- Oh allez Harry, dis-nous pourquoi tu souris comme ça ! On dirait que tu as enfin rencontré l'amour de ta vie.

Intervention de Blaise hautement utile car depuis près d'un quart d'heure, Harry ne cessait de sourire en repensant à la conversation civilisée qu'il avait eu avec Voldemort. Il ne put s'empêcher de rire quant à l'utilisation du terme « amour de sa vie ». Il se dit qu'après tout, il pouvait leur dire.

- Bon, comme vous l'avez remarqué, après ma petite « démonstration » je suis parti me calmer. Évidemment, il a fallu que je sorte des protections de Poudlard et je me suis retrouvé en tête-à-tête avec un groupe de Mangemorts.

Il vit ses amis devenir blancs et se jeter des regards significatifs. Ne comprenant pas pourquoi, il se promit de les interroger plus tard et continua son récit.

- Puis Voldemort est arrivé et pour une fois, il n'a pas tenté de me tuer sans même un mot. Donc il m'a demandé ce que je faisais là et je lui ai expliqué que je me retirais de cette guerre ce qui voulait dire qu'il a désormais le champ libre pour son plan de conquête. Le plus drôle c'est que ça l'a fait marrer, comme quoi, il n'est pas très net, mais il a accepté de me laisser tranquille désormais.

Il vit ses amis soupirer de soulagement et ils le serrèrent tous dans leurs bras.

- Bon les gars, va falloir m'expliquer là. Vous semblez vraiment bizarres.

Pansy fut celle qui lui expliqua la situation.

- Tu sais Harry, nous vivons tous dans une famille de Mangemorts, maintenant que tu te retires, on peut te le dire, et nous serons un jour appelés à servir le Lord. Cela nous fait chaud au cœur et nous rassure de savoir que nous ne devrons jamais nous battre contre toi.

Harry resta ébahi. Il n'avait jamais pensé que son amitié aurait pu être synonyme de danger pour les seuls véritables amis qu'il avait. Il ne put que soupirer.

- C'est vraiment dur d'être moi.

Ses amis le regardèrent avec tendresse et ne purent s'empêcher de le câliner.

- Allez, ça aurait pu être pire. Tu aurais pu être Ron Weasley ou Neville Longdubat.

Tous frissonnèrent d'horreur. Harry repensa à une chose.

- Vous saviez que Voldemort a retrouvé un corps décent ? Tellement décent que j'en croquerais bien un bout.

Ce dernier point dit avec un air rêveur laissa les autres sans voix. Blaise reprit cependant plus vite ses esprits et le regarda d'un air canaille.

- Et bien Harry, tu ne nous as jamais dit que tu aimais les hommes bien bâtis. Je peux te faire découvrir l'amour si tu veux.

Harry et les autres explosèrent de rire sous le sourire amusé de Blaise. Harry se reprit difficilement et finit par essuyer les larmes au coin de ses paupières.

- Tu ne peux pas passer 5 ans dans le même dortoir que Seamus Finnigan sans même envisager la chose.

Théo eut alors l'air intéressé.

- Finnigan ? Le petit brun ? L'irlandais ? Tu me le présentes Harry ?

Harry lui sourit.

- Si tu veux Théo mais attends-toi à de belles surprises.

Ils sortirent de la Salle Commune pour se diriger vers la Grande Salle quand ils se firent intercepter par Rogue qui s'adressa à Harry.

- Et bien monsieur Potter, vous nous en avez fait une belle ce coup-ci, chapeau bas.

Harry ne put s'empêcher de lui adresser une courbette sous l'œil amusé du Maitre des Potions.

- Au fait, notre cher et adoré directeur souhaiterait vous voir dans son bureau.

Et il partit dans un mouvement de cape. Harry salua ses amis et se rendit vers les appartements du directeur. Arrivé devant la gargouille, il resta bien bête en se rendant compte que Rogue ne lui avait pas donné le mot de passe. Il pesta contre le directeur et se mit à patienter. Au bout d'un quart d'heure, sur les nerfs et affamé, il envoya le directeur au diable et se dirigea vers la Grande Salle.

Arrivé là, il ne put empêcher un « connard » venimeux de franchir ses lèvres. Dumbledore était tranquillement installé à la Table des Professeurs et le regardait d'un air satisfait. Tellement furieux, Harry ne put empêcher sa magie de s'échapper et celle-ci rendit la longue barbe de Dumbledore bleu électrique. Harry s'assit finalement à sa table avec un sourire satisfait que Dumbledore ne comprit pas jusqu'à ce que MacGonnagall ne lui en fasse la remarque.

Harry s'assit devant Drago et tilta quand il vit une tête inconnue mais familière.

- Bonjour, je suis Harry Potter, tu es nouveau ?

L'autre lui lança un regard étrange qui mit Harry légèrement mal-à-l'aise.

- C'est bien de pointer l'évidence. Je m'appelle Thomas Morenvol.

Et l'autre l'ignora ni plus ni moins laissant Harry ébahi par tant de courtoisie. Harry secoua la tête en marmonnant un « pauvre type » que l'autre entendit parfaitement. Ce qu'Harry ne vit pas, c'est le sourire amusé qu'arborait Thomas.

Au fil des jours, Harry ne put s'empêcher de fixer Thomas en se demandant d'où il le connaissait. Les autres le charriaient en lui demandant si il était si attiré par ce nouveau. Harry ne démentait pas mais n'acquiesçait pas non plus.

Il eut alors la révélation du siècle quand il entendit Thomas ricaner et marmonner « stupide sang-de-bourbe » alors que les Serpentards avaient un cours commun de Potions avec les Gryffondors et qu'Hermione Granger venait d'être remise à sa place par Rogue.

Thomas se tourna vers Harry qui le regardait la bouche légèrement ouverte sous le choc et posa un doigt pour ses lèvres pour lui intimer le silence. Harry hocha la tête et fut récompensé par son silence quand Thomas lui envoya un papier où il lui avait écrit de le retrouver dans les toilettes de Mimi Geignarde.

Harry prit congé de ses amis et se rendit au 2e étage, royaume de Mimi Geignarde. Il vit que la Chambre des Secrets était ouverte et si engagea sans hésiter. Il finit par arriver dans la haute pièce souterraine qui abritait la statue de Salazar Serpentard et la dépouille du Basilic. Il sourit ironiquement en pensant que c'était au même endroit qu'il avait combattu Voldemort 3 ans auparavant. Voldemort qui se trouvait justement installé sur un canapé moelleux et qui lui fit signe de le rejoindre.

Harry s'approcha sous le sourire amusé de Thomas.

- Et bien, je vois que tu as un bon esprit d'analyse Harry. Qui eut cru que tu me démasquerais.

Harry prit le temps de s'installer et de l'observer.

- En même temps, les indices étaient quand même flagrants. Le nom de famille : Voldemort, Morenvol, le visage : moins reptilien, d'ailleurs, comment se fait-il que vous ayez retrouvé votre apparence d'antan ?, et pour finir cette haine des nés moldus par vraiment cachée. Mais ce que je ne comprends pas c'est la raison pour laquelle vous êtes là. Dumbledore vous manquait tant que ça ?

Thomas ne put empêcher un éclat de rire de passer la barrière de ses lèvres.

- C'est bien ce que je dis, bon esprit d'analyse. Plus que certains de mes Mangemorts.

Il retrouva son sérieux et détailla Harry à son tour.

- Commençons par la raison pour laquelle je suis ici. Je pense qu'un de mes Mangemort, autre que Séverus, est un espion pour le compte de Dumbledore et je veux savoir qui. Et pour cela, quel autre meilleur moyen que l'infiltration dans le camp ennemi ? Puis Poudlard me manquait. Il a longtemps été ma seule maison et aujourd'hui encore je pense à lui avec nostalgie.

Harry comprit parfaitement ce que Thomas voulait dire. Il ressentait la même chose. Thomas continua son explication.

- Le fait que j'ai enfin retrouvé mon apparence, je devrais te punir pour me l'avoir fait perdre, résulte d'un rituel de Magie Noire avancée et d'une potion que ce cher Séverus m'a préparé. Pour la jeunesse, encore une potion.

Harry ne pouvait qu'hocher la tête, admiratif. S'il avait été à sa place, il n'était pas sûr qu'il aurait fait la même chose. Mais il n'était pas à sa place donc l'affaire était close.

- Je pense que tu peux me tutoyer. Après tout, ici je ne suis que Thomas Morenvol. Bon, et si tu me parlais de toi Harry.

Au final ils racontèrent tous les deux leur vie pendant un bon moment, ne voyant pas le temps passer et finirent par émerger de leur transe en se rendant compte qu'ils devaient se dépêcher de remonter dans leur Salle Commune avant le couvre-feu.

Ils arrivèrent dans la Salle Commune qui avait été dépouillée de ses meubles pour laisser un espace dégagé au centre et permettre aux Serpentards de faire la fête sans se cogner dans les meubles. Quand Harry demanda à Drago ce que ça signifiait, celui-ci râla pour la forme qu'Harry ait disparu des heures puis lui expliqua de bonne grâce que c'était pour fêter leur arrivée, à Thomas et à lui, à Serpentards.

Harry sourit en se disant que la soirée et la nuit s'annonçaient agitées.