C'est parti pour le deuxième chapitre ! Merci encore à Penerigate pour tout ses commentaires sans lesquels la motivations manquerait à l'appel...
Sid enfila une paire de gants en latex et se positionna devant sa table d'autopsie. Il souleva d'une main experte le draps qui recouvrait le corps inerte qui gisait sur le métal gelé et prit une grand inspiration en fixant ses lunettes sur son nez.
« Prête ? »
Jo hocha la tête.
« Toujours ! »
Sid se sentait mal à l'aise. C'était la première fois qu'il réalisait une autopsie alors que quelqu'un le regardait faire. Il avait peur de choquer sa nouvelle collègue. Il prit son courage à deux mains et appliqua la procédure habituelle. Le corps avait déjà été déshabillé et nettoyé, ce qui épargnait à Sid le malaise de voir une femme morte, nue, pâle et sans vie, étalée sous ses yeux. Ca allait encore à peu près quand sa cliente était une parfaite inconnue, une 'Jane Doe', mais celle-ci... Celle-ci était spéciale.
Il posa un doigt sur le front de la victime. Jo ferma les yeux l'espace d'une seconde.
« La cause de la mort est évidente. Un tir en pleine tête. Je vais essayer de retirer la balle pour l'envoyer au service balistique.
- Neuf millimètre. Si le diamètre vous intéresse. »
Sid hocha la tête. Il voulait coincer le type qui avait fait ça à une si belle femme. Il examina le point d'entrée un instant et grogna.
- Il va falloir que je scies votre boîte crânienne pour attraper la balle.
Jo souffla.
- Vraiment ?
Sid eut un sourire gêné. Il ne voyait pas d'autre solution.
- C'est vraiment du gâchis d'abîmer votre beau visage. Mais je vais bien devoir donner cette balle à Mac ! »
Jo sembla réfléchir quelques secondes, à la grande surprise de Sid : comment pouvait-elle se perdre en réflexion alors qu'une balle de neuf millimètre était confortablement logée dans son hippocampe ?
« En réalité, je ne vois même pas pourquoi vous voulez me charcuter ainsi. Après tout, je sais qui m'a tuée. Je vous donne le nom, Flack arrête le tueur et on peut tous retourner dormir. »
Sid hésita. Pouvaient-ils réellement prendre en compte le témoignage post mortem d'une victime ? Même si la victime faisait partie de l'équipe scientifique ? D'ailleurs, Mac pouvait-il la laisser participer à l'enquête ? Après tout, cette affaire la touchait personnellement...
« Je ne sais pas Jo. Je crois que pour le bien de cette enquête, il va vraiment falloir que vous me fassiez confiance. Je ne peux pas laisser mes sentiments altérer mon jugement. Il faut que j'analyse les preuves. Et votre corps en est une. »
Jo soupira, loin d'être résignée. Elle fit la moue, comme une gamine de quatre ans qui ferait un caprice pour un chocolat, et elle insista :
« Pourrait-on au moins commencer par le reste ? Vous n'êtes pas sensé m'ouvrir en V ? Fouiller dans mon estomac pour savoir ce que j'ai mangé lors de mon dernier repas, voir si j'étais en parfaite santé ou si je couvais un cancer ? Je peux vous raconter ma vie pendant que vous faites tout cela, ça vous facilitera la vie. Alors je suis née en Alabama pendant l'été de l'année... »
Sid souffla. Elle lui rendait la tâche encore plus compliquée en discutant comme ça...
« Je dois prendre cette balle Jo. Désolé. »
Elle parût se résigner, et Sid sortit sa scie du placard mobile pour la brancher sur la prise de la table. Il regarda Jo dans les yeux et s'excusa. Ce qu'il s'apprêtait à faire ne plaisait ni au médecin légiste, ni à sa cliente...
« Bon... C'est parti... »
Il alluma la scie et la positionna sur le front de Jo bien au dessus de l'endroit où la balle avait pénétré son front, pour ne pas endommager la pièce à conviction.
Jo sursauta quand la scie toucha sa peau, et l'entailla rapidement. Sid arrêta immédiatement.
« Jo ! Je suis désolé ! Je vous ai fait mal ? S'inquiéta-t-il en posant sa main dans ses cheveux.
Jo leva les yeux au ciel.
- Ne soyez pas idiot Sid ! Je suis morte. Comment voudriez vous que je sente quoi que ce soit ?! »
Sid étouffait, il allait mourir. Il le sentait. La panique le saisissait. Il ouvrit les yeux et se redressa brusquement dans son lit. Il tenta de reprendre son souffle et saisit sa boîte de comprimés anti-stress. Les crises d'angoisses se faisaient de plus en plus fréquentes chez lui. Mais il était rare qu'elles le saisissent en pleine nuit... Et quel cauchemar ! Il frissonna. C'était tordu... Autopsier la collègue qu'il avait rencontré le jour même ? Belle entrée en matière !
Il sauta de son lit et glissa ses pieds dans ses pantoufles. Il ne pourrait pas finir sa nuit après une telle atrocité. Un vertige le prit. Il s'était levé trop vite. Sa vue se fit trouble et il dut fermer les yeux in instant pour reprendre contenance, mais les rouvrit bien vite quand l'image du corps froid et rigide de Jo sur la table dure de la morgue... Il lui faudrait un verre de bourbon pour se remettre de ses émotions.
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