Chapitre 9

Jack blottit son nez contre le cou de Sam, déplaçant ses cheveux sur le côté pour exposer la peau en dessous. Il pressa ses lèvres sur la petite bosse de son épine dorsale, passant le bout de sa langue sur la peau douce.

Sam fredonna doucement et approcha son corps plus près, ses fesses s'ajustant contre son giron alors que ses jambes trouvaient leur place le long des siennes. Il bougea sa main sous le lourd édredon et trouva la courbe de sa taille, explorant avec ses mains ce que la couverture cachait. Jack déplaça ses cheveux de son cou et de ses épaules avec son menton, trouvant l'endroit sous son oreille qui la faisait gémir quand il l'avait sucé doucement la nuit précédente.

Sam gémit.

Jack sourit.

« Ton nez est froid », dit-elle doucement alors qu'elle roulait sur son dos et se tortillait pour trouver de l'espace pour eux deux dans le petit lit.

L'espace exigu lui allait très bien. Ca signifiait simplement que sa peau touchait plus la sienne. La peau de Sam. La peau nue, chaude et douce de Sam. Dans son lit. Sous ses couvertures. Gémissante au contact de ses mains. Il se releva sur un coude et son poing contre la tempe, ainsi il pouvait la voir sous lui. Ses joues étaient roses du sommeil, et ses paupières reposaient encore lourdement sur ses yeux bleus. Jack remonta sa main le long du corps de Sam, appréciant chaque partie qu'il rencontrait, et se pencha pour un long, profond baiser en guise de bonjour.

« Je crois que quelqu'un a oublié de surveiller le feu cette nuit », dit-il contre ses lèvres. « Devait avoir d'autres choses à son esprit. »

« Sûrement… » Sa main sortit de la couverture pour agripper ses cheveux sur la nuque, et l'attirer plus près. Sa jambe remonta et se nicha contre sa hanche, sa cheville entourant sa cuisse pour l'amener encore plus près.

« Ah, merde ! » jura Jack, en reculant.

« Quoi ? »

Il regarda par la fenêtre qui était au milieu de leurs deux lits. Le soleil était déjà haut, et la lumière entrait à flot à travers la fenêtre. « Aaroon et Ebresh viennent ici ce matin. Nous allons sur les collines pour chasser. »

Ses doigts dansaient autour de son oreille et le long de sa mâchoire, descendant pour dessiner sa clavicule. « Seras-tu de retour cette nuit ? »

Jack sourit largement, et l'embrassa à nouveau. « Tu peux en être sûre ! Des équidés 'non domestiqués' ne pourraient me tenir éloigné. »

Sam sourit à la plaisanterie cachée. Jack savait qu'il devrait sortir du lit chaud, mais après huit ans à désirer cela –Samantha Carter dans ses bras— c'était dur de la quitter. Il se réinstalla dans le lit, juste pendant une autre minute, reposant sa joue sur sa poitrine. Sous son oreille, il pouvait entendre le rythme régulier de son cœur. Les doigts de Sam caressaient ses cheveux, et Jack savait que ceci était tout simplement le paradis.

En gémissant de protestation, il se força à sortir ses jambes de sous les couvertures, sur le côté du lit. « Reste encore là jusqu'à ce que le feu soit allumé. »

Sam hocha la tête, balayant une boucle de cheveux blonds de sa joue. Jack leva la main et la remit derrière son oreille. Puis il se leva et mit son pantalon avant de jeter plusieurs bûches sur le feu. Il jeta un coup d'œil sur le lit, après avoir mis un pot de café sur la cuisinière et vérifié que le feu avait bien démarré. Sam avait fermé ses yeux à nouveau, et Jack se retrouva à observer son sommeil.

'Dieu, elle était la plus belle femme qu'il avait jamais vue.'

Il termina le café, prit quelques minutes pour se laver et se raser avec l'eau froide de la pompe parce qu'il n'avait pas le temps de la chauffer, et mit une chemise propre. Alors qu'il finissait juste de lacer ses chaussures, il y eut un coup léger sur la porte. Jack jeta un coup d'œil sur le lit pour voir si Sam était réveillée, et se dirigea rapidement vers la porte.

Aaroon et Ebresh étaient sur le porche, arc et flèches en main. Jack vit qu'Ebresh portait un second arc pour lui.

« Bonjour, Jack. Prêt à partir ? »

« Oui, bien sûr », dit-il juste plus fort qu'un murmure. « Je – ah – J'arrive tout de suite. Restez ici. »

Il ferma à nouveau la porte et revint vers le lit, s'asseyant sur le bord près de la hanche de Sam. « Sam », dit-il doucement, touchant ses cheveux et sa joue.

Elle inspira longuement et ouvrit les yeux. « Hey. »

« Aaroon et Ebresh sont ici. Je serai de retour un peu après l'obscurité. Ne reste pas debout si tu es fatiguée. »

Sam acquiesça et leva sa main et toucha son bras. « Sois prudent. »

« Nous y allons avec des arcs et des flèches. Comment ça pourrait être dangereux ? »

Sam sourit et Jack se pencha pour un baiser. Avant qu'il ne puisse se lever et s'éloigner, Sam saisit sa main. Jack s'accroupit sur le lit, amenant ses yeux au niveau de Sam...

« Quoi ? »

Son expression devint sérieuse et elle lui toucha la joue. « Je t'aime, Jack. »

Jack porta sa main à ses lèvres et embrassa les articulations. « Dors encore. Je te verrai ce soir. » Il embrassa encore son front en se levant. « Je t'aime, aussi. »

Jamais dans sa vie il n'avait voulu passer la journée dans son lit comme à présent. 'Fichue chasse ! Fichu besoin de manger ! Merde !'

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« C'est la première journée acceptable que nous avons eue en près de deux lunes », dit Sarai alors qu'elle faisait signe aux enfants de jouer dans le jardin. « Après si longtemps dans la maison, ils sont prêts de me rendre folle. »

« Syndrome de l'enfermement », dit Sam avec un gloussement.

« Est-ce ainsi que vous appelez cela ? Ca ressemble plus à une maladie qui doit être traitée avec un puissant cataplasme et un thé faible. »

Les deux femmes rirent, et Sam s'assit sur le perron de la maison de Sarai et Aaroon. Les enfants jouaient dans le jardin, dépensant toute l'énergie qu'ils avaient été forcés de retenir durant la partie la plus froide de la saison de 'repos'. Sarai tenait Raeya contre sa poitrine, drapée dans une chaude couverture tricotée.

« Vous semblez heureuse aujourd'hui, Samantha. On dirait que le soleil vous fait du bien, aussi. »

Sam sourit. 'Oh, c'était plus que le soleil. Beaucoup, beaucoup plus.' « Je pense que c'est bon d'être dehors. »

« Je suis heureuse que vous soyez venue aujourd'hui. Je passe souvent mes journées à m'inquiéter quand Aaroon part chasser. Bien qu'il rentre toujours en bonne santé, ça m'inquiète toujours. Avec vous ici pour me tenir compagnie, au moins une partie de la journée passera sans que je sois assise près du feu à attendre. »

Sam passa une bonne partie de la journée avec Sarai, prenant plaisir à parler à une autre femme. Janet était morte depuis plus d'un an, et son absence laissait toujours un trou dans le cœur de Sam. En Sarai, elle avait trouvé quelqu'un à qui elle pouvait parler de presque tout aussi facilement. Mais pas encore familière de leurs croyances et coutumes, Sam n'était pas sûre de ce qui était acceptable de dire ou pas. Non pas qu'elle prévoyait de se confesser à la femme qu'elle connaissait maintenant charnellement son supérieur.

'Non !' Elle ne pouvait plus penser à lui comme cela ! Cela la rendrait folle. Il était Jack. Devait être Jack. La Terre – et les conséquences de leur décision – était trop loin pour qu'elle s'en inquiéte. Quand le temps viendrait, elle ferait face à tous les changements auxquels ils devraient faire face. Mais ici, maintenant, être avec lui était la seule chose qui lui importait.

Alors que le soleil commençait à se coucher, Sam dit au revoir aux enfants et se dirigea vers la porte pour ses vingt minutes de marche pour rentrer. Sarai marcha avec elle, et quand elles atteignirent la porte, elle tendit à Sam une couverture pliée.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Sam.

« C'est une couverture plus large. Je vous en ai données deux plus petites avant, mais j'ai pensé que vous pourriez avoir besoin d'une plus grande… maintenant… » Sarai sourit, un grand sourire malicieux et entendu, alors que Sam prenait la couverture.

Les joues de Sam brûlaient, mais elle sourit en retour. Etait-elle si transparente ? Seigneur Dieu, ils auraient traversé la Porte trois secondes à peine que Daniel et Teal'c sauraient !

« Merci, Sarai. » Elle étreignit la femme et tint la couverture contre sa poitrine alors qu'elle partait.

La cabane était vide et froide quand elle ouvrit la porte. Une partie d'elle espérait qu'il serait à la maison quand elle y arriverait, mais elle ne s'y attendait pas vraiment. Elle alimenta le feu et mit une bûche dans la cuisinière, essayant de décider ce qu'elle allait faire à manger. Il y avait du jambon de la nuit précédente, et elle avait apporté quelques œufs du poulailler ce matin. Pas exactement un choix de dîner typique, mais une omelette ne semblait pas si mal.

Mais alors qu'elle rassemblait les ingrédients, son regard tomba sur la couverture pliée sur le dessus des deux petits lits de l'autre côté de la pièce. Oubliant le dîner, elle se mit à travailler.

Jack passa la porte juste quand elle finissait de lisser la nouvelle couverture sur le nouveau lit double. Ce n'était pas le Pérou, mais assez proche d'un grand lit. Jack s'arrêta dans l'encadrement de la porte, sa main sur la poignée, et Sam se redressa de sa position penchée.

Un petit sourire étira ses lèvres alors qu'il fermait la porte. « Qu'est-ce que tu fais ? »

« Je pense que c'est évident, non ? Jack ? » Elle s'assura d'insister sur son nom dans un second souffle

« Essayer de faire de la place ? Prévois-tu davantage de meubles ? »

Sam secoua la tête au léger sarcasme dans sa voix. « Plutôt que je n'ai pas envie de tomber du lit au milieu de la nuit. »

Il marcha vers elle, chaque pas le rapprochant, Sam sentit son pouls s'emballer jusqu'à ce qu'il se tienne juste devant elle, sa chaleur émanant de son corps. Jack leva la main et toucha ses cheveux, les glissant derrière son oreille. Cet acte simple envoya des vagues de décharges à travers son corps.

« Je ne sais pas. J'aimais assez l'exiguïté du lit. » Ses doigts descendirent sur son cou vers le creux de sa gorge, suivant le bord du tissu dans la vallée entre ses seins.

Le corps de Sam était en feu. « Oui, mais ceci nous donnera plus… euh » Ses doigts libérèrent le premier bouton de son chemisier. « Plus de manoeuvrabilité. »

« Ah, … » murmura Jack avant que sa bouche ouverte ne couvre la sienne.

La désir, le besoin et huit ans à rattraper les balayèrent tous les deux comme un raz-de-marée. Alors que Jack la couchait sur le lit, l'omelette fut oubliée. Qui avait besoin de manger de toute façon. Les mains de Jack… oh, wow…

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Daniel assis à son ordinateur, fixait la liste d'artefacts qu'il avait laissée incomplète le jour d'avant quand ils étaient partis pour P9X-4EV. Il tapa négligemment sur les références de stockage et leurs emplacements, tapant son crayon dans un rythme régulier sur le côté du moniteur. C'était un travail absorbant. Le gardant occupé tandis que Harriman composait une adresse de Porte, et que Reynolds appelait Hammond.

Une ombre passa sa porte, et il leva les yeux. « Salut, Teal'c. »

Teal'c entra dans la pièce, ses mains derrière son dos. « Le Colonel Reynolds m'a demandé de vous informer que le Général Hammon est parti de Washington et arrivera dans les prochaines heures. »

« Merci. Est-ce que quelqu'un a progressé sur la Porte ? »

« Non. »

Daniel hocha la tête et fixa son moniteur, sans vraiment voir les données. « Euh, Teal'c. Pensez-vous que nous devons être inquiets de ne pouvoir nous connecter ? »

« P9X-4EV est une belle planète. »

Daniel leva les yeux, étudiant le Jaffa. « Mais ce n'était pas la question. » Il s'arrêta. « Donc, vous seriez plus inquiet si c'était une planète déserte, ou une planète glaciaire ? »

Teal'c inclina lentement sa tête.

« Donc, ce que vous dites est de laisser Jack avoir ces petites vacances et d'arrêter de s'inquiéter tant ? » Teal'c sourit et inclina à nouveau sa tête. Daniel gloussa. « D'accord, j'ai compris. Et je suppose que s'il se retrouve coincé sur une planète paisible où il y a plein de gâteaux et de nourriture, qui mieux que Sam pouvait être avec lui ? Oh, attendez… Je ne sais pas si c'est une bonne chose, ou pas. »

« Il ne pouvait y avoir de meilleur choix. »

Daniel s'adossa lentement, son fauteuil s'affaissant à nouveau de sa position verticale. « Teal'c, saviez-vous que quelque chose comme cela pourrait arriver ? »

« Non, je ne savais pas, Daniel Jackson. »

« Et pourtant… vous ne semblez pas surpris. »

« J'ai vu des cas où le Chaapaï ne fonctionnait pas, temporairement, quand on tentait de se connecter à certains mondes. Le disfonctionnement disparaît habituellement. »

« Disfonctionnement comme celui-ci ? »

« De différentes sortes. »

« Teal'c… vous ne m'avez jamais menti, n'est-ce pas ? »

« Non, Daniel Jackson. »

« Donc, vous ne vous êtes pas d'une manière ou d'une autre arrangé pour que Sam et Jack soient laissés derrière ? »

« Non Daniel Jackson. Mais si la porte n'avait pas mal fonctionné, je n'aurais peut-être pas été capable de renouveler correctement ma provision de Trétonine pour retourner sur la planète aussi rapidement que vous désiriez. » L'expression de Teal'c n'avait pas changé, mais même dans la faible lumière, Daniel aurait juré avoir vu une étincelle dans les yeux du grand homme.

Daniel sourit. « Vous êtes diabolique. Vous ne l'aimez pas non plus, n'est-ce pas ? »

« De qui parlez-vous ? »

« Shanahan. Vous ne l'aimez pas plus que je ne l'aime. »

« Pete Shanahan n'est pas digne du Colonel Carter. »

« Et Jack l'est ? »

Teal'c haussa un sourcil et rencontra le regard de Daniel. Il ne broncha, ni hocha la tête ni détourna les yeux. Après plusieurs minutes, Daniel gloussa et retourna à sa liste d'artefacts à cataloguer.

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Note : « des équidés 'non domestiqués' » (en anglais 'undomesticated equines') est une plaisanterie en ce sens que Jack énonce une phrase que Teal'c dit dans Message dans une bouteille (saison 2). Dans l'épisode, Jack le reprend, puis se rend compte que Teal'c faisait de l'humour.