-Tu stress ?
Je fixais le petit garçon à mes côtés et secouait la tête négativement. Il ne releva pas mon mensonge, il était évident que j'étais morte de peur. J'avais même du mal à entendre quoi que ce soit d'autre que le battement intense de mon cœur, il tambourinait sans s'arrêter dans ma poitrine, tellement fort que j'avais l'impression qu'il allait exploser.
Nous étions dans ces grands chariots d'or, qui valait sûrement une énorme fortune et nous allions bientôt avancer, découvrir la foule. Découvrir Snow.
-Tu es jolie.
Je haussais un sourcil, avant de porter attention à la tenue que je portais. Il est vrai que je n'avais pas pensé à m'admirer, j'avais d'autre souci en tête. Je n'avais même pas riposter quand on m'avait fait souffrir le martyr en m'épilant les sourcils.
Mais là, je devais admettre que j'étais simplement ridicule. Je ressemblais à une petite fille modèle sans défense, avec ma robe bleuté sublimée par de nombreux volants, le col Claudine blanc cassé, les petits boutons en argent soigneusement sculptés, le tout accompagné de chaussettes hautes en dentelle assortis au col et de petites chaussures à talons plats noires.
Mes cheveux avaient été tressé en une longue natte sur le côté, et mes yeux verts mis en valeur par un maquillage heureusement très sobre.
Alexy avait eu autant de « chance » que moi, il avait hérité d'un short brun à bretelle noire, d'une chemise blanche et de chaussette haute assortis à son pantalon.
Il était encore plus ridicule que moi.
Le petit garçon serra ses doigts sombres sur ma main pâle alors que la lumière aveuglante de la pièce me faisait plisser les yeux. M'habituant peu à peu à la luminosité impressionnante, je passais mon regard sur le publique répartis autour de nous qui hurlait à pleine voix.
-Souris, me murmura le garçon en saluant la foule.
Je ne pu m'y résigner, leur visage si hideux et souriant me donnait la nausée, je n'avais qu'une envie, c'était de leur montrer mon majeur bien en évidence.
Je vis mon visage se refléter dans le grand miroir accrocher tel une banderole et fronçais les sourcils, je ressemblais vraiment à une poupée de porcelaine. Et je n'aimais pas cette idée.
Alexy ramassa une fleur et me l'a mis dans les cheveux en souriant, je le laissais faire pour la simple et bonne raison que je ne faisais pas attention à lui. Mon cœur ne s'était pas calmé, et j'avais un mal à fou à respirer correctement. J'angoissais.
Le petit garçon s'accrocha à mon bras en me pinçant et je sursautais.
-Souris.
Il me regarda d'un air insistants, et je finis par m'exécuter. Mais je ne souriais pas à la foule. Je lui souriais à lui.
Le publique sembla attendri par cette image que je donnais de moi et je compris que c'était exactement ce que le petit garçon voulait montrer de moi. Un côté attendrissant. Pas simplement une poupée de glace.
Mais mon sourire disparu à l'instant où Snow faisait son entrée, où l'on voyait ainsi s'avancer cette silhouette devant le publique aux anges.
La présidente Snow, petite fille idéale qui avait repris les reine après la mort de son grand-père.
Les cheveux blond raide comme des baguettes, coupés aux épaules, un visage pâle et des yeux bleus, un regard de serpent. Un regard hideux. Une bouche fine colorié en rouge par un gloss trop brillant à mon goût, des pommettes hautes et une robe au couleur de feu qui moulait parfaitement son corps jeune, mettant en valeur des formes idéales. Cette horrible femme était l'incarnation du diable en personne.
Il n'y avait que son discours qui parvenait à mon esprit, parce que dès qu'elle ouvrit la bouche tout le reste autour sembla disparaître. La main d'Alexy dans la mienne. Les autres tribus autour. Le publique. Je ne voyais qu'elle. N'entendais qu'elle. Et ne voulais qu'une chose. Sa mort.
-Joyeux Hunger Games.
Elle me fixa. Enfin. Elle m'attribua un léger sourire, alors que je me figeais, restant de marbre face à elle. Elle savait qui j'étais, ça ne faisait aucun doute. La présidente Snow me connaissait, puisque que c'était elle qui avait ordonné de tuer tout les anciens résistants il y a quelque année. Et elle avait assisté à chacun de leur mort. Elle avait assisté à la mort de mes parents.
Elle détoura ses yeux de moi, et mon regard se porta sur autre chose. Sur quelqu'un d'autre.
Mathieu me fixait depuis le début, d'après ce que Alexy sembla me chuchoter mais je n'arrivais pas à savoir ce qu'il pensait, son regard était complètement vide. Mais quand il passa sa main dans ses cheveux, je compris son embarras et me concentrais sur autre chose que lui. Il faisait toujours cela quand on était plus jeune, c'était une façon pour lui de réfléchir, mais généralement c'était aussi le signe que l'on avait un problème. Et celui là, n'avait aucune solution à la clef.
Je réfléchissais à une solution pour survivre, tout en laissant vivre Alexy. Survivre tout en nous laissant vivre tout les trois même. Mon regard se perdit à nouveau dans ses yeux bleutés et mon angoisse sembla diminuer d'un coup, c'était comme si je pouvais percevoir l'océan, comme si je marchais sur la plage et que plus rien ne pouvait m'atteindre.
Je me souvenais maintenant pourquoi j'adorais tant ses yeux à l'époque. Ils me faisaient tout oublier, même les jeux.
-Félicitations Alexy. Le coup de la fleur était juste parfait.
Aicha le prit dans ses bras alors que Mathieu s'avançait vers nous sa main pâle dans ses cheveux blond.
-Salut, Lune.
-Salut... marmonnais-je en évitant son regard.
Je ne voulais pas m'y perdre.
Il me saisit la main et déposa un baiser sur ma joue avant de se pencher vers mon oreille :
-Fais une alliance avec moi.
Je retirais mes doigts et reculais d'un pas en fronçant les sourcils.
-Je ne supporte pas cette fille, soupira-t-il en me montrant la fille de son district, et tu sais très bien que toi et moi on a toute nos chances.
-Et après, finis-je par dire.
-Après, ça se jouera entre toi et moi, comme à l'époque.
Mathieu m'attribua un clin d'œil dont lui seul avait le secret, qui pouvait faire fondre n'importe qui et je serrais les points, il pensait que je serais une adversaire facile.
-Tu n'as aucune chance, lui souris-je en tournant les talons.
-C'est ce qu'on verra ! S'écria-t-il.
J'avais tord, évidemment. Mathieu était la personne avec qui il fallait vraiment éviter le combat, et je venais comme une idiote, de le provoquer ouvertement. Je n'avais aucune chance ! Il avait toujours été meilleur que moi, même quand on était gosse, j'avais beau me battre contre lui, j'avais beau essayer de gagner, il n'y avait rien à faire. Il était le plus fort.
Je trouvais ma chambre sans trop de difficulté et en profitais pour me changer, revêtissent un pantalon de toile noire et une chemise blanche. C'était une pièce impressionnante, et je pense qu'elle devait avoir au minimum la taille de tout l'étage de ma propre maison. En pensant à cela, des images du district 11 me revinrent en tête. J'avais toujours vécu là bas, c'était mon district, ma vie, j'étais même né là bas. Mais étrangement les histoires du district 12 étaient simplement palpitantes, et j'étais fière de savoir que j'étais originaire de cet endroit. Fière de savoir que mes parents avaient côtoyer Katniss et Peeta. Les héros...
Je me couchais un instant sur l'immense lit moelleux situé au centre de la pièce aux couleurs rouges et dorés et observais un instant le plafond de mes yeux verts olives. Les meubles de la pièces étaient pour la plupart, totalement inutiles. Et d'un prix qui devait être impressionnant. Mais je ne leur trouvais rien de beau, leurs couleurs étaient vives et tapes à l'œil, leurs formes modernes et trop arrondis. La seule chose que j'aimais était la fenêtre qui pouvait me montrer des paysages qui me rendaient nostalgique de mon district.
Je me redressais du lit en soupirant, mon estomac grondait et je me dirigeais vers le dîner où ils étaient déjà tous installés. La salle à manger était très claire, la table rectangulaire d'une blancheur éclatante, les murs habillés de tableaux modernes, les chaises en argent. Je m'assis à côté du petit, alors que notre manager avait pris place au bout de la table.
-Je trouve que c'est une bonne idée, commenta Aicha.
-De quoi ? S'étonna Larry.
-L'alliance que Lune a conclu avec le garçon du 2.
-T'as conclu une alliance ? S'étonna Alexy.
-Je suis tout aussi étonnée que toi, s'esclaffa notre manager en avalant un morceau de poulet.
-C'est une excellente chose, le garçon du 2 a beaucoup de succès auprès de la gente féminine ! Affirma Larry.
-Lune a aussi beaucoup de succès, rigola Aicha.
-Absolument, absolument ! S'exclama l'homme aux cheveux verts, tu as un visage d'ange, tout les garçons te trouvent magnifiques, et les filles sont très émus de ta tendresse envers le petit.
-Je ne ferais pas d'alliance avec Mathieu, finis-je par réussir à placer dans leur débat sur mon physique.
Aicha lâcha immédiatement la cuisse de poulet qu'elle tenait entre les doigts et se redressa rapidement :
-C'est la meilleure chose à faire pour vivre.
-Mathieu ne s'encombrera pas de quelqu'un qui pourrait le gêner, rétorquais-je, il ne fera d'alliance avec personne d'autre. Et je préfère espérer qu'il se fasse tuer, plutôt que de l'aider à vivre et de me retrouver face à lui après.
-Oh, finalement la miss à un cœur, rétorqua la femme, elle a peur de le tuer parce que tu tiens à lui.
Je me levais pour lui faire face et ripostais :
-Je n'ai aucune chance face à lui !
-Tu sais te défendre !
-Je le connais ! Petit, il pouvait même battre son père ! Je n'ai jamais réussi à le toucher.
-Charme le.
Je me figeais, avant de me rasseoir, tournant mon regard vers le petit garçon a mes côtés. Je ne savais même pas qu'à son âge on pouvait connaître de tel mot.
-Mathieu et toi vous étiez proches, et ça se voit qu'il tient à toi. Il n'a pas détacher son regard de toi.
-Et alors ?
-Mon père regardait ma mère de la même façon.
Un sourire se dessina sur mon visage, et au plus grand étonnement de tous, je me mis à rire.
-Mathieu ne s'encombrera pas de sentiment.
-Pour une fois, s'exprima la femme au bout de la table, je suis d'accord avec elle.
Alexy secoua la tête :
-Il ne détachait pas ses yeux d'elle !
-Certes, dis-je avant que Aicha n'ait pu ouvrir la bouche, mais sa vie compte bien plus que n'importe quoi d'autre.
-Je ne comprend pas, finit par avouer le petit.
-Il y a des personnes pour qui leur vie est plus importante que n'importe qui. Comme Snow, crachais-je sous le regard étonné de Larry.
Aicha leva les yeux au ciel, ce n'était certainement pas une chose à dire devant Larry, mais je n'en avais strictement rien à faire.
-Comme Lune aussi.
Je lançais un regard assassin à notre manager qui portait un verre de vin rouge à ses lèvres pulpeuses.
Je voulais lui lancer une réplique cinglante, mais Alexy s'en chargea pour moi à mon plus grand étonnement.
-Ce n'est pas vrai ! Si Lune était ainsi elle n'aurait jamais sacrifié sa vie en entrant dans les jeux.
Je souris à Alexy et reportais mon attention sur Aicha lui lançant le regard le plus noir que je pouvais.
Mais elle souriait et leva son verre vers moi :
-A Lune dans ce cas, et à Alexy. Parce que je suis sûre que cette année, le district 11 aura un vainqueur.
