et des chansons, savourait l'environnement du royaume et exerçait ses devoirs de prince…

Mais la paix ne pouvait malheureusement pas persister éternellement. Tout allait parfaitement bien, jusqu'à la tombée d'une ombre au sud, près de la Tour de Dol Guldur vers l'an 1000 du Troisième Âge. À partir cette époque, les combats contre les Orques se multiplièrent ; tellement que la population de la Forêt Noire fur obligée de s'enfermer dans leur propre pays, défendant férocement leurs frontières. Très peu de visiteurs étaient acceptés dans le royaume de Thranduil.

Legolas donna comme exemple à Eänwen qu'un jour, ses confrères avaient capturé une créature qui répondait au nom de Gollum. Errant sur leurs terres, cet être s'était fait prendre dans les filets de Thranduil et emprisonné dans les cachots. Legolas eut la chance de l'apercevoir qu'une seule fois, roulé en boule dans un coin de sa cellule: c'était une créature squelettique et agile, à la peau pâle et aux pieds palmés. Extrêmement maigre, son corps était complètement dénudé, à part d'un léger morceau de tissu attaché à sa taille. Sur son visage, de grands yeux blancs et globuleux vous observaient dans l'ombre, une lueur sournoise et redoutable perlait dans son regard. Legolas apprit seulement plus tard que, malgré son aspect pitoyable, c'était l'Anneau unique qui avait rendu Gollum aussi redoutable. Grâce à son avidité envers son trésor, il avait acquis une grande dextérité et une grande souplesse, en plus déguiser son ouïe et son odorat. Il était solide et résistant à la douleur, pouvant même attaquer sournoisement un orque pour le dévorer ensuite. C'était grâce à ces qualités qu'il put s'échapper de la prison des Elfes quelque temps plus tard.
Le 25 octobre 3018, Legolas fut alors envoyé par son père comme émissaire à Fondcombe afin d'informer Elrond de l'évasion de Smeagol, et représenta les siens au Conseil d'Elrond.

- Mais le reste de l'histoire, vous la connaissez déjà dame Eänwen, sourit-il.

- Chacune de vos paroles est imprimée dans mon esprit, maître Legolas. Et pour votre information, votre passé n'a rien d'ennuyant. Vous êtes beaucoup trop modeste envers vous-même.

Legolas ne répondit pas, se contenta de garder le silence.

Et ce fut, au grand damne d'Eänwen, à ce moment précis que son estomac choisit d'émettre une longue plainte creuse et profonde. En gros, elle avait faim, du fait qu'elle n'avait rien avalé depuis le matin. Legolas se retourna vivement, regarda le ventre d'Eänwen et remonta son regard vers son visage.

- Vous n'avez rien mangé? demanda Legolas.

- Non… dit Eänwen, quelque peu embarrassée. Je n'ai pas eu l'occasion de me trouver quelque chose à me mettre sous la dent.

En fait, c'était un mensonge; tout dépendant si vous considérez le ragoût d'Eowyn étant de la « nourriture comestible ».

- Ce n'est pas la peine de vous demander si vous avez faim n'est-ce pas? Sourit-il.

- Non pas du tout… En fait, j'ai plus l'impression de m'autodigérer.

- J'ai peut-être quelque chose pour vous…

Il sortit d'un petit sac attaché à sa taille un morceau de pain enveloppé dans une feuille de mallorn et il tendit le tendit à Eänwen.

- Qu'est-ce que c'est? Demanda-t-elle en l'inspectant du bout des doigts.

- C'est du lembas. Ce pain de route nous a été offert durant notre passage à la Lothlòrien, expliqua Legolas. Il possède des propriétés énergétiques et peut vous faire tenir debout durant une longue journée de labeur.

Sur ce, Eänwen prit une bouchée dans le pain, perforant la croute dorée. Étonnement, elle prit le temps de déguster; elle n'avait jamais connu ce goût auparavant.

- C'est du miel, rajouta-t-il voyant le doute dans le regard de la jeune femme. Ce ne doit pas être un met courant en Haradwaith…

La bouche pleine, Eänwen répondit non de la tête.

- Vous n'aurez pas besoin de tout le manger, continua le prince. Quelques bouchées suffisent à votre faim.

- Vous avez raison, affirma Eänwen. Le vide de mon estomac est comblé, merci beaucoup.

Elle remballa précautionneusement le pain dans la feuille et le tendit à Legolas.

- Non non gardez-le, dit-il avec le sourire. Il vous sera sûrement plus utile à vous qu'à moi.

- Pourquoi?

- J'en ai d'autres d'emballer dans mes affaires, expliqua Legolas. Dame Galadriel nous en a donné assez pour nourrir une armée entière!

Eänwen rit légèrement.

- Tout de même, je vous remercie du geste seigneur Legolas, dit-elle. Je vais garder le tout précieusement.

- M'en voilà rassurée. Je ne voudrais pas vous retrouv…

Mais avant qu'il puisse terminer sa phase, un cri de cor l'interrompit. Se retournant vers l'origine du bruit, ils virent qu'un soldat rohirrim s'était levé et avait soufflé dans l'instrument de guerre pour réveiller la population d'Edoras. Au loin, Eänwen avait reconnu le chevalier Hama, un des proches du roi Théoden.

En effet, le Soleil se pointait déjà à l'horizon, éclairant d'une lumière timide les plaines du pays des chevaux. L'aube réveilla les gens ensommeillés; on pouvait commencer à entendre des murmures matinaux, les sabots des chevaux frapper durement contre le sol.

C'est là qu'Eänwen se rendit compte qu'elle avait complètement oublié Éothain et Freda. Ils devaient être en train de se réveiller à l'instant même, solitaires parmi foule qui les entourait, se demandant quoi faire sans que personne ne s'occupe d'eux. Mais Eänwen ne voulait pas les laisser seuls ainsi.

Elle se leva d'un bond, imité par Legolas. La jeune femme attrapa son sac et l'enfourcha sur son épaule. Rapidement, elle s'excusa auprès de Legolas, disant qu'elle devait partir pour s'occuper d'Éothain et Freda.

- Je comprends parfaitement. De toute façon, nos chemins se séparent peut-être pour l'instant, mais je suis sûr qu'ils se recroiseront très bientôt.

- L'espoir est donc partagé… fit mystérieusement Eänwen en se retournant vers le bas de colline, un sourire flottant aux lèvres.

Legolas ne répondit rien, se contentant de regarder sa nouvelle amie essayer de se frayer un chemin dans le camp des réfugiés. Les yeux brillants, il suivit la jeune femme jusqu'à tant qu'elle eût rejoint les deux enfants qui venaient à peine d'ouvrir l'œil. Les bras ouverts, Eänwen alla recueillir Éothain et Freda de leur sommeil, comme on cueille une fleur de son nid d'herbe. Délicatement, elle passa une main dans les cheveux de la petite fille et lui embrassa le front, tout en tenant la main de son grand frère. Comme avait pu le voir Legolas ces derniers jours, les deux enfants étaient toujours sans nouvelle de leur mère et Eänwen tentait de les réconforter le plus qu'elle pouvait, disant qu'il ne fallait jamais perdre espoir. Décidément, cette jeune elfe était pleine de surprises…

Oui, définitivement pleine de surprises.


Alors, voilà ce qui est pour le chapitre 8, j'espère que vous avez aimé.

Le chapitre 9 s'en vient bientôt, il est à moitié écrit.

En attendant, quelques encouragements ne seraient pas de refus .... ? ;)

Quelles soient contructives, négatives ou positives, donnez moi votre avis, ça va juste pouvoir m'aider à continuer.