Harry arriva dans la Salle Commune avec toute la lassitude qui l'habitait. Il ne parvenait pas à croire qu'il était si important et qu'il portait un tel fardeau sur ses épaules.
Il s'assit dans l'un des fauteuils moelleux dans le but de broyer du noir quand il entendit une sorte de grattement. Il se leva pour en trouver la source. Il s'approcha de la cheminée où il découvrit un paquet où était écrit son nom. Il s'en empara et retourna s'asseoir dans son fauteuil.
Il ouvrit le paquet et découvrit une sorte de journal. Il le regarda suspicieusement en se rappelant du journal maudit de Jedusor en deuxième année puis haussa les épaules. Si ce colis devait être piégé, il préférait découvrir ce qu'il contenait avant.
Juste en dessous du journal, il découvrit un parchemin.
"Potter" disait celui-ci,
Lisez et comprenez. Il en va de notre survie à tous. Et de votre avenir.
Prenez-en soin.
La lettre n'était pas signée mais il lui semblait connaitre cette écriture. Il ouvrit le journal et commença à le lire.
31 juillet 1980
Mon bébé, si tu savais comme je suis heureuse ! Te voilà enfin parmi nous ! Nous t'avons attendu tu sais ? Et tu as répondu à notre appel. Tout le monde t'attendait mon fils. Mon amour. Mon Harry.
Harry fut pris d'une intense émotion. C'était le journal de sa mère ! Il tourna les pages fébrilement. Elle y racontait sa vie de tous les jours en compagnie de son père et de lui. Il continua de le feuilleter quand il tomba sur quelque chose d'intéressant.
25 décembre 1980
Aujourd'hui nous avons appris que Rémus et Sirius sont du côté de Voldemort ! Te rends-tu compte mon chéri ? ça été une nouvelle très ahurissante pour nous. Nous pensions qu'ils étaient neutres, comme nous, mais non. Ils se battent pour une cause qu'ils croient juste. Ils nous ont expliqué que Voldemort n'était pas le tyran auquel nous pensions et que Dumbledore était bien pire. Comment les croire ? Pendant toutes ces années on nous a bassinés avec le fait que Voldemort était mauvais et qu'il tuait des innocents. Tout cela est-il faux ? Dumbledore n'est-il pas le grand-père gâteau qu'il semble être ? Il va falloir digérer ça mon chéri. Pendant que je cogite, tu dors paisiblement, ta petite main tout près de ton visage comme pour empêcher un quelconque mal de t'atteindre. Comme tu es beau mon chéri. Continue de dormir paisiblement, maman veille sur toi.
Harry se plongea dans ses pensées. Ainsi Sirius et Remus étaient du côté de Voldemort ? Il se demandait sincèrement ce qui les avait poussés à changer de camp. Il se promit de leur demander quand il verrait puis replongea dans le journal.
13 janvier 1981
Aujourd'hui Voldemort en personne est venu chez nous, à Godric's Hollow ! Si tu avais vu James mon chéri ! Il était tout chamboulé ! Au début il voulait se battre avec lui mais Voldemort lui a démontré qu'il venait en paix. James l'a alors laissé entrer mais il était nerveux tout au long de cette entrevue. Voldemort est venu nous expliquer beaucoup de choses sur ce grand-père gâteau de Dumbledore et crois-moi mon chéri, ce n'est pas joli-joli ! Dumbledore a découvert l'existence d'une prophétie te concernant mon chéri. Il veut t'utiliser pour combattre Voldemort ! C'est un monstre ! Je refuse de te sacrifier pour une cause que nous ne soutenons même pas ! Pour qui Dumbledore se prend-il ? Et pour qui NOUS prend-il ? Pense-t-il vraiment qu'on va lui laisser faire ce qu'il veut avec toi ? C'est bien mal nous connaitre ! Jamais, au grand jamais tant que nous serons vivants il ne posera la main sur toi ! Foi de Lily !
Harry sourit. Il reconnaissait bien le caractère enflammé dont tout le monde avait parlé.
15 février 1981
Voldemort nous encourage à trouver un autre endroit pour nous y protéger avec toi. Tu nous connais, nous refusons. Nous avons bâti cette maison et pour rien au monde nous ne la quitterons. Que Dumbledore essaie de nous attaquer et il verra ce qui lui arrivera. Voldemort est vraiment charmant ! Il nous a assuré de sa bonne foi envers toi. Bizarrement je le crois. Quand il te regarde il a l'air tellement heureux que je suis sûre qu'il ne pourrait te faire aucun mal. Il nous a dit que s'ils nous arrivaient le moindre mal, tes Gardiens pourraient s'occuper de toi. Nous avons été étonnés et perplexes car ça fait au moins mille ans que personne n'a plus eu de Gardiens. Il a souri d'un air malicieux quand on lui a dit et nous annoncé que nous étions vraiment chanceux. Nous n'étions pas vraiment d'accord à l'idée de te confier à de parfaits inconnus mais Voldemort nous les a présenté et nous avons pu discuter assez longtemps je dois en convenir. Ils m'ont l'air parfaits. Tu te rends compte mon bébé ? Tu es le premier depuis mille ans à avoir des Gardiens. Cela prouve que tu es exceptionnel mon chéri !
Harry se sentit étrange. Il ressentait tout l'amour que lui portait sa mère bien qu'elle fut décédée. Une douce chaleur se répandit en lui. Il était aussi agréablement surpris que Voldemort soit allé prévenir ses parents de la menace qu'était Dumbledore. Il s'en sentit également flatté car dans un sens c'était pour lui qu'il l'avait fait. Il replongea dans le journal.
05 avril 1981
Mon chéri, te voir grandir est pour nous une bénédiction. Tu es si mignon ! Tu attrapes les mêmes mimiques que ton père, c'est si mignon ! Voldemort nous enjoint de plus en plus à nous cacher. Il nous a même proposé de venir habiter au manoir Jedusor ! Après avoir vu nos têtes plus que perplexes, il s'est rendu compte que ce n'était pas une bonne idée. Il avait l'air tout penaud ! C'était adorable ! Sirius et Remus sont également passé te voir. D'après Remus, Sirius est toujours aussi gamin si pas plus. Il est si joyeux quand il joue avec toi. C'est plus un grand frère qu'un parrain.
Harry sourit. ça ne l'étonnait absolument pas. Sirius était déjà un grand enfant à cette époque et il était heureux que malgré son séjour à Azkaban ce soit toujours le cas. Il bailla et se rendit compte que les autres allaient bientôt remonter. Il s'empressa donc de sortir de la Salle et se rendit dans la Salle-sur-demande qu'il avait quittée quelques heures auparavant. Il s'empressa d'entrer et découvrit une pièce douillette munie d'une cheminée au feu important. Il s'assit sur un des poufs qui était aussi confortable au toucher qu'à la vue.
13 mai 1981
Les choses se mettent en place ! Dumbledore est revenu nous voir en nous demandant de te confier à lui. Il ne comprend pas notre refus. Il ne peut pas comprendre que nous ne voulons pas te sacrifier mon amour. Nous t'aimons tant et nous avons si peur pour toi. James tourne en rond en vitupérant contre Dumbledore. Ce serait drôle si la situation n'était pas aussi dramatique. Dors mon fils, maman veille sur toi.
Harry sent sa gorge se serrer. Il commence à comprendre à quoi les agissements de Dumbledore vont mener. Il passe encore quelques pages pour arriver à la date qui l'intéresse. Après tout, il aura tout le temps de relire le journal de sa mère. Ce qu'il veut, pour l'instant, c'est connaitre la vérité sur ce jour funeste où il est devenu orphelin.
31 octobre 1981
Quelque chose cloche ! J'en ai la certitude ! Les animaux se taisent et l'ambiance est à la nervosité. Peter est passé nous voir. Il semblait encore plus maladroit et inquiet que d'habitude. J'ai l'impression qu'il prépare un mauvais coup contre nous. Je ne lui fais absolument pas confiance et cela ne m'étonnerait pas qu'il nous arrive des tuiles. Oh mon ange ! J'ai si peur qu'il t'arrive quelque chose ! S'il devait nous arriver quelque chose, je souhaite que cela se retourne contre notre assassin ! J'ai si peur de te laisser seul mon fils ! James a entendu quelque chose… Mon dieu, Harry !
Puis plus rien, et c'est là qu'Harry comprend que sa mère s'est précipitée dans sa chambre pour le protéger. Il comprend tout désormais et c'est ce qui le fait se recroqueviller dans un coin en hurlant sa peine. Il aurait pu vivre une vie heureuse mais Dumbledore a tout gâché. Il pleure la vie qu'il n'a pas eue et celle qu'il a eue. Il pleure ses parents et surtout, il pleure ce que Dumbledore a fait.
Plusieurs heures après, il se releva avec toute la détermination du monde dans les yeux : Dumbledore allait payer. Et très cher.
