Note: J'avais prévenu pour ce retard mais je m'excuse quand même, j'ai eu une période gros boulot à la fac et je n'ai pas pu faire grand chose d'autre que travailler mes exposés. Je me console en me disant que le 10 décembre j'ai deux semaines blanches où je pourrais écrire :D

Merci à vous en tout cas, à chaque chapitre je m'étonne du nombre de personnes qui commentent, ça motive énormément de recevoir autant d'avis positif! :)

Sur ce bonne lecture!


L'exploration

Pour la centième fois sans doute, Tony lança rageusement le petit carnet relié de cuir contre le mur du laboratoire. Il se sentait seul là-bas et les notes du professeur Selvig relevait plus d'une langue étrangère qu'il devait apprendre que d'une véritable aide. Voilà près de trois mois qu'il travaillait d'arrache-pied sur la réparation du Bifrost sans autre distraction que les visites à la bibliothèque qu'il effectuait fréquemment, plus pour se changer les idées que par réelle envie de chercher des informations. Loki venait le voir parfois, très souvent les premiers temps puis moins de deux fois par mois pour finir. Finalement Tony se demandait si Loki ne l'avait pas purement et simplement oublié.

Ses dernières visites avaient été fugace. Il s'était contenté de venir, de constater que Tony n'avançait pas, de le menacer avant de s'en aller. La toute dernière fois qu'il l'avait vu, Loki l'avait même frappé faute de résultats probants. Ce jour-là il se souvenait l'avoir trouvé malade et fatigué. Enfin ça c'était avant que le dieu ne passe ses nerfs sur lui bien entendu.

Désormais il se fichait éperdument de ce Loki pouvait faire ou pas, il souhaitait simplement qu'il tombe dans les escaliers et se brise la nuque. Ou qu'il saute par la fenêtre.
Tony se leva et ramassa le petit carnet de cuir du professeur Selvig en s'en voulant de s'énerver contre un objet qui n'y était pour rien. L'étrange machine que le professeur avait construite du temps où il était sous le contrôle de Loki pouvait peut-être l'aider mais elle était encore plus énigmatique. Il supposait qu'il devait la programmer de la même façon que n'importe quel ordinateur mais les notes dans le carnet étaient encore plus confuses que tout le reste. Il fallait en plus trouver une source d'énergie semblable au Tesseract, or le cube se trouvait avec Thanos très loin d'ici.

Parfois Tony se demandait si Loki avait réellement pour projet de réparer le Bifrost ou s'il souhaitait simplement l'occuper ou encore trouver un bon prétexte pour le tuer.

Il s'assit dans un fauteuil qu'il avait déniché derrière une machine poussiéreuse et se laissa aller contre le dossier en fermant les yeux. Dieu qu'il s'ennuyait. Il avait terriblement envie de sortir pour marcher un peu dans la ville et se changer les idées, mais bien entendu c'était impossible. Les deux sorciers à l'air revêche de l'entrée ne le laissait sortir que le soir pour qu'il retourne dans sa cellule ou encore pour aller à la bibliothèque. Et même là ils le tenaient à l'œil.

Machinalement il se dirigea vers les engins du professeur Foster qu'il avait entassé dans un coin du laboratoire. Maintes fois il les avait observé, tentant de déterminer si elles pouvaient lui être d'une quelconque aide. Mais non. En baissant les yeux il observa quelque chose de fort intéressant en revanche. Une grille d'aération, qui ne fonctionnait sans doute plus, était en partie cachées par une montagnes de livres et d'objets divers.

Une idée germa dans son esprit. Il ne pouvait sans doute pas s'enfuir, mais la perspective de partir en balade dans les conduis d'aération du palais était très tentante. Il se baissa et constata que la grille n'était pas scellée. Il avait approximativement cinq heures avant d'être reconduis dans sa cellule, c'était suffisant pour s'accorder une pause. Glissant ses doigts entre les rainures, il tira brusquement. La grilla céda avec un crissement aigu et il se retourna vivement prêt à voir débarquer un des sorciers en charge de sa garde. Par chance Tony faisait suffisamment de bruits à l'accoutumée pour que celui-ci ne les inquiète pas plus que ça. Tony posa précautionneusement la grille par terre, jeta un dernier regard derrière lui et se faufila dans la bouche d'aération.

Le conduis était étroit mais il parvenait tout de même à se déplacer avec une certaine facilité. Les parois étaient recouvertes de toiles d'araignées collantes et épaisses et Tony, qui n'était pourtant pas particulièrement peureux, n'osait pas imaginer la taille de l'insecte qui l'avait tissé. Il lui sembla également voir passer deux ou trois souris. A mesure qu'il avançait la lumière se réduisait et bientôt il dut fortement plisser les yeux pour y voir quelque chose.

Au bout de ce qui lui sembla être une bonne heure, il parvint à une autre grille d'aération sans doute dans l'aile ouest du château. Un peu plus loin il en vit également une autre. Visiblement tout n'avait pas été condamné. Il s'apprêtait à rentrer dans son laboratoire lorsqu'une lueur attira son attention. Cette voie là ne menait pas à un quelconque débarrât comme il avait pu le voir jusque là mais à une pièce qui semblait bel et bien habitée.

Tony hésita puis se dit que de toute manière il ne faisait rien d'autre de ses journées à part courir après une chimère. Au final mourir ne lui faisait pas tant peur que ça. Il ouvrit précautionneusement la grille et constata qu'elle menait à une pièce qui était occupée et visiblement chaleureuse. Une bibliothèque cachait en partie la grille si bien qu'il mit plusieurs minutes pour sortir. Tony avait la sensation d'être un enfant qui transgressait les règles, c'était à la fois grisant et effrayant.

La chambre, car oui c'était une chambre, le grand lit à baldaquin ne saurait mentir, était spacieuse et chaleureuse. Elle était plutôt en désordre, des livres traînaient ça et là ou bien s'entassaient près de la bibliothèque elle-même très remplie. Plusieurs lettres étaient ouvertes sur le bureau et certaines gisaient dans la cheminée qui produisait encore une petite flamme. Une sorte de grimoire était également ouvert sur le lit, une plume noire coincée entre ses pages. C'était une belle pièce, vivante et chaleureuse comme Tony les aimait. Cependant plusieurs minutes plus tard il se trouva particulièrement stupide de ne pas avoir réalisé tout de suite qu'il se trouvait dans la chambre de Loki.

Une partie de son esprit – la plus raisonnable et donc la moins utilisé – lui souffla de partir avant que le dieu ne s'en aperçoive. Après tout il semblait particulièrement possessif avec ses affaires. Mais Tony effaça bien vite cette option de son esprit. La tentation de fouiller la chambre de Loki, de découvrir les secrets de la personne la plus mystérieuse et insaisissable qu'il connaisse était bien trop tentante. Les livres de la grande bibliothèque traitaient pour la plupart de magie, du moins d'après ce qu'il comprit. Des livres fins, épais, grands ou minuscules, certains tâchés de sang et moisissant dans un coin, ou alors remplis de couleurs chatoyantes.

Tony n'avait jamais été particulièrement attiré par la magie mais de tels livres ne pouvaient laisser indifférents. Il en choisit un avec une couverture violette et brodée de lettres d'or. Il le feuilleta et se laissa malgré lui happé par les illustrations qui lui rappelait les contes pour enfants. Il hésita puis glissa le livre dans sa poche. De toute façon Loki en avait tellement qu'il y avait peu de risque qu'il se souvienne de celui-ci.

Il se demanda vaguement si le dieu était du genre à installer des pièges sur ses affaires pour empêcher quiconque d'y toucher. A la réflexion cela lui parut peu pratique et il décida de ne pas s'angoisser pour rien. Dans une des commodes il trouva divers bijoux et objets dont la fonction le dépassait, est-ce que voler un de ces objets pouvait être une cause de mise à mort ? Probablement, songea t-il.

Le deuxième tiroir était bien plus intéressant. Il contenait une multitude de lettres soigneusement pliées et retenues par un lien en cuir, ainsi que divers dessins empilés. Le premier de la pile représentait un tout petit bébé, plutôt chétif, avec de grands yeux verts et des cheveux noirs. Il était dans les bras d'une très jolie femme qui portaient de longs cheveux blonds, une robe d'apparence royale et qui souriait. Tony passa au deuxième dessins qui représentait sans doute le même petit garçon mais avec quelques années de plus, il était sur les épaules d'un autre garçon grand et massif qui ressemblait à... Thor ! Tony comprit que ce n'était pas de simples dessins mais des sortes de portraits de cour. Après tout les appareils photos ne devaient pas exister sur Asgard. Le reste des dessins étaient tous du même genre, on y voyait Loki grandir ou en compagnie de personne que Tony ne connaissaient pas. C'était étrange de le voir enfant ou de l'imaginer avec une vie un tant soit peu normale. La complicité qui régnait entre lui et Thor était évidente, il n'y avait pratiquement pas un dessin où ils n'apparaissaient pas ensemble. Une dernière image montrait Loki encore jeune enfant, avec Thor et un autre homme encore plus grand. Peut-être un troisième frère, qui sait ?

Tony reposa les dessins avec une étrange sensation d'avoir remué quelque chose qui n'aurait pas dû l'être. Il se demandait comment Loki avait pu passer de ce jeune garçon heureux à l'espèce de fantôme qu'il était actuellement.

Il se dirigea vers la table de nuit et vit une sorte de lettre de parchemin ouverte et froissée comme si on l'avait plié et déplié mainte fois.

« Loki,

Ta mère, Frigga, nous a quitté cette nuit. Ses dernières pensées étaient pour toi et ton frère.
Sache que cela ne peut plus continuer ainsi.

Odin. »

L'écriture était soignée bien qu'un peu tremblante et le sceau à sa base était sans doute ceux d'Asgard. La lettre datait de plus d'un mois auparavant, ce qui expliquait les visites plus que sporadiques de Loki et son air de plus en plus malade. Apparemment la nouvelle l'avait affecté. Tony ne savait pas si Loki était proche de sa mère et il s'en fichait même, mais il eut une pensée pour Thor.

Un croassement de corbeaux le fit sursauter et son cœur se mit à battre la chamade. Deux corbeaux noir comme l'encre se tenaient sur le rebord de la fenêtre et le fixaient d'un air réprobateur. Tony secoua la tête. Les corbeaux n'étaient que des oiseaux, en aucun cas ils ne pourraient le fixer avec un air quelconque. Il agita la main pour les chasser et reposa la lettre sur la table de nuit. Il s'assura qu'il avait tout remit en place et repartit par le conduis d'aération.


Tony sortit de la tête de son carton en soupirant et couvert d'une épaisse couche de poussière. Il s'était aperçut que parmi tout le matériel du docteur Selvig, il n'avait pas ouvert un certains nombres de choses soigneusement emballés dans des cartons et prenant la poussière dans un coin de la pièce. Il s'efforçait de ne pas penser à ce qu'il avait fait dans la chambre de Loki. Fouiller dans ses affaires lui apparaissait désormais comme une mauvaise idée et il espérait que le dieu n'avait rien remarqué.

- Ah !

Il venait de trouver ce qui l'intéressait. Un ordinateur en bon état qui allait peut-être lui permettre de communiquer avec l'extérieur. Les gardes-sorciers discutaient bruyamment avec d'autres personnes, si bien que Tony eut tout le loisir de faire du bruit. Il installa l'ordinateur entre deux grosses machines de sorte que si quelqu'un entrait dans la pièce, il puisse cacher ce qu'il était en train de faire. Comme lorsqu'il habitait encore au dehors, il alluma la machine à l'aide de la magie qui semblait entourer chaque personne. Tony avait développé une théorie dont il aurait adoré parlé au docteur Banner. Son cœur se serra à l'idée que Bruce puisse être mort lui aussi, il l'appréciait énormément en tant que scientifique et en tant qu'ami.

L'ordinateur s'alluma en grésillant, il mit un certains temps avant de démarrer réellement mais il y parvint avec un ronronnement. Une heure plus tard et après s'être pratiquement battu avec la machine, il réussit à se connecter au réseau de résistance du No man's land. Tony avait le cœur qui battait la chamade. S'il était prit il serait mit à mort sans aucun doute, mais pour l'heure il devait tenter de parler aux résistants, de les avertir que Thor était toujours en vie et Loki affaiblit.

- Monsieur Stark?

C'était la jeune femme qui dirigeait le réseau. Il fut tellement soulagé qu'il en aurait presque crié de joie. Presque.

- Comment vous êtes-vous échappé du palais? Comment se fait-il que vous soyez en vie?

- C'est une longue histoire mais je suis toujours prisonnier et je ne sais pas combien de temps je pourrais encore vous contacter.

- Quelqu'un souhaite vous parler.

Pendant quelques minutes il n'y eut plus rien puis quelqu'un se remit à écrire et Tony attendit fébrilement.

- Tony?

- Heu... Oui?

- C'est Clint!

Son cœur s'arrêta pendant cinq bonnes minutes, c'est du moins l'impression qu'il avait.

- Clint? Mon cher Oeil-de-Piaf?

- Lui-même! Comment ça se fait que tu es en vie? Ou es-tu?

- Au palais, Loki me retient prisonnier mais peut-importe, depuis quand es-tu là-bas? Et Natasha ?

- Il s'est passé tellement de choses en quatre ans. Natasha va bien, elle et moi sommes partis dès le début dans l'Oural.

- Vous résistez depuis le début alors?

- C'est ça. Tu aurais du venir Tony.

- Je vous croyais tous mort !

- Nous aussi Tony, je suis vraiment heureux de te parler.

- La vie est dure là-bas?

- En toute honnêteté oui.

- Vous vivez ou?

- Je ne peux pas te le dire au cas où quelqu'un intercepterait cette conversation.

- Je comprend.

- Je peux juste te dire que... Enfin que maintenant nous sommes trois.

- Comment ça?

- C'est long à expliquer mais peu de temps après la fin de la guerre, Natasha a découvert qu'elle était enceinte.

- Je... et bien félicitation je suppose.

- Je sais qu'avoir un bébé dans ces conditions n'est pas spécialement la meilleure décision au monde mais nous n'avons pas eu le choix et elle nous rend heureuse. Vu les temps qui courent, ce n'est pas du luxe.

- Elle?

- Oui elle s'appelle Leah et elle a trois ans.

- Ne m'en veux pas mais j'ai du mal à imaginer Natasha en maman.

- Moi aussi, mais elle se débrouille très bien à sa manière.

- Je dois partir Clint, je ne sais pas si je pourrais me reconnecter mais je te promets de tout faire pour changer les choses.

- A toi tout seul? Je savais que tu étais mégalo Stark mais à ce point là?

La tentative d'humour de Clint lui arracha un sourire.

- J'aurais aimé avoir ce genre de chose avec Pepper.

- Je suis désolé Tony.

Mais être désolé ne lui rendrait pas Pepper.

- Je reviens vite, embrasse Natasha pour moi.

Et il se déconnecta.

Tony se laissa retomber contre le dossier froid de la chaise et se rendit compte que la nuit venait de tomber, claire et douce malgré ce mois de novembre. Il était bien sur très heureux de savoir que Clint et Natasha étaient en vie et qu'ils avaient eu une petite fille même si ce n'était pas prévu. Mais quelque part au fond de lui, il les enviait beaucoup et surtout il se sentait plus seul que jamais. Derrière lui, à l'entrée du laboratoire, Loki l'observait un air indéfinissable sur le visage plus silencieux qu'un chat.


Voilà pour ce chapitre! Le prochain chapitre arrive samedi ou celui d'après suivant ma rapidité d'écriture! :-)

P.S: Je n'ai pas eu le temps de relire ce chapitre, désolée pour les éventuelles fautes :-/