Lemon oblige, ce chapitre est le plus long. C'est une première pour moi et j'espère qu'il vous plaira.
comme d'hab. N'hésitez pas à me laisser vos commentaires.
Non, non Péri, ne crie pas... Je t'avais prévenu que la fin n'allait pas forcément de te plaire ;)
Chapitre 4
Minos reprit le chemin de Tolomea sourire aux lèvres. Il avait attendu le retour d'Hadès avec anxiété et ses tentatives pour ne pas imaginer le pire s'étaient soldées par un échec. Il s'était figé lorsque la porte s'était ouverte, persuadé que son dieu l'avait laissé mijoter volontairement avant de revenir le prendre brutalement pour le punir... Ou peut-être était-ce le bourreau... Le juge lâcha un profond soupir de soulagement quand il aperçu Eaque qui le détaillait avec gourmandise.
- N'empêche ! T'as vraiment un corps de rêve... Et si on profitait que tu es à poil pour tirer un coup dans le lit de sa divine majesté, dit-il en le caressant.
La main du Garuda avait déjà atteint le sexe de Minos quand celui-ci le repoussa.
- Et si il nous découvre, on est bon pour la chambre noire.
- Allons, mon Mimi ! Notre seigneur n'a aucune objection à ce que ses spectres couchent entre eux, répliqua Eaque en reprenant ses caresses sensuelles.
- Coucher ensemble oui, dans son lit, ça j'en doute. Répondit Minos en le repoussant à nouveau.
- T'es pas drôle, fit-il avec une moue boudeuse.
- Et toi, t'es un obsédé.
- Oh oui ! Et fier de l'être ! Répondit le deuxième juge en rendant ses vêtements à Minos. Allez rhabilles-toi, notre seigneur a dit que tu pouvais regagner ton tribunal. Et cet après-midi nous avons quartier libre.
- Pourquoi cela ?
- Sa majesté trouve que cela fait longtemps que nous n'avons pas eu de congés.
- C'est très généreux de sa part. Remarque, tant mieux ! Comme cela je pourrais me mettre en condition pour le satisfaire ce soir, dit Minos avec morosité alors qu'il finissait de s'habiller.
- Pour ce soir, il a réclamé Rune, répondit Eaque sur le même ton.
Minos soupira sans répondre... De toute façon, quoi répondre... Le juge sortit de la chambre avec son demi-frère en espérant qu'au moins, son second s'était bien amusé avec son cadeau.
La matinée se déroula sans incident et après avoir donnés les ordres à leur second pour l'après-midi, les trois juges allèrent déjeuner chez Eaque. Bien sur, la discussion dériva sur le beau poisson et diverses stratégies qui permettrait à Minos de conclure. Évidement, dans toutes les suggestions du Garuda, le pauvre chevalier finissait invariablement attaché sur le lit de Minos, à sa merci. Rhadamanthe essayait de compenser en proposant des stratégies plus romantiques qu'Eaque terminait toujours par... Et oui !... Le Griffon accompagna son énième soupir exaspéré par un regard noir.
- Bon d'accord, j'ai compris, tu ne veux pas l'attacher. T'as qu'à le soûler alors.
Minos le fusilla du regard, mais l'air fripon qu'affichait son demi-frère eu raison de sa mauvaise humeur.
- C'était quand même une bonne idée, dit Rhadamanthe songeur.
- Rhad ! Ne me dis pas que tu approuves ! Je croyais que tu étais de mon côté.
- Bien sur que je le suis. Je ne pensait pas le soûler complément, mais le faire boire suffisamment pour qu'il oublie ses appréhensions.
- Non, ça serait déloyal.
- Bon alors ! On y va ? Lança Eaque.
- Où ça ? Demandèrent les deux juges.
- Bah ! Faire la fête à Tolomea. Et si tu veux pas attacher ton Albachou, Rhad et moi, on le tiendra pendant que lui fera son affaire.
- Eaque !
- Ok, ok, on va juste faire la fête chez toi.
- Non ! Je tiens à passer une après-midi tranquille avec Albafica.
- Allez ! Une petite fête !
- J'ai dit non.
Tandis que Minos se préparait à partir, Eaque continuait à le harceler pour le faire céder. Rhadamanthe le ceintura alors et le plaqua au sol en disant.
- Allez, dépêche-toi de filer pendant que je le retiens.
En arrivant près de la roseraie, le juge eu la surprise de voir Albafica courir vers lui. Le chevalier passa alors les mains sur le corps de Minos pour l'inspecter avec anxiété.
- Ça va ? Tu n'as pas l'air blessé. Il t'a fait mal ?
- Non... Ça va... Qui ça ? Albafica, qui n'aurait fait mal ?
- Mais Hadès voyons ! Je sais qu'il t'a convoqué. Il a encore...
- Non, je t'assure qu'il ne m'a pas fait l'amour...
- Si je mens, je vais en enfer... Ajouta-t-il devant l'air peu convaincu du poisson. Ah bah non ! J'y suis déjà.
Le chevalier, qui avait machinalement appuyé la tête contre le torse de Minos et tentait de contenir ses larmes de soulagement, rit tout de même à cette blague. Il avait eu tellement peur en apprenant la convocation. Le juge, lui aussi très ému, souriait, son tendre amour avait eu peur pour lui. Ce n'était pas arrivé depuis si longtemps que l'on s'inquiète pour lui, que le griffon avait l'impression que c'était la première fois. Oubliant ses précédentes bonnes résolutions, il l'enlaça d'un bras, car l'autre cachait une bouteille dans son dos, et déposa un baiser sur ses cheveux.
Albafica réalisa qu'il était dans les bras de Minos lorsqu'il sentit le rythme cardiaque de celui-ci accélérer et une certaine partie de l'anatomie du juge réagir à son contact. Le chevalier gêné se dégagea en rougissant, d'autant plus que ces constations le firent trembler intérieurement de désir et... Qu'il aimait ça ! Songea-t-il effaré. Reprenant contenance, le poisson remarqua que le griffon cachait quelque chose dans son dos et demanda intrigué.
- Qu'est-ce que tu caches ?
- Oh rien ! Juste un cadeau stupide d'Eaque, dit-il en montrant une bouteille d'un litre de lubrifiant maison. Je ne voulais pas que tu imagines des choses fausses en la voyant.
Albafica ouvrit de grands yeux choqués et dit en montrant la bouteille.
- Il espère que tu utilises tout ça avec moi !
- Bon d'accord, pas si fausses que ça. Et cela fait aussi office d'huile de massage.
- Mais c'est écrit "lubrifiant" !
- Euh... oui... Tu sais comment est Eaque. En plus, il a insisté sur le fait que ça ne se conserverait pas deux cents ans, répliqua Minos en riant.
- Donc reprit-il en montrant à nouveau la bouteille. On s'installe tranquillement dans la roseraie et je te fais un bon massage.
Inquiet et rougissant, Albafica recula.
- Appelle ça comme tu veux, mais c'est toujours non.
- Mais non voyons ! Je ne pensait pas à ça. Tu enlèves seulement ta tunique et je te masse le dos et les épaules. Tu m'as l'air tendu...
- Évidement que je suis tendu ! Le toisa le chevalier les bras croisés. J'ai cru que Hadès t'avait violé.
Minos le regarda un instant stupéfait. Furieux contre le dieu, Albafica avait réussi à dire "violer". Il comptait donc à ce point pour le chevalier ?
- Je t'assure qu'il ne m'a rien fait, enfin... Presque rien. Et il n'y a pas viol, si il y a consentement.
- Oui, je sais ! Répliqua le poisson passablement énervé. Rhadamanthe m'a dit la même chose.
- Tu vois !
- Non ! Je ne vois pas ! Hadès est votre dieu et si vous désobéissez, si vous ne lui donner pas de plaisir, il vous torture pour vous punir, alors pour moi c'est du viol !
Minos ouvrit la bouche pour répondre mais Albafica poursuivit.
- Et ne me ressers pas l'excuse de sa souffrance, car ça n'en est pas une.
Entraînement son amour vers la roseraie, le juge lui raconta son entrevu avec Hadès avec le plus de délicatesse possible pour ne pas trop heurter la pudeur de son trésor. En s'asseyant sous une tonnelle de rosiers grimpants roses et orangés, le griffon demanda, tout en regrettant aussitôt sa question.
- Albafica m'aimes tu ?
Non ! S'exclama le chevalier en regrettant lui aussi l'empressement de sa réponse.
Il soupira et reprit.
- Minos, je ne t'aime pas comme tu voudrais que je t'aime... Mais je t'aime comme un ami, comme j'aimais Shion, Asmita, Regulus et mes autres amis chevaliers.
Le juge sourit à la sollicitude du poisson. Il reprit avec douceur.
- Moi, je t'aime.
- Non ! Se braqua le chevalier. Ne dis pas ça !
- S'il te plait Albafica, je veux juste t'expliquer pourquoi je comprend notre seigneur.
- Très bien ! Je t'écoute.
Minos pris une profonde respiration avant de se lancer.
- Et bien voilà, je t'aime à la folie, plus que ma propre vie, et si nous n'étions pas coincés aux enfers, je pourrais t'emmener loin d'ici. Là où tu serais en sécurité et où nous pourrions vivre notre amour en toute liberté.
Le chevalier fixait le rosier devant lui, sans vraiment le voir. Il essayait de respirer lentement pour calmer son coeur qui battait à tout rompre. Le juge venait de lui avouer qu'il serait prêt à trahir son dieu par amour pour lui. Et malheureusement, Albafica voyait dans ses yeux qu'il était sincère. Bien sûr, il savait que Minos était amoureux de lui, mais l'entendre se déclarer ainsi à haute voix fut pour le chevalier un véritable choc. Il ferma un instant les yeux, et malgré ses efforts pour se calmer, son coeur continuait à cogner comme s'il voulait sortir de sa poitrine. Il demanda une voix hésitante.
- Quel est le rapport avec Hadès ?
- Oh c'est simple, notre seigneur Hadès aime la reine perséphone autant que je t'aime. Et peut-être même plus, si toutefois cela était possible. Elle est sa vie, elle est son âme soeur. Alors, chaque fois qu'elle doit quitter notre dieu pour six mois, c'est comme si on arrachait le coeur, comme si on lui déchirait l'âme. Il souffre le martyre, il n'est plus lui-même. En couchant avec nous, ce n'est pas seulement un besoin physique qu'il assouvit. Il tente de se libérer de sa souffrance, de sa frustration. Mais après, il regrette et souffre de ce qu'il nous a fait. Et je suis maintenant sûr que la séance de ce matin avait pour but de s'assurer que j'allais bien.
- Alors pourquoi il continue ?
- Il ne se contrôle plus, la douleur est trop forte. Albafica as-tu déjà été amoureux ?
- Non, jamais.
- Alors, c'est peut-être dur pour toi de comprendre. Vois-tu min engel, je sais ce que notre seigneur ressent car ma souffrance sera insoutenable si je te perdais.
- Eh bien... Commença le chevalier gêné. Je... Crois que je...
Le poisson soupira.
- Oui, même si pour moi cela ne l'excuse pas, je comprend. Dis-moi ?... Qu'est-ce ça veut dire min engel ?
- C'est du Norvégien, ça veut dire mon ange.
- Ah d'accord ! Et bien, s'il te plait, arrête de m'appeler comme ça. Je ne suis pas ton ange.
- Quand le seigneur Hadès abuse de moi pour reprendre tes propres termes, je pense à toi. Tu es mon ange, le soutien auquel je m'accroche comme à une bouée pour tenir bon.
- Mais si tu préfères, reprit le juge avec espièglerie. Je peux t'appeler min boyen.
- Et cela veux dire quoi ? Demanda Albafica soupçonneux.
- Ma bouée.
- Ah c'est malin ! Répliqua le chevalier en poussant le juge.
Celui-ci assis au bord du banc, se retrouva par terre. Le poisson porta les mains devant sa bouche, effaré de ce qu'il venait de faire.
- Oh pardon, je suis désolé.
Mais la moue boudeuse de Minos lorsqu'il se releva le fit finalement sourire.
- Apprend-moi, lui dit le chevalier lorsqu'il fut rassis.
- Pas facile tu sais, mais je vais essayer... Bon alors, entre amoureux, on se prend la main, dit le juge en joignant le geste à la parole.
- Tu fais quoi là ?
- Mais c'est toi qui m'a demandé de t'apprendre !
- Le norvégien, je parlais du norvégien ! Et je te conseille de me lâcher, si tu ne veux pas te retrouver à nouveau par terre, le toisa Albafica.
Minos passa sa main dans les cheveux du chevalier.
- Même fâché, tu es très beau.
Le regard d'Albafica s'assombrit et il se détourna.
- Non, ne dis pas ça.
Le griffon s'insulta mentalement, il avait oublié que son ange détestait qu'on évoque sa beauté.
- Mais pourquoi refuses tu que l'on te complimente ?
- Pour moi ce n'est pas un compliment. Les gens ne voient que mon physique et me juge dessus. Ils me croit faible, superficiel. Ils convoitent mon corps, veulent me posséder ou me méprise.
- Les pauvres aveugles.
- Aveugles ?
- Oui, car ils ne voient pas ta vraie beauté.
Albafica allait protester, mais Minos mît le doigt sur ses lèvres pour le faire taire.
- Quand je te regarde, je vois bien sur ta beauté physique, mais je vois aussi ta beauté intérieure et l'un ne va pas sans l'autre. Je vois ton âme pure, dit-il en lui caressant la tête.
- La noblesse de ton cœur, continua-t-il en posant la main sur son cœur.
- C'est cet ensemble qui te rend si magnifique. Ta beauté ne se fanera jamais.
- Évidement, je suis mort ! Répliqua Albafica faussement fâché.
- Et moi, un imbécile, clama Minos en se frappant le front.
- Bon, je reformule. Même si la vieillesse te rendait tout fripé et ratatiné, tu serais toujours aussi beau parce que ton âme est belle,
Incapable de parler, ni même de penser, Albafica fixait Minos qui lui souriant. On l'avait souvent complimenté sur sa beauté et il détestait ça. Mais, il sentit au plus profond de son être que les mots prononcés par le Griffon étaient sincères. Il savait que du point de vue du juge, il ne complimentait pas, il expliquait. C'était pour cela que ces mots le touchaient si intensément qu'ils enflammaient son cœur. Sans réfléchir, il posa ses lèvres sur celles au goût de cannelle de Minos en un tendre et chaste baiser. Lorsqu'il s'écarta, se fut au juge de le dévisager incrédule. Celui-ci avait senti son cœur s'arrêter, puis battre à un rythme effréné, son sang bouillonné dans ses oreilles et tout son corps tremblé. Pour tout autre personne, cela aurait été qu'à simple bisou. Mais pour Minos c'était un merveilleux cadeau, le plus précieux de trésors. Lorsqu'il reprit ses esprits, le juge écarta délicatement la mèche de cheveux qui barrait le visage du chevalier, puis il prit ses mains dans les siennes, elles étaient si froides et il les sentaient trembler imperceptiblement. Il lui murmura tendrement à l'oreille.
- N'aies pas peur, je vais te montrer.
Rien que ces simples mots, non plutôt... Cette voix douce et sensuelle qu'il ne lui connaissait pas, ajouté au contact chaud de ses mains, avaient suffit pour que le cœur d'Albafica s'emballe. Il ferma les yeux, terrifié. Oui, il était terrifié par ses sentiments que Minos éprouvait pour lui, terrifié par le contact si intime qui, il le devinait, allait suivre. La voix de la raison lui hurlait inutilement de fuir. Mais que pouvait-elle face aux battements frénétiques de son cœur et à la traîtrise de son corps tremblant désir.
Minos posa doucement les lèvres sur celles du chevalier. Il tremblait, mais ne le repoussait pas, ne fuyait pas. Tout en l'enlaçant avec une infinie douceur pour ne l'effrayer davantage, le juge dégusta du bout de la langue les lèvres au goût de roses de son aimé. Elle était si délicates, si délicieuses. Un soupir de bien être fit entrouvrir la bouche à Albafica. La gourmandise des lèvres de Minos et la douceur de ses caresses avaient fini par définitivement balayer la voix de la raison. Lorsqu'il senti la langue timide entrer et flirter avec la sienne, il enlaça à son tour le griffon. Le poisson se sentait perdre pied et il avait besoin de s'accrocher. De s'accrocher à cette chose tangible qu'était le corps du juge. Minos sentit la langue de son ange, d'abord hésitante, puis sensuelle et passionnée, répondre à la sienne. Le baiser s'approfondit, les caresses du chevalier répondait à celle de juge. La passion s'amplifiait jusqu'à l'explosion.
Quand le griffon s'écarta enfin, il vit Albafica le fixer avec une expression indescriptible, dans ses yeux luisait un mélange du stupeur et de plaisir. Le chevalier les referma quand le juge se pencha à nouveau vers lui. Il l'entendit lui murmurer de cette même voix sensuelle.
- Si tu as trouvé ça bon, dis-toi que lorsque nous ferons l'amour ça sera encore plus magnifique.
Bon ! Merveilleux aurait été plus exact et si Minos était allé plus loin, Albafica se sera abandonné dans ses bras pour se donner entièrement à lui. Le juge se leva et anxieux de le voir partir, le chevalier lui attrapa le poignet.
- Où vas tu ?
- Chercher de quoi écrire. Je vais te donner ta première leçon de norvégien, répondit le Griffon en souriant.
Albafica le lâcha et le regarda s'éloigner. Il se tourna sur le banc pour replier ses jambes devant lui qu'il entoura de ses bras. Il fixait l'horizon incapable de penser, un véritable maelström de sensations bataillaient dans son esprit et dans son corps. Ses émotions était si fortes, si intenses... Bien trop fortes... Incapable de retenir davantage la pression, il se mît à pleurer.
A peine entré dans le bureau d'Albafica, Minos s'adossa au mur craignait que ses jambes flageolantes ne le trahissent. Et son esprit qui répétait en boucle "je l'ai embrassé" ne l'aidait pas à se maîtriser. Il tentait en vain de le faire taire pour se reprendre, mais c'était peine perdue. Autant le laisser dire, il allait bien finir par se taire. Minos ferma les yeux et soupira en appuyant la tête contre le mur. "Nous nous sommes embrassé" lui sussura une dernière fois son esprit, et du coin de l'œil, il sentit alors une toute petite larme de bonheur s'échappé lentement, glisser le long de sa joue, suivie peu de temps après par ses petites sœurs... Il leur sourit.
En entendant la nouvelle le lendemain, Eaque poussa un tel cri de joie victorieuse que plusieurs gardes se retournèrent sur eux.
- Mais c'est formidable ça ! Hier le baiser et demain le plumard !... Mais c'est quand crétin, pendant que tu y étais, tu aurais pu prendre le reste.
- Non, je veux qu'il m'aime et ce n'est pas en le brusquant que j'y arriverais. Et si c'est pour me dire de l'attacher au lit pour lui faire son affaire tranquille, eh bien tu peux te taire, termina-t-il alors que le Garuda allait dire quelque chose.
- Euh... Bah non... Jusqu'à la chambre, il a le temps de t'échapper. Directement sur le banc, c'est mieux.
- Eaque ! Fit Minos d'une voix menaçante
- Non mais, s'exclama Rhadamanthe avec espièglerie. En fait, il a hâte que tu essaies son cadeau.
Minos suspicieux regarda tour à tour les deux juges.
- Bon très bien ! Avoues ! Qu'est-ce que tu as fait ?
- Rien.
- Vraiment ?
- Mais oui, je t'assure...
- Eaque ! Fit à nouveau le griffon d'une voix menaçante.
Comprenant que quoiqu'il dise son collègue, ami et demi-frère ne le croirait pas, il jugea plus prudent de prendre ses jambes à son cou. Le griffon leva la main pour lancer sa Cosmic marionation, mais se ravisa. Répondant à la question muette de Rhadamanthe, il dit avec un léger sourire sournois.
- C'est plus drôle de le voir courir. Et puis, un peu de sport ne lui fera pas de mal.
Remarque forte injuste au demeurant vu que Eaque, bien que bon vivant et se laissant parfois aller la paresse, s'entraînait largement autant que eux. Le griffon rejoignit son tribunal sourire aux lèvres. Heureux de la tournure que prenait sa relation avec son beau chevalier, le juge avait l'impression de flotter. Il était aux anges, et sa journée, comme les suivantes d'ailleurs, se passait comme dans un rêve. On ne pouvait malheureusement pas en dire autant pour les défunts qu'il jugeait. Tout d'abord rassurer, par l'expression sincèrement heureuse de leur juge, ils déchantaient vite lorsque la cruelle sentence tombait. Eh oui ! Que se soit sa bonne ou mauvaise humeur, Minos l'exprimait sur les âmes avec un parfait sadisme.
Chaque soir, il retrouvait Albafica pour sa leçon de norvégien. Le chevalier était un élève assidu qui avait soif d'apprendre. Ses progrès étaient tels, qu'il parvint en quelques semaines à suivre une conversation simple avec son professeur. Minos se félicitait de cette idée car non seulement ils pouvaient désormais discuter de choses privées à la vue de tous, mais en plus, ces leçons étaient prétextes à des caresses et baisers que le chevalier acceptait avec de moins en moins de réticence. Par ailleurs, les jours où c'était le poisson qui en prenant l'initiative étaient du pur bonheur pour le juge.
Un soir en rentrant, il aperçu l'un de ses gardes à califourchon sur Albafica, essayant de retirer son pantalon. Il se précipita au secours de son amour qui avait déjà réussi à se relever. Le garde se jetait à nouveau sur le chevalier lorsque Minos l'immobilisa avec sa Cosmic marionation.
- Laisse ! Dit le griffon au poisson. Je me charge de cette vermine.
- Inutile de vous abaisser à cela mon seigneur, répondit le garde en se méprenant. Je peux remettre cet esclave à sa place.
- Je ne m'adressais pas à toi misérable chien ! Cracha le juge en resserrant l'étreinte.
Le visage d'Albafica se durcit alors que le garde hurlait de douleur.
- Je vais bien et je suis sûr qu'il a compris sa méprise maintenant, dit-il avec un regard glacial au prisonnier. Alors il est inutile de le tuer.
- Ne t'inquiète pas, je vais pas le tuer. Vas m'attendre chez moi, je n'ai pas pour longtemps.
Le chevalier posa la main sur le bras du juge.
- Minos, dit-il avec douceur pour tenter de le calmer.
- Vas-y Albafica, je te rejoins dès que j'en ai fini avec ce cher Letos.
Alors que le chevalier s'éloignait, le garde sentit les fils de cosmos s'incruster de plus en plus de profondément dans sa chair, il aurait pu entendre ses os craqués, si le son n'avait pas été couvert par ses hurlements douleurs. Comme si il venait de réaliser quelque chose, le griffon fit disparaître les fils d'un seul coup. Letos s'écroula haletant. La voix de Minos claqua comme un fouet.
- Lève-toi !
Le garde se releva péniblement, et bredouilla.
- Mon seigneur, je vous assure je...
Le contact léger des doigts du juge sur sa joue le stoppa net de surprise. Le griffon tournait lentement autour de lui en caressant son corps avec douceur. Le garde reprit progressivement confiance, songeant que son supérieur avait finalement changé d'avis et reconnaissait enfin sa valeur. Se plaçant à nouveau derrière lui, Minos murmura à son oreille d'une voix doucereuse.
- Letos, il me semblait pourtant t'avoir prévenu... Alors explique-moi ? Qu'espérais-tu ?
- Seigneur Minos, ce chien m'a manqué de respect... Il vous manque de respect en se pavanant comme si il était le maître des lieux. Je m'efforçais de lui donner la leçon qu'il mérite pour qu'il comprenne où est sa place.
Bien que bouillant de rage, le griffon reprit sur même ton caressant.
- Et d'après toi, où est sa place ?
- Et bien il... Enfin, je... Je... Bredouilla le garde prit au dépourvu. A vrai dire, je ne sais pas mon seigneur mais ce dont je suis sûr, seigneur Minos c'est que cette raclure est indigne de votre couche.
A cette nouvelle insulte à l'encontre de son bien-aimé, le juge serra le poing pour se contenir.
- Alors que toi, oui ?... Voyons cela... Déshabille-toi !
Ravi de cette opportunité, Letos se dévêtît avec empressement avant de réaliser qu'il se trouvait dans un lieu de passage où n'importe qui pouvait le voir. Oscillant entre fierté et gêne, le garde s'efforçait de bomber le torse pour paraître sous son meilleur jour. Minos l'observa de la tête au pied et se mît à rire, mais la démarche chaloupée que le juge avait adopté en approchant du garde, il rendit terriblement désirable à ses yeux et lui fit vite oublier l'humiliation de ce rire. Le griffon passa à nouveau sa main sur le torse de Letos. Il lui souffla d'une voix sensuelle.
- Alors comme ça, tu penses pouvoir satisfaire un juge.
Impitoyable, Minos éclata de rire en voyant l'érection qu'il avait provoqué. Et comme si cette humiliation ne suffisait pas, deux servantes qui se rendaient au lavoir pouffèrent de rire en voyant le spectacle. Le juge ne laissa pas le temps à son soldat de répliquer.
- Et bien soit ! Je vais accéder à ton désir.
Le griffon donna le temps à son soldat de les imaginer faisant l'amour ensemble avant d'ajouter avec sourire sournois.
- Tu vas te présenter immédiatement à Eaque à Antinora en lui répétant exactement ces mots : en remerciement pour votre cadeau spécial, le seigneur Minos me met à votre entière disposition pour une durée d'un mois.
Comprenant que son supérieur c'était joué que lui, Letos fulminait d'autant plus que le juge l'obligea à répéter la phase jusqu'à ce qu'il la sache et en comprenne parfaitement les implications.
- Je te conseille de te dépêcher, Eaque est particulièrement impatient lorsqu'il est en manque, cracha Minos avec mépris.
Le garde se pencha pour récupérer ses vêtements mais le griffon mît le pied dessus pour l'en empêcher.
- Il ne me semble pas d'avoir autorisé à te rhabiller, dit-il avec un sourire sadique. De toute façon là où tu vas, tu n'en auras pas besoin.
Sur ordre de son supérieur, Letos dû partir en courant, mais il ralentit dès qu'il eu quitté la sphère.
Quelle humiliation ! Songeait-il non seulement son supérieur l'avait odieusement rejeté et s'était moqué lui, et il l'envoyait nu, à la vue de tous, servir d'esclave sexuel à cet obsédé Eaque qui déshonorait la fonction de juge. Cette fois, il allait lui faire payé. On ne se moquait pas impunément de Letos. Le garde vola les vêtements d'une nouvelle recrue qui passait par là et rebroussa chemin vers la Giudecca.
Albafica lisait dans le sofa lorsque Minos entra. Il posa son livre pour le rejoindre et demanda anxieux.
- Le garde ? Est-ce que...
- Non, rassure-toi je ne l'ai pas tuer. Et je ne l'ai pas torturé non plus... Enfin pas trop, termina-t-il avec un clin d'œil complice.
Redevenu sérieux, il caressa le bras du chevalier en lui demandant anxieux.
- Tu vas bien ?
- Bien sur, j'étais tout de même un chevalier d'or, il n'était pas de taille contre moi. Mais c'est l'un de tes gardes et je voulais régler ça sans trop le blesser. C'était juste un malentendu, il m'a prit pour l'un de te serviteur.
- Je n'en doute pas, mais je sais aussi comment tu réagis aux attouchements et cette vermine à tenter de te violer. Il t'as prit pour ma catin et je ne tolèrerais jamais qu'on te traite comme cela.
- Tu n'es pas franchement objectif quand il s'agit de moi, répondit Albafica en passant ses bras autour de Minos.
- Oh à peine ! Puis il ajouta le regard dur. Quand bien même, personne n'a le droit de traiter mes serviteurs de catin.
- Non, il y a que toi qui a le droit de le faire, plaisanta le chevalier en lui donnant une pichenette sur le front.
Le juge embrassa son ange en riant et lui dit.
- Exact ! Allez, vas prendre un bain chaud pour te détendre, pendant ce temps je vais nous préparer du thé et la leçon du jour.
- Minos, soupira le poisson exaspéré. Je t'ai dis que j'allais bien.
- Et moi, je te dis que tu ne peux pas me tromper. Même si tu tentes de te maîtriser, je peux te sentir trembler. Donc tu vas prendre un bain sinon privé de goûter acheva-t-il en lui donnant une claque sur les fesses.
D'un air faussement offensé, Albafica le toisa les bras croisés.
- Dis donc ! Tu me prend vraiment pour un gamin là !
- Petits gâteaux au citron et gingembre avec du thé à la rose et au miel, répondit le griffon avec malice.
- Je vais prendre un bain, annonça le chevalier en se précipitant vers la salle d'eau.
Il fut rejoint quelques minutes plus tard par Minos. Voyant le juge se dévêtir, il détourna les yeux et demanda affolé.
- Mais qu'est-ce que tu fais ? Tu ne vas quand même pas prendre un bain avec moi ?
- Je veux m'assurer que tu n'es pas blessé pas et je ne vais quand pas entrer dans l'eau habillé. Tu pourrais tout de même avoir pitié des domestiques ! Acheva-t-il en riant.
- Mais enfin tu es têtu ! Je t'ai déjà dis que j'allais bien, répliqua Albafica.
- Oui autant que toi ! Je tiens à m'en assurer moi-même ! Et c'est aussi ce que tu ferais à ma place.
Le chevalier soupira vaincu. Minos enflamma son cosmos et passa ses mains sur le corps de son bien-aimé pour l'inspecter. De léger hématomes, une ou deux égratignures superficielles, il n'avait rien conclu le juge soulagé. Il révéla la tête et sourit en voyant la gêne du poisson, il avait furieusement rougi en sentant les mains du griffon frôler ses parties intimes et ses fesses.
- Une chose m'intrigue tout de même, Albafica. Si la nudité te met à ce point mal à l'aise, comment faisais-tu pour me laver ?
- Je fermais les yeux.
Minos éclata de rire, mais devant l'expression sévère du chevalier qui le toisait, il fut pris d'un doute.
- Non mais, tu me fais marcher là... Non ?
Le poisson continuait à le dévisager en silence.
- Allez dis-moi ! Tu plaisantes là ?
Albafica passa ses bras autour du cou du juge et répondit d'un air sévère que ses yeux rieurs démentaient.
- Ça mon cher... Tu ne le sauras jamais ?
Le griffon afficha une moue boudeuse et lâcha avec un léger sourire sadique avant de s'enfoncer sous l'eau.
- Alors ça ! Ça mérite une punition !
- Minos, tu comptes faire quoi ? MINOOOOSSS ! Termina-t-il dans un cri de surprise et de plaisir lorsqu'il sentit la bouche du juge happer entièrement son sexe.
Il eu l'impression que sa respiration et son cœur s'étaient arrêtés net pour reprendre aussitôt à un rythme frénétique, comme s'il mourait pour renaître plus vivant que jamais. Albafica qui n'en revenait pas d'apprécier autant une chose qu'il avait toujours trouvé dégoûtante, dû s'accrocher au bord du bassin pour ne pas sombrer. La langue experte du griffon jouait parfaitement de l'instrument du poisson et celui-ci se libéra vite dans la bouche de son amant en une explosion de sensations. Minos satisfait refit surface et fronça les sourcils face à l'air gêné de son ange qui balbutia honteux.
- Excuse-moi Minos, je ne... Je ne voulais pas... Euh... Je veux dire... faire ça... J'en ai pas fait exprès, mais... Mais c'était tellement bon... Désolé ! Tu ne m'en veux pas ? Termina-t-il en blottissant sa tête dans le cou du juge.
Réalisant à quel point son ange était innocent en matière de sexe, le griffon fut touché par sa réaction. Il l'écarta doucement et lui prit le menton avec tendresse pour lui relever la tête de sorte qu'il le regarda bien dans les yeux. Mais le chevalier fuyait son regard.
- Eh ! Albafica ! Regarde-moi, demanda-t-il en souriant.
Lorsque le poisson le regarda enfin avec un sourire gêné. Minos lui dit en le caressant.
- Tu n'as rien fait de mal, min boyen, c'était une réaction on ne peut plus naturel que je t'ai volontairement amener à avoir... Bon ! Tu as peut-être été un peu rapide...
Voyant que le chevalier n'avait toujours pas l'air convaincu, le juge ajouta avec un sourire taquin.
- D'un autre côté... Ton inexpérience m'a sauvé de la noyade !
Albafica se blottit contre lui en murmurant amusé.
- Que tu es bête Minos du griffon !
Le juge attrapa son amant par la taille et le hissa pour l'asseoir sur le bord du bassin.
- Eh ! Je ne suis pas impotent, je peux sortir de l'eau tout seul !
- Pourtant tu y trouverais certains avantages, répondit le griffon en revenant près de lui avec la bouteille offerte par Eaque.
- Ah oui ! Lesquels demanda Albafica en reprenant ses vêtements.
- Tu y gagnerais un esclave dévoué.
- Qui ça ?
- Bah moi, répondit Minos en humant le parfum de huile.
Il sourit et arrêta le chevalier qui allait se rhabiller.
- Attends, je vais te faire un bon massage pour finir de te détendre.
Le poisson s'installa sur les draps de bain et coussins installés à cet effet.
- Bon d'accord, il faut bien que le cadeau d'Eaque serve. Je paris qu'il en a une très grosse réserve.
- Oui, mais pas de celui-là, répondit Minos en riant. Il l'a fabriqué spécialement pour nous, sens.
Albafica prit la bouteille et huma avec délice le parfum envoûtant de rose et de cannelle, savamment allégé d'agrumes. Il rendit la bouteille en souriant.
- Raison de plus pour s'en servir
Le juge s'en enduit généreusement les mains et massa tout le corps du chevalier qui se laissa aller dans des soupirs de bien être. Lorsqu'il eu terminé, il prit ses mains et versa de l'huile en disant.
- A toi maintenant.
Le griffon sourit en s'apercevant que le poisson évitait soigneusement ses parties intimes. Il lui prit la main, tout en l'embrassant pour détourner son attention et lentement avec une infinie douceur, il guida le massage. Sentant que son amour pouvant maintenant se débrouiller seul, il retira sa main puis mît fin au baiser. Encouragé par les gémissements lascifs de Minos, Albafica se mît à parcourir le corps du juge alternant baisers et coups de langue sensuels tout en continuant son massage. Le griffon enlaça le chevalier et le sentant imperceptiblement trembler, il enflamma cosmos, doux comme la flamme d'une bougie et le caressa.
Sous les mains du juge, il laissa s'échapper un soupir de bien être et avec plus d'assurance, il fit jouer sa langue sur les tétons de Minos. Albafica concentré sur l'extase du juge pour ne pas flancher, continua de descendre vers le bas ventre de celui-ci. Le chevalier ferma les yeux et avala laborieusement sa salive. Craignant de rompre le charme, le griffon se retint de prononcer les mots tendres qui lui venait à l'esprit et continua simplement ses caresses sensuelles. Bien décidé à rendre au juge le plaisir qu'il lui avait donné dans le bassin. Le poisson commença donc à passer une langue hésitante sur la virilité de Minos. Le goût légèrement salé et la sensation de chaleur n'était pas désagréable. D'un coup de langue plus assuré, il remonta le long de la verge pour finalement la prendre en bouche, essayant maladroitement de reproduire ce que juge lui avait fait plus tôt.
Minos sourit en écartant une mèche de cheveux d'Albafica pour dégager son visage. Il lui prit la tête et le guida avec douceur. Il songea dans un premier temps à se retenir pour faire durer le plaisir, mais ce souvenant de la réaction confuse du chevalier, il se laissa aller en un profond râle de jouissance. Surpris par le jet, le poisson recula en grimaçant. Le griffon lui caressa la joue en soufflant.
- Tu n'es pas obligé d'avaler si tu n'aimes pas.
Albafica fronça le nez en hésitant sur la meilleur attitude à adopter. Minos l'enlaça, posa ses lèvres sur les siennes et l'invita à approfondir leur baiser, partageant ainsi la précieuse sentence par leur valse sensuelle. Le chevalier, les joues en feu, était aux anges. Il se blottit tremblant dans les bras du juge.
- Ça va mon amour, demanda Minos inquiet. Tu trembles.
- Oui, j'ai juste un peu froid.
- Tu veux continuer.
Le chevalier hocha la tête. Le juge s'enduisit généreusement les mains et le massa à nouveau. A son tour il fit jouer sa langue et ses lèvres sur peau de son bel ange. Il s'attarda sur les tétons en faisant glisser ses mains le long de ses reins puis de ses fesses. Il s'introduisit en douceur dans la fente et se mît à dessiner de petits cercles sur l'orifice. Albafica senti son cœur accélérer en un tremblement, il prit une position plus confortable et incita Minos à l'embrasser. Devinant la suite, il avait besoin des baisers encourageants du juge. Le griffon fit pénétrer délicatement son doigt dans l'intimé du chevalier qui se crispa et posa la tête sur le torse du juge en grimaçant.
- Je t'ai fait mal ?
- Non... Pas vraiment, mais... c'est désagréable. Je m'aime pas et ça va faire très mal.
- Ne t'inquiète pas, min boyen. Ça va aller, je vais être très doux et avec toute huile que j'ai sur les mains ça va glisser tout seul. Détend-toi, tu vas vite trouver ça bon.
- D'accord, je te fais confiance, répondit Albafica en plongeant ses yeux dans ceux de Minos.
Le juge tenta des va et viens d'une externe lenteur pour laisser au chevalier le temps de s'habituer, tout en appliquant le même mouvement sur le sexe de celui-ci. Mais rien à faire, il était toujours aussi stressé, et il y avait fort à parier que les nuits du griffon avec Hadès et les blagues douteuses d'Eaque y était pour quelque chose. A vrai dire, les allusions tout aussi douteuses de Manigoldo avait commencé le travail de sape de son vivant. Minos appuya la tête contre le torse Albafica en soupirant, il devait bien y avoir un moyen.
- Je suis désolé, j'aurais tellement voulu... S'excusa le chevalier sincèrement navré.
Apercevant le membre dressé du poisson, le griffon sourit et l'embrassa.
- Ça ne fait rien, mon amour. Assied-toi, je vais faire autrement.
Albafica obéit intrigué et le juge se laissa glisser sur sa verge en disant d'une voix douce.
- Tu vois, je n'ai pas mal.
Il commença alors à bouger. Ses gémissements de plaisir furent vite rejoint par ceux du chevalier. Il introduit à nouveau un doigt dans son intimité. Le sentant s'abandonner à cette double extase, Minos y ajouta un second doigt qu'il fit danser au rythme de son bassin. Estimant son ange enfin prêt, il se retira provoquant un grognement de mécontentement.
- Ne soit pas si impatient mon amour, murmura le juge en riant.
Albafica poussa un petit cri de surprise lorsqu'il sentit Minos le pénétrer avec douceur. Le juge lui laissa le temps de s'habituer à sa présence puis commença à bouger très lentement et toujours plus loin jusqu'à atteindre ce point sensible qui le fit sombrer dans l'extase et crier de bonheur. Le chevalier n'avait jamais rien éprouvé d'aussi bon, d'aussi intense. Bien plus intense que lorsqu'il avait atteint le septième sens, bien plus merveilleux que lorsqu'il avait senti son cosmos vibrer en lui pour la première fois. Il n'y avait de mots assez fort pour décrire les sensations qui déferlaient dans tout son être. Chaque cellule de son corps s'embrasait dans le feu de la passion, son cœur battait à un allure frénétique au bord de l'explosion, son esprit ne demandait qu'à s'y noyer encore et toujours... Que cela ne s'arrête jamais... Jusqu'à ce qu'au paroxysme de la jouissance les deux amants ne se libérèrent ensemble en un seul cri de pur bonheur.
Tandis que Minos se retirait délicatement pour ne pas blesser son ange, Albafica lui caressa la joue en murmurant avec un sourire radieux.
- Je t'aime, livet mitt (1)
À ces mots tant attendu, le cœur du juge s'emballa, un frisson de bonheur le parcouru et il répondit avant de l'embrasser.
- Moi aussi je t'aime min engel.
Mais leurs lèvres ne rencontrèrent pas car ils furent interrompu par la porte qui s'ouvrit avec fracas. Hadès furieux venait d'entrer accompagné de plusieurs gardes.
- Emparez-vous d'eux ! Hurla le dieu bafoué.
- Quand Letos m'a parlé de ta trahison Minos du griffon, dit-il avec mépris. J'ai d'abord refusé de le croire. C'est donc à cause de ce chien que tu mettais moins ardeur à partager ma couche.
Les deux prisonniers tentaient de se débattre en fusillant du regard Letos qui se cachait courageusement derrière Hadès. Cependant ils ne répliquèrent pas, inutile, cela n'aurait fait qu'attiser la colère du seigneur des enfers. Le dieu fou de rage ordonna en désignant Minos.
- Qu'on l'emmène à la chambre noire ! Puis il ajouta à l'attention du juge. Un an de torture d'aideront à réfléchir à tes crimes.
Il se tourna vers le chevalier et cracha.
- Quant à toi misérable vermine ! Tu gèleras dans le Cocyte pour l'éternité.
Tandis que les gardes les emmenaient, Minos et Albafica tendirent la main l'un vers l'autre, mais ils étaient trop loin pour se toucher. Ils enflammèrent leur cosmos et ceux-ci se rejoignirent, ils s'emmêlèrent comme les doigts d'une main qui se croise.
- Je t'aime Albafica, lui cria le juge désespéré. Je t'aimerais toujours mon amour... Ne l'oublie jamais...
- Oui mon amour... Pour toujours... Je t'aime moi aussi !
L'esprit d'Albafica s'enfonçait inexorablement dans les ténèbres lorsque qu'une main caressa ses cheveux. Il lui semblait la connaître, mais ce n'était pas celle de Minos songea-t-il avec tristesse. Une voix... Celle de Rhadamanthe... Lui parlait, il dû faire un immense effort de concentration pour comprendre les mots prononcés.
- Ecoute-moi bien. Eaque est auprès de la chambre noire pour soutenir Minos. Dans une semaine la reine Persephone sera de retour. Elle le fera libéré et tu pourras à nouveau te réincarner. Minos t'aime comme il n'a jamais aimer auparavant. Tu es son âme-sœur, il ne t'oubliera jamais.
Les larmes du chevalier gelèrent avant même de couler. Et ce fut les ténèbres...
(1) Ma vie
