Bonus du chapitre 9 (Attaques) : Le soul-pager, première partie.
Scénette Byakuya/Renji.
Renji est en prison, suite à son écart de conduite dans Esclandre à la sixième division.
Après sa visite à Renji, Byakuya est rentré dans ses quartiers. Alors qu'il commence à se détendre, il entend frapper à la porte. Il lève à peine les yeux de son livre.
L'exaspération grandit en lui lorsque les coups persistent.
Il interrompt avec regret sa lecture et pose le volume 7 de Bleach sur la table. Quel dommage ! Il arrivait juste au moment où il battait à plate couture Ichigo Kurosaki sous le regard émerveillé et époustouflé de Renji : un grand moment !
Il reprend une contenance plus conforme à sa réputation et va s'enquérir de l'intrus.
— Bonsoir, Kuchiki taichô, pardonnez-moi de vous déranger, mais le lieutenant voudrait récupérer son soul-pager. Y voyez-vous un inconvénient ?
— Son soul-pager ?
— Le lieutenant s'ennuie, capitaine.
— Je vois. Je lui en donne l'autorisation.
— Merci, capitaine. Je vais le chercher de ce pas.
— Attends ! Tu ne le trouveras pas à l'armurerie.
— Vraiment ? Je pensais qu'on y avait mis les affaires qu'on lui avait confisquées.
Sans mot dire, Byakuya s'est dirigé vers la table. Le planton de service y remarque alors le caisson où il soupçonne à raison que se trouvent les affaires personnelles de Renji !
Byakuya se retourne :
— A la réflexion, je vais aller moi-même le lui porter, dit-il.
— Vous êtes sûr ? s'exclame le Shinigami sans grade, stupéfait.
Un regard noir le tue sur place. Il avale sa langue, s'étrangle, hoche la tête et s'évanouit dans l'obscurité du corridor.
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— Bonsoir, Renji.
Stupéfait, Renji se lève rapidement et s'approche des barreaux.
— Capitaine, mais que faites-vous ici ?
— Tu as réclamé ton soul-pager, répond Byakuya en le lui tendant.
— Oh ! Ce n'était pas la peine de vous déplacer vous-même.
— Je subodore que tu désires suivre la notoriété de notre histoire ?
— Effectivement.
Renji commence à pianoter, légèrement embarrassé : le capitaine semble désireux de rester.
— Capitaine, vous avez besoin de quelque chose ? fait Renji.
— Hum, j'aimerai assez connaître les commentaires des lecteurs.
Renji, d'un geste brusque et dérisoire, amène la main derrière son dos pour y cacher l'appareil.
— Je vous assure, rien d'important n'y est dit.
— Montre-moi, dit Byakuya, d'un ton qui ne souffre pas de réplique.
A contrecœur, Renji lui tend le petit écran. Il observe, de plus en plus anxieux, le seigneur Kuchiki, dont le visage devient blême au fur et à mesure de sa lecture :
— "Saligaud de Noble" ! Quelle vulgarité... "tête de mule", "abusif", "sans intégrité morale" ! "un... un pois chiche dans le cerveau" !
— Euh, taichô, calmez-vous. N'oubliez pas : des vies sur du papier, hein, sur du papier...
Byakuya relève la tête, blessé et très, très furieux.
— Mais cette vie est la nôtre, et je n'ai jamais autorisé qu'on m'insultât ainsi !
— Voyons capitaine, considérez le point de vue des lectrices : votre contrat, quand même... Et puis, à force de tourner autour du pot, forcément...
— Quoi, qu'est-ce que tu veux dire par là ?
— Rien, taichô, soupire Renji.
— Tu vois ! Mais je proteste officiellement. Pas une âme pour me plaindre ! C'est impensable.
— ...
— Tu étais bien moins silencieux lorsque tu m'invectivais d'injures. Et personne ne m'a félicité pour mon stoïcisme. Où en serions-nous, si j'étais comme toi, sorti de mes gonds ? Mais non, "pauvre Renji" "méchant Byakuya"
— Capitaine, vous devriez en rester là, ce n'est pas bon pour votre tension.
— Que veux-tu dire ?
— Vous allez encore vous évanouir.
— Allons donc, sache que les émois sans discernement de la plèbe ne peuvent m'atteindre.
Byakuya continue donc sa lecture. Peu de temps après, il laisse tomber le soul-pager et envoie un Shô qui l'écrase contre le mur, où il se brise en mille morceaux.
— Mais, pourquoi avoir fait cela ?
— Je ne vais certes pas t'autoriser à lire les commentaires et questions concernant ce qui se passe dans notre alcôve ! C'est privé ! C'est intime ! C'est... déshonorant ! Et je ne suis pas efféminé !
— Certes non, taichô, loin de moi l'idée de penser cela. Mais... casser mon soul-pager ne vous servira à rien. Il n'a pas été le premier a être customisé de la sorte.
Byakuya pâlit. Sa pression spirituelle augmente de seconde en seconde et fait se tordre les barreaux de la cellule. D'une voix sans timbre, il demande :
— Combien ?
— Deux, avec le mien, précise Renji, terriblement mal à l'aise.
— Qui ? continue cependant Byakuya avec une affreuse, terrible, effrayante, appréhension.
Renji ne peut que lui répondre, d'un mince filet de voix :
— Ru-... Rukia
Et le capitaine de rejoindre les morceaux épars du Soul-pager, en une masse élégamment affalée sur le sol.
À suivre
Bonus du chapitre 10 (Renji Abarai, vice-capitaine) : Le soul-pager, deuxième partie et dernière partie.
Scénette Byakuya/Rukia.
Alors que Renji le remplace à la division dans ses multiples tâches, Byakuya s'est rendu au manoir Kuchiki.
L'assemblée extraordinaire du clan Kuchiki est enfin terminée. Byakuya s'apprête à retourner à la sixième division. Mais soudain, il entend un cri dont la stridence est déplacée dans le cadre du manoir ancestral des Kuchiki :
— Nii-samaaaaaaaaaaaaa !
Rukia court vers lui en agitant la main, au mépris des règles de conduite d'une jeune fille de bonne famille.
Que lui arrive-t-il donc, pour qu'elle oublie toutes les règles de courtoisie et de maintien auxquelles elle s'était s'y bien conformée ?
— Nii-sama, regardez, lui fait-elle, enthousiaste, en brandissant devant ses yeux un appareil qu'il reconnaît tout de suite et dont il avait désespérément essayé d'oublier l'existence, et surtout l'identité du propriétaire.
Rapidement, il détourne les yeux avec dégoût et ignore l'objet.
— Nii-sama ?
— Si c'est ce que je crois, je ne veux plus en entendre parler. Et si tu tiens à conserver ton soul-pager, tu ferais bien de l'éloigner le plus loin possible de moi ou je ne répond plus de rien.
— Mais, Nii-sama, c'est une bonne nouvelle, insiste Rukia, les joues rosies, les yeux pleins d'étoiles et débordants d'affection.
— Une bonne nouvelle ? s'étonne Byakuya, hésitant.
— Oui, regardez.
Il jette un regard précautionneux sur l'écran où sont affichées les dernières reviews de la fic dont Renji et lui sont les personnages centraux. Et brusquement, il devient très pâle. Puis très rouge. Et enfin, il regarde sa sœur dans la plus complète incertitude :
— Ne me dis pas que tu comptes t'associer avec Renji dans une futile tentative de me rendre jaloux, et que tu en es ravie ?
— Quoi ? À mais non, c'est du passé ça : l'auteur ne veut pas que Renji se fasse tuer.
— Tuer ? Mais pour qui me prend-elle à la fin ? Et c'est la seule raison qui la retient ? Quand je pense que c'est moi que l'on condamne pour manque d'intégrité morale ! Amener Renji à me tromper, avec ma sœur qui plus est, serait le seul moyen que cet écrivain de pacotille ait trouvé pour forcer mes sentiments ? Lamentable, indigne d'une personne de mon rang. Il faut la récuser immédiatement.
— Nii-sama, vous vous faites trop de mauvais sang, reprend Rukia d'une voix patiente, comme pour calmer un enfant trop énervé, le message qui nous intéresse est plus haut. Regardez tout en haut.
Soupirant, car il n'aura pas la paix avant de s'être exécuté, Byakuya parcourt rapidement les lignes, la mine blasée.
— Désolé, je ne vois point, toujours ces mêmes litanies à propos de mon attitude. "Pauvre, pauvre Renji"... Bon, continue-t-il emporté sur sa lancée, je conviens qu'il est mignon lorsqu'il est embarrassé. Et quand il dort... Mais de là à nous voir en couple stable ! Quelle imagination débordante. Et qu'est-ce que c'est que cette histoire de Madarame en conseiller matrimonial ? Grands dieux, serait-il...
— Ah, ce doit être sur la page suivante, l'interrompt Rukia en reprenant le portable. Voilà, s'écrie-t-elle, un air victorieux sur le visage.
L'amatrice de romance yaoi trépigne d'impatience. Byakuya a dû mal à la suivre.
Pour lui faire plaisir, il s'efforce quand même de lire la review en question.
— Oui ? avance-t-il, en levant un sourcil interrogateur.
— Mais, Nii-sama, n'est-ce pas magnifique ? Vous avez une fan qui croit en vous et qui vous aime malgré tout le mal que vous faites à Renji.
Oups, fatale erreur... Rukia met les deux mains devant sa bouche et recule de trois pas.
Son comportement fait soudain réaliser quelque chose à Byakuya, qui jusqu'alors avait été trop perturbé par les retrouvailles avec son moi de papier pour s'en apercevoir.
— Rukia, gronde-t-il, c'est par cet engin machiavélique que tu peux savoir ce qui se passe entre Renji et moi ?
— Oui, Nii-sama, fait Rukia en baissant la tête, contrite.
— J'avais espéré que toi au moins, tu te serais gardée de pénétrer dans mon intimité. Donne-moi ton soul-pager.
Sitôt en main, il le jette à terre et lui fait subir le même sort que celui de Renji la veille. Les morceaux de l'appareil se retrouvent rapidement éparpillés sur le sol.
— Bien, fait-il, satisfait, nous allons donc reprendre nos vies où elles en étaient et oublier tout de ces interférences extérieures. Et si jamais j'entends parler à nouveau de fiction ou autre chose du même genre, j'irai trouver Aizen au dernier niveau de la prison souterraine, le ferait sortir de sa geôle et l'obligerait à utiliser son zanpakutô pour altérer notre réalité afin que nous ignorions jusqu'à l'existence même de ce concept !
Sur ce, le seigneur Kuchiki, toute fierté et autorité retrouvée, quitta les lieux.
Rukia resta figée de stupeur. Renji n'avait pas exagéré. Son frère ne digérait pas le fait de ne vivre que par écrivain interposé ! Au moins, il ne s'était pas évanoui, cette fois-ci.
F I N
