- Harry !

Quelqu'un l'appelait dans son sommeil mais trop fatigué, il ne bougea pas d'un poil.

- Harry bordel ! Il est 7h30 ! Réveille-toi !

Se réveiller? Pour quoi faire? Il préférait assurément dormir.

- Bon ben aux grands maux les grands moyens! Paix à mon âme! AQUA.

Une tonne d'eau s'abattit sur le pauvre Harry qui se réveilla en sursaut et totalement trempé. Son air ahuri fit se marrer Blaise qui était, soit dit en passant, le coupable de ce crime ignoble.

Harry le regarda longuement tandis que Blaise n'arrivait pas à calmer son fou rire.

- Blaise.

Harry utilisait la voix doucereuse que prenait Rogue pour faire peur aux élèves. Face à la parfaite réplique de Rogue, Blaise s'arrêta de rire et commença légèrement à être inquiet.

- Blaise. Si j'étais toi, je commencerais à courir VITE ET LOIN!

Les derniers mots littéralement criés furent un électrochoc pour Blaise qui se mit à courir comme si sa vie en dépendait, ce qui était certainement le cas au vu de l'air menaçant d'Harry.

Il courut dans la salle commune et finit par tomber sur Pansy. Dieu qu'il ne l'avait jamais autant aimée que maintenant.

L'étonnement qui la prit fut vite changé en amusement quand elle vit un Harry trempé et ressemblant à un chaton en colère apparaitre.

- Oh alors c'était pour ça? Peut-être que tu la mériterais ta correction, Blaise. Enfin, dans ma grande mansuétude je te protègerais. Bien Harry je pense que tu devrais t'habiller. Non, non pas besoin de me lancer ton regard noir que je crains terriblement en passant. C'est pour ton bien!

Harry oublia momentanément sa colère et trouva que Pansy était fort maternelle. Ce n'était bien sûr pas pour lui déplaire vu que ses parents étaient morts et que son oncle et sa tante étaient tout sauf maternels. Il faillit lâcher un "oui maman" mais se ravisa en se disant qu'elle savait aussi piquer des colères monumentales.

Blaise passa prudemment à côté de lui et lui demanda d'une voix inquiète.

- Tu m'en veux pas hein vieux ? C'était juste pour te réveiller.

Harry lui jeta un regard noir puis lui sourit

- Bien sûr que non Blaise, tu me connais.

Mais justement, Blaise le connaissait et pouvait aisément dire que quand Harry était en colère contre quelqu'un, il avait la rancune tenace. Il se promit d'ailleurs de rester sur ses gardes pour la journée et les semaines à venir.

Harry alla se préparer pour son premier cours de la journée : Potion avec les Gryffondors. Ça promettait d'être amusant. Après s'être apprêté, ils descendirent dans la Grande Salle mais Weasley et Granger leur barrèrent le passage.

Une furie brune fonça alors sur Harry en criant : « Pourquoi t'as fait ça Harry? » Harry eut le réflexe de faire un pas de côté ce qui eut pour effet de faire s'encastrer Hermione dans le mur. Lorsqu'elle tourna la tête vers lui, elle lui rappela étrangement Pattenrond et sa face écrasée.

- T'es complètement tarée Granger. Et j'aimerais que tu arrêtes de m'approcher.

Il eut alors le déplaisir de voir sa lèvre inférieure trembler et ses yeux se remplir de larmes.

- Mais pourquoi tu m'appelles Granger ? Je croyais que j'étais ta meilleure amie.

Harry eut un sourire méprisant et s'approcha d'elle. Il s'accroupit pour se mettre à sa hauteur et lui dit : "écoute-moi bien HERMIONE. C'est vrai, il y a un temps où je te considérais comme ma meilleure amie." Elle lui fit un sourire émut. "Mais sache que ce n'est plus du tout le cas et que je préfèrerais être ami avec un arbre plutôt que d'être ami avec toi."

Elle perdit son sourire et sa lèvre recommença à trembler.

- Tu m'as lâchement abandonné alors que j'avais besoin de toi. Alors maintenant tu me lâche et tu m'oublie ok ?

Il se détourna d'elle alors qu'elle se mettait à pleurer et reprit son chemin vers la Grande Salle quand un poing lui frôla le nez. Il regarda le propriétaire du poing qui était un Ron vachement rouge.

- Tu te prends pour qui pour lui parler comme ça ? On t'a accueilli à bras ouverts et c'est comme ça que tu nous remercies ?

Harry le regarda s'exciter sans rien dire, attendant qu'il se taise enfin.

- Je me prends pour qui ? Attends, laisse-moi réfléchir. Je me prends pour le dernier survivant des Potter qui, au lieu d'être traité en héros a été placé dans une famille de moldus méprisables. Tu sais ce que ça fait d'être haï par la seule famille qu'il te reste ? Et d'être trahi par les seules personnes en qui tu avais confiance ? Non ? Alors Weasel tu sais pour qui je me prends ? Pour moi-même. Et puis on ne peut pas dire que tu aies vraiment été le meilleur ami du monde tout au long de ces années. Celle qui m'a le mieux accueilli c'est ta mère alors tu la boucles et tu dégages.

Weasley le regardait bouche grande ouverte comme s'il n'en croyait pas ses oreilles. Harry lui lança un dernier regard noir et entra enfin dans la Grande Salle plus silencieuse que jamais après cette rupture du Trio d'Or.

Il se mit à manger quand Dumbledore s'avança vers lui. Harry l'ignora et continua son repas malgré les raclements de gorge insistant du directeur.

- Harry, pourrais-tu me suivre dans mon bureau je te prie.

Harry, fit comme si il n'avait rien entendu et continua à manger. Le vieux fou fronça les sourcils.

- Harry je t'ai parlé.

Les pensées intérieures d'Harry se résumèrent à : « moi aussi je t'ai longuement parlé mais tu ne m'as jamais écouté, connard ». Suite à la non-coopération d'Harry, Dumbledore s'énerva.

- Tu vas me suivre de gré ou de force, mon garçon. Je n'apprécie que modérément le manque de respect.

Il lui saisit le bras mais retira sa main tout de suite en constatant qu'il s'était brûlé. Harry releva la tête, les yeux brillants de rage.

- Ne me touchez pas.

Il avait parlé d'une voix tranchante et extrêmement glaciale.

- De tous ceux que je hais vous êtes celui que j'exècre le plus. Votre air de gentil grand-père ne marche plus avec moi. Il va falloir vous trouver un autre pigeon pour sauver vos miches du Grand et méchant Voldemort.

Pour bien illustrer son propos, toutes les vitres et tous les verres de Poudlard explosèrent sous le flux intense de magie. Tous les élèves, sauf les Serpentards, reçurent des éclats de verre dans le visage. Harry sortit de la Grande Salle à grands pas en étant toujours furieux.

Il marcha longtemps puis arriva dans la forêt interdite où sa colère retomba.

- Et merde jura-t-il tout haut.

Il n'aurait pas dû s'énerver comme ça. Les conséquences allaient être désastreuses pour lui. "Bof tant pis" pensa-t-il "ça pourrait être pire non?"

Il venait tout juste de penser ça quand une alarme se mit à sonner. "Il manquait plus que ça" pensa-t-il. Il reprit sa route en marchant. Il savait parfaitement que courir ne servirait à rien vu qu'il n'était pas sous protection. Il arriva dans le parc de Poudlard et fut encerclé par une dizaine de Mangemorts. Il soupira et attendit patiemment que la plus grande Drama Queen du XXe siècle se décide à faire son show. Perdu dans ses pensées où Voldemort portait une étrange perruque et des vêtements de cuir, il ne vit pas l'homme se placer devant lui.

Il releva la tête en sentant une ombre et oublia tout, jusqu'à son nom. Devant lui se tenait un homme absolument canon. Il était grand, environ 1m90, et avait de longs cheveux bruns qui lui arrivaient en-dessous de l'épaule. Il avait une bouche bien dessinée où se dessinait un sourire ironique, des pommettes hautes et le tout couronné de magnifiques yeux d'un rouge carmin.

Une minute. Rouge carmin? Harry se tendit en se disant que rouge carmin équivalait à Voldemort et équivalait également à sortilège Doloris s'il restait planté à le mater.

- Tiens, salut cher ennemi, la forme ? Il fait beau aujourd'hui, n'est-ce pas ? Beau temps pour attaquer Poudlard.

Le sourire ironique de Voldemort s'accentua quand il se mit à tourner autour d'Harry.

- Et bien Potter, que fais-tu ici, tout seul, à la portée de ton ennemi le plus cher.

Harry sourit.

- Oh, vous savez, la routine quoi. Et mes priorités ont changées. J'ai la tristesse de vous annoncer que vous n'êtes plus mon ennemi le plus cher. Dumbledore vient de remporter cette place.

Le sourire ironique se transforma en un grand éclat de rire. Les Mangemorts semblèrent stupéfaits en voyant leur patron se bidonner. Il avait pété une durite ou quoi ? N'était-il pas censé essayer une nouvelle fois de le tuer au lieu de limite se tordre de rire aux pieds de son ennemi.

Voldemort reprit son sérieux et essuya les petites larmes qui avaient perlé au coin de ses yeux. Il regarda ensuite Harry avec un sourire presque heureux.

- Si on m'avait dit que le toutou et accessoirement arme du bienheureux Dumbledore avait enfin ouvert les yeux, je ne l'aurais pas cru.

Harry sourit ironiquement. Il ne pouvait que se blâmer lui-même de cette hideuse appellation.

- J'ai appris des choses sur mon si bon et gentil maitre. J'en ai tellement appris que j'ai décidé de mordre la main qui me nourrissait et de m'enfuir.

Le Lord parut ravi de la métaphore et ordonna à ses sbires de ranger leurs baguettes.

- Qui l'eut cru ? Et qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?

Harry sourit tristement.

- Que j'étais une arme dans un combat que je n'avais pas choisi. Franchement, croire une vieille siphonnée disant que vous deviez me zigouiller n'était peut-être pas la meilleur idée du siècle, sans offense pour vous. Vous auriez pu juste décider de ne pas y croire et me laisser grandir dans une famille aimante. Enfin, ça été votre choix. Le mien est de choisir de ne pas mener cette guerre ou du moins pas contre vous. J'ai décidé de me révolter et de choisir moi-même ce que je veux faire.

Voldemort sembla dans un premier temps abasourdi puis il sourit sadiquement.

- En clair, tu m'expliques que je ne vais plus devoir te courir après pour enfin avoir le monde sous ma coupe. Je crois que c'est la meilleure nouvelle qu'on ne m'ait jamais annoncée. Mais que vas-tu faire dans ce cas ? Vas-tu me rejoindre ?

Harry secoua la tête.

- Je ne sais pas. Il faudra que j'y réfléchisse. Tout s'est fait rapidement et je vais devoir m'habituer aux nombreux changements que je viens d'instaurer. Pour l'instant, je suis neutre. Vous pouvez me considérer comme la Suisse.

Harry fit un clin d'œil à Voldemort tout en disant ça et celui-ci laissa échapper un nouvel éclat de rire.

- Magnifique. Et bien soit, je te laisse tranquille pour le moment.

Il se tourna ensuite vers ses Mangemorts qui avaient écouté l'échange la bouche ouverte sous le choc.

- Vous avez entendu ? La chasse au Harry Potter est désormais finie. Nous allons à présent nous concentrer sur la destruction de Dumbledore. On rentre au manoir.

Et tandis que les Mangemorts transplannaient en direction du Manoir Jédusor, Voldemort lança un dernier regard rouge sang à Harry qui ne put que lui faire signe en retour, un sourire aux lèvres et un poids sur les épaules en moins.