Chapitre 8 : Rapprochement

le 13 septembre 2013 12 :40

Cela fait quatre mois que j'ai pris mon service à la plus grande joie de Mai. Les personnes semblent être envoûtées par mon accent. Résultat ? Mai a augmenté ses commandes et son chiffre d'affaire. Je suis heureuse que ma contribution fonctionne. Natsuki est à quelques mètres de moi et ne cesse de me fixer à chaque fois qu'elle le peut. Je lui suis reconnaissante pour sa bienveillance. Cela m'évite des gestes ou des propos déplacés. Prenons l'exemple de ce matin. Un homme a essayé de me draguer en me flattant et en me donnant un pourboire plus que conséquent. Quand j'ai eu ma pause, je me suis installée sur un tabouret au bar avec Natsuki. L'homme est venu et a continué à me draguer. Je passe l'ensemble de la drague pour arriver au point croustillant.

- Une jolie femme comme vous ne devrait pas travailler.

- Ara okini. J'aime travailler.

- Votre mari devrait vous garder à l'œil.

- Pourquoi ?

- Parce qu'une beauté comme vous doit être traitée comme une reine et pourrait bien trouver son prince en travaillant. Moi en tout cas, je vous enfermerais chez moi de sorte à être le seul à pouvoir profiter de votre beauté et surtout de votre corps.

J'allais répliquer mais entendis un son sourd sur le bar. Natsuki avait reposé le verre violemment. J'étais étonnée que le verre soit encore intact malgré la force de l'impact. Elle s'adressa à l'homme avec une légère colère dans la voix.

- Et qui te dit que la personne avec qui elle est mariée ne la surveille pas ?

- Je ne vois aucun homme ici.

- Et qui te dit que c'est un homme ?

L'homme fixa Natsuki ayant placé sa main proche de la mienne. Nos deux alliances étaient identiques et l'homme sourit d'une façon plus poussée.

- Je vois … Si vous avez besoin de vous divertir avec un homme qui pourrait …

- Tu devrais la fermer si tu veux rester en vie.

L'homme déglutit face à la menace de Natsuki puis s'éclipsa. Natsuki secoua la tête puis continua son nettoyage. Pendant un moment, je la fixais puis rompis le silence.

- Natsuki ?

- Hum ?

- Arigato.

Celle-ci haussa les épaules.

- C'est pas comme-ci c'était la première fois … Et pis j'ai fait une promesse.

J'avais attrapé sa main pour la forcer à me regarder. Elle s'arrêta dans son ouvrage et me fixa avec une lueur à la fois de douleur mais aussi d'une émotion plus profonde sur laquelle je n'arrivais pas à mettre un nom.

- Natsuki ne doit pas se sentir obligée de …

- Ce n'est pas le cas.

J'allais répliquer mais entendit un léger rire derrière moi.

- Allez les tourtereaux … Natsuki laisse Shizuru travailler. Elle est à toi tout le reste de la soirée.

le 13 septembre 2013 21 :40

Au soir, je fixais ma fille endormie sur le clic-clac. Depuis le début de mon travail, elle passe toutes ses journées avec Nina. Celle-ci semble être un bon professeur car ma fille arrive à comprendre le français et parler avec des phrases simples. Depuis quelques jours, l'école a repris et ma fille semble s'adapter correctement, c'est un bon point. Natsuki avait décidé d'acheter un clic-clac car c'était plus pratique pour dormir. Bien que je sais pertinemment qu'elle ne dormait que quelques heures par nuit. Plus je passais du temps avec Natsuki et plus je me sentais bien en sa présence. J'aimerais tellement plus que ce qu'elle m'offre. C'est peut-être égoïste de ma part mais j'aimerais qu'elle me considère comme sa femme … Sa vraie femme. C'est peut-être pour cela que j'ai prononcé ses mots sans penser aux conséquences que cela pourraient avoir. Je sais au final, qu'elle ne pourra jamais me faire du mal.

- Natsuki ?

- Hum ?

- Je suis fatiguée.

Natsuki me fixa et se leva en se dirigeant vers le clic-clac. Je l'arrêtais dans son geste.

- Hikari peut rester ici.

Elle secoua la tête.

- Tu ne vas pas dormir là-dessus, c'est trop petit pour deux personnes. Et le canapé n'est vraiment pas confortable.

Je lui saisis la main et l'entraînais avec moi dans la chambre. Avant qu'elle ne puisse dire quelque chose, je pris les devants.

- Natsuki peut dormir avec moi ?

Elle se figea.

- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

- Natsuki ne veut pas ?

Elle souffla mais après quelques secondes, elle s'allongea sur le lit. Instinctivement, je me suis collée à elle ce qui eut pour résultat un figement de sa part. J'avais placé ma tête sur sa poitrine et entendis son cœur battre à un rythme rapide. Pour autant, elle ne se dégagea pas. Je dois lui faire comprendre mes désirs à son égard.

- Natsuki connaît la culture de Kyoto ?

- Non désolé.

- Natsuki veut savoir?

Elle fredonna sa réponse ce qui m'encouragea dans ma demande.

- Les femmes de Kyoto doivent être courtisées pour accepter de se donner à une personne.

N'ayant pas de réponses, je me rapprochais d'elle et enlaçais mes jambes autour de sa jambe droite. Elle grimaça légèrement mais ne dit rien de plus. J'avais placé ma main sur sa jambe et massais légèrement la source de sa douleur.

- Tu voudrais aller dîner Shizuru ?

- Nous venons de manger.

Elle rigola légèrement.

- Non je pensais à une sortie dimanche prochain.

J'avais relevé ma tête et fixais son regard. Elle avait pris une légère teinte rosée mais me fixa également.

- Ara Natsuki veut me courtiser ?

Avant qu'elle ne puisse montrer sa frustration, je caressais doucement son visage.

- J'aimerais que Natsuki me courtise.

Elle hocha la tête. Après plusieurs minutes, elle rigola légèrement me laissant sceptique.

- Tu devrais quand même renouveler ton vocabulaire Shizuru. Le terme 'courtiser' n'est plus d'actualité.

- Quel est le mot alors ?

- Hum … Sortir ou fréquenter est pas mal.

Je replaçais ma tête contre sa poitrine.

- Natsuki doit dormir un peu.

- Je ne suis pas fatiguée.

- Natsuki doit au moins fermer les yeux et essayer.

- Je …

- Natsuki peut le faire pour me faire plaisir ?

J'entends un léger souffle mais suis heureuse de voir Natsuki les yeux clos.


le 14 septembre 2013 5 :40

Je n'arrive pas à dormir malgré ma promesse d'essayer. Les premiers rayons du soleil traversent la pièce et je suis là à fixer l'ange dormant sur ma poitrine. Je suis allongée sur le dos, seule position me permettant de ne pas souffrir de ma jambe. Elle dort paisiblement, sa tête sur ma poitrine, enlaçant délicatement ma main. D'où je suis, je ne peux m'empêcher de fixer son alliance reposant sur la mienne. Je ferme les yeux et m'imagine, dans une autre vie. Une vie où j'aurais eu la chance de la rencontrer par ma propre volonté. Une vie où on se serait fréquentées. Une vie où on se serait aimées et peut-être même mariées. Non pas par obligation ou seule solution mais juste par amour. Je sens une main caresser mon visage et ouvre directement les yeux. Elle semble surprise et reprend sa position de départ.

- Je pensais que Natsuki dormait.

Elle frotte doucement ma jambe et je ne peux que sourire.

- Ma jambe ne me fait pas mal quand je suis comme ça.

Elle s'arrête mais je remets délicatement sa main sur ma jambe.

- Mais tu peux continuer si tu veux.

Nous restons un moment dans cette position. Je pourrais vite m'y habituer. Elle se dégage doucement et je me sens froide d'un coup. Mais la raison m'empêche de retrouver une température normale.

- Je vais me préparer et réveiller Hikari.

le 14 septembre 2013 7 :40

Natsuki est sous la douche et j'entends son téléphone sonnait. Je l'entends me dire de décrocher sauf si c'est sa mère, Nao ou Mai et je ne peux m'empêcher de sourire. L'identifiant est masqué alors je décide de répondre.

- Bonjour ?

- Natsuki ?

- Natsuki est sous la douche.

- Je vois … Shizuru je présume ?

Je marque un temps d'arrêt mais finis par répondre.

- Pardonnez-moi mais qui êtes-vous ?

- Saeko … La mère de Natsuki. Nous nous sommes déjà rencontrées. En passant, vous avez appris vite notre langue.

- Je parlais déjà votre langue.

Un temps d'arrêt et je fixe le portable pour être sûre qu'elle n'a pas raccroché.

- Je vois … Écoutez je veux juste savoir comment va ma stupide fille ?

- Natsuki n'est pas stupide. Elle va bien.

- Je vois … Nous ne sommes pas parties sur le bon pied vous et moi. Pourriez-vous convaincre Natsuki de venir dîner ?

- Qui est-ce ?

Je me retourne et tends délicatement le téléphone à Natsuki. Je m'éloigne, sachant que la discussion risque d'être plus que mouvementée.

- Oui ?

Je vois Natsuki grincer des dents. Natsuki se contente de parler avec de très courtes phrases voir monosyllabiques. J'ai décidé de quitter la pièce et de retourner dans la chambre pour faire le lit. Je sursaute lorsque je sens une main sur mon épaule.

- Désolée … Quoi ? Mais non pas toi M'man !

Je souris quand je remarque qu'elle est toujours au téléphone.

- Mes parents veulent nous inviter à dîner. Mais c'est dimanche prochain et comme …

Je secoue la tête.

- Samedi prochain sera très bien pour notre dîner.

Elle hoche la tête et sans plus de formalité dit un 'à dimanche' et raccroche le téléphone. Elle fixe un instant son téléphone.

- Tu n'es pas obligée de venir si tu ne veux pas …

- Je viendrais.

- Je m'excuse déjà pour les propos futurs de ma mère.

Sur ce, je la vois sortir de la pièce.

- Je vais te faire un thé. Laisse ça. Tu n'as pas à le faire.

Je hoche la tête et ne peux contrôler mon rire quand j'entends une réplique lointaine de Natsuki.

On ne mange pas de bananes et du chocolat pour le petit déjeuner Hikari …


le 16 septembre 2013 8 :40

- Maman ?

- Hum ?

- Okasan peut m'amener à l'école ?

Shizuru toussote face à la réplique de sa fille et je m'empresse de lui taper dans le dos.

- Tout va bien ?

- Oui. Le thé est juste un peu chaud.

- Maman ?

- Okasan ?

Shizuru semble chercher ses mots et frotte le haut de la tête à sa fille tout en murmurant doucement.

- Okasan c'est comme Maman.

Je fixe Hikari et hoche la tête.

- Maman peut t'amener à l'école aujourd'hui.

- Natsuki ?

- Hum ?

- C'est de toi qu'elle parle.

Je ne sais pas comment réagir. Hikari me fixe et je me contente de hocher la tête. Pour réponse j'ai un mini-tacle de la part de la jeune fille.

Une fois le déjeuner fini, je fais la vaisselle en compagnie de Shizuru. Celle-ci est silencieuse. J'essaie donc de diminuer le malaise.

- Tu sais ça ne me gêne pas qu'elle m'appelle comme cela mais si toi ça te gêne. Explique-lui que je ne suis rien pour elle.

Je sursaute quand j'entends le verre se poser avec violence sur la table. Shizuru me tourne le dos mais tremble légèrement. Je m'empresse de m'essuyer les mains et pose l'une de mes mains sur ses épaules.

- Tu … Tu n'es pas rien Natsuki !

- Je suis désolée … Je ne voulais pas te blesser.

Elle se cale dans mes bras et j'avoue avoir été surprise par cette marque d'affection.

- Tu n'es pas rien …

Je hoche la tête et caresse doucement ses cheveux.

- Alors elle peut m'appeler comme elle le souhaite.

Elle se décale et je me mords l'intérieur de la joue. Une cigarette ne serait pas de refus mais je lui ai promis d'arrêter. Elle semble chercher ses mots.

- Natsuki va trouver une autre femme.

- Hein ?

- Natsuki est bon et gentille … Elle va trouver une autre femme.

- Nous sommes mariées.

- Mais Natsuki a dit que dans quelques mois elle pourra divorcer.

Je fronce les sourcils ne comprenant pas où elle veut en venir.

- Oui on pourra divorcer et tu pourras avoir une vie.

- J'ai déjà une vie avec Natsuki.

Je dois poser la question qui me triture l'esprit.

- Tu veux rester marier avec moi ?

Elle hoche la tête sur quoi je m'empourpre légèrement.

- Mais … On n'est pas un vrai couple Shizuru … Tu pourrais avoir une personne que tu …

- Natsuki ne veut pas rester marier avec moi ?

- Mais bien sûr que si !

A ce moment précis, j'aurais aimé me servir de ma tête au lieu de balancer de but en blanc ce qui me traverse l'esprit. Note à moi-même, se servir plus souvent de son intelligence et de sa tête. Shizuru se rapproche de moi et passe ses mains autour de mon cou.

- Alors Natsuki ne doit pas divorcer.

- Je … D'accord.

Pour simple réponse, j'ai une légère bise sur la joue puis un sourire qui pourrait me faire oublier qui je suis.


le 21 septembre 2013 19 :40

- On y va ?

Shizuru hoche la tête et je ne peux m'empêcher d'admirer sa beauté. Elle porte une jupe avec un chemisier rouge que l'on avait acheté ensemble quelques jours après son arrivée en France. Quant à moi … Jean et chemise …. Je n'ai que cela en même temps alors … Après avoir déposé Hikari chez Mai qui m'avait quasiment supplié de lui laisser la fillette, nous nous retrouvons seules dans ma voiture. Elle fixe le bord de la route et semble un peu anxieuse. Je veux la rassurer, lui montrer que je suis à l'écoute alors je pose délicatement ma main sur sa jambe.

- Mai s'occupera bien d'Hikari. Mais si tu veux, on rentre plus tôt d'accord ?

Elle se contente de hocher la tête tout en resserrant son emprise sur ma main. Je l'ai amené dans le seul restaurant pouvant être acceptable pour un premier rencard et qui surtout était dans mes prix. Je n'ai cessé de la fixer toute la soirée. Cette femme a dérobé mon cœur …. Sans que je ne m'en rende compte. A cette pensée, je n'arrive pas à faire disparaître la tristesse qui m'envahit. Elle semble le remarquer car elle prend délicatement ma main et me la caresse à l'aide de son pouce.

- Natsuki a mal à la jambe ?

Je secoue la tête. Je ne suis pas du genre à me livrer mais si c'est elle.

- Non … Enfin si. Désolé mais j'étais dans mes pensées.

- A quoi pense ma Natsuki ?

Je me suis arrêtée sur la marque d'affection mais ses caresses me ramenèrent à la réalité.

- Je … Mon passé.

Elle retire sa main et je vois un voile de tristesse dans ses yeux.

- Natsuki a amené Aoi-san ici ?

Je ne comprends pas pourquoi elle me parle d'elle. C'est bien la dernière personne à qui je voudrais penser en ce moment.

- Oui mais je ne pense pas à elle. Crois-moi Shizuru.

- Alors à quoi pense Natsuki ?

L'absence du pronom possessif me fait comprendre qu'elle ne me croit pas. Je décide de lui livrer une partie de moi que j'aimerais oublier.

- Je pensais juste à comment j'aurais pu tomber amoureuse de toi si je t'avais connu avant que … Avant Aoi … Avant que je ne m'énerve sur ce gars … Avant la guerre … Avant la perte d'une partie de moi.

Je sens une chaleur supplémentaire entourant ma main. Elle me fixe et sourit tristement.

- J'aurais aimé te connaître avant que cet homme … Malgré que j'aime Hikari.

Nous restons plusieurs minutes à nous regarder et à nous soutenir mentalement puis nous avons décidé de rentrer.

le 21 septembre 2013 22 :40

- Hikari dort … Restez ici pour la nuit. J'ai préparé la chambre d'amis.

Natsuki semble hésiter sur quoi je m'empresse de répondre.

-Arigato Mai-san mais nous ne voulons pas …

- Ne soyez pas ridicules … Entrez !

Nous ne pouvons que capituler. Une fois seule, je repense à la conversation et tout en m'allongeant à côté de Natsuki murmure.

- Pourquoi ?

- Pourquoi quoi ?

- Tu as frappé l'homme ?

Je la sens se figer mais elle se contente de se placer correctement.

- J'étais dans … Un mauvais jour.

- Pourquoi ?

- S'il te plaît Shizuru … Je ne veux pas en parler.

J'aimerais en savoir plus mais je ne veux pas la forcer. Je me cale davantage à elle et la sens trembler mais continue mes questions.

- Quelle partie de toi as-tu perdu ?

Elle rigole amèrement ce qui me laisse perplexe. Elle se met en position assise, sur le lit, tout en me repoussant légèrement. Le regard vague, elle fixe sa jambe et émet difficilement.

- Je courrais vraiment vite avant. J'étais la meilleure de mon lycée … Et de loin … Et aujourd'hui … Même marcher me fait un mal de chien.

- Natsuki … Un médecin…

- Je t'ai déjà expliqué pourquoi je ne veux pas. J'fais des conneries quand je suis seule avec des médicaments.

- Tu n'es pas seule … Je suis là pour toi Natsuki.

Elle me regarde et secoue la tête.

- Tu es une femme bien … Je ne te mérite pas.

- Natsuki me mérite.

Natsuki semble légèrement honteuse mais murmure dans un souffle.

- Tu as des besoins que je ne pourrais pas … Assumer.

- Je ne comprends pas.

Natsuki détourna le regard, mal à l'aise.

- Je … Dans l'armée, nous avions des permissions et … On pouvait voir des gens … Des femmes pour …

- Natsuki n'a pas à me dire combien de femmes elle a ... Fréquenté.

Elle secoua la tête.

- Je n'ai rien pu faire avec une femme depuis ma blessure.

- Pourquoi ?

Elle trembla légèrement et frappa sa jambe lui valant un cri de douleur. Je ne comprenais pas sa réaction mais elle poursuivit.

- Je n'arrive pas à penser à autre chose que la douleur même dans des moments … Intimes. Aucune femme ne mérite une personne qui ne soit pas capable de la satisfaire.

Je ne sais pas pourquoi mais je me suis placée à califourchon sur elle, en prenant soin de ne pas appuyer sur sa jambe. Elle me fixa mais resta droite sans parler. J'ai déboutonné mon chemisier laissant apparaître mon soutien-gorge. Avant qu'elle ne puisse émettre la moindre protestation, je l'ai embrassé sur les lèvres. Le baiser était doux, hésitant et maladroit mais je l'ai aimé. Tout en la fixant, j'expliquais ma démarche assez mal à l'aise de mes propos futurs.

- Je ne sais pas comment être intime. Natsuki peut m'apprendre ?

Elle resta stupéfaite par ma demande mais ne me demanda pas de descendre, signe que j'étais dans la bonne voie.

- Natsuki peut me toucher si elle le désire.

Pour accompagner mes propos, j'avais placé l'une de ses mains sur ma poitrine. Elle trembla au contact mais laissa ses doigts parcourir le tissu. Elle me caressa le visage et murmura d'une voix rauque qui me fit frissonner.

- Je … C'est notre premier rendez-vous … Nous devrions y aller doucement Shizuru. Je ne veux pas que tu regrettes et … Ma jambe ...

J'embrassais sa main et murmura à mon tour.

- Nous allons allez voir un médecin Natsuki.

- Mais …

- Natsuki peut me faire confiance.

Elle hocha la tête. J'allais me décaler quand elle me retint par le bassin. Elle rougit légèrement mais murmura.

- Tu peux rester là … Enfin si tu veux.

- Je veux que Natsuki m'embrasse.

D'abord hésitante, elle me ramena davantage contre elle et m'embrassa chastement sur les lèvres. Une fois, deux fois puis trois fois. Les baisers avaient montés en intensité à chaque fois. Elle déposa des baisers dans mon cou puis sur le haut de ma poitrine me faisant frissonner légèrement. Ses mains tenaient fermement mon bassin et je commençais à me perdre dans mes propres désirs. Je caressais ses cheveux, lui demandant indirectement plus que ses baisers, plus que ses caresses. Je sentis l'une de ses mains passer en dessous de ma jupe et caressait doucement ma cuisse. Elle reprit possession de mes lèvres et caressa ma cuisse en remontant de plus en plus vers mon sous-vêtement inférieur. Je savais qu'elle avait mal à sa jambe mais je ne voulais pas y penser et apparemment elle non plus. La position n'était pas idéale mais elle arriva à passer sa main dans mon shorty et commença à caresser mon intimité. Je voulais plus, beaucoup plus mais ne pouvais lui demander. J'espérais une seule chose : qu'elle continue ce plaisir qu'elle m'offrait. J'avais fermé les yeux face à ses caresses et m'étais collée encore plus contre elle, laissant reposer sa tête dans le creux de mon cou. Je sentis un baiser puis une langue tout au long de celui-ci, au moment même où elle s'immisça en moi. J'avais resserré mon étreinte et avait de ce fait, appuyé sur sa jambe par mégarde. Elle émit une légère plainte mais poursuivit ses actions en faisant de légers va et vient. Je voulais qu'elle continue tellement j'aimais cela. Je murmurais entre deux gémissements une succession de demandes.

- Tsudzukete …. Natsuki …. Gedan …

Mes gémissements étaient plus sonores. Malgré que je ne maîtrise plus mon propre corps, j'essayais de faire attention à sa jambe. Après plusieurs minutes à me faire l'amour, je me suis libérée. J'ai continué à trembler légèrement tout en la serrant contre moi puis me suis glissée sur le côté. Elle s'est allongée et me fixa pendant plusieurs minutes, essayant de reprendre sa respiration.

- Tout va bien ?

Pour simple réponse, je me suis collée à elle et me suis endormie, non sans un dernier murmure.

- Sukiyanen … Natsuki.

le 22 septembre 2013 00 :55

J'ai fait l'amour à Shizuru … Enfin ce n'était pas complet mais à voir comment elle dort, ça lui a apparemment suffi. Je ne peux m'empêcher de caresser ses cheveux … Elle est si belle. Elle emprisonne ma jambe avec les siennes m'empêchant de la masser. Mes pensées retournent toujours vers cette maudite douleur. Elle a raison … Je dois aller voir un médecin … Je n'en reviens pas moi-même que j'accepte de recevoir de l'aide … Son aide. A elle, ma femme. Je ferme les yeux, essayant de me reposer.

Quand j'ouvre les yeux, je suis dans une pièce seule. Aucune trace de Shizuru. Je descends mais personne n'est là. J'entends un bruit provenant de l'extérieur et je sors. Je passe instinctivement ma main sur ma jambe mais aucune douleur. J'ai dû réussir à dormir plus que d'habitude me permettant d'apaiser la tension. Soudain je suis attirée par un détail assez troublant. Il n'y a personne en ville. Rien. Je continue à avancer et vois un panneau 大阪.

Qu'est-ce-que ? Une explosion me sort de mon observation. Je vois une multitude de soldats passer devant moi et les suis contre ma volonté. Le spectacle s'offrant à moi me glace le sang. Un homme presse un pistolet sur une jeune femme et elle s'écroule sous le choc. Des cheveux châtains … fine … Je m'avance et m'écroule face à la révélation.

- SHIZURU !

-Natsuki ?

J'ouvre les yeux et suis en sueur … Shizuru est au-dessus de moi, légèrement inquiète. Je respire difficilement. La douleur est là …. Je suis donc en vie. Un rêve … Ou plutôt un cauchemar.

- Natsuki …

J'emprisonne sa main me caressant le visage et l'embrasse tout en la serrant contre moi.

- Je … Rendors-toi.

- Natsuki …

J'ai peur … Ce sentiment … Je la repousse délicatement et me lève.

- Natsuki … Il est …

- Je … Je reviens … Je dois juste vérifier quelque chose.

Je me dirige machinalement vers les autres pièces et suis soulagée quand je vois une petite boule recroquevillée sous les draps. Je les relève légèrement et vois Hikari respirant tout doucement. Aucune trace de sang … Aucune blessure. Je passe ma main dans ses cheveux et l'embrasse sur le front. Je suis surprise de voir Shizuru derrière moi. Une fois la porte refermée, elle me tire avec elle vers la chambre.

- Je …

- Je sais.

Elle s'allonge et semble attendre ma présence. Une fois réinstallée, elle me murmure doucement.

- Nous sommes en sécurité ici Natsuki.

Fin du chapitre 8

N/A : Suite aux demandes (ou peut-être les envies de meurtres, je ne sais pas lesquelles sont les plus persuasives ^^), j'ai rallongé un peu ce chapitre (plus de 4000 mots). En espérant que la lecture vous a plu. Merci à tous et à la prochaine.