Nous avions promis que le dernier chapitre de cette histoire serait posté en 2013. Et, comme vous pouvez le constater, nous avons tenu parole ! :D

Donc, appréciez l'épilogue (qui est aussi longue que les autres chapitres...) de cette histoire complètement loufoque ;D


Alouette, gentille alouette~


Épilogue

Si Alaude avait pensé que son mariage avait été une catastrophe (entre sa malheureuse déclaration et sa future épouse qui était soûle comme toute la Pologne...) et que rien de pire ne pouvait arriver, il put rapidement constater qu'il avait eu tort.

Car après avoir touché le fond avec cette cérémonie ridicule, sa chère épouse (qu'il aimait néanmoins malgré sa confession d'avoir voulu l'assassiner durant leur nuit de noces) lui prouva qu'une fois arrivé au fond, on pouvait toujours saisir une pelle et creuser. Et, si la pelle se brisait, jeter l'instrument et se mettre à creuser à mains nues.

Eh oui, le récemment marié Alaude avait oublié une chose. Après tout mariage, il y avait un banquet où tous les invités félicitaient les jeunes mariés.

Néanmoins, le français avait désormais la certitude que sa femme avait légèrement dessoûlé et cesserait donc de s'humilier publiquement en disant toutes les choses qui lui passaient par la tête...

Alaude n'avait jamais eu autant tort.

Car il avait oublié une chose. Les italiens buvaient du vin à chaque repas et le banquet de leur mariage ne faisait pas exception à cette coutume.

- Et donc, caqueta Maria en se penchant vers la pauvre Elena qui semblait mourir d'envie de disparaître sous une pierre. Je lui ai dit que je devais surveiller les enfants démoniaques des Dupré ! Et tu sais ce qu'il a fait ?

- N-non ? répondit avec hésitation la jeune italienne pendant que son fiancé remplissait une nouvelle fois le verre de l'espagnole avec un large sourire sous le regard menaçant du français.

- Il m'a enfermée dans une cellule ! s'esclaffa la brune en buvant cul sec son verre.

Alaude fronça ses sourcils et voulut saisir le poignet de son épouse afin d'éviter qu'elle ne boive plus qu'il n'en fallait mais fut arrêté par la main de Giotto sur son épaule.

- Voyons, Alaude, sourit ce dernier en secouant doucement sa tête et en le guidant vers les Vongola qui accueillaient les personnes présentes pour ensuite les diriger vers leurs places au banquet. Laisse-la s'amuser, c'est le plus beau jour de sa vie après tout...

- Je doute qu'elle s'en rappelle si elle continue à boire ainsi, remarqua aigrement le français en résistant à son envie de rejoindre Maria.

- Maaa, Alaudi-san, tempéra Asari en le poussant à son tour pour saluer les convives. Je suis certain que Maria-san saura quand s'arrêter...

Il avait tort.

Car durant tout le banquet, qui dura trois heures (trois longues et interminables heures durant lesquelles Alaude désira arrêter toutes les personnes présentes tant elles étaient agaçantes avec leurs remarques obscènes), Maria ne cessa pas une seule seconde de boire des verres de vin (servis au préalable par un Daemon qui semblait aux anges malgré le regard réprobateur d'Elena) et de sortir des remarques manquant de finesses aux personnes présentes. Sans oublier la fois où elle défia Knuckle et Lampo dans un duel de nourriture. Les deux hommes finirent ainsi sous la table sur le point de vomir les plats qu'ils avaient ingurgités bien trop vite pendant que l'espagnole riait avec un air victorieux et un pied sur la table.

- Je suis la reine du monde ! beugla-t-elle en se jetant sur Alaude. Agenouille-toi devant ta reine !

Le policier soupira et prit dans ses bras la jeune femme complètement ivre tout en ignorant les sifflements et regards entendus que lui lancèrent les hommes présents.

- Je pense qu'il est temps que nous prenions congé, dit-il à sa femme tout en marchant vers leurs appartements.

- Naaaan, protesta cette dernière en gigotant faiblement dans ses bras. J'ai promis à Giotto de jouer au dada avec lui !

Alaude réprima son envie de savoir ce que cette promesse voulait bien dire et ouvrit violemment la porte de leurs appartements pour ensuite déposer sans aucune douceur la jeune femme sur le lit et la recouvrir des couvertures jusqu'aux nez.

- Voilà, fit-il en acquiesçant sèchement. Et maintenant, dors.

- Veux pas ! le contredit immédiatement celle-ci en rejetant les couvertures et en saisissant le poignet du blond.

Ce dernier fronça ses sourcils et força une nouvelle fois sa jeune épouse à se coucher. Cependant, il n'aurait jamais imaginé que la brune en profiterait pour le faire trébucher avec sa jambe et le jeter sur le lit pour ensuite s'asseoir avec un large sourire sur son torse.

- Bien, susurra Maria en s'humectant les lèvres avec un large sourire. Passons aux choses sérieuses...

Alaude écarquilla ses yeux et se demanda en passant si la législation française contenait quelque chose pour les hommes qui se faisaient violer par leurs épouses. (S'il n'y en avait pas, il s'empresserait de demander une nouvelle loi une fois que cette sinistre affaire serait passée...)

La jeune espagnole entreprit de défaire les boutons de la chemise de son mari et fronça ses sourcils en constatant qu'elle n'y arrivait pas car ses doigts semblaient trop engourdis. Haussant ses épaules, elle décida qu'il pouvait très bien garder sa chemise pendant leur nuit de noce et déposa ses mains sur le pantalon du blond.

Ce dernier voulut protester avec ses menottes mais il savait que ce serait du plus mauvais goût si un Vongola venait à entrer dans la pièce en entendant des cris (à moins qu'ils ne les prennent pour autre chose...) et décida donc de garder le silence tout en cherchant dans sa tête une solution pour éviter que sa jeune épouse arrive à ses fins.

- Eh ? fit Maria en baissant sa tête pour examiner le pantalon du policier en détresse. Des bretelles ?

Ce dernier manqua de remercier les cieux pour avoir eu la bonne idée de porter un pantalon à bretelles. Puis, il remarqua avec une légère stupeur (et sa bouche entrouverte imperceptiblement même s'il nierait ce fait jusqu'à la fin de sa vie) que la jeune femme avait sorti ses menottes de sa veste tout en faisant un large sourire.

- Alors~ sourit-elle en faisant habilement tourner les armes autour de son index (n'était-elle pourtant pas trop soûle pour faire ça?!). Qué había dicho Giotto sobre estas cosas ? (Qu'avait dit Giotto sur ces choses?) Ah oui !

Subitement, son anneau de fiançailles s'alluma et de petites flammes violettes jaillirent du bijou pendant qu'Alaude maudissait Talbot pour avoir confectionné leurs bagues de fiançailles. Il aurait du savoir que le vieil orfèvre leur avait réservé plusieurs surprises...

- Héhé, ricana sombrement Maria tout en lacérant les vêtements du français avec les menottes désormais enflammées. Bon appétit~

Sentant que sa vertu en souffrirait s'il persistait à ne pas agir, Alaude saisit les mains de sa fiancée et se redressa vivement pour lui heurter violemment le front avec sa tête. La jeune espagnole poussa une exclamation surprise et tomba du lit. Le blond, étrangement envahi par un sentiment de regret, s'empressa d'aller voir l'état de son épouse et constata avec un mélange d'agacement et d'amusement que la brune dormait sur le sol avec un large sourire aux lèvres.

Alaude soupira une nouvelle fois et dans toute la bonté qui le caractérisait, il lança la couverture sur le corps inconscient de la brune pour ensuite s'endormir à son tour.

Le lendemain matin, Maria se réveilla en poussant un grognement et se saisit la tête lorsqu'elle fut parcourue de douleurs insupportables.

- Aïe, marmonna-t-elle en enfouissant son visage dans les épaisses couvertures qui la recouvraient. Que s'est-il passé ?

Ses yeux s'écarquillèrent subitement quand les souvenirs de la veille l'envahirent, appuyant sans pitié sur les endroits douloureux de sa tête en pleine gueule de bois.

Alors... elle avait épousé son supérieur frigide. Pourquoi ? Sans doute parce que dans un côté sombre et inexploré de son âme, elle l'appréciait. Sans doute. Ensuite, il y avait le fait qu'elle avait été à son mariage complètement beurrée. Heureusement, ses parents n'avaient pas été présents à ce massacre... Puis... Que s'était-il passé ensuite ?

Une vague de nausées la saisit et la jeune espagnole se leva vivement pour aussitôt regretter ses actes car son envie de vomir se renforça. Et ne fit qu'augmenter lorsqu'elle réalisa le peu de vêtements qu'elle portait (sa robe ne semblait pas avoir été touchée en réalité...) ainsi que le lit duquel elle était probablement tombée pendant la nuit.

Poussant un grognement, Maria parvint à se lever à grandes peines et s'appuya sur le matelas pour ainsi voir de plus près l'homme qui y dormait paisiblement (sans couvertures vu qu'elle les avait prises avec dans sa chute).

C'était donc lui, Alaude, qu'elle avait épousé. Dans un tel état d'ivresse qu'elle avait accepté leur mariage sous la révélation surprenante qu'elle avait bel et bien des sentiments envers son frigide supérieur qui l'avait recueillie sous son aile deux ans auparavant...

La jeune mariée émit une plainte et se cacha le visage dans ses mains tout en secouant sa tête vivement.

- Pourquoi moiiiiiii~ gémit-elle en jetant les couvertures sur l'homme endormi. Pourquoiiiiii !

Subitement, les mouvements brusques que la brune n'avait cessés de faire depuis son réveil se révélèrent être trop pour son corps encore nauséeux par sa gueule de bois et Maria dut se précipiter vers les toilettes. Une fois agenouillée devant le trône en porcelaine, elle entreprit de régurgiter tout ce qu'elle avait mangé la veille et ne put s'empêcher d'être étonnée par la quantité astronomique de nourriture qui s'y trouvait.

Mais qu'avait-elle donc mangé ?!

Épuisée, Maria appuya son front contre la cuvette glaciale des toilettes et soupira bruyamment tout en fronçant son nez suite à l'odeur nauséabonde. Comment se faisait-il qu'elle soit aussi malade ? Généralement, elle tenait très bien l'alcool (il suffisait de voir la fois où elle avait soûlé Ramón sans même sourciller face à la quantité d'alcool ingéré) et il aurait fallu un régiment de tonneaux de bière pour qu'elle se sente étourdie. Alors, pourquoi une telle gueule de bois ? Combien de litres avait-elle bus ?

Soudain, une raison valable pour ses nausées matinales lui vint à l'esprit.

Elle l'avait fait avec Alaude, non ? Il serait donc normal de passer à cette conclusion, non ?

Maria passa alors ses mains sur son ventre encore boursouflé par la nourriture qui s'y trouvait (elle avait vraiment mangé énormément au banquet...) et hoqueta de surprise en sentant le renflement notoire sous ses doigts.

- Dios mío, murmura-t-elle avec stupeur et des larmes aux yeux. Je suis enceinte...

Elle cligna des yeux plusieurs fois pour chasser les larmes et se mit à bercer doucement son estomac encore rempli tout en répétant à mi-voix sa constatation.

Tout s'expliquait ! Ses maux de ventres, ses nausées ainsi que ses pics de colère irraisonnés envers son époux !

- Alaude ! Alaude ! appela-t-elle en levant en titubant pour essayer de rejoindre son conjoint.

Un froissement de couvertures résonna dans la chambre et la jeune espagnole se sentit sourire en constatant que son mari se dépêchait de la rejoindre. Puis, son sourire s'élargit lorsqu'un souvenir de la cérémonie revint dans sa tête.

« Je ne le répéterais pas. Je t'aime alors épouse-moi... Je t'aime alors épouse-moi... Je t'aime... Je t'aime... »

Maria gloussa avec un sourire énamouré aux lèvres et ce fut ainsi qu'Alaude la retrouva dans la salle de bains. Le blond haussa ses sourcils en voyant son épouse encore vêtue de sa robe de mariée et avec ses cheveux ébouriffés rire stupidement et se demanda s'il ferait mieux de partir avant qu'elle ne le remarque.

- Alaude ! répéta la jeune espagnole en apercevant le français et en rougissant lorsqu'elle croisa son regard. Moi aussi je t'aime ! Te quiero ! Ti amo !

Le blond soupira et s'avança dans la pièce pour ensuite poser sa main sur le front de son épouse.

- Étrange, murmura-t-il en fronçant ses sourcils. Tu n'as pas de fièvre...

- Mons... Alaude ! se reprit immédiatement la brune en saisissant la main de son mari. J'ai une incroyable nouvelle à vou...ARGH !

N'ayant même pas eu le temps d'achever sa phrase, Maria fut prise de haut-le-cœur et dut se tourner une nouvelle fois vers la cuvette pour déverser le contenu de son estomac.

- Aaah, soupira-t-elle de bien-être une fois qu'elle eut fini. Ça fait du bien...

Puis, avec un froncement de sourcils, elle déposa ses mains sur son ventre désormais plat et poussa une plainte stridente pour ensuite se mettre à pleurer à chaudes larmes.

- Alaude ! pleurnicha-t-elle en saisissant le pantalon froissé du blond.

Ce dernier soupira et posa sa main sur la tête de la brune afin de lui caresser les cheveux pour l'apaiser.

- Qu'y a-t-il ? grogna-t-il en se demandant pour la cinquième fois depuis son réveil s'il avait bien fait en épousant l'espagnole.

- ... continua à pleurer la jeune femme. Notre petite fille...

- Plaît-il ? manqua de s'étrangler le français.

Mais de quoi parlait-elle donc ? Qui était cette fille ?

- Je n'arrive pas à croire que j'ai fait une fausse couche ! se lamenta Maria en cachant son visage larmoyant dans les jambes de son époux.

Ce dernier leva ses yeux au ciel et préféra ne pas dire à la brune qu'ils n'avaient même pas eu de nuit de noces.

Un autre jour sans doute...

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- Alaude ? appela Giotto en ouvrant la porte qui menait au commissariat de son ami.

Un grognement répondit à l'appel de l'italien et ce dernier réalisa avec surprise que le français ne se trouvait pas derrière son bureau comme il en avait l'habitude. Ni dans sa chambre.

- Que fais-tu dans cette cellule ? demanda le Parrain des Vongola en réprimant à grandes peines un sourire amusé.

- Il semblerait qu'une fois mariée, Maria se transforme en une femme effrayante à la voix puissante, révéla Alaude en sortant de la cellule avec son habituel visage inexpressif. Et qu'elle ait toujours le dernier mot...

- Dernier mot ? répéta Giotto avec un sourire désormais étincelant sur ses lèvres.

-Notre fille ne s'appellera PAS Gertrude, tonna alors une voix féminine.

Le français grimaça imperceptiblement et se redressa pour fusiller de ses yeux bleus son épouse qui venait d'apparaître à la porte de leur chambre.

- Maria, fit-il en fronçant ses sourcils. Nous en avons déjà discuté, elle s'appellera Gertrude.

- Ni lo sueñes, Alaude ! (Même pas en rêves, Alaude!), siffla Maria avec un air menaçant qui causa le recul instinctif de Giotto.

Ce dernier se sentit sur le point d'éclater de rire en voyant la dispute entre le couple qui avait su rester ensemble malgré leurs différences durant toutes ces années. Puis, se rendant compte qu'ils allaient continuer à se crier dessus pendant des heures, l'italien préféra intervenir au plus vite.

- Comment vas-tu Maria ? Tu m'as l'air radieuse, complimenta-t-il en baisant la main de la femme.

- Je vais bien, assura celle-ci en souriant gentiment au blond. Même si le petit semble adorer jouer avec mes côtes...

Elle passa alors une main sur son ventre bombé et son regard s'adoucit pendant que celui d'Alaude en faisait de même.

- Pourquoi es-tu ici, Giotto ? demanda alors le policier en se rappelant de la présence de son ami.

- Je suis juste venu dire bonjour, assura ce dernier en souriant gaiement. Et vous inviter au manoir... Vous nous manquez beaucoup, principalement Maria.

- Eh ? fit celle-ci avec un sourire entendu. Vraiment ? Même Lampo ?

Giotto toussota et acquiesça avec un air vaguement gêné.

- Même Lampo, assura-t-il pendant qu'Alaude le frappait à l'arrière de sa tête en lui disant de ne pas mentir.

- Ne la provoque pas ou elle recommencera à hurler, conseilla-t-il à mi-voix alors que Maria se dirigeait maladroitement vers la cuisine.

- Pourquoi la laisses-tu faire à manger alors qu'elle est enceinte jusqu'aux yeux, répondit l'italien en fronçant ses sourcils. J'aurais juré que tu l'aurais éloignée des feux...

- Je ne suis pas suicidaire, répondit Alaude simplement. Elle sait que je ne lèverais jamais une main face à une femme enceinte et en profite...

- À taaaable~ chantonna alors Maria en apparaissant à nouveau dans le commissariat avec deux assiettes dans ses mains.

- Aaah, s'exclama Giotto tout en se pourléchant les babines. Ça faisait longtemps que je n'avais plus goûté à tes petits plats, Maria ! Je m'en réjouis d'avance !

L'espagnole lui fit un sourire étincelant et déposa doucement l'assiette devant l'italien pour ensuite se tourner vers son époux et le fusiller du regard.

- Bon appétit, siffla-t-elle avec une intonation meurtrière et en jetant le plat sur la table.

- Merci, répondit glacialement Alaude tout en saisissant ses couverts.

Un silence pesant s'installa alors dans le commissariat et Giotto se demanda s'il devait utiliser son charme naturel pour faire fondre la glace lorsqu'il réalisa une chose.

Son assiette bougeait.
Ou plutôt, la substance dans son assiette bougeait.

Le gentilhomme italien déglutit bruyamment et examina attentivement les composants de son plat. Il ne savait pas encore ce que c'était mais s'il pouvait faire confiance à son intuition, ça n'avait pas été vivant lorsque Maria l'avait cuisiné. Dans ce cas, comment l'espagnole était-elle arrivée à un résultat pareil ?

Giotto jeta un rapide coup d'œil à Alaude et vit ce dernier manger sans sourciller des cuillerées entières de son plat non-identifié qui poussa des couinements lorsque le français le mâcha. D'après le manque de réactions du policier, manger de telles choses devait être devenu une habitude pour l'homme...

- Que se passe-t-il, Giotto, demanda alors Maria en s'asseyant avec un soupir sur une chaise. Tu n'aimes pas mon plat ?

Alaude prit un morceau de pain et commença à saucer son assiette après s'être assuré que son épouse était correctement installée.

- Non ! répondit rapidement le blond en secouant vivement sa tête.

- Tu n'aimes pas ? gronda l'espagnole avec un air si menaçant que Alaude leva sa tête de son assiette et regarda avec un air méfiant son épouse.

- Si, si ! s'empressa de corriger Giotto. Je veux dire...

- Que tu n'aimes pas, compléta sombrement Maria tout en faisant craquer ses phalanges.

L'italien vit alors les yeux du policier s'obscurcir et il comprit que s'il faisait pleurer son épouse, Alaude se ferait un plaisir de l'enfermer dans une cellule et de le torturer avec les plats de l'espagnole.

- Non, non ! s'exclama le Vongola en secouant vivement ses mains dans les airs pour essayer d'effacer ses derniers mots. Je veux dire que j'aime beaucoup ton plat ! Je me suis même arrêté pour le savourer !

Les yeux bruns de Maria se mouillèrent de larmes non versées et Giotto soupira de soulagement en constatant qu'il avait évité le pire. Cependant, il ne s'était pas encore rendu compte que ses mots avaient creusés sa tombe.

- Dans ce cas, déclara l'espagnole enceinte jusqu'aux yeux en se levant tout à coup. Je vais te préparer une autre assiette ! Plus une casserole que tu pourras emporter en Italie !

Le teint de l'italien verdit pendant que la femme se rendait dans la cuisine et Giotto poussa un gémissement de pure souffrance lorsqu'une main se posa lourdement sur son épaule. Le blond leva péniblement sa tête et croisa le regard neutre de son ami.

- Alaude, gémit Giotto sans bouger d'un cil. Aide-moi...

- Au bout de quelques mois, on arrête de s'évanouir, conseilla le policier calmement. Mais les premiers jours, tu souffriras le martyre.

- Quoi, s'étrangla l'italien en réalisant que rien ne le sauverait du triste destin qui l'attendait. Tu ne peux pas l'empêcher de me faire manger... ÇA ?

Alaude soupira, réfléchissant visiblement aux multiples solutions qui s'offraient à lui pour qu'il sauve son ami et (des fois) supérieur. Puis, ses yeux clairs s'illuminèrent et un sourire purement carnassier apparut sur ses lèvres fines.

- Il y a une façon, déclara-t-il d'une voix égale pendant que les paroles d'une chanson populaire espagnole provenaient de la cuisine du commissariat.

- Laquelle ? demanda avec espoir Giotto.

- Mais ce ne sera pas facile, continua le policier comme s'il n'avait jamais été interrompu. Elle requiert un sacrifice de ma part...

- Je t'en serais éternellement reconnaissant ! s'écria l'italien en prenant l'une des mains d'Alaude entre les siennes pour la serrer avec ferveur. Pitié ! Alaude-sama ! Je ne veux pas mourir sans laisser d'héritiers !

Quelques secondes s'écoulèrent dans un silence d'outre-tombe pendant que le policier continuait à sourire de façon aussi menaçante et que Giotto le priait de ses yeux orangés d'accéder à ses requêtes.

- Dans ce cas, finit par dire le français. Tu devras t'occuper de Maria et du bébé si jamais il m'arrivait quelque chose...

L'expression de l'italien devint sérieuse et son air paniqué disparut alors que Giotto serrait avec force la main de son ami.

- Je te le jure, promit-il sans sourciller face à son serment.

- Bien, approuva Alaude en fermant brièvement ses yeux.

Il libéra ensuite ses mains et se dirigea vers la cuisine pendant que l'italien restait assis sur sa chaise et regardait son ami lui sauver la vie. Des bruits de conversation étouffée retentirent dans le commissariat et Giotto arqua un sourcil lorsqu'il entendit clairement un gémissement.

Aussitôt, le blond pâlit en réalisant ce que faisait réellement Alaude.

- Pitié, marmonna l'italien en passant une main dans sa chevelure ébouriffée. Pas dans la cuisine...

Mais Dieu n'écouta pas ses prières car les sons caractéristiques continuèrent à sortir de la cuisine.

- Gertrude, fit la voix lointaine d'Alaude.

- Maria de las Alondras, répliqua aussitôt Maria avant que le bruit familier d'un baiser ne résonne.

Resté dans la salle principale du commissariat, Giotto secoua sa tête avec incrédulité. Bien sûr, il pouvait compter sur Alaude et Maria pour continuer à se battre sur le nom de leur (probable) petite fille tout en s'envoyant en l'air. Pourquoi cela ne l'étonnait-il pas ?

- Felicia, continua l'espagnole pour ensuite pousser un glapissement.

L'italien arqua à nouveau un sourcil lorsqu'il vit Alaude sortir de la cuisine avec son épouse dans les bras.

- Giotto, fit simplement le français en hochant sa tête.

- Je pense que je vais partir, répondit au plus vite le Vongola. Je n'ai absolument pas envie de vous gêner.

Maria gigota faiblement dans les bras de son mari et tourna alors sa tête vers l'italien.

- Reviens quand tu veux, sourit-elle gaiement. Je te préparerais le même plat !

Le teint de Giotto vira au vert et il acquiesça faiblement, un sourire tremblant aux lèvres.

- Je reviendrais le plus vite possible, mentit-il entre ses dents.

Cependant, l'espagnole ne l'entendit pas car Alaude se dirigeait déjà à grands pas vers leur chambre. Ne voulant absolument pas entendre la suite de leurs ébats, Giotto s'empressa de quitter le commissariat et s'appuya contre la porte fermée de celui-ci une fois cela fait.

C'était décidé, il ne reverrait Maria et Alaude qu'une fois le bébé né. Qui était d'ailleurs un garçon si son instinct avait vu juste. Peut-être aurait-il du les prévenir de ce petit détail.

Giotto haussa ses épaules. Autant les laisser dans le flou pour qu'ils aient la surprise de découvrir le sexe du bébé. D'ailleurs, cela lui rappelait son petit pari avec Cozart et Asari, cela faisait du bien de savoir qu'il avait une nouvelle fois eu juste.

Un sourire éblouissant aux lèvres, l'italien se promena gaiement dans les rues parisiennes ensoleillées et leva sa tête pour admirer le ciel bleu parsemé de nuages.

Il avait hâte que le bébé naisse pour le submerger de cadeaux. Après tout, il allait en être le parrain, contrairement à ce qu'avaient parié Cozart et Lampo.

Sifflotant gaiement, Giotto se mêla à la foule parisienne et tenta d'ignorer les cris qui provenaient du commissariat d'Alaude. Il ne voulait en aucun cas savoir ce qui s'y passait.

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OMAKE

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Hibari Kyouya examina avec ennui l'anneau à son doigt et se remit ensuite à signer les documents administratifs de l'école de Namimori.

Ainsi, il allait être testé par un fantôme provenant d'une mafia italienne du dix-huitième siècle... Cela promettait d'être intéressant. Et si ça ne l'était pas, cela lui donnait toujours une raison pour mordre à mort Sawada Tsunayoshi.

Soudain, son anneau brilla avec force et Hibari leva paresseusement une main pour protéger ses yeux. Lorsque l'éclat diminua, l'adolescent baissa son bras et contempla sans grande surprise l'homme blond aux traits familiers qui lui faisait face.

- Tu es donc le gamin que je dois tester, déclara le fantôme en un japonais qui contenait un léger accent français.

- Tu as l'air fort, constata Hibari avec un léger sourire aux lèvres. Bats-toi contre moi.

Le blond fronça ses sourcils et croisa ses bras sur son trench noir.

- Je ne me bats pas contre les enfants, répondit-il avec un ton intransigeant. Et ce, pour une bonne raison...

Subitement, une voix grave mais néanmoins féminine résonna dans la salle de réception de l'école de Namimori et Hibari tendit sa main vers ses tonfa car il n'appréciait guère le fait qu'il n'avait pas perçu l'autre présence. Ses yeux gris passèrent en revue l'homme blond et il remarqua que ce dernier avait une expression pour le moins surprenante sur son visage.

- Je pensais te l'avoir dit de nombreuses fois, Alaude ! tonna la voix féminine alors que l'anneau Vongola brillait à nouveau et qu'une forme apparaissait aux côtés du dénommé Alaude. Tu ne te battras pas contre notre descendant !

La jeune femme brune qui venait d'apparaître croisa à son tour ses bras et inspira profondément pour ensuite tourner sa tête vers Hibari et lui faire un large sourire qui prit légèrement au dépourvu l'adolescent.

- Dios mio ! s'exclama-t-elle avec une voix stridente qui fit grimacer Hibari. Il lui ressemble tellement ! Tu as vu, Alaude ?

L'homme blond soupira et enroula un bras autour de la taille de la jeune femme brune.

- Je sais, Maria, dit-il avec une voix neutre.

- Il me donne envie de l'étouffer dans mes bras ! piailla Maria en bondissant hors de l'étreinte d'Alaude pour aussitôt joindre le geste à la parole.

Prit par surprise, Hibari écarquilla ses yeux lorsque les bras absolument pas immatériels de l'esprit féminin le serrèrent avec affection contre un buste voluptueux et l'adolescent cilla en réalisant que Maria était occupée à le serrer dans ses bras et qu'il n'avait même pas eu le temps de réagir pour l'en empêcher.

- C'est décidé, déclara celle-ci en opinant avec un air sûr d'elle alors qu'Alaude s'appuyait contre un mur avec un air ennuyé sur son visage habituellement neutre. On l'adopte !

Pour la première fois de sa vie, Hibari Kyouya pria pour que quelqu'un le sauve de cette jeune femme aux tendances maternelles bien trop puissantes.

Vivement que les tests s'achèvent...


Et voilà, notre première fic achevée ! N'est-ce pas émouvant ?
N'hésitez surtout pas à nous laisser un commentaire pour fêter cet évènement :D