CHAPITRE III
Vita était inconsciente. Dans son rêve, elle vit sa mère qui lui murmura :
Kaori: Va-t-en ma chérie ! Cours jusqu'à l'école, celle où ton père t'emmène parfois. Va, va vite !
L'enfant se réveilla lentement, elle était couverte de sang. De sa maison, il ne restait que des ruines fumantes. Elle regarda une dernière fois autour d'elle, puis se mit à courir.
La petite orpheline courait sans s'arrêter, des larmes coulaient sur son visage. Dans sa tête résonnaient les dernières paroles de ce monstre qui avait tué sa famille. Elle courut ainsi jusqu'au petit matin. Soudain, elle vit enfin les toits dorés de l'école de l'ami de son père. À bout de force, elle s'évanouit.
*** Un peu plus tard ***
Un jeune homme courait dans les couloirs de l'école. Lorsqu'il vit enfin celui qu'il cherchait, il accéléra.
… : Senpai ! Senpai !
L'homme se retourna vers lui.
Maitre : Que se passe-t-il Katokaï ?
Katokaï : Nous venons de trouver une petite fille couverte de sang devant les portes ! Elle porte le symbole du clan Myôsegi !
Maitre : Comment ! Est-ce qu'elle est blessée ? A-t-elle parlé ?
Katokaï : Elle n'a pas grand chose. Physiquement elle va bien, par contre psychologiquement elle sera probablement marquée.
Maitre : Envoie une équipe à la résidence de son clan, je veux savoir ce qui s'est passé là-bas puis retourne auprès d'elle.
Katokaï : Hai !
Katokaï entra dans l'infirmerie. Le maitre lui avait demandé de rester avec la fillette qui venait d'être trouvée. Celle-ci leva immédiatement ses yeux vers lui. Une lueur de peur dansait dans ses pupilles dorées.
Katokaï : N'aie pas peur, je ne veux pas te manger ! Mon nom est .Katokaï Otowa, je suis sensei ici, à l'école des Samouraïs. Tu es du clan Myôsegi, non ? Quel est ton nom ?
La jeune enfant le regarda fixement, mais ne lui répondit pas. Il eût l'impression qu'elle regardait jusqu'au plus profond de son esprit.
Maitre : (Entre dans la pièce avec une liasse de feuille) Tu es Vita, n'est ce pas ? Nous nous somme déjà vu, tu t'en souviens ? Ton père est mon meilleur ami. Il m'a parlé de la prophétie. Il m'a aussi dit que tu avais, depuis ta naissance, une sorte de "tatouage vivant "...
Katokaï : Comment ? C'est... Impossible !
Maitre : Vita, sois gentille, montre nous...
Elle obéit et dévêtit le kimono qu'elle portait. Dans son dos, on pouvait alors voir deux dragons chinois, l'un blanc et l'autre noir, enlacés, dont les corps allaient de sa taille jusqu'à sa poitrine. Le Maître les effleura avec son sabre. Le contact entre le métal froid et la peau fit tressaillir la jeune fille. Aussitôt les dragons se mirent à bouger et se matérialisèrent devant Katokaï, ébahi.
Katokaï : C'est... L'enfant... de... de la prophétie... Je croyais... Que... Ce n'était... Qu'une légende...
Vita se rhabilla et les dragons disparurent.
Maitre : Ceci restera entre nous. À partir d'aujourd'hui, tu seras son enseignant. Je pense que tu en feras une excellente kunoichi, voir une samouraï... Mais avant viens dans mon bureau, j'ai des explications pour toi, ainsi que quelques consignes...
*** Dans le bureau ***
Maitre : Depuis des générations, dans le clan Myôsegi, on tue le premier enfant de la famille. Au début c'était une obligation du chef du clan, car tous avaient peur de la prophétie. Mais au fil des générations, cette vieille histoire commença à devenir une légende, mettant ainsi en doute le fait que la prophétie soit une chose vraie. Or, lorsque Kaori accoucha de cette enfant, la prophétie se réalisa. La jeune mère connaissait cette prophétie, et elle savait que sa fille était cet enfant tant redouté… Et pourtant, elle refusa de la tuer. Elle l'aimât malgré le fait qu'elle soit plus puissante que les neuf Bijuus réunis. On pourrait la croire folle, car Vita est extrêmement dangereuse quand elle le veut. Les dragons la protègent de tout danger ou de toute attaque. De plus, lorsqu'elle se trouve dans la période de la nouvelle Lune, aussi appelée la Lune noire par les anciens, ses plus petites techniques peuvent être mortelles. Enfin, tout cela est compliqué... Son père avait commencé à la former aux techniques ninjas. J'aimerais que tu continue.
Katokaï : Vous êtes sûr qu'elle puisse supporter un tel entrainement ?
Maitre : Certain, elle a un courage hors du commun.
Katokaï : Effectivement, cela m'a beaucoup surpris de l'avoir vu venir de si loin dans un tel état.
Maitre : Méfies-toi, tu n'es pas au bout de tes surprises : elle est capable de tout. Je te la confie. Tu débuteras son enseignement dans 5 jours, le temps qu'elle soit intégrée à l'école.
Katokaï : (en sortant) À vos ordres Senpai !
Tandis que Katokaï sortait, le Maitre pensa à son ami défunt ainsi qu'à la lourde tâche que représentait une fille dans une école de garçons...
