NOTE DE LA TRADUCTRICE: Merci à tous les reviewers. Petit avertissement: ce chapitre comporte une scène explicite, mais je crois que vous vous y attendiez. :-) J'espère que vous aimerez.

STEALING HARRY

Chapitre 20


- Essaie encore.

Remus reposa son menton contre ses bras croisés sur la table et observa pendant que Croûtard grignotait un morceau d'épis de maïs. Ils n'avaient toujours aucune preuve qu'il était en réalité un sale traitre.

- C'est un rat, Rogue, soupira-t-il.

- Si tu parles à qui que ce soit des transformations… commença Sirius mais Rogue releva une main pour l'interrompre.

Il tapota le rat avec sa baguette. Celui-ci couina.

- Je ne révélerai votre petit secret à personne, dit-il sèchement.

- Ce ne serait pas la première fois, murmura Sirius d'un air rebelle.

Les trois hommes et Andromeda entouraient la table de la cuisine pendant que Nymphadora et Bill préparaient des lits pour tout le monde pour la nuit. Ted tenait Harry occupé en faisant éclater diverses pièces de vaisselle contre les murs. Sirius avait jovialement donné sa permission et approuvé l'acte, en tant que propriétaire des lieux. Quant à elle, Andromeda avoua qu'elle avait toujours détesté le motif de ces couverts. Ils étaient tous deux d'accord que les serpents n'avaient pas leur place sur des assiettes, des pots à crème, des pichets d'eau et des tasses de thé.

- Si on pouvait récapituler pour que ce soit un peu plus clair, dit Andromeda en croisant les bras alors que Remus arrachait quelques morceaux de maïs de l'épi pour Croûtard. Remus?

- Loup-garou, dit Remus sans lever la tête.

- Sirius?

- Animagus, répliqua Sirius.

- À quinze ans?

- Ouais.

- Comment?

Sirius se frotta le menton.

- Une approche par essai-erreur

- Et Peter aussi?

- Encore plus d'approches, soupira Remus. Et James aussi.

- Et Lily?

- Nah… elle trouvait tout cela un peu…

Sirius retroussa le nez d'un air dédaigneux.

- Eh bien, elle trouvait que c'était un peu comme se déguiser, tu sais.

- Et aucun d'entre vous ne fut particulièrement inquiet du fait que l'animal intérieur de l'un de vos camarades était un rat? demanda Rogue sardoniquement.

- Je suis plutôt étonnée que lorsque Peter a disparu, personne n'a cru important de mentionner ce détail, dit sévèrement Andromeda.

Sirius lui lança un regard offensé.

- Personne ne nous aurait crus, répliqua Remus. Sirius ne croyait même pas que Peter était toujours vivant. Et nous aurions eu des ennuis. Garder le secret semblait plus sûr.

- Jusqu'à ce qu'il tente de trancher la gorge d'Harry, ajouta Rogue en regardant par-dessus son épaule alors qu'Harry éclatait de rire en voyant un plateau éclater en miettes.

- Écoute, le fait est que ce rat n'est pas Peter, dit Remus d'un air fatigué. Ce n'est qu'un rat. Je ne vois pas pourquoi Bill ne serait pas autorisé à le rendre à Percy avec mes excuses les plus sincères.

- Alors comment a-t-il su? demanda Sirius en se frottant les yeux.

Sa tête était toujours douloureuse bien que son état s'améliorait.

- Ils devaient savoir que nous serions là ce jour-là. Avec les Weasley, Dumbledore et Rogue, nous étions les seuls à être au courant.

- Et nous n'en avons jamais parlé… sauf dans la boutique, mais seulement… Remus s'interrompit. Tu ne crois pas que…

- Non, non, c'est impossible. Nous le saurions, dit Sirius. Si Peter Pettigrew se cachait dans notre librairie, nous le saurions.

- S'il était là quand nous avons jeté les sortilèges ils auraient…

Remus couvrit sa bouche d'une main.

- S'il était dans la boutique… comme toi… les sorts ne l'auraient pas affecté... il en aurait fait partie. Il aurait été capable de faire du mal à Harry n'importe quand.

Sirius laissa tomber sa tête sur la table.

- Il a sûrement dû… trouver une occasion favorable. Il a aidé Bellatrix à s'enfuir… un rat peut se faufiler partout dans une prison. Tu crois que…?

Remus hocha la tête doucement.

- C'est sûrement cela.

- Dans ma putain de librairie!

- C'est le genre de truc que ferait Peter, dit Remus en frissonnant à l'idée même que Peter Pettigrew avait vécu sous leur nez pendant tout ce temps et qu'il avait idiotement voyagé aux quatre coins du monde à sa recherche.

- Pendant combien de temps, d'après toi? demanda doucement Sirius.

- Sûrement des années, tu connais Peter, répliqua Remus. Il n'aurait rien tenté tant que nous étions plus forts que lui… Et il n'existe aucune cachette plus sûre qu'un endroit où il peut entendre tout ce qu'on dit. Il y a la pâtisserie du coin s'il a faim et un Animagus sait qu'il ne faut pas faire de bruit pendant la journée et qu'il y a des gens tout autour…

- J'ai besoin d'un long bain, grogna Sirius. Et ensuite je vais brûler la librairie.

Andromeda caressa sa nuque d'un geste réconfortant.

- Nous sommes en sécurité maintenant. Les sorts sur cet endroit ont été installés quand la maison était vide. Tout le monde est en sécurité.

- Nous devrions aller à Sandust, juste au cas où… commença Remus en se levant, mais Andromeda l'arrêta.

- Tous les deux, vous n'êtes pas en état de faire quoi que ce soit. Tu n'aurais même pas dû te rendre chez les Weasley. Severus peut le faire, pas vrai? dit-elle.

Severus sembla surpris.

- Je ne vois pas pourquoi…

- …pourquoi tu ne le ferais pas? Excellent. Si tu veux rester ici à ton retour, tu es le bienvenu, ou sinon tu peux prendre la Cheminette jusqu'à Poudlard à partir de Sandust, pas vrai?

Severus resta silencieux, mais il ne semblait pas trouver un moyen de s'en sortir.

- Je passerai y jeter un coup d'œil en rentrant à Poudlard, dit-il finalement en se dirigeant vers la cheminée.

Lorsqu'il eut disparu, Andromeda soupira.

- Comment un homme aussi beau peut-il être un tel crétin? dit-elle et Sirius sourit alors qu'elle appelait Ted et Harry.

- Je crois qu'il est temps d'aller au lit, dit-elle en poussant Harry vers les escaliers. Bill! Dora!

- Ne m'appelle pas comme ça! cria Nymphadora.

Bill descendit les escaliers, reprit Croûtard des mains d'Andromeda et glissa le rat dans sa poche.

- Je vais dormir avec Harry, dit Sirius, mais Andromeda secoua la tête.

- Tu as besoin de sommeil. Bill peut rester avec lui. Ted et moi serons dans la pièce voisine et Nymphadora peut prendre la petite chambre juste à côté. Vous pouvez prendre la chambre de l'autre côté du couloir, dit-elle fermement.

Avant qu'il n'ait eu le temps de s'y opposer, elle menait déjà Harry dans les escaliers, suivie de Ted et Bill.

- As-tu déjà eu le dessus sur elle une fois dans ta vie? demanda Remus.

- Non, jamais, soupira Sirius. J'ai de la chance qu'elle m'aime bien. Allons-y…

Ils montèrent les escaliers lentement, souhaitant bonne nuit aux autres jusqu'à ce qu'ils se retrouvent seuls dans le couloir sombre.

- Je crois que la chambre n'a qu'un seul lit… commença Sirius, mais Remus posa une main sur son bras pour l'interrompre. J'ignore si c'est une bonne idée de le laisser dans une autre pièce.

- Sirius.

- Je sais qu'Andromeda est tout près et que Bill est là, mais…

- Sirius…

- Je crois seulement que…

Sirius passa une main dans ses cheveux et son regard rencontra celui de Remus.

- Qu'est-ce qu'il y a?

Remus s'avança, forçant Sirius à s'adosser contre le mur. Son visage était sérieux, mais son regard doux.

- Tu vas bien? demanda lentement Remus. Ta tête, je veux dire, et tout…

- Ouais, je crois. Ça ira mieux demain matin, si j'arrive à dormir…

Remus pencha légèrement la tête, son souffle caressant la mâchoire de Sirius.

- Et toi… tu vas bien?

Le nez de Remus buta contre sa joue et Sirius expira lentement.

- Alors… la pleine lune…

- Je n'ai pas envie d'attendre, murmura Remus.

Sirius sentit son corps le presser contre le mur. C'était soudain, mais il ne s'y opposait pas. C'était bon de sentir la chaleur d'une autre personne après une longue et douloureuse journée.

- Et… qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis? demanda-t-il.

À peine avait-il terminé sa phrase que Remus l'embrassait. Sa bouche était chaude, ses lèvres douces et ses mains, plus solides qu'elles n'en avaient l'air, glissèrent sur les bras de Sirius et ses doigts se refermèrent sur ses poignets. Sirius ferma les yeux. Pour l'instant il n'arrivait pas à poser des questions stupides.

- Je croyais que tu étais mort, dit Remus contre sa joue, ses lèvres se déplaçant contre sa mâchoire. Je n'ai pas…

Sa respiration déplaça légèrement les cheveux près de l'oreille de Sirius.

- Je n'ai pas été suffisamment reconnaissant pour tout ce que tu as fait, dit Remus en tirant sur son lobe d'oreille avec ses dents, faisant gémir Sirius. Et je ne faisais que perdre du temps alors que je savais…

Sirius releva une main pour détourner la tête de Remus afin qu'ils puissent s'embrasser proprement. Ils s'écartèrent du mur et trébuchèrent vers l'arrière, contre l'autre mur du couloir. Remus grimaça et frotta sa nuque à l'endroit où sa tête avait heurté la pierre. Il rigola.

- La porte a un peu plus de souplesse, dit-il en souriant.

Sirius lui rendit son sourire, soulagé. La peur et la douleur lui semblaient plus distantes, remplacées par quelque chose d'agréable. Et Bill veillait sur Harry…

- Le lit reste quand même mon coin favori, répondit-il avant de réaliser qu'il en avait sûrement trop dit.

Remus allait bientôt fuir à nouveau… mais son sourire s'élargit.

- Ouais… la porte à une poignée. On risquerait de se blesser, acquiesça-t-il en ouvrant la porte à leur gauche.

Sirius, qui n'en croyait pas sa chance, se laissa guider à l'intérieur.

La porte se referma derrière eux et Sirius en tira distraitement le verrou alors que Remus embrassait son cou, mordillant et suçant. Sirius ignorait qu'il était possible d'embrasser de cette façon et il ne se serait surtout pas attendu à ce que Remus…

Remus rigola contre sa peau lorsqu'il atteint le col de la chemise de Sirius et se mit à déboutonner le vêtement. Sirius retrouva le contrôle de ses mains et les glissa dans les cheveux de Remus, balançant la tête vers l'arrière, respirant profondément alors qu'un étrange vertige l'envahissait.

- Ne tombe pas, dit Remus en glissant un bras autour de sa taille alors qu'il se redressait et Sirius réalisa qu'il était sur le point de vaciller.

- Sur le lit, répliqua Sirius et Remus hocha la tête, son front contre le sien.

- Comme nous en avons discuté, murmura-t-il. Tu es certain que ça va?

- …bouleversé…

- Oui, dit gravement Remus, faisant glisser sa chemise sur ses épaules en guidant Sirius vers l'énorme lit ancien, dont les draps avaient une odeur de renfermée, mais semblaient propres. Je fais ça depuis bien plus longtemps que toi.

Sirius se laissa tomber vers l'arrière sur le lit, puis s'appuya sur ses coudes pour regarder Remus se dévêtir avec grâce. Lorsqu'il atteint sa ceinture, Sirius s'étira pour l'attraper par le poignet et l'attirer vers lui.

- Tu perds du temps, dit-il et Remus rigola contre son cou, poussant du nez contre le collier de chien que Sirius portait sous sa chemise, celui portant le pendentif qu'il lui avait offert.

- Mets-y un peu d'effort, Pat, répliqua-t-il.

Sirius attrapa fermement ses hanches et le pressa étroitement contre lui.

Remus gémit et pour la première fois Sirius réalisa qu'il s'agissait d'une réaction sincère, que c'était lui et non l'idée que quelqu'un d'autre le touchait, que c'était ses mains qui faisaient gémir Remus, que c'était son corps que Remus pressait contre le lit, que c'était son ventre auquel se frôlaient les longs doigts agiles qui baissaient son pantalon…

Remus avait du plaisir, et c'était grâce à Sirius.

Une jalousie soudaine envahit Sirius. Il fut jaloux de tous ces « amateurs de livres anciens » qui étaient venus voir Remus à la boutique au cours des années, des autres hommes qui avaient découvert Remus avant lui. Il se demanda si Remus avait ressenti ce même dégoût envers toutes les femmes avec qui il avait vu Sirius…

Ils se débattirent contre le reste de leurs vêtements, luttant sur le lit, jusqu'à ce que Sirius se retrouve immobilisé par les hanches et les jambes de Remus, des cheveux bruns chatouillant son front, des yeux bruns rencontrant les siens alors qu'ils s'embrassaient, puis se refermant alors que ses mains se glissaient sur les cuisses de Sirius.

Soudainement en territoire inconnu, Sirius se tendit, incertain de ce qui était attendu de lui. Remus se figea.

- Qu'est-ce qui ne va pas? demanda-t-il d'une voix rauque.

Sirius baissa la tête et ferma les yeux. Tout ceci était si bon, et à la fois si déroutant qu'il n'arrivait pas à trouver les mots.

- C'est seulement que… je n'ai jamais…

Il déglutit. La main de Remus quitta sa cuisse et remonta sur son corps pour caresser sa joue.

- Je ne sais pas quoi faire.

- Mais tu as dit que… James et toi… dit Remus d'une voix perplexe.

Sirius déglutit à nouveau. Il avait cru qu'il pourrait jouer le jeu, mais tout ceci était plus compliqué qu'il ne l'avait prévu et il ne voulait pas tout foutre en l'air. C'était de Remus dont il était question.

- Nous ne sommes jamais allés aussi loin, murmura-t-il en se sentant rougir d'embarras.

- Sirius Black, dit Remus d'un air irrité. Espèce d'imposteur.

Sirius ouvrit les yeux. Remus n'était pas fâché. Il avait l'air plutôt amusé. Puis il se mit à rire silencieusement, les yeux dansant.

- Escroc, accusa-t-il en posant son front contre la clavicule de Sirius qui, soulagé, releva la tête.

- Mais toi tu l'as déjà fait, dit-il d'un ton implorant.

- Oh, plusieurs fois, dit Remus d'un air suffisant. Je ne sais pas si tu as eu beaucoup de chance de ton côté, mais une grande majorité de la population apprécie la vue d'un loup-garou en veston…

- Comme moi, dit Sirius.

Remus inspira profondément et Sirius réalisa soudainement qu'ils étaient tous deux nus et que quand Remus respirait ainsi, son corps ondulait et se pressait contre le sien. Remus se pencha, passa un doigt sous le collier de chien et l'utilisa pour soulever la tête de Sirius de quelques centimètres. Il l'embrassa presque chastement et pressa son nez contre sa mâchoire, le laissant retomber sur le lit. Sirius poussa un gémissement en réalisant que Remus ne retirerait pas le collier.

- Imposteur, murmura Remus en embrassant sa clavicule puis sa poitrine. Menteur.

- Je voulais seulement être… persuasif, répondit Sirius alors que les dents de Remus mordillaient la peau de son abdomen et que ses mains caressaient ses cuisses.

- Je me demande, continua Remus en faisant glisser ses lèvres sur la hanche de Sirius, pourquoi tu t'es donné toute cette peine alors que tu savais parfaitement…

Il descendit plus bas, là où la peau devenait plus sensible.

- Que tôt ou tard je dirais oui, termina Remus en relevant brièvement la tête.

- C'est que…

Mais avant que Sirius n'ait pu expliquer ses raisons, Remus fit quelque chose avec sa langue qui le laissa incohérent et il abandonna. Après tout, la bouche de Remus était occupée. Sirius voulait s'appuyer sur ses coudes pour observer la façon dont Remus avait pris son sexe dans sa bouche, pour voir sa langue caresser la peau sensible, mais il n'arrivait qu'à gémir et à se promettre que la prochaine fois – car il y aurait d'innombrables prochaines fois – il demanderait à Remus de lui enseigner. Et la pensée de faire à Remus ce que Remus lui faisait à cet instant même, et de lui donner autant de plaisir fit gémir Sirius de plus belle et faillit le faire basculer. Remus entendit ses cris rauques et s'éloigna lentement. Sirius frissonna.

- Ce fut une longue journée, remarqua simplement Remus bien que Sirius puisse entendre le désir dans sa voix. Peut-être que ce soir n'est pas l'occasion parfaite pour essayer de nouvelles choses.

- Remus, je ne sais pas de quoi tu veux parler, soupira Sirius, mais tiens t'en aux faits et continue, je t'en prie…

Le poids chaud de Remus quitta ses cuisses et il remonta le long de son corps puis sur son flanc. Il posa une main sur le ventre de Sirius et, quand Sirius tourna la tête, lui sourit.

- Comme ça? dit-il doucement en frôlant l'érection de Sirius du bout des doigts.

- Quelque chose comme ça, gémit Sirius.

Remus continua de le caresser doucement avant de prendre le sexe de Sirius dans sa main et de lui chuchoter à l'oreille.

- Je croyais t'avoir perdu, dit-il alors que Sirius se crispait et donnait des coups de reins, se joignant au rythme du poignet de Remus. Je suis désolé… j'ai été idiot de vouloir attendre... alors que j'aurais pu t'avoir comme ceci… j'ai été idiot…

Sirius chercha de ses mains maladroites jusqu'à toucher les muscles des hanches de Remus. Il fit glisser ses doigts jusqu'à ce que Remus sursaute et laisse échapper un soupir.

- S'il te plaît, Sirius, dit-il doucement à son oreille.

Sa voix silencieuse et implorante, la chaleur soudaine de son désir firent trembler les doigts de Sirius et Remus resserra son étreinte et son mouvement s'accéléra.

Il se crispa alors qu'il jouissait, la bouche ouverte mais silencieuse, les muscles tendus, les yeux fermés. Remus continua à bouger contre lui et Sirius, à peine conscient mais suffisamment éveillé, parvint à ouvrir les yeux parmi son plaisir pour regarder le visage de Remus alors qu'il atteignait l'orgasme et se laissait tomber contre lui.

Ils restèrent allongés, Sirius épuisé et Remus couché sur lui, jusqu'à ce que Sirius se mette à frissonner. Ils se séparèrent brièvement pour murmurer un sort de nettoyage et se glissèrent sous les couvertes du lit. Sirius attira Remus contre lui et le serra fermement. Il voulait que leurs peaux se touchent le plus possible et Remus ne semblait pas s'y opposer.

- Longue journée, murmura à nouveau Remus. On dort maintenant?

- Ouais, répondit Sirius en sentant se corps se détendre plus qu'il ne l'avait été depuis au moins des semaines.

- Tu sais, murmura Remus qui s'endormait déjà, pourquoi je t'ai toujours fait mettre les livres sur les étagères à la librairie?

- Non, pourquoi? murmura Sirius contre son épaule.

- Tes mains, répondit Remus. J'ai toujours pensé que tu avais de splendides mains.

- Mmm.

Remus s'approcha jusqu'à ce que Sirius puisse enfouir son visage dans les doux cheveux sur sa nuque.

- Je n'avais pas tort.

Sirius déplaça l'une de ses mains, celle que Remus avait admirée, autour de sa taille.

- Merci, murmura-t-il.

- Pour quoi? demanda Remus en bâillant.

- De me faire confiance.

- Mmm. Ça en a valu la peine, je pense, remarqua Remus et Sirius sourit. C'est ce que je voulais. C'est… ce que j'avais oublié. À la Cabane. Cette partie.

- Cette partie?

- La chaleur, la sécurité, toi, murmura Remus alors que son souffle devenait plus profond. Désolé, chuchota-t-il d'un air endormi.

Sirius, qui se sentait comme s'il venait de gagner un prix qu'il ne méritait pas, s'endormit avec la peau de Remus sous ses lèvres, son odeur dans ses narines et son corps contre le sien.


Andromeda Tonks – bien qu'elle n'avait jamais cessé de s'appeler, dans sa tête, Andromeda Black, comme il était souvent le cas avec les femmes de la famille Black – était une femme sage et indulgente, quoi que légèrement négligente quand il était question de noms d'enfants. Elle savait que Sirius et Remus étaient amis, mais avait soupçonné qu'ils étaient un peu plus, comme pouvaient laisser paraître deux hommes dans la prétrentaine qui passaient tout leur temps ensemble. Elle n'avait pas été au courant que Remus était un loup-garou, mais avait réprimé l'instinct d'horreur que la plupart des familles de sang pur enseignaient à leurs enfants. Après tout, ce n'était pas comme s'il n'était pas une bonne personne.

Elle n'avait pas non plus été au courant que Sirius était Animagus, mais en ce qui concernait son cousin, plus rien ne l'étonnait. C'était ainsi depuis qu'il avait onze ans et que le Choixpeau l'avait réparti à Gryffondor.

Sirius répondit lorsqu'elle frappa à la porte, le lendemain de l'attaque désastreuse de Peter et Bellatrix. Il était à moitié vêtu, son pantalon pendant sur ses hanches.

Au-dessus de son épaule, elle pouvait voir Remus, visiblement nu, allongé et emmêlé dans les draps du lit.

- Bien dormi? demanda-t-elle d'un air innocent.

Sirius tenta de mettre un peu d'ordre dans ses cheveux et hocha la tête. Elle garda son regard fixé sur lui.

- Bien. Il y a petit déjeuner si vous voulez. Ted fait la cuisine.

- Merci… nous serons là dans… dit Sirius d'un air ensommeillé.

Derrière lui, Remus s'éveillait.

- Dix minutes?

- D'accord, dit-elle avant de lui donner un baiser sur la joue.

Puis elle murmura, avant de disparaître :

- Bien joué, Sirius.


- Qui était-ce? demanda Remus en se redressant, chassant le sommeil de ses yeux.

Sirius ferma la porte.

- Andromeda. Elle dit que le petit déjeuner est prêt.

- Mmm.

Remus se frotta les yeux et Sirius se permit d'admirer la vue de Remus Lupin, nu, nouvellement réveillé et pas tout à fait conscient de sa nudité.

- Mon Dieu, je meurs de faim.

Il se glissa hors du lit et était à moitié habillé quand il s'arrêta et se retourna.

- Sirius, dit-il lentement.

- Oui? demanda Sirius en enfilant une chemise.

- La nuit dernière…

- Ne me dis pas que tu crois encore que c'était un rêve.

Remus rougit profondément.

- Non, c'était… bien mieux, balbutia Remus. C'est seulement que… es-tu…?

Sirius releva la tête. Sur le visage de Remus se trouvait une expression de peur et d'inquiétude. Sirius traversa la chambre et lui tendit sa chemise qu'il avait jetée sur le plancher la veille en guise de gage de paix. Lorsque Remus l'attrapa, il tira dessus, et Remus perdit l'équilibre, tombant contre lui.

Ses bras entourèrent la taille de Remus et sa bouche trouva ses lèvres avant qu'il n'ait eu le temps de respirer.

- Je n'ai pas peur si tu n'as pas peur, dit-il et Remus rigola.

C'était une vieille blague entre eux, remontant à leurs jours à Poudlard. C'était ce qu'ils se disaient avant de faire une blague monstrueuse.

- Et ce n'est pas grave si j'ai peur? demanda doucement Remus. Juste un petit peu?

- Non… bien sûr que non… Lunard…

Sirius prit son visage dans ses mains.

- Tu l'as fait. Tu as pris ce que tu voulais. Je suis là maintenant. Je suis ici.

L'effet que lui faisait leurs corps pressés l'un contre l'autre ne pouvait mettre en doute ses sentiments.

- J'ai dit à Andromeda que nous descendrions dans dix minutes, dit-il. Ou préfères-tu qu'on remette ça?

Remus sourit et glissa sa main entre leurs corps, caressant Sirius par-dessus ses vêtements.

- On dirait bien que t'en as envie.

- Lunard… Je ne peux pas descendre dans cet état… gémit Sirius.

Remus l'interrompit en ouvrant sa braguette et baissant son pantalon et ses sous-vêtements. Il caressa Sirius d'abord avec ses doigts puis avec sa bouche et Sirius gémit doucement alors que Remus utilisait sa langue une nouvelle fois. Vraiment, un jour il devrait apprendre comment faire ça…

Il était toujours à moitié endormi, loin d'être en état de prendre le contrôle. La vue de Remus agenouillé devant lui, la chaleur de sa bouche et la sensation de ses dents effleurant doucement sa peau le frappa comme une vague. Ses hanches se mirent à se balancer alors que son corps et son esprit se détachaient. Il doutait qu'ils avaient même utilisé cinq minutes de leur temps lorsqu'il gémit et tenta de repousser Remus, mais celui-ci agrippa ses hanches et Sirius jouit, tentant désespérément de rester debout.

Remus sourit en se léchant les lèvres, les genoux de Sirius devinrent faibles et il retomba sur le lit. Remus jeta un coup d'œil à sa montre.

- Nous avons à présent… trois minutes pour nous rendre présentables.

- Mais tu… balbutia Sirius. Je veux dire, je pourrais…

Remus sourit en enfilant sa chemise.

- Certains d'entre nous ont plus de contrôle que d'autres, dit-il d'un ton hautain.

Sirius lui lança un regard noir.

- Je te ferai regretter ça plus tard, gronda-t-il.

- Je peux à peine attendre.

Ils s'habillèrent, plus ou moins proprement, car leurs vêtements avaient déjà vécu une fête d'anniversaire et une tentative de meurtre et ils descendirent les escaliers en vitesse. Harry les rejoint à mi-chemin, sautant dans les bras de Sirius.

- Bon matin! hurla-t-il. Viens manger des saucisses et des gaufres!

- Des saucisses et des gaufres, comment pourrais-je résister? demanda Sirius en laissant le garçon le mener vers la cuisine.

Remus les suivis gardant une main posée contre son dos jusqu'à ce qu'arrive le moment de s'asseoir. Une assiette à moitié vide leur indiqua que Bill était sûrement déjà rentré à la maison avec Croûtard. Ted et Nymphadora se servaient des saucisses avec du sirop et de la confiture.

C'était le petit déjeuner le plus étrange que Sirius avait mangé depuis longtemps. Il était d'autant plus étrange pour lui de se retrouver assis dans la maison où il avait passé la plus grande partie de sa misérable enfance à écouter son filleul babiller au sujet de Bill alors qu'il venait de survivre à une tentative de meurtre.

Puis son attention se dirigea vers Remus, qui léchait la confiture sur ses doigts avec cette langue qui, moins d'une demi-heure plus tôt était…

Sirius se figea et dut prendre plusieurs grandes inspirations pour se calmer.

Remus lui lança un sourire malin au-dessus de son assiette.

- Vous avez pensé à ce que vous allez faire maintenant? demanda Andromeda et Sirius se tourna vers elle.

- Maintenant? demanda-t-il en se souvenant soudain qu'on avait tenté de le tuer la veille.

- Vous devrez bien sûr informer le Ministère du talent de Peter, dit-elle en coupant ses saucisses. Arthur Weasley a déjà fait un rapport de l'attaque aux Aurors. Severus Rogue a envoyé un hibou. Il a vérifié la boutique et n'a rien trouvé. Et Albus Dumbledore est dans tout un état.

Elle poussa un léger sifflement d'admiration.

- Je ne crois pas qu'il te choisira comme Préfet en chef bientôt, Sirius.

- Je n'ai jamais voulu l'être, répliqua calmement Sirius.

- Oui, eh bien, Remus est sur le point de perdre son titre, ajouta-t-elle.

Remus eut un sourire en coin.

- Tu sais, on dirait qu'ils ont l'impression qu'on fait ce genre de chose par exprès, dit Sirius à Remus. Ça ne m'amuse pas trop de me battre pour ma vie.

- On l'a suffisamment fait à l'école, répondit Remus.

- Ce n'est pas notre faute, je veux dire. Ce n'est pas notre faute si ma psychopathe de cousine et notre ex-meilleur ami veulent tuer mon filleul.

- Sirius, l'avertit Andromeda en se tournant vers Harry qui répandait du sirop sur ses gaufres.

- Si on ne peut pas le garder en sécurité…

Remus s'interrompit, réfléchissant, jusqu'à ce qu'Andromeda pose ses mains sur la table.

- Nous trouverons un moyen, dit-elle. Si je dois en trouver un moi-même. Harry a sa place avec vous. Elle fait vraiment honte à notre bonne réputation, finit-elle d'un air songeur.

Sirius eut un instant de déjà vu. Andromeda était une bonne femme qui n'avait jamais montré la moindre trace de l'intolérance propre aux Black, mais elle était toujours une Black de la tête aux pieds et le nom avait toujours de la valeur à ses yeux. Leurs regards se croisèrent et finalement, il hocha la tête. C'était son nom aussi. Et il valait toujours quelque chose à ses yeux également.

- Alors il faudra informer le Ministère… On peut s'adresser directement à un Auror? Maugrey pourrait s'en occuper. Est-ce qu'on…

Il s'interrompit.

- Est-ce qu'on doit leur dire pour moi? Et pour Remus?

Andromeda jeta un regard en direction de Remus, qui se servait soigneusement d'autres saucisses.

- Je ne vois pas pourquoi, dit-elle finalement. Mais tu devrais penser à t'enregistrer, Sirius. Ça pourrait t'éviter des ennuis plus tard.

Sirius grogna d'un air évasif.

- Rogue a une intéressante théorie, dit Ted d'un air hésitant de sa place au bout de la table. Il croit que Peter retournera peut-être à la librairie.

Sirius mâcha d'un air pensif.

- Tu sais, je crois qu'il est assez stupide pour le faire.

- Sûrement pas, dit Andromeda. Peter n'a peut-être jamais été très doué en magie, mais il avait un petit cerveau très malin.

- Il n'a jamais eu beaucoup d'imagination, par contre, ajouta Remus. Une fois qu'il trouvait quelque chose qui fonctionnait pour lui, il gardait la même formule. Il ne nous aurait pas suivis sans raison. La vie était plus confortable pour lui si nous y étions. Il ne quitterait pas un endroit sûr sauf s'il n'avait pas d'autre choix.

- Nous pourrions mettre des pièges à rats, suggéra Nymphadora qui rougit lorsque tous se tournèrent vers elle.

- Tu as dit qu'elle part faire sa formation d'Auror? demanda Sirius à Andromeda qui sourit et hocha la tête. À peu près temps qu'elle rencontre un vrai Auror, je crois.