Coucou !

Un petit chapitre sans prétention qui je l'espère, vous plaira malgré tout !

N'hésitez pas à me faire partager vos impressions !

Sur ce, bonne lecture =)


- Quant à celui-ci, c'est le modèle phare de notre toute dernière collection. Vous remarquerez la finesse de l'échancrure qui s'évase progressivement sur…

Prise de vertige devant le nombre de robes qui s'offraient à son regard, Hermione n'écoutait plus que très partiellement les commentaires détaillés de la vendeuse. Celle-ci, intarissable, continuait son monologue sans se rendre compte que le flot continu de ses paroles se perdait dans le brouillard nébuleux qu'était devenu l'esprit de sa cliente.

- Alors, lesquelles souhaitez-vous essayer ?

Brusquement ramenée à la réalité, la sorcière jeta un coup d'œil embarrassé au mannequin de cire. Ensorcelé par la baguette de la vendeuse, celui-ci changeait magiquement de tenue toute les trois secondes, pour le plus grand plaisir des yeux de la jeune femme.

Elle était purement et simplement incapable de choisir l'une d'entre elles. D'abord, parce qu'elle les trouvait toutes aussi jolies les unes que les autres. Et puis, elle sentait que si elle se fiait à son sens esthétique implacable, une petite voix lui soufflait qu'elle devrait alors choisir l'exact contraire de ce qu'elle aimait.

- Celles qui d'après vous m'iraient le mieux, répondit-elle avec un sourire.

Les sourcils de la commerçante s´arquèrent en deux accents circonflexes. Visiblement peu habituée à ce genre de réponse, elle jaugea la jeune femme d´un regard perçant par-dessus la monture en écailles de ses lunettes.

- Alors… celle-ci, celle-ci et celle-ci, dit-elle en attirant à elle les tenues souhaitées à l´aide de sa baguette. Et j´oubliais celle-là, ajouta-t-elle en lançant un dernier sort. Si vous voulez bien me suivre…

Hermione aurait bien voulu répliquer que contre toute attente, oui, elle possédait un cerveau et qu´aux dernières nouvelles, trouver son chemin, même à partir d´indications sommaires, restait dans les compétences de celui-ci.

Mais elle ravala bien vite cette réflexion.

Avec tous ces couloirs qui s´entrelaçaient, ces salles au nombre incalculable et ces escaliers tortueux qui leur faisaient faire main et main détours, la jeune sorcière se serait cru un instant à Poudlard. Ou au Terrier. Cela l´étonna, elle ne se serait jamais doutée qu´une boutique de ce genre puisse être construite d´une manière aussi… farfelue ?

- Ces lieux semblent anciens… demanda la sorcière tandis que le couloir se divisait encore.

- Ils le sont, répondit la vendeuse alors qu´elle tournait à gauche et s´enfonçait dans un dédale de marches sinueuses. Cette enseigne a été fondée à la fin du Moyen-Âge. Elle fut par la suite agrandie au fur et à mesure par les différentes générations.

- Générations ? reprit Hermione, le souffle court. Il n´y avait pas idée de construire autant de marches…

- Oui, cette boutique est restée dans la même famille depuis sa création. Elle appartient à la noble lignée Parkinson. Attention à la poutre, nous y sommes.

Consternée par une telle information, la jeune femme ne fit pas attention aux derniers mots prononcés… Et se prit la poutre en plein front.

Parkinson. Elle était dans la boutique de Parkinson, pensa-t-elle avec incrédulité en se massant ce qui allait devenir une sublissime bosse.

- Vous pouvez essayer celle-ci pour commencer, fit la commerçante. Elle entraina avec douceur la jeune femme par le bras à l´une des nombreuses cabines et laissa retomber le pan de velours pourpre en un mouvement fluide.

Hermione jeta au coup d´œil au large miroir qui lui renvoya son regard perplexe. Que faisait-elle là ? Une chose était certaine, elle ne dépenserait pas la moindre mornille ici. Pour qu´elle aille dans les poches de ce personnage aussi aimable qu´un scroutt à pétard, non merci !

Décidée, elle redressa la bretelle de son sac à main et se pencha vers la chaise pour ramasser la robe qui avait été déposée. Mais la jeune femme suspendit son geste. Elle était si jolie… Après tout, essayer une robe, ce n´est pas l´acheter. Il y avait une très nette différence…

Convaincue par son propre raisonnement, la sorcière se débarrassa de son sac et entreprit de défaire délicatement les ficelles qui s´entrelaçaient dans le dos de son bustier.

Après plusieurs essais infructueux et un laps de temps certain – où Hermione se demanda très sérieusement s´il n´y avait pas seul Merlin qui pouvait percer les mystères insondables sur la manière d´enfiler cette robe – elle réussit finalement à la passer correctement et admira son reflet avec ravissement.

Cette robe était tout simplement… féerique. Grisée, la sorcière tourna plusieurs fois sur elle-même avec allégresse. Jusqu´à ce qu´un détail retienne son attention. Sa taille ne lui avait jamais parue aussi fine et pourtant elle se sentait aussi bien que dans son pyjama. Décidant qu´il s´agissait là d´un subterfuge passablement fallacieux mais absolument génial, Hermione décida de jeter toute tentative de compréhension aux Oubliettes et continua de faire plus ample connaissance avec sa toilette.

Un fantastique sourire aux lèvres, la jeune sorcière ne se lassait pas de contempler son reflet. Cependant, son air rayonnant se flétrit bien vite.

- Mademoiselle, lança une voix trainante d'une des cabines avoisinantes, il me semble vous avoir demandé une couleur anthracite pour ce pull et non ce détestable taupe. Pourriez-vous donc m'apporter ce que je désire, continua la voix aigre-douce, si toutefois cela ne dépasse pas l'ensemble de vos facultés ?

- Tout… Tout de suite Mr Malefoy…

Le sourire d'Hermione se figea. Pourquoi n'avait-elle pas reconnu cette voix plus tôt ? Cela faisait combien de temps qu'elle ne l'avait pas entendu ? Visiblement assez longtemps pour avoir eu le bonheur de l'oublier…

- Mademoiselle ? Tout se passe bien ? Pourriez-vous ouvrir le rideau pour que nous puissions voir ce que cela donne avant que je ne reparte en rayons pour l'un de nos clients ?

A ce moment-ci, Hermione aurait tout donné pour n'être plus qu'une minuscule souris. Pourquoi fallait-il que cet idiot soit ici à ce moment-ci ? La jeune femme tira donc progressivement le rideau, une boule douloureuse nichée quelque part entre les côtes, en priant Merlin pour que son charmant ancien camarade de classe soit bien sagement à l'intérieur de sa cabine. Non pas qu'elle eu peur de lui. Elle savait se battre de façon remarquable et il ne faisait aucun doute qu'elle le surpassait largement dans ce domaine-là. Mais de tous les livres que les yeux de la jeune femme avaient pu dévorer depuis son enfance, aucun ne lui avait appris comment faire face à ses piques acérées.

Le nez prudemment sorti dans le maigre espace qu'offrait le rideau, la jeune sorcière jeta un coup d'œil à l'extérieur. Personne… Si ce n'est le visage de la commerçante à quelques centimètres seulement du sien dont les yeux, cerclés de leurs si élégants binocles, lançaient un regard suspicieux.

- Venez donc ici, invita-elle en désignant de la main le centre de la pièce .

A contre cœur, Hermione repoussa le rideau et marcha jusqu'à l'endroit demandé. Le regard acéré, la vendeuse tourna plusieurs fois autour d'elle sans prononcer un mot.

- Elle vous va comme un gant, finit-elle par dire. Je me doutais que celle-ci vous irez le mieux mais de là à ce qu'elle vous aille aussi bien, poursuivit-elle sans pouvoir détacher son regard de la robe.

Ravie, Hermione s'apprêta à rejoindre sa cabine lorsque le rideau d'une des cabines voisines s'ouvrit avec brusquerie.

- Faut-il donc que j'attende ici une éternité entière pour avoir ce que je vous ai demandé ? Ce n'est pourtant pas tr…

Le reste de la phrase resta suspendue à ses lèvres, qui, à ce moment-ci, formaient un « O » parfait. Mais celui-ci ne fut que de courte durée. Un instant plus tard, le coin droit de ses lèvres se retroussa en un léger rictus.

- Magnifique meringue, Granger… lança-t-il sarcastique avant de reporter son attention sur l'employée. Anthracite, la couleur, ajouta-t-il durement à son égard avant refermer le rideau sur lui dans un mouvement sec.

Le visage déterminé, Hermione se retourna alors vers la vendeuse, qui encore interloquée, restait fixée sans bouger, et lança sur un ton résolu : « Je la prends ».