Voici le 2e chapitre comme promis !

Bonne lecture !

Après avoir cheminé dans les champs avoisinants au village, être passé sur un vieux pont de briques et de bois, le père et le cheval s'engage dans la sombre forêt qui leur fait face.

-Attends Filibert. Dit John à son destrier pour le calmer et lui faire ralentir l'allure.- On a dû rater le croisement

Le cheval n'est pas rassuré quant à l'idée de traverser la forêt. Perdu dans la contemplation de sa carte, le père de Sam a peur d'arriver en retard et décide de prendre un raccourci. Les panneaux sur le chemin n'indiquent malheureusement pas grand-chose pour lui.

Le cheval regarde ce qui l'attend.

A droite, un chemin sombre, froid, humide et qui n'inspire pas du tout confiance.

A gauche, un chemin lumineux et rassurant.

Profitant du fait que son propriétaire est occupé avec sa carte, il tente de passer discrètement par la gauche mais… John se remet avant et lui ordonne de prendre à droite.

-Non je suis sûr que c'est par là. Ne fais pas ta tête de mule et prends ce raccourci. Ça va nous faire gagner du temps. Ordonne John en tirant sur les rennes pour diriger le cheval.

Contraint, le cheval n'a pas d'autre choix et entame l'avancée du chemin terreux sous ses sabots. Leur progression est lente et John ne décolle pas ses yeux de la carte. Le ciel sombre de ce début de soirée fait grincer des dents. Les branches nues des arbres tout aussi dépravés de cette forêt souligne l'attrait de l'ambiance effrayante de l'endroit au fur et à mesure du cheminement.

Le brouillard est bas mais une ombre noire passe non loin du cheval, dans les fourrés et la bête s'immobilise aussitôt pour tenter de savoir de quoi il s'agit.

Un hurlement de loup retentit entre les arbres, effrayant la pauvre bête qui se met à paniquer et recule.

-Mais c'est pas possible ça ! Tu nous emmènes où là Filibert ?! S'énerve John, relevant son nez de la carte. –tu as intérêt à faire demi-tour.

Mais le cheval a peur et continue de reculer sur lui-même. Les hurlements des loups se rapprochent et la bête panique.

-Doucement ! Doucement Filibert ! Doucement Grand dadet !

Mais le cheval a peur, et reculant toujours plus, il finit par cogner la charrette dans un tronc d'arbre derrière lui. Le choc a réveillé les bestioles qui y habitent et dont les yeux jaunes s'ouvrent dans la pénombre. Les chauves-souris s'envolent alors en poussant des petits couinements aigus. Elles se massent autour de John et de Filibert qui, effrayé, se cambre et reprend sa course complètement désorienté.

Il galope, se prenant des racines, des branches et il galope toujours… jusqu'à ce qu'un pic rocheux donnant sur le vide ne finisse par l'arrêter.

-Attention ! Dit John en tirant sur les rennes pour stopper l'animal. –Recule ! Recule Filibert !

Le cheval glisse un peu sur le rebord d'où quelques petits rochers s'échappent et tombent dans le vide devant eux mais finit malgré tout par reculer lentement.

-Comme ça, c'est bien mon grand. Doucement et calme, calme… Rassure John alors que la charrette recule encore.

Le cheval tourne alors sur lui-même, le père de Sam tentant de reprendre le contrôle avec les rennes mais le cheval est trop effrayé pour écouter tout ce qu'il tente de lui dire et, un nouvel hurlement lunaire l'effrayant, il se cambre laissant tomber son passager par terre sur les fesses, avant de s'enfuir au triple galop, poursuivit par les loups.

Le père de Sam se relève lentement, sa lanterne tombé sur le sol et brisée devant lui.

-Filibert ? Tente-t-il d'appeler mais seul le silence lugubre de la forêt lui répond.

Il se relève, ramasse son chapeau au sol et le remet sur sa tête. Il resserre sa cape autour de lui et regarde autour de lui, ne sachant trop quoi chercher. Mais soudain, sur sa droite, trois loups apparaissent, aussi effrayant les uns que les autres. Prenant peur, John commence à courir aussitôt poursuivi par les bêtes aux yeux jaunes incandescents.

Le vieil homme progresse rapidement entre les arbres, évitant du mieux que possible les branches basses alors que les grognements des loups se rapprochent derrière lui. Mais sa course effrénée se finit quand il se prend les pieds dans une racine et chute depuis une petite motte de terre.

Quand il relève la tête, une immense grille noire se trouve devant lui. Mais les loups derrière lui sont maintenant proches, si proches qu'ils s'arrêtent pour entourer leur future proie, tous crocs dehors.

Paniqué, le vieil homme s'empresse et fonce sur les grilles.

-A l'aide s'il vous plait ! Crie-t-il alors que les loups sont presque sur lui.

Les bêtes continuent de se rapprocher et prennent leur élan pour bondir sur lui. Mais heureusement, un pan de la grille s'ouvre et il s'engouffre à l'intérieur, tombant dans la précipitation. Les loups courent vers lui mais il parvient, à l'aide de son pied, à fermer la grille sur laquelle les loups s'écrasent en jappant de douleur. Soufflant d'avoir échappé au pire, John est surpris quand un des loups attrape son pied qu'il tente de faire passer au travers de la grille avant qu'il ne parvienne à le retirer.

Une fois sur d'être enfin à l'abri, il se lève et s'éloigne de la grille, laissant son chapeau derrière lui sans s'en rendre compte. Mais quand il se retourne, il est stupéfait de se retrouver face à un immense château sombre où une tête de lion garnit le mur au-dessus de l'entrée. La tour la plus haute atteignant la cime des nuages vu d'en bas alors que l'orage qui éclate n'en donne que plus de frissons et que la lumière flashant à intervalles irréguliers soulignent désagréablement ses contours. La pluie s'abat soudainement depuis le ciel sombre et le père de Sam s'empresse de courir jusqu'à l'entrée, passant rapidement sur le pont au-dessus du fossé.

Une fois devant les portes, il frappe et la porte s'ouvre toute seule. Sans chercher à comprendre, il s'engouffre à l'intérieur avant de refermer derrière lui. Son regard tombe ensuite sur un immense hall d'entrée vide.

-Houhou…

Il avance en tentant de se réchauffer du mieux qu'il le peut, tremper comme il l'est à cause de la pluie dehors.

-Houhou ?! Fait-il en mettant sa main en portevoix.

Il sursaute, des voix se font entendre sans qu'il ne parvienne à déterminer leur provenance. Plus loin, sur une commode, un chandelier et une petite horloge sont côte à côté.

-S'il vous plait, il y a quelqu'un ?

-Le pauvre vieux a du se perdre dans les bois…

-Tais-toi !

-Peut-être qu'il va s'en aller…

Il ne parvient toujours pas à savoir si l'endroit est habité. Plus loin, sur la commode, le chandelier et l'horloge voit des yeux leur apparaitre avant que, depuis ses aiguilles, l'horloge ne se tourne vers son compagnon de meuble.

-Pas un mot Garth, pas un mot ! Chuchote l'horloge au chandelier.

-Je ne voudrais pas vous déranger mais… euh… j'ai perdu mon cheval et il faut que je trouve un endroit où dormir cette nuit.

-Aller Bobby, un bon geste…

Mais l'horloge s'empresse de poser sa main métallique sur la bouche cirée du chandelier en lui intimant de se taire. Lasser de ce comportement enfantin, le chandelier fait chauffer au rouge le bras de son camarade avec sa flamme jusqu'à ce que ce dernier ne le libère avant de dire à voix haute.

-Bonsoir cher monsieur et bienvenue au château !

-Qui a dit ça ? Demande John en attrapant le chandelier allumé sur la commode.

-C'est moi. Dit ce dernier alors que le vieil homme se retourne sur lui-même pour tenter de trouver qui vient de parler.

-Qui moi ?!

Voyant qu'il ne trouverait pas sans aide, le chandelier l'appelle et, une fois devant son visage, lui fait peur. Effrayé, le père de Sam le lâche et le chandelier se retrouve au sol alors que l'homme s'éloigne de lui.

Finalement, sa curiosité d'inventeur prenant le dessus, John s'approche du chandelier parlant.

-Incroyable !

-Tu as gagné le cocotier, ah Garth bien joué ! Crie Bobby en s'approchant d'eux deux à grande vitesse, ses aiguilles tourbillonnant à chaque parole. –Tu n'en loupes pas une !

-Ça alors, comment ça marche ? Se demande John en regardant l'horloge qu'il tient désormais dans ses mains sous tous les angles.

-Posez-moi par terre ou je vais…. Ah non pas là… dit-il alors que ses pieds en bois se font chatouiller. –allons mon bon monsieur, un peu de tenue. Dit l'horloge en refermant sa petite baie vitrée d'un claquement sur le doigt du père de Sam qui commençait à trifouiller à l'intérieur.

-Aie… oh je vous demande pardon… je n'avais encore jamais vu une horloge qui parle et mph…

Finalement, il éternue sur le visage de Bobby, formant ainsi une buée grisâtre sur son cadran. L'horloge utilise ses aiguilles pour se dégager la vue alors que le père de Sam se mouche dans son foulard.

-Oh, vous êtes trempés mon bon monsieur. Venez-vous réchauffer auprès du feu. Dit Garth le chandelier en montrant le chemin vers la pièce à côté.

Le vieil homme le suit alors que Bobby tente de le retenir par le bout de sa cape, se trainant derrière lui, ses forces n'étant pas égales à celle de l'humain. Personne ne remarque dans l'ombre des escaliers en colimaçon, une grande ombre noire se déplaçant dans l'obscurité.

-Non, non et non. Je vous ordonne de faire DE-MI-TOUR ! Dit-il alors qu'il tombe dans les escaliers, prononçant une syllabe à chaque fois qu'il tombe sur une marche, jusqu'à atterrir en bas, quelques pièces de ses rouages volant par ci, par là. –Oh non, pas dans le fauteuil du maître.

Soudaine, entre deux de ses plaintes, un repose-pieds aboyant comme un chien, court pour aller se nicher sous les pieds de John afin de lui soulager les muscles de ses jambes qui avaient tant souffert.

-Je ne veux pas voir ça, c'est au-dessus de mes forces. Continu de se plaindre Bobby l'horloge.

-Bonjour mon petit chienchien. Dit affectueusement John.

Une fois installé sous les pieds, le repose-pied se pose et ne bouge plus. Puis un porte manteau vient le couvrir d'une couverture pour le réchauffer.

-Woh… quel service. S'étonne le vieil homme.

-Non ça dépasse les bornes, moi je reste à ma place et ha….

La petite horloge ne peut finir sa phrase qu'un charriot à roulette lui passe sur le corps pour s'arrêter près du fauteuil dans lequel le père de Sam est installé.

-Puis-je vous offrir une tasse de thé, il est prêt, ça va vous réchauffer. Dit une théière en servant le liquide depuis son bec jusque dans une petite tasse devant elle.

-Non pas de thé. Pas de thé. Continu de se plaindre Bobby.

John boit le thé dans la petite tasse qui se met à gesticuler avant de rire.

-Ses moustaches me font des guilis maman.

-Ohohoh… coquet. Dit le vieil homme, étonné, en s'adressant à la petite tasse.

Mais il ne peut aller plus loin que les portes par lesquelles il était précédemment entré dans la pièce s'ouvrent grandement alors qu'un coup de vent balais les flammes et éteint le feu de la pièce. Le chandelier tremble alors que la petite tasse part se réfugier derrière la théière, craintive de ce qui allait suivre. Le père de Sam tremble dans le fauteuil sans oser se retourner de crainte de tomber sur quelque chose d'effrayant.

Une immense ombre noire avance dans la pièce, s'agrandissant au fur et à mesure de son avancée, provoquant frissons et angoisses chez toutes les personnes et objets présents.

Et soudain, se tenant fièrement sur ses quatre pattes velues, une immense bête fait son apparition dans la pièce. La queue hirsute, les crocs dehors, son regard vert émeraude brillant au cœur de la nuit, elle descend lentement les marches qui la séparent du centre de la salle, grognant et rageant, la colère s'insinuait en elle. Reniflant l'air, elle comprend que quelque chose ne va pas alors que le vieil homme se terre autant que possible dans le fauteuil.

-Il y a un étranger ici ! Grogne la bête.

-Maître laissez-moi vous expliquer… euh… ce monsieur s'est perdu dans la forêt et… tente de dire Garth le chandelier alors que Bobby l'horloge se cacher sous le tapis.

Mais la bête grogne et rage tellement que son souffle puissant suffit à éteindre les trois flammes de Garth qui croise aussitôt ses bras de métal pour limiter les dégâts.

-Maître, je profite des circonstances pour vous dire que je n'ai jamais été d'accord, tout est entièrement de sa faute. J'ai voulu l'en empêcher mais…

Mais Bobby non plus ne peut terminer ses réclamations que la bête grogne à nouveau, le faisant se cacher une nouvelle fois sous le tapis, tremblant de peur. Le père de Sam, tremblant, regarde d'un côté du fauteuil puis de l'autre… et c'est là qu'il tombe sur la bête ! Effrayé, il quitte précipitamment le fauteuil alors que la bête marche dessus pour l'en éloigner de plus.

-Qui êtes-vous ? Et que venez-vous faire ici ? Grogne-t-elle.

-Euh… je me suis égaré dans la forêt et je… je…

-Votre présence m'est intolérable ! Rugit la bête en lui coupant la parole.

-Je m'excuse… je…

-Qu'est-ce que vous regardez ! Hurle la bête en se mettant sur ses deux pattes arrière, intimidant encore plus le père de Sam.

-Euh… rien, rien…

-Menteur ! Juge la bête de son regard assombri par la colère. –Vous venez vous repaitre du spectacle !

-Non, je ne vous veux aucun mal… Je cherchais juste un endroit où je pourrais…

-Un endroit dont jamais vous ne sortirez. Affirme la bête en attrapant le vieil homme par le col de la chemise.

-Non… non pitié non ! crie le père de Sam alors que l'ombre de la bête et la sienne apparaissent sur le mur où Bobby l'horloge, Garth le chandelier, Mary la théière et Adam la petite tasse sont regroupés pour échapper à leur maitre.

La dernière image du tableau se finit par la porte se refermant sur l'ombre de la bête emmenant avec elle le pauvre vieil homme qui ne cherchait qu'un abri pour passer la nuit sous cette averse qui déchirait le ciel. Son cri retentissant entre les murs vides de vie du château.

Voilà, j'espère que vous êtes content (s) et contente (s) de cette fic et que vous l'aimez.

Je vous dis à très bientôt pour la suite.

Salut/ au revoir/ tchiao… ^^