Bonus de l'épilogue.
Un amour éternel
Dans le bureau de la sixième division, le silence n'est dérangé que par le bruissement des feuilles dont on tourne la page, que par le grattement d'une plume sur le papier. Parfois, un soupir provient de l'endroit où Renji se trouve, assis à sa table, en face de celle du capitaine. Mais soudain :
— Renji.
La voix angoissée de Byakuya fait relever la tête de Renji de son travail. Il a rarement entendu une telle nuance alarmée dans son ton, à telle point qu'elle en paraît déplacée, dans ce lieu où honneur et devoir ont toute la place.
— Capitaine ?
Le taichô est pâle. On croirait qu'il a vu un fantôme !
— Qu'est-ce que ceci ?
Renji s'approche, et prend connaissance, avec horreur, des feuillets que lui tend Byakuya.
— Comment... ? J'ai dû confondre. Ah ! Excusez-moi, hein ? Je vais... Je vais...
Renji, la main sur la nuque, embarrassé, ne sait pas comment corriger son erreur : dans sa précipitation, il a déposé sur la pile de dossiers à traiter l'édition du dernier chapitre des foudres de Renji au lieu du rapport provenant de la treizième division ! Si Byakuya ne le tue pas tout de suite, c'est Rukia qui le fera !
Cependant, Byakuya n'est pas d'humeur assassine, remarque enfin Renji. Une sorte de fragilité émane de son aspect.
— Capitaine, allez-vous bien ?
Byakuya lève les yeux vers lui et désigne d'un doigt tremblant un mot au bas d'une page : "F I N".
— Renji, qu'est-ce que cela signifie ? La fiction est terminée...
— Ah, ben, oui. Rukia m'en a parlé. La pauvre, elle était tout émue. Faut dire, avec tout ce qui vous est arrivé, votre reiatsu et tout...
— Je me contrefiche de cette aberration sur mon reiatsu !
— Capitaine ?
Renji est perdu. Qu'est-ce qui perturbe autant Byakuya ? Depuis le temps, il aurait dû prendre l'habitude de voir surgir inopinément la preuve de leurs existences issues de l'imagination d'un écrivain.
— Si... Si cette histoire est terminée, que va-t-il advenir de nous ?
— Euh...
Renji est confus. Il n'y a pas vraiment réfléchi. Il n'y a bien que son capitaine pour penser à des choses pareilles. Byakuya continue :
— Je ne veux pas disparaître, Renji.
Voilà ! Son fier amant vient de lui confier sa peur. Tout s'éclaire dans la tête de Renji. Il n'a plus qu'une envie : serrer très fort l'innocent aristocrate et l'assurer de son amour éternel.
Ce qu'il fait.
En trois pas, il est derrière son fauteuil. Penché sur lui, il l'entoure de ses deux bras, croisés sur la poitrine.
— Nous n'allons pas disparaître, Byakuya. Bientôt, quelqu'un d'autre écrira une nouvelle histoire.
Mais Byakuya secoue la tête, obstiné :
— Je ne veux pas d'une autre histoire. Je veux la nôtre. Je te veux toi, tel que tu es maintenant.
Renji rougit sous le plaisir d'entendre Byakuya s'exprimer si directement, avec tant de possession qu'il en paraît désespéré. Comme tant de fois durant l'écriture de cette fiction, il cherche les mots qui sauront le rassurer.
— Byakuya, nous n'allons pas disparaître. "Les foudres de Renji"... Cette histoire existe à présent. Nous allons vivre chaque fois qu'un lecteur lira nos aventures. Imagine ces milliers de personnes* qui jour après jour liront notre histoire. Jour après jour, ils nous feront revivre. Jour après jour, nous continueront de vivre dans leurs souvenirs. Et de cette façon, tu seras à jamais dans mon cœur.
Le silence suit l'émouvante tirade de Renji. Byakuya semble plongé dans ses pensées, envisageant l'idée. Puis, il se retourne.
— Je ne vais point détester me faire courtiser de nouveau par toi, et je vais adorer te reconquérir, déclare-t-il, plus léger.
Ces mots dits, Byakuya s'étire. Ses bras entourent la nuque de Renji, et tous les deux s'embrassent, sans plus jamais se préoccuper du fait qu'on pourrait les surprendre.
Après tout, tout ceci n'est rien d'autre que le beau rêve qu'une inconnue a décidé d'écrire, noir sur blanc.
F I N
* NdA : * hum ! Renji exagère là *
