Harry se réveilla avec une gueule de bois monumentale. En tout cas, c'est ce que les mariachi chantant sous son crâne lui disaient. Il se rappelait à peu près de ce qui s'était passé la veille. Blaise dansant sur une table et finissant par se ramasser, Drago embrassant langoureusement Pansy, Théo le suppliant de lui présenter Seamus et lui… Mais qu'avait-il fait ? Puis il se souvint qu'il avait passé la soirée à flirter avec Thomas. Ou plutôt, l'alcool aidant, il avait passé la soirée à raconter sa vie à Thomas en la lui chuchotant au creux de l'oreille, un bras passé autour de ses épaules. Harry se sentit honteux de lui-même mais se rassura en se disant que Thomas n'avait pas eu l'air plus dérangé que ça. Il lui avait même passé un bras autour de la taille.
Harry sourit mais grimaça quand il se rendit compte qu'un bras était passé autour de sa taille. Priant tous les deux pour qu'il n'ait rien fait qu'il pourrait regretter, il se retourna pour prendre connaissance de l'identité de la personne. Quelle ne fut pas sa surprise en constatant que c'était Thomas et de remarquer que celui-ci le regardait.
Harry piqua un fard et tenta de reprendre contenance.
- Heu… Salut. J'espère que je n'ai rien fait de… Enfin tu comprends.
L'autre le regarda s'embourber dans ses explications.
- Non mais tu vois, j'espère que je n'ai pas fait la trainée.
Fort de cette déclaration, Harry ne put s'empêcher de rajouter.
- Non mais parce que je ne suis pas une fille facile.
Ils se regardèrent d'un air circonspect puis Harry soupira.
- Ça n'est pas sorti exactement comme je le voulais.
Thomas ne put que rire.
- Ne t'inquiète pas, ta vertu est sauve. Tu étais juste tellement cuit que j'ai préféré te mettre dans mon lit, au cas où tu aurais eu besoin d'aide.
Harry acquiesça et chercha une bonne position tout en pestant contre la migraine qu'il sentait pointer. Il poussa un léger soupir de bien-être quand Thomas se replaça contre lui et s'endormit à nouveau.
Il fut à nouveau réveillé mais de manière beaucoup plus brutale quand Blaise se mit à crier qu'ils devaient tous se lever car ils allaient être en retard pour les cours. Harry sentit Thomas se lever mais il s'enfuit sous les couvertures en espérant qu'on l'oublierait. Espoir qui fut de courte durée quand il sentit qu'on lui retirait la couverture. Frissonnant et bougonnant, il fut bien obligé de prendre la direction de la salle de bains pour se préparer.
Quand les Serpentards entrèrent dans la Grande Salle, tous purent voir qu'ils avaient passé une nuit agitée. Même le grand, le beau, le noble et survivant Harry Potter. Outre les Gryffondors qui prenaient son départ pour une trahison, les autres maisons ne savaient pas quelle attitude adopter face aux Serpentards. Elles se dirent qu'elles verraient avec le temps et continuèrent leur déjeuner dans la bonne humeur.
Harry s'assit et regarda brièvement la table des professeurs tout en se servant un jus de citrouille. Tout avait l'air normal : Dumby buvait son jus de citrouille, Rogue avait l'air sévère et Ombrage gobait les mouches... Une minute. Ombrage gobait les mouches ? Harry ne put que se demander ce que ce crapaud faisait là quand Dumbledore se leva et prit la parole.
- Chers élèves, j'aimerais que vous fassiez un très bon accueil à votre nouveau professeur de Défenses Contre les Forces du Mal, Madame Dolorès Ombrage.
Celle-ci lui sourit et s'avança pour faire face aux élèves.
- Merci Albus. Sachez que c'est un grand plaisir pour moi de revenir à Poudlard et de pouvoir y enseigner. Je suis surtout ici pour voir le fonctionnement de cette école et j'espère sincèrement que je n'aurais que des choses positives à dire à notre ministre.
Il y eut quelques applaudissements polis et Harry ne put s'empêcher de soupirer. Il sentait que cette année allait être riche en événements.
La journée suivit lentement son cours avec une intervention hautement intelligente de Ron qui put enfin connaitre la sensation de voler. Pour l'instant, Harry était en train de se promener au septième étage. Perdu dans ses pensées, il passa devant la tapisserie de Barnabas le Follet et ses trolls et ne remarqua pas qu'une porte venait de se créer dans le mur. Son attention fut attirée quand il entendit un léger grincement. Prenant son courage et sa baguette à deux mains, il poussa la porte et se retrouva dans une pièce étrange. Il y avait de nombreux objets et le tout formait un bric-à-brac où il aurait été facile de se perdre.
Cependant, Harry s'avança en scrutant la pièce. Il finit par arriver dans un endroit plus dégagé et sursauta en remarquant qu'une femme était assise sur un des fauteuils présents.
- Heu… Bonjour. Désolé de vous déranger.
Elle lui fit un sourire doux et l'invita à s'approcher.
- Mais je t'en prie Harry. Je suis justement là pour toi. Approche !
Surpris qu'elle connaisse son nom, il s'avança néanmoins et s'assit en face d'elle. L'inconnue lui sourit à nouveau et le détailla.
- Tu ressembles vraiment à ton père ! Mais tu as les yeux de ta mère. Quel plaisir de te voir !
Harry se sentit perdu. Cette femme connaissait ses parents mais il ne la connaissait pas.
- Oui, on me le dit souvent. Je vais sans doute paraitre impoli mais qui êtes-vous ?
Elle eut l'air de vouloir le prendre dans ses bras mais se retint.
- C'est une bonne façon de commencer. Je m'appelle Marie et suis ici pour te parler de ton héritage. Pas celui de James et Lily mais un héritage plus puissant.
Harry eut l'air perplexe.
- Un héritage ne venant pas de mes parents ? Mais de qui vient-il alors ? Et qu'est-ce que c'est ?
Elle rit devant son empressement.
- Une chose à la fois, Harry.
Elle sembla se rappeler d'une chose importante.
- Oh, je dois te présenter mes condoléances. Les Dursley sont morts.
Harry sembla abasourdi. Ils n'aimaient pas sa famille mais ça faisait quand même un choc que ceux qui l'avaient élevé, si on peut appeler ça élever, soient morts. Il se sentit néanmoins soulagé. Désormais, il ne serait plus le souffre-douleur de Dudley et il ne serait plus traité comme un moins-que-rien.
- Morts ? Que s'est-il passé ?
- Et bien, tes Gardiens ont appris la façon dont tu as été traité et ils n'ont pas apprécié. Ils ont donc décidé de te venger et voilà le résultat.
Harry eut l'impression de ne pas comprendre ce qu'elle disait. Des gardiens, un héritage ? Et si elle s'était trompée ?
- Ne le prenez pas mal mais vous êtes sûre qu'il s'agit de moi ? Je veux dire, ok j'ai détruit Voldemort alors que je n'avais qu'un an mais à part ça je suis un garçon banal. Je ne sais même pas ce que sont des gardiens. Outres ceux d'Azkaban s'entend.
Elle eut un sourire triste et doux à la fois.
- Oh Harry. Je suis désolée, j'avais oublié que tu ne connaissais presque rien du monde magique. Et pour répondre à ta question, je ne me trompe pas de personne. D'ailleurs tu n'es pas un garçon banal, Harry.
Elle prit une inspiration.
- Une fois par siècle nait un enfant aux grands pouvoirs. Cet enfant devient alors l'espoir pour toutes les créatures magiques de pouvoir enfin être libres et en harmonie avec les sorciers. Mais jusqu'ici, ce n'est jamais arrivé. L'enfant précédent était Salazar Serpentard et on sait tous ce qu'il a fait. Tu dois savoir que tu es cet enfant. Et que c'est la raison pour laquelle tu as résisté au sort de Voldemort. C'est aussi la raison pour laquelle tu es au cœur d'une guerre qui dure déjà depuis longtemps. Dumbledore te voulait pour s'assurer sa suprématie sur les créatures magiques. Et quand Voldemort a entendu parler de cela, il a également voulu t'avoir de son côté. Mais c'était pour s'assurer que les créatures magiques pourraient vivre. On dit qu'il t'a lancé le sortilège de mort mais je n'en suis pas si sûre. Il existe un sort pour brider les pouvoirs de cet enfant et ainsi lui assurer une vie normale jusqu'à sa majorité. Je pense que Voldemort a tenté de te lancer ce sort mais ta puissance était telle qu'elle l'a réduit à néant. Cependant, il a réussi à lancer ce sort malgré tout.
Harry la regardait plus qu'abasourdi. Elle était en train de remettre toute sa vie en question juste avec une légende. Il amorça un geste pour se relever quand elle reprit la parole.
- Je sais que tout ça te semble fou et je suis désolée de venir te bousculer maintenant mais tu dois savoir Harry ! Tu es de moins en moins en sécurité au fur et à mesure que tu grandis. Tu as besoin de tes gardiens. Ils te protègeront contre les mauvaises personnes.
Harry soupira et se rassit tout en se prenant la tête dans les mains.
- Vous êtes sûre de ce que vous me racontez ? Ce ne sont pas des histoires pour m'obliger à choisir un camp ?
Elle le regarda tristement.
- Malheureusement non, Harry. C'est bien plus qu'une histoire de camp.
Il soupira à nouveau et se cala dans son siège.
- Si j'ai bien compris, vous me dites que je suis très puissant et que pèse sur mes épaules la liberté de milliers de gens.
Elle lui sourit.
- C'est très bien résumé.
Il soupira à nouveau.
- C'est encore pire que lorsque Dumbledore m'a dit que je devrais combattre Voldemort.
Elle eut un sourire compatissant.
- Je suis sincèrement désolée Harry mais il fallait que tu le saches. Est-ce que tu accepterais de rencontrer tes Gardiens ?
Harry prit la peine de réfléchir, pesa le pour et le contre et finit par hocher la tête.
- C'est d'accord. Mais au fait, mes parents étaient au courant de cette histoire ?
Marie ne put qu'acquiescer.
- Et oui, c'est pour cela qu'ils se sont retrouvés harcelés par Dumbledore et qu'ils ont finis par mourir.
Harry sentit une grande lassitude s'abattre sur lui et il regarda à nouveau Marie.
- Pour que je sois un peu au courant, comment s'appellent mes Gardiens ? Et quand les rencontrerais-je ?
Elle lui sourit.
- Ils s'appellent Kano, Cyal et Elikan et on s'était dit qu'on pourrait organiser la rencontre durant les vacances de Noël. Ce sera dans le manoir de Lord Jedusor.
Harry fut plus surpris par sa dernière phrase que par le reste.
- Au Manoir Jedusor ? Mais pourquoi ?
Marie lui sourit avec indulgence.
- Et bien, c'est lui qui les a libérés et il leur a donc proposé de séjourner dans son manoir.
Harry eut un soupir las et acquiesça.
- Bien. Ce fut un plaisir de vous rencontrer et ce sera un plaisir de vous revoir mais je vais devoir digérer tout ça.
Elle eut un sourire doux et ne put s'empêcher de le serrer dans ses bras.
- Je comprends tout à fait Harry et sache que tu n'es pas seul. Si tu veux discuter ou quoi que ce soit je suis là.
Elle l'embrassa sur le front et se fondit dans les ombres.
- Prends soin de toi Harry.
Harry soupira une nouvelle fois, regarda sa montre et décida de se rendre directement dans sa Salle Commune pour y ressasser ce qu'il venait d'apprendre.
