Chapitre 12 : Surprise inattendue

Le 18 décembre 2013 14:10

Je suis là à fixer Hikari en train de réaliser un chef d'œuvre avec de la pâte à sel.

- Que fais-tu Hikari ?

- C'est un secret!

Je regarde perplexe la jeune fille et m'accroupis à sa hauteur.

- Tu peux me le dire ?

- Hai. Mais tu dois pas le dire à Shizuru-Mama.

- Et pourquoi ça ?

- Parce que c'est une surprise !

- Une surprise ?

- Hai ! Je veux faire une belle surprise pour l'anniversaire de Maman.

Je suis restée figée face aux propos de la jeune femme.

- Son anniversaire ?

- Hai ! Demain je pourrais lui donner un beau cadeau.

Je m'étais contentée de lui frotter le haut de la tête pour l'encourager dans la réalisation de son art. Je me suis dirigée vers l'autre pièce où je rejoins Nao et Nina.

- Pouvez-vous garder Hikari jusqu'au retour de Shizuru ?

- Pourquoi tu vas où encore ?

- J'ai … Je dois aller chercher un truc.

Nao secoua la tête et émit avec un sourire narquois.

- T'as oublié ! J'y crois pas ! Même moi j'suis pas aussi bête.

- Tu parles de quoi là ?

- Hikari ne cesse de nous dire que c'est l'anniversaire de Shizuru le 19. Me dis pas que t'étais pas au courant !

- Mais elle m'a rien dit ou demandé à moi !

- Bah évidemment t'es toujours avec Shizuru.

- C'est sa femme Nao, c'est normal qu'elle soit toujours avec !

- Merci Nina. Si Shizuru demande, inventez un truc.

J'erre dans les rues. Je fixe une à une les vitrines et m'arrête devant un bâtiment. Je reste quelques instants les yeux rivés sur une pancarte mais continue mon chemin. Je me dirige vers la bijouterie du coin et après plusieurs hésitations, achète un collier pour ma femme. Sur le chemin du retour, une idée me triture l'esprit. Je décide de finaliser cette obsession tout en composant un numéro de téléphone. Après une brève tonalité, un bruit me signifiant que le téléphone a été décroché mais aucun son n'est émis.

- Papa ?

- Natsuki avant que tu ne raccroches … Laisse-moi au moins savoir comment tu vas.

- Papa est dans le coin ?

- Natsuki …

- Je voudrais parler à Papa.

J'entends un léger souffle puis distingue des bruits de pas.

- Natsuki ?

- Salut P'pa. Dis … J'ai besoin que tu m'aides.

- Tu as des ennuis ?

- Non … J'ai rien fait… J'ai juste besoin d'un service.

Mon père fredonne une réponse à chaque fois que je rentre davantage dans mon explication. Il finit par me dire qu'il fera tout son possible pour aller au fond de ma demande. Je raccroche, l'esprit léger, me redirigeant vers chez moi. Shizuru est déjà là mais je ne distingue plus ma cousine et sa compagne.

- Où étais-tu ?

- Ne t'inquiète pas … J'avais une chose à demander à mon père.

le 10 Janvier 2014 10:10

Natsuki est bizarre depuis mon anniversaire. Certes, elle m'a fait un merveilleux cadeau mais je la sens préoccupée par quelque chose. Quand je lui ai demandé, le jour de Noël, elle m'a simplement signalé qu'elle m'aimait plus que tout au monde. J'ai d'ailleurs passé une excellente soirée remplie de plaisir charnel pour confirmer ses dires. Son père appelle souvent depuis cette date. A chaque fois, Natsuki semble un peu frustrée au début de la conversation mais légèrement rassurée quand elle raccroche. J'ai donc décidé de faire mon enquête auprès de Nao et de Mai mais elles-mêmes semblent surprises par le comportement de celle-ci. Natsuki n'a pas totalement changé. Elle est toujours aussi aimante à mon égard et rancunière envers sa mère et Aoi. Alors je ne sais pas quoi penser. Je décide de laisser en suspens malgré que je sais pertinemment qu'elle me cache quelque chose.

le 10 Mars 2014 14:10

J'avais vraiment l'impression d'avoir poignardé Shizuru quand je lui ai annoncé que je partirais pour une semaine. Je ne lui avais pas donné le lieu ni la raison pour minimiser l'information. Elle a commencé à pleurer en pensant que je la quittais puis que j'allais rejoindre une autre femme. Mon père était à mes côtés dans la voiture et murmura doucement.

- Nao et Nina sont là pour elle. Ne t'inquiète pas. Elle comprendra.

- C'est la première dois que nous sommes séparées depuis que nous sommes rentrées du Japon.

- Tu fais quelque chose de bien Natsuki alors ne te blâme pas. Fais comme moi. Appelle ta femme à chaque fois que tu le pourras.

- Merci P'pa.

- Appelles-la pendant que je conduis.

- J'obéis à mon père et composa le numéro. Je fus surprise de la rapidité de réponse.

- Natsuki ?

- Hey amour.

- …

- Ecoute … Je reviens dans moins de sept jours Shizuru.

- Où vas-tu ?

- Je ne peux pas te le dire.

- Pourquoi ?

- Je … Tu n'as pas confiance en moi?

- Je veux ma Natsuki.

J'entendis de légers sanglots et me sentis encore plus impuissante. Mon père prit le téléphone.

- Shizuru ? Je peux vous assurer que ma fille ne fera rien de tout ce que vous pouvez imaginer. Je la garde à l'oeil. Croyez-moi, une semaine passe rapidement.

Il me tendit le téléphone et se refocalisa sur la route.

- Shizuru ?

- J'ai confiance.

- Je t'aime et t'appellerais à chaque fois que je le pourrais d'accord ?

- Je t'aime aussi ma Natsuki.

Je raccrochais le téléphone et murmurais doucement.

- Je ne pensais pas être aussi dépendante de quelqu'un.

- Toi et moi, nous sommes pareils ma fille.

Mon père rigola légèrement et me raconta une partie de sa jeunesse. Le trajet se fit beaucoup plus rapidement que prévu jusqu'à l'aéroport.

Un jour plus tard, j'avais laissé mon père se reposer à l'hôtel pour me diriger vers ma destination. Après un léger souffle, je sonnais à une porte et attendis. Une femme me fixa un instant et je ne lui laissa pas le temps de parler.

- You didn't know who I am but we need to talk … Now.

le 17 Mars 2014 12:40

Natsuki ne s'attendait pas à ma réaction. Je l'avais plaqué contre le mur et l'embrassa sensuellement. Elle se dégagea difficilement de ma prise à mon grand désespoir.

- Shizuru … Attends. Je dois te dire quelque chose.

- Natsuki ne veut pas parler plus tard ?

Elle me sourit mais secoua la tête. Elle m'embrassa tout en me conduisant vers le clic-clac. Elle m'enlaça tendrement et murmura.

- Tu m'as manqué et j'en ai vraiment très envie mais …

- Mais ?

- Nous sommes attendues alors habilles-toi. Où es Hikari ?

- Avec Mai.

- Pourquoi ?

- Je pensais que nous …

- Ok j'ai compris. Ce n'est remis que pour quelques heures rassure-toi.

Je la sentis se lever et elle m'énonça avec une certaine excitation qu'elle va chercher Hikari pendant que je me prépare. Je n'eus même pas le temps de répondre qu'elle était déjà sortie de l'appartement. Natsuki est vraiment plus que bizarre. Je ne la comprends vraiment pas, il y a des moments.

le 17 Mars 2014 14:05

Natsuki n'avait pas parlé durant tout le trajet. Elle nous amena, Hikari et moi dans un hôtel et après quelques formalités, nous dirigea vers une suite. Elle s'arrêta devant une porte et m'embrassa légèrement tout en me tenant fermement la main.

- Je suis là pour toi.

Elle ouvrit la porte et je crois que je me serais écroulée si elle ne m'avait pas tenu fermement contre elle. Devant moi, mes parents semblaient avoir du mal à se contenir de ne pas s'écrouler à leur tour. Ma mère me prit dans ses bras et sanglota pendant plusieurs minutes alors que mon père posa une main sur mon épaule. Après plusieurs minutes, je me retourne et fixe Natsuki.

- J'ai eu l'idée comme ça, en regardant une pancarte. Tu m'as dit que tu ne savais pas s'ils étaient morts ou encore en vie alors j'ai demandé à mon père de faire marcher ses relations.

Ma mère se rapprocha de Natsuki et s'accroupit en face d'Hikari qui ne lâchait pas sa main. Elle commença à discuter avec elle en japonais puis la prit dans ses bras. Je me suis assise, bientôt rejointe par Natsuki qui me ramena contre elle, me montrant tout son soutien.

- Ils étaient en Amérique, en Arizona.

Mon père nous rejoint dans la discussion.

- Nous avons été expatriées de force. Pour notre propre protection.

Mon père commença à expliquer l'ensemble de notre séparation, mêlant parfois le japonais, l'anglais et le français. Ma mère ne parlait pas français alors elle se contenta de répondre en anglais ou en japonais. Natsuki était plus que larguée et m'avait expliqué sa première entrevue avec mes parents. Ne parlant que les bases de l'anglais, elle avait fini par capituler et appeler en renfort son père. Mes parents ne pouvaient pas rester longtemps, à ma plus grande tristesse mais promirent de me parler par téléphone ou par mail. Natsuki avait donc pris l'initiative de leur promettre une visite au cours de l'année à venir. Quand nous sommes rentrées chez nous, j'avais l'esprit léger. Ma fille dormait déjà, nous laissant seules Natsuki et moi. Celle-ci me bloqua doucement entre le matelas et son corps et susurra sensuellement.

- Je pense que j'ai le droit à une énorme récompense sur ce coup-là.

De légères larmes coulèrent de mes yeux, l'arrêtant dans sa taquinerie. Elle me fixa avec incompréhension. Je l'embrassais doucement tout en lui caressant le visage.

- Merci pour tout Natsuki.

Elle hocha la tête et se décala pour m'emprisonner dans une étreinte solide.

- Je suis heureuse que tes parents soient en vie. Et surtout que tu puisses leur parler.

Mon esprit dériva sur ses propres parents. Je me relevais sur le regard surpris de Natsuki et composa un numéro de téléphone.

- Natsuki ?

- Ara ? Pardonnez-moi Kenta-sama.

- Ah Shizuru. La surprise vous a t-elle plus ?

- Arigato Kenta-sama pour avoir aidé Natsuki dans la recherche de mes parents.

- Je n'ai pratiquement rien fait.

- Vous avez fait les recherches.

- C'est ma femme qui s'en est chargée. Je n'ai fait que transmettre les informations.

Je reste perplexe face à l'information mais remercie une nouvelle fois le père de Natsuki. Après avoir raccroché, je me cale contre Natsuki.

- Ton père m'a dit que c'est ta mère qui a tout fait.

Natsuki me fixa perplexe puis émit dans un souffle.

- J'irais lui parler demain.

le 18 Mars 2014 17:25

- Je vous ai déjà dit que je ne veux pas être dérangée dans mon travail ! Quelle partie de cette phrase ne comprenez-vous pas bon sang !

Je reconnais bien là l'implication de ma mère. Sa secrétaire revint vers moi mais avant qu'elle ne puisse comprendre, je me dirigeais moi-même vers le bureau.

- Attendez ! Vous ne pouvez …

- Maman !

Celle-ci sursauta et resta quelques secondes silencieuse avant de signaler à sa secrétaire de nous laisser. Je fixais le bureau et souris quand je remarquais que rien n'avait changé depuis mon dernier passage … C'est à dire plus de six ans.

- Natsuki …

- Je ne vais pas te déranger longtemps. Je veux juste savoir pourquoi ?

- Pourquoi ?

- Les parents de Shizuru.

Ma mère allait répondre mais soudain mon esprit fit tilt. Je sentis la colère m'envahir.

- Tu as cru qu'elle repartirait avec eux c'est ça ? C'est pour ça que tu as mis tant d'énergie ! J'y crois pas !

J'allais repartir quand je sentis une prise ferme sur mon poignet. Ma mère me gifla fortement, me surprenant au passage.

- Comment oses-tu croire ce genre de chose !

Je fixais un instant ma mère qui reprit avec une colère palpable.

- Je suis aussi une mère Natsuki ! Que tu le crois ou non je me soucie de toi ! Quelle mère pourrait vivre sans savoir où se trouve son enfant ?

- Maman je …

- Tu as disparu Natsuki ! Tu n'as jamais répondu à nos lettres !

- Maman …

- J'ai cru avoir perdu mon bébé !

Ma mère commença à sangloter et c'est là que je compris que je n'avais pas été la seule à souffrir. Je posais une main sur son épaule et la ramena contre moi.

- Je suis désolée.

Ma mère sécha ses larmes et se redirigea vers son bureau.

- Même si je ne l'apprécie pas … Je ne suis pas aveugle au point de ne pas remarquer qu'elle te fait beaucoup de bien. Alors non. Je n'ai pas fait ça pour la voir s'en aller et récupérer l'épave que tu étais avant ton départ.

Je ne savais pas si c'était sa façon de dire qu'elle acceptait notre relation ou que je lui avais manqué. Elle me fixa un instant, la colère y était percevable.

- Tu sais quel est le rêve de chaque parent ?

- Je …

- Un beau mariage pour ses enfants et avoir des petits-enfants.

- Maman je …

- Tu m'as privé du mariage mais promets moi d'avoir un enfant … Même si c'est avec elle.

Je soufflais d'agacement.

- Hikari m'a demandé pourquoi Sobo ne venait jamais avec Sofu.

- So quoi ?

- Sobo et Sofu. Grand-mère et grand-père si tu préfères.

Ma mère se figea sur quoi je repris plus douloureusement.

- Hikari est une partie de moi même si tu ne l'acceptes pas. Je ne compte pas avoir d'enfants parce que j'ai déjà une fille. Elle n'y est pour rien dans le fait que je n'ai pas suivi ton plan. Et Shizuru non plus. C'est ma décision alors respecte là si tu m'aimes vraiment et que ne cherche que mon bien comme tu me l'as signalé.

Je ne laissais pas le temps à ma mère de répondre et sortis de son bureau, direction chez moi.

Fin du chapitre 12