Voici le 3ème chapitre tant attendu. N'est-ce pas HayliaMani ;)

Je peux maintenant vous annoncer qu'il y aura en tout 5 chapitres.

comme d'habitude donnez-moi votre avis, ça me fera plaisir.

Merci et bonne lecture.


Chapitre 3 :

Albafica était inquiet, la fièvre de Minos était toujours aussi forte. Le chevalier le lavait et refaisait ses pansements avec maintes précautions pour ne pas le faire souffrir d'avantage. Il profitait des infimes moments où le griffon parvenait à ouvrir les yeux pour lui faire boire des tisanes sensées faire tomber la fièvre. Le juge inconscient et délirant, prononçait souvent son nom d'une voix pleine d'angoisse. Albafica lui répondait d'une voix douce et rassurante, lui prenant la main comme le faisait son maître Lugonis lorsqu'il le veillait. Constatant que cela apaisait son patient, le chevalier ne quittait que rarement la chambre. Ainsi convaincu que le juge l'entendait, il lui faisait souvent la lecture pour qu'il ne sente pas seul. Parfois, alors qu'il surveillait la respiration laborieuse de Minos, guettant le moindre signe de réveil, il pensait à la vie qu'il avait ici. Il pensait à ses compagnons qui gelaient au Cocyte alors que lui... Il était heureux... Oui, il était bien obligé d'admettre qu'il était heureux à Tolomea et il se sentait coupable... Il avait l'impression de trahir ses amis morts au combat, de trahir sa déesse, Athéna. Il songeait aussi aux sentiments que Minos s'obstinait à éprouver pour lui et qu'il s'obstinait à rejeter. Pour cela aussi, il se sentait coupable... Son hôte ne pouvait-il pas se satisfaire de son amitié ? Car pour cela non plus, il ne pouvait plus se leurrer, il considérait le juge comme un ami.

Albafica sourit, la plaisanterie de Rhadamanthe lui revint en mémoire. Il était vrai qu'elle l'avait fâché sur le moment, mais elle le faisait maintenant rire. Et le troublait également, alors qu'Eaque disait prendre sa virginité... Rhadamanthe, lui, avait parlé d'offrir sa virginité. Parfois, une idée complètement aberrante qu'il rejetait aussitôt, s'insinuait dans son esprit. Et si justement... Il lui offrait sa virginité pour le remercier... Puisque le juge tenait tellement à lui faire l'amour... Et qu'en fin de compte tout ce qu'il pouvait lui offrir, ne possédant rien d'autre, c'était son corps... juste une fois... pour faire plaisir à son nouvel ami.

Non, il n'était pas une vulgaire marchandise et Minos voulait aussi son cœur. Alors que penserait de lui le juge, s'il lui offrait l'un sans l'autre. Le griffon était, lui aussi un homme fier, et il pourrait s'offenser qu'il se prostitue ainsi pour le remercier.

Eaque et Rhadamanthe passaient souvent prendre des nouvelles de leur ami, nouvelles qu'ils transmettaient aux quelques spectres présents aux enfers et qui s'inquiétait pour leur supérieur, non sans penser avec angoisse que ça aurait pu être eux. Rhadamanthe restait parfois pour prendre le thé avec le chevalier et discutait de tout et de rien, leur discussion lui rappelait celles qu'il avait avec Minos. Albafica avait appris de celui-ci qu'Hadès n'avait plus quitté ses appartements depuis l'agression du griffon... Et qu'il refusait de voir qui que ce soit, lui avait expliqué avec tristesse le whyverne. Il n'allait tout de même pas le plaindre après ce qu'il avait fait. Le juge se rendait bien compte que le chevalier ne comprenait pas, mais il ne lui en voulait pas, d'autant que lui aussi aimait discuter avec le poisson. Minos manquait beaucoup au premier juge, Eaque et lui étaient les seules personnes aux enfers avec qui il pouvait avoir des conversations intelligentes. Eaque, des conversations intelligentes ? Si si, c'était possible...

Personnellement, Albafica en doutait... Et pour cause. Le Garuda lui faisant penser à Manigoldo, il l'avait, un jour, invité à rester prendre le thé... Ah Manigoldo ! Connaissant son collègue cancer, il aurait dû s'abstenir d'inviter Eaque. Celui-ci, d'abord surpris par cette invitation, avait finalement accepté. Hélas pour le malheureux poisson, les conversations du juge étaient très portées sur la chose. Pour reprendre les termes crus du Garuda, le sexe et le cul étaient ses sujets préférés, d'autant plus qu'il savait que cela mettait très mal à l'aise Albafica. Et malheureusement pour le chevalier, l'un des loisirs favori d'Eaque était de le torturer en le faisant rougir comme une petite pucelle. D'ailleurs, en glissant la main sous la table, entre les jambes du chevalier, il lui avait dit d'un air gourmand qu'il voulait vérifier si le petit poisson était toujours frétillant. Rouge écarlate, Albafica avait vite resserré les jambes en faisant barrage avec ses mains. Le juge avait éclaté de rire et déclaré qu'il fallait bien qu'il vérifie la fraîcheur de la marchandise. Il ne voulait pas que son meilleur ami fasse une intoxication lorsqu'il allait y goûter.

Albafica avait été soulagé lorsque son invité l'avait quitté. Rhadamanthe était arrivé peu de temps après l'incident et avait trouvé le chevalier très mal, tremblant et au bord des larmes. Inquiet, il le fit assoir sur le sofa, et voulu savoir.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Minos va plus mal ?

Le poisson, incapable de parler, secoua la tête, il supportait déjà mal les commentaires graveleux du Garuda, alors une tentative d'attouchement, c'était au-dessus de ses forces.

- Quelqu'un à Tolomea, s'en est pris à toi ?

Le chevalier réussi tant bien que mal à raconter ce que Eaque lui avait fait.

- Alors ça ! C'est du Eaque tout cracher ! Répliqua Rhadamanthe en riant. Je peux comprendre que cela te mettes mal à l'aise, mais il faut que tu prennes sur toi, parce que tant que réagira comme une vierge effarouchée, il va continuer.
- Ne peux-tu pas le convaincre d'arrêter ? Certes, tu n'es pas son meilleur ami comme Minos, mais tu es tout de même son ami...
- Non, en fait je suis son frère, ou plutôt son demi-frère. Et je crains qu'il ne m'écoute pas. Il est aussi séducteur que notre père, enfin... En moins subtil. Quand Minos est devenu juge, il a jeté son dévolu sur lui. Je l'avais pourtant prévenu, mais il a trouvé amusant de le coincer contre mur et de glisser sa main sous sa toge en lui disant qu'il allait le faire hurler de plaisir.
- Et il l'a... Commença le chevalier blême sans pouvoir finir sa phrase.
- Non, Minos l'a démoli avant... Et depuis, ils sont amis, répondit le Whyverne avec un sourire amusé tout en se remémorant cette époque, le regard plongé dans sa tasse de thé.

Il releva la tête et la détresse dans le regard du chevalier l'attrista. Pour le réconforter, il lui caressa la joue avec douceur, un simple geste amical qu'il lui arrivait d'avoir avec Eaque ou Minos, mais qui eu un effet contraire sur le poisson.

- Albafica, si une petite caresse amicale te mets à ce point mal à l'aise, comment vas-tu faire au lit avec Minos ? Demanda Rhadamanthe sans la moindre moquerie.
- Mais je ne vais pas coucher avec Minos ! S'exclama le chevalier.
- Pourquoi ? C'est naturel entre amoureux.
- Je ne suis pas amoureux de Minos !
- Si tu le dis.
- Rhadamanthe, tu crois que Eaque va tenter de... De me... Enfin, tu vois...
- De te violer ? Non, l'amitié de Minos a trop de valeur à ses yeux, mais... Il va continuer à te harceler. Mon frère est comme ça, il taquine les gens qu'il apprécie et il est sadique avec les autres. D'accord, je reconnais que la frontière est souvent mince entre les deux.
- Ça aussi il l'a hérité de votre père ?

Rhadamanthe eu un léger ricanement avant de répondre.

- Notre père ! En fait, j'aurais plutôt dû dire notre géniteur. Que veux-tu, Zeus est comme ça... Il fait des enfants et ne se préoccupe que rarement de leur sort.

Albafica ouvrit de grands yeux ronds, il n'en revenait pas de ce qu'il venait d'entendre.

- Mais alors ! Cela veut dire qu'Hadès est votre oncle ! S'exclama-t-il horrifié.
- Oh, tu sais, on n'a pas franchement l'impression d'être de la famille. Après tout, nous ne sommes que des demi-dieux. Bon, il faut que je retourne au tribunal... Je n'arrivais pas à convaincre Eaque d'arrêter, mais je lui demanderai quand même de laisser un peu tranquille.

Rhadamanthe renferma la porte et se dirigea vers le tribunal d'Eaque.

- Ah Minos, songea-t-il en soupirant. Tu avais raison. Albafica est si inoncent que son cœur tendre ne supporterait pas de savoir que nous sommes frères.

Laver Minos inconscient le troublait également beaucoup, déjà Albafica avait dû prendre sur lui pour laver et soigner les parties intimes du juge, mais en plus, lorsque ses mains parcouraient le corps du griffon, son cœur s'accélérait, et il ressentait d'étranges sensations sur sa peau. Comme si le contact de la peau douce du griffon sous ses mains rappelait à son corps celles caressantes du juge lorsqu'il le lavait, pourtant il était dans le coma à ce moment-là, mais il ne pouvait pas nier que son corps se souvenait.

Cela faisait au moins deux semaines que le chevalier soignait le juge avec dévouement. A son grand soulagement, la fièvre avait fini par tomber et ses blessures s'était refermées, ne laissant que de fines cicatrices qui disparaîtraient avec le temps.

Dans un état cotonneux, Minos ouvrit lentement les yeux. Paresseusement, il les renferma en soupirant. Réalisant qu'il était pas dans sa chambre, le juge les rouvrît brusquement. Il tourna la tête et vit son cher ange assis près du lit, les bras posés sur bord et la tête appuyée contre ceux-ci, il dormait. Minos regarda autour de lui avant de reporter son attention sur le bel endormi. Il devait être dans la chambre d'Albafica, elle lui ressemblait tellement, et il l'avait veillé. Il leva la main, hésitant, et finalement il caressa avec tendresse les cheveux de chevalier.

Sentant celui-ci se réveiller, il retira prestement sa main. Albafica releva la tête en soupirant. Un sourire radieux illumina son visage lorsqu'il vit le juge.

- Tu es enfin réveillé, dit-il soulagé.
- Tu t'es inquiété pour moi ? Je suis touché...
- Pas du tout, bougonna le chevalier. Je suis juste ravi de me débarrasser enfin de toi et de tes amis juges par la même occasion.

Minos aperçu dans les yeux d'Albafica une lueur espiègle qui démentait ses propos. Le juge rejeta l'édredon découvrant ainsi sa nudité et sous l'œil amusé du Griffon, le chevalier se retourna en rougissant.

- Je vois ! Puisque ma présence t'incommode tant, je n'en vais, dit-il en se levant

Albafica jeta un œil discret sur le juge, juste à temps pour le rattraper avant qu'il ne s'effondre. Il le rassit sur le lit en disant d'un ton faussement hautain.

- Puisque je vais devoir m'accommoder quelques jours de plus de ta présence, je vais t'apporter des vêtements et de quoi manger. Normalement tu n'en as pas besoin, mais ton esprit te dis que oui.

Minos l'écoutait en souriant, les rôles étaient inversés et cela l'amusait beaucoup. Le chevalier lui rendit son sourire et reprit avec l'air le plus sérieux possible.

- Et pour que notre situation ne soit pas invivable, j'accepte de faire des concessions. Donc je m'engage à frapper et à te laisser le choix d'accepter mes visites. Je m'engage aussi à ne pas te toucher, en échange...
- Sans ma permission... Tu as oublié sans ma permission.
- Je ne crois pas, répondit Albafica avec espièglerie tout en se retournant pour partir.

Pris d'une soudaine impulsion, Minos attrapa le poignet de son ange pour le retenir encore un peu près de lui, et tant pis pour sa promesse, tant pis si il le rejette encore. Il retint son souffle pendant quelques secondes qui lui semblèrent une éternité. Albafica sentit la main chaude du juge sur son poignet. Il sentit ses joues brûlantes, il devait certainement encore rougir. Il ferma les yeux un instant, quelle douce sensation... Sa raison lui criait de le repousser... mais, cette fois son cœur qui battait à tout rompre fut le plus fort. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres.

- Minos lâches-moi, dit-il simplement, sans agressivité.
- Pourquoi ? Demanda le juge dont le cœur s'emballait, anxieux d'entendre la réponse.
- Parce que j'ai besoin de mes deux mains pour t'apporter à manger.
- C'est effectivement une bonne raison, répondit Minos en le lâchant.

Albafica revint quelques minutes plus tard avec un repas froid. Pendant que le Griffon mangeait, il lui raconta les visites des autres juges. Minos profita de chaque instant passé auprès de son amour. Pour le taquiner, Albafica mettait un point d'honneur à respecter ses engagements. Il avait demandé au juge, en échange, de ne pas se promener nu dans l'appartement. Puisque son poisson voulait jouer, le griffon avait décidé de faire comme lui à l'époque et de ne pas respecter sa part de marché. Ainsi, sous un quelconque prétexte fallacieux, il sortit de la chambre entièrement nu. La réaction effarée d'Albafica le dissuada de recommencer. Son ange était désespérément pudique songeait-il en soupirant. Mais il ne voulait pas prendre le risque de briser une complicité qui avait mis presque cinq mois s'établir. Le chevalier le considérait comme un ami, c'était déjà un énorme progrès. De plus, il s'était également rapproché de ses frères et le juge en était ravi.

Ce fut donc le cœur léger que Minos reprit son travail au tribunal à peine une semaine plus tard. Il avait hâte de revoir Eaque et Rhadamanthe, qui n'étaient plus venus depuis son réveil. Il croisa ses frères devant la porte.

- Alors ? Tu l'as eu ton mec ? Demanda Eaque sans moindre préambule.
- Que veux-tu dire ?
- Tu le sais bien voyons, tu l'as défloré, baisé, sauté... Appelle ça comme tu veux, mais est-ce que tu l'as fait ?
- Non, je ne l'ai pas fait ! Répliqua Minos faussement scandalisé.
- Quoi ? T'as passé une semaine dans son lit et rien ! C'était bien la peine que l'autre-là m'interdise de vous rendre visite ! S'exclama Eaque indigné en désignant le Whyverne.
- Je te signale que j'étais seul dans son lit ! Et Rhadamanthe pourquoi cette interdiction ?
- J'ai pensé qu'un peu d'intimité avec ton amant pourrait faire avancer votre relation.
- Oui en effet, elle a avancé, je te remercie Rhad.

Les trois juges prenaient toujours soin d'employer des termes qui ne trahirait pas son identité lorsqu'ils parlaient d'Albafica. Eaque qui ruminait toujours sur le manque d'action de Minos marmonna.

- Cinq mois et toujours puceau ! Quelle avancée ! A ce rythme, il le sera toujours à la prochaine guerre sainte.
- Quatre mois, onze jours et dix-huit heures, répondit le Griffon. Et même si cela le mets toujours mal à l'aise, il me permet de le toucher.
- Fantastique, répondit le Whyverne ravi.
- Oh oui ! Fantastique ! Ironisa le Garuda.

Rhadamanthe posa la main sur l'épaule d'Eaque et lui dit d'un ton faussement paternel.

- Eaque, mon frère, un jour à toi aussi cela t'arriveras et à ce moment-là tu comprendras.
- M'arriver quoi ? D'être amoureux ? Plutôt crever !

En attendant l'arrivée de la première âme de la journée, Minos consultait les dossiers dont Rune s'était occupé pendant son absence. Il y avait bien de deux ou trois petites imprécisions dû au manque d'expérience, mais dans l'ensemble rien à redire, d'autant que dans le doute, le Balrog avait toujours opté pour la peine la plus sévère. Le griffon venait de refermer le dernier dossier lorsqu'il entendit quelqu'un frapper.

- Entre Rune, dit-il sans lever la tête.

Sentant que ce n'était pas son subordonné qui venait d'entrer, Minos releva la tête du tiroir où il rangeait les dossiers. Il aperçu le serviteur d'Hadès qui le toisait avec mépris.

- Le seigneur Hadès vous ordonne de vous rendre dans ses appartements, annonça le serviteur avec arrogance.
- Encore, songea Minos avec appréhension.

Appréhension et... Déception, car il était certain de l'avoir découragé la dernière fois. Chose curieuse également, le seigneur des enfers les convoquait toujours par télépathie. Mais qu'importe, son dieu lui donnait-là une belle occasion de se venger. Le serviteur d'Hadès regardait le juge avec la même expression hautaine et méprisante qu'il affichait lorsqu'il venait le réveiller pour qu'il quitte la chambre de son souverain avant son réveil, puis il se dirigea vers la porte pour sortir. Il fut soudain incapable de bouger, Le rictus d'une satisfaction sadique apparu sur le visage du juge. Il venait d'immobiliser sa proie grâce à sa Cosmic marionation.

- Inutile de te débattre, tu es entièrement à ma merci.
- Relâchez moi, ou le seigneur Hadès vous le fera payer ! Parvint à s'exclamer le prisonnier.

Se délectant de la terreur qu'il lisait dans les yeux de sa proie, il partit d'un rire cruel. Puis il approcha, lentement, froidement, laissant bien au serviteur le temps d'imaginer le pire. Arrivé près lui, il resserra les fils de cosmos qui entaillèrent la peau de sa marionnette. Il se mît alors à jouer de la langue avec l'oreille de celui-ci tout en lui caressant le torse. Une lueur de dégoût passa dans le regard du serviteur. Minos lui susurra en serrant fortement ses parties génitales.

- Je sais ce que tu penses de nous quand tu viens nous réveiller. Tu te dis que nous autres spectres sommes les catins du seigneur Hadès. Que tu vaux mieux que nous parce qu'il ne te touche pas. Et bien, j'ai une grande nouvelle pour toi. Vous n'êtes que de la vermine à ses yeux. Notre souverain couche avec ses spectres parce qu'il ne veut pas se souiller avec ses serviteurs.

Satisfait de son effet, il recula de quelques pas et d'un geste élégant, il mît en action sa marionnette, l'obligeant à se livrer à un striptease maladroit et humiliant. Une fois le serviteur complètement dénudé, il le détailla avec une moue peu convaincu et vint se placer derrière lui. Le juge se mît alors à le caresser tout en se frottant contre ses fesses de façon à ce qui son prisonnier sente bien son sexe se durcir à travers son pantalon. Rendu incapable de bouger ou de protester, sa marionnette tremblait de peur entre ses bras. Il allait baisser son pantalon lorsqu'on frappa à la porte.

- Qui est-ce ?
- C'est moi, Rune de Balrog de l'Étoile Céleste du Talent, je viens faire mon rapport mon seigneur.
- Très bien, entre.

Le serviteur soupira, mais son soulagement fut de courte durée. Minos maintenait toujours sa prise. Le juge retourna à son bureau et sorti son registre. Rune jeta un coup d'œil au serviteur nu et humilié avec un sourire de satisfaction.

- Ne n'occupe pas de ma marionnette, Rune de Balrog, tu as toute mon attention.
- Oui mon seigneur.

Le spectre lança un dernier regard au prisonnier que Minos, grâce à sa Cosmic marionation obligeait à se masturber de plus en plus brutalement. Le rapport du spectre fut ponctuer des gémissement et cris du prisonnier. Pendant les deux heures que durèrent le compte-rendu de son subordonné, Minos l'écouta avec attention, tout en manipulant négligemment sa proie. Lorsque le spectre eu terminé, le juge fit cesser sa technique de manipulation et le serviteur s'effondra épuisé, incapable de bouger laissant couler des larmes de rage et douleur.

- Rune, je suis très satisfait de ton travail et en récompense de ton dévouement, je te permet de t'amuser avec cette vermine.
- Merci mon seigneur, répondit le spectre en s'inclinant respectueusement.
- Je te laisse, le seigneur Hadès m'a convoqué, ajouta-t'il en sortant tandis que Rune baissait son pantalon et agrippait son cadeau par les cheveux.

En s'éloignant de son bureau, Minos savourait les hurlements du serviteur entrecoupés des claquements du fouet de Rune.

Comme à chaque fois, lorsque Minos entra dans la chambre d'Hadès, il le trouva assis sur le rebord de la fenêtre, contemplant l'extérieur le regard sombre. Comme à chaque fois, le juge attendit l'ordre de son seigneur dans une appréhension que le silence rendait plus pesante. Et comme à chaque fois depuis maintenant quatre mois, onze jours et vingt-une heures, le Griffon songeait à son bel ange pour se calmer et se donner du courage.

Hadès tourna la tête et tendit avec grâce la main vers le juge. Minos fut aussitôt délester de ses vêtements. Ça aussi c'était nouveau et cela ne présageait rien de bon. Sans un mot, le seigneur des enfers se mît à tourner autour de son juge le détaillant de son regard perçant mais neutre. Impossible de savoir ce qu'il pensait. Le griffon tressailli plus de peur que de plaisir sous les mains caressantes du dieu. Hadès explorait avec douceur et minutie le corps de son spectre, longeant du doigt les fines cicatrices encore visible. Cette douceur inhabituelle était loin de rassurer Minos. Tout en inspectant délicatement les parties génitales du Griffon, le seigneur des enfers fit descendre la main le long de ses fesses. Le juge trembla de nouveau lorsqu'il senti un doigt remonter entre ses fesses et s'introduire lentement et sans brusquerie dans son intimité. Minos ferma les yeux et pensa très fort à son aimé pour oublier la douleur qui allait suivre. Sentant sa frayeur, Hadès stoppa pour lui laisser le temps de s'habituer à sa présence. Il tenta également de le détendre par des caresses et des baisers sensuels. Le juge, quant à lui s'efforçait d'éprouver le plaisir que son dieu attendait de lui, il ne pouvait pas se permettre de le contrarier à nouveau. Mais à sa grande surprise, il sentit le doigt inquisiteur se retirer délicatement et entendit Hadès sortir de la chambre sans mot.

Tremblant, le juge se laissa glisser au sol, il ferma fortement les paupières pour retenir ses larmes. Ses derniers ébats forcés avec son dieu l'avait plus ébranlé qu'il ne le pensait. Lui, Minos du Griffon, de l'Étoile Céleste de la Noblesse avait été terrorisé sous les mains aux caresses exploratrices d'Hadès. Pourquoi était-il sorti sans un mot ? Que préparait-il ? Allait-il le punir encore une fois ? Ses pensées le ramenèrent à l'Albafica. Était-ce cela que son ange ressentait lorsqu'on le touchait ? Il se jura d'être encore plus patient avec lui. Et même si cela devait prendre des années, des siècles, il ne le brusquera pas... Oui, quelque soit le temps que cela prendra, il attendra patiemment le bon moment pour que sa première fois soit absolument merveilleuse.

De l'autre côté de la porte, Hadès aussi tremblait mais pour d'autres raisons. Il s'adossa un instant à la porte en soupirant de soulagement. Son juge allait bien, du moins physiquement. Mais la peur et le dégoût qu'il avait clairement ressenti lui faisait mal. Il ferma les yeux, serrant les paupières pour retenir ses larmes. Hadès n'avait pas voulu ça... Il ne voulait pas ça... Pourtant... A chaque fois il recommençait. Il souffrait dans son cœur et dans son âme. Mais qu'importe, il méritait de souffrir autant qu'il faisant souffrir ses spectres. Encore deux mois... Et même, moins de deux mois... Quelques semaines encore à tenir et elle sera de retour.. Quelques semaines encore, et le printemps reviendra dans son cœur.

Hadès était presque arrivé à son bureau lorsqu'il croisa Eaque. Le juge salua respectueusement son souverain. Cette rencontre arrangeait le dieu, ainsi il n'aurait pas à le convoquer ou à se déplacer.

- Eaque, je veux que tu rendes dans ma chambre. Minos m'y attend, dis-lui qu'il peut regagner son tribunal.
- Oui mon seigneur.
- Il me semble... Qu'il y a longtemps que vous n'avez pas eu de congés ?
- C'est exact majesté, répondit le juge en se demandant quel était la meilleure attitude à adopter. Mais nous sommes pas particulièrement débordés en ce moment.
- Hum... Fit Hadès en se frottant le menton. Faites vous remplacer par vos seconds cet après-midi. Et je veux que vous en profitiez pour occuper votre temps comme bon vous semble.
- Seigneur Hadès, en mon nom et celui de Minos et Rhadamanthe, je vous remercie de votre générosité, dit-il en s'inclinant.

Le seigneur des enfers fit signe au juge de se retirer et serra la poignée de la porte à s'en faire blanchir les jointures. Non, songea-t'il le cœur battant. Il ne pouvait pas, il ne devait pas... Pas encore... Et pourtant... Pourtant... Il rappela le Garuda.

- Eaque, dis à... Commença-t-il hésitant.
- Dis à Rune que je le veux dans mes appartements ce soir, acheva-t-il finalement.
- A vos ordres votre Altesse, répondit-il le juge avec une pensée compatissante pour le spectre.

Dès qu'Hadès fut rentré dans son bureau, Eaque couru jusqu'à ses appartements inquiet de l'état dans lequel il allait retrouver son ami.

A suivre...