STEALING HARRY
Chapitre 4
Déclarant qu'Harry avait vécu plus d'émotions fortes que tout enfant pouvait supporter en une journée, Remus demanda à Sirius de le convaincre de faire une sieste. Celui-ci laissa le garçon recroquevillé dans un nid de couvertures sur le lit de Remus et revint dans la cuisine, où Arthur et Remus discutaient solennellement.
- Alors, maintenant on attend la colère de Dumbledore? demanda-t-il d'un ton léger.
Remus sembla soudainement nerveux.
- Ou sa réponse, du moins, répondit Arthur. Comment sont les sorts de protection sur cet endroit, Lupin?
Remus haussa les épaules.
- Plutôt bons. J'en ajouterai d'autres avant ce soir. Ceux-ci sont… disons, spécialisés.
- Remus est brillant en magie noire, ajouta Sirius. En défense, je veux dire, précisa-t-il rapidement.
- Il le faut, murmura Remus. Quand on passe la moitié de son temps dans les villages de zombies en Afrique, on s'habitue…
Arthur fronça les sourcils.
- Tu cherches toujours?
- Peter est toujours en liberté.
- Tu restes le seul à le penser, précisa le rouquin.
- Écoute, tout ce que je sais, c'est qu'ils n'ont jamais retrouvé le corps…
- Il y avait des doigts…
- Et s'il n'y avait aucun corps, je ne suis pas convaincu, poursuivit Remus. Des doigts, ce sont des doigts, pas un corps.
Arthur secoua la tête.
- Je n'ai jamais compris comment Malefoy était arrivé là-bas avant vous deux.
- J'ai mes théories, dit sombrement Sirius.
- Pour ma part, je suis heureux qu'il y soit arrivé, ajouta Remus. Sinon, Sirius y serait parvenu avant.
- J'aurais très bien pu me débrouiller!
- C'est discutable.
- Qu'est-ce qui s'est passé ce jour-là? demanda Arthur. J'ai toujours voulu le savoir. Dumbledore ne donne jamais de réponse précise et vous savez comment sont les reportages de la Gazette…
Remus traversa la cuisine, ouvrit un placard et en retira une bouteille de whiskey Pur Feu. Il la décapsula et en versa un peu dans la tasse de Sirius. Après un hochement de tête, il en versa aussi dans celle d'Arthur.
- Sirius devait être leur gardien du secret, dit-il, mais il savait que ce serait lui que le Seigneur des Ténèbres chercherait en premier. Il a pensé que quelqu'un d'autre devrait le faire à sa place, quelqu'un qu'on ne soupçonnerait pas. À l'époque, ils croyaient tous que j'étais un espion, dit-il d'une voix traînante.
Il avait eu sept ans pour y repenser et à présent, il trouvait cette possibilité presque amusante.
- Ensuite, Peter est allé rejoindre le mage noir et lui a dit où les trouver.
- Je peux continuer, dit Sirius en sirotant son thé. Lorsque je suis arrivé chez eux, c'était déjà fini. Hagrid était là avec… avec Harry, dit-il en resserrant ses doigts sur sa tasse. J'allais chercher Peter pour lui arracher ses putains de bras…
- Quant à moi, je n'étais même pas censé être au pays. J'avais décroché un boulot à Rome, ajouta Remus. Ils m'envoyaient de l'argent pour le voyage, mais le hibou s'est perdu… Quand j'ai entendu la nouvelle, je suis allé directement à Godric's Hollow.
- Moi, j'ai envoyé Hagrid sur ma moto avec Harry, grommela Sirius. Nous avons commencé nos recherches, mais nous avons pris un mauvais détour…
- C'était ma faute, murmura Remus.
- Et Lucius Malefoy l'a trouvé en premier, termina Sirius. On dit qu'ils se sont battus en duel. Vingt Moldus sont morts.
- Les journaux disaient huit, dit Arthur, étonné.
- Les journaux ont menti, répondit Sirius. Ils ont retrouvé Lucius et quelques-uns des doigts de Peter.
- Ce qui n'est aucunement la preuve de sa mort, intervint Remus.
- Et les Aurors ont arrêté Malefoy. Maugrey dit qu'il a fallu trois d'entre eux pour le désarmer, ajouta Sirius. Ils l'ont enfermé, mais un Détraqueur est entré et…
- Et maintenant, il est fou furieux, termina Remus avec une note de triomphe dans la voix. Et il le mérite.
Arthur buvait son thé en écoutant attentivement le récit partagé.
- Sirius a acheté la maison sur Privet Drive et ensuite la librairie. Puis, après avoir réalisé qu'il détestait vendre des trucs, et puisque j'étais sur le point de me faire jeter à la rue ou de mourir de faim, expliqua Remus en souriant, il m'a embauché. Ensuite, nous avons enlevé Harry Potter, et Dumbledore nous a battus à mort avec la grenouille en peluche d'Harry.
- Ne t'en fais pas, il a échoué au cours de Divination, dit Sirius.
- Je n'ai pas échoué, j'ai refusé de faire l'examen final, répondit Remus.
- Et qu'allez-vous faire du garçon maintenant? demanda Arthur. L'envoyer à l'école comme si de rien n'était? Vous ne pouvez pas le surveiller chaque seconde de chaque jour.
- Je suis apparenté à lui par le sang, précisa Remus. Le sort de protection devrait le garder en sécurité la plupart du temps. Sinon, Patmol pourra le surveiller.
Arthur sourit.
- Où est ce vieux balourd, au fait? J'étais certain qu'il voudrait faire partie de la fête.
- Il doit être caché sous le lit, j'imagine, répondit doucement Remus. Nous pouvons garder Harry en sécurité jusqu'à ce qu'il entre à Poudlard. Ensuite, ce sera à Dumbledore de s'en charger.
- Je ne pense pas qu'il devrait retourner à son école, dit soudainement Sirius. Pas avec Dudley Dursley dans les parages.
- Il y a des tyrans dans toutes les écoles, lui rappela Remus.
- Pas comme Dursley, non. Et de toute façon, je ne vois pas pourquoi il devrait aller à l'école du tout. Ce n'est pas comme si on lui apprenait vraiment des trucs utiles là-bas.
- Non, seulement la lecture, l'écriture, les mathématiques et les sciences de base, déclara Remus avec sarcasme.
- Je crois que je vais vous laisser à votre dispute, dit Arthur. Je dois rentrer. Envoyez-moi un hibou. Je voudrais bien savoir comment tout ceci va tourner, ajouta-t-il avant de transplaner.
Le silence tomba sur la cuisine.
- Tu peux me voir regarder avec envie le reste de cette bouteille de whiskey? demanda Sirius.
- C'est tout ce dont j'ai besoin. Harry Potter qui fait une sieste dans mon lit, Dumbledore sur le pas de ma porte, et Sirius Black ivre dans ma cuisine, répliqua Remus.
- C'est inévitable, murmura Sirius.
Harry fut réveillé par le bruit des doux ronflements de Patmol et le poids de sa tête sur ses jambes. Les lumières étaient éteintes et la lueur du réverbère à l'extérieur, qui pénétrait par la fenêtre, donnait à la fourrure de Patmol des reflets argentés.
Harry se glissa silencieusement hors du lit et marcha le long du couloir étroit. De la lumière provenait d'une autre pièce et il jeta un coup d'œil à l'intérieur.
Lunard était assis à son bureau. Il écrivait avec ce qui ressemblait à une plume. Harry reconnut l'objet d'après des images de ses livres d'histoire. Il prit une pincée de poudre dans un pot et la répandit sur le papier, puis mis au creux de sa main quelques gouttes d'un liquide verdâtre qu'il répandit ensuite sur la poudre. Il y eut un bref éclair de lumière et Lunard eut l'air satisfait. Il replia le bout de papier et le glissa dans une fente du mur.
Harry ne tenait pas à se faire surprendre en train de regarder Lunard faire de la magie et se précipita dans la cuisine. Il trouva un verre dans l'une des armoires basses et songeait à la meilleure manière d'atteindre l'évier quand une paire de main le souleva sous les bras pour l'appuyer contre le comptoir.
- Tu as soif? demanda Lunard avec un sourire.
Harry tourna le robinet et remplit son verre. Lunard le déposa sur le sol.
- Un peu, répondit Harry avant de prendre une gorgée. Sirius est parti?
- Il est à la maison pour l'instant. Il reviendra en matinée. Tu es en sécurité ici, avec Pat et moi. Allez, retourne te coucher, Harry.
- Et où dormez-vous? demanda Harry.
- Je ne pense pas que j'arriverais à dormir beaucoup cette nuit, même si j'avais une place, déclara Lunard. Mais si je suis fatigué, je dormirai sur le canapé.
- Vous avez des ennuis à cause de moi? demanda Harry.
- Un peu. J'ai passé une bonne partie de la journée à me faire crier dessus pendant que tu dormais. Il y a un homme, son nom est Albus Dumbledore… tu le rencontreras quand tu entreras à Poudlard… Enfin, il n'est pas très heureux que tu aies quitté les Dursley.
- Je déteste les Dursley, dit Harry avec mépris.
- Heureusement, tu n'auras pas à retourner chez eux.
- C'est vrai?
- Oui. Tu vas vivre ici avec moi. Ou peut-être qu'on va déménager, ce n'est pas encore décidé.
Harry leva les yeux vers lui. Les cheveux bruns de Lunard étaient déjà grisonnants et son visage était visiblement inquiet, mais ses yeux étaient lumineux et chaleureux. Harry n'avait pas l'habitude qu'on le regarde ainsi. Cette sensation était encore inconnue pour lui.
- Et s'ils reviennent me chercher?
- Personne ne va te sortir de cet appartement. Il faudra d'abord me passer sur le corps et je suis très tenace, un vrai casse-pieds, déclara Remus.
Harry se mit à rire.
- Et une fois qu'ils en auraient fini avec moi, ils seraient obligés de faire face à Patmol, ajouta-t-il en raccompagnant Harry vers la chambre.
Il lui prit le verre des mains d'Harry et le déposa sur la table de chevet, en repoussant plusieurs livres.
- Allez, rendors-toi, dit-il.
Harry se recroquevilla, son dos collé à celui, velu et osseux, de Patmol. Il ferma les yeux. Remus l'observa pendant un moment, remarquant à quel point l'enfant était petit à côté de Patmol.
Remus se rappelait le jour où Harry était né. Il pouvait encore voir James tenir son fils dans ses bras, absolument incapable de prononcer le moindre mot. C'était le premier enfant de leur bande d'amis. À l'époque, ils étaient déjà tous certains que Sirius ne se marierait jamais, Remus voulait garder sa vie privée, et Peter était… Peter. Il n'était donc pas surprenant que chacun d'entre eux ait eu l'impression que le gamin était également le leur.
Il se rappelait avoir tenu Harry d'une seule main, se demandant comment diable James Potter avait pu devenir père.
Il se rappelait ensuite s'être tenu à Godric's Hollow, dans les décombres de ce qui avait été la maison des Potter, se demandant comment diable James Potter pouvait être mort.
Patmol releva la tête et, de son regard sombre et solennel, regarda Remus par-dessus son épaule. Remus ferma les yeux et secoua la tête. Il quitta la pièce, se dirigeant vers son bureau. S'ils restaient ici, il pourrait y faire la chambre d'Harry. Si Sirius restait aussi, alors il devrait s'acheter un plus petit lit et tous deux pourraient partager sa chambre, sauf si Sirius voulait passer toutes ses nuits en chien.
Il n'avait aucune idée de comment il s'y prendrait lorsque la pleine lune arriverait. Heureusement, il avait trois semaines pour y réfléchir.
Il s'arrêta au milieu de son bureau. Il ne jetterait plus d'autres sorts ce soir. Il avait fait tous les rituels de protection imaginables, ou du moins, ceux qu'il pouvait faire tout seul. Au matin, il demanderait à Sirius de l'aider à en placer d'autres.
Il éteignit toutes les lumières dans le bureau et se dirigea vers la cuisine. Le whiskey était toujours sur la table, alors il en remplit sa tasse à moitié, y ajouta du thé froid, et mélangea le tout avec sa baguette pour réchauffer le mélange.
Dumbledore avait débarqué cet après-midi-là, furieux et terrifiant. Il s'était mis à hurler. Jamais auparavant Remus n'avait entendu Dumbledore hurler.
Sirius s'était mis à hurler à son tour.
Quant à Remus, il était resté assis en silence jusqu'à ce que la colère de Dumbledore se retourne contre lui. Il avait répété tout ce qu'Harry leur avait dit à propos de sa vie avec les Dursley. Il avait expliqué, son cœur battant frénétiquement dans sa poitrine, que de toute façon, le sort était déjà brisé et que lui-même était apparenté à Harry, bien que leurs liens soient distants. Il avait écouté tout ce que Dumbledore avait à dire, puis il avait répondu non. Non, on gardera Harry. Non, on ne le rendra pas. Non, il restera avec nous. Non, vous ne nous direz pas quoi faire.
Il comprenait pourquoi Sirius était le parrain d'Harry. James et Sirius avaient toujours été plus proches, mais parfois il se demandait si Sirius comprenait exactement ce qu'il devrait faire à présent. Il savait que son ami serait prêt à mourir sans hésitation pour protéger le gamin. Il savait que Sirius tuerait sans hésiter également, mais il se demandait si Sirius arriverait à faire les petites choses simples dont Harry avait tant besoin : le nourrir, l'habiller, l'éduquer, lui enseigner de bonnes morales, lui montrer comment doit vivre un homme, le rassurer quand il avait peur. Et entendre, même en pleine nuit, le bruit des pas d'un enfant qui avait soif, qui était malade, ou troublé.
Dumbledore leur enverrait sans aucun doute des instructions expliquant ce qu'ils avaient le droit de faire. Il leur avait déjà strictement interdit de l'emmener sur le Chemin de Traverse, à Pré-au-Lard, ou dans tout autre endroit où il pourrait rencontrer d'autres sorciers.
Le lendemain, ils iraient acheter à Harry de nouveaux vêtements et de vrais jouets. En après-midi, ils discuteraient de ce qu'il fallait faire. Resteraient-ils dans le petit appartement près de Sandust Books ou déménageraient-ils au loin, là où personne ne pourrait les retrouver? Harry irait-il en pension, même si Remus détestait l'idée de libérer Harry des Dursley pour l'envoyer ensuite au loin?
Tant de questions.
Avec un sourire amer, il songea que James s'était probablement senti exactement comme ça, huit ans et demi plus tôt.
Harry était en extase – timide, certes, mais fou de joie. Sirius ignorait comment un corps si petit pouvait contenir autant d'enthousiasme refoulé.
Remus s'était brièvement arrêté chez Sandust Books pour accrocher dans la vitrine une pancarte indiquant que le magasin serait fermé pour la journée. Plusieurs voisins, y compris Clara, la propriétaire de Women's Intuition, et l'un des nombreux frères qui travaillaient à la boulangerie, avaient déjà rencontré Harry et étaient ravis d'apprendre qu'il était le filleul de Sirius. Ils étaient allés au magasin de chaussures pour acheter de nouvelles espadrilles à Harry. Le centre commercial leur fournit des vêtements, dont un pull de rugby rouge et or que Sirius voulut à tout prix acheter même s'il était une taille trop grande et que Harry refusa d'enlever.
Remus trouva également une casquette de baseball avec une grenouille et dû empêcher Sirius d'acheter un casque de sécurité pour enfant qui lui donnerait une bonne excuse pour emmener Harry sur sa moto. Harry fut autorisé à choisir un nouveau sac à dos avec d'innombrables poches que Sirius remplit discrètement de bonbons tandis qu'Harry et Remus étaient au magasin de jouets.
Sirius s'attendait à ce qu'Harry veuille tout acheter, mais le garçon était sérieux dans sa sélection. Il ne prit qu'un robot qui s'illuminait, un étui à crayons en forme de dragon et un globe terrestre transparent.
- C'est tout ce que tu veux? demanda Sirius alors qu'il payait avec l'étrange argent Moldu.
À l'extérieur du magasin, Remus était accosté par quelques habitués de la librairie qui voulaient sans doute savoir pourquoi la boutique était fermée.
- Oui, dit simplement Harry. J'ai besoin d'un nouvel étui à crayons, ajouta-t-il en tournant le dragon vers lui avec un rugissement.
- Mais il y a des milliers de jouets ici.
- Ouais, mais je n'en ai pas besoin, répondit Harry. J'aime bien le robot. Il va s'allumer la nuit, comme ça il fera moins sombre.
- Mais tu n'as pas besoin d'une raison pour vouloir un jouet, dit désespérément Sirius.
Harry leva les yeux vers lui, curieux.
- J'aime les globes terrestres, dit-il enfin, comme si ce simple fait réglait les choses.
Sirius installa la boîte contenant le globe sous son bras, poussa un soupir et conduit Harry hors du magasin. Visiblement, il avait hérité des gènes pragmatiques de Lily.
Ils achetèrent de la crème glacée et prirent place au milieu des sacs, car Harry était un peu fatigué et Sirius ne passant jamais une occasion de manger des glaces. Remus était silencieux depuis qu'ils avaient acheté le sac à dos de Harry, et même si Sirius s'était habitué à son air réfléchit, il avait l'air étrange.
Quant à lui, Harry n'arrivait pas à se la fermer.
- Ensuite, je mettrai tous mes crayons dans mon dragon et j'essayerai toutes mes nouvelles chaussettes et… regardez, dit-il en pointant le globe qu'il avait retiré de sa boîte. C'est là que nous sommes. Et il y a un garçon à l'école qui vient de…
Il fit tourner le globe avec soin et pointa la Chine.
- De là-bas, et il apporte toujours des trucs bizarres pour le déjeuner, c'est génial! Et là c'est l'Amérique, et là c'est l'Australie… Ils sont à l'envers là-bas, vous savez…
- Tu vas bien, Lunard? demanda tranquillement Sirius quand Harry s'interrompit pour prendre une bouchée de sa crème glacée.
Remus leva les yeux vers lui.
- Je n'arrive pas à réfléchir et à parler en même temps, dit-il avec un sourire. Et je réfléchis très, très fort.
- À propos de Harry?
- Entre autres.
Sirius hocha la tête.
- Tu t'inquiètes pour l'école.
- C'est huit heures par jour durant lesquelles on ne peut pas le protéger. T'as fichtrement raison que je m'inquiète pour l'école, répondit Remus.
- De quoi vous parlez? demanda curieusement Harry en se levant sur sa chaise pour se pencher vers eux au-dessus de la table.
Sirius tendit le bras et le rassit fermement dans sa chaise.
- De l'école, répondit Remus. De ce que nous allons faire de toi.
- J'aime bien l'école… en quelque sorte.
- Harry, que dirais-tu d'aller dans une école différente? demanda Sirius en ramassant le globe pour le remettre dans sa boîte.
Harry jouait avec les manches de son pull de rugby. Remus observait Sirius.
- Quel genre d'école? demanda enfin Harry.
- Eh bien, si tu pouvais aller dans une toute petite école avec seulement quelques autres enfants, tu en penserais quoi?
- Sirius, de quoi parles-tu? demanda Remus.
- Molly Weasley enseigne à ses enfants à la maison, répondit Sirius. Je sais qu'elle prend parfois d'autres gamins pour faire un peu d'argent supplémentaire. Je parie tout ce que tu veux qu'elle prendrait Harry.
- On n'est pas censés le laisser entrer en contact avec d'autres…
- Oh, voyons, ce ne sont que les Weasley, et c'est seulement pour l'école. Il pourra jouer avec Ron. Ils s'entendront bien tous les deux.
- Tout cela va mal tourner, soupira Remus.
- Je voudrais bien, décida Harry. Je pourrais utiliser mon nouveau sac à dos?
- J'en parlerai à Molly, dit Sirius.
Remus lui lança un regard étrange.
- Quoi?
- Rien… c'est bien. C'est une bonne idée, dit Remus en terminant son sorbet.
Sirius sourit en regardant l'enfant.
- Il est avec les siens maintenant, dit-il doucement à Remus.
- Alors il ne reste qu'à s'assurer qu'il vivra assez longtemps pour en profiter, répliqua Remus.
Lunard était comme ça : éternellement inquiet.
