Chapitre 12
Sam ôta l'édredon propre du fil à linge à l'extérieur et fit le lit, à peine consciente de chaque mouvement, alors même qu'elle lissait le tissu extérieur et rentrait soigneusement les coins dans le style militaire. Elle traversa la maison, fermant la nouvelle porte de sa chambre derrière elle, et s'arrêta remuer le ragoût dans le pot sur la cuisinière.
Quand il n'y eut rien d'autre à faire pour la garder occupée, au moins son corps, elle s'assit sur le banc près de la cheminée et fixa les petites flammes brûlantes. Son esprit filait, ne lui laissant pas un moment de répit depuis qu'elle était arrivée à la maison. Avant cela, en fait. Depuis plusieurs jours maintenant. Elle n'avait même pas été capable de se concentrer pour faire le compte-rendu de l'expérience qu'elle avait installée dans son labo.
Pour essayer de distraire son propre esprit rebelle, Sam regarda autour de la cabane pour faire quelque chose. Au cours des deux cycles depuis qu'elle et Jack s'étaient installés dans la petite cabane, elle avait subi beaucoup de transformations. L'espace n'était pas plus grand, mais se divisait en leur chambre et un espace de vie. Bien qu'il manquait beaucoup d'agréments d'une maison, Sam avait une pièce attenante juste pour le bain et une pièce qu'elle utilisait comme un labo de fortune. Elle avait rempli trois carnets depuis le jour où Jack lui avait offert le premier.
Jack semblait aimer faire les choses avec ses mains, quelque chose qu'elle n'aurait jamais pensé avant. S'il ne fabriquait pas ses pots en grès, il trouvait de nouvelles améliorations ou réparations à faire sur la cabane.
Sam grogna et pressa sa main sur son front.
Elle entendit ses pas sur le porche, et son ventre fit un drôle de mouvement. Sam sauta sur ses pieds, et immédiatement regretta le mouvement rapide. Elle eut à peine le temps d'agripper l'arrière du rocking-chair tout proche avant que la porte ne s'ouvre et qu'il entre.
« Coucou, ma belle », dit-il et traversa l'espace pour la prendre dans une étreinte chaleureuse et étroite. « Tu aurais dû venir avec moi aujourd'hui. Le temps était superbe. Aaroon et moi avons chevauché jusqu'au village voisin, et j'ai réussi à obtenir ce qui, je pense, se rapproche le plus près de l'acide chlorhydrique. C'est ce que tu voulais pour le prochain test, n'est-ce pas ? »
Sam hocha la tête, sa voix brusquement partie.
« Bien. » Il posa son cartable en cuir sur la table. « Le type qui tient le magasin d'échange à Rena Valley veut que je lui fasse un lot d'assiettes et de bols et d'autres trucs. Il échangera avec tout ce que j'ai besoin et que je ne peux pas avoir ici à Calla Hills. »
Sam sourit, écoutant l'excitation dans la voix de Jack. « C'est merveilleux », réussit-elle à dire.
Jack s'arrêta, une bouteille ambrée de quelque chose dans sa main, et la regarda. Avec ses yeux sombres entraînés à lire en elle, Jack posa la bouteille et s'avança vers elle. Le ventre de Sam se retourna et sauta comme une poignée entière de haricots sauteurs mexicains, et elle essaya de cacher le tremblement de ses mains en les agrippant ensemble devant elle.
« Sam… »
« Quoi ? »
Il sépara doucement ses mains et les tint levées, les regardant. Elle essaya, avec tous les muscles de son corps, de retenir le tremblement suivant mais cela ne fonctionna pas. Alors qu'il inclinait son menton, et que son regard s'accrochait au sien à nouveau, Sam mordit violemment sur sa lèvre inférieure.
'Ceci devrait être plus facile !'
« Sam… qu'y a-t-il ? »
Elle lança ses bras autour de son cou et enfouit son visage contre son épaule, les larmes qui avaient menacé de tomber toute la journée coulèrent comme un torrent. Ce qui n'avait absolument aucun sens. Elle n'était pas triste. Elle n'était pas bouleversée. Mais les larmes vinrent tout de même. Jack caressa son dos et chuchota doucement dans son oreille.
Quand finalement elle sentit qu'elle avait repris un certain contrôle, Sam se recula et essuya ses joues avec ses doigts. Jack tenait ses épaules, la regardant avec une expression sombre.
« Je vais bien. »
Jack s'éloigna juste le temps de lui apporter un mouchoir depuis la chambre pour qu'elle essuie ses yeux. Mais alors même qu'elle séchait ses joues, il se tenait tout près avec ses mains sur sa taille et son regard sombre sur elle. Elle pouvait seulement imaginer ce qu'il pensait. Puisque Sam n'était pas vraiment le type de femme à s'effondrer pour un oui ou pour un non. Elle rit doucement, ce qui troubla vraiment Jack.
« Je ne vais pas devenir folle, si c'est ce que tu penses. »
Ses sourcils s'élevèrent très haut. « Je ne sais pas quoi penser. »
Sam soupira et sourit, regardant dans ses yeux. 'Dieu, elle l'aimait.' « J'ai retourné dans ma tête toutes les manières que je peux… pour te dire… mais je ne savais pas -- ne sais pas -- nous n'avons simplement jamais… »
« Sam, pour l'amour du ciel ! Crache le morceau ! »
Sam respira profondément et redressa ses épaules. « Je suis enceinte. »
La bouche de Jack s'ouvrit et ses yeux s'écarquillèrent, ses sourcils se soulevant en un arc de surprise. « Qu…oi ? »
« Enceinte. »
Ses mains tenaient soudain sa tête, et ses lèvres sur les siennes dans un baiser qui était un mélange enivrant de douceur et d'intensité. Sam se blottit contre lui, laissant ses bras la supporter et être sa force. Alors il l'entoura de ses bras et enfouit son visage dans son cou. L'étreinte lui rappelait la mission quand il avait été congelé dans le labo de Hathor, et comment il l'avait tenue après être sorti du froid farouche et exigent. Elle n'avait jamais pensé un seul moment à le repousser.
« Oh. Dieu. Sam », dit-il contre sa peau, sa voix rauque et épaisse. « Je t'aime. »
Sam caressa ses cheveux et embrassa sa tempe. Ils se tinrent ensemble dans les bras l'un de l'autre pendant un long moment.
oOoOoOoOo
« Le diagnostique est complet, mon Général », dit le Sergent Siler depuis l'encadrement de la porte du bureau de Jack, où le Général Hammond avait temporairement élu domicile.
« Avez-vous trouvé quelque chose ? » demanda Daniel avant que le Général Hammon ait une chance, puis il haussa les épaules et leva une main pour s'excuser. « Désolé. »
Hammond hocha la tête, mais personne ne souriait. « Rapport, Sergent. »
Siler soupira et ses épaules se baissèrent. « Je suis désolé, messieurs. Ca n'a rien donné. Tous les programmes fonctionnent parfaitement bien. Rien n'a changé dans le système pour affecter notre capacité à composer une adresse. »
« Merci, Sergent », dit le Général Hammond, et tapota ses doigts sur le calendrier de bureau de Jack moucheté d'encre.
« Général, puis-je juste lancer une idée en l'air ? » demanda Daniel, se redressant de sa position affalée dans son siège 'habituel'.
« Bien sûr, Docteur Jackson. »
« Il y a des sauvegardes sur le réseau, n'est-ce pas ? Pour nous empêcher de composer en outrepassant certaines conditions. Sam les a cassées autrefois. Et si nous essayions maintenant ? »
« Oui, et la dernière fois qu'elle l'a fait nous avons presque détruit une planète. »
Daniel grimaça. « Ouais, il y a ça… »
« Monsieur, vous soupçonnez que l'Orn…Orn… »
« Ornorean. »
« Cet Ornorean est responsable, et c'est un phénomène naturel ? »
Daniel hocha la tête.
« Avez-vous une idée, Sergent ? » demanda le Général Hammond.
« Je n'en suis pas sûr, monsieur. Mais ça pourrait être aussi simple qu'une tempête électrique et la porte ne veut pas se connecter à cause de l'accroissement du niveau d'énergie. Si nous outrepassons la sauvegarde, cela pourrait peut-être au moins nous laisser établir une connexion. Je ne suggérerais pas un voyage à travers la Porte, mais nous pourrions être capable de les contacter par radio et de mieux estimer la situation. »
Le Général Hammond acquiesça. « Voyez ce que vous pouvez faire, Sergent. »
Le Sergent Siler hocha sa tête et quitta le bureau. Daniel retomba en arrière sur son siège et frotta son front avec ses doigts, échouant misérablement à cacher son bâillement. Il jeta un coup d'œil à l'horloge. Il n'était même pas encore neuf heures, mais il se sentait comme si quelqu'un s'était servi de lui pour frapper une cloche toute la journée.
« Docteur Jackson, j'ai toujours eu la plus grande confiance dans les capacités de mon équipe phare », dit le Général Hammond après quelques instants. « Que ce soit en vous quatre ensemble ou une partie de vous. Comparativement parlant, ceci semble être une des situations les moins dangereuses dans laquelle le Général O'Neill et le Colonel Carter ont été impliqués. Ma foi est toujours intacte. »
Daniel hocha la tête et sourit. « Merci, monsieur. »
oOoOoOoOo
