Un nouveau chapitre pour chasser la déprime de la rentrée =D

Je vous souhaite une belle et heureuse année à tous !

A bientôt,

WildRose


Réponse aux reviews anonymes:

Stiitch : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis ravie que t'aimes bien, j'espère que ce chapitre ne te décevra pas. Je ne suis pas très fière de moi pour la fin que j'ai peur d'avoir faite un peu rapidement pour publier pour tôt, mais bon. On verra bien ! =) A bientôt et bonne année !

Harry Potter Fan : Ah ben c'est pour maintenant… Je voulais publier pour les festivités de Noël, mais comme mes cadeaux ont été du contre-la-montre, la fic a dû attendre un peu ^^ A bientôt et bonne année !


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Vidée. Nerveusement épuisée. C'était ce qu'Hermione ressentait tandis qu'elle se dirigeait d'un pas vif vers les cheminées du hall d'entrée du Ministère. Elle avait terriblement envie de rentrer chez elle. Prendre une douche bien chaude et relaxante avant de se lover sous une couette douillette, Pattenrond pas loin…

Mais d'un autre côté, elle ressentait le besoin irrésistible de raconter tout ce qu'il lui était arrivé à quelqu'un. Elle avait toujours besoin de parler à quelqu'un quand ça n'allait pas et Harry et Ginny étaient d'habitude toujours là pour ça.

Quelle ironie. Pourquoi quelque chose comme ça devait-il arriver au moment précis où ses deux amis étaient partis en lune de miel, dieu sait où ? Qu'à cela ne tienne, elle irait embêter George… La boutique devait être encore ouverte à cette heure-ci et elle lui ferait un peu de compagnie.

Décidée, elle jeta un peu de poudre de Cheminette dans l'âtre vide et prononça d'une voie distincte «Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux ! ».

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Quelques secondes plus tard, Hermione atterrit dans la cheminée de l'arrière-boutique du magasin. Autour d'elle, un nuage de cendre s'épaississait tandis que s'époumonant, la sorcière essayait de se frayer tant bien que mal un chemin dans le labyrinthe de cartons qui s'élevait autour d'elle.

- George, j'espère pour toi que ta mère n'a jamais mis les pieds dans ton arrière-boutique. Elle a plus que besoin d'être rangée !

- Hermione ! s'exclama George tout sourire. Non, elle n'y a jamais mis un orteil et je compte bien qu'elle n'en mettra jamais un. Sinon adieu l'harmonie tranquille qui règne dans ce lieu.

- Ah, parce que tu trouves que ce véritable débarras, c'est harmonieux ? interrogea la sorcière, incrédule.

- Dans la vie, tout est relatif Hermy, lui répondit George avec un sourire énigmatique.

Deux secondes plus tard, Hermione sentit une main s'enfoncer profondément dans sa chevelure et la secouer vigoureusement.

- Ça par exemple, c'est harmonieux, s'esclaffa George en contemplant les cheveux de la sorcière, qui ne formait plus, à ce moment-ci, qu'un magnifique pétard.

- Oh, toi tu… commença Hermione d'une voix contenue tandis qu'elle essayait désespérément de reformer quelque chose de correct avec le plat de ses mains.

- Taratata… Pas de ça, tu m'adores et tu le sais, coupa George en lui lançant un clin d'œil malicieux. Dis-moi plutôt quel bon vent t'amène, poursuivit-il en se replongeant son attention sur la petite marmite qui mijotait sur le comptoir.

- Oh, bah, euh… Rien.

- Hermione, c'est aussi gros que quand Fred essayait de persuader Maman que toute la pile du magazine «Des dessous pas si sorciers » était à Percy...

Le regard lointain, un sourire heureux venait étirait ses lèvres tandis qu'il se remémorait le souvenir.

- Dommage que Maman nous l'ait interdit… Enfin bref.

Son regard lucide et amusé se posa sur Hermione.

- Alors, tu venais pour quoi ? Tu n'oses pas me dire que tu veux acheter la panoplie de jouets osés du fond du magasin, hein ?

- Hein ?! Mais non mais p… pas du tout, bredouilla Hermione scandalisée.

- C'est bon, c'est bon… calma George en riant. Tu prends tout trop au sérieux Hermione… Relax… Alors, quoi de croustillant ? dit-il en calant sa tête entre ses mains, prêt à l'écouter.

- Euh…

A ce moment-ci Hermione se demanda franchement pourquoi elle était venue s'adresser à George. Elle aimait bien rester avec lui, mais jamais il n'avait était le confident de tous ces petits problèmes et d'un coup, la montagne qu'elle s'était faite de l'événement de l'après-midi lui paraissait bien ridicule.

- Oh, rien de bien important, éluda-t-elle. Tu travailles sur quoi ? demanda-t-elle en se penchant sur la marmite.

George la regarda fixement.

- Franchement, j'ai déjà entendu des versions plus convaincantes… Je te le dis si tu me dis ce que voulais me raconter en venant ici.

La sorcière soupira.

- Très bien. Si tu veux tout savoir, mon patron m'a collé Drago Malefoy au travail. Cet imbécile que je n'ai pas vu depuis des siècles, je vais devoir l'assister dans toutes ses recherches pendant des semaines ! Aujourd'hui c'était ma première journée et cet abruti a déjà réussi à pourrir mon après-midi ! lâcha-t-elle avec colère.

Sans s'en rendre compte, la voix de la sorcière s'était progressivement élevée et faite plus aiguë, tandis que ses joues avaient prises une couleur rosée soutenue.

George la fixa d'un regard incrédule. Avant qu'un immense sourire vienne se nicher sur ses lèvres.

- Euh… George, t'as pas l'air d'avoir parfaitement compris ce que je venais de dire…

- Alors, ça « Bosphore » ici ? demanda Percy qui les avait rejoints.

Riant sous cape de sa blagounette qu'il était le seul à trouver drôle, il pencha son nez sur la marmite avant de se redresser et d'ajouter une feuille de houx d'un geste consciencieux.

- Alors ? demanda-t-il face au silence qui régnait.

- Hermione a un amoureux, lança George d'une voix lointaine, un sourire heureux aux lèvres.

- Hein ? s'exclamèrent à l'unisson Hermione et Percy.

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Ne plus jamais confier quelque chose à George.

C'était la résolution que prenait Hermione tandis que le carillon du magasin – un gazouillement charmant et fantaisiste d'oisillons - se transformait en un égosillement strident sous la force avec laquelle la porte se refermait derrière elle.

Non mais il n'y avait pas idées de sortir des trucs pareils… Mais le pire, ça avait été Percy.

Sentant la nécessité de faire partager sa sagesse à cet instant précis, Percy s'était drapé de son rôle d'aîné avant de s'éclaircir la gorge et de se lancer dans un discours. Le but étant de mettre en garde la jeune femme contre les déceptions amoureuses, lui recommander la plus grande vigilance et lui conseiller de s'assurer au préalable que ce garçon était bien comme il faut : gentil, poli, courageux et surtout honnête. Un panel de qualités qui auraient pu correspondre à n'importe qui, sauf à Malefoy.

Mais cela, Percy l'ignorait. Parti dans son élan, ses monologues étaient souvent aussi longs qu'ennuyeux et il avait était impossible à Hermione de l'interrompre pour lui dire que son stupide frère parlait en réalité de Malefoy. L'espace d'un instant, Hermione cru voir Mme Weasley sous les boucles rousses de Percy. Elle eut soudain très chaud et se sentit étouffée dans ses vêtements qui paraissaient d'un coup trop collants. Elle saisit son sac sur le comptoir d'un geste fébrile et se dirigea vers la sortie non sans avoir jeter à Gorge un regard assassin.

- Ben quoi ? demanda un Percy stupéfait tandis que les yeux accusateurs de George continuaient de le fixer. Je n'ai fait que lui prodiguer de bons conseils...

- Non Perce, tu lui as plutôt balancé des fadaises que même Mc Go n'aurait jamais sorties. Enfin bon, c'était plutôt marrant. Notre Hermione amoureuse… continua-t-il d'un air rêveur.

- Mais à quoi tu vois qu'elle l'est ? Cela ne transparaît pas pourtant …

- Mon pauvre Perce, dit George en contemplant son frère d'un air désolé, tu es brillant sur bien des points mais archinul pour des trucs aussi importants que ça. Mais ça se voit tout de suite ! Tu as vu comme elle était énervée ?

- Oui mais elle l'est tout le temps quand tu fais des bêtises…

- Erreur. Agacée oui, mais pas énervée comme ça… Et quand te souviens-tu l'avoir vu aussi énervée ?

Un blanc lui servit de réponse.

- Au Terrier et dans la salle commune, dit lentement Percy après avoir cherché un moment dans ses souvenirs. Avec Ron, elle criait tellement fort qu'il mettait impossible de révisait mes ASPICS correctement.

- Exact ! Avec notre Hermione, continua le sorcier en regardant la porte du magasin d'un air attendri, l'énervement force maximum, c'est un signe qui n'trompe pas…

Percy fit une moue dubitative.

- Mais avec Ron, c'est toujours pareil, il l'énerve toujours…

- Pff… Cet idiot ne l'énerve plus depuis un bail… Il ne sait plus que la blesser…

Percy jeta un regard perdu au chaudron. Décidément, toutes ces histoires compliquées, ça le dépassait.

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La matinée du lendemain passa rapidement. Trop rapidement au goût d'Hermione qui quitta à regret la salle du temps et les milliers de petits cliquetis qu'émettaient les horloges pour se rendre à la bibliothèque. Tandis qu'elle déambulait dans ses couloirs bleutés, elle sentit peu à peu une boule de stress se nicher entre ses côtes. Allons, c'est absurde, se dit-elle. Elle n'était plus la petite fille de Poudlard et pourtant, savoir qu'elle allait devoir faire face à Malefoy générait encore et toujours le même stress.

Une fois que tout fut correctement en place, elle se rendit à l'accueil où Malefoy l'attendait sûrement. Elle ne se trompait pas car celui-ci, penché sur le bureau de la standardiste, semblait en grande conversation avec cette dernière. La standardiste, une jeune femme qui remplaçait temporairement une de ses collègues partie en congé maternité, paraissait boire ses paroles, le regard perdu dans le gris métallique et électrique des yeux du sorcier.

Hermione ne fut pas vraiment surprise. Malefoy avait toujours eu une réputation de coureur invétéré et il semblait seulement que cela ne s'était pas arrangé avec le temps. Là où Hermione vu réellement rouge, c'est lorsqu'elle consulta le registre et constata que le vieillard qui était assis, seul dans un coin de la salle, attendait depuis plusieurs jours une autorisation pour accéder aux ressources de la bibliothèque.

- Alicia, dit Hermione d'un ton sec, pourquoi cet homme attend-il ici depuis plusieurs jours ? Vous avez pourtant un moyen de me contacter, pourquoi ne l'avez-vous pas utilisé ?

- Oh mais on m'a dit que pour toute demande d'autorisation, je devais m'adresser directement au chef de service et comme il n'est pas souvent disponible…, fît la standardiste avec une innocence dans la voix qui sonnait terriblement faux.

- Et bien lorsque ses demandes d'autorisation concernent la bibliothèque, ceci est de mon ressort et uniquement de mon responsabilité. Donc je vous demanderai de faire appel à moi à l'avenir aussitôt qu'un visiteur se présente, dit-elle en appuyant lourdement sur le mot « aussitôt ». Est-ce clair ? demanda-t-elle d'une voix exigeante et froide.

La standardiste lui lança un regard mauvais avant de marmonner un « oui » et de retourner à ses dossiers. Sur ce, Hermione pria le vieux sorcier de la suivre, ce qu'il s'empressa de faire, tandis que Malefoy derrière eux, les suivait en se disant que parfois, Granger avait un petit air de Rogue… Ce même ton intransigeant et sans appel... Il en allait faire la remarque lorsqu'après réflexion il se dit que ce n'était peut-être pas une bonne idée s'il voulait poursuivre ses recherches tranquillement…

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De son côté, Hermione prit le parti que moins elle aurait à rester avec Malefoy, mieux elle se porterait. Elle lui apporta ainsi les livres qu'il lui avait demandés la veille et s'éloigna sans un mot vers le vieux sorcier pour l'aider dans ses recherches.

Malefoy passa ainsi plusieurs après-midi ainsi. Il appréciait le calme de cette bibliothèque et surtout, que cette foutue Granger lui fichait la paix. Toutefois, plus il avançait dans ses recherches, plus il constatait que le domaine des fleurs, leurs arômes et leurs propriétés était un domaine réellement exploitable, mais dépassait largement son domaine de compétence. Peu à peu, il commençait à comprendre que ce qu'il essayait d'assimiler en quelques notes, il aurait fallu les vies de plusieurs spécialistes réunis et commençait à devenir pessimiste quant à l'issu de son projet.

Le front plissé et les lèvres pincées, Drago tentait tant bien que mal de se concentrer malgré la voix énervante de Granger qui chuchotait sans discontinuer. Non mais qu'est-ce qu'elle pouvait bien raconter avec ce vieillard ? Fallait voir avec quelle énergie elle remuait tous ces livres… Elle ne se rendait pas compte du boucan qu'elle faisait ? Visiblement pas.

Il reporta son attention à son livre tout en se demandant franchement pourquoi est-ce qu'il n'avait pas accepté l'aide de Granger quand elle lui avait proposée. C'est vrai après tout, cette fille était affreusement chiante, une née-moldue, mais il n'empêche qu'elle était la sorcière la plus douée de sa génération. Il était sûr qu'un problème comme le sien aurait été une partie d'enfant pour elle, quand il voyait avec qu'elle facilité elle menait les recherches du vieux fou sur l'expansion du Cosmos... Dommage, se dit-il en reprenant sa plume avec amertume, elle aurait pu lui être utile.

- Voulez-vous également un thé noir ? demanda Hermione tandis qu'elle se levait.

- Ca ne serait pas de refus… répondit aimablement le vieux sorcier en relevant ses yeux verts de son grimoire.

La sorcière s'éloigna vers le petit meuble où elle rangeait thés, cafés et petits gâteaux pour son usage personnel.

- J'en prendrai bien un aussi Granger … fît Drago de sa voix traînante lorsque la sorcière passa près de lui.

- Ces thés sont à moi Malefoy, répondit vivement Hermione, et j'en fais profiter qui je veux, aussi t'es prié de ne pas me prendre pour ta secrétaire. Maintenant si tu en veux un, tu as toujours les distributeurs du hall du Ministère, dit-elle en amorçant un geste pour s'éloigner.

- Oh mais il n'y a pas que des désavantages à être ma secrétaire… prononça Drago tout en se tournant vers elle et en écartant ostensiblement les jambes.

Une lueur amusée flottait dans son regard. Elle s'intensifia lorsque, malgré l'effort que faisait la sorcière pour ne rien laisser paraître, ses joues devinrent écarlates. Enervée par ce comportement puéril qui la rendait de surcroît extrêmement inconfortable, la sorcière finit par dire d'une voie dure et énervée :

- Malefoy, le jour où je serais ta secrétaire et devais t'apporter un thé, tu peux être sûr que je l'empoisonnerais.

- Granger, si un jour tu devais être ma secrétaire, répondit à son tour le sorcier d'une voix sibérique, tu peux être sûre que je le boirais.

Sans plus lui accorder un regard, il sortit de sa besace un portefeuille en peau de dragon rutilante et se dirigea vers la sortie en laissant plantée là une Hermione qui restait sans mots.

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- Intéressant ?

Hermione releva la tête de son grimoire. Malefoy était posté devant elle, ses yeux métalliques la dévisageant d'une étrange lueur.

- Mais encore ? interrogea-t-il avec une moue ironique, mais sans animosité.

Etonnée du manque suspect d'agressivité dans la voix du blondinet, la sorcière releva la couverture du grimoire avec méfiance.

- « La condition des elfes de maisons, d'hier à nos jours », lu le sorcier à haute voix. Comme un malheur n'arrive jamais seul, poursuivit-il d'une voix lasse, leur simple évocation provoque l'ennui… (*)

Hermione releva alors le menton et le considéra avec tout le mépris qu'il lui était possible d'exprimer avec un simple regard.

- C'est bon, inutile de monter sur tes grands hippogriffes. Je te signale que derrière tes airs de miss parfaite au grand cœur, tu ne fais rien de plus que moi pour une cause que soi-disant tu défends.

- Malefoy, tu es le plus…

- Il n'y a que la vérité qui blesse Granger, désolé de te l'apprendre, trancha-t-il en ajustant sa cape sur ses épaules. De toute manière je ne suis pas là pour me disputer, bien que j'adore nos petits échanges amicaux, poursuivit-il avec légèreté, mais pour te signaler que j'ai décidé d'arrêter mes recherches.

- Arrêter ? répéta la sorcière perplexe.

- Oui Granger, « arrêter ». Bien que je doute que répéter trois fois le même mot soit bien utile pour en saisir le sens.

Hermione le fusilla du regard et se leva.

- Bien, il y a quelques papiers à signer à l'entrée du département, dit-elle en se dirigeant vers la grande porte bleutée.

La sorcière marchait d'un pas rapide et décidé. En quelques enjambées, Drago l'avait rejoint et la dévisageait du coin de l'œil d'un regard amusé alors que le visage d'Hermione demeurait impassible.

- Ne cache surtout pas ta joie Granger...

Il n'aurait pas pu jurer l'avoir vu, mais il lui sembla qu'une esquisse de sourire vînt étirer les lèvres de la sorcière l'espace d'un bref instant.

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Parvenue au bureau de la secrétaire du département, Hermione fut stupéfaite de n'y trouver personne.

- Mais où a-t-elle pu bien aller ? marmonna-elle en contournant le bureau pour chercher le registre de présence et d'accès des visiteurs.

- Moi je n'en sais rien, prononça la voix chevrotante mais claire de Mme Philips, mais l'espèce de malotru qui l'a emportée dans l'ascenseur en lui faisant toutes sortes de choses inconvenantes, sûrement, dit-elle avec un regard entendu. Cela va faire une heure que je t'attends Hermione. Tu sais que je déteste prendre ces cheminées toute seule... Mais ma chérie, que fais-tu ?

- Ah, enfin ! s'exclama la sorcière en sortant un épais grimoire qu'elle laissa retomber lourdement sur la table. Elle souffla fortement pour repousser quelques mèches qui retombaient sur le devant de son visage avant d'ouvrir le registre et d'y chercher les pages les plus récentes.

- C'est ici, prononça-t-elle en direction Drago en posant son doigt sur l'endroit à signer.

C'est alors qu'émergea de l'ombre le sorcier qui jusque-là était resté discret.

- Oh, murmura la vieille femme en le reconnaissant. Mais c'est ce beau jeune homme…

Elle s'approcha alors, un sourire coquet aux lèvres.

- Bonsoir mon garçon ! Me reconnaissez-vous ? questionna-t-elle en lui tendant la main.

- Mais assurément Amélia, susurra Drago en lui retournant la main et en lui la baisant. Comment vous oublier ? ajouta-t-il avec un discret clin d'œil.

- Eh bien Hermione, remarqua Mme Philips, les pommettes rougissantes et comme ragaillardie, tu ne m'avais pas dit que tu avais d'aussi agréables visites…

- Malefoy est venu ici pour faire des recherches qui n'ont pas abouties, précisa la sorcière d'une voix sèche. Et c'est pourquoi il les arrête et ne reviendra plus, ajouta-t-elle en tapotant le registre du bout du doigt.

- Mais sur quoi portaient vos recherches ? demanda Mme Philips avec intérêt.

- Oh, une très belle idée qui reste malheureusement inexploitable, soupira Drago en sortant de l'intérieur de sa cape un lourd stylo argenté. Sur le pouvoir des fleurs, ajouta-t-il en s'abaissant vers le registre.

Avant de se redresser brusquement, comme piqué par un scroutt à pétard.

Car vouloir pénétrer imperceptiblement dans l'esprit d'une personne comporte parfois des risques. C'est ce qu'apprit Drago en cet instant. Comme avait pu lui apprendre Rogue il a quelques années, il était possible de pénétrer quelques secondes dans l'esprit d'une personne afin d'avoir une brève image de ce qu'elle pensait sans même qu'elle ne s'en rende compte. Pratique salutaire qu'avait conservée précieusement le jeune homme et à laquelle il se livrait de temps à autre. Et devant le visage étonné de cette vieille Amélia, le sorcier n'avait pu résister.

L'image d'un Drago ayant perdu son délicat teint blanchâtre, son air distingué et hautain, s'imposa alors dans l'esprit du sorcier tandis que l'imbécile qui lui ressemblait se balançait d'un air béat entre deux vahinés, un collier de fleurs autour du coup et un chapeau de paille sur lequel était inscrit en lettres multicolores « Flower Power » trônant sur sa tête.

- Mmm… commença Drago d'une voix blanche - toujours traumatisé par ce qu'il voyait, puis-je vous demander ce que cela vous évoque ?

- Oh, rien de bien sérieux, des folies de jeunesse mon garçon ! répondit la vieille femme avec entrain. Mais pourquoi étudier les fleurs ?

- Afin de lancer une ligne de parfum, dit-il en secouant légèrement la tête pour chasser la vision où les deux vahinés ressemblaient fortement à Mme Philips. Des parfums qui associent des arômes recherchés avec des propriétés magiques développées. Mais ce n'est pas vraiment réalisable…

- Et pourquoi ? demanda Amélia d'une voix forte et assurée.

A ce moment-là, Drago et Hermione tournèrent leur tête à l'unisson vers la vieille femme.

- Je suis botaniste mon garçon, poursuivit-elle avec un peu de malice dans le regard. Les propriétés des fleurs et la manière de distiller leurs essences n'ont plus de secrets pour moi… Pour les senteurs, ajouta-t-elle d'un air pensif, je ne suis pas experte. Mais mon défunt mari avait un ami qui est nez ! Je pense savoir où dénicher ce vieux Claudius… Vous voyez mon garçon, tout n'est pas perdu, acheva-t-elle en posant avec bienveillance sa main sur l'avant-bras du sorcier, sous les yeux horrifiés d'Hermione.

De son côté, Drago restait sans voix. Cette vieille femme un peu timbrée, qu'il connaissait à peine, lui proposait son aide comme si cela était tout naturel… Il ne savait pas quoi en penser.

- Ce qui m'étonne, ajouta Mme Philips, c'est que tu n'aies pas fait le rapprochement plus tôt Hermione… Toi qui es si vive d'esprit…

- Mais c'est parce que je ne pensais pas que Malefoy aurait le toupet d'accept…

- Le plaisir d'accepter, coupa le jeune homme d'un ton sec. Quand commençons-nous ? dit-il décidé.

- Le plus tôt sera le mieux.

- Demain après-midi ? proposa Drago.

- Parfait ! Hermione, ne rayes pas ce jeune homme de tes registres, je te prie, dit-elle en appuyant sur le bouton de l'ascenseur. Nous viendrons ici de temps à autre si ma mémoire me fait défaut comme c'est si souvent le cas… Ah et il ne faudra pas oublier de lui donner l'adresse de notre cheminée avant de partir. Il viendra par la poudre de chemisette, n'est-ce pas ? Bon, je vais m'acheter un petit quelque chose en bas. Je t'attends dans le hall… A demain Drago ! fît-elle tandis qu'elle pénétrait dans l'ascenseur et réajustait son chapeau.

Les portes écarlates de la cabine se refermèrent sur la vieille dame dans un claquement métallique sonore.

- « Notre cheminée » ? répéta Drago en se tournant vers la sorcière, un sourcil relevé et un sourire sardonique aux lèvres.

Décidément, Merlin faisait bien les choses.

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(*) : Cette réplique n'est pas de moi mais comme je l'aime beaucoup, et que je trouvais qu'elle collait tellement bien à Drago qu'il était vraiment trop dommage de faire sans, j'ai préféré la mettre quand même tout en ayant la franchise de préciser la source. Vous pouvez donc la retrouver dans le film Ridicule, que je vous recommande d'ailleurs vivement ! =)