En retard, toujours. Désolée, toujours. Aucune excuse, toujours.

Mais je vous remercie tous et toutes de me suivre, lire et apprécier cette fic, ça me réchauffe le cœur et me motive à un point inimaginable ! Alors merci à Destination Darkness, Mikan Naranja, K3lly-y, camille-love-cat, Crowny, Aotsuki-Midori Akimi, Nana-rubis ainsi que ceux et celles qui n'ont pas de compte, nami886, gobi78 flme, Roro et i, qui par sa dernière review m'a rappelé que je devais poster plus régulièrement et je m'y efforcerais, car je me rend compte que c'est bien difficile de suivre pour vous avec des écarts aussi grand entre les chapitres et que vous ne risquez sûrement pas de vous attacher et vous intéresser au Ocs ainsi, chose que je comprends, et que je regrette un peu...

Sur ce, bonne lecture, avec la promesse de poster plus vite, si j'y arrive !

CHAPITRE 11 : Un mauvais pressentiment

« -Allo ? Sanji, tu m'entends ? Sanji ! »

Aucune réponse, le silence, pas un bruit. De l'autre côté, Blind commençait à s'impatienter, voir à s'inquiéter. Si Sanji, son second, était en danger, alors tout l'Iceberg l'était également. Il appela encore une fois le blond, en vain. Mais bon Dieu ! Que faisait-il à Crow ? Et qu'est-ce que c'était cette histoire de Buster Call ? La Marine avait tout de même mieux à faire que de raser une île déserte !

Les réflexions de Blind, le créateur et chef de l'organisation de l'Iceberg, furent coupées par un bruit de pas venant de l'émetteur. Il se tût, essayant d'écouter, espérant que ce soit Sanji, mais il se trompait. Une voix masculine se fit entendre. Une voix grave et posé, presque sensuelle, qu'il ne connaissait pas.

« -Bonjour, M. Blind » lança la voix en question « Comment vous portez vous ? J'espère un peu mieux que notre cher invité, avec qui vous avez eu un brin de causette. »

« -Qui êtes vous ? » siffla l'aveugle « Que voulez-vous ? »

« -Oh, qui je suis n'a peu d'importance, vraiment. Je ne suis que le simple messager d'une personne en détresse, vous savez. Et la personne que je sers aurait besoin de l'aide de votre subalterne. Ne vous en faites pas pour lui, il ne lui sera fait aucun mal... S'il coopère, bien entendu. »

« -Si vous croyez vraiment que Sanji cédera aux demandes de la Marine, vous vous trompez lourdement. » répondit Blind, comprenant que Sanji venait de tomber dans un piège « Je ne choisis pas mes « subalternes » comme vous dites au hasard. »

« -Oh, ça je n'en doute pas, M. Blind, vous n'êtes pas un idiot et, je dois l'avouer, nous avions d'abord pensé à nous adresser à vous mais... Nous pensons que Sanji la Jambe Noire sera plus enclin à... Accepter notre offre. Toutes nos excuses. Et, pour votre gouverne, sachez que nous sommes pas de la Marine. Nous sommes bien au dessus d'eux. »

« -Au dessus de la Marine ? » interrogea Blind, cherchant dans sa mémoire qui pourrait correspondre à un tel pouvoir.

Un rire lui parvenu à l'autre bout du combiné.

« -Je sens que j'ai piqué votre curiosité, M. Blind. Mais je ne peux vous en dire davantage, car cela concerne une discussion privée à laquelle vous ne participez point. Et puis, après tout, cela ne vous concerne pas vraiment, du moins pas directement. Excusez-moi, mais j'ai à faire, je dois préparer la réception d'aujourd'hui. Nous allons avoir un invité de marque, ce soir. Ce n'est pas tout les jours qu'on reçoit le Chef de l'Iceberg. »

« -Si vous croyez que je vais rester ici les bras ballants » siffla-t-il de colère « Alors vous vous mettez le doigt dans l'œil jusqu'au coude, l'ami ! »

Sur ces mots, il raccrocha l'escargophone et se dirigea vers le miroir central qui se tenait à ses côtés. Il était temps pour lui de retourner à l'Iceberg !

« -Oh, je ne ferais pas cela, à votre place ! »

Blind se retourna. Il avait pourtant raccroché l'escargophone et, grâce au Haki qu'il contrôlait parfaitement, il savait que personne n'était présente dans la salle, malgré sa non voyance. D'où venait donc cette voix ?

« -Un conseil, M. Blind » continua la voix « Ne nous sous-estimez pas. Alors restez tranquillement dans votre cachette, cela évitera qu'on utilise la manière forte. Et la prochaine fois, veuillez ne pas me raccrochez au nez, ainsi qu'à mes supérieurs et collègues. Certains d'entre nous ne sont pas aussi souples que moi sur les règles de bienséance. C'est nous qui décidons quand nous vous parlons et quand nous coupons la communication, monsieur. »

Et la voix cessa définitivement.


Peu à peu, le monde autour de lui cessa de tourner. Sa tête lui faisait mal et il lui semblait que toutes forces lui avait été retirées. Il était conscient, certes, mais il n'arrivait à relever sa tête tombée en avant, reposant sur sa poitrine. Il prit alors conscience qu'il était en position assise et son corps lui paraissait plus léger que d'habitude, comme si quelqu'un avait retiré un poids de son corps. Après plusieurs minutes et un énorme effort, il réussit à ouvrir les paupières.

Il était plongé dans le noir, il n'arrivait à distinguer ni la pièce où il se trouvait, ni les objet la composant. En fait, il n'arrivait même pas à voir son propre corps. Il releva avec difficulté la tête, toujours douloureuse, mais ne vit rien davantage. Il se concentra et essaya d'utiliser la perception du Haki. Mais la vision qu'il obtenu l'étonna au plus haut point.

Il ne percevait rien. Pas âme qui vive à plusieurs kilomètres aux alentours. Pas un homme, un animal, même pas un insecte ! C'est comme s'il était seul, perdu dans l'univers... Mais où pouvait il bien être ? Il voulu se lever et il se rendit compte qu'il était attaché. En effet, des menottes lui tenaient fermement chaque poignet, reliées au bras de la chaise, ainsi que le jambes aux pieds de celle-ci. Il essaya tout de même de se libérer, malgré ses faibles forces, mais rien n'y faisait. Il était prisonnier dans ce vide.

Soudain, il senti quelque chose bouger derrière lui, il se contorsionna comme il put pour apercevoir son agresseur. Derrière lui venait d'apparaître une bougie, ou plutôt un cierge, diffusant par sa flamme une fine et douce lumière. Il utilisa de nouveau son Haki, mais rien à faire, la salle semblait vide. Mais cette lumière n'était pas apparue toute seule ! La flamme apportait toute fois une source de lumière quelque peu rassurante pour l'ancien cuisinier. Mais celle-ci ne projetait aucune ombre, ne laissait apparaître aucune forme dans cette obscurité encore beaucoup trop présente. Alors qu'il essayait encore de comprendre ce qui pouvait bien se passer autour de lui, il sentit une main se poser sur son épaule. Il sursauta, essayant par réflexe de s'en dégager, mais son énergie n'était pas complètement revenue. Il se contenta alors de tourner la tête vers son agresseur, un regard de haine peint sur son visage... Bientôt remplacé par de l'incrédulité.

La silhouette qui le tenait pas l'épaule, seulement dessinée par la bougie, était celle d'un homme élégamment vêtu de noir, comparable à un costume de majordome en trois pièces. Sa main et sa peau était translucide et il portait une sorte de masque, couvrant l'intégralité de son visage, en dessous d'un crâne lisse, sans une seule trace capillaire, comme fait en porcelaine. De son autre main, il tenait quelque chose qu'il n'arrivait à distinguer, reflétant d'un éclair argenté la lumière du cierge.

« Un couteau. » pensa Sanji, essayant de se dégager, mais la poigne sur son épaule se resserra, le faisant grincer des dents. La main de l'inconnu était glacé, comme faite de neige. Il approcha l'objet du prisonnier, jusqu'à que celui-ci remarque que le soit disant couteau était en faite une simple tasse de thé. L'homme posa le récipient de porcelaine, remplit d'un thé brûlant sur le bras de la chaise, lâchant enfin l'épaule du blond. La boisson avait une belle couleur ambrée et dégageait un agréable parfum, celui de la bergamote, selon les sens rouillés du cuisinier, piqués à vif. Lorsqu'il quitta la tasse des yeux, l'inconnu avait disparu dans l'obscurité. Se reprochant un temps son manque d'attention Sanji se reprit bien vite.

« -Qui êtes vous ? » gronda-t-il « Où sommes nous ? »

Aucune réponse. Il appela, plus fort, mais seul le silence se faisait entendre. Il essaya de nouveau de se dégager, ayant cette fois reprit toute son énergie. La poigne glacé sur son épaule lui avait fait l'effet d'une douche froide. L'homme réapparut, apportant avec lui une chaise, qu'il posa face à Sanji, ne pipant mot.

« -Je vous parle! » s'énerva le chef de l'Iceberg.

Aucune réaction. L'homme reparti, revenant cette fois-ci avec une petite table ronde, puis une théière, du sucre... Il continua son manège pendant plusieurs minutes, malgré les questions de Sanji. Alors qu'il posait une tasse face à la chaise vide, le prisonnier perdit son sang froid.

« -Je ne crois pas être ici pour prendre le thé ! » cria-t-il « Arrêtez vos conneries ou je... »

Il n'eut pas le temps de finir qu'une main vint attraper sa gorge, le plaquant au fond de son siège. L'inconnu avait son visage à quelques centimètres du sien, caché par ce masque immaculé. Sous l'attaque, les instincts de Sanji se réveillèrent, dont le Haki, et quelque chose d'inhabituelle se produisit : Il ne sentait rien. Son Haki ne détectait aucune présence, aucun être vivant se trouvait, selon ce sens, en face de lui. Mais alors comment se pouvait-il que sa vue lui montre cet homme ? Que son toucher le sente ?

« -Qui êtes vous ? » siffla le blond, la main de l'être sur sa jugulaire le gênant « Qu'est-ce que vous êtes, exactement ? »

En toute réponse, l'homme leva son autre main à la hauteur du masque, plaçant son index contre celui-ci, là où aurait du se trouver une bouche. Sanji secoua vivement la tête, essayant de se dégager de la prise de son agresseur, qui resserrait davantage la main.

« -Lâche-le maintenant. Tu n'es là que pour mettre la table, rappelle toi. »

Sous l'ordre de la voix féminine, l'inconnu au masque lâcha prise et s'éloigna de quelques pas du prisonnier, finissant par retourner dans l'obscurité.

Cette présence, cette fois, Sanji pu la sentir et la reconnu tout de suite. C'était la nièce d'Armand, Toinette, qui venait de donner l'ordre. En effet, la jeune femme sortit de l'obscurité, dans la même tenue que tout à l'heure, mais elle paraissait cependant bien différente. Son visage affichait un étrange sourire, entre celui candide d'un enfant et celui sournois d'un joueur de poker. Elle portait contre elle une sorte de paquet.

« -Excusez mes hommes, cher monsieur » dit-elle en s'asseyant en face de Sanji « Ils sont parfois un peu trop investis dans leur tâche. Ils aiment le travail bien fait et la rigueur. Alors, dès que je leur ai demandé de ne pas prononcer un mot lors de l'installation du décors, ils ont du assimiler cet ordre de silence à vous aussi. C'est amusant, n'est-ce pas ? »

Et elle rit doucement se servant une tasse de thé, mais le prisonnier n'appréciait pas vraiment la plaisanterie. Il reconnu alors avec désarroi le paquet qu'elle portait à l'instant, reposant maintenant sur les genoux de la jeune femme. C'était son attirail complet, toutes ses armes, ses couteaux, ses pistolets, accrochés et cachés sur ce veston intérieur, ainsi que toutes les lanières attachées normalement à ses chevilles et avant bras. Tout lui avait été retiré. Cela expliquait le sentiment de légèreté qu'il avait ressentit à son réveil. Toinette remarqua son regard contrarié et ajouta :

« -Oh, ne vous en faites pas pour ça. Je vous les ai fais retirer uniquement pour que vous vous sentiez plus à l'aise, en aucun cas pour vous prendre au dépourvu. Et puis, je me suis dit que ce genre de costume vous irait mieux. »

Ne comprenant pas où la femme voulait en venir, il baissa les yeux et remarqua qu'en effet, ses vêtements avaient été changés. A la place de son haut en toile et de son pantalon en tissu, il portait un élégant costume noir, tiré à quatre épingles, une cravate assortit, faisant ressortir une chemise blanche immaculée, le col replié. Il sentait d'ailleurs que ses cheveux étaient détachés et coupés, frôlant le haut de sa nuque. Il avait aussi été rasé de près, chose qu'il n'avait pu faire depuis un moment. Mais ces marques d'attention l'énervaient plus qu'autre chose. A quoi rimait cette réception grotesque ? Mais il ne devait pas s'attarder sur ce genre de chose.

« -Alors c'est vous qui avez organisé tout ça, Toinette ? » dit-il simplement « Qui êtes vous ? Une espionne de la Marine ? C'est pour ça que vous n'étiez pas inquiétée par le Buster Call. »

Elle leva les yeux de sa tasse, surprise. Puis sourit de nouveau avec cette étrange malice.

« -Ah oui, le Buster Call. Ne vous en faites pas pour ça, nous ne risquons aucun danger, ainsi que vos camarades dans votre navire. Vraiment, ne vous encombrez pas l'esprit avec de telles idées, car nous avons à parler. »

Elle posa la porcelaine sur la table basse dans un tintement frotté et ses bras sur les accoudoirs de son siège, croisant les jambes. Elle le regarda dans les yeux et dit d'un ton calme :

« -Car j'ai une proposition à vous faire que vous aurez du mal à refuser. »


Zoya était dans la salle de jeux avec les autres enfants, la boule au ventre.. Ce n'était pas la première fois l'Iceberg était en danger, c'était même pour tout dire un quotidien. Ce n'était pas non plus la première fois que son père partait en première ligne, en tant que chef de l'Iceberg, il se retrouvait souvent dans cette situation. Elle avait parfaitement confiance en lui, elle savait de quoi il était capable et à quel point il était un adversaire redoutable. Et pourtant...

Et pourtant elle n'arrivait à effacer cette angoisse qui montait en elle, faisant trembler ses mains et étranglant petit à petit son souffle, comme un mouchoir froissé enfoncé dans sa gorge. Elle arrivait d'habitude à calmer ses inquiétudes, mais aujourd'hui, c'était différent. Quelque chose d'irrationnelle tournait dans sa tête, comme un spectre, une voix malsaine et sournoise lui imposant une vérité future qui semblait inévitable : Son père ne reviendrait pas cette fois. Aujourd'hui était le jour où disparaîtrait la personne que la petite fille aimait le plus au monde.

Nauséeuse, elle quitta le cercle qu'avait formé les enfants, comme leur avait appris les adultes en cas d'urgence. Elle se dirigea vers la porte de la salle. Il fallait qu'elle sorte, qu'elle s'éloigne de cette salle, cette ambiance. Prendre l'air. Impossible dans un sous-marin remplit de fugitifs. Il fallait qu'elle sorte voir son père. Alors qu'elle effleurait des doigts la poignée, une force inconnue la tira en arrière, la ramenant vers le centre de la pièce.

« -Zoya, mais qu'est-ce qui te prends ? » entendit-elle, tel un écho lointain « Il ne faut pas que vous sortiez, retourne avec tes camarades ! »

La force, qui n'était autre qu'une main, disparu de son bras. Zoya voyait sans vraiment voir, le voile de l'angoisse couvrant ses yeux. Elle réussit à deviner cependant le visage inquiet de Kaya.

« -Zoya, est-ce que ça va ? Tu es très pâle... »

« -Mon papa » articula-t-elle doucement, les larmes lui montant aux yeux « Je veux voir mon papa... »

Le traits inquiets firent place à ceux de la tristesse sur le visage du médecin.

« -Je sais ma chérie » dit-elle doucement « C'est très difficile, mais il faut être fort, d'accord ? Fais confiance à ton père et tu verras que tout ira bien. »

Non, c'était faux. Tout n'irai pas bien, elle en était intiment persuadée. Cette fois, Sanji était peut-être face à quelque chose plus fort que lui. Beaucoup trop fort. Comme un pantin sans âme, elle retourna cependant vers le centre de la salle.


« -Ça fait cinq minutes. »

Cette phrase avait résonné comme un glas dans le cœur. Yaël leva les yeux de sa montre, regardant Tick avec des yeux froids, il devait fermer le miroir. Le brun à lunettes le regarda avec hésitation.

« -On pourrait pas le laisser ouvert un peu plus longtemps ? On ne sait jamais... »

« -Fais ce qu'on te dis, gamin. » lança Morg, appuyée sur le bureau de Tack « On est en état de crise là, alors pas d'insécurité. »

Tick obéit et le miroir ne renvoya que leur reflet. Yaël observait d'un œil anxieux la vision du miroir extérieur de la barque-vigie. L'Iceberg s'enfonçait doucement et le Buster Call continuait son petit bonhomme de chemin, ne semblant pas les remarquer. Bientôt, l'île de Crow serait rasée et tous ces habitants périraient avec. En plus de l'amertume qui occupait sa gorge, la peur y montait doucement, latente. Comment Sanji la Jambe Noire, seul meneur connu de l'Iceberg, dernier mouvement de résistance face à la Justice Radicale allait-il bien pouvoir s'en sortir ? A peine la marine l'aura aperçu et c'en sera fini de lui.

« -Mais arrêtez de tirer ces tronches, putain ! »

Morg se releva, les regardant avec un air hautain.

« -Vous êtes chiants avec vos mines de merlans frits ! L'est pas encore enterré, l'autre tâche ! Et on a pas que ça à foutre, pensez d'abord à vos culs avant le sien ! Alors on reste concentré et on bosse ! »

Sur ce, elle quitta la salle, l'air renfrogné. Manquerait plus que cet idiot meurt ! Ça serait la pire chose qui pourrait lui arriver. Pas sa mort en elle même bien sûr, elle en avait vu d'autre, mais ce qui en découlerait serait beaucoup plus emmerdant. Sanji l'ayant choisie comme second -principalement pour l'avoir à l'oeil- impliquait, s'il disparaissait, qu'elle deviendrait immédiatement la meneuse de l'Iceberg, ce qui était d'ailleurs le cas en ce moment même, pendant son absence. Et l'idée de devenir le chaperon de tout ce beau monde la rendait malade ! Elle n'avait pas rejoint l'Iceberg pour ça ! Si elle l'avait fait, c'était uniquement pour l'action, pour l'amour de la bataille. Se battre, c'était l'unique chose qu'elle savait faire et, il fallait l'avouer, elle s'en sortait plutôt bien dans ce domaine. Avant ou après la découverte du One Piece, les choses n'avaient pas vraiment changées pour elle. Elle se fichait éperdument de ce trésor, ce soit disant héritage. Elle ne s'était jamais sentit pirate, ni révolutionnaire, à peine tueuse à gages ou chasseuse de prime. Elle était juste une combattante, rien de plus, rien de moins. Pour elle, l'énorme panique qui avait secoué le monde des bandits lors de l'arrivée de la Justice Radicale lui avait parue à l'époque exagérée. La Marine était plus forte ? Et alors ? Elle l'était tout autant, les combats seraient donc plus intéressants. Mais voilà, il faut croire que la Justice a une vision différente à la sienne alors, elle fut très vite une cible importante pour le nouvel ordre. Après plusieurs jours de combats, on avait finit par la faire prisonnière et elle fut envoyée comme tant d'autres à Impel Down. Elle se souvenait encore de la gueule de ses compagnons de cellule, au terrible Enfer des Glaces, le niveau 5 d'Impel Down. Il faut dire qu'avec sa silhouette chétive, difficile d'imaginer que sa prime -et sa puissance- soit aussi élevée.

En vérité, ça ne l'aurait pas plus dérangée que ça de rester dans cette prison, il y avait des adversaires à foison, contre qui elle pouvait se battre et s'il venait à en manquer, il y avait les loups ou les gardes pour se divertir. Oui, ce n'était pas plus dérangeant que ça, elle était forte. Mais il y eu cette chose qui changea tout, cet affront ultime que cette saleté de Marine lui avait infligée, cette marque de P à son bras, marquée au fer rouge. Au delà de l'humiliation d'être marquée comme du bétail, au delà de l'idée qu'on lui inflige une telle blessure sans qu'elle n'ait pu se battre, on l'avait surtout emprisonnée dans une case. Elle était depuis considérée comme pirate ! Comme « l'une des leurs » ! Elle n'appartenait pas à un groupe, elle ne suivait aucun credo ou chemin de vie. Elle était juste Morg, quelqu'un qui se bat, qui tue et qui recommence, et ça lui suffisait amplement. Toute sa vie, elle avait tué, peu pour elle et souvent pour les autres, qui lui donnaient de l'argent en échange, même si ça lui était égale. Mais avec cette marque, elle était condamnée à ne tuer que pour un seul camp, une unique nation qu'elle n'avait pas choisi. A ses yeux, ça n'avait aucun sens !

Enfin, à ce moment là de sa vie, ça n'avait pas vraiment d'importance, de toute façon, elle était en prison, elle se battait avec prisonniers et geôliers, ce n'était pas la même société que dehors, l'idéologie n'avait pas vraiment sa place. Les choses avaient vraiment changées quand Blind, alors appelé le Bretteur au cent lames, était venu à Impel Down, ou plutôt quand il l'attaqua. Il avait foutu la plus grosse pagaille que n'avait jamais connu Impel Down depuis bien longtemps et réussi à faire évader une bonne partie des prisonniers, dont Morg. Elle ne s'était pas non plus ruée vers la sortie, mais les plus gros combattants étaient maintenant libérés et donc les meilleurs duels se trouvaient maintenant dehors, alors elle avait suivi. C'est là que le P était devenu gênant. Elle n'était plus que simplement un prédateur, mais aussi une cible. Pour la première fois de sa vie, elle avait du se cacher, apprendre à se méfier et surtout à craindre.

Pendant sept ans de fuite, sa haine de cette condition oscillait entre deux figures. Qui était coupable de sa soif de combat, condamnée à ne jamais pouvoir être assouvie ? La Marine, pour avoir provoqué cette peur ou bien Blind, pour avoir brisé son aire de jeux ? Une fois de plus, c'était le P qui avait tranché. Elle pouvait bien essayer de tuer Blind ainsi que tous ces subalternes, mais il aurait fallu être naïf pour espérer que la Marine la laisse tranquille après une si louable action. Alors elle avait décidé de prendre pour cible la Marine et de se ranger du côté de l'Iceberg. A peine arrivée là-bas, elle ne fut pas déçue de son choix. Si elle s'était attaquée à eux, elle n'aurait eu qu'à se mettre sous la dents que quelques bons combattants, à peine une poignée, et des enfants et autres civils. Un combat fort décevant aurait eu alors lieu.

De plus, la place de second lui permettait de sortir assez souvent, en accompagnant Sanji. Obéir aux ordres ne lui plaisait pas, ainsi que toutes les sécurités et les sorties étaient trop rares à son goût, mais elle savait s'adapter. Sa place dans l'Iceberg lui convenait, elle était crainte et n'avait pas de responsabilité et cela faisait deux ans que ça durait. Et maintenant, voilà que l'un de ses uniques « supérieurs » semblait en danger et elle ne pouvait rien faire, juste espérer que cet idiot ne meurt pas et bascule tout cet équilibre.

« -T'as intérêt à t'en sortir » maugréa-t-elle « Hors de question que je me retrouve à la tête de quoique se soit. »

« -Je vois que tu t'inquiètes aussi, Morg. »

Elle ouvrit ses yeux, ennuyée. Elle n'avait même pas remarqué qu'elle avait parlé à voix haute, comme elle n'avait pas remarqué la présence de jeune femme en face d'elle. Ses sens commençaient à se rouiller, avec ce manque de combat. Cal lui souriait, comme elle le faisait d'habitude et continua d'une voix enjouée :

« -J'allais au Cœur pour annoncer à tout le monde que l'Iceberg était maintenant complètement immergé et à une distance respectable de la flotte, nous ne risquons plus rien. Tu m'accompagnes ? En tant que chef de remplacement, tu te dois de t'y trouver aussi. »

« -Je suis chef de rien du tout. » dit-elle simplement « Mais allons-y. »

Et elle partirent ensemble vers le Cœur, Cal continuant sa discussion un peu toute seule, Morg l'écoutant à peine. Elle n'aimait pas vraiment cette fille, comme elle n'aimait pas grand monde d'ailleurs, mais elle l'inquiétait assez pour son don de perception. Pouvoir comprendre tout ce que pensaient les autres, ce n'était pas très plaisant. Enfin bref, elles arrivèrent donc dans la salle et purent annoncer la bonne nouvelle. L'Iceberg n'était plus en danger, seul Sanji l'était maintenant. Ce qui semblait d'ailleurs provoquer une certaine tension dans la salle.

« -Le Buster Call n'a pas encore commencé ! » piaillait Tick « Pourquoi je pourrais pas créer un portail et ramener Grand Chef ?! »

« -Petit un » répondit Yaël « Sanji nous a dit qu'il se débrouillerai tout seul s'il mettait plus de cinq minutes, petit deux, si Sanji met du temps, ça veut dire que c'est beaucoup trop dangereux, petit trois, le Buster Call va commencer d'une seconde à l'autre ! L'île est à portée des canons maintenant ! »

« -Étrange qu'il n'est pas commencé, d'ailleurs. » pensa Tack à voix haute, les yeux rivés sur l'écran.

« -De toute façon, en l'absence de Sanji, c'est pas à nous de décider ! » conclu Tick, ne voulant lâcher le morceau « C'est à Morg de le faire ! »

« -Si ça t'amuse » répondit Yaël, un sourire moqueur « Mais tu sais très bien que Morg est assez intelligente pour ne pas nous mettre en danger ! »

« Ou assez jemenfoutiste pour ne pas se soucier du blond » pensa le reste des personnes présentes. Et c'est vrai que, concrètement, elle s'en foutait. Mais l'idée d'entendre encore le brun piailler à tue tête la rendait dingue, alors elle répondit :

« -Fais ce que tu veux Tick, établit un contact avec l'autre, il a un miroir sur lui normalement au cas où. »

Pendant que toutes les personnes présentes restaient abasourdies, Tick laissa apparaître un sourire vainqueur, tira gracieusement la langue à Yaël et se dirigea vers l'un de ces miroirs.

« -Ok, je vais faire comme t'as dis Morg ! » lança-t-il « Et pis, si je me fais engueulé, je dirai que tu m'as forcé ! »

« -Fais comme tu veux... » répondit-elle, indifférente.

Il toucha la surface du miroir qui s'obscurcit un moment, mais contrairement aux habitudes, aucune image n'apparut à la surface.

« -Bah... C'est bizarre ça... » dit le brun, fronçant ses sourcils derrières ses grandes lunettes rondes.

« -Un problème ? » demanda Tack, se rapprochant.

« -Je... Je sais pas, je n'arrive pas à établir de connexion... Je sens pourtant la présence du miroir, mais... C'est comme s'il y avait des interférences... »

En effet, Tick ressentait une étrange impression, comme si une barrière invisible s'était formé, empêchant son pouvoir de passer. Il augmenta sa puissance, mais rien n'y faisait. C'était la première fois qu'une chose pareille lui arrivait. Il posa la main contre la surface noire, essayant de comprendre, mais quelque chose d'inattendu se produisit. A peine eut-il touché le miroir qu'un éclair blanc l'éblouit et qu'une énorme tension s'emplit en lui, contractant tout ses muscles, le frappant d'une douleur sans nom. Il ne pourrait dire ensuite ce qu'il se passa, mais les autres pourraient très bien le conter.

Tack, de là où il se trouvait, vit son ami comme frappé d'un choc d'une terrible violence, telle une électrocution. Le brun hurla de douleur et fut prit de spasmes, secouant son maigre corps, sa main toujours collé à la surface. Il mit du temps à réagir avant de s'élancer vers lui, accrochant sa main à son épaule, voulant le ramener en arrière. Lorsqu'il le toucha, il sentit une onde douloureuse le parcourir, mais encore soutenable. Il tira sur le t-shirt de Tick et réussit le décoller du miroir, mais les spasmes continuèrent. Le garçon s'écroula par terre, prenant sa tête dans les mains, hurlant toujours. Autour d'eux, la salle devenait folle, les miroirs ne semblaient plus répondre, renvoyant des images incohérentes, des flashs de lumière, certains volèrent en éclats.

« -Mais qu'est-ce qui se passe, bordel ?! » s'écria Yaël.

« -Tick ! Tick ! » s'égosillait Tack, les larmes débordant de ses yeux, secouant son ami, essayant de le sortir de sa douleur, en vain.

« -Recule gamin ! » s'écria Morg, s'approchant du duo en courant.

Elle saisit le cadet par l'épaule et le rejeta en arrière. Tack ne pu voir que la jeune femme sortir une arme à feu de sa ceinture et la braquer vers la victime. Elle tira alors sur le garçon à terre, sous le cri d'horreur de son ami. La réaction fut immédiate, le corps de Tick ne bougea plus et les miroirs encore présent ne renvoyèrent que l'image habituelle de simple réflecteurs.

« -Morg ! » cria le blond « Comment as-tu pu, espèce de... »

« -Arrête de gueuler idiot et va chercher Kaya ! » coupa-t-elle en s'agenouillant près du corps « Je lui ai tiré dans la jambe, il n'en mourra pas, à part si on le laisse dans cet état, alors file ! »

Le blond se calma et partit paniqué vers l'infirmerie. Yaël et Cal se rapprochèrent avant que Morg ne tourne un regard noir vers eux.

« -Quoi ?! Je dois aussi vous rappeler ce que vous avez à faire ?! Arrêtez de vous tourner les pouces et bossez ! Je vous rappelle qu'un Buster Call est juste à côté de nous ! Allez vous occuper des dispositifs d'urgence, on a besoin d'un visuel ! »

Et le couple partit en vitesse, bredouillant des excuses. Morg se retourna vers le blessé. Il était inconscient, mais toujours en vie. Elle avait bien visé, la blessure était assez superficielle : juste au dessus de la rotule et à côté du fémur pour ne pas faire de dégâts irréparables au membre, tout en gardant la balle bien enfoncée dans la chaire.

Et il fallait l'avouer, les balles en pierre marine faisait des blessures assez propre. Ce métal incassable faisait des balles qui, contrairement aux autres, n'éclataient pas et donc se répandait moins dans les tissus de la victime. Heureusement qu'elle avait gardé encore de bons réflexes ! Il était évident que le garçon avait été frappé à travers son pouvoir, il fallait donc couper la connexion entre lui et son fruit du démon, donc de la pierre marine, et la seule qu'elle avait à disposition était les rares balles de ce type qu'elle avait constamment sur elle. Et sa théorie avait marché, mais était-ce vraiment une bonne nouvelle ? Car cela impliquait que l'ennemi, sûrement la Marine, avait de quoi les atteindre par le fruit du démon et que leur position devait sûrement être connue maintenant.

« -Journée de merde. » jura-t-elle.


Au milieu de cet effroyable discours, Sanji fut attiré par un étrange reflet venant de son veston, reposant toujours sur les genoux de Toinette. Une sorte de scintillement grésillant, que la jeune femme remarqua à son tour. Elle attrapa l'objet en question, qui n'était autre que son miroir de poche. A sa vue, Sanji ne put s'empêcher de serrer les dents, ces imbéciles essayaient de le contacter, il pensait pourtant avoir été assez clair. Elle le saisit entre ses doigts graciles, l'observant avec intérêt. Elle le tint ensuite à plat dans sa paume et appuya sur le verre avec le pouce. Le scintillement cessa immédiatement. Elle releva les yeux en souriant, rangeant le miroir à sa place.

« -Nous ne devrions plus être dérangé maintenant. » ajouta-t-elle « Reprenons là où nous nous en sommes arrêtés, voulez-vous ? »

Avait-il vraiment le choix ? Mais cela n'était pas la chose qui le dérangeait le plus : du peu de ce que lui avait raconté l'être devant lui, il avait de quoi s'inquiéter pour les personnes qu'il avait laissé dans le navire, et particulièrement Tick.


« -Bordel, mais c'était quoi ça ?! »

Au moins, tous les membres de l'équipage des pirates aux Chapeaux de Paille étaient d'accord là dessus. Au milieu de leur dispute, il y avait déjà eu cette alarme de Buster Call, qui avait eu tendance à envenimer les choses. Et maintenant, le miroir de la salle venait de voler en éclat, après avoir renvoyé des centaines d'images incohérentes à une vitesse folle, accompagné d'un cri de douleur. Ils se relevèrent, après s'être jetés au sol pour éviter les débris de verre tranchants. Heureusement personne n'était blessé.

« -Je crois que c'était la voix de Tick ! » remarqua Chopper, dont les sens aiguisés ne le trahissaient jamais.

« -Mais qu'est-ce qui ce passe ici ?! » paniqua Ussop « On est attaqué ?! La Marine a débarqué ?! Je vais devenir fou à force de rester ici ! »

« -Il semble que d'autres miroirs dans tout l'Iceberg ont eu le même sort que celui là. » répondit Robin, les yeux fermés , les avant bras croisés, montrant qu'elle utilisait son fruit du démon « Et dans le Cœur, il y a un blessé. C'est Tick, il a perdu connaissance, Morg est avec lui. »

« -Tu penses savoir ce qu'il s'est passé ? » demanda Nami, envieuse de ce pouvoir. Robin était à l'instant même leur seul contact vers l'extérieur.

« -Peut-être que Morg a tué le garçon après l'avoir longuement torturé ? »

« -Ne dis pas ça Robin ! Tu veux nous porter la poisse?! » s'écrièrent en chœur Ussop et Chopper.

« -Bon, au moins là, tout le monde est d'accord pour que je découpe ce fichu mur et qu'on puisse sortir ? » demanda Zoro en sortant un sabre.

« -Mais tu lâches jamais l'affaire toi ?! » répondit Ussop « On a d'autre priorité là ! On va pas mettre de la pagaille en plus dans ce navire ! »

« -Ba là, un peu plus, un peu moins »répondit Franky « En plus, comme ça, il ne nous verrons même pas partir. »

« -Messieurs, je ne voudrais pas me mêler de quelque chose qui ne me regarde pas » intervint le squelette « Mais je ne pense pas que ce serait d'une grande galanterie de causer davantage de tort à nos hôtes ! »

Et voilà, la dispute repartit de plus belle, chacun restant campé sur ses positions. Nami leva les yeux au ciel, commençant à avoir sérieusement la migraine de toute cette histoire. Elle fit donc comme d'habitude quand son équipage l'agaçait, un bon coup de poing sur la tête de chacun pour calmer les ardeurs.

« -Fermez là, vous tous ! » ponctua-t-elle « Laissez Robin se concentrer ! »

Pendant que la brune faisait un petit point sur la situation, Nami profita du calme, sûrement temporaire, de ses camarades pour s'appuyer contre le mur, épuisée, la tête dans les mains. Elle appréciait de moins en moins la tournure que prenait les choses. La tête contre le mur,et le silence l'entourant, elle se rendit compte qu'elle pouvait entendre ce qu'il se passait de l'autre côté de la cloison.

« Au moins, si on veut s'échapper, c'est à ce mur qu'il faudra faire un trou. » songea-t-elle, se retenant de le dire à haute voix, ne voulant relancer cette éternelle dispute.

Elle appuya un peu plus sa tête contre le mur, se concentrant sur ce qu'elle entendait. Elle entendit plusieurs personnes passer au pas de course, de la droite vers la gauche, de la gauche vers la droite. Ils étaient donc à côté d'un couloir. Elle essaya de se remémorer la visite éclair que leur avait fait Zoya, le lendemain de leur arrivé. La petite leur avait montrés les moindres recoins de l'appareil, dont le Port, où se trouvait le Sunny et d'autres vaisseaux en tout genre. Il fallait qu'elle se rappelle du chemin y menant, mais ça ne semblait pas être une mince affaire. Tous les couloirs se ressemblaient ici ! Et maintenant qu'elle y pensait, à chaque fois qu'ils allaient quelque part, la petite fille était là pour les guider. Et lorsqu'ils se perdaient, la plupart des couloirs ramenaient vers le Cœur, derniers endroits où ils souhaiteraient aller pour une évasion discrète, hors de question de tomber sur Sanji !

Alors qu'elle était plongée dans ses pensées, elle entendit quelque chose de l'autre côté de la cloison. Des pas désordonnés, des sanglots, quelqu'un arrivait dans le couloir. La personne semblait appeler quelqu'un. Elle pressa davantage son oreille contre le mur en lançant un geste de silence à ses amis, Robin coupant son récit. Ainsi ils entendirent tous le nom de leur capitaine résonner dans le couloir. A son nom, Luffy se leva immédiatement, s'approchant du mur.

« -Hé, c'est la voix de Zoya ! » ponctua-t-il en tapant sur le mur « Et Zoya ! On est là ! »

Les pas s'arrêtèrent, mais les pleurs ne s'interrompirent pas.

« -Luffy ?! Tu es là ? J'ai besoins de toi ! A l'aide ! » sanglota la petite fille.

« -Qu'est-ce qui se passe Zoya ? » demanda Nami, son instinct maternelle se réveillant.

« -Oh mon dieu, j'en était sûr ! » paniqua le snipper « Les Marines nous attaquent, on est fichus ! »

« -Il... Papa ! Il va mourir ! Je vous en pris aidez-moi ! »

« -Hein ?! » cria Luffy « Sanji est blessé ?! Où est-il ?! »

« -Je... Il est parti du bateau... A l'île de Crow ! Personne veut me croire ! Tout le monde ne dit de pas m'inquiéter et de l'attendre mais... Cette fois il ne reviendra pas ! »

Les sanglots doublèrent et Nami pu entendre que la petite fille s'était écroulée à genoux.

« -Il est partit tout à l'heure sur l'île où il a emmené Luis et Lydie. Il y est allé pour sauver les habitants, attaqués par le Buster Call et... Il va se passer quelque chose d'affreux ! Je peux pas l'expliquer, mais je le sens. Il est en danger ! Il y a quelque chose là bas, quelque chose de très fort et d'effrayant. Il y a d'abord eu le Buster Call, maintenant Tick qui a été blessé, et les miroirs... Il y a quelque chose dehors, sur l'île ! Beaucoup plus fort que la Marine ! Je n'ai pas de preuves mais je le sais, c'est tout ! Tout le monde me dit que c'est normal que je m'inquiète, que ce n'est qu'une crise de panique mais... Si je ne fais rien, il va mourir ! Je sais qu'il est fort, mais ce qu'il y a là-bas... Je t'en supplie, Luffy ! Sauve mon père ! »

Elle n'arriva pas à en dire davantage, sa gorge trop serrée par cette peur dévorante. Celle qu'elle avait ressentit tantôt n'était pas comparable à celle actuelle. Dans la salle des enfants, elle était plus latente, présente mais discrète. Mais d'un seul coup, elle avait explosé, la tétanisant d'effroi. Elle avait sentit ses cheveux se hérisser et ses jambes devenir du coton, sa peau parcourue d'un atroce frisson, ses mains se collant sur ses lèvres tandis que ses yeux s'écarquillaient de terreur. Elle connaissait la peur, comme tous les fugitifs, mais jamais de sa vie elle n'en avait ressentit une aussi effroyable. C'est lorsque le miroir de la salle a explosé que cette main visqueuse a serré soudainement sa gorge jusqu'à l'étouffement. Les autres enfants ont eu peur, eux aussi, mais ce n'était pas à la même échelle, pas les mêmes conséquences. Cette angoisse lui semblait être le cri annonciateur de la fin d'une vie, de l'existence qu'elle ne voulait jamais voir s'éteindre. A cette pensée, qui s'était imposée d'elle même dans son esprit juvénile, elle perdit le contrôle de son corps. Ses jambes s'étaient raidis, la portant jusqu'à la porte de la salle et l'emmenant dans les couloirs qu'elle connaissait par cœur. Grâce à la panique générale dans la Salle de Jeux, personne ne l'avait vu filer. C'est à peine si elle réussissait à respirer, sifflante et désordonnée. Sa gorge n'avait semblé vouloir s'ouvrir que pour prononcer qu'un unique nom. Le nom de son héros d'enfance, que son père lui contait quelque fois, cet héros d'une autre époque qu'elle n'avait pu connaître jusqu'à aujourd'hui. Le seul, selon ces histoires, qui pouvait résoudre les pires problèmes, changer les destins et déjouer la fatalité. Oui, Luffy était le seul à pouvoir sauver son père de sa terrible peur.

Alors qu'elle essayait comme elle pouvait de reprendre son souffle entre deux sanglots, elle entendit un son métallique, celui du sabre qui fend l'air. Elle l'entendit trois fois, puis trois lignes se dessinèrent sur le mur, avant que le triangle formé ne s'effondre. La paroi en acier tomba au sol, laissant apparaître une silhouette au chapeau de paille. Luffy sortit de l'encadrement et s'avança lentement vers Zoya. Elle se releva lorsqu'il fut à sa hauteur, séchant ses larmes d'un coup de coude, mais celles-ci revenaient sans arrêt, agitées de sanglots. Elle voulait paraître forte et assurée, mais sa peur l'en empêchait. Le brun leva le bras, posant sa main sur le chapeau, cachant ses yeux.

« -Tu es sûre de ce que tu dis ? » demanda-t-il simplement.

A cette demande, les larmes disparurent, remplacées par l'exaspération.

« -J'en ai assez ! Personne ne me croit ! Tu crois que ça m'amuse ?! Je suis morte de peur et je ne suis pas un bébé ! Je suis pas venue vous chercher pour discuter mais pour que vous alliez sauver mon père ! Vous avez disparu pendant quinze ans et il a dû se débrouiller seul ! Alors si vous voulez lui prouver que vous n'êtes pas des boulets, c'est le moment ou jamais ! Et croyez-moi, si vous ne partez pas à sa rescousse, alors... »

Elle reprit son souffle, fatiguée par tout cela, une colère montant dans sa poitrine à l'idée que les pirates fassent marche arrière.

« -Alors je ne vous le pardonnerai jamais ! »

Elle regarda droit dans les yeux son aîné, les poings serrés, essayant d'être convaincante du haut de ces dix ans.

En face d'elle, le brun sourit de toutes ces dents. Un sourire franc, ni cynique, ni moqueur, accompagné d'un rire clair.

« -Bien sûr, qu'on va le chercher ton père ! » ajouta Luffy « Qu'il le veuille ou non, je suis encore son capitaine et son nakama, et je ne laisserai aucun de mes hommes mourir sans rien faire ! »

Les autres qui sortaient de leur ancienne cellule, lancèrent le même regard que le brun à la petite fille. Elle hocha la tête, essayant de mettre de côté son sentiment de contentement et d'excitation. Oui, ils étaient bien exactement comme dans les récits de son père, malgré l'époque.

« -Bien, suivez moi ! » dit-elle en essayant de cacher le sourire qui apparaissait au coin de ses lèvres « Il faut qu'on quitte l'Iceberg avant que quelqu'un n'arrive ! »


Après avoir couru quelques temps dans les couloirs de l'Iceberg, avec la grande chance de ne croiser personne -tous les occupants se trouvant soit à la machinerie, les dortoirs, le Cœur ou la Salle de Jeux- ils arrivèrent enfin au Port.

« -On y est ! » s'écria Zoya en s'arrêtant au ponton de fer « Il y a tous les navires et sous-marins de l'Iceberg ici ! »

C'était une énorme salle obscure, seulement éclairé par des lumières au plafond, bien trop haut pour que toute la salle soit bien visible. Des pontons de fer traversaient parallèlement la salle et, accrochés de chaque côté, s'y trouvaient des navires de sortes diverses, allant de la véritable machine de guerre au canot de sauvetage.

« -Y'a même le Sunny, c'est SUPEEEEEER ! » s'écria Franky.

« -Allez, tous dans le Sunny ! »continua le capitaine.

« -Non mais ça va pas?! » s'écria la petite « On peut pas y aller avec votre bateau ! Il est beaucoup trop voyant ! La Marine nous verrait immédiatement, avec toute l'armada du Buster Call ! »

« -On les explose ! »

« -On perdrait trop de temps ! » continua-t-elle « Il vaut mieux prendre un sous-marin ! »

« -Oui et comme ça les radars de la marine vous repéreront et ils vous balanceront une bonne vieille torpille. »

A cette voix, ils se retournèrent vers l'entrée du Port, où Morg était adossée contre le mur, son énorme cimeterre posé à côté d'elle.

« -Laissez-moi devinez » continua-t-elle « Vous avez fini par trancher le mur de la salle des archives comme des grands ou c'est la gamine qui vous a soufflés l'idée ? »

« -Morg ! » piailla Zoya « Comment as-tu su qu'on voulait s'enfuir ? »

« -Heu, je sais pas... » ironisa celle-ci, prenant une voix aussi agaçante que son interlocutrice « Peut-être l'énorme trou que vous avez fait dans le mur ? »

« -Morg » reprit la petite fille, déstabilisée par la présence de cette femme qui l'effrayait un peu « Il faut vraiment qu'on aille à l'île de Crow ! C'est dangereux, mais il faut qu'on sauve Papa, Marine ou non. »

« -Hé ben t'as de la veine ma petite » reprit la plus vieille en se dirigeant vers le ponton des sous-marins, traînant la lame de son arme au sol, dans un crissement désagréable « Parce que là, il n'y a plus de Marine. »

« -Hein ?! » intervint Ussop « Mais je croyais qu'il y avait un Buster Call ? »

« -Et nous aussi » poursuivit la bretteur, ouvrant l'écoutille d'un des sous-marins et en se glissant à l'intérieur « Mais on a eu une coupure quand Tick à perdu connaissance et lorsqu'on a eu de nouveau un visuel plus... Traditionnel, plus de trace d'un seul navire. L'installation technique a du prendre moins de deux minutes, soit loin d'être suffisant pour disparaître lorsqu'on est tout une flotte. »

« -Mais comment on-t-il pu faire cela ? Serait-ce de la sorcellerie ? » demanda Brook, un frisson le parcourant à l'idée de vivre une aventure paranormale.

« -Aucune idée, mais ce qui est sûr, c'est qu'on s'est fait berner et en beauté. Quelqu'un voulait attirer l'autre blond sur l'île de Crow sans se faire déranger et il a réussit. Faut croire que tu t'es pas trompée gamine, t'as sacrément raison de t'inquiéter pour ton paternel. »

Zoya déglutit, l'entendre de la bouche d'un autre était encore plus terrifiant. Elle aurait largement préféré que tout cela ne soit que le fruit de son imagination. La tête de Morg réapparu des entrailles de la machine flottante.

« -Le sous-marin est prêt » annonça-t-elle « Ça me fait mal au cul de l'admettre, mais vous ne serrez pas de trop là bas pour le combat. Bien sûr, je met une option sur le plus balèze qu'on trouvera dans ce trou à rat. »

Ainsi l'équipage au chapeau de paille monta dans le sous-marin, un peu à l'étroit, dirigé par la seconde de l'Iceberg. Mais lorsque ce fut le tour de Zoya de monter, Morg la repoussa vers le ponton.

« -Hopopop gamine ! On va pas à un parc d'attraction, tu restes ici ! »

« -Elle a raison, Zoya » dit d'un ton plus doux Robin, avant que l'enfant est le temps de répliquer « On va se battre là-bas, il ne vaut mieux pas que tu nous suive. Ce serait traumatisant pour toi de nous voir agoniser et mourir dans d'atroces souffrances. »

« -QUOI?! » sursauta Ussop, Brook et Chopper « Mais on veut pas mourir, nous ! »

« -Fermez là derrière. » balança le bretteur « Si vous mourez, c'est parce que vous êtes trop faibles. »

« -Ouais, tout comme l'autre. » dit simplement Morg avant de refermer l'écoutille et de se mettre au commande.

Nami pu simplement voir par le hublot, avant que l'habitacle ne plonge, la petite fille les regarder, impuissante, la mine inquiète.

Le sous marin s'enfonça dans les eaux du Port. Morg alluma les phares et l'on pu ainsi voir le fond du Port. Celui-ci possédait une large ouverture et la machine s'y glissa, rejoignant les eaux de l'océan.

« -Ca fait du bien, hein, de sortir de cette prison ? » ricana Morg en jetant un œil à l'équipage « Vous voici de nouveau dehors. »

« -On s'en fout ! Dépêche toi de nous emmener à cette île qu'on aille aider Sanji ! » répondit Luffy.

« -Commence pas à me donner des ordres, gamin » grogna-t-elle « Je suis déjà assez sympa de vous emmener. »

Elle regarda de nouveau devant elle, mettant les gaz. Elle avait du mal à cacher un sourire d'excitation. Depuis que les médecins avaient récupéré le gamin dans le Cœur, son sang n'avait cessé de bouillir dans ses artères. En face d'elle se trouvait un ennemi d'une envergure bien supérieure à celle de ceux qu'elle avait affrontés durant ces deux ans. Autant dire un combat largement plus excitant ! Ses muscles se contractèrent sur le volant de l'appareil, ses pupilles s'élargissant. Le combat allait être délicieux !

Et voilà la fin pour l'instant ! Promis, prochain chapitre, de la baston et vous comprendrez enfin qui est réellement Toinette ! J'espère que vous continuerez à apprécier cette fic, car j'y prend beaucoup de plaisir à la faire et je tiens beaucoup à cette histoire. Je vous fais donc un rapide bisous et un Alpakiss.

Vous ne savez pas ce que c'est un Alpakiss ? Mais voyons, c'est le bisou de l'alpaga, le cousin du lama, en plus chou (googlelisez le, et vous verrez!)

Tutoriel de l'Alpakiss : Coller votre annulaire et votre majeur ensemble. Posez le coussinet de votre pousse aux coussinets du duo. Levez vers le ciel votre index et votre auriculaire. Bravo ! Vous obtenez ainsi la tête d'un alpaga ! Faites alors un petit bisous sur le museau de votre alpaga et envoyez le vers votre voisin en scandant : Alpakiss !

C'est chouette hein ? Donc plein d'Alpakiss pour tout le monde !