La canicule

Première partie.

Cette histoire se déroule pendant l'été. Depuis quelques temps, la chaleur règne dans le village étant le plus proche du sanctuaire et Aldébaran se montre particulièrement soucieux du mal être de ces habitants. Lorsqu'il se rend dans les nombreuses rues de cette bourgade, il croise beaucoup de personnes qui ne souhaitent qu'une seule chose : de l'eau et hélas, le Chevalier d'Or du taureau ne possède pas le don d'invoquer cet élément.

Devant cette si grande détresse, le guerrier au service d'Athéna a monté plusieurs fois jusqu'au temple du Verseau mais à chaque fois qu'il franchi le seuil, il se souvient que le propriétaire de la demeure a été vaincu lors de la guerre sainte opposant les Chevaliers de Bronze à ceux dont l'armure est dorée. Lors de l'une de ses éventuelles visites, Aldébaran se dit qu'un autre combattant pouvait peut-être rendre service aux habitants de ce village qui ne cessent de souffrir de jour en jour.

Les récoltes ont été catastrophiques cette année et les nappes phréatiques présentent des niveaux si bas que si rien n'est tenté, des morts risquent d'être déclarés à la pelle et le Chevalier du Taureau se refuse de laisser des gens mourir sans lever le petit doigt. Depuis, le voilà qu'il marche en direction de l'entrée de ce fameux village, accompagné d'un jeune adolescent qui se déplace à ses côtés ?

« Tu penses vraiment que je vais pouvoir les aider ? Lui demande-t-il.

- Bien sûr et puis tu n'es pas l'élève de Camus pour rien. Inutile de te dire que je place de nombreux espoirs en toi.

- Ouais et je te dis pas la pression que tu me fous sur les épaules Aldébaran. »

Se moquant complètement des états d'âmes du Chevalier qui marche auprès de lui, l'homme à l'armure d'or continue de progresser jusqu'à l'entrée. Lorsque celle-ci est franchit, un petit garçon portant des haillons et arborant plusieurs traces de fatigue sur son corps vient à leur encontre. Ses cheveux sont noirs tandis que ses yeux sont d'un magnifique bleu océan.

« Quelle horreur. » Fait le compagnon du Taureau.

Celui-ci, tranquillement, pose un genou sur le sol afin de se retrouver à la hauteur du petit garçon.

« Bonjour mon grand.

- Bonjour Monsieur Aldébaran. »

De suite, la mine patibulaire du Chevalier disparait pour laisser la place à un visage illuminé par un joli sourire sur ses lèvres. Visiblement, cet être à la musculature impressionnante aime le contact avec les enfants et cela provoque chez lui un changement de comportement radical.

« Quel âge as-tu et comment t'appelles-tu ?

- Je me nomme Amphitryon et j'ai sept ans.

- Je vois. »

Après avoir répondu à ces questions, le garçonnet se tourne vers le Chevalier qui accompagne Aldébaran. Celui-ci présente une armure blanche sur son corps et son plastron dévoile des motifs qui semblent évoquer les ailes d'un oiseau.

« Vous aussi vous êtes un Chevalier d'Athéna ?

- Oui et je me nomme Hyoga.

- Hyoga ? » Répète l'enfant qui se met à réfléchir.

Il s'accorde plusieurs secondes pour penser lorsque l'évidence lui surgit au sein même de son jeune esprit grâce aux nombreuses histoires qui se racontent dans les familles que comprend ce village.

« Vous êtes Hyoga, le Chevalier de Bronze du Canard, c'est bien ça ? »

Et là, Aldébaran éclate de rire. Une expression qui s'entend à plusieurs mètres de la ronde, poussant certains résidents du village à passer leur tête par la fenêtre de leur habitation pour comprendre ce qui se passe. De son côté, Hyoga esquisse un sourire avant de rectifier cette erreur.

« Désolé Amphitryon mais tu te trompes. Je suis du Cygne et non du Canard.

- Ha… »

Libère-t-il avant de baisser son visage, gêné par cette honte qui vient d'habiter son cœur. Rapidement, Hyoga cherche à le rassurer.

« Mais ne t'inquiète pas, ce n'est pas grave de se tromper, cela arrive à tout le monde. »

Amphitryon lève son regard pour le plonger dans celui du blond.

« C'est vrai ? Même vous ?

- Oui, même moi. Il faut que tu saches que nous sommes des humains tout comme toi, avant d'être des Chevaliers et tout le monde sait que l'erreur est humaine. »

Soudain, Hyoga songe à la raison qui l'a amené ici et décide de ne pas perdre de temps.

« Dis-moi Amphitryon ?

- Oui ?

- Peux-tu me conduire à l'un des bassins de ton village s'il te plait ?

- Bien sûr mais il n'y a pas d'eau en ce moment.

- Cela tombe bien, je suis venu pour régler ce problème.

- Vraiment ? »

Le Chevalier du cygne hoche positivement de la tête avant de voir le jeune garçon lui prendre la main pour l'emmener au premier bassin. Rapidement, les deux nouveaux amis s'avancent à l'intérieur de la rue principale tandis que le Chevalier du Taureau marche derrière eux. Pendant sa petite promenade, Hyoga a l'occasion de rencontrer plusieurs habitants sur son chemin et l'état dans lequel se trouve certaines personnes l'inquiète beaucoup. Oui, il était temps pour lui d'intervenir pour aider ce village à lutter contre la chaleur.

Au bout de plusieurs secondes de marche, Hyoga, Amphitryon et Aldébaran arrivent devant le premier bassin. Celui-ci est à sec et aucune goutte d'eau ne s'échappe du robinet qui se trouve sur l'un des murs qui entoure le village.

« Nous y voilà Hyoga, dit l'enfant.

- Merci bien. »

Sûr de lui, le Chevalier du Cygne pose ses deux mains sur le fond du bassin et commence à se concentrer. Pendant ce temps, Aldébaran attrape Amphitryon par l'un de ses poignets et le ramène doucement vers lui.

« Qu'est-ce qu'il fait ?

- Tu vas pouvoir boire dans quelques minutes.

- C'est vrai ? » Demande le garçon en ouvrant ses yeux en grand.

De son côté, tranquillement, Aldébaran hoche positivement de la tête tout en gardant son sourire sur les lèvres. A quelques centimètres d'eux, Hyoga élève son cosmos tout autour de corps et commence à faire apparaître de la glace sous ses doigts.