Bonjour à tous !
Merci à Rosalieemmamailie qui a été la seule personne personne à écrire une review pour le chapitre précèdent, ainsi qu'aux quelques personnes qui suivent maintenant la publication !
Voici le nouveau chapite, les choses commencent à se placer !
Disclaimer : L'univers d'Harry Potter appartient à J.K. Rowling.
J'espère que ce sera à votre goût !
BONNE LECTURE !
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- Alors Harry ? Rien de nouveau avec Ginny ?
Hermione avait posé la question pour faire la conversation. Plus d'une semaine s'était écoulée depuis qu'elle avait surpris quelqu'un dans les cachots - et malgré qu'il ne se soit rien passé depuis, elle se doutait que cette histoire était loin d'être terminée, peu importe ce que Harry lui disait pour la convaincre du contraire. Les derniers jours qu'ils avaient passés étaient tranquilles, leurs seules préoccupations étant les devoirs. Ils étaient d'ailleurs en train de les faire, tous les trois, dans la salle commune de Gryffondor.
- Non, rien de nouveau, lui répondit-il d'un air renfrogné.
- Tu devrais aller lui parler, dit Ron sans lever les yeux de son parchemin. Elle n'attend que ça.
Harry et Hermione s'échangèrent un regard étonné. Ils ne se rappelaient pas que Ron soit si enchanté à l'idée que son meilleur ami sorte avec sa soeur. Du moins aux dernières nouvelles.
- Tu crois vraiment ? hésita Harry, n'osant confronter le regard de son meilleur ami.
- Oui. Elle n'est plus vraiment elle-même depuis quelque temps, et je crois que ça lui ferait du bien d'avoir un peu de... réconfort.
- Par moi ? insista Harry, plus surpris que jamais.
- Ça n'a pas d'importance. L'important est que ma soeur aille mieux. J'en ai parlé à Dean, aussi, hier avant le cours de métamorphose. Il m'a dit qu'il allait y penser.
- Tu as quoi ?
- Comme il est déjà sorti avec ma soeur, je me suis dit que ça pourrait lui faire plaisir.
- Tu as encouragé quelqu'un d'autre que moi à... draguer ta soeur ?
- Hé ! Elle ne t'appartient pas que je sache, alors qu'est-ce que ça change...
- Ron, tu sais qu'elle m'intéresse ! dit Harry en se levant brusquement.
- Je sais surtout que tu l'as laissé et qu'après, elle était...
- Tu sais très bien pourquoi je l'ai laissée ! Combien de fois il va falloir que je te le répète ?! J'étais aussi détruit qu'elle après notre rupture ! cria cette fois le brun.
Les joues de Ron se mirent à rougir lentement alors qu'il se levait à son tour, pour faire face à son meilleur ami. Hermione les observait et essaya de les calmer, mais sans succès.
- Tu ne t'es pourtant pas dépêché de retourner vers elle ! continua Ron. Et maintenant elle dépérit, peu importe ce que je fais pour elle !
- Ce n'est pas aussi facile que tu le crois ! répliqua Harry. Regarde Hermione, par exemple...
- Quoi, Hermione ? se retourna le roux, surpris.
- Les garçons... vous devriez...
- Eh bien tu penses que c'est facile pour elle ? Elle n'arrête pas de...
- ARRÊTEZ DE VOUS DISPUTER ! l'interrompit Hermione à toute vitesse. Elle avait mis le plus d'autorité possible dans sa voix, et les deux autres semblèrent remarquer qu'ils n'étaient pas seuls au monde et que tous les autres Gryffondor les observaient. Ils se rassirent lentement, sous l'oeil sévère de leur meilleure amie.
- Est-ce que ça va ? demanda Neville, alors que le silence était tombé sur la salle comune.
Les autres élèves les dévisageaient, l'air tétanisé. Ils hochèrent tous les trois la tête de concert, et les conversations reprirent peu à peu. Harry et Ron s'échangeaient encore des regards furieux.
- Écoutez-moi bien, tous les deux ! se mit à les sermonner Hermione. Harry a raison, Ron, retourner auprès de Ginny n'est pas si facile, même si c'est ce qu'ils souhaitent chacun de leur côté. Ginny est également un peu perdue, et - elle lança un regard réconfortant vers Harry - bien qu'elle ne doute pas de ses sentiments, je crois que cette réflexion lui fait du bien. Ensuite, Harry, si tu ne fais rien de ton côté, tu ne dois pas t'attendre à ce qu'il en soit de même pour les autres garçons ! Tu n'as pas à crier sur Ron parce qu'il ait évoqué la possibilité que d'autres personnes aient voir Ginny, même si demander à Dean de le faire n'était pas très intelligent.
Elle s'arrêta pour reprendre son souffle, ayant dit tout cela très vite. Elle reprit, plus doucement :
- Je sais que vous êtes tous les deux préoccupés par l'état de Ginny, et que tout ce que vous voulez est son bonheur. Vous ne vous y prenez pas de la même façon, mais l'intention est la même. Donc je ne crois pas que ce soit là un sujet de dispute, n'est-ce pas ?
Les deux imbéciles qui lui tenaient lieu d'amis la regardèrent quelques instants avant de finir par rire.
- Comme toujours, tu as raison, affirma Harry avant de tapoter l'épaule de Ron, comme pour effacer ce qui venait de se passer.
Celui-ci sourit et approuva avant d'ajouter :
- Mais tu as bien remarqué qu'elle a dit que j'avais raison... que d'autres personnes peuvent s'intéresser à ma soeur ?
- J'ai surtout noté qu'elle a dit qu'il était stupide d'avoir demandé à Dean de lui parler.
- Tu déformes son propos !
- TU déformes son propos !
- Elle a parlé du bonheur de Ginny !
- En disant que Ginny éprouvait quelque chose pour moi !
Hermione leva les yeux au ciel, exaspérée, et essaya de travailler sur son devoir, pour inciter Harry et Ron à faire de même. Ils recommençaient à crier de plus en plus fort, si bien qu'elle commença à lire à voix haute, afin de mieux se concentrer.
- « Donc, avec toutes les propriétés que nous avons vues et les nouveaux ingrédients qui apparaissent sans cesse, il n'est pas surprenant de constater qu'un nombre croissant de potions artinasales se fait chaque année. Certaines peuvent développer plein d'aspects nouveaux et intéressants de la magie, alors que d'autres créés dans l'ombre sont plus dangereuses que tout ce qui existe jusqu'à présent. Jusqu'où ira la magie ? Il n'y a pas de fin à ses possibilités. Ce qu'il faut souhaiter est que les opportunités qu'elle nous laisse ne tomberont pas entre de mauvaises mains. ».
- Mais... qu'est-ce que tu fais ?
La voix d'Hermione, qui s'était amplifiée au fil de sa lecture, avait interrompus les gamineries des deux garçons sans qu'elle s'en aperçoive.
- J'essaie de travailler, ça ne se voit pas ?
- Oui, mais je ne comprends pas pourquoi... le devoir de potion était à remettre il y a deux jours. Et il n'avait aucun rapport avec... ça, la contredit Harry.
Hermione prit son air exaspéré.
- Est-ce que je suis la seule qui se rappelle que le Professeur Slughorn nous a donné un travail bonus à faire au premier cours ?
Harry et Ron échangèrent un regard, avant d'hocher la tête de concert.
- Oui.
- Tu dois également être la seule à le faire, ajouta Ron, moqueur. Comme si on n'avait pas assez de devoirs comme ça... Non mais pourquoi se compliquer la vie avec un travail supplémentaire ?
- Peut-être parce qu'avoir de bonnes notes m'intéresse !
- Oh Hermione, ce n'est pas comme si tu en avais besoin... Tu dois bien être la seule de la classe à ne pas avoir besoin de ce devoir pour monter ta moyenne.
- Ce truc a l'air compliqué, en plus, dit Harry en examinant le livre d'un oeil sceptique. Et... dangereux.
- J'ai pris ce truc, comme tu dis, dans la Réserve... pour compléter mon devoir de notes historiques.
- Des notes historiques ! répéta Ron, un sourire moqueur sur les lèvres.
- Oui, bon, enfin, je suis contente de voir que de rire de ma motivation scolaire vous a réconcilié.
Comme s'ils se rappelaient soudain leur discussion passée, Harry et Ron se fusillèrent du regard.
- Vous êtes complètement ridicules, souffla Hermione avec hargne. Tous les deux ! Le bonheur de Ginny est tout ce qui devrait compter à vos yeux. Je crois que je vais aller me coucher, je ne supporte plus vos disputes !
Elle s'en alla en ronchognant , laissant ses deux amis se démerder tout seuls pour régler leur problème.
- Tu sais, commença Ron alors qu'ils l'observaient disparaître dans les escaliers menant au dortoir des filles, je ne sais pas ce qu'on ferait sans elle.
- Elle contribue vraiment à un équilibre essentiel entre nous, confirma Harry.
- Allez, on oublie ça ?
- On oublie ça.
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La fin du mois de novembre approchait maintenant à grands pas. Alors qu'ils étaient en récréation entre deux cours, et pour une fois, n'étaient pas obligés d'étudier jusque dans leurs pauses tellement ils étaient submergés de devoirs, Harry, Ron et Hermione se promenaient dans le grand parc de Poudlard. Il y avait de grandes bourrasques de vent et leurs oreilles étaient gelées, mais ils tenaient à le faire une dernière fois avant que la saison hivernale les en empêche.
Harry et Ron étaient en train de parler de figures de balais absolument incroyables qu'ils avaient vus ou entendus parler, et Herminone n'écoutait que d'une oreille.
- Attendez... s'étonna-t-elle, les interrompant alors que Ron s'apprêtait à mimer un arrêt de but supposément spectaculaire. Pourquoi est-ce que vous n'êtes pas en train de parler des pratiques de l'équipe de Gryffondor ?
Bien que Hermione n'était jamais très intéressée par ces conversations sportives, elle savait que ses amis parlaient habituellement des figures abracadabrantes l'été, et se concentraient sur les prouesses de l'équipe durant l'année scolaire.
- Parce qu'il n'y en a pas, lui dit Harry en la regardant bizarrement.
- Tu n'es pas au courant ? ajouta Ron.
- Non !
- Toute l'école en a parlé pendant des semaines, la renseigna Harry, de plus en plus surpris par l'ignorance de son amie.
- Mais pourquoi ?
- Il n'y a pas assez de joueurs dans toutes les maisons pour que ce soit équitable, répondit Ron en imitant assez mal la voix de McGonagall. C'est vraiment n'importe quoi, ajouta-t-il d'un air blasé.
Ils continuèrent leur marche en silence, retournant vers le château, la fin de la pause approchant.
- Le premier match est à l'Halloween, d'habitude, Hermione. Tu ne t'en es pas rendue compte avant ? se moqua Harry.
Sa crédibilité de Miss Je-Sais-Tout en prenait un coup. Hermione balbutia quelques paroles incompréhensibles avant de lancer, pour changer de sujet :
- Ça vous dirait qu'on aille voir Hagrid ce soir ? Nous n'y sommes pas encore allés...
Les deux autres approuvèrent à grands mouvements de tête, disant qu'ils pourraient prendre une pause de leurs devoirs, ce qui ramena la conversation sur ce sujet.
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- Je peux m'asseoir avec vous ? demanda Luna de sa voix rêveuse.
Tous les Gryffondor assis à la table pour le déjeuner - Harry, Ron, Hermione, Neville, Parvati, Seamus et Dean - acquiescèrent de concert.
- Tu n'as pas besoin de nous demander la permission pour ça, Luna ! lui répondit Parvati avec un sourire.
Elle semblait apprécier beaucoup plus la jolie blonde depuis que Lavande n'était plus à ses côtés. Personne ne pouvait dire si c'était parce qu'elle se cherchait une nouvelle amie ou si c'était parce que l'absence de sa partenaire la rendait plus ouverte d'esprit. Luna lui sourit à son tour, reconnaissante, puis s'installa à la table des Lions en se préparant un bol de céréales.
- Vous allez bien ?
- Heu... comme tous les jours, dit Dean, semblant surpris par sa question. Pourquoi ?
- Vous avez la mine basse.
Ils baragouinèrent tous quelques réponses.
- Vous n'êtes plus aussi joyeux depuis la guerre, affirma-t-elle le plus naturellement du monde.
C'était un sujet que personne n'osait aborder - en fait, ils ne se souvenaient même plus la dernière fois qu'ils avaient entendu ce mot - et le fait qu'elle le fasse comme si elle parlait de la température créa un blanc parmi eux.
- Personne n'est aussi joyeux, non ? demanda Neville avec un sourire contris, comme touché de l'innoncence qui pouvait rester chez elle après tout ce qu'elle avait vécu.
- Je ne sais pas. Certains ont l'air de bien s'en tirer, dit-elle en regardant quelques Poufsouffle qui semblait se battre pour quelque chose à la table d'à côté.
- Oui, mais ils sont encore des enfants ! expliqua Hermione sur un ton d'évidence. Ils sont quoi, en deuxième année ?
- Tout le monde ne s'est en effet pas battu comme nous l'avons fait, concéda Dean alors que Seamus l'approuvait d'un hochement de tête.
- J'aurais aimé ne pas avoir à le faire, murmura Harry du bout de lèvre, plus comme une remarque qu'il s'adressait à lui-même.
- Comme nous tous, vieux, dit Ron. Comme nous tous.
Une atmosphère morose semblait menacer de s'installer sur eux tous. Par chance, l'arrivée du courrier détourna leur attention pour un bout de temps, tout le monde ayant reçu une lettre. Harry fut particulièrement surpris de découvrir que quelqu'un avait pensé à lui, et sourit en reconnaissant l'écriture de Hagrid. Il n'était en effet pas été le voir souvent depuis le début de l'année, et lui adressa un signe de la main comme pour s'excuser. Hagrid, assis à la table des professeurs, essaya de lui répondre quelque chose en gestes quand une explosion les fit tous sursauter.
Harry sortit sa baguette de sa poche à la vitesse de l'éclair et regarda en tout les sens, cherchant la source de l'explosion, quand il vit l'état des Poufsouffle qui se battait plus tôt. Il baissa sa baguette de quelques centimètres, mais continua de dévisager avec surprise et un brin d'agacement les deux Poufsouffle. L'un d'eux avait maintenant les lobes d'oreille qui allongeait jusqu'à toucher le plancher alors que l'autre avait des trous dans ses vêtements et des égratignures partout sur le corps.
- Qu'est-ce qui se passe ici ? demanda furieusement le professeur McGonagall qui accourait vers eux, une baguette à la main.
- Je t'avais dit de me le rendre ! cria celui aux lobes déformés.
- Qu'est-ce que tu as fait ? Tu es complètement fou ! s'écria son compatriote, consterné par l'état de ses vêtements. Ce n'est qu'un stupide livre !
- Mais il m'appartient !
- Ça suffit ! clama avec force la directrice, avant de lancer un sort, pour arrêter le maléfice des lobes qui s'aggrandissaient toujours. Je ne suis pas intéressée à savoir ce qui vous a poussé au conflit ! leur dit-elle alors qu'elle sentait poindre les protestations. Sachez que votre attitude à tous deux est déplorable et totalement inacceptable ! J'enlève vingt points à Poufsouffle !
Face à leur punition, les deux élèves baissèrent la tête, penaud.
- Maintenant, allez vous soigner à l'infirmerie. Oh, et Stevens, rendez son livre à Torray ! Immédiatement !
- Tu as vu ce que tu nous a créé comme ennui avec ton stupide livre ?
- C'est bon, arrêtes, c'est toi qui aies commencé !
Leur dispute semblait s'envenimer de nouveau, mais comme ils passèrent les portes de la Grande Salle, personne n'entendit la suite. McGonagall observa la porte quelques secondes, ébahie, puis retourna à la table des professeurs, où elle siégeait maintenant en tant que directrice. Tous les professeurs s'étaient tournés vers l'explosion, stupéfaits. Harry vit McGonagall échanger quelques mots avec le professeur Chourave, l'air visiblement ennuyée par ce qui s'était passée. Les conversations reprirent alors graduellement dans la Grande Salle, qui avait nagée dans le silence depuis l'incident.
- Ces gosses sont incroyables ! souffla Neville, désespéré face à la situation qu'ils avaient tous observée avec attention. Déclencher ceci pour un simple livre ! Nous, à leur âge, nous avions des choses plus importantes à penser...
- Ça ne vous a pas empêchés de faire ce genre de coups ! lui rappela Parvati, un grand sourire illuminant son visage.
- Ouais, et ça fait du bien d'entendre McGonagall crier sur quelqu'un d'autre que nous, lança Seamus, ce qui déclencha quelques rires.
- Il était effectivement temps de former une relève, approuva Dean.
- Vous rappelez-vous, les garçons, enchaîna Parvati en tentant de camoufler son fou rire, quand vous avez cru drôle de vous aventurer dans le bureau de McGonagall pour donner des Optimal à toutes ses classes de Métamorphose, mais que vous êtes restés pris au piège par un maléfice ?
- Non mais avouez qu'elle est complètement paranoïaque de jeter un sort d'Emprisonnement à son cadre de porte ! se défendit Seamus avec véhémence.
- Ça ne battra jamais la fois où...
Harry se détourna des anecdotes de ses amis - qu'il avait toutes entendues vingt fois - et observa aux alentours, à la recherche de Ginny. Il la vit seule, en train de manger tranquillement une toast, le nez plongé dans un livre. Comme si elle sentait son regard, elle leva la tête, mais Harry s'était déjà détourné.
- Où est Hermione ? demanda-t-il à mi-voix, soudain surpris par l'absence de son amie.
Ron riait avec les autres et il se détourna nonchalemment de la conversation pour se tourner vers Harry.
- Hein ?
- Où est Hermione ? répéta-t-il un peu plus fort.
- Oh, sûrement à la bibliothèque, comme d'habitude, dit Ron, avec un geste comme quoi il ne fallait pas s'en faire.
Puis il haussa les épaules et reporta son attention sur cette fois hilarante où Neville avait du feindre de s'être évanoui pour ne pas que Dean se fasse prendre à coller des pièges en toile d'araignée au plafond du corridor du septième étage. Harry ne participa plus à la conversartion, l'esprit soit tournée vers sa meilleure amie - mais quand avait-elle disparue ? - soit vers une jolie rousse qu'il n'osait aller aborder, malgré les insistants regards qu'il lui lançait. Finalement, après avoir attendu jusqu'à la dernière seconde qu'Hermione revienne, il jeta un regard à sa montre et soupira.
- Allez, il faut y aller, on a Métamorphose et Beckett est incorrigible avec les retards.
Ils commencèrent tous à partir, à l'exception de Luna et de Neville. Harry savait que ce dernier avait laissé tombé Métamorphose après les BUSE, mais il fronça les sourcils.
- Tu ne viens pas Luna ? Je croyais qu'on partageait ce cours avec les Serdaigle.
- Harry, je suis une année en dessous, tu ne l'avais pas oublié ? Comme Ginny.
- Oh... bien sûr.
- Allez, Harry, viens ! l'appela Ron, déjà rendu à la porte.
Luna l'avait replongé dans ses pensées et il se sentit à part tout le long du trajet, s'asseyant même seul à sa table. Finalement, comme Hermione arriva à peine quelques secondes avant que Beckett ne ferme la porte, elle s'assit à côté de lui.
- Bonjour à tous ! dit Beckett avec enthousiasme. J'espère que vous allez bien et que vous avez tous bien réussi vos changement de texture. Aujourd'hui, nous allons entrer dans un nouveau domaine beaucoup plus intéressant : la métamorphose de nous-même. Je sais que vous en avez déjà fait en sixième année, Miss Turner, pas la peine de m'interrompre pour me le dire. Mais vous n'avez jamais travaillé, ce qui, personnellement, me passione... la métamorphose intérieure.
- Ça va ? murmura Harry à Hermione alors que le professeur se tournait au tableau pour dessiner de complexes schéma d'un coup de baguette.
- Oui, soupira-t-elle en reniflant.
Mais Harry n'était pas dupe et savait bien ce que signifiait les yeux rouges de son amie ainsi que son arrivée tardive au cours.
- Qu'est-ce qui s'est passé ce matin ? Pourquoi es-tu partie ?
- Harry, ce n'est pas le moment, éluda-t-elle en pointant du doigt Beckett qui décrivrait alors le mouvement de baguette nécessaire à l'extension des os. Il faut écouter.
Le cours de Métamorphose fut très pénible à Harry : non seulement Hermione l'ignora superbement durant les deux heures, mais la pratique du sortilège était elle-même douloureuse. Lorsqu'il ne se concentrait pas suffisament et que le sort qu'il se lançait n'avait aucun effet, il sentait tout de même une décharge électrique traverser tout son squelette. Par contre, même lorsqu'il réussit - il s'allongea le bras gauche de deux centimètres à son dernier essai avant que la cloche ne sonne - il dut retenir une exclamation de douleur. Il ne maîtrisait pas encore assez bien la formule pour intégrer un effet Sans-Douleur comme Beckett leur avait montré, et il sentit son bras devenir plus long comme si on tirait à chaque extrimité avec une force extrême.
- Très bien ! Très bien ! dit Beckett, l'air très satisfait, alors que la cloche sonnait. Vous avez tous bien travaillé, et ce sortilège étant d'une complexité comme vous n'en avez jamais vu auparavant, je ne m'attendais pas à ce que tous réussissent aujourd'hui. Nous n'avons pas eu le temps d'apprendre la formule pour annuler le sort, je demanderais donc aux personnes qui ont réussi de faire une file devant moi, pour que j'annule l'effet du sortilège.
Tout le monde se précipita, personne ne voulant s'éterniser dans la classe. Hermione, qui, au grand étonnement de tous, n'avait pas réussi, ramassa précipitamment ses affaires et quitta la classe sans un regard, même quand Harry, qui s'était dirigé mollement vers la file, l'appela. Il regarda sans la voir Melissa Turner, une Serdaigle qu'il ne connaissait pas avant d'être dans son cours, et qui ressemblait étrangement à Hermione quant à l'attitude qu'elle adoptait en classe et pour ses devoirs. C'était une Miss-Je-Sais-Tout qui aurait mérité le titre d'élève la plus intelligente de l'école, si elle n'étudiait pas à la même place qu'Hermione Granger. Melissa attendait que Beckett lui redonne sa forme initiale avec un grand sourire, toute fière de ses deux jambes qui avait grandi de dix centimètres. Harry repensa à sa meilleure amie - et à son squelette toujours intact à la fin du cours.
Il y avait définitivement quelque chose qui clochait, songea-t-il alors que Beckett se tournait vers lui.
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Hermione l'évita effectivement toute la journée. Pendant les pauses entre les cours, elle se tournait explicitement vers Parvati et Dean, afin de participer à leur conversation. Harry savait que c'était seulement un piège destiné à l'éviter, car ils parlaient de Quidditch, et que le comportement de Hermione - grands yeux admiratifs, sourires étincelants, hochements de tête frénétique à n'importe quelle affirmation - étaient beaucoup trop intéressé pour que cela paraisse vrai. Dean trouvait effectivement son comportement étrange, et même Parvati lui lança un regard surpris à une ou deux reprises.
Harry pensa la coincer à l'heure du midi, mais c'était sans compter sur la ruse de sa meilleure amie, qui était allée s'installer au côté de Ginny. En entrant dans la Grande Salle, Harry avait cherché à trouver sa trace. Quand il avait croisé son regard et avait plissé les yeux, elle s'était contentée de faire une grimace et avait reporté son attention sur la rousse.
- Quelque chose cloche avec Hermione, déclara Harry alors qu'il s'asseyait à l'autre bout de la table, avec Ron qui n'avait rien remarqué.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? demanda-t-il, distrait, en cherchant ce qu'il mangerait du regard.
- Elle m'évite.
- Où est-elle ? dit Ron en s'emparant finalement d'une tourtière qui diffusait un doux arôme.
- Par là, dit son meilleur ami avec un geste vague.
Ron se détourna de son plat pour chercher Hermione. Quand il l'aperçut, il eut un petit rictus qui lui firt hausser les sourcils, et il retourna aussitôt à son repas en secouant la tête, un sourire léger toujours cloué sur les lèvres.
- Tu sais, ce n'est pas parce qu'elle s'assit à côté de ma soeur qu'elle t'évite.
Il avait un regard d'incrédulité face à son meilleur ami.
- Elles sont amies, tu sais, ajouta Ron.
Harry soupira.
- Tu fais exprès d'être idiot ou quoi ? C'est parce qu'elle m'évitequ'elle est allée s'assoir à côté de Ginny.
Ron ne semblait toujours pas le croire et se contenta d'entamer sa tourtière.
- Dis-moi que tu es plus observateur que ça et que tu as remarqué son comportement bizarre ?! Elle n'est pas comme d'habitude aujourd'hui.
- Tu te fais de fausses idées, mon vieux.
- Vous parlez d'Hermione ? demanda Neville en se joignant à leur conversation.
- Non, on parle de Harry qui est jaloux d'Hermione qui a le courage d'aller s'asseoir avec ma soeur ! dit Ron avec un clin d'oeil.
Harry l'ignora et se tourna vers Neville :
- Je ne suis pas le seul à l'avoir remarqué, alors. Qu'est-ce qu'elle t'a fait ?
- Elle est venue me voir tantôt pour me demander ce que je faisais ce soir.
Ron s'étouffa et Neville lui tapa le dos pour l'aider à se remettre de ses émotions.
- Elle... voulait... sortir avec toi ? dit-il, les yeux écarquillés, ses paroles étant interrompues par quelques toussotements.
- Non, en fait, elle voulait que je propose à Harry d'aller voler sur le terrain de Quidditch. C'est ce que j'ai trouvé étrange. Elle sait pertinemment que chaque fois que j'essaie de voler sur un balai, ça vire en catastrophe.
Ron émit un petit « oh ! » qui avait des airs de soulagement.
- Pourquoi ? questionna Neville, qui, si Harry en jugeait par son froncement de sourcils, semblait offusqué par la réaction du rouquin. Le contraire t'aurait surpris ?
Pendant que Ron se répandait en excuses, Harry transperça sa meilleure amie du regard. Comme si elle sentait ce qu'elle faisait, elle eût un frisson, mais ne se retourna pas.
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Hermione avait bien essayé de faire ses devoirs dans son dortoir pour qu'Harry ne puisse pas lui poser des questions - mais sa motivation s'était gravement affaiblie et elle se rendait compte que la présence de ses amis lui manquait. Elle finit par flâner quelques minutes et commença à écrire une lettre à ses parents. Puis, elle se dit que ce n'était pas le temps de se démoraliser et les rejoint dans la salle commune.
- Je... je dois aller à la bibliothèque. Vous venez ?
Harry eut un grand sourire et acquiesça de la tête, alors que Ron leva les yeux au ciel avant de les suivre.
- Alors Hermione ? Tu vas enfin te décider à nous dire ce qui se passe ? lui dit Harry quand ils franchirent le portrait de la Grosse Dame.
- Il ne se passe rien.
- Je te l'avais bien dit ! Tu t'imagines des trucs ! Bientôt, tu verras des complots partout et il faudra te faire enfermer ! s'exclama Ron, se portant à la défense de la brunette.
Harry donna un coup sur l'épaule de son ami mais ne détachait pas son attention d'Hermione, alors que celle-ci s'esclaffait.
- Très amusant, mais je ne suis pas dupe. Je sais bien qu'il y a quelque chose qui te tracasse.
Il se plaça en avant d'elle et se mit à marcher plus lentement, à reculon, plantant son regard dans celui de sa meilleure amie.
- Je te connais, ajouta-t-il avec un sourire plein d'assurance.
Hermione fut déconcertée quelques instants, comme si elle découvrait un nouvel aspect d'Harry qu'elle ne connaissait pas. Elle ne vit donc pas le pied d'une armure se tendre derrière son ami, et se contenta d'écarquiller ses yeux de surprise lorsqu'il s'étala de tout son long dans le corridor de l'école. Ron ainsi que deux Gryffondor qui était à côté d'eux se mirent à rire à gorge déployé, et Hermione elle-même, une fois la surprise passée, ne put se retenir.
- Et voilà le grand Potter, l'Élu, qui nous nous étale toutes ses capacités ! se moqua Ron.
- Ron ! le sermonna Hermionne en tendant une main secourable à Harry, qui s'en empara en grognant.
- Les armures sont de moins en moins sympathiques, dans le coin.
- Bravo, Potter ! dit un des deux Gryffondors, qui s'étaient arrêtés et qui riaient encore.
- J'espère que tu t'abstiendras de refaire ça lors du prochain match contre Serdaigle !
- Il n'y a plus de matches ! s'exclama son ami en le frappant sur l'épaule.
- Maintenant, on sait pourquoi ! répondit le deuxième, ce qui déclencha à nouveau leur hilarité.
Harry les salua de la tête avec un sourire crispé, avant qu'ils continuent leur chemin.
- Sales petits mioches, persifla-t-il, plus à cause de son égo qui en avait pris un coup que par réelle méchanceté.
- Si ils savaient comment tu as attrapé ton premier Vif... commença Ron avec un grand sourire.
- Ron, rappelle moi pourquoi, déjà, sommes-nous amis ?
- Il manquait de roux dans ta vie ! dit Hermione, avec un léger fou rire qu'elle tentait de contenir depuis qu'Harry était tombé.
- Sérieusement, Hermione... je vois que quelque chose ne va pas. N'essaies pas de dire le contraire !
Hermione, qui avait commencé à protester, devint muette et regarda ses pieds. Harry eut un grognement de victoire.
- Alors ?
La brunette prit une profonde inspiration.
- Harry... je n'ai pas envie d'en parler. Si tu es un vrai ami - et je sais, après tout ce que nous avons vécu, que tu en es un - tu comprendras, et tu ne m'y forceras pas.
Il ouvrit la bouche, mais il se trouva qu'il n'avait rien à dire. Il hocha donc la tête, l'air penaud.
- Je veux juste te dire que... je suis là si tu as besoin d'en parler. Tu n'es pas toute seule.
- Je sais, le rassura Hermione avec un sourire, avant d'entrer dans la bibliothèque.
- Alors là, murmura Ron à Harry avant d'entrer à son tour, tu te l'aies fait dire, mon vieux !
- Moi, au moins, j'avais vu que quelque chose clochait, répondit Harry, sur la défensive.
Ils s'installèrent à une table proche de l'entrée, et recommencèrent à faire leurs devoirs, bien qu'Hermione semblait plus dépitée. Ron le remarqua, et, quand elle termina de l'aider avec son paragraphe sur les maléfices indétectables au premier niveau, il interpella Harry avec quelques plaisanteries sur sa bourde avec l'armure. Aussitôt, un sourire revint prendre place sur les lèvres d'Hermione, au grand bonheur des deux amis. (Harry lança toutefois un regard à Ron qui signifiait « rendre Hermione heureuse est le seul prétexte pour lequel tu me rappeler cet évènement très mineur ».)
Des éclats de voix se firent soudainement entendre dans le couloir, ainsi que des sortilèges qu'on lançait et qui fracassaient plusieurs objets.
- Qu'est-ce qui se passe encore ? s'interrogea Hermione, alors qu'elle se sentait au bord de l'épuisement.
Mme Pince trottina dans le couloir, mais revint se réfugier dans son repaire quelques secondes plus tard avec un cri aiguë.
- Elles sont en train de s'entre-tuer ! s'exclama-t-elle, la peur la faisant trembler.
Aussitôt, Hermione, se sentant investie de ses devoirs de Préfète-en-Chef, se leva et courut vers la porte, baguette brandie. Abasourdis, Harry et Ron l'entendirent lancer un sort, suivi peu après du bruit de la chute d'un corps.
- Hermione ! cria Ron qui s'élança à son tour vers la porte en sortant sa baguette de sa poche.
Harry chercha sa baguette, qu'il ne trouva pas. Il fouilla rapidement ses poches et son sac avant de conclure qu'il l'avait oubliée au dortoir. Il s'approcha donc plus prudemment du cadre de porte et passa sa tête pour voir ce qu'il se passait.
Deux filles se lançaient des sorts en se criant des insultes par dessus la tête. Elles étaient tellement furieuses qu'elles visaient n'importe comment et que les sorts frappaient au hasard des objets, qui explosaient ou se mettaient à frétiller. Les personnages des tableaux essayaient de se protéger du mieux qu'ils le pouvaient, mais l'un d'eux avait été touché. Des étincelles explosaient un peu partout, ce qui rendait la scène difficile à suivre visuellement et presque impossible à entendre. Entre les deux filles qui s'affrontaient en duel, une troisième se trouvait étendue parterre, inconsciente.
Au travers de tout cela, Hermione essayait d'intervenir sans blesser personne. Elle essaya de capter l'attention des deux filles - des Poufsouffle de cinquième année, leur nom de famille étant Jones et Rhyne, pour ce que Harry pouvait savoir - en vain, tant elles étaient concentrées dans leur duel. Ron, qui se tenait à côté d'Hermione, et qui s'était calmé en arrivant sur les lieux, lui murmura quelque chose à l'oreille. Harry la vit acquiescer et porter sa baguette à sa gorge. Comprenant ce qu'elle allait faire, il se boucha les oreilles.
- STOP ! cria Hermione, la voix magiquement amplifiée.
Rhyne sursauta en découvrant la présence de Ron et d'Hermione, et un sort qu'elle destinait à son adversaire se trouva dévié et vint frapper Ron en plein fouet. Celui-ci ouvrit la bouche, choqué, avant de voir ses jambes et ses bras se ratatiner lentement à l'intérieur de son corps, ne laissant que sa tête, son tronc ainsi que ses mains et pieds collés directement à celui-ci. Il s'observa quelque ssecondes, ne semblant pas croire ce qui lui arrivait, puis s'évanouit sous le coup de l'émotion.
- Oh mon Dieu ! Qu'est-ce que j'ai fait ? s'exclama Rhyne, l'air complètement consternée.
Jones sembla stupéfaite, puis tourna son regard vers son amie qui gisait, inconsciente.
- Betty... ? tu as blessée Betty ! reprocha-t-elle à son adversaire.
- Qu'est-ce qu'elle fait là ?
- Tu l'as touchée avec un sort !
- Certainement pas ! Je sais comment viser, moi !
- Ce rouquin ne te dirait sûrement pas la même chose !
- ARRÊTEZ ! reprit Hermione, qui s'était penchée pour mesurer l'étendue des dégâts chez Ron. Arrêtez de vous battre ! Qu'est-ce qui vous prend ?
- Elle m'a volé mon petit ami ! dit aussitôt Jones en pointant un doigt accusateur vers Rhyne.
- Je ne te l'ai pas volé ! Je l'aime et il m'aime ! Je ne peux rien y faire !
Les deux filles reprirent leur engueulade de plus belle, et Hermione se massa les tempes, un air découragé sur le visage.
- Expelliarmus ! dit-elle en voyant que la bagarre allait dégénérer de nouveau.
Lorsqu'elles constatèrent qu'elles n'avaient plus de baguette, les deux Poufsouffle prirent un air choqué, mais elle se turent, au grand bonheur de la Préfète-en-Chef.
- Vous ne vous rendez pas compte que vous pourriez devenir dangereuses ? Regardez ce qui est arrivé à Ron ! En plus, il est interdit de se battre dans les couloirs !
Hermine s'approcha de Betty et murmura « Enervatum ». Elle reprit conscience difficilement.
- Mais qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle, dévisageant ses deux amies et Hermione qui se trouvait au-dessus d'elle.
- Nous allons aller à l'infirmerie, je ne peux pas arranger ça toute seule, dit Hermione avec énervement en pointant Ron.
Betty eut un hoquet de stupeur en l'apercevant.
- Je veux aussi vérifier que toutes les émanations magiques que vous avez créées n'ont pas causées de problème ! Allez, venez !
Elle fit léviter Ron en avant d'elle et fit signe aux trois jeunes filles, qui semblaient dépassées par la situation, de la suivre.
Harry fut sur le point de dire quelque chose, mais il s'abstint, et retourna finalement à l'intérieur de la bibliothèque.
- Ça va, il n'y a plus de problème, annonça-t-il aux élèves qui s'étaient tournés vers lui.
Mme Pince sembla soulagée. Harry retourna à leur table et ramassa lentement leurs affaires, qu'il pensait aller porter à leur dortoir avant de se rendre à l'infirmerie. Il soupira en pensant aux jeunes d'aujourd'hui, comme il les appelait. Se battre pour un garçon ! Il avait des choses plus importantes en tête à penser, à leur âge. Cependant, une voix particulièrement énervante, la voix de la vérité, lui fit admettre qu'il aurait payé cher pour n'avoir que ce genre de préoccupations superficielles.
En essayant de faire rentrer tous les livres d'Hermione dans son sac - sans l'aide de la magie, cette action était tout simplement impossible - il fit tomber des feuilles qui étaient coincées dans un manuel. Il se pencha en soupirant, puis allait les remettre à leur place lorsque son attention fût attirée par une phrase. Lentement, il s'assit pour mieux décrypter ce qu'il venait de trouver - le brouillon d'une lettre qu'Hermione avait écrite. Il eût un moment de culpabilité, mais il ne put s'empêcher de la lire.
Chers papa et maman,
je suis désolée, mais j'ai peur que vous soyez un peu mêlés. Reprenons depuis le début.
Je ne suis pas, comme vous le pensez, en camping avec tante Joan. Ce camping a eu lieu l'été de mes 9 ans... j'en ai 19 maintenant. Je suis à Poudlard, l'école de sorcellerie. Vous vous rappelez ? J'y suis entrée en septembre avec mes meilleurs amis, Harry et Ron, pour finir ma dernière année. Notre scolarité a été interrompue l'an passé par la guerre que nous avons menée à Voldemort, un sorcier qui a, disons, mal tourné et qui essayait de s'emparer du pouvoir. Il a essayé de nous tuer à plusieurs reprises, mais nous nous en sommes toujours bien tirés et Harry l'a maintenant vaincu. Nous reprenons donc nos études en paix !
À part cela, je vais bien. J'espère qu'il en ait de même de votre côté et que vous vous sentez bien. Avez-vous commencé à installer les décorations d'Halloween ? Vous le faites chaque année depuis que j'ai cinq ans. Vous ne distribuez par contre aucun bonbon, mais de la gomme sans sucre - ce qui ne rend pas notre maison très popualaire ! J'espère que ce souvenir vous évoque quelque chose et qu'il vous aide à mieux vous situer...
Vous me manquez...
Harry referma la lettre, troublé par la dernière phrase de sa meilleur amie, qu'elle avait râturée : L'ancien vous me manque...
.
- Bonjour tout le monde, bonjour... claironna Alicia Richard, la nouvelle professeure de Défence contre les forces du Mal. J'espère que vous allez bien aujourd'hui... et que vous êtes tous bien concentrés car nous allons aborder un sujet très sérieux.
Harry n'écoutait que d'une oreille ce que disait Richard. Il était plutôt concentrer à lorgner discrètement Hermione du coin de l'oeil. Celle-ci finit par le remarquer et se tourna de manière à lui faire dos, après lui avoir lancé un regard perçant. Puis, elle leva la tête bien haut et redressa ses épaules en arrière, comme elle faisait toujours quand elle voulait suivre attentivement un cours. Harry fit un signe à Ron, qui était assis à côté d'Hermione, mais son meilleur haussa les épaules avant de se concentrer également sur ce que lui enseignait la professeure de DCFM - quoique que d'une manière moins soutenue qu'Hermione.
Cela faisait deux semaines qu'Harry avait lu la lettre que la brunette avait écrit à ses parents. Le soir même, il avait patiemment attendu le retour de ses amis dans la salle commune - ce qui avait pris un peu plus d'une heure. Finalement, ils s'étaient tous installé au coin du feu, ayant décidé d'un commun accord que les fortes émotions qu'il avaient subies leur permettaient un congé de devoirs. Ron s'était plaint des folies que les filles étaient prêtes à faire pour un garçon d'un air grognon. Il avait toujours quelques élancements dans les muscles, malgré les miracles que Mme Pomfresh avait fait sur sa personne. Hermione le taquinait et il se défendait avec ce faux air offusqué qu'il prenait toujours dans ce genre de situation. Harry n'écoutait que d'une oreille, les mains moites à l'idée de ce qu'il voulait dire à sa meilleure amie. Il remarqua quand même Hermione qui s'approcha sensiblement de Ron et lui caressa doucement le bras alors qu'il se plaignait une énième fois d'une douleur. Harry vit distinctement le rouquin se tendre, et lorsque Ron annonça qu'il allait se coucher quelques minutes plus tard, Harry ne fut pas surpris, même si il était beaucoup plus tôt que d'habitude. De toute façon, cela aidait ses plans.
Il ne releva pas l'air blessé qu'Hermione tentait de cacher et n'en tint pas compte alors qu'il s'asseyait sur le sofa à ses côtés. Ils restèrent quelques secondes en silence.
- Que... tu...
Hermione tourna la tête vers l'endroit où Ron avait disparu.
- Il... enfin, bon, peu importe, ce n'est...
Elle se retourna finalement vers Harry et lui fit un faible sourire. Il se sentit tellement mal à cet instant, à voir ce sourire déchiré et à entendre encore et encore dans sa tête les mots qu'Hermione avait écrit, qu'il ne put se retenir plus longtemps - et amener le sujet en douceur comme il l'avait souhaité au départ.
- Hermione ! Je sais pourquoi tu as disparue ce matin. Je sais... j'ai vu, par accident, je te le jure ! J'ai vu la lettre qui tu as écrite à tes parents, je sais que...
Ses mots se coincèrent dans sa gorge alors qu'il vit Hermione rougir.
- Je suis désolé, vraiment, ce n'était pas parce que je voulais absolument savoir, je n'ai pas cherché, ça a...
- Harry ! l'interrompit Hermione sa voix tremblant de colère, et il remarqua que des larmes lui montaient aux yeux. Tu... Comment as-tu pu ? Je t'avais dit que je ne voulais pas en parler, je t'avais...
Pendant un instant, elle avait semblé hésiter entre lui cracher dessus ou le gifler, puis elle s'était levée soudainement en emportant ses affaires.
- Ils ne se rappellent pas de toi ? lui cria Harry alors qu'elle montait les marches qui menaient au dortoir des filles.
Son cri fit se retourner les têtes dans la salle commune. Alors que la plupart, remarquant que c'était Harry Potter, retournaient à leurs affaires, un groupe de filles de quatrième année du style de Lavande se montrèrent encore plus intéressées, dévisageant avec délectation les larmes sur les joues d'Hermione.
Elle s'était arrêtée subitement et s'était retournée lentement vers Harry. Les larmes coulaient sur ses joues, malgré les efforts qu'elle faisait pour les en empêcher. Elle secoua la tête, sans que Harry sache si c'était par dépit ou par négation, puis elle s'était ensuite précipitée vers sa chambre. Les quatrième année s'étaient mises à glousser et à se pencher les unes vers les autres en analysant la situation. Harry les dévisagea, un air mauvais sur le visage, les calmant instantanément, puis il était allé se coucher à son tour.
Elle l'avait évité les deux jours suivants, et Ron l'ayant constaté mais ne comprenant pas pourquoi, Harry finit par le mettre au courant. Ron fut dépité à son tour, mais ne tenta pas d'en parler avec sa meilleure amie. Comme elle continuait d'éviter Harry, il était à ses côtés pour la supporter et pour ne pas qu'elle se sente seule. Harry ne savait pas si Ron lui avait dit qu'il savait pour ses parents. Durant les dernières semaines, il s'était donc beaucoup tenu avec Seamus, Dean, Neville, Parvati et Luna. Malgré tout, il se sentait seul, étant en quelque sorte privé des deux personnes qui l'avaient toujours accompagné.
- Elle est pas mal, non ? chuchota Seamus à son oreille, le ramenant dans le moment présent.
- Hum ?
- Richard, dit-il en la dévisageant intensément.
- Oh...
Harry lui lança un rapide coup d'oeil. Il ne savait pas quoi penser de la nouvelle prof de Défense contre les Forces du Mal. En même temps, il en avait connu tellement peu de compétents dans les dernières années... il se rappelait même avoir été surpris au banquet de début d'année quand il avait constaté que McGonagall avait trouvé quelqu'un pour occuper ce poste.
C'était une jeune sorcière dynamique et très captivante dans ses cours, mais qui se faisait extrêmement discrète en dehors. Elle semblait assez jeune, peut-être la fin de la vingtaine, avait de beaux cheveux châtains aux reflets légèrement roux qui lui arrivaient un peu en bas des épaules, et avait la plus petite baguette magique que Harry eût jamais vue. Son visage était rayonnant et son teint clair servait son sourire, magnifiquement encadré de deux lèvres bien rouges.
- Oui, elle est bien, répondit Harry en baissant la tête, se sentant rougir.
- Ça va, tout le monde m'écoute ? Même vous, là, derrière ? demanda Richard en les pointant du doigt.
- Oui, madame, s'exclama Seamus en écarquillant les yeux.
Quelques petits ricanements fusèrent.
- Bon, très bien ! Alors, le sujet dont je vais vous parler aujourd'hui est un des plus sombres de la magie... Peu de sorciers savent vraiment bien l'utiliser. Seuls quelques uns s'en servent, et, je tiens à le souligner, sous le contrôle très strict du ministère.
- Ouuuuuuh, murmura Justin Finch-Fletchey d'une voix caverneuse, ce qui fit rire toute la classe.
- Très bien, Justin, très bien, mais tu riras moins quand tu auras vu de quoi il s'agit.
- Madame, sans vouloir manquer de respect à votre très dangereuse magie, mais nous avons tous vu des choses bien plus inquiétantes à l'école, lui rétorqua Dean, sans toutefois être arrogant.
Harry songea qu'il avait raison. Non seulement il avait eu son lot d'aventures dans l'enceinte de l'école - le Tournoi des Trois Sorciers, la Chambre des Secrets, les Détraqueurs qui envahissent le terrain, pour ne nommer que ceux-là - mais en plus, Maugrey Fol Oeil leur avait montré les Sortilès Impardonnables, les trois sortilèges les plus dangereux de la magie.
Et il y avait la guerre, évidemment. N'y avait-il rien eu de pire ? Ce n'était pas seulement la magie contre lesquelles ils se battaient, mais bien des personnes... et tous avaient subi des pertes.
- Je ne nie pas que vous avez vécu des choses... comment dire... extraordinaires. Mais tu ne sais même pas ce dont je vais parler aujourd'hui - et, laisse-moi te dire que c'est une forme de magie dont il faut se méfier. Peu de sorciers la connaissent, la majorité en ont entendu parler et savent son nom, sans toutefois savoir de quoi il s'agit. Les Sortilèges Impardonnables, que vous avez déjà... - sa voix se chargea d'une nuance un peu ennuyée - expérimentés en classe... eh bien, tout le monde les connaît. On sait comment s'en défendre, ou...
Elle baissa les yeux et se tut quelques secondes.
- On sait qu'il n'y a pas de moyens de s'en protéger, dit-elle d'une voix légèrement éraillée.
Elle releva la tête et retrouva son sourire, avec un magnifique contrôle de soi. Le silence dans la classe était lourd, et Harry savait, sans avoir besoin de le vérifier, que tous les élèves la suivait des yeux.
- Par contre, comme peu de personnes connaissent ce dont nous allons parler, ils ne savent pas quoi faire quand ils en sont atteint. Ils font donc exactement l'inverse de ce qu'ils devraient, ce qui ne fait qu'empirer les choses. C'est, en partie, ce qui rend ces sortilèges si dangereux.
Il y eut un léger frisson dans la classe, et Richard les dévisagea, l'air visiblement contente de son effet et de l'attention qu'elle avait obtenue, pleine et entière.
- Et... de quoi est-ce qu'il s'agit ? questionna Ron d'une voix hésitante.
- Les Trompeurs Maléfices.
Harry échangea un regard perplexe avec Seamus, et les deux tentèrent difficilement de réprimer un fou rire, qui explosa bientôt dans la classe.
- Les Trompeurs Maléfices ? Quel nom...
- Ridicule ! dit Parvati avant de glousser de plus belle.
Seule Hermione semblait résister à l'hilarité générale, donnant son entière attention à sa plume qu'elle faisait tournoyer dans sa main.
- Alors... dit Richard en attendant que ses élèves se calment. Je peux vous assurer que le nom est beaucoup plus sympathique que les maléfices eux-mêmes. Quelqu'un sait de quoi il s'agit ?
Harry se tourna vers Hermione, attendant comme à son habitude qu'elle donne la réponse et que sa curiosité - que sa professeure avait réussi à intriguer - soit calmée.
Mais Hermione ne leva pas la main, se contentant de faire tourner plus vite sa plume entre ses doigts.
- Personne ? demanda la professeure, un air de surprise sur le visage.
Elle dévisageait grandement la brunette, dont les joues se colorèrent violemment.
- Je... commença-t-elle, car elle se sentait en devoir de se justifier. J'en ai bien lu dans un livre ou deux, quelquefois, mais on ne mentionnait ces noms que de passage, sans jamais les expliquer.
- Et que disait-on dans vos livres, Miss Granger ?
Hermione prit une grande respiration et déposa sa plume, son regard osant enfin rencontrer celui de son professeur.
- Eh bien... je sais que la personne qui en est atteinte est mise hors d'état de nuire... sans qu'elle soit techniquement empêchée de se défendre.
- Qu'est-ce que... qu'est-ce que ça veut dire ? s'enquit Justin.
- Ça veut dire, dit Richard en savourant ses mots, se rapprochant sournoisement de lui, que les Trompeurs Maléfices s'attaquent à l'esprit.
Un silence de mort régnait dans la classe.
- Laissez-moi vous expliquer. Si je voulais vous empêcher de me bloquer le chemin sans que cela vous détruise physiquement, que dois-je faire ? Pour que vous ne vous préoccupiez plus de moi.
- Il suffit de le mettre sous Imperium, non ? lança Ron d'une voix incertaine.
- Non ! Car je contrôlerais votre esprit... Cela est non seulement illégal, mais ce serait comme de la triche. En plus, certaines personnes résistent très bien à l'Imperium.
- Je ne comprends pas... dit Dean.
- Laissez-moi vous donner un exemple, ce sera plus simple.
Richard prit une légère pause, semblant réfléchir à ce qu'elle allait dire, cherchant ses mots.
- Un des sorts, dit-elle lentement tandis qu'elle marchait de long en large dans la classe, les moins compliqué - et croyez-moi, il reste d'un niveau de magie dangereusement élevé - des Trompeurs Maléfices est celui de l'Assèchement Perpétuel.
Elle s'arrêta dramatiquement avant de continuer.
- Il donne, à celui qui s'en voit touché, une soif si intense, si immense et qui apporte une telle souffrance, qu'il ne peut penser à rien d'autre. Il deviendra complètement obsédé à l'idée de boire. Son être entier sera occupé à chercher de l'eau. Ainsi, il ne sera ni paralysé, ni contrôlé dans ses mouvements ou son esprit - mais il ne pourra rien contre vous. Il aura oublié non seulement votre présence, mais jusqu'à votre existence et ce qu'il doit vous empêcher de faire.
- Mais, Professeur... s'insurgea Hermione, dont l'esprit absorbait ce savoir qu'elle ne connaissait que très peu. N'est-ce pas un peu ce que vous avez dit, un contrôle sur l'esprit ? Donner un sentiment de soif à quelqu'un...
- Miss Granger... qui a dit qu'il s'agissait d'un sentiment ? Ce sort donne une soif incommensurable, et pas juste l'impression de l'avoir. La personne garde toute sa raison, mais elle est tellement assoifée que vous n'avez plus aucune importance pour elle, tant son être entier est à la recherche d'eau.
Toute la classe resta silencieuse quelques secondes. Harry entendit quelques crissements de plumes sur les parchemins, et ne fut pas surpris de voir Hermione penchée sur son bureau en train d'écrire à toute vitesse. Il regarda lui-même sa feuille vierge et essaya de noter quelques mots, mais il ne parvenait pas à saisir tout ce que ce sort impliquait - et toute l'horreur qu'elle lui inspirait.
- Alors... reprit Richard avec le ton le plus pédagogique qui soit, comme si elle venait de leur apprendre à faire voler une plume. Que peut-on faire lorsqu'on est atteint d'un sort pareil ? Quelqu'un a une idée ?
- Heu... tenta Seamus. Boire de l'eau ?
Les ricanements se firent instantanément entendre et détentirent grandement la lourde atmosphère qui s'était installée.
- C'est ce qu'on est censé penser, effectivement. Mais croyez-moi, si vous êtes atteint de ce sort, la dernière chose que je vous recommenderais est bien de boire de l'eau. - Pourquoi ? demanda Ernie MacMillan, qui ne trouvait pas cette idée si bête. La soif disparaît et on peut se concentrer à nouveau sur l'ennemi, non ?
- Ce maléfice - ainsi qu'un grand nombre des Trompeurs Maléfices - est perpétuel, comme son nom l'indique. Ce qui crée un effet, ma foi... pervers.
Elle semblait hésiter à tout moment, et pourtant, Harry était sûr qu'elle avait préparer ce discours à l'avance et choisit ses mots avec soin. Elle regarda Ernie droit dans les yeux, et Harry ne fut pas surpris de voir ce dernier baisser le regard sur ses parchemins.
- Plus tu bois, plus tu as soif et plus tu veux boire. Plus tu bois et donc plus ta souffrance et ton envie de boire augmentent...
- Mais pourquoi est-ce que le Ministère n'a pas rendu ce sort illégal ? s'exclama Ron, qui semblait outré.
- Ils ont faillis le faire en 1946, dit Richard en donnant un coup de baguette vers le tableau, où un ensemble de la situation apparût, montrant les dates précises, les arguments soulevés et d'autres petit détails que la classe s'empressa de prendre en note. Un comité de douze personnes a été créé pour régler la question, et finalement, seulement un vote a fait la différence. Il faut dire que ces Maléfices demandent une grande puissance magique, et que si certains sorciers sont capables de leur donner leur caractère perpétuel, la majorité ne peuvent le faire durer qu'une demi-heure, tout au plus.
- Ça doit quand même être une demi-heure très pénible, murmura Ron, qui était tout de même soulagé.
Mais Hermione semblait préoccuper par autre chose.
- Si ce sort nous donne une soif si immense que notre "être entier est à la recherche d'eau", et que lorsque nous buvons, nous ne souffrons que plus... comment est-on censé survivre à ce sortilège ?
La professeure se tourna lentement vers Hermione, une expression de contentement sur le visage.
- C'est exactement ce que nous allons voir aujourd'hui. Évidemment, je ne peux pas vous demander de vous mettre en équipe de deux et que l'un lance le sortilège alors que l'autre s'en défend - non seulement personne ne serait capable de le faire, mais, en plus, ça pourrait tourner au désastre. Je vais donc vous enseigner la théorie de la défense, et vous pratiquerez individuellement. Puis, dans quelques semaines, si je crois que vous en êtes capables, je vous ferais faire une simulation. Sortez vos livres à la page 132, et notez ce que je vais inscrire au tableau, je vous...
- Attendez une minute, l'interrompit Dean dans le bruit des pages que l'on tourne. Que voulez-vous dire par "une simulation" ?
- Tu n'as pas besoin de t'inquièter de ça pour l'instant, se contenta de répondre Richard avec un clin d'oeil à son attention, avant de se tourner vers le tableau.
- Tu sais, chuchota Seamus à Harry alors qu'ils commençaient paresseusement à recopier les notes, je ne pense pas que je l'apprécie tant que ça, finalement...
Harry retint un rire dans sa gorge et approuva vivement.
.
Hermione regardait impatiemment le feu de sa salle commune se consummer en attendant sa meilleure amie, qui tardait à arriver.
- ... Ginny ?! As-tu bientôt fini de te préparer ?
- Oui, deux minutes et j'arrive ! lui répondit Ginny, sa voix étouffée par la distance.
C'était l'avant-dernière soirée avant les vacances de Noël. Elle allait retourner dans sa famille, et pour une rare fois, cela ne lui tentait pas. Elle ne savait pas où ses parents pensaient qu'elle était, ni quel âge ils lui donnaient, mais elle se doutait que c'était loin de la réalité. Elle leur écrivait parfois, espérant que les détails qu'elle leur rappelait méticuleusement les aidait, mais cela la déprimait. Ses parents faisaient comme elle et ne lui envoyaient des lettres que rarement, mais Hermione se demandait si ce n'était pas plutôt parce qu'ils avaient oublié son existence.
Elle avait effectué quelques recherches à la bibliothèque dans les derniers jours, essayant de découvrir des sorts pour améliorer la mémoire de ses parents, renforcer une reconstruction ou détruire les séquelles de l'anti-sort. Malgré tous ses efforts, elle n'avait rien trouvé de concluant. Tout ça la dépassait, elle ne savait même pas quoi faire ni ce qui la déprimait le plus. C'est pour ça qu'elle ne voulait pas en parler à ses amis - parce qu'elle n'arrivait même pas à comprendre, elle-même.
Hermione attendit encore quelque peu, mais la rousse ne descendait toujours pas.
- Tu sais que si tu continues comme ça, les autres auront le temps de revenir que nous ne serons toujours pas parties ?
Seuls des bruits indistincts lui parvinrent. Hermione eut un geste d'exaspération et rabattit ses émotions sur une Gazette qui traînait près d'elle et qui se retrouva bientôt déchiquetée. Elle détestait attendre ainsi après la rousse qui semblait avoir le besoin de se refaire une beautée à chaque fois qu'elles allaient prendre un repas dans la Grande Salle. Hermione détestait entrer seule dans cette pièce, mais depuis qu'elle ne parlait plus à Harry, elle mangeait beaucoup plus souvent avec Ginny, et n'avait donc pas le choix d'attendre après sa meilleure amie.
- Peux-tu me dire, demanda-t-elle avec force lorsque Ginny daigna la rejoindre, pourquoi tu as tellement besoin de temps pour t'arranger ? Nous n'allons pas, je ne sais pas moi, à Pré-au-Lard, nous allons manger.
- Eh bien c'est simple, dit Ginny avec un sourire malicieux alors qu'elles passaient le portrait de la Grosse Dame. Chaque fois que tu manges avec moi... Harry nous regarde deux fois plus !
- ... Et ? s'enquit Hermione qui commençait tout de même à comprendre.
- Et, je me dis que peut-être, si Harry me trouve jolie... il se décidera enfin à venir me parler !
- Es-tu en train de me dire que lorsque je mange avec Ron, tu ne...
Hermione n'eut pas besoin de finir sa phrase que l'air coupable de Ginny lui confirma ce qu'elle craignait.
- Ginevra Weasley ! Pourquoi ne vas-tu pas le voir au lieu de me faire souffrir ainsi ?
- Tu connais très bien mes raisons, dit Ginny d'un air plus sombre cette fois. C'est lui qui m'a laissé, c'est à lui de faire les démarches pour que nous nous retrouvons...
- Tu sais ce que je pense de cette raison, n'est-ce pas ?
- ... Hermione, je ne sais plus ce qu'il veut, ni si je l'intéresse encore de cette façon-là. Il s'est passé tellement de choses...
- Tu n'es plus sûre de l'intéresser, mais tout ce que tu fais pour le "reconquérir" est d'attendre que ce soit lui qui vienne te parler ? se moqua Hermione.
Ginny hocha la tête, piteuse, se rendant compte que ça ne lui ressemblait pas vraiment.
- Tu n'as aucune logique ! rit Hermione avec éclat, ce qui rendit son sourire à sa meilleure amie, alors qu'elles s'installaient à la table des Gryffondor, plus par habitude qu'autre chose. Même si chaque maison avait sa table assignée, il était maintenant encouragé de s'asseoir où on le voulait, pour favoriser l'échange entre les maisons.
Elles se tournèrent naturellement vers Harry, qui piochait dans son assiette la mine basse, Ron lui parlant de quelque chose qui semblait le mettre mal à l'aise.
- Et puis... tu sais très bien qu'il meurt d'envie de revenir, chuchota Hermione avec un air rayonnant.
Elles se regardèrent très intensément dans les yeux quelques secondes, puis partirent d'un éclat de rire en même temps, sans qu'elles puissent définir une raison. Cela dura plusieurs minutes, à un tel point que les gens autour d'elles se retournaient sans comprendre, ce qui les faisaient rire encore plus. Finalement, elles se calmèrent à renfort de grandes respirations, les joues rougies par leur fou rire. Hermione et Ginny se retournèrent une fois de plus vers l'endroit où mangeaient Harry et Ron, et ne furent pas surprises de constater qu'ils les dévisageaient, l'air de ne rien comprendre. Ron marmonna un truc qui semblait un peu idiot et Harry approuva d'un large mouvement de tête, avant qu'ils se détournent lentement. Les deux filles passèrent le repas à faire des plans plus loufoques les uns que les autres pour forcer ces garçons, qu'elles attendaient vainement depuis des mois, à venir leur déclarer leur sentiment. À la fin, il ne restait presque plus personne dans la Grande Salle, la soirée étant bien avancée, mais les deux jeunes femmes s'amusaient trop pour quitter l'endroit.
- Ou tu pourrais attirer Ron avec des objets de collection des Canons de Chudley, dit Ginny en hochant la tête. Il ne pourrait pas résister !
- Et ça mènerait où ? questionna Hermione en gloussant, imaginant la scène.
- Ben, au cadeau ultime : toi !
Elles rirent de plus belle. Alors qu'Hermione s'imaginait attendre patiemment dans une immense boîte qu'un Ron décontenancé vienne la déballer, une Serdaigle de troisième année qui s'appelait Annabelle Boyd lui tapota doucement l'épaule.
- J'ai un message pour vous, dit-elle, très gênée, allant même jusqu'à reculer la tête.
Puis elle posa le parchemin sur la table et s'enfuit sans demander son reste. Cela détruit la bulle d'euphorie dans laquelle se trouvait les deux amies depuis une bonne demi-heure.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Ginny avec sa curiosité habituelle.
Hermione s'empara lentement du parchemin et examina l'écriture avec laquelle on avait soigneusement écrit son nom.
- Il semble que McGonagall ait repris l'ancien moyen de Dumbledore pour communiquer avec ses élèves, prononça-t-elle lentement.
Elle ouvrit le parchemin et parcourut rapidement le court message des yeux.
- Elle me convoque dans son bureau demain soir, c'est tout.
- Pourquoi ?
- Ça ne dit rien de plus, dit Hermione en repoussant doucement le parchemin vers son amie.
Celle-ci s'en empara alors qu'Hermione chercha la directrice pour la sonder du regard et essayer de découvrir ce qui se passait - elle n'avait rien fait de mal, non ? Mais, alors que McGonagall semblait avoir déjà quitté la table des professeurs, un mouvement à la table des Serpentard attira l'attention d'Hermione. Elle était presque vide, et ses yeux se posèrent naturellement sur Malefoy. Un élève lui tendait un parchemin alors que celui-ci s'en emparait dans la plus grande indifférence.
- Oh Merlin ! lâcha la brunette en un souffle.
- Quoi ? dit Ginny qui inspectait encore le message des yeux.
- Malefoy...
- Qu'est-ce qu'il a fait encore ?
- Il est convoqué aussi. Dans le bureau de McGonagall. Ça veut dire que... oh non ! geignit Hermione, face à son amie qui ne comprenait pas grand-chose.
Elle finit par se retourner et observa l'air de Malefoy, qui lisait maintenant son message les sourcils froncés.
- Oh, alors tu t'en faisais pour rien. Ce doit simplement être un truc de préfets-en-chef. Genre une instruction ou une nouvelle consigne...
- Tu ne comprends pas ! dit Hermione avec un début de panique. Nous ne faisons pas nos rondes ensemble.
- Je crois que vous en avez le droit, la réconforta Ginny, sur un ton tout de même moqueur.
- Nous ne communiquons même pas ! Et en fait, je ne... comment dire ?
La rousse lui fit un mouvement pour lui dire d'enchaîner, alors qu'Hermione cherchait des mots qui la déculpabiliserait.
- Ok, alors... je ne sais pas vraiment si lui a fait les rondes de son côté. Je lui ai simplement envoyé un parchemin pour lui dire de le faire les mardis et jeudis et que je m'occuperais du reste.
- Ce ne sera donc pas ta faute s'il n'a rien fait - ce qui est assurément le cas, le connaissant ! dit Ginny en écatant le problème d'un geste.
- Il ne m'a pas répondu, je ne sais même pas s'il a accepté ! Et je ne l'ai pas poussé davantage.
- Hermione... ce n'est pas à toi de garder Malefoy et de t'assurer qu'il se comporte bien !
- Oui, c'est vrai, concéda la préfète-en-chef, tout en conservant sa mine basse.
Il se passa quelques secondes de silence, Ginny finissant une part de gâteau tandis qu'Hermione semblait encore penser à sa convocation.
- Le problème se situe plutôt au fait que... ajouta cette dernière à toute vitesse, je n'ai pas fait de rondes depuis deux semaines ?
Ginny ouvrit de grands yeux de consternation et un morceau de gâteau retomba dans son assiette.
- Mais... Hermione ?
- Ne me fais pas la morale, les rondes sont complètement inutiles !
Ginny continua de faire de gros yeux mais tut tout commentaire.
- Est-ce qu'on retourne à la salle commune ? Je n'ai plus envie d'être ici, geignit Hermione, et Ginny approuva d'un signe de tête.
La rousse ne dit pas un mot durant le trajet, ce qui fit croire à Hermione qu'elle était encore sous le choc. Comme elle n'était pas d'humeur à en discuter, la préfète monta rapidement au dortoir où, n'ayant rien à faire, elle finit par s'endormir. Elle se réveilla aux alentours de vingt et une heure, et décida d'aller prendre un bain pour se réveiller, puis d'aller faire sa ronde pour avoir quelque chose à objecter à McGonagall le lendemain.
Hermione sortit de son bain mélangée. C'était toujours à cet endroit qu'elle se mettait le plus à réfléchir, et ses réflexions la troublaient.
Quand Harry avait découvert ce qu'il se passait chez elle - ce qu'elle essayait de cacher à tout le monde - elle s'était sentie tellement mal, comme si ça rendait les choses plus réelle. Hermione connaissait son ami et savait qu'il se sentirait coupable, bien qu'il n'y soit pour rien, et cela rajoutait un autre problème à toute cette histoire. Elle n'avait pu se contenir, et avait projeté sur Harry tout le mélange d'émotion que cette situation lui faisait ressentir : tristesse, colère, hargne, déception, confusion, dépassement... Maintenant, elle s'en voulait. Mais elle n'était pas capable de retourner lui parler et de s'excuser, car il lui mettrait la réalité bien en face. Et ça, elle n'était pas sûre d'être prête à l'affronter.
Hermione secoua la tête, seule dans son dortoir, pour essayer de mettre ses idées en place. Elle ne vit aucune solution à son principal problème, mais elle savait comment elle pourrait s'enlever un poid sur les épaules. Elle sourit et s'habilla rapidement dans une tenue entre le pyjama et l'uniforme de l'école avant de descendre dans la salle commune.
Elle ignora volontairement les filles de troisième année qui faisait une espèce de soirée karaoké, utilisant un Sonorus pour le micro et faisant apparaître les paroles dans les airs, même si le bruit était plus que dérangeant, et passa également outre Neville et Seamus qui semblait comploter dans un coin. Elle chercha son meilleur ami du regard et finit par le trouver près du feu... main dans la main avec Ginny. Hermine s'arrêta au milieu du chemin, le regard braqué sur eux, son attitude étant tout sauf subtile. Ils ne l'avaient pas vue malgré cela.
La préfète tenta de réfléchir malgré une petite blonde qui chantait aussi bien que Celestina *Moldubec*, ce qui grinçait désagréablement à ses oreilles. Elle sentait un sentiment urgent de parler à Harry, mais ses deux amis attendaient leurs retrouvailles depuis tellement longtemps... Elle jeta un coup d'oeil à son poignet, grimaça en posant une main sur son oreille, comme tous les garçons de la salle commune - même Neville et Seamus ayant arrêter leur conversation pour dévisager les troisième année.
- Je vais faire ma ronde de nuit, et quand je reviendrai, j'espère que je n'entendrai plus une seule fausse note !
Devant l'air déçu des gamines, et malgré l'air de soulagement de tous les autres, Hermione reprit plus doucement :
- Si c'est elle qui doit chanter à nouveau, lancez-lui au moins un sortilège de Voix Mélodieuse... McGonagall va poser des questions si tous les Gryffondors sont soudainement sourds demain matin !
Puis elle reporta son attention vers Harry et Ginny, qui étaient les seuls à n'avoir rien remarqué de ce qui venait de se passer, et sortit par le trou du portrait.
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Sa ronde l'ennuyait. Elle n'avait qu'une envie : parler à Harry. Elle accéléra le pas, pressée de finir. Sa baguette diffusait une faible lumière, alors qu'elle la tenait près de son corps. Elle ne surveillait pas vraiment ce qu'il se passait. De toute façon, depuis le début de l'année, elle avait l'impression de perdre son temps à faire ses rondes, et elle était prête à mettre ses deux mains au feu que Malefoy ne prenait même pas la peine de les faire. Hermione secoua la tête de dépit. Elle ne comprenait toujours pas le choix de McGonagall pour l'autre préfèt-en-chef. Son innocence n'était même pas prouvée, son procès devant avoir lieu dans quelques mois. Pour ce qu'elle en savait, il était même étroitement surveillé et avait des comptes à rendre à un Auror une fois par mois. De plus, il avait maintes fois prouver par le passé qu'il n'était pas quelqu'un qu'on pouvait qualifier de... fiable. Et la directrice connaissait le passé qui unissait ses deux préfets-en-chef.
- Franchement... qu'est-ce qui lui est passé par la tête ? soupira distraitement Hermione.
Elle tourna à l'angle du couloir, presque par réflexe. Elle était rendue à peu près à la moitié, toute impatiente - c'était le dernier qu'elle devait faire avant de retourner dans la salle commune - quand un bruit résonna dans celui qu'elle venait de quitter. Hermione réagit au quar-de-tour : elle s'approcha du mur et éteint sa baguette dès qu'elle l'eut atteint. Elle le longea à pas rapides jusqu'à atteindre l'endroit qu'elle venait de quitter. Elle s'accroupit et son cerveau se mit à réfléchir à toute vitesse. En quelques secondes, elle repoussa la pensée de désespoir qui l'envahissait - il ne lui restait presque plus rien à faire, elle était à deux doigts de retrouver ses amis - analysa le sentiment de panique qui commençait à l'habiter - « tu as connu bien pire, Hermione, et tu t'en es toujours sortie, tu es à Poudlard, en plus, calmes-toi ! » et reçut avec un mélange de fierté et de reconnaissance son courage qui lui revenait. Une fois ses sentiments classés, elle s'occupa aussi vite de choisir son plan. La dernière fois, la méthode de prudence et sa position découverte avait plus profité à son ennemi qu'à elle. Aussi, elle choisit très logiquement l'attaque et la surprise.
Elle se créa un bouclier et lança un sort pour que ses pas ne produisent aucun bruit. Avec un sourire à la pensée de Harry et Ron qui étaient toujours incapables de lancer certains sorts en pensées, Hermione se rendit à tâtons au milieu du couloir et se cacha derrière une armure, au ras du mur. Elle n'avait rien entendu mais elle restait persuadée que la personne ou la chose était toujours là. La préfète se concentra et lança vers le plafond une boule de lumière puissance maximale qui éclaira presque tout l'endroit. Elle crut que cela lui permettrait de reconnaître la personne mais n'aperçut qu'une silhouette noire à l'autre bout. L'inconnu réagit à la vitesse de l'éclair et un jet de lumière violette jaillit vers elle sans qu'elle ait pu réagir. Heureusement, comme Hermione l'avait prévu, le sort heurta l'armure qui éclata bruyamment en une multitude de morceau. Son bouclier fut détruit par le choc, mais Hermione ne s'en préoccupa pas et lança un sortilège de Stupéfixion tout en se jetant vers le mur qui lui faisait face. Un sort lui effleura les cheveux lors de son déplacement, et elle se retourna vers son adversaire en ignorant son épaule meurtrie par le choc contre le mur.
- Petrificus Totalus ! cria-t-elle puissament, le bras tendu devant elle.
L'inconnu lui renvoya son sort et, pendant qu'elle s'en protégeait, commença à s'enfuir en courant. Hermione lui lança silencieusement un sort de Marquage, pour ne pas perdre sa trace, mais il l'esquiva d'un bond. Elle se précipita à sa suite, essayant encore une fois de le stupéfixer sans y parvenir. Il lui jeta un sort bleu par-dessus son épaule, mais elle se jeta au sol pour l'éviter et répondit en envoyant rapidement un maléfice de Croche-Pied qui atteignit la silhouette de plein fouet. Elle s'écroula sur le sol dans un fracas retentissant. Hermione se releva et se précipita vers la silhouette, trébuchant dans sa hâte. L'inconnu rampa, essayant d'atteindre sa baguette qui lui avait échappée. Hermione voulut le paralyser ou éloigner la baguette encore plus loin. Son hésitation entre les deux ne dura qu'un dixième de seconde, qui fut suffisant pour l'inconnu qui s'empara de sa baguette magique et se retourna, le dos toujours au sol, vers la préfète-en-chef. Elle n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait qu'une armure lui tombait dessus, dans un bruit métallique qui retentit dans les couloirs désert. Sonnée, Hermione se déprit difficilement des morceaux éparpillés un peu partout sur et autour d'elle. Elle tatonna de longues secondes à la recherche de sa baguette magique, qui lui avait glissée des mains dans sa chute. Elle émit un juron et finit par sentir le bout de bois au bout de ses doigts, puis se mit à courir à l'extrémité du couloir où la silhouette avait disparue entre-temps.
Il n'y avait rien. Ni ombre, ni écho de pas, même pas quelque part au loin. Hermione émit un soupir de dépit et de frustration. Elle fouilla les quelques cachettes à proximité de l'endroit où elle avait vu l'inconnu pour la dernière fois, mais, sans surprise, ne trouva personne. À pas lents et dépités, elle retourna dans le couloir et répara les armures et autres dommages que le combat avait causé, puis décida de retourner vérifier une dernière fois le tournant du couloir où la silhouette avait disparue. Elle fit rouler sa baguette entre ses doigts, pour occuper son esprit qui semblait tourner à toute vitesse. Que venait-il de se passer ?
Rendue au bout, quelque chose qu'elle n'avait pas vu quelques minutes auparavant capta son attention. Flottant dans les airs à hauteur d'yeux, à quelques centimètres du mur, des lettres formaient un message qui lui était adressé.
« Game over. »
Hermione ne put retenir un hoquet d'indignation, et d'un geste sec et arrêté, fit évaporer ces lettres qui la narguaient.
.
La journée du lendemain passa trop rapidement au goût de la brunette. Elle n'avait parlé à personne de ce qui s'était passé dans les couloirs, plus intéressée par sa réconciliation avec Harry et par les détails du couple qu'ils reformaient maintenant avec Ginny. Elle était malgré tout préoccupée par son combat, mais avait préféré stresser sur son retour avec ses parents et sa rencontre avec la directrice.
Après le souper, elle se dirigea nerveusement vers le bureau de la directrice. Rendue en haut, installée confortablement dans un fauteuil et devant une tasse de thé fumant au côté de Malefoy, après avoir échangé des banalités, Hermione se demanda sérieusement ce qu'il leur valait d'être là. Ce à quoi la directrice ne tarda pas à répondre.
- Hum, je ne pas passerais pas par quatre chemins. Ce que j'ai à vous annoncer va sûrement vous causer un certain choc, surtout au vu de votre réaction au banquet de début d'année.
Drago se mit à tracer des lignes du doigt sur son fauteuil, ce que Hermione remarqua et la déconcentra quelque peu. Sans qu'elle sache pourquoi, elle trouvait ce spectacle très étrange.
- Mais je tiens à vous affirmer tout de suite que ma décision est irrévocable, et que je suis vraiment désolée à l'idée de vous imposer cela... à tous les deux.
Drago commençait à s'impatienter, car sa curiosité avait été piquée malgré lui. Hermione, pour sa part, éprouvait une légère inquiétude qui n'avait rien à voir avec les rondes de nuits qu'elle n'avait pas faites.
- Alors voilà... à partir de maintenant, vous allez partager des appartements communs.
La nouvelle prit quelques secondes avant de parvenir à leurs cerveaux et qu'ils réalisent ce qu'elle impliquait.
- Qu'est-ce vous voulez dire ? hésita Hermione, la voix plus basse qu'un murmure.
Drago s'était simplement figé, interrompant même ses dessins du bout des doigts. McGonagall devint soudain plus rude, comme si elle ne pouvait supporter le stress de leur annoncer la nouvelle.
- Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ? demanda-t-elle de manière expéditive.
- Ce que vous entendez exactement par « appartements communs ».
- Miss Granger... cela fait maintenant 7 ans que vous vivez dans un appartement commun avec les autres Gryffondor. Je ne pensais pas avoir encore le besoin de l'expliquer.
Hermione écarquilla les yeux, ses craintes s'étant réalisées. Drago semblait toujours figé et n'alignait pas la moindre pensée. Hermione rageait intérieurement. Elle n'allait certainement pas... avec lui...
- Professeur, vous ne pouvez pas ! Cela n'est pas... conforme à l'éthique du château !
Le professeur McGonagall ne prit même pas la peine de répondre, se contentant d'afficher un air sceptique.
- Faire partager des appartements entre un garçon et une fille...
Hermione savait que son argumentation était ridicule, mais elle ne savait pas quoi dire d'autre. Malefoy ne pouffa pourtant pas, comme elle l'avait imaginé, mais une légère grimace vint s'installer sur ses traits.
- Au risque de me répéter, dit McGonagall d'une voix lasse, cela fait sept ans que vous partager votre logis avec d'autres Gryffondor, y compris des garçons.
- Mais... aucun autre Préfet-en-Chefs n'a eu à...
Elle arrêta le mot « subir » avant qu'il ne franchisse ses lèvres.
- ... à vivre ça par le passé !
- Considérez-vous donc chanceux ! répliqua la directrice, sans y croire elle-même.
Hermione chercha d'autres choses pour se défendre, mais se trouva à court d'idées. Pourtant, elle ne pouvait simplement pas envisager vivre avec Malefoy. Elle se tourna vers lui, l'appelant silencieusement à l'aide, sachant qu'il voulait éviter cette situation autant qu'elle. Il sortit enfin de son immobilisme pour faire un geste d'impuissance. McGonagall les observa échanger des paroles en silence, par des petits gestes qu'ils espéraient discrets mais qui ne lui échappaient pas.
- C'est fini ?
Malefoy prit alors une grande inspiration et se tourna vers elle.
- Professeur... vous ne pouvez pas faire cela...
Hermione haussa les sourcils, curieuse du prétexte qu'il dirait.
- ...simplement parce que Granger et moi finiront par nous entre-tuer.
Elle retint un mouvement de dédain. Cet imbécile avait choisi de dire la vérité. L'ancienne professeure de métamorphose les dévisagea à tour de rôle pendant une longue minute, ce qui finit par les mettre mal à l'aise. Elle enleva ses lunettes, ce qu'ils ne l'avaient jamais vu faire, et se frotta les yeux lentement, triste, lasse ou désespérée, Hermione n'aurait su le dire. Puis elle remit calmement ses lunettes et se pencha vers eux.
- Écoutez... je tiens à redire que je suis vraiment désolée de cet inconvénient. Je sais que ça ne tente à aucun de vous deux, et croyez-moi, ça ne me fait pas plaisir non plus. Je connais votre passé et je sais ce que ça représente pour vous. Mais je ne fais pas ça pour m'amuser, soyez en certains ! Il faut que vous cohabitiez. Et si j'avais le choix...
Elle attendit des réactions, mais Hermione semblait maintenant résignée et Drago était retombé dans sa léthargie habituelle. McGonagall hocha la tête, satisfaite, et reprit le ton qu'ils lui connaissaient bien.
- Le professeur Flitwick vous attend dehors, il vous montrera à vos nouveaux appartements.
- Nous y emménageons dès ce soir ?
- Dès le retour des vacances. Cette nuit sera votre dernière dans vos dortoirs.
La directrice retint un « malheureusement » qui menaçait de s'échapper de ses lèvres. Imposer cela à deux élèves, et ces deux-là en particulier, la peinait mais elle n'avait pas le choix. Elle fit un geste indiquant la sortie et Drago se leva, n'attendant pas Hermione pour descendre les escaliers. Celle-ci prit son temps avant de quitter, et se retourna vers McGonagall alors qu'elle atteigneit le pas de la porte.
- Il y a une raison à tout cela ?
McGonagall sourit, sans que Hermione ne comprenne pourquoi.
- Je vous l'assure, Miss Granger.
Hermione fit de légers hochements de tête, avant de se dépêcher à rattraper les deux autres. Le verdict était tombé, et il était sans appel.
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Alors, vous en pensez quoi ? Ça m'a pris vraiment du temps pour tout bien installer comme je le voulais, mais maintenant c'est fait ! :) Un chapitre assez gros, qui, je l'espère, vous a plus ! La bataille dans les couloirs était-elle réussie ? J'ai fait de mon mieux, en tout cas ! Et les appartements privés arrivent (enfin!)
Alors, j'aimerais beaucoup savoir ce que vous en pensez, car j'ai investi beaucoup d'énergie et de temps, et je veux vraiment m'améliorer ! Pour vous encourager, dites-vous qu'une petite review est mieux qu'aucune review du tout ! Évidemment, j'écris pour mon plaisir, mais cela est tellement plus plaisant quand vous donnez votre avis...
