Pas la peine de détacher vos yeux, de les essuyer et de les remettre en place, vous avez bien vu ! Eh oui, Blue-chan a continué Twins ! Elle n'est pas morte ! Niahahahahahahh ! Hum hum. Bref. En fait, le chapitre est quasi fini depuis un bon mois, mais je m'occupe plus de mon blog que de mes fictions. Trêve de bavardages inutiles, je vous laisse avec ce chapitre 2, où les choses s'accélèrent et où les acteurs se mettent petit à petit en place. Enjoy !


Une douce mélodie s'élevait dans les airs de cette journée d'été. Une douce mélodie jouée par les carillons de la cathédrale de Magnolia, qui résonnaient à qui mieux mieux. Le soleil matinal répandait sa chaleur vive et bienfaisante sur la ville, et la brise chaude et parfumée du vent marin soufflait doucement dans les rues où régnait une joie non dissimulée. Pas un seul nuage ne venait moucheter le ciel bleu vif qui donnait envie de plonger dans son immensité, de petites tâches blanches. Cette journée de juillet respirait l'allégresse et le bonheur dans tous les recoins de la ville, sans exception. Des effluves d'été et de parfums raffinés se répandaient dans les rues. Tous les habitants avaient revêtu leurs habits du dimanche, les femmes habillées de leur plus belle robe qui se livraient à un festival de couleurs chatoyantes, pastels, blanches, sans aucun monceau de noir. Leurs élégants maris portaient cravate et chemise blanche, la coiffure et la tenue de chacun avait été soignée dans les moindres détails. Les enfants aussi s'étaient prêtés au jeu et étaient habillés de leur plus belle petite robe, de leur plus belle chemise et de leur plus beau pantalon. La raison de cet élan d'élégance et de fraîcheur dans la paisible Magnolia n'était non moins magnifique : Lucy Heartfilia se mariait aujourd'hui.

Dans un carrosse, tiré par de chevaux blancs comme neige, la jeune femme tenait les pans de sa robe d'un air stressé. Elle avait sur ses genoux un bouquet de roses rouges, les pétales pleinement ouvertes, et dont l'odeur enchanteresse embaumait l'endroit. Se mordant la lèvre inférieure, Lucy essaya tant bien que mal de se calmer, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine compressée par son bustier blanc orné de sequins et de perles blanches aux motifs floraux. Son mariage... Le plus beau jour de sa vie. Elle ne devrait pas se sentir aussi stressée... Dehors, lorsqu'elle arriverait, ses amis seraient là, l'attendant dans leur somptueuse tenue. Elle prendrait le bras de Makarov, qui l'emmènerait à l'intérieur de la cathédrale, et, par les liens sacrés du mariage, elle épouserait... euh... Elle épouserait... Mais en fait... Elle allait se marier avec qui ? Elle n'eut pas le temps de se le demander que les chevaux s'était déjà arrêtés, faisant s'ébranler un peu le carrosse. Son palpitant battit de plus belle. Elle sentit une bouffée de stress intense l'envahir, et se re mordit la lèvre pour s'aider à faire redescendre son rythme cardiaque qui atteignait des records. Elle toussa deux ou trois fois, pris plusieurs grandes inspirations, et posa sa main gantée recouvrant son tatouage de la guilde sur la poignée du carrosse, qui s'ouvrit sur le maître de Fairy Tail, un grand sourire sur ses lèvres, le bonheur se lisant sur son visage, faisant remonter les rides aux coins de ses yeux pétillants de joie. Il lui fit un compliment des plus éloquent, qui fit rougir la belle blonde à travers son voile, et marmonna qu'il aurait bien voulu être à la place du marié. Le marié. Quel marié ? Un sentiment d'angoisse envahit le corps de Lucy. Étrangement, il lui sembla avoir très chaud à ce moment. Comme si un feu intense se répandait dans son corps.

Avant qu'elle n'ai pu dire ouf, elle se trouvait déjà devant l'autel et devant le prêtre, devant tout Magnolia, devant ses amis, devant la silhouette de l'homme qu'elle allait épouser, silhouette qu'elle ne reconnaissait pas. Lorsque le prêtre lui posa la question capitale, elle voulu de tout son être répondre « non », mais c'est une réponse affirmative qui franchit la barrière de ses lèvres. Elle écarquilla les yeux d'effroi. Son corps ne lui obéissait plus. Un vent de panique s'empara d'elle lorsqu'elle sentit deux mains masculines se poser sur ses fines épaules nues. Mais son visage, lui, n'exprimait rien d'autre qu'un bonheur intense et... une pointe de... détresse ? Les deux mains de l'homme dont elle ne savait rien s'attardèrent sur son voile et commencèrent à le soulever. Le cœur battant à la chamade, Lucy vit le visage de l'homme à qui sa voix avait dit oui. Une aura noire. Des yeux rouges. Des cheveux noirs d'encre. Des traits fins et durs à la fois. Qui inspiraient la terreur autant qu'ils fascinaient. Zeref.

- NON ARRÊTEZ ÇA JE NE VEUX PAS ARRÊTEZ !

- Lucy Lucy ! C'est moi, Natsu ! Calme toi je suis là !

Lucy ouvrit ses yeux remplis de larmes et regarda son ami. Sans réfléchir, elle s'abandonna à l'étreinte des bras du jeune homme. Il lui fallu cinq bonnes minutes pour se calmer totalement, dans les bras d'un Natsu totalement perdu et dépassé par l'attitude de sa camarade. Elle continuait de sangloter, mais avec moins d'intensité, ses larmes mouillant le gilet de son ami, imbibant les draps roses de son lit, sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration presque erratique. La jolie mage huma longuement l'odeur d'épices de son meilleur ami, tâchant de calmer les pulsations folles et douloureuses. Ses doigts fins s'étaient vivement crispées sur les épaules du jeune homme, qui ne remarqua même pas la présence des ongles de la blonde dans son épiderme.

- Lucy... Ça va ?

- J... Je crois, oui...

Encore sous le choc, elle se défit très lentement de l'étreinte du mage de feu, dont le regard restait fixé avec inquiétude sur les trais tendus et apeurés de sa camarade.

- Qu'est-ce qui t'es arrivée ?

- Non, non, rien, juste un cauchemar...

A quoi bon affoler son ami pour un simple cauchemar. Oui, un simple cauchemar... Elle sécha vivement les sillons des larmes qui parcouraient ses joues du revers de la main en secouant la tête. Le mage de feu, à genoux sur le lit, se détendit lui aussi et étira ses bras au dessus de sa tête en poussant un bâillement tout à fait charmant, puis descendit du lit dans un bond. La blonde, obnubilée par son cauchemar, serra entre ses fins doigts sa couverture, mais sentant le regard de son ami sur elle, se mit à genoux pour admirer la vue sur le fleuve que lui offrait sa fenêtre. Dehors, il faisait presque le même temps que dans son rêve. Le soleil brillait d'un éclat pour l'instant doux à cause de l'heure matinale. Le ciel était d'un bleu calme et profond, reposant, où quelques nuages fins teinté d'orange et de rose pastel venaient strier la magnifique étendue d'encore plus de douceur. A travers sa fenêtre, elle pouvait entendre le gazouillement tranquille des nombreux oiseaux qui peuplaient la ville et sentir la chaleur de l'astre rouge croître doucement à travers les vitres du petit appartement. Une journée magnifique, en somme. Alors hors de question de se miner les neurones à cause d'un simple cauchemar. Bondissant sur son lit, Lucy atterrit sur ses pieds et se dépêcha d'ouvrir sa fenêtre pour prendre un bon bol d'air frais. Les coudes appuyés sur le rebord de sa fenêtre, la belle mage blonde laissait les odeurs des échoppes des marchands installés non-loin de là envahir ses narines. Elle ferma les yeux, le sourire aux lèvres, lorsqu'un bruit bizarre venant de sa cuisine la tira de sa rêverie. Natsu arriva dans le salon, se frictionnant l'estomac de sa main droite.

- Lucy, t'aurais pas quelque chose à manger par hasard ? Je crève de faim !

- … Hein ?

Devant elle, Natsu, en caleçon et chaussettes, l'écharpe enroulée sur la tête, dévisageait sa camarade en attendant sa réponse. Lucy ouvrit grand les yeux.

- Natsu... Qu'est-ce que tu fiches ici ?! Et habilles-toi on dirait Grey !

- Qu-

Le pauvre n'eut même pas le temps de répondre que la mage le propulsa d'un coup de pied vigoureux dans la salle de bain et ferma la porte à clé. Le jeune homme se releva rapidement et tambourina à la porte.

- Aïeeeuh ! Luce, ça fait mal ! Qu'est-ce qui te prends ?

- Je t'ai dit de t'habiller ! Tu ne prendras pas de petit déjeuner en caleçon !

La blonde alla à sa cuisine en grommelant, aussi bien contre ce « stupide crétin de mage de feu » que contre les petites rougeurs qui zébraient délicieusement son visage. Elle avait plutôt l'habitude de voir des mages en caleçon ( Grey Grey, Grey... ) mais là... Bah c'était Natsu quoi. Et en plus, il était habillé tout à l'heure, non ? Pourquoi s'était-il déshabillé... Pour la deuxième fois de la matinée, elle secoua vigoureusement sa tête, faisant virevolter ses cheveux dorés. Elle se stoppa brusquement. Ses cheveux. Ils n'étaient pas propres. Catastrophe. Et Natsu qui avait démoli sa baignoire la veille. Elle allait définitivement le tuer. Elle se dirigea en hâte vers la salle de bain où elle avait séquestré son ami aux cheveux roses depuis son excès de colère. Sans prendre le soin de toquer à la porte, elle entra en abîmant un peu la porte au passage.

- Natsu je vais devoir al- Mais qu'est-ce que tu fabriques ?!

Le jeune garçon était en train d'essayer de recoller des morceaux de ce qui fût un jour une baignoire et dont il restait seulement des gros et des moins gros morceaux de céramiques et de mosaïque. Le mage tenait dans ses mains deux morceaux qui ne s'emboîtaient absolument pas et tentaient de les recoller, où bien simplement de les imbriquer maladroitement pour qu'ils tiennent ensemble. Le Dragon Slayer leva les yeux de sa tâche et dévisagea sa camarade.

- Bah, vu que tu m'as enfermé là sans raison, et vu que j'ai cassé ta baignoire, j'essaie de la reconstruire. Mais je comprends pas pourquoi, les morceaux ne veulent pas se remettre ensemble. Au fait, tu voulais quoi ? Le petit dej est prêt ?

Lucy était encore un peu étonnée, et regarda, intriguée, les bouts de baignoire qui Natsu s'évertuait à emboîter comme de vulgaires pièces de puzzle. Plus étrange, il ne se rendait pas compte de sa stupidité.

- Eh oh, Lucy ? Tu rêvasses ?

- Ah euh, excuse moi, fit-elle en reprenant un peu ses esprits. Je voulais juste te dire qu'après le petit déjeuner, on allait aller au dortoir des filles pour que je puisse prendre une douche.

- Comment ça, on ? Je suis un garçon, je vais pas aller au dortoir des filles ! Je vais squatter chez Caleçon-man pour ma douche, moi !

- Ah ouais, pas bête. Comme tu voudras. Viens vite, je vais préparer à manger.

- Super ! Je suis affamé !

Le Dragon Slayer bondit sur ses pieds et suivit joyeusement sa nakama, écrasant au passage les morceaux de baignoire qu'il essayait d'emboîter, récupéra ses habits et s'habilla. Ils prirent un rapide petit déjeuner pendant lequel ils parlèrent de tout et de rien, mais principalement de l'arrivée de Guildartz et de la personne mystère. Le temps passa vite, si bien qu'ils avait déjà passé presque une heure depuis leur réveil. Se levant d'un coup, Lucy décréta qu'il était temps pour elle de partir à Fairy Hills, et chez Grey pour Natsu. Une question lui vient soudain à l'esprit :

- Au fait Natsu, où est Happy ?

- Aahh Happy ? Il est chez Wendy et Charuru. Wendy l'avait invité à passer la nuit chez elles.

- Oh, je vois...

Qu'ils étaient mignons tous les deux, les petits exceeds... Enfin une bonne occasion de prendre sa revanche sur l'énervante manie du chat bleu à rouler les r. Riant sadiquement, elle fila s'habiller et se pomponner attrapa une sacoche contenant ses affaires de toilette, et sortant de la salle de bain, invita Natsu à faire de même. Une demi-heure plus tard, ils prirent chacun la direction de la salle de bain qu'ils allaient squatter. Remontant tranquillement le petit sentier champêtre qui menait au dortoir des filles, ayant envie d'un peu de compagnie, elle invoqua Plue, qui la suivit joyeusement et tremblotant comme à son habitude. Cueillant une fleur du même rouge que les cheveux d'Erza, elle discutait avec l'esprit du chiot.

- Mmmhhh dis moi, Plue...

- Pun Pun ?

- Tu penses qu'il va se passer quelque chose avec l'arrivée de Guildartz ?

- Pun Pun...

- Oui, peut-être, tu as raison...

Elle se remit en marche plus rapidement, le petit esprit blanc sur ses talons. Devant elle se dessina la grand bâtisse du magnifique dortoir de Fairy Hills, remit en état en même temps que le QG de la guilde. Il n'y avait pas à dire, les habitants du Magnolia avaient fait un travail irréprochable. Le bâtiment avait retrouvé toute sa splendeur d'antan. Le grand panneau « Fairy Hills » avait aussi été rénové, et affichait désormais une écriture penchée et raffinée. Gravissant les marches sculptées du perron, Lucy prit Plue dans ses bras et franchit la porte du dortoir. Elle retrouva le décor avec la même exactitude que lorsqu'elle avait effectué la mission de l'intendante du dortoir, Hilda. Le guichet en bois de chêne, les canapés en cuir brun, la table basse, le tapis vert, la petit lampe rouge, les plantes décoratives, tout avait été reconstitué à l'identique. Voir les efforts fournis par les habitants pour redorer les équipements de Fairy Tail après sept ans de silence fit chaud au cœur de la mage blonde. Elle monta rapidement les escaliers lustrés et se dirigea, de mémoire, vers la chambre d'Erza. Devant la porte blanche, elle hésita avant de toquer, se sentant soudain gênée de devoir demander à son amie de lui prêter sa baignoire. Elle n'eut même pas le temps de lever sa main que la sulfureuse rousse sortait de sa chambre, manquant de renverser son amie.

- Ouch !

- Oh Lucy, c'est toi ? Excuse moi de t'avoir bousculée. C'est plutôt rare de te voir ici ! Commenta la mage des armures. Que viens-tu faire au dortoir ?

La blonde lui étala sa mésaventure, et frissonna brièvement lorsqu'elle sentit l'aura sombre d'Erza se profiler au moment où elle évoqua la bêtise de Natsu. Finalement, Titania accepta sans le moindre problème de prêter sa baignoire à la jolie blonde, qui la remercia chaleureusement, puis déclarant qu'elle se rendait à la guilde afin que tout soit prêt pour le retour de Guildartz, tourna les talons dans un signe de la main. Une fois son bain (mérité, et grandement apprécié) terminé, Lucy entreprit de se balader dans tout le dortoir pour bien se remémorer les lieux, au cas où elle devrait y revenir seule. Plue, qui avait partagé son bain (et accessoirement légèrement fondu) était retourné tout beau tout propre et sentant le savon dans le monde des esprits. C'est ainsi qu'elle fit cavalier seul pendant une bonne heure dans la grande maison, croisant Evergreen et Charuru, détaillant du regard le bain et ses sculptures, d'où s'échappait une délicieuse et envoûtante odeur de cannelle et de savon, les grands couloirs décorés de tapis pourpres et dont les grandes fenêtres baignées de la lumière du petit matin faisaient étinceler la couleur chaude et animant doucement le grand dortoir des fées. Au détour d'un escalier un peu plus imposant que les autres, la constellationniste se retrouva nez-à-nez avec des immenses étagères recouvertes de milliers d'ouvrages aux reliures lustrées. Charmée par l'attrait qu'exerçaient ces livres sur elle, elle s'avança vers une des premières étagères d'angle et fit glisser sa main sur les reliefs des dos de livres. Romans, encyclopédies, contes, légendes, toutes ces étagères refermaient des trésors inestimables aux yeux de ceux qui daignaient poser leur regards sur ces temples de connaissance intemporels. Envoûtée, Lucy continua de frôler les couvertures du bout des doigts lorsque son regard fut attiré par une brève lueur dorée, presque phosphorescente dans l'obscurité, totalement en bas de la bibliothèque. Elle s'approcha, interloquée, vers la source lumineuse, et découvrit une sorte de tiroir, comme une trappe secrète, fermé par un étrangement bouton à pression aux moulures complexes, gravées de symboles aux allures mystiques. La lueur s'échappait par les recoins où le bois s'était usé avec l'âge.

Sa curiosité touchée au vif, Lucy approcha son doigt du centre du bouton et, après une petite seconde d'hésitation, appuya sur le motif. Aussitôt, les moulures se mirent à bouger vers l'extérieur et se détachèrent du tiroir, tournèrent autour du bouton et s'avancèrent jusqu'à ce qu'un « clic » se fasse entendre. Le bouton sortit du tiroir, pour maintenant servir de poignée. Lucy, qui avait précipitamment retiré sa main lorsque le motif avait bougé, attrapa alors la poignée entre ses doigts et tira doucement, comme si un mouvement de travers eut cassé la précieuse cachette. La lueur se fit beaucoup plus forte. Lorsque Lucy ouvrit totalement le tiroir grinçant, elle découvrit avec une stupeur mélangée d'émerveillement un livre d'une incroyable épaisseur à la reliure luxueuse et magnifiquement ouvragée. La couverture était d'un brun doré aux teintes chaudes, et présentait les mêmes motifs entrelacés que celui du bouton de l'ouverture du tiroir. Le livre était fermé par une languette agencée de la même manière qu'une ceinture, mais tout était décoré comme la plus précieuse des orfèvreries. Elle se saisit avec une infinie délicatesse de l'ouvrage et l'observa de plus près.

- Incroyable... souffla-t-elle, fascinée.

Remarquant que la lueur dorée s'échappait des pages du livre, elle voulut l'ouvrir, lorsqu'elle sentit un infime tremblement sous ses pieds. Guildartz arrive ! Sans réfléchir, elle fourra le livre dans sa sacoche et referma le tiroir avant de courir à toute vitesse pour sortir du dortoir.

Les cloches de la splendide cathédrale de Magnolia sonnaient la mélodie caractéristique de l'arrivée du plus puissant mage de rang S de Fairy Tail. Toute la ville se mouvait comme une entité vivante, parfaitement ordonnée, pour laisser apparaître la grande route fléchée du mage de destruction. La belle Magnolia elle-même se prosternait devant la puissance de l'homme. Les morceaux de la cité s'imbriquaient comme un puzzle construit pour un géant aux doigts de fée. Au milieu de la haie d'honneur de pierres et de ciment, Guildartz, dont la cape en lambeaux se soulevait majestueusement à chacun de ses pas, avançait énergiquement, le bonheur se lisant sur ses traits durs et imposants. Sa sacoche de toile grossière se balançait joyeusement à chaque soubresaut de l'épaule sur laquelle elle était posée. Rayonnant de puissance, on aura dit un roi qui rentrait victorieux et glorieux de la guerre. Ça y est. Enfin rentré à la maison. Il avait tant à raconter à sa guilde, et enlacer sa fille chérie lui démangeait comme si des milliers de fourmis avaient élu domicile dans ses bras musclés et s'amusaient à faire des va et viens dans les moindres parcelles de sa chair.

Kana-chan~ Il se mit à marcher de façon étrange et pire que ridicule en pensant à sa fille, une aura mièvre se dégageant de lui. Derrière lui, la demoiselle aux cheveux émeraude le fixait d'un air désespéré. Autant pour le filet de bave et les rougeurs sur son visage dus à la pensée de son alcoolique de fille que pour son pauvre ventre qui estimait que le dernier repas remontait désormais à trop loin. Les bras ballants, elle abandonna l'idée que son mentor puisse reprendre ses esprits. Elle se ré adonna à la contemplation de la cité vivante qui avait cessé de bouger. Le couloir dans lequel elle marchait était à quelques mètres en dessous du reste du niveau de la ville. Grâce à son ouïe fine, elle entendit sans peine les exclamations ravies des habitants de Magnolia et le nom du mage de rang S hurlé avec ardeur. Il est si populaire ? Elle était véritablement impressionnée par cette cité qu'elle foulait pour la première fois. Et ce n'était son exceed qui allait la contredire. La tête hors du baluchon d'Aïssa et ses pattes duveteuses sur ses épaules, Lutti examinait la ville avec de grands yeux ahuris où des étoiles brillaient.

- C'est magnifique ! s'exclama-t-elle.

- Ouais, t'as vu ? Tout le monde est heureux ici, c'est génial ! lui répondit Aïssa sur le même ton joyeux et impatient. Ooooooohhh ça sent boooooonnn !

- C'est quoi le nom de la ville ? Questionna Lutti.

-Cette ville s'appelle Magnolia, répondit Guildartz en se tournant légèrement vers ses protégées, le sourire au lèvres.

Une bouffée de fierté s'empara de lui, si forte, si intense et chaleureuse que Guildartz la sentit pulser dans ses veines, s'infiltrer dans chaque parcelle de sa peau et émaner par la moindre de ses pores, à tel point que ses pensées et son cœur s'élevèrent comme sur un nuage. Il ne le montrait pas forcément, mais Magnolia était bien plus qu'une simple ville à ses yeux. Un maison, une famille, une mère. Cette ville était la seule attache à sa famille biologique qu'il lui restait, depuis sa disparation, depuis leurmort... La sensation de flottaison, si agréable et euphorisante, tomba brutalement, traçant un profond sillon amer dans les plaies béantes du mage de la destruction. Le sourire qui semblait marqué au fer rouge sur ses mâchoires caleuses s'effaça en un clin d'œil. Instinctivement, il rentra les épaules et ses sourcils se froncèrent douloureusement. Son pas se fit plus lourd et sa respiration irrégulière. Aïssa, qui était toujours occupée à détailler chaque monceau visible de la ville avec son exceed, sentit l'aura de son compagnon changer brusquement, et stoppa net ses babillages. Ses grands yeux pointus détaillèrent intensément le dos de son mentor. Elle sentit une grande tristesse et une culpabilité tranchante émaner de l'homme. N'était-il pas en train de danser grotesquement juste avant ?...

- Guildartz, tout va bien ? S'enquit-elle d'une voix différente de son habituelle timbre aigu, bien plus grave et gutturale.

La tête de l'homme se releva soudainement, et il stoppa son avancée pour faire face à sa protégée. Plus de sourire enfantin et émerveillé : elle le fixait d'un air sérieux, ses yeux onyx sondant son âme comme si celle ci était incrustée dans les traits tendus du mage. Son visage fin sans sourire trahissait une évidente inquiétude. Elle avait l'air d'une adulte qui avait vécu assez longtemps pour tout comprendre , alors que quelques minutes auparavant, elle était aussi excitée qu'une enfant à une fête foraine en voyant la ville bouger. Ce stupéfiant paradoxe frappa Guildartz. Pendant une petite minute qui leur parut durer des heures, ils engagèrent un combat visuel intense, l'un cherchant à camoufler ses émotions, l'autre à les retourner. Les mâchoires crispées rivalisaient avec la concentration des pupilles poussée au maximum. Puis, lassé de cette situation gênante et sachant que la jeune mage n'abandonnerait pas, l'homme poussa un long soupir qui fendit le silence et rit un instant. Desserrant des sourcils douloureux, il sourit simplement, retrouvant son assurance.

- Ouais.

Le mot « menteur » résonnait en boucle dans l'esprit de l'enfant, qui n'insista pourtant pas. Ses lèvres s'étirèrent de nouveau, comme ci cette petite joute n'avait jamais eu lieu. Elle réajusta son baluchon sur ses épaules, remuant Lutti au passage, et couru au devant du mage de la destruction.

- Si tout va bien, magne toi alors !

Lucy commençait à en avoir marre de devoir entrer à la guilde en slalomant entre les projectiles comme si sa vie en dépendait. Elle qui était déjà un peu essoufflée d'avoir piqué un sprint du dortoir de Fairy Hills jusqu'à la guilde, elle était rendue à l'état de loque vivante affalée derrière le bar après avoir miraculeusement échappé à une Fairy-guerre. Elle regarda les filles à sa droite et sa gauche. Erza dégustait calmement son fraisier, comme si le vacarme assourdissant n'était pour elle qu'une simple brise d'été. Levy et Lisanna discutaient des garçons de la guilde, « toujours aussi bruyants et pas matures même après sept ans d'entraînement pour certains et sept ans de silence pour d'autres », une moue blasée sur les lèvres. Mais leur regard trahissait néanmoins une profonde affection. Wendy tenait Happy dans ses bras frêles et écoutait, désolée, Charuru repousser une énième fois les avances du chat bleu. Mira essayait tant bien que mal de convaincre Juvia de se baisser pour ne pas se prendre de coups ou de tables volantes, mais en vain, puisque la bleue refusait catégoriquement de rater une seule miette d'un spectacle du splendide corps de Grey-sama en mouvement. On avait perdu Kana, qui vociférait joyeusement au milieu de la mêlée, un énorme tonneau – probablement bien vide – sous le bras. Le maître et Luxus contemplait la marmaille en folie depuis l'étage, une chope de bière à la main. Lucy se détendit un peu en observant le calme apparent de son amie aux cheveux écarlates.

- C'est pour quoi cette fois ? demanda la blonde à Erza.

- Une histoire de qui combattra Guildartz en premier, il me semble, lui répondit son amie, la fourchette en suspens entre l'assiette et sa bouche.

- Ah. Banal... Mais vous l'avez vu non ? La voie de Guildartz s'est ouverte, je pensais qu'il serait déjà ici, c'est pour ça que je me suis dépêchée...

- Oui, c'est vrai, renchérit Erza en mâchonnant pensivement une bouchée de son met favori. Il ne devrait pas tarder.

La mage des armures ne cru pas si bien dire. A peine eut-elle formulé ses mots qu'une sensation de force envahit le bâtiment tout entier et fit vibrer les poutres en bois. Ce n'était pas juste une présence, c'était une véritable bouffée de puissance incommensurable qui régnait dans la guilde. Tous les combats avaient cessés et les regards des mages s'étaient accrochés à la porte d'entrée comme si leur vie en dépendait. Les secondes s'égrenaient avec une lenteur harassante et on pouvait presque les entendre défiler dans la tête des mages. Natsu n'en pouvait plus d'attendre. Il la sentait, il la vivait, cette sensation d'attente bouillonnante terrible et indescriptible qui émanait de l'air qu'il respirait. Il avait l'impression que le monde s'était arrêté de tourner. Ses muscles étaient tendus à l'extrême, et il ressentait dans ses veines un torrent intarissable d'excitation couler avec une vigueur sans nom. Il entendait déjà ce pas lourd et un peu traînant racler la poussière, le sac qui rebondissait sur une épaule forte et caleuse, la respiration lourde et profonde cet homme qu'il admirait. Et enfin, il le vit. Barrant la course du Soleil dans l'encablure de la grande porte en bois, Guildartz Clive, fier et heureux, rayonnant comme un roi, avec son sourire assuré accroché aux lèvres. Alors Natsu lâcha la pression. Ses muscles se détendirent tous d'un coup, guidés par une énergie incroyable, et il bondit en direction du mage aux cheveux roux.

- GUILDAAAAAAAAAAAARTZ !

Il s'apprêta à abattre son poing enflammé sur la tête de l'homme. C'est là qu'il l'aperçut, une ombre bouger vivement de derrière Guildartz. Il eu juste le temps de capter une odeur d'iode et de lys marin, et se retrouva propulsé par un vigoureux coup de pied à l'autre bout du bâtiment. Il heurta violemment le mur de pierre, en cassant quelques unes, et se releva vivement, l'œil rempli d'incompréhension. C'est alors qu'il la vit, du haut de ses longues jambes, ses bras croisées sur sa poitrine, l'air fier et impérieux dans ses yeux pointus. Le vent extérieur charria vers lui cette odeur marine, et la voix de la fille résonna familièrement à ses oreilles.

- Personne touche au vieux tant que je l'ai pas battu, pigé ?!


Niahahahah. Serais-je sadique d'avoir coupé à un moment aussi fatidique ? Héhé. J'ai l'impression d'en avoir fait trop au passage descriptif de l'arrivée de Guildartz. Mais c'est tellement ça que j'ai ressenti la première fois qu'on l'a vu arriver dans l'anime ! En plus j'avais THE Epic Battle Theme de One Piece dans les oreilles, alors héhé, ça fait du boudin. Des avis/impressions/conseils/tomates pourries/chaises électriques ? J'vous kiss mes loches d'amour !
#Happy Wild One, pour vous servir.