NOTE DE LA TRADUCTRICE: Merci à tous ceux qui ont lu le premier chapitre et à ceux qui ont laissé des commentaires! Je suis vraiment contente que vous aimiez l'histoire jusqu'ici. Elle n'en deviendra que meilleure.

On m'a posé la question à savoir combien il y a de chapitres. Stealing Harry a 28 chapitres, mais il y a beaucoup d'autres histoires dans le même univers, que je m'efforcerai de traduire aussi si je le peux. Entre autres ce sont des scènes supprimées de la version finale, des petits one-shots (rassemblés sous le nom de Tales of the River House) puis d'autres fics: Lacoon's Children, 1, 2 et 3 qui relatent les années de Harry à Poudlard, et une autre pour mettre un terme à la série.

Voici déjà le second chapitre. J'ai pris un peu d'avance sur la traduction alors je ne vois pas pourquoi vous devriez patienter plus longtemps. Bonne lecture!


STEALING HARRY

Chapitre 2


Une semaine passa avant qu'Harry n'ait une autre occasion de s'approcher de Sandust Books, et il ne réussit même pas à s'éloigner de la tante Pétunia, qui avait emmené Dudley chez le coiffeur et força Harry à rester assis à ses côtés. Il observa avec envie la vitrine poussiéreuse de la librairie de l'autre côté de la rue, ainsi que le chien noir qui léchait joyeusement la glace dans les mains de deux enfants. Lunard sortit et s'assit près de lui sur le marchepied pour se faire dorer par le soleil d'après-midi. Il remarqua Harry et l'indiqua à Patmol, pointant dans sa direction et agitant la main. Harry les salua discrètement.

Patmol bondit et se précipita dans la rue avec enthousiasme, mais il s'arrêta en apercevant la tante Pétunia, au moment même où il allait poser ses pattes sur la vitrine. Ses lèvres se retroussèrent vers l'arrière, montrant ses dents. Harry sourit et lui fit signe de garder le silence. Patmol recula, la queue entre les pattes, trottant tristement en direction de Lunard qui le gratta derrière les oreilles d'un air déçu.

Harry regarda les gens qui s'arrêtaient pour discuter avec Lunard et Patmol, ainsi que les enfants qui allaient et venaient. Parfois, Lunard suivait des clients à l'intérieur pour les aider à trouver ce qu'ils cherchaient.

Derrière lui, Dudley gémissait dans la chaise du coiffeur, refusant de se tenir droit et se plaignant que celui-ci lui couperait les oreilles et – bien que Harry ne comprenne guère sa logique – le nez. À travers la vitrine, de l'autre côté de la rue étroite, Lunard lui faisait des grimaces et Patmol exécutait des acrobaties ridicules.

Harry décida qu'il devait à tout prix retourner à la librairie. Et il n'y avait qu'une seule façon qu'une telle chose se reproduise.

Il lui faudrait parler avec monsieur Black, le propriétaire de la boutique.

Il se résolut de le faire le jour même, mais trois jours plus tard, il n'en avait toujours pas eu la chance. Il devait agir quand la tante Pétunia avait le dos tourné, quand Dudley ne le suivrait pas, et quand monsieur Black serait à la maison.

Alors Harry observa et il attendit, tout en inventant son excuse et enfin, un jour après l'école, il eut sa chance. Tante Pétunia était allée prendre le thé chez une amie et Dudley était à l'étage, jouant à ses jeux vidéos. Harry entendit le grondement de la moto dans la rue et le moteur couper. Il crut même entendre les bruits de la porte du garage qui s'ouvrait.

Il mit tranquillement son manteau, cacha le livre dans sa poche, et se glissa par la porte arrière. Il contourna la maison, émergea dans la rue et se cacha derrière une haie pour observer monsieur Black à travers les branches. Il avait roulé sa moto jusque dans le garage et était allongé dessous, bricolant quelque chose.

Harry regarda autour de lui, prit sa décision, et traversa la rue en vitesse. Monsieur Black entendit ses pas, glissa de sous la moto et se redressa sur ses coudes. Harry se précipita dans le garage et se cacha près d'un support à outils.

Quand monsieur Black l'aperçut, il cligna des yeux et pâlit.

- Bonjour, dit rapidement Harry. C'est vous le propriétaire de la librairie?

Monsieur Black l'observa, bouchée bée.

- Je suis… je suis un ami de Lunard et Patmol et ils m'ont donné ce livre.

Harry lui monta le livre.

- Et je l'ai vraiment beaucoup aimé et ça dit qu'il y en a plein d'autres et je me demandais peut-être si Patmol me laisserait en avoir un autre… mais je ne peux pas aller à la librairie parce que ma tante me l'interdit… et elle dit que vous en êtes propriétaire…

Il s'arrêta, regardant sans ciller monsieur Black qui commençait à le rendre anxieux.

- Je… Je suis désolé…

- Non, non, non… reste là, déclara Monsieur Black.

Il se releva gracieusement, ses yeux ne quittant jamais le visage d'Harry et se dirigea vers un évier. Lentement, il se lava les mains et essuya la graisse sur ses doigts. Quand il se retourna finalement, Harry tremblait avec nervosité.

- N'ais pas peur, lui dit doucement l'homme.

Il s'avança, s'agenouilla et prit le livre des mains d'Harry.

- Je suis propriétaire de la librairie, dit-il en feuilletant le livre. Tu l'as lu au complet?

- C'était génial, répondit Harry.

Monsieur Black releva brusquement la tête et Harry se demanda s'il avait dit quelque chose de mal.

- Patmol m'a dit que je pouvais l'avoir, ajouta-t-il.

- Patmol ne parle pas.

- Oui, il parle. Je parierais n'importe quoi qu'il peut parler parce que Lunard est un magicien, dit Harry.

Monsieur Black sourit.

- Mon nom est Sirius Black, dit-il. Comme l'étoile. Tu peux m'appeler Sirius.

- C'est un drôle de nom.

- Je suppose que oui, dit Sirius en retournant le livre dans ses mains. Tu dois le garder, Harry. Patmol te l'a donné. Je peux te donner le prochain, si tu veux.

- Je ne peux pas le garder, dit sombrement Harry. Tante Pétunia l'a presque trouvé. Si elle s'en empare, elle va le détruire, et Lunard et Patmol vont avoir des ennuis.

- Ah, je vois, dit gravement Sirius.

Quelque chose dans son regard rappela à Harry le sombre regard canin de Patmol.

- Eh bien, dans ce cas, je vais le garder en sécurité pour toi.

- Alors… Lunard travaille pour vous? demanda Harry en regardant Sirius ramasser le livre dans sa poche arrière.

- D'une certaine manière. Je suis propriétaire et il fait rouler la boutique de sorte que je n'ai rien à y faire.

- Vous êtes un magicien vous aussi?

- Non, je suis un chien qui parle.

Harry fronça les sourcils. Sirius sourit.

- En parlant de magiciens…

- Sirius!

Ils se retournèrent, Harry rayonnant.

- Lunard! dit-il, tout excité, mais l'homme aux cheveux bruns qui se tenait dans la cour regardait Sirius sombrement.

- Qu'est-ce que tu fais?

- Le gamin voulait rendre le livre, répondit Sirius.

- Où est Patmol? demanda Harry en cherchant autour d'eux le grand chien noir.

- Patmol est dans sa niche, répondit Lunard et Sirius sourit.

- Harry pense que Le Neveu du magicien était génial et il voudrait le livre suivant, dit-il en se levant avant d'ébouriffer les cheveux d'Harry.

Sa main était tellement grande qu'elle arrivait à recouvrir tout le dessus de sa tête.

- Harry, retourne vite chez ton oncle et ta tante avant qu'ils ne te surprennent, déclara Lunard.

La déception d'Harry devait être évidente sur son visage car l'homme sourit.

- Je ne voudrais pas que tu aies des ennuis, dit-il. Je ne suis pas en colère contre toi, Harry, je suis en colère contre Sirius. Allez, cours, et je m'assurerai que tu reçoives bien ton livre, d'accord?

Harry, sans comprendre exactement ce qui se passait, hocha la tête et s'éloigna en courant, trébuchant légèrement sur le trottoir. Alors qu'il partait, il entendit Lunard dire à Sirius :

- Je vois que tu as réussi à te retenir.

- Je le devais.

- Tu ne peux pas lui parler de magie comme ça. Il n'a que huit ans.

Il n'entendit que vaguement la réponse de Sirius :

- Eh bien, il le découvrira tôt ou tard. Il pense que tu es un magicien, Remus.

Puis la voiture de l'oncle Vernon passa près de lui et Harry courut jusqu'à la maison afin d'arriver juste à temps pour le dîner. Il ne fallait pas être en retard sinon on lui poserait des questions et il n'aurait plus le droit de sortir.


- Tu ne peux pas lui envoyer celui-là, Lunard. Ce n'est qu'un gamin.

- Sirius, ce livre a été écrit pour les enfants. Ce qui te contrarie, c'est que je veux lui envoyer ta copie.

- Eh bien, c'est mon livre!

- Il te le rendra, ne t'inquiète pas.

- C'est un enfant, il va y renverser quelque chose.

- Tu es propriétaire d'une librairie. Ce n'est pas comme si c'est la seule copie qui existe. Tu ne veux pas que ton filleul lise ce livre?

- Oui, mais…

- Alors, c'est réglé.

- Je voulais le lui lire moi-même. Je l'ai mis de côté exprès pour ça.

- Une fois qu'il aura onze ans, tu pourras lui rendre visite à Poudlard et lui lire tout ce que tu voudras.

- Il sera trop âgé alors.

- Il est déjà presque trop âgé maintenant.

- Je déteste les Dursley.

- Les Dursley le protègent.

- Et ils font un boulot de merde. Tu sais qu'il se promène dans les vieux vêtements du porcelet, pas vrai?

- Son nom est Dudley.

- Je m'en fiche.

- Ce qu'on a mauvais caractère cet après-midi!

- Ce n'est pas juste.

- Écoute, c'est déjà suffisamment dangereux comme ça. Je sais que Maugrey t'a déjà crié dessus une fois. Si on se fait surprendre à lui envoyer des trucs…

- Et alors? Et alors qu'est-ce qu'ils vont nous faire? Je voudrais bien le savoir! Ils ne peuvent pas nous reprocher de vouloir nous occuper de l'enfant. Ce n'est pas un crime, tu sais.

- Dumbledore a des amis au sein du Ministère. Arthur Weasley pourrait nous rendre la vie bien misérable.

- Arthur Weasley? Dis-moi que tu plaisantes. Cet homme ne ferait pas de mal à une mouche, encore moins à d'autres personnes.

- Eh bien, Sirius, tu as beaucoup moins à cacher que moi.

- Dumbledore ne te ferait jamais ça. Pas vrai?

- Nous mettons Harry en danger. S'il quitte les Dursley, il sera beaucoup plus difficile de le protéger.

- D'accord, d'accord, je vais me taire. Mais s'il vient encore me parler, je ne vais certainement pas le jeter hors de mon garage.


Harry attendit patiemment tout le reste de la semaine, se demandant comment ferait Lunard pour lui faire parvenir le livre. Il n'eut pas d'autre chance de s'esquiver pour parler à monsieur B… à Sirius, mais il garda un œil attentif sur sa maison. Les seules personnes qui visitèrent Sirius furent Lunard et un vieil homme avec une jambe de bois et un chapeau melon enfoncé jusqu'aux yeux.

Il était assis dans la cour arrière, se cachant de Dudley, quand le livre arriva. Harry était dissimulé derrière une haie pour étudier son cours d'histoire lorsqu'un paquet tomba directement sur ses genoux.

Il leva les yeux. Un hibou à l'air vicieux était assis dans un arbre au-dessus de lui, claquant son bec.

Il déchira l'emballage enveloppant le paquet. Un autre livre à la couverture jaune en sortit, puis un second livre, ainsi qu'un étrange morceau de papier.

Cher Harry,

Pas un mot !

Quand tu auras terminé de lire, rapporte les livres à Sirius.

Lunard

P.S. Si tu veux répondre à cette lettre, écris ton message sur ce papier et donne-le à la chouette. Elle est entraînée pour m'apporter mon courrier.

Il y avait une empreinte de patte sous la note.

Harry ressortit son crayon et griffonna un mot de remerciement, promettant de ne rien dire. Le hibou accepta le message et s'envola.

Il se retourna vers les livres en souriant. Il y en avait un autre de C.S. Lewis – Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique – ainsi que Les Camionneurs, d'un dénommé Pratchett.

Il fallut à Harry trois nuits et deux périodes de repas à l'école pour finir le second livre de Narnia. Il n'était pas aussi intéressant que le premier. Il termina Les Camionneurs presque aussi rapidement qu'il avait lu Le Neveu du magicien. Et puisqu'il ignorait quand il pourrait rendre les livres, il le lut à nouveau.

Le samedi suivant, Sirius garda toute la journée la porte de son garage grande ouverte, faisant semblant de travailler sur sa moto, mais Harry resta coincé à l'intérieur, forcé d'aider sa tante Pétunia à faire le ménage.

Le lundi, cependant, quelque chose d'extraordinaire se produit.

Juste avant le déjeuner, alors qu'Harry levait la tête de ses problèmes de maths, il aperçut un éclair noir passer devant la fenêtre. Assis sur l'herbe du terrain de l'école se trouvait Patmol, la langue pendante, l'oreille dressée vers la salle de classe. Le monde d'Harry s'illumina. Patmol était sûrement là pour le voir. Patmol avait fait tout ce chemin depuis Sandust Book juste pour venir le voir lui, Harry Potter.

Il sembla se passer une éternité avant que la cloche sonne finalement. Harry ramassa son sac à dos – usé jusqu'à la corde, menaçant de s'effondrer, couvert de personnages de dessins animés, qui avait appartenu à Dudley, bien sûr – puis il courut à l'extérieur et passa ses bras autour du cou de Patmol. Le chien gémi d'excitation. Harry se jeta dans l'herbe et retira de sa poche un sandwich au jambon un peu écrasé, offrant la moitié à Patmol qui le déchiqueta avant de le dévorer.

- J'ai revu Lunard. Il m'a donné deux nouveaux livres. C'est toi qui les as choisis? demanda Harry.

Patmol, la bouche remplie de sandwich au jambon, poussa un gémissement.

- Je m'en doutais. J'ai rencontré Sirius aussi. Il dit que tu ne peux pas parler, mais je parie que oui. Tu peux me parler à moi, tu sais. Je ne le dirai à personne.

Harry patienta, s'attendant presque à ce que Patmol ouvre la bouche pour lui raconter une blague, mais le chien leva la tête pour regarder par-dessus son épaule.

Oh. Dudley et sa bande s'approchaient.

- Regardez, le petit Harrychou a un nouveau meilleur ami, déclara Dudley en s'arrêtant devant lui, les mains sur les hanches. Assure-toi de ne pas lui donner tes puces, Harry.

- Tais-toi, Dudley, répliqua Harry.

Patmol gronda doucement.

- Qu'est-ce que tu vas faire? Lancer ton gros chien stupide après moi?

- Il n'est pas stupide, répondit Harry. C'est le chien le plus intelligent de tous, comme les chiens dans les films.

- Moi je trouve qu'il a l'air bête, dit l'un des autres garçons.

Très lentement, Patmol se leva. Debout, il était presque aussi grand que Dudley. Ses lèvres se retroussèrent vers l'arrière, découvrant ses longues dents pointues.

- Nah, c'est un gros chien stupide, déclara Dudley en jetant sur Patmol une boulette de papier.

Patmol broncha à peine. Au contraire, il se précipita sur Dudley, le saisit par la ceinture, déchirant son pantalon sur le côté, avant de projeter le garçon au sol.

- Je vais tout raconter! hurla Dudley en s'enfuyant avec les autres garçons qui avaient déjà déguerpi.

Patmol renifla et trotta vers Harry.

- Tu devrais partir, dit Harry. Tu vas avoir des ennuis.

Patmol gémit et poussa sa tête sous son coude.

- Allez, va rejoindre Lunard avant qu'un professeur arrive, dit Harry. Allez, Patmol.

Le grand chien noir souffla, mais il se retourna et s'éloigna à contrecœur.

Harry se retourna vers la cour d'école, réfléchissant déjà au mensonge qu'il devrait raconter à propos d'un chien errant qui était passé par là.


- Ça y est. C'est la fin.

Assis derrière le comptoir de Sandust Books, Remus leva les yeux. C'était la fin de l'après-midi, la période où l'achalandage dans la boutique était au minimum. Leurs seuls clients étaient les frères Baker, âgés de cinq et deux ans, dont la mère achetait des chaussures au magasin d'à côté.

- Sûrement pas, dit-il. Je suis certain que le soleil en a encore pour des milliards d'années avant d'exploser. Et tu sais que l'univers pourra sûrement durer un peu plus longtemps.

- Tu sais où je me trouvais à l'heure du déjeuner, Lunard?

- Sûrement en train de nous causer des ennuis, répondit Lunard en notant quelque chose dans le registre. Et ensuite, je suppose que tu t'es rendu au Chemin de Traverse pour bouder pendant quelques heures. Écoute, nous pourrions avoir Pratchett pour une séance de dédicaces le 12, mais c'est la pleine lune, alors il faudrait que tu t'en occupes. Je sais que tu détestes ça, mais…

- Je suis allé à son école. J'ai attendu qu'il sorte. J'avais l'intention de partager son déjeuner et de me faire gratter les oreilles, annonça Sirius.

- Tu devais également reprendre les livres. Je vois que tu as été distrait.

- Le porcelet ne laisse même pas le pauvre garçon tranquille quand il est assis sur l'herbe à s'occuper de ses affaires. Je veux dire… Vraiment! Et tu as vu de quoi il a l'air dans ces vieux vêtements? Pas étonnant qu'il n'ait pas d'amis à l'école.

Remus leva les yeux.

- Dudley l'ennuie à l'école?

- Pas aujourd'hui, dit Sirius d'un air suffisant. J'ai brisé son pantalon.

- Brisé?...

- Eh bien, je l'ai un peu déchiré. Je suppose que ça va lui apprendre. Ça ne me dérangerait pas de l'entendre chanter fausset, si tu vois ce que je veux dire.

Remus retira ses lunettes et les replia soigneusement.

- Ce n'est pas très difficile à comprendre, Sirius. Tu as attaqué Dudley Dursley?

- Il embêtait Harry!

- Nous sommes dans la merde, murmura Remus.

- Non, je vais te dire qui est dans la merde. Pétunia Dursley est dans la merde. Vernon Dursley est dans la merde. Dudley Dursley sera bientôt dans un monde de merde, car je vais rassembler une meute de chiens sauvages pour le démembrer violemment. Nous? Nous ne sommes pas dans la merde. Nous allons prendre d'assaut cette maison et…

- Sirius.

Sirius sembla se calmer quand Remus lui indiqua, dans un coin, les deux petits garçons qui les observaient d'un air surpris.

- Je le pense cette fois, continua Sirius à voix basse. Il est plus âgé maintenant, tout cela commence à l'affecter. Je ne peux pas tolérer ça. Je suis son parrain. J'ai le droit de vouloir m'assurer qu'il est heureux.

- Tout ce que nous avons le droit de faire, c'est nous assurer qu'il reste en vie, murmura Remus. Il doit rester avec sa famille. Dumbledore l'a dit.

- Je suis sa famille!

- Mais pas son sang!

- Toi, tu es son sang.

Remus arqua un sourcil.

- Je suis un cousin distant de la mère de James, c'est différent.

- James et Lily seraient furieux s'ils savaient…

- Mais ils ne savent pas, Sirius, parce que James et Lily sont morts, répliqua Remus d'un ton cassant.

Ils se retournèrent vivement en entendant un bruit derrière eux.

- Harry! dirent-ils à l'unisson.

Harry Potter se tenait près d'une étagère, serrant son sac à dos dans ses mains, les regardant de ses yeux écarquillés.

- Tu es là depuis combien de temps? demanda Sirius.

- Où est ta tante? demanda Remus en l'interrompant.

- Nous venons de… elle voulait acheter… à Dudley… un nouveau pantalon… dit Harry.

Il regardait Sirius avec des yeux grands comme des soucoupes.

- Je…

Il laissa tomber son sac à dos et Sirius vit que celui-ci contenait les livres qu'ils lui avaient envoyés.

- Je suis venu pour vous rendre les livres, dit-il d'une petite voix.

Sirius tendit la main pour les reprendre, mais Harry recula.

- Vous parliez de mes parents, murmura-t-il.

Sirius se tourna vers Remus, qui déposa son stylo et se frotta les yeux. Enfin, il soupira.

- Oui, Harry, nous parlions d'eux, répondit-il.

- Vous connaissiez mes parents, dit Harry.

- Oui, confirma Remus.

Sirius avait l'air abasourdi.

- Vous avez dit que vous êtes mon parrain, continua Harry, comme s'il tentait d'absorber toutes ces nouvelles informations.

Sirius laissa échapper un bruit étouffé.

- Tu ne te rappelles pas tes parents, Harry? Pas du tout? demanda doucement Remus.

Harry secoua la tête.

- J'ai une photo d'eux dans mon placard… dit-il sans quitter des yeux le visage de Sirius.

- Dans ta chambre?

- Là où je dors, dit Harry.

Remus vit les poings de Sirius se serrer.

Il y eut un cri provenant de la rue. La tante Pétunia appelait son nom et Harry ramassa son sac à dos avant de s'enfuir, laissant tomber les livres sur le sol. Ils le regardèrent partir.

- Tu as entendu, Lunard? dit Sirius d'une voix rauque.

- Oui.

Remus referma son carnet et le jeta sur le comptoir.

- Comme mon père avait l'habitude de le dire, il vaut mieux être pendu pour un mouton que pour un agneau.

- Qu'est-ce que?...

- Je pense que nous devrions faire une petite visite aux Dursley demain après-midi.

Sirius l'observa attentivement. Il y avait quelque chose d'étrange dans les yeux de Remus, quelque chose qu'il n'avait jamais vu auparavant. C'était comme un mélange de pitié et de rage qui ressemblait exactement à ce qu'il ressentait lui-même.

- Je pars dans deux jours pour l'Inde, continua Remus. Apparemment, il existe une secte dans les provinces du nord qui vénère les rats. C'est le genre de truc qui intéresserait Peter, tu sais, et je pense qu'il s'est peut-être terré là-bas. Mais je ne vois aucune raison de ne pas faire une petite peur aux Dursley avant de partir.

Il se retourna vers Sirius.

- Tu resteras très calme. Tout ce que tu dois faire c'est avoir l'air menaçant et me laisser parler.

- Je peux les menacer aussi? Physiquement?

- Si tu es bien sage, je te permettrai peut-être de claquer des dents près de l'oreille de Dudley.