Disclaimer : Tout est à JK Rowling, merci à elle de me prêter ses personnages !

Note : les conversations entre guillemets et en italique sont celles sur papier, les conversations entre guillemets mais en écriture normale sont des conversations à haute voix (explication qui s'éclaircira pendant la lecture)


Le jeune homme suivit du regard le petit bout de papier qui voletait à travers la classe tout en murmurant une formule magique pour qu'il arrive jusqu'à la bonne personne… en évitant l'œil paresseux du professeur de runes.

Le papier décrivit une courbe, sa cible était proche. Le jeune homme s'autorisa un petit sourire de triomphe mais le coup de coude de son camarade de classe arrêta net sa litanie.

« James ! Fais-donc un peu attention, s'il te plaît ! C'est important ! »

Le dénommé James lança un coup d'œil aigu à son ami et chercha du regard, en catastrophe, le bout de papier qui tourbillonnait au-dessus de la table… de la mauvaise personne.

Trop tard ! Il venait d'atterrir dans les cheveux d'une rousse incendiaire que James ne pouvait sentir.

Peut-être pouvait-il faire disparaître le papier… ? Le temps que James se rappelle de la formule à utiliser, la rouquine avait déjà passé ses doigts dans ses cheveux et trouvé le fameux papier qu'elle lisait en fronçant les sourcils. Elle le défroissa et James se prit la tête dans les mains.

Il soupira et le bout de papier apparut devant lui. Au-dessous de sa question était écrit : « quand les bouses de licornes auront des dents ! » à l'encre rouge.

Il releva les yeux, conscient d'être épié et se noya dans le plus beau regard vert d'eau qu'il n'eut jamais rencontré. Malheureusement, ce regard de jade appartenait à la rouquine colérique auquel le papier n'était pas destiné. Lui, il visait la blonde incendiaire aux courbes généreuses assises deux rangs plus loin.


Le bout de papier, chiffonné, voleta à travers l'étude silencieuse et atterrit sur le pupitre d'un James blanc de rage.

Sur le papier, à l'encre rouge, se trouvait écrit : « je préfèrerais qu'un Doxy m'embrasse ! »

« Oh vraiment » murmura un James en colère. « Mais pourquoi elle a de si beaux yeux ?! »

Ses camarades relevèrent la tête en fronçant les sourcils mais voyant la note dans les mains de leur ami retournèrent bien vite à leur travail en pensant que, franchement, James avait de drôles d'idées en matière de filles.


Une nouvelle fois, le papier s'envola d'un pupitre à l'autre. La correspondance entre ces deux-là s'accentuait, ils en étaient à une dizaine de papiers échangés par heure de classe.

Sirius soupira en se disant qu'il serait bien plus simple pour James d'aller essayer d'embrasser Lily, se prendre une claque – sa propre joue s'en rappelait encore – et passer à autre chose.

Le soudain manque de réaction de James inquiéta Sirius, qui levant le nez, trouva son ami souriant. Perplexe, il lui adressa une question muette.

James chassa sa demande d'un geste de la main et se dépêcha de répondre à l'encre verte, verte comme les yeux de celle qu'il essayait de courtiser – sans succès – depuis des mois.


« Je vois que tu n'utilises plus l'encre rouge pour m'écrire. Est-ce-que je t'amadouerais un peu ? »

« Je préfèrerais chevaucher un Abraxan. J'étais à court d'encre rouge. »

« L'orange te va bien, il est aussi brûlant que le rouge mais moins agressif. Je peux te proposer une promenade au clair de lune ? Il paraît que le parc de Poudlard est magnifique sous la pleine lune. »

« Essayer de dompter une Acromantula me paraît plus intéressant qu'une promenade à tes côtés ! »

« Tu comptes utiliser tous les animaux magiques recensés sur Terre ? Ça peut durer longtemps… Et si tu continues de répondre, ça veut dire que je t'intéresse ! »

« Tu ne sais pas ce que non veut dire voilà pourquoi j'ai dû me lancer dans cet échange sans queue ni tête avec toi au détriment de mes cours. Je ne répondrai plus à tes vol-papiers. »


Et Lily, fidèle à sa promesse, laissa les vol-papiers s'entasser sur son bureau.

James, désespéré, en envoyait de plus en plus qui restaient tous sans réponses.

Le menton dans les mains, James regardait par la fenêtre, inconsolable. Cette rupture de correspondance l'avait profondément touché et ses amis s'inquiétaient pour lui.

« James, ça te dit pas qu'on aille jouer une blague aux Serpentards ? On pourrait glisser de la crème glacée dans leurs lits ! » énonça Sirius le rigolo.

James ébaucha un sourire avant de se rappeler qu'il était triste : « Pas envie »

Peter ne disait rien, laissant ses yeux vagabonder de l'un aux autres, sans trop savoir comment entrer dans le débat.

Remus, les doigts croisés sur le ventre, détailla longuement James du regard.

« James, tu ne veux pas nous dire ce qui se passe réellement ? Je peux pas croire que des bouts de papier soient si importants pour ton bien-être ! »

James se redressa en soupirant et leur dévoila un secret bien gardé : son petit cœur ne battait désormais plus que pour une personne ! Le reste n'était que poussière…


« James Potter ! Lily Evans ! Félicitations, vous venez de décrocher un devoir en équipe. On se presse de changer de place, je vous prie ! »

Lily était toute rouge tandis que James se leva en soupirant et prit son temps pour rassembler ses affaires.

Ce n'était pas juste ! Lily n'avait pas mérité de se retrouver avec James-grosse-tête-Potter pour ce devoir de Maléfices super important pour les examens.

Elle retint une remarque désobligeante en voyant Potter traîner les pieds pour la rejoindre et se dit que ça n'allait pas être de la tarte de travailler avec lui.

« Est-ce-que je mets de la plume de capricorne ou une goutte de lotion de l'aigle cornu dans la potion ? »

« Tu es un ignorant, Potter ! C'est soit une plume d'aigle cornu ou de la lotion de capricorne. Arrête de bailler aux Vélanes et concentre-toi ! Et c'est une plume et un quart d'aigle cornu à ajouter. »

Le silence studieux de la classe inquiétait le professeur qui ne comprenait pas comment le duo Evans/Potter s'en sortait sans fausse note. Ces deux élèves l'exaspérait tellement qu'il avait cru bon de les mettre ensemble pour qu'ils provoquent une catastrophe et qu'il s'en débarrasse pour quelques heures.

Les amis de James et de Lily levèrent la tête. L'explosion tant attendue ne s'était pas encore produite et les deux élèves étaient penchés sur le chaudron avec une concentration extrême.

Puis Remus vit, du coin de l'œil, un bout de papier s'envoler du côté de James et atterrir dans la main de Lily. Il sourit avec indulgence. Finalement, ils allaient peut-être s'entendre ?


« Tu vas mourir, Potter ! »

La voix claire de Lily résonna dans la Salle Commune de Gryffondor et atteignit le dénommé James en pleine figure.

Il arbora un rictus moqueur.

« Ah oui Evans ? Et que vas-tu me faire ? » répondit-il.

« Te faire avaler la potion que tu viens de faire rater par ton ignorance des règles les plus élémentaires de la magie ! Je te conseille de faire attention à ta nourriture ce soir ! »

« Ah oui ? Et moi je te signale que je suis sorcier et pas à moitié moldu alors les règles de la magie, je possède, merci bien ! »

Le silence stupéfait qui s'abattit sur la Salle Commune valait mille discours : insulter une élève sur ses origines ne se faisait pas à Gryffondor.

Lily, qui avait presque franchi la porte à la fin de sa tirade, revint posément sur ses pas, sortit sa baguette d'un geste vif et la pointa sur James.

« Meurs, Potter ! »

Le garçon se renfonça dans le fauteuil où il se trouvait dans l'espoir futile de fuir la fureur froide de la jeune femme. Il eut quand même le temps de penser qu'elle était encore mille fois plus belle que la première fois où il l'avait remarquée avant de se retrouver englouti sous… des milliers de vol-papiers aux messages ridiculisant le jeune homme.


Un éclat de rire monta de la Grande Salle. James soupira, il ne trouvait plus la blague aussi drôle qu'au premier jour. Cela faisait une semaine et à chaque fois qu'il faisait un pas, des milliers de vol-papiers tournoyaient autour de lui.

Lily sourit, satisfaite. Cet idiot n'avait que ce qu'il méritait : après tout, il avait fait rater leur potion et l'avait traité de moitié moldu dans la même journée.

Un papier battit ses ailes de papillon tout près d'elle et se posa sur son bureau, léger.

« Viens me rejoindre dans la bibliothèque. Remus »

Lily leva les sourcils. Ce n'était pas dans les habitudes de Remus d'ordonner quelque chose à quelqu'un. La situation devait être grave. Elle se redressa du chaudron sur lequel elle était penchée, essuya la sueur de son front et se dirigea vers la bibliothèque.


« Lil', tu aurais un vol-papier à me prêter, s'il te plaît ? »

« Anne, demande à Potter, je suis sûre qu'il se fera un plaisir de t'en donner un » répondit Lily, voix forte et rictus moqueur.

James se retourna dans un froissement de papiers. Les vol-papiers l'entouraient toujours. Il ouvrit la bouche pour une remarque bien sentie puis se ravisa et s'avachit un peu plus encore dans le fauteuil près du feu où il avait élu domicile.

Remus accrocha du regard la jolie rouquine qui haussa les épaules, soupira, tendit sa baguette vers James Potter et les papiers disparurent.

Le silence se fit dans la salle, un silence que seul le grattement d'une plume dérangeait.

Puis un papier en forme de vif d'or vint bourdonner aux oreilles de Lily Evans qui l'attrapa nerveusement.

Le sourire espiègle de Potter ne lui disait rien qui vaille.


« Potter, tu es en retard ! Je t'attends encore cinq minutes et je m'en vais ! » pouvait-on lire sur le papier jeté à terre à la va-vite.


« Lily, tu es le soleil de mon cœur et je ne rêve que de tenir ta main » pouvait-on lire sur celui accroché dans un coin du miroir de la jeune fille.

La réponse était précieusement conservée dans le portefeuille de James Potter.


Ce soir-là, ils avaient rendez-vous aux Trois Balais. Leur histoire avait défrayé la chronique et les mauvaises langues s'étaient déchaînées. Mais ils avaient tenu bon, contre vents et marées. Et ce soir, ils fêtaient leur troisième anniversaire en tant que couple.

Lily soupira en passant la porte. A chaque fois qu'elle revenait ici, tant de souvenirs heureux l'assaillaient de toutes parts. Et ils avaient bien besoin de la moindre miette de bonheur en ces temps de guerre. Elle espérait que James ne serait pas en retard.

Elle se dirigea vers une table d'angle et commanda au passage une Biéraubeurre à Mme Rosmerta qui l'avait reconnue et l'accueillait avec un sourire de conspiratrice.

Lily le savait, James était toujours en retard. Mais quand même, ce soir, il aurait pu faire un effort !

Un vol-papier en forme de cerf traversa l'espace du bar en courant et s'arrêta devant Lily en tapant du sabot. Avec une joie non dissimulée, elle se saisit du petit animal et le déplia.

Puis re-traversa le bar en courant et alla se jeter dans les bras de James qui l'attendait sur le lieu de leur premier baiser.

Mme Rosmerta qui apportait la Bièraubeure maugréa : « ces jeunes, tous pressés de vivre ! Ah, je vous jure… »

Elle ramassa machinalement le papier sur lequel on pouvait encore déchiffrer : « Lily, tu es l'amour de ma vie. Veux-tu m'épouser ? »