Bonjour bonjour !

Voici le cinquième chapitre, j'espère sincèrement qu'il vous plaira ! =)


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Encore à moitié endormie et les yeux mi-clos, Hermione ouvrit la porte de la chambre qu'elle occupait le week-end au Terrier. Et ce qu'elle vit finit de la réveiller complétement.

Une fois n'est pas coutume, ce jour-ci, un dimanche, à neuf heures tapantes du matin, tous les membres du Terrier sans exception étaient sur le pied de guerre. « Le mariage d'Harry Potter » ou « le retour de Voldemort ». La jeune femme sourit intérieurement à la comparaison qui n'était, à vrai dire, pas si dépourvue de vérité à en juger l'indescriptible chambardement et le véritable capharnaüm qui régnaient sur les lieux. Les voix s'entremêlaient, s'interpellaient, des éclats de rires s'élevaient dans les airs, les portes claquaient et des exclamations retentissaient de toutes parts.

Les yeux d'Hermione pétillèrent de plaisir. Elle avait toujours aimé l'ambiance si spéciale du Terrier.

- 'Man ! s'éleva une voix de l'étage supérieur, tu n'as pas vu mon nœud papillon ?

- Non, Ronald ! répondit du rez-de-chaussée la voix excédée de Mme Weasley, je n'ai pas vu ton nœud ! Va voir si ce n'est pas George qui l'a ! lança-t-elle à tout hasard.

- A ce moment-ci, l'intéressé déboula de l'escalier inférieur, un grand sourire aux lèvres.

- Quand on parle du loup… dit la sorcière amusée.

- Chuuuut ! chuchota George en lui posant un doigt sur ses lèvres, j'ai donné le nœud à Perce ! Aucune chance que l'autre benêt devine où il est ! ajouta-t-il, le visage réjouit. Au fait, bien dormi ? On avait insonorisé la chambre, mais quand même, tu es une vraie marmotte ! dit-il en lui tapotant affectueusement l'épaule. Au moins, en voilà une qui a bien dormi, hein Perce ? ajouta-t-il en voyant son frère arriver sur le palier.

Ce dernier, ne semblant pas comprendre grand-chose à ce que son frère pouvait lui raconter, leur adressa un regard lunaire et poursuivit son chemin.

- Laisse tomber, je crois qu'on l'a perdu, dit George à mi-voix. Depuis qu'il sait que Pénélope vient au mariage, il est complètement ailleurs… En fait, ce n'est pas plus mal, je lui ai demandé où il avait mis le nœud de Ron, il ne savait plus. Notre cher Ronald peut donc toujours chercher… dit-il et un sourire satisfait vint étirer ses lèvres.

- Ah, Hermione, enfin levée ! s'exclama Ron, dont le visage venait d'apparaître par-dessus la rambarde de l'étage supérieur.

Hermione releva la tête, surprise.

- Viens, Harry ne va pas bien.

La sorcière échangea un regard surpris avec George, avant de s'engouffrer dans l'escalier, le sorcier sur les talons.

- George, je sais que c'est toi qui a mon nœud, s'exclama Ron lorsqu'ils furent à sa hauteur. T'as intérêt à me le rendre sur-le-champ !

- Pff… Décidément, travailler ne te réussit pas, Ronny. Tu devrais sérieusement penser à arrêter, dit-il d'un ton léger. C'est bien simple, depuis que tu travailles, tu n'as jamais dit autant d'idioties…

- Quoi ? s'exclama son cadet dont les joues, constellées de taches de rousseur, s'empourprèrent dangereusement. Tu dis n'importe quoi ! Et tu oublies un peu vite que tu t'adresses au collaborateur officiel du Ministre de la Magie, lança-t-il pompeusement. Je suis un membre reconnu du Ministère !

- Ce qui officialise ce que je dis… ne put s'empêcher d'ajouter son frère, les yeux pétillants de malice.

Soucieuse de l'état de son ami, Hermione ne prêta pas attention aux douceurs fraternelles qu'échangeaient les garçons et poussa la porte de la chambre de Ron avec appréhension.

- Harry ! Mais… Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?

Au milieu des couleurs jaunes criardes de la chambre du rouquin, Harry, assis sur son lit et toujours vêtu de son pyjama, adressa un pauvre sourire las à son amie. Ses yeux étaient cerclés de saisissantes cernes violacées sous lesquelles pendaient de lourdes poches de fatigue. Peinée de voir son ami dans un si piètre état, la jeune femme traversa la pièce et s'accroupit aux pieds du sorcier.

- Harry, comment tu te sens ?

- Disons que j'ai connu mieux, répondit le sorcier, les traits du visage crispés par la douleur alors qu'il passait une de ses mains sur sa nuque endolorie.

- Mais… qu'est-ce qu'il s'est donc passé ? demanda la sorcière.

- Pour parler franchement, je n'en sais rien du tout.

- Pour parler franchement, reprit George avec un air espiègle, mon petit doigt me dit qu'une certaine personne aurait un peu abusée de sa soirée d'enterrement de vie de garçon …

A ces mots, Harry jeta un regard sombre au sorcier. Avant de se tourner vers Hermione qui le regardait d'un œil suspect.

- Mais non, pas du tout ! se défendit-il en accompagnant ses dires, comme pour les confirmer, de grands mouvements de mains. Je ne me souviens quasiment de rien, si ce n'est…

- Si ce n'est la sublime fille qui t'a raccompagné… le coupa George avec un regard entendu.

Cette fois-ci, ce fut Harry et Hermione qui adressèrent de concert un regard noir au sorcier.

- Si ce n'est ? reprit la jeune femme qui avait appris depuis longtemps quel degré de véracité accorder aux propos de George.

- Quand je suis rentré avec Ron, j'étais épuisé, vraiment vidé et pourtant… je n'ai pas réussi à fermer l'œil de la nuit. Je pensais au mariage. Pour moi, il n'y a aucun doute, je sais que c'est Ginny. C'est comme… une évidence. Mais pour elle ? demanda-t-il en tournant ses yeux anxieux vers Hermione. Qui peut dire que je suis réellement la personne qu'il lui faut ? Pourquoi moi et pas un autre ? Et qui dit que je serai vraiment à la hauteur ? Est-ce qu'elle ne ferait pas ça parce que tout le monde nous voit ensemble depuis longtemps sans se demander ce dont elle a véritablement besoin ? Et si…

- C'est bon, c'est bon, je crois qu'on a saisi l'idée, interrompit George en se massant les tempes, fatigué avant l'heure du problème qu'ils avaient à affronter.

- Harry, je ne vois pas comment tu as bien pu te mettre une idée pareille en tête, commença Hermione d'une voix apaisante mais ferme, mais sincèrement, s'il y a bien quelque chose de sûr, c'est que Ginny rêve de ce moment depuis qu'elle t'a connu. Depuis ses 11 ans elle ne nous parle que de toi…

- Tu veux dire qu'elle nous a vraiment saoulé… interrompit Ron avec une moue moqueuse.

- Tu es la personne qui lui faut Harry, reprit Hermione, et toi, le jour de ton mariage, tu remets tout en doute ?

- Que veux-tu, dit George, « Monsieur » affronte le plus grand sorcier de tous les temps, mais sitôt qu'il se marie, il n'y a plus rien à en tirer ! Une vraie lopette ! reprit George en tapotant l'épaule d'Harry.

Celui-ci avait le regard perdu sur un point fixe devant lui.

- C'est pas faux… avoua-t-il en souriant malgré lui de la situation. Il regarda Hermione puis George et Ron tour à tour.

- Je peux compter sur vous jusqu'au bout ? demanda-t-il d'une voix mal assurée.

- Et un peu que tu peux compter sur nous ! s'exclama George. Tu te maries avec ma sœur mon vieux, alors même si je dois te porter jusqu'à l'autel, ce mariage aura lieu ! dit-il en lui assénant une grande claque amicale entre les omoplates. Un sourire de reconnaissance éclaira alors le visage d'Harry malgré la douleur.

- Oh là là, mais il est affreusement tard ! s'exclama Hermione, paniquée, en regardant sa montre. Il ne reste qu'une demi-heure !

Tous les regards convergèrent alors vers Harry. Celui-ci, toujours en pyjama, demeurait immobile au milieu de pièce, un sourire heureux accroché sur ses lèvres, l'esprit planant sûrement fort loin puisqu'il ne semblait aucunement affecté des dernières paroles d'Hermione.

- Bon les enfants il va falloir s'organiser ! s'exclama George en sortant Harry de sa rêverie. Hermione, tu vas chercher de quoi maquiller et tu refais ce visage qui n'a plus rien d'humain. Ron, tu vas voir Perce et tu lui demandes de passer à Harry quelque chose pour personnaliser son costume. Un mouchoir, une fleur, n'importe quoi, de toute manière il a du choix, il adore ces trucs-là… Et moi je vais chercher en bas le costume d'Harry. On se retrouve ici et toi, lança-t-il à l'adresse d'Harry qui, immobile, regardait la scène plus qu'il ne la vivait, tu ne bouges pas d'ici !

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- Mais Hermione qu'est-ce que tu fais-là ?

- Je mets de l'anticerne, Ron. L'anticerne, comme son nom l'indique, permet de camoufler les cernes.

- Mais ça va se voir ! Tu ne peux pas lui mettre ça ! Arrête, tu en mets beaucoup trop ! s'exclama-t-il en interrompant son geste.

- Ron, je sais ce que je fais ! Laisse-moi faire à présent ! répondit-elle énervée en dégageant son bras d'un geste sec.

Le rouquin eut un ricanement méprisant.

- Tu sais ce que tu fais, sérieusement ? Alors là, c'est la meilleure ! Depuis quand est-ce que tu sais maquiller Hermione ? Excuse-moi mais depuis le temps qu'on se connaît, je n'ai jamais eu l'occasion de le remarquer… Alors tu fais comme tu veux, mais si tu souhaites utiliser tes « incroyables talents » sur Harry, je peux garantir qu'il restera comme toi, célibataire pendant longtemps !

Ces dernières paroles furent de trop pour Hermione. Elle ferma les yeux puis s'obligea à respirer profondément pour chasser les larmes qui affluaient malgré tout sous ses paupières. Ce n'était pas de la colère qu'elle éprouvait. Ron avait depuis perdu depuis longtemps le pouvoir de la mettre en colère. Cependant, ses mots parvenaient toujours à la faire mouche exactement là où ça faisait mal et le sorcier ne ratait visiblement aucune occasion pour le faire.

- Sors Ron, dit Harry d'une voix contenue.

Ron demeura immobile, sans comprendre.

- J'ai dit sors ! s'écria Harry hors de lui en empoignant Ron par le col et en le jetant hors de sa propre chambre.

Il se retourna et s'apprêtait à réconforter Hermione mais celle-ci tourna la tête dans la direction opposée pour masquer ses larmes. Le sorcier comprit qu'elle n'avait pas envie d'en parler et n'insista pas.

- Je me demande ce que tu as d'autres dans ta formidable trousse… demanda Harry en jetant un coup d'œil curieux à ladite trousse. Mais… c'est quoi ce truc ? dit-il en tenant par le bout des doigts un recourbe-cil, qu'il considéra du même regard que celui de l'archéologue découvrant un objet insolite.

Hermione ne put s'empêcher de sourire à ce spectacle. Elle reprit ses instruments et acheva son travail sous les plaisanteries de son ami qui chassa ainsi le dernier nuage de tristesse de la pièce.

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Lorsque les souliers vernis de Drago Malefoy se posèrent sur l'herbe douce et verte de la propriété des Weasley, ce que découvrit le sorcier autour de lui le laissa muet de surprise. Loin de ce dont il s'était imaginé, le Terrier se dressait devant lui tel un coquet cottage de briques rouges, surmonté d'un lourd toit de chaume jaune paille. Des étendues fleuries – vraisemblablement féeriques compte du nombre incalculable de fleurs – se déployaient autour de la maisonnette, sillonnées par de petites allées d'herbe fraîchement coupée.

Le sorcier emprunta une de ces allées et entreprit de descendre la pente douce de la colline où il se trouvait. Des petites boules de pollen, légères et blanchâtres, voletaient tout autour de lui dans les airs. Drago fronça les sourcils, méfiant. Puis respira profondément un air qui lui sembla saturé de parfums, avant d'éternuer bruyamment.

« Merveilleux... », se dit-il. Depuis tout petit, il était allergique aux pollens. Ce n'était d'ailleurs pas pour rien qu'il avait toujours préféré à Poudlard la fraîcheur agréable et rassurante des cachots au début de l'été… Il contempla avec appréhension les milliers de fleurs qui offraient leur nectar doré à ses yeux mais surtout à son nez puis décida d'aller se réfugier sous l'immense tente rouge-grenat où tous les invités se pressaient.

Près de l'entrée de la tente, M. Weasley semblait en grande conversation avec plusieurs dignitaires de ministère.

- Une « ton-deu-se », articula-t-il en désignant les allées d'herbe fraîchement coupée. Un bijou véritablement révolutionnaire qui va marquer le monde sorcier… prédit M. Weasley en agitant un doigt prophétique devant lui.

Drago dépassa le petit groupe sans leur accorder plus d'attention et pénétra dans la tente.

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- Ginevra Molly Weasley, consens-tu à prendre Harry James Potter ici présent pour époux légitime, à vivre avec lui selon l'ordre de Merlin, dans l'état sacré du mariage? L'aimeras-tu…

Drago se mordit une nouvelle fois la lèvre inférieure du bout des dents dans un geste d'impatience alors que le mage continuait sa litanie. Qu'est-ce qu'on pouvait bien faire de toutes ces fanfreluches ? pesta-t-il intérieurement. Si ces deux idiots étaient là, c'est qu'ils devaient s'aimer, alors pourquoi assommer l'assistance avec un discours aussi inutile qu'interminable ?

En désespoir de cause, le sorcier laissa glisser son regard morne sur ce qui entourait l'autel. La décoration avait été simple, assez sobre, en somme plutôt élégante même si elle restait trop simple et provinciale aux goûts du sorcier. Puis son regard s'attarda sur les demoiselles d'honneur qui restaient à la gauche de la mariée. Il en avait bien une qui était plutôt mignonne… Puis il y en avait deux autres qu'il ne connaissait pas et, compte tenu de leurs aspects, ne souhaitait pas connaître davantage, puis enfin Granger.

Il détailla quelques instants cette fille qu'il n'avait jamais pu encadrer. Elle ne paraissait pas avoir beaucoup changé. Sa masse de cheveux étaient nouée en un gros chignon plus imposant qu'élégant, d'où s'échappaient quelques mèches rebelles. À croire qu'elle s'était préparée en cinq minutes, pensa-t-il avec dédain sans se douter à quel point il était proche de la réalité. Le maquillage était réduit à son strict minimum et un air, que le sorcier jugea écoeuramment mièvre, flottait sur son visage. Au final, conclut-il, seule la robe était correcte, même s'il aurait choisi un modèle plus séduisant.

- Je vous déclare donc mari et femme ! lança le mage d'une voix forte et solennelle avant qu'un tonnerre d'applaudissements et d'exclamations joyeuses retentisse dans toute la salle. Portés par leur enthousiasme, Ginny et Harry s'embrasèrent avec passion avant de se séparer, confus, sous les sifflements de l'assistance. Ils remontèrent l'allée centrale et les invités se levèrent pour les suivre. Drago bondit de son banc avec allégresse. On allait enfin passer à table !

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Sous la tente, dans l'immense pièce qui servait de salle de réception, une certaine confusion régnait. Les uns semblaient en grandes conversations avec des connaissances qu'ils n'avaient pas revus depuis des décennies et qu'ils étaient bien décidés à ne plus jamais quitter, tandis que d'autres, les sourcils froncés et le regard concentré sur le plan d'orientation de l'entrée, semblaient avoir le plus grand mal à déterminer où se trouvait leur place parmi les îlots de tables qui peuplaient la grande salle.

Drago repéra sa place et constata avec un certain soulagement que les invités qui seraient autour de lui lui étaient parfaitement inconnus. Rien de pire qu'un ancien ennemi qui se permet des familiarités pour vous couper l'appétit…

Le sorcier rejoignit sa table et prit place à côté de ce que Drago nomma intérieurement de « vieille peau ratatinée ». Vêtue d'un surprenant chemisier à poids multicolores, cette vieille dame, au visage rond et avenant, vitalisé par deux pommettes roses bien rebondies, jetait au sorcier un regard curieux.

- Excusez-moi mon garçon, comment vous appelez-vous ?

Drago resta interdit un instant. Il s'était attendu à ce que les invités qui l'entouraient ne le connaissent pas « personnellement », mais sa réputation le précédait partout où il allait et aucun sorcier ne semblait l'ignorer.

- Vous ne savez pas qui je suis ? demanda lentement Drago.

- Je n'ai pas ce plaisir mais ça ne saurait tarder ! reprit la vieille femme avec entrain.

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- Amélia ! Vous souhaitez rentrer ?

Mrs Phillips s'était approchée d'Hermione par de petits pas mesurés. Le repas venait de s'achever et quelques invités s'étaient déjà mis à danser.

- Si cela ne te dérange pas Hermione, cela serait très aimable de me raccompagner. Je maîtrise encore très mal cette poudre de chemisette...

- Cheminette, reprit Hermione distraitement en se levant de sa chaise.

- En tout cas Hermione, je tiens, avant de partir, à remercier tes amis de m'avoir invitée. J'ai passé un très bon moment !

- Vraiment ? demanda la sorcière, enchantée de cette nouvelle.

- Mais absolument ! J'ai mangé en très agréable compagnie… dit Mrs Phillips en désignant de la tête Drago Malefoy qui, au fond de la salle, invitait l'une des demoiselles d'honneur à faire quelques pas avec lui sur la piste.

- Voilà un charmant garçon, poursuivit la vieille dame en donnant un léger coup de coude à Hermione accompagné d'une œillade malicieuse, dont je prendrais bien le nom de sa cheminée !

Hermione la regarda avec incrédulité sans comprendre. Puis se dit que cette chère Amélia devait perdre la tête, avant de considérer qu'il était vraiment mal de penser une telle chose et de l'emmener directement faire ses remerciements auprès de Harry et Ginny sans se poser plus de questions.

- Au fait Hermione, dit Mrs Phillips en s'éloignant du couple, j'ai apprécié de voir ce mariage entre tes amis, mais moi, le mariage que veux voir, c'est le tien !

- Oulà ! s'écria George qui avait couru pour les rejoindre et avait, de fait, entendu la fin de la phrase. Notre Hermione, si difficile, se marier ? J'espère que vous avez prévu de vivre suffisamment longtemps pour voir cela !

- Mais moi aussi mon garçon, répondit-t-elle en souriant.

- Dans ce cas, j'espère pouvoir assister à votre centième anniversaire, poursuivit George d'un ton léger.

- Mais pourquoi pas… répondit-elle en jaugeant George d'un œil sérieux. Vous me paraissez être en excellente forme mon garçon.

Sidéré, George partit d'un grand éclat de rire et dut accélérer le pas pour les rejoindre à l'entrée de la maison.

- C'est absolument merveilleux tout ce que l'on peut faire avec la magie ! s'exclama la vieille dame en pénétrant sur le seuil du Terrier. L'intérieur avait été recréé à l'identique de ce que le Terrier avait été avant d'être brulé. Seule la façade extérieure – qui ne laissait nullement supposer une architecture intérieure aussi farfelue qu'incroyablement élevée – avait été reconstruite.

- Avant de partir, laissez-moi offrir une petite douceur… dit George en présentant à Mrs Phillips un bonbon enrobé d'un tissu aux couleurs acidulés.

- Tu ne vas pas lui donner ça George ! intervint Hermione d'un ton sans répliques. C'est un bonbon à hoquets et tu le sais très bien, ne joue pas l'innocent ! ajouta-t-elle alors que George prenait un air surpris.

- Laisse Hermione, interrompit Mrs Phillips en prenant le bonbon au grand étonnement des deux sorciers. Je trouverais bien quelqu'un à qui le donner… On y va ? dit-elle alors en se positionnant dans la cheminée, sous le regard incrédule des deux sorciers.

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Accoudée confortablement sur le rebord d'une table, Hermione se reposait un peu. Après avoir raccompagné Mme Phillips, la sorcière était retournée au Terrier pour profiter du reste de la fête. Sous la tente, quelques tables avaient été dématérialisées pour laisser place à une large piste de danse. Hermione passa ainsi un formidable après-midi, que ce soit avec Harry, George - qui lui fît enchaîner des rocks endiablés sans se soucier de l'état d'asphyxie quasi-complet dans lequel se trouvait sa cavalière - quelques vieux amis de Poudlard qu'elle avait été heureuse de retrouver comme Olivier Dubois, Seamus, Dean, et surtout Neville qui était venu avec Luna, puis quelques amis d'université d'Harry.

Un verre de limonade bien fraîche entre les mains et une paille entre les dents, Hermione profitait du spectacle qui s'offrait à elle.

Ginny et Harry, dans un coin de la piste, exécutaient une danse lente, plutôt intime et se regardaient comme s'ils étaient seuls au monde ce soir-là. Ginny était resplendissante. Ses cheveux flamboyants retombaient en cascade sur ses épaules et sur la blancheur cotonneuse de sa robe tandis qu'Harry, malgré un petit air fatigué, semblait le plus heureux des hommes. A quelques pas de là, Ron avait quelques soucis de coordination avec sa partenaire puisqu'on pouvait entendre distinctement ses « oups », « pardon », « encore désolé » depuis la table d'Hermione. Pas très loin, Percy et Pénélope dansaient tous d'eux de manière presque parfaite, avec des gestes bien travaillés même s'ils conservaient entre eux une certaine distance. Et parmi tous les couples qui dansaient, George, la fille de Fleur et Bill dans ses bras, tournoyait et virevoltait en confondant sûrement piste de danse et terrain d'auto-tamponneuses. Mais cela ne semblait visiblement pas déranger la petite Victoire qui riait de joie dans ses bras.

A quelques mètres d'Hermione, une autre personne ne dansait pas. Le seul représentant de la famille Malefoy se tenait près de la gigantesque pile de cadeaux et laissait son regard dériver sur ceux qui étaient ouverts. Par sa forme, l'un d'entre eux retint son attention.

« Pour ma Ginny. Avec toute mon affection. Hermione », lut Drago en contemplant avec perplexité à quoi le mot était rattaché. Trois flacons en verre à l'aspect extrêmement soigné reposaient sur le papier glacé. A l'intérieur, le liquide chatoyant ne laissait aucun doute sur la nature du présent : des fioles d'alcool !

- Par les couilles de Merlin, marmonna Drago à qui la surprise faisait visiblement perdre toute notion de politesse, le fou qui m'aurait dit qu'un jour Granger se mettrait à offrir de l'alcool à quelqu'un, je lui aurais dit d'aller faire un tour à St Mangouste…

A ses côtés, une personne ricana à ses mots. Drago se retourna, irrité. Pour découvrir Nott. Théodore Nott, l'ancien serpentard avec lequel il avait bien malgré lui, partagé dortoir et cours pendant des années à Poudlard. Malgré le temps, il n'avait que peu changé. Toujours assez petit, il avait conservé les mêmes cheveux courts jaune paille à l'aspect toujours graisseux, le même regard vitreux, le visage pâteux et enfin la même petite bouche aux lèvres pulpeuses et rosés qui étaient en ce moment même retroussées pour laisser échapper un ricanement moqueur.

- Alors Nott ? répliqua Drago d'un ton glacial. Puis-je savoir ce qui t'amuses tant ?

Les lèvres de l'interpellé s'élargirent davantage avant qu'il ne se décide à parler.

- C'est que ce n'est pas de l'alcool.

Drago le regarda sans comprendre. Bien sûr que si, c'était de l'alcool. Même la forme extrêmement étudiée des fioles lui rappelaient celles des flacons d'alcool qu'il faisait en édition limitée à cause de leur prix excessivement coûteux…

- C'est du parfum, poursuivit Nott. Du parfum moldu.

Drago eut du mal à dissimuler son étonnement.

- Dans le monde moldu, poursuivit Nott visiblement heureux de raconter ce qu'il savait et de clouer le bec pour une fois à Malefoy, les parfums sont considérés avec une grande valeur… Rien à voir avec nous. Pour nous, un parfum, ce n'est qu'une odeur d'agrément issue directement d'une fleur et sans grande valeur ajoutée. Chez les moldus, ils font de véritables études autour des parfums, sur la manière de les marier et de les combiner pour produire de véritables œuvres d'art olfactives…

Nott jeta un regard en biais à Drago et devant son air stupéfait, arbora un petit air satisfait. Sans se douter qu'il venait de semer dans l'esprit du sorcier une précieuse idée. Car de son côté, Drago réfléchissait. Il n'avait en effet jamais envisagé les parfums d'une autre manière qu'on lui avait appris depuis tout petit. Mais force était de constater qu'il y avait un produit qui était totalement inexistant chez les sorciers : le parfum de luxe. Et qui d'aspect s'apparentait parfaitement avec les fioles d'alcool qu'il faisait déjà… Pourquoi… Pourquoi est-ce qu'il ne se lancerait pas dedans ? Après tout, même si c'était une conception moldue des choses, cela avait de forte chance de représenter un nombre impressionant de gallions et peut-être même l'ouverture d'un autre coffre chez Gringotts… Qu'est-ce qui l'en empêchait après tout ?

- Et…, commença Drago bien malgré lui. Il avait horreur de demander quoique ce soit à quelqu'un, surtout s'il s'agissait des moldus. Ces informations sur ces parfums, on peut les trouver où ?

Nott sembla réfléchir un moment avant de dire lentement.

- Il y a peu, voire aucune information sur les travaux moldus dans le monde magique. Le seul endroit que je vois, c'est le département des Mystère où je travaille. Il y a une grande bibliothèque qui contient énormément de recherches et de travaux sur à peu près tout ce qui existe au monde et ça ne m'étonnerait pas de trouver quelque chose d'intéressant là-bas.

- Le département des Mystères ? fît le sorcier avec un froncement de sourcils, visiblement contrarié que sa tentative de se lancer dans quelque chose échoue si rapidement. Mais ça appartient au Ministère, aucun visiteur ne peut y entrer, surtout s'il s'agit de recherches d'ordre privé…

Le regard de Nott prit alors une lueur rusée.

- Pas toujours… dit-il énigmatique. Si tu connais des personnes qui peuvent t'introduire de manière légale contre un petit « encouragement »…

Drago hocha la tête lentement. Il n'y avait aucun doute sur la nature de cet encouragement… Sa décision était prise. Il allait au moins faire des recherches et voir sur quoi il allait aboutir. De toute manière c'était mieux que de tourner en rond comme il le faisait depuis plusieurs semaines.

- Demain après-midi, ça t'irait ? lança Nott.

- Entendu. Je t'attendrai dans l'atrium vers 15 heures.

Ils se serrèrent la main et Drago prit rapidement congé. En s'éloignant, il sortit de sa poche un petit carnet où plus d'une dizaine de noms inconnus étaient marqués. « Pansy va devoir honorer sa dette », pensa le sorcier avec satisfaction. C'est donc le sourire aux lèvres et en excellente humeur car cette conversation et ce nouveau projet lui avait redonné de l'entrain, qu'il quitta la tente pour transplaner directement au Chaudron Baveur.

De son côté, Théodore Nott le regardait s'éloigner avec un sourire malsain sur les lèvres. Il allait enfin pouvoir se payer toutes ces choses qui lui faisait envie et que son maigre salaire de jeune fonctionnaire ne lui permettait pas d'acquérir. Et… Son sourire s'élargit à cette pensée naissante. Il avait oublié de préciser que dans l'équipe des langues de plombs, une seule personne était présupposée à la bibliothèque. Cette personne avait été choisie en raison de son amour immodéré des livres et devait donc s'occuper de la bonne tenue de la bibliothèque en plus de ses travaux de recherche personnels. Et il ne faisait aucun doute que Malefoy allait follement apprécier cette personne… Ça sera en quelque sorte une « surprise de bienvenue »… A cette pensée, Nott se sentit beaucoup mieux car en définitive, il n'avait jamais pu supporter ce play-boy prétentieux.

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Voilou ! Ca sera tout pour ce chapitre, mais je n'ai pas besoin de vous faire un dessin sur la manière dont ils vont être amenés à se côtoyer ! ;) Et cette chère "mamie Amélia", comment vous la trouvez ? J'avoue que je me suis bien amusée avec elle... ^^

Surtout, si vous avez des suggestions, des idées que vous aimeriez glisser dans les prochains chapitres, n'hésitez pas à me les soumettre, je verrai si c'est possible ou pas !

Et surtout, n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce chapitre ou de l'histoire en général, car malgré un nombre assez appréciable de lectures et de personnes qui ajoutent cette histoire dans leur alertes, au final, j'ai assez peu de « retours » et je ne sais pas du tout ce que vous en pensez. Et je dois avouer que c'est assez… démoralisant =) Donc si vous avez quelques secondes, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez (le positif comme le négatif), à communiquer (parce que faire une fanfiction, au-delà d'écrire une histoire, c'est aussi l'envie de partager quelque chose avec les autres) : je vous répondrai avec plaisir ! XD