Bonsoir tout le monde.
Encore une fois, en retard… meeehhh.
fÇa commence à devenir une habitude, ça fait près d'un mois que je n'ai rien posté.
Je fais de mon mieux… promis promis promis.

En fait (je sors une autre excuse hihi!), je planche en ce moment sur une nouvelle fanfiction sur LOTR… ahah ! J'ai trop hâte de la publier, mais cela ne ce fera pas avant la fin d'Eänwen :P

Merci à Cleo-btz, Tweetounette, Emy, Amy, Etoiledusoir83 et Voracity666 (tout spécial à vous deux ^^)!

Et pour ta question Amy, Beta= correctrice de texte (tout ce qui est grammaire, structure de phrase, orthographe, etc). Et oui, j'ai enlevé un peu de présence à Legolas dans le chapitre 9… mais inquiète toi pas, on le voit beaucoup dans celui-ci ;)

Musique utilisée lors de l'écriture de ce chapitre :

- Volume one - Two Step from Hell
- The Last of the Mohicans- Trebor Jones & Randy Edelman
- Braveheart – James Horner


Chapitre 10:

On était maintenant en milieu d'après-midi, le Soleil brillait encore très haut dans le ciel tandis qu'Astaldo courrait dans les couloirs de la forteresse. Cela faisait à peine quelques heures que la bataille contre les Ouargues avait pris fin, mais il n'avait pas encore eu l'occasion de voir sa sœur Eänwen. Bousculant les gens autour de lui, il tourna un coin de mur et ouvrit la première porte. Encore en habit de combat, Astaldo entra en trombe dans l'infirmerie, ne se préoccupant guère des autres occupants. Le jeune homme resta quelques instants planté dans l'embrasure de la porte, cherchant quelque chose des yeux. Il avait vraiment une mine affreuse : ses cheveux noirs étaient en bataille, des cernes s'étiraient sous ses yeux, sa lèvre inférieure était fendue et ses mains encore tachées de sang. Quelques regards interloqués se levèrent vers lui ; le jeune homme vit même une des guérisseuses se lever. Mais ce n'était pas avec elle qu'Astaldo voulait s'entretenir.
C'est alors qu'il reconnut Legolas, lui tournant le dos. Ce dernier était penché légèrement au-dessus d'un lit, sur lequel était étendu un corps. Rapidement, Astaldo marcha vers lui. Il dépassa plusieurs rangées de lits occupés, les occupants lui lançant des regards interrogateurs. Plusieurs d'entre eux étaient des blessés de la bataille contre les Ouargues. Mais certains de ces Hommes provenaient d'autres bataillons venant de partout à travers le Rohan, tous venus se réfugier au Gouffre de Helm pour échapper à la menace grandissante de Saroumane. Mais évidemment, ils avaient éprouvé des difficultés en chemin eux aussi.

Arrivé aux côtés de Legolas, Astaldo reconnut sa jeune sœur étendue sur le lit, inconsciente. La tête inclinée sur l'épaule gauche, les mains jointes sur le ventre, Eänwen demeurait inerte malgré tous les mouvements autour d'elle.

- Comment va-t-elle? Demanda-t-il sans se préoccuper des salutations.

- Son état est stable, répondit Legolas, mais elle va bien s'en tirer. Les guérisseuses ont nettoyé son corps quand elle est arrivée et ont changé ses vêtements. Par la suite, j'ai désinfecté ses blessures à la tête à et sa hanche. Les plaies semblent bien guérir, même si la bataille a eu lieu il y a à peine quelques heures.

- Est-ce qu'elle s'est réveillée?

- Non… pas encore. Elle semble dans un sommeil comateux, mais elle va finir par se réveiller par elle-même. Je ne suis pas aussi doué en matière de guérison que ne l'est…

Il marqua un silence, baissa la tête.

- Que… que ne l'était Aragorn, reprit-il. Mais je tente de suivre ses enseignements avec le peu de ressources que nous avons.

- Je suis profondément désolé pour votre ami, Seigneur Legolas, dit Astaldo en lui mettant une main sur l'épaule. Mes compagnons et moi, nous vous offrons nos plus sincères condoléances. C'était un Homme au cœur d'or… Très peu de gens pourront se vanter d'être à sa hauteur.

- Merci, dit-il avec un semblant de sourire.

Un ange passa. Astaldo enleva sa main de l'épaule de l'Elfe et l'enlaça avec celle de sa sœur. Il fallait qu'elle se réveille, le plus tôt serait le mieux. Il avait un mauvais pressentiment, comme si quelque chose approchait à grands pas dans l'ombre de la montagne. Une menace grandissante, cruelle, sans pitié. Si Eänwen restait inconsciente trop longtemps, il ne pourrait la protéger convenablement.

Astaldo glissa alors son regard vers Legolas qui était toujours assis de l'autre côté du lit. Ce dernier n'avait d'yeux que pour Eänwen, la fixant sans relâche. Une de ses mains était posée sur l'avant-bras de la jeune femme, prenant son pouls régulièrement. Astaldo n'aimait pas trop le fait que cet Elfe soit si proche d'Eänwen, mais que voulait-il à la fin? Il ne pouvait s'être lié d'amitié avec sa sœur en si peu de temps… Cependant, il se sentait mal à l'aise, car cela aurait été un peu déplacé de lui faire part de ses pensées les plus profondes en ce moment de deuil.

- Il faudrait y aller, dit-il tout simplement.

- Pourquoi cela? Demanda Legolas en se retournant vers Astaldo.

- Le roi Théoden veut faire une annonce sur le déroulement de l'éventuelle bataille, se rappela l'Haradrim. Il aimerait certainement que vous soyez là en compagnie de Maître Gimli… pour connaître les détails voyez-vous.

- Oui… vous avez certainement raison, répondit Legolas d'une voix détachée.

Il détourna le regard, fixant momentanément le vide. Puis, il lâcha un profond soupir, lourd de sentiments. Legolas, lui qui ne montrait jamais ses émotions, semblait très vulnérable à ce moment. Si démuni, si mélancolique, le Prince nageait en pleine nostalgie. Comme une âme en peine, il se leva lentement et ramassa ses affaires. Dans tous ses mouvements, on pouvait déceler la tristesse et l'accablement, profondément blessé à l'âme d'avoir perdu un être cher.

- Je… je vais revenir pour changer ses bandages, fit-il en parlant d'Eänwen. Plus tard… sûrement.

Malgré son objection à ce que Legolas et sa sœur se rapprochent ainsi, Astaldo se contenta de hocher la tête. Soigner Eänwen occupera son esprit pendant quelque temps, se dit-il. Du moins, le temps qu'il fasse son deuil d'Aragorn… Il pressa une dernière fois la main de sa sœur dans la sienne et accompagna Legolas jusqu'à la porte. L'homme du désert lança un dernier regard à Eänwen, toujours étendue sur le lit, inerte. Un sourire d'espoir étira ses lèvres, confiant qu'elle finirait par se réveiller, puis referma la porte de l'infirmerie derrière lui.


La tête lourde, Eänwen se sentait comme si elle venait de se réveiller d'un long mauvais rêve. Elle n'ouvrit pas tout de suite les yeux, son esprit encore un peu embrumé par le sommeil. Les bruits environnants commencèrent à paraître plus audibles à son oreille : des voix, des murmures discrets, des discussions chuchotées, des rires étouffés. Quelques hoquets de douleurs une fois de temps en temps. De douleur? Une odeur lourde envahissait l'endroit. Un effluve de rouille… de sang peut-être. Mais une chose qu'elle était sûre, c'est qu'elle humait définitivement l'odeur de la mort, sans aucun doute. Était-elle morte? Non. La jeune femme sentait de la paille sous elle, ressentait le sol froid et l'ambiance était plutôt… lourde disons. Non, définitivement, un mort ne pouvait pas percevoir toutes ces sensations.

Et c'est là qu'elle se souvint. Se succédant à une vitesse folle, des images de souvenirs s'enchainèrent dans sa tête : Freda…Éothain… Rahom… Eowyn… la bataille… ouargue… orque… Astaldo… Kuilo… malaise… mal de tête… Legolas!

Legolas?
Encore lui? Non, décidément, elle avait vraiment pris un bon coup sur la tête!

Alors Eänwen ouvrit les yeux et se releva doucement en position assise. L'elfe se frotta les yeux, geste mécanique qu'elle faisait à chaque réveil, puis observa le nouvel environnement dans lequel elle se trouvait. C'était la nuit, la lumière de la Lune filtrée par les petites fenêtres illuminait pauvrement la pièce. Eänwen se trouvait dans une infirmerie commune, ce qui expliquait la théorie de l'odeur du sang. C'était une grande pièce rectangulaire accueillant plusieurs lits de fortune alignés en colonne le long des murs de pierre. Personne ne circulait dans les rangées, à part quelques guérisseuses qui s'occupaient des blessés. Une de ces femmes était assise à un bureau faisant face aux lits, occupée à remplir quelques papiers. Des chandelles faisaient danser leur lumière dans la pièce, éclairant le visage des hommes. Certains discutaient entre eux, préférant passer le temps par la conversation que par le repos. Eänwen les comprenait. Elle aurait bien aimé faire de même, mais la jeune femme réalisa que ses plus proches voisins dormaient tous. Elle se rendit compte aussi qu'elle avait un bandage qui faisait le tour de sa tête, preuve de sa blessure à la tempe. Elle préféra ne pas y toucher, de peur d'aggraver encore plus la blessure même si elle ne sentait rien. Elle sentit aussi un bandage autour de sa taille, cachant la plaie sur sa hanche causée par les griffes de l'ouargue.

Pourtant, il n'y avait plus de sang sur ses mains, sa peau semblait propre et fraîche. Quelques-unes de ses plaies avaient cicatrisé, laissant une légère cicatrice rosée qui était condamnée à disparaître. Eänwen ne portait plus son habit de combat, ce dernier reposait avec ses effets personnels sur une table au bout de son lit. À présent, elle portait un chandail large et un pantalon court. Simple, mais efficace pour changer les bandages.

Soudainement, on cogna doucement à la porte. Eänwen releva la tête et attendit. Elle vit du coin de l'œil la femme qui était assise au bureau se lever de sa chaise et marcher vers la porte. Elle l'ouvrit et pencha sa tête dans l'ouverture. Quelques murmures s'échangèrent, la dame passa une main nerveuse dans ses cheveux, comme si elle était gênée. Puis, elle retourna sa tête dans la direction d'Eänwen et la regarda dans les yeux. Surprise de la voir éveillée, un sourire soulagé étira ses lèvres. Elle se retourna vers l'embrasure de la porte et hocha la tête. La dame recula d'un pas, laissant place à son interlocuteur.

Legolas fit un pas dans la pièce en balayant rapidement la pièce du regard. Puis, ses yeux s'arrêtèrent dans ceux d'Eänwen. Le cœur de la jeune elfe manqua un battement : ce qu'il était attirant, ainsi baigné dans la lumière de la Lune ! Ses yeux bleu profond et ses longs cheveux soyeux illuminaient à eux seuls son doux visage. Ses lèvres s'étirèrent en un grand sourire, heureux de voir Eänwen réveillée. Il remercia la dame d'un signe de tête et s'avança en direction de la jeune femme. Il portait sa longue tunique verte qui descendait jusqu'à ses genoux, ajusté à la taille par une ceinture de cuivre. Il avait retiré ses protections aux avant-bras et le carquois de son dos, le rendant plus léger dans ses déplacements. Ses pas feutrés foulaient le sol froid avec élégance et grâce, digne d'un grand Elfe.

Arrivé au lit d'Eänwen, il s'y assit, frôlant de son corps celui de la jeune femme.

- Bonsoir, commença-t-il.

- Bonsoir Legolas.

- Comment vous portez-vous?

- Relativement bien. Et vous? La bataille ne vous a pas trop amoché?

- Le moral n'est pas au beau fixe disons… dit-il en baissant les yeux.

Son regard s'assombrit soudainement, plongé dans une grande mélancolie. Il ne dit plus rien, un soupir lourd de sentiments s'échappa d'entre ses lèvres. Mal à l'aise, Eänwen décida de ne plus l'interroger là-dessus. Mais quelque chose s'était passé durant la bataille, un événement grave. Elle se jura de faire sa petite enquête là-dessus.

- Question d'ordre technique… où sommes-nous? Demanda Eänwen pour changer de sujet.

- Au Gouffre de Helm, forteresse du Rohan, répondit Legolas.

- C'est ce que je pensais… Mais alors, combien de temps suis-je restée endormie?

- Nous sommes à quelques heures de l'aube. Alors, je crois que ça fait un peu moins d'une journée.

- Juste cela ?

- Oui étonnamment. Pourtant, vous aviez reçu tout un coup à la tête!

- Je m'en rappelle vaguement, avoua Eänwen avec un sourire. J'ai eu beaucoup de chance.

- Oui. Votre blessure à votre tempe a été la plus importante d'entre tous. Mais heureusement, votre ascendance elfique vous a grandement aidée.

Eänwen afficha un air sceptique.

- En quel honneur? Demanda-t-elle.

- Grâce à l'immortalité qui coule dans nos veines, expliqua Legolas, nos blessures se guérissent beaucoup plus rapidement que celles des Hommes. Par exemple, votre blessure à la tête est presque guérie et celle à votre hanche l'est complètement. J'ai seulement laissé les bandages en place par mesure préventive.

- Attendez. Que…. Quoi? Vous, vous avez fait…

Le sang monta aux joues d'Eänwen. Mais c'était quoi ce bordel ? Legolas qui s'occupait d'elle?

- Ah… c'est, c'est très gentil de votre part Seigneur Legolas, parvint-elle en articuler. Mais vous n'étiez pas obligé de vous déranger pour cela.

- Mais ça ne m'a pas dérangé pour le moins du monde, répondit l'elfe humblement. De plus, les guérisseuses en ont plein les bras depuis que nous sommes arrivés. Alors, j'ai proposé mon aide. Justement, j'étais venu voir si vos blessures étaient guéries. Vous permettez?

« Avec plaisir! »

Woh woh, on se calme Eänwen! On va essayer de garder les réponses sobres ok?!

- Oui, dit-elle simplement. Bien sûr…

- Alors, allongez-vous sur le dos s'il vous plait.

Eänwen s'exécuta machinalement, les bras de chaque côté de son corps. Legolas se releva et s'approcha encore plus de la jeune femme. Grâce à son genou, il s'appuya contre le lit et se pencha légèrement par-dessus du corps d'Eänwen. Avec le plus grand sérieux du monde, le Prince commença à dérouler délicatement le bandage autour de la tête de sa patiente. Eänwen sentit son souffle chaud effleurer son visage, l'odeur enivrante provoquant un léger frisson tout le long de son corps. Son cœur battant à tout rompre, Eänwen pria silencieusement pour que Legolas n'ait pas la brillante idée de prendre son pouls. Ce serait tellement la honte! Elle ne comprenait vraiment pas ce qui se passait chez elle, il ne faisait qu'enlever un bandage, rien de plus!

Legolas redéposa délicatement la tête de la jeune elfe contre l'oreiller et enleva la dernière parcelle de tissu qui couvrait le front d'Eänwen. Une légère pellicule de sueur perlait sur son front, mais tout ce qu'il restait de la blessure était une cicatrice blanchâtre le long de sa tempe.

- Et voilà. C'est déjà guéri, annonça Legolas. Vous allez pouvoir la laisser à l'air libre.

- Génial, pas de turban pour moi! dit Eänwen pince-sans-rire.

Legolas lui jeta un léger sourire.

- Vous en portiez en Haradwaith? Demanda-t-il, curieux.

- Plutôt mourir!

Il rit, drôlement découragé par l'attitude décontractée et non conventionnelle d'Eänwen qui contrastait énormément avec celle, posée et sage, des Elfes « normaux ». Debout à présent, il plia ses longues jambes jusqu'à ce qu'il soit à la hauteur du lit.

- Bon, reprenons un peu de notre contenance, dit-il sur un ton faussement sérieux. Maintenant, jetons un coup d'œil à votre blessure à la hanche.

Il s'apprêta à lever le chandail de la jeune femme, mais il interrompit brusquement son geste.

- Puis-je ? Demanda-t-il en pointant du doigt la blessure. Je ne voudrais pas vous offenser.

- Non non, pas du tout, assura Eänwen. De toute manière, c'est vous le guérisseur n'est-ce pas?

Elle échangea une œillade avec Legolas, qui lui rendit un magnifique sourire.

Alors, il tendit délicatement sa main vers la hanche de la jeune femme et souleva son chandail. Il releva le tissu jusqu'à un peu plus haut que son nombril, enleva le bandage et examina la blessure. Curieuse, Eänwen y jeta un coup d'œil aussi. C'était trois grosses marques de griffes épaisses qui s'étiraient le long de sa hanche et qui se terminaient sur son ventre. À présent cicatrisée, Eänwen se souvint à quel point la blessure faisait mal lors de son combat contre l'orque.

Legolas tapota légèrement la blessure du bout de ses doigts, ce qui provoqua un rire étouffé chez Eänwen. Le Prince releva la tête, inquiet.

- Qu'est-ce qu'il y a? Est-ce que j'ai fait quelque chose de déplacé? Demanda-t-il.

- Non non, c'est juste que…

- Que quoi?

Silence gêné.

- … ça chatouille, compléta Eänwen.

Legolas arqua un sourcil, abasourdi.

- Juste un peu… ajouta-t-elle.

Non, mais quelle cruche!

Si ça avait été possible, Eänwen aurait adoré changer de monde, juste l'espace d'un instant, pour éviter l'embarras dans lequel elle s'était mise. Mais, elle se contenta de se caler le plus possible dans son lit, évitant le regard de l'Elfe.

Que va-t-il penser? Il va me prendre pour une vraie enfant! Se disait-elle. Chatouilleuse! Wow, toute une réputation. Des fois, j'aimerais vraiment avoir la capacité de savoir me taire…

Mais contrairement aux attentes de la jeune femme, Legolas se contenta de hausser les épaules, quelque peu indifférent.

- Ah. Mais, faites attention à qui vous le dites, cela pourrait se retourner contre vous un jour ou l'autre.

Eänwen releva la tête et regarda le Prince avec un air dubitatif. Mais qu'est-ce que cela pouvait bien dire?

Mais avant qu'elle n'ait pu rajouter quoi que ce soit, Legolas rabaissa le chandail de la jeune femme et se releva.

- Je crois qu'il est temps pour moi de disposer, dit-il. Je vais vous laisser seule, le temps de changer vos habits. Mais si vous le désirez, je vous offre une visite guidée de la forteresse.

Pris au dépourvu, le cerveau d'Eänwen mit deux ou trois secondes à assimiler l'information.

- Oh… euh oui, avec plaisir. Je vous pris de me laisser quelques minutes, le temps que je ramasse mes affaires et tout.

- Je serais juste de l'autre côté de la porte, lui dit-il avec un sourire planant légèrement sur les lèvres.

- Sur ce, il se dirigea vers la porte et quitta la pièce, léger comme la brise.


Eänwen, à présent habillée convenablement, marchait en compagnie de Legolas à travers la forteresse depuis près d'une heure. L'Elfe lui avait fait faire le tour du bastion, du Hornburg jusqu'aux Cavernes Scintillantes, tout en lui présentant des Hommes dont la jeune femme oubliait les noms au fur et à mesure.

Tellement de gens, si peu d'espace… se disait-elle.

Effectivement, le Gouffre de Helm était réputé pour sa capacité à être imprenable, et non pour sa faculté à accueillir un peuple entier. Le long du couloir principal qui longeait le mur extérieur, des hommes, des femmes et des enfants étaient serrés les uns contre les autres sur chaque côté des parois de pierre, laissant un mince passage entre les deux pour que les gens puissent circuler. Des torches étaient allumées le long des murs, éclairant le visage encore endormi de certains. Sur les remparts au dessus d'eux, des soldats rohirrims circulaient et discutaient gravement entre eux, faisant leur ronde habituelle.

L'aube était sur le point de percer la nuit. Face à la forteresse, la Soleil se levait tranquillement, étirant ses rayons sur la plaine. Appuyée contre un contrefort, Eänwen admirait le spectacle silencieusement en compagnie de Legolas. Ils étaient à présent au deuxième étage, juste à l'extérieur de l'entrée de la grande salle. Surveillée par deux gardes, la porte d'entrée était encastrée dans la roche même de la montagne. Quelques rangées de colonnes la précédaient, finement ciselées dans la pierre et le roc. Deux statues bordaient l'escalier central par lequel les chevaliers circulaient entre les remparts et la Grande Salle. Les deux sculptures, dont une détruite à moitié, représentaient un Homme portant dans sa main une hache et un cor, une épée pendant à sa taille.

- De qui s'agit-il? Demanda Eänwen en pointant du doigt la statue.

- Cet Homme? Il s'agit d'une effigie d'un roi qui a pris refuge ici: Helm Hammerhand, répondit Legolas. Ce fut après une grande bataille qui avait duré durant un hiver entier qu'on donna son nom au Gouffre.

- Et on dit que cette forteresse n'a jamais failli sous une attaque?

- Jamais. Tous les combats sont répertoriés, mais aucun ne fut une défaite en ces murs. Les Rohirrims ont une confiance aveugle en ce bastion par son glorieux passé. Mais selon mon humble avis, tout à une fin… un jour ou l'autre.

- Que voulez-vous dire? S'enquit la jeune femme.

- Que rien n'est éternel, dit-il en regardant droit devant lui.

Eänwen ne répondit pas tout de suite, assimilant le pessimisme de l'Elfe dans son esprit. Le silence s'étira, pour en devenir presque gênant. Eänwen s'était retournée vers Legolas, les bras croisés contre sa poitrine.

- Vous êtes en train de dire que nous courrons à notre perte? Dit-elle calmement.

- Non… En fait, j'aimerais croire en la victoire, mais nous sommes si peu d'Hommes, 300 tout au plus. Des forgerons, des cultivateurs, des garçons de ferme… Comment pourrions-nous nous défendre avec si peu d'effectifs?

Le résonnement semblait logique, évidemment. Mais Eänwen médita là-dessus, ne le lâchant pas des yeux.

- L'ennemi n'est pas encore à notre porte, fit-elle enfin. Un nouveau jour se lève devant nos yeux. Un nouveau jour pour peaufiner nos plans et stratégies, un nouveau jour pour se préparer au pire. D'autres villages affluent dans la forteresse sans arrêt, ce qui veut dire qu'un espoir de plus franchit le seuil de cette porte à chaque pas que fait un Homme en entrant en ces murs. Malgré mon jeune âge, j'ai appris avec le temps que le nombre n'égale pas sa puissance de frappe. « Ne jamais sous-estimer le pouvoir d'un seul homme », voilà ce que m'a appris mon père. Une seule voix peut faire soulever des foules… même des montagnes avec un peu de volonté! Mais une chose est sûre, c'est que rien n'est impossible, même avec 300 garçons de ferme.

Legolas ne répondit rien, se contentant de se retourner vers elle, l'écoutant avec grande attention. Il n'avait pas l'air tout à fait convaincu. Mais Eänwen reprit la parole, plus confiante que jamais.

- Comme vous le dites, peut-être que rien n'est éternel Seigneur Legolas. Mais je peux vous assurer que rien n'est sans espoir…

Son interlocuteur ne répondait toujours pas, le regard indéchiffrable.

Mais avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, quelque chose capta son attention.

- Que se passe-t-il?

- Il y a de l'effervescence en bas… répondit-il en braquant son attention vers l'entrée de la forteresse. Écoutez…

Eänwen tendit l'oreille attentivement. Elle put alors percevoir des voix, des exclamations. La porte de bois grinça, et puis les exclamations redoublèrent. C'était des cris de surprise, de soulagement et de joie. Mais qu'est-ce que cela pouvait bien signifier?

- Est-ce qu'on était censé attendre quelqu'un ? Supposa la jeune femme en s'approchant des marches.

- Non je ne crois pas…

- Je vais aller jeter un coup d'œil alors. Vous venez avec moi?

- Non je vais rester ici, dit-il simplement.

- Ahh… très bien.

Eänwen se retourna, quelque peu déconcertée par le refus de Legolas, et continua son chemin. Peu importe, c'est sa vie, il a droit de faire ce qu'il veut! Elle descendit les marches quatre à quatre et tourna sur sa gauche pour aller rejoindre les escaliers qui menaient au premier étage. La jeune femme essaya en vain de voir par les remparts la personne qui pouvait provoquer autant de raffut, mais il y avait trop de monde en bas pour percevoir quoi que ce soit. Elle se fraya un chemin parmi les soldats qui étaient amassés sur les hauts de la muraille et descendit rapidement les marches. Mais elle fut arrêtée par quelque chose d'imposant.

Une foule.

Non… Il y avait littéralement une marée de gens rassemblée devant la porte d'entrée de la forteresse. Ils semblaient tous être en train de former un cercle autour du centre d'un centre d'attention. Impossible d'avancer plus près.

- Mais qu'est-ce qui se passe ici!? S'exclama fortement une voix à ses côtés.

Surprise, Eänwen se retourna vers sa droite et reconnu Gimli qui beuglait des questions aux gens aux alentours. Il ne portait plus son casque, mais ses longs cheveux roux frisés étaient écrasés le long de son crâne. Il semblait quelque peu fatigué, mais on aurait qu'une nouvelle énergie l'animait tout d'un coup.

- Maître Gimli! S'exclama Eänwen.

Le concerné se retourna et leva les yeux. Il sourit gentiment.

- Oh, bien le bonjour gente Dame du désert, salua le nain.

- Que se passe-t-il? Qu'est-ce que toute cette animation?

- J'en ai aucune idée! Mais si quelqu'un avait au moins la bonté de nous le dire, dit-il en élevant le ton pour que tout le monde autour de lui puisse l'entendre, on pourrait tranquillement retourner s'occuper de nos affaires en fumant une bonne pipe!

Sa question eut l'effet espéré. Quelques têtes se retournèrent en sa direction, visiblement exaspérées par l'attitude du nain.

- C'est Aragorn! Dit l'un d'entre eux.

- Il est de retour! Dit une autre. Il est vivant!

L'annonce eut l'effet d'une bombe sur Gimli. Son visage se décomposa, se transformant de la colère à l'ahurissement total. Son cerveau sembla prendre quelques secondes à assimiler le retour d'Aragorn. Un léger sourire s'étira sur ses lèvres, éclairant son visage.

Cependant, pour Eänwen, c'était tout le contraire. Les deux bras lui tombèrent et ses yeux devinrent gros comme des billes.

- Quoi?! S'exclama-t-elle. Il était mort??!!

- De quoi? Vous n'en saviez rien? Demanda le nain.

- Bien sûr que non! J'étais partie tout bonnement dans les bras de Morphée depuis la bataille d'hier matin moi!

- Legolas ne vous en pas glisser un mot?

- Non, mais…

C'est là que la réalité la frappa. C'était donc ça qui rendait Legolas aussi malheureux ces temps-ci.

- Oh voilà pourquoi il ne voulait pas en parler… murmura-t-elle pour elle-même, soudainement mal à l'aise.

- Bon je ne sais pas pour vous, mais moi j'ai un certain rodeur du nord à aller écorché vif. Vous m'accompagnez? Demanda Gimli avec le plus grand sérieux du monde.

Eänwen hocha la tête.

- Bon, alors suivez-moi, dit-il. Il va bien falloir passer à travers cette foule.

Gimli se retourna vers l'endroit où Aragorn était supposé se trouver, et commença à beugler haut et fort, bousculant les gens autour de lui.

- Où est-il? Où est-il? Laissez-moi passer. Je vais le tuer!

Riant dans sa barbe, Eänwen talonnait Gimli, le suivant de très près pour pas que la foule se referme sur elle. Mais pour ce qui était du nain, il se débrouillait assez bien pour quelqu'un de sa taille. Bousculant les gens, il se frayait un passage à travers l'attroupement. Il arborait un air sévère et furieux, mais Eänwen était persuadée que le nain était très nerveux à l'idée de retrouver son grand ami.

La supposition de la jeune femme se concrétisa lorsqu'ils débouchèrent dans le cercle qui s'était formé autour d'Aragorn. Ce dernier était plutôt mal en point. Debout à côté de son cheval, le rodeur n'affichait guère une bonne mine, mais un sourire naquit sur ses lèvres lorsqu'il vit son ami Gimli. Ses cheveux noirs graisseux encadraient son visage, des cernes de fatigue bleutés s'étiraient sous ses yeux. Il abordait une barbe de quelques jours et plusieurs blessures sur ses bras et son visage. Ses vêtements étaient en loques, déchirés ici et là, et de la poussière de terre était imprégnée partout sur son corps. Mais ses yeux brillaient d'un courage nouveau.

- Vous êtes l'Homme le plus chanceux, le plus malin et l'Homme le plus imprudent que je n'aie jamais connu, déclara Gimli en s'approchant de lui les bras ouverts. Soyez béni, ami.

Ils s'enlacèrent. Eänwen sentit son cœur s'alléger tout d'un coup; c'est toujours apaisant d'être témoin d'une scène de retrouvailles. L'apercevant du coin de l'œil, Aragorn salua la jeune femme de la tête avant de se retirer doucement de l'emprise du nain.

- Gimli, où est le roi?

D'un regard, le nain lui pointa la direction à suivre. Aragorn le remercia du regard et il se fraya un chemin à travers la foule. Suivis d'Eänwen et de Gimli, il monta les escaliers principaux. Agilement, il marcha à travers les soldats en ne ralentissant point le pas. Gimli, qui le suivait, n'eut pas cette chance et buta maladroitement dans plusieurs soldats. Rapidement, Eänwen et le nain perdirent Aragorn de vue.

Le rodeur monta quatre à quatre les escaliers et se retrouva sur la plate-forme de pierre qui s'étendait proche de la salle du trône. Des gens circulaient rapidement, des femmes et des enfants étaient assis sur le sol, attendant leur sort. Aragorn passa en dessous des arcs et colonnes de pierre, la tête basse. Mais il se heurta à une personne qui se tenait droit dans sa direction, lui bloquant le chemin. Il ralentit brutalement le pas et se retrouva face à Legolas juste en face des portes, affichant un regard impénétrable.

- Vous êtes en retard, déclara l'elfe, pince-sans-rire.

Mais il abandonna rapidement son air et le regarda de haut en bas, affichant un air inquiet.

- Vous avez une mine affreuse, constata-t-il avec une voix angoissée.

Sans rien ajouter, Aragorn afficha un sourire sincère et posa sa main sur l'épaule droite de son ami, signe de fraternité. Legolas se retira et sortit quelque chose de sa poche. Pendant au bout de ses doigts, l'Étoile du Soir brillait faiblement à la lumière du Soleil. Pensant l'avoir perdu à jamais, Aragorn prit précautionneusement le bijou dans ses mains, comme s'il s'agissait de la chose la plus précieuse à ses yeux. En fait, c'était le seul lien qui le reliait son être aimé : Arwen. Il releva les yeux vers Legolas, le visage ahuri.

- Merci.


Eänwen rentra bonne dernière dans la salle principale de Fort-le-Cor. Discrètement, elle se glissa par le seuil de la porte, mais personne ne la remarqua puisqu'ils étaient tous occupés à discuter gravement. Ils ne devaient être pas plus qu'une dizaine de personnes rassemblées en trois petits groupes. La pièce était plus petite que celle de Meduseld, mais quelques tables de chêne meublaient la salle. Des torches brûlaient contre le mur, éclairant la pièce avec l'aide des rayons du Soleil provenant des fenêtres encastrées sur le mur Est, sa lumière filtrant à travers la poussière flottante dans l'air. Au fond, Théoden siégeait sur son trône creusé dans la pierre. Gamelin à ses côtés, le Seigneur de la Marche portait un habit bourgogne, richement tissé de fil d'or le long de ses poignets et de son col et une cape verte était attachée à son cou. Différents drapeaux du Rohan pendaient sur le mur derrière lui, envoyant leur ombre s'étirer sur le mur de la montagne.

Soudainement, les portes de bois se refermèrent bruyamment derrière Eänwen, le son ricochant contre les parois de pierre. Des têtes se retournèrent vers elle. Eänwen y reconnut Aragorn, Legolas, Gimli, Théoden, Gamelin et certains autres dont elle ne connaissait le visage que de vue.

Mais, tapit dans un coin, la jeune femme reconnut son frère Astaldo, accompagné de Derek seulement. Quand il aperçut sa sœur, ses yeux se dilatèrent et un sourire béat s'étira sur ses lèvres. Eänwen courut et se jeta dans les bras de son frère, heureuse de le revoir enfin. Il l'a fit tourner deux ou trois tours et la remit sur ses pieds.

- Comment vas-tu? Murmura-t-il. Désolé de ne pas avoir été là à ton réveil, je…

- Non non! Coupa Eänwen. Je ne veux pas de tes excuses, je suis juste contente que tu sois là.

- Et moi content que tu sois dans un meilleur état! Quand je suis venu à l'infirmerie ce matin à l'aube, tu n'y étais plus!

Eänwen afficha un air gêné.

- Désolé, j'étais partie faire une petite marche… dit-elle.

Du même coup, elle décocha un regard à Legolas qui parlait gravement avec Aragorn et le roi. Un petit sentiment de « grand-frère-protecteur » émergea à l'intérieur de l'estomac d'Astaldo... Pas encore lui.

Mais avant qu'il n'ait pu rajouter quelque chose, il vit Théoden se lever de son trône et marcher vers le centre de la pièce. Tout le monde se tut, tous attentif au moindre geste de leur roi. Astaldo fit signe à Eänwen de se retourner et elle se plaça à côté de lui, dos au mur. Le silence remplissait à présent la salle; seul le bruit des bottes du roi résonnait sur le plancher de pierre.

- Une grande armée, vous dites? Demanda alors Théoden.

- Oui, l'Isengard s'est vidé, confirma Aragorn.

- Combien sont-ils?

Un silence bref lui répondit.

- Au moins 10 000, finit par lâcher le rodeur.

Théoden se retourna vers Aragorn, le visage décomposé. Eänwen porta une main à ses lèvres, profondément choquée. C'était un nombre beaucoup trop exorbitant pour une armée!

- Dix mille! S'exclama le roi.

- C'est une armée constituée dans un seul but… dit Aragorn. Détruire le monde des Hommes.

La vérité tomba gravement sur les épaules de Théoden. Cette lourde réalité assombrit ses yeux clairs où il y voyait à présent la gravité de la situation.

- Ils seront là à la tombée de la nuit, rajouta le Dúnedain.

Théoden détourna les yeux. Pendant un instant, il réfléchit. Mais d'un pas décidé, il se retourna et marcha vers la porte d'entrée.

- Et bien, qu'ils viennent, dit-il sur un air de défi.


Merci tout le monde de m'avoir lu encore une fois…

Prochain chapitre : Bataille au Gouffre de Helm (eh merde…)

Humhum onsevoitdans10mois humhum

En attendant… reviews? :)