Bonjour à toutes et à tous !

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Une petite note avant de commencer. Je suis à la fois heureuse, mais aussi anxieuse ^^, de vous présenter ma toute première fanfiction sur l'univers d'Harry Potter. Je vais l'articuler autour du couple H/D, qui est pour moi le plus intéressant tant ces deux personnages sont complexes !

L'univers de cette fiction appartient à J.K Rowling.

Note : la photo de l'histoire n'est pas de moi mais de Robert Reisman ( wiki/File:Frost_on_nettle_ ) qui autorise son partage.

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Bonne lecture !


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Lorsque Draco Malefoy s'éveilla, « se coucher plus tôt » fut la première pensée qui lui vînt à l'esprit. Un mal de tête lancinant semblait prendre un malin plaisir à se heurter contre chaque paroi de son crâne tandis que sa bouche était tellement pâteuse qu'il lui était impossible de déglutir. Il se redressa avec difficulté sur ses oreillers et fît apparaître un grand verre d'eau qu'il but avec lenteur. Il se remémorait très bien sa soirée. Ou du moins son début. Un dîner très chic chez un certain Henry machin. Un partenaire commercial du moment. Et puis, il y avait toujours une « post-soirée » à une soirée digne de ce nom. Et c'était précisément de la suite dont il ne se souvenait plus très bien. Il y avait eu de l'alcool. Trop d'alcool, pensa-t-il en contemplant son verre vide. Trop de plaisirs aussi. Quoique non, il n'y avait jamais trop de plaisirs. Mais peut-être un peu trop d'alcool, concéda-t-il alors que ses fines lèvres s'étiraient en un sourire malicieux.

Il s'extirpa du lit de mauvaise grâce en poussant une farandole de jurons et se dirigea vers la cuisine. Spacieuse, moderne et rutilante, celle-ci possédait d'immenses vitres qui surplombaient un élégant parc en contrebas. Une vieille elfe de maison suspendit son geste quand elle aperçut l'arrivée de son maître.

- Erika souhaite le bonjour à Monsieur ! fît-elle enthousiaste. Que désire Monsieur ?

- Comme d'habitude, marmonna-t-il. Avec un café serré. Très serré, ajouta-t-il en passant une main lasse sur son visage. Il saisit un tabouret du comptoir et s'y laissa tomber avec une lourdeur qui n'avait rien de malefoyen.

L'elfe s'activa. Sur son visage parsemé de quelques tâches brunes, les rides s'étendaient, sillonnant le centre de son front et le pourtour de ses yeux en un nombre impressionnant de petits plis et replis. De lourdes poches tombaient sous ses yeux, mais malgré cela, son regard bleu-ciel gardait un incroyable éclat de vivacité.

- Voilà ! fît-elle en déposant une tasse et une assiette bien garnie devant son maître.

Elle réajusta son châle en laine sur ses frêles épaules et couva son maître du regard avec satisfaction. Celui-ci était peut-être un mystère à lui tout seul, ça elle l'avait accepté depuis longtemps. Mais s'il y avait bien une chose qui n'avait aucun secret pour elle, c'est la proportion de n'importe quel homme à voir sa bonne humeur revenir lorsqu'une délicieuse odeur s'échappait d'une assiette bien remplie et lui caressait les narines. Et aussi étrange qu'il était, Draco Malefoy n'y faisait pas exception.

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Habillée et coiffée, Hermione Granger descendait le vieil escalier en bois sur la pointe des pieds, en tentant vainement de ne pas le faire craquer.

- Hermione ?

Dissimulé sous une lourde masse de cheveux noirs en bataille, le visage endormi de son meilleur ami apparu soudain dans l'entrebâillement d'une porte.

- Qu'est-ce que tu fais à cette heure-ci ? murmura-t-il en ajustant ses lunettes.

- Harry, répondit-elle amusée. Il est onze heures passé !

- C'est bien ce que je dis. Onze heure, c'est bien trop tôt pour un samedi, ajouta-t-il en baillant.

Le sourire de la jeune femme s'élargit.

- Bon, tu m'accordes trois petites minutes et je te rejoins en bas, d'accord ? marmonna le jeune homme encore bien assoupi.

La sorcière acquiesça sans se départir de son sourire. Trois minutes chez Harry un samedi matin, elle pouvait facilement rajouter un zéro derrière.

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Devant le comptoir, l'elfe se tortillait nerveusement. Puis, semblant rassembler son courage, elle risqua :

- Que Monsieur m'ex…, m'excuse, mais Erika a trouvé ceci ce matin en rangeant le salon, bredouilla-t-elle en sortant de la poche de son tablier une magnifique écharpe carmin qui brillait de toutes ses paillettes, comme un millier de petites étoiles entre ses fines mains.

Son maître fronça les sourcils. Il se revoyait très bien des lèvres carmin qui accompagnaient ce tissu. Mais pourquoi cette femme avait-elle laissé ceci ? Croyait-elle vraiment qu'il ferait un quelconque effort pour la retrouver ? Surtout pour un prétexte aussi ridicule que celui-là ?

- Brûle-le, finit-il par dire, en reportant son attention sur son petit-déjeuner.

L'elfe ne fut pas étonnée de la réaction de son maître. Elle retrouvait souvent des objets « oubliés ». Et si elle se fiait à son odorat, elle pouvait affirmer avec une quasi-certitude que l'odeur de ces objets n'était jamais deux fois la même. Elle pouvait les retrouver à n'importe quel endroit. Souvent au salon. Mais jamais dans la chambre de son maître. Et c'est ce qui intriguait sa curiosité sans fond…

- Si quelqu'un vient, dis-lui de repasser, dit le sorcier en tirant son elfe de sa rêverie. Il repoussa son assiette, le visage satisfait et ajouta : « Je sors ».

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- Tu rentres déjà ?

Hermione releva paresseusement son regard de son bol à pois. Adossé contre le chambranle de la porte, Harry attendait, les bras croisés.

- J'ai vu ton sac dans le couloir, lâcha-t-il en pénétrant dans la cuisine.

La sorcière le suivit des yeux. Il allait et venait pour se préparer de quoi manger, tout en marmonnant des paroles inaudibles. Il s'immobilisa soudain.

- Quoi ?

- Toi… fît-elle alors qu'un sourire naissait sur ses lèvres. Le jeune homme soupira et s'assit près d'elle en faisant léviter son petit-déjeuner jusqu'à lui.

- C'est vraiment…

- Important ? acheva-t-elle. Oui, ça l'est. J'aime passer du temps avec toi et Ginny, mais j'aime aussi avoir du temps le week-end pour faire tout ce que je voudrais faire en semaine…

- Comme ? fît Harry septique.

- Comme un tas de choses ! Lire, sortir, prendre du temps avec Pattenr…

- Des fichus bouquins et un affreux chat, tu parles d'un programme !

- Hé ! D'abord, ce ne sont pas de fichus bouquins mais des livres ! Des livres qui datent parfois de plusieurs siècles et qui renferment des richesses incroyables ! Que tu découvrirais si tu te donnais la peine de les ouvrir, ajouta-t-elle en lui lançant un regard sévère. Ensuite, Pattenrond n'est pas affreux !

- Oui, c'est juste qu'il n'a pas un physique facile…, dit-il avec un sourire taquin.

- Harry ! fît-elle indignée.

- Quoi ? C'est pourtant la vérité. Et tu ferais bien de la voir enfin en face… dit-il en picorant nonchalamment quelques céréales dans son bol.

Renfrognée, la jeune sorcière plongea sa main dans le bol du sorcier et en retira une pleine poignée de céréales. Harry lui jeta un regard amusé.

- Je croyais que tu avais fini ?

- C'est pour la route, dit-elle en haussant les épaules. Sa chaise racla avec bruit sur le carrelage usé et elle se leva.

- Hermione ! fît Harry en se levant à son tour. Je ne voulais pas te…

- Accio sac ! lança-t-elle en direction de la porte. Son bagage arriva en sifflant dans les airs et elle le saisit au vol. Elle se tourna vers le jeune homme et son regard se radoucit aussitôt.

- Je le sais bien… Mais… Je ne me sens pas aussi à l'aise que toi ici…

Hermione remarqua le regard du sorcier s'obscurcir.

- Tu sais quoi ? dit-elle avec entrain. Tu te maries enfin avec Ginny, depuis le temps que l'on attend tous ça, vous vous installez dans un endroit mignonet, vous nous faîtes pleins de charmants bambins et là, je viendrais ! finit-elle en riant pendant qu'Harry s'étouffait de confusion avec ses céréales.

- C'est promis ? Tu viendras nous… Enfin je… Me voir ? articula-t-il avec difficulté alors que ses joues prenaient une couleur rose soutenue.

- C'est promis ! Ca sera même toi qui aura du mal à me déloger ! fît-elle en l'étreignant. Hermione ferma les yeux. Elle aimait la petite odeur laiteuse qui le caractérisait au réveil. Elle se dégagea cependant avec douceur et lui tendit une liste gribouillée qui trainait près des fourneaux.

- Tiens ! Molly a eu la « gentillesse » de noter tout ce que tu as à faire aujourd'hui. Tu vois, là, 13h00, vous avez rendez-vous toi et Ginny avec les journalistes de la Gazette, 16h00, préparation des registres avec les représentants du Ministère. Ah, et ce soir, Molly insiste pour que vous jetiez un coup d'œil au plan de table…, dit-elle amusée par la bonne humeur qui se fanait progressivement sur le visage de son ami.

- Aller, ne fais pas cette tête ! Monsieur affronte le plus grand le plus grand mage noir de tout les temps et lorsqu'on lui parle des préparatifs de son mariage, il n'y a plus personne !

Harry fît mine de se renfrogner mais la sorcière savait bien qu'il n'en était rien.

- Aller, j'y vais. Molly m'a demandé de passer à la Boutique.

Elle saisit deux gros sachets en cartons et se retourna vers le jeune homme.

- J'aurais aimé que tu restes…, murmura-t-il.

Elle sourit et lui tapota l'épaule avant d'écarquiller les yeux. Harry suivit son regard. Sur son pyjama, des dizaines de joueurs de quidditch imprimés se livraient à un match sanglant et sans pitié.

- Ils sont en forme le matin… marmonna-t-il en baillant.

- Eux…, ne put-elle s'empêcher d'ajouter.

- Mouais… Aller vas-y vite avant que Gin' ne descende et que l'idée lui vienne de te séquestrer…

Il l'étreignit brièvement et sentit quelque chose se serrer en lui lorsqu'elle transplana.