Cela faisait un an que Charlotte avait quitté l'Angleterre. Encore et toujours voyager pour son travail, c'est ce à quoi sa vie se résumait. Ses recherches l'avaient menée en Egypte, pays dont elle n'aimait pas la chaleur, ni les habitants, qui la regardaient comme une bête curieuse, mais elle s'en accomodait. Elle avait beaucoup de découvertes intéressantes depuis son arrivée et elle ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin.
Elle terminait les préparatifs de sa prochaine expédition. Cette fois elle irait à pied, et seule. La dernière fois, ils avaient pris la jeep mais la trajectoire du véhicule était trop imprécise. Soudain, elle entendit tambouriner à la porte et la voix de son coéquipier résonner dans le couloir.
"Charlotte Staples Lewis, ouvre cette porte!"
Charlotte ouvrit brusquement la porte.
"Va te faire foutre Sawyer!" cracha-t'elle.
"Charlotte! Tu es complètement cinglée! Il est hors de question que tu ailles jouer les Indiana Jones toute seule dans le désert!"
"Oh et qui va m'en empêcher? Pas toi j'espère?"
Charlotte lui jeta un regard noir en s'avançant vers lui. Sawyer fit un pas en avant, si bien que leurs visages se touchaient presque.
"Tu crois que c'est une femmelette comme toi qui me fait peur?" répondit Sawyer, sur un ton moqueur.
Charlotte donna un coup de genou fulgurant entre les jambes de son partenaire qui s'écroula au sol presqu'aussitôt. "La vache!" pesta-t'il entre deux gémissements de douleur.
"C'est pas parce que toi et moi on fait des bonnes parties de jambe en l'air que ça te donne le droit de me traiter comme ta salope." "Très bien! Cracha Sawyer. Mais je t'aurai prévenue. Si tu te fais bouffer par les vautours t'as pas intérêt à venir te plaindre"
Charlotte mit son chapeau sur sa tête, enfila les bretelles de son sac à dos et sortit de la pièce en furie, claquant la porte derrière elle. Pour qui Sawyer la prenait-elle?
Celà faisait des heures qu'elle marchait sous le soleil brûlant, sa boussole à la main et sa carte de l'autre. Elle porta sa gourde à ses lèvres; vide. Elle était complètement perdue et trop épuisée pour paniquer. Elle sortit son téléphone portable seulement pour constater l'absence de réseau. La tête lui tournait et elle décida de s'allonger quelques minutes pour se reposer un peu. Quelques minutes plus tard, la jeune femme perdit connaissance.
Ses paupières étaient closes et elle ne ressentait rien à part le vide de l'obscurité. Soudain elle sentit une main se refermer sur la sienne, et entendit une voix à la fois proche et lointaine appeler son prénom. C'était la voix d'un home, et Charlotte était persuadée de l'avoir déjà entendue quelque part, meme si elle était bien incapable de se rappeler où … Devait-elle ouvrir les yeux, où rester plongée dans son sommeil? Une main vint caresser son front avec tendresse. Sa curiosité l'emporta. Ses paupières Lourdes se soulevèrent lentement tout en papillotant. Une silhouette familière se penchait au-dessus d'elle. Il lui fallut plusieurs minutes pour que sa vision vision floue s'accommode à la luminosité. La voix était parfaitement claire à présent.
"Charlotte? Comment vous-sentez vous?"
C'était Daniel Faraday.
"Dan" articula-t'elle avec difficulté.
Elle avait du mal à reconnaître sa propre voix tellement elle était rauque. Elle avait tellement soif. Prenant les devants, Daniel souleva délicatement sa tête et porta une gourde à ses lèvres douloureuses. Elle avait l'étrange sensation d'avoir été passée à tabac. Il n'y avait pas une partie de son corps qui ne la faisait pas souffrir et il lui semblait qu'on frappait sur sa tête à coup de marteau.
"Je…"
Daniel posa délicatement un doigt dur sa bouche pour la faire taire.
"Charlotte tu dois te reposer. On discutera plus tard. Tu es restée Pendant 10 heures de temps en plein soleil."
Charlotte commençait à reprendre ses esprits et à prendre conscience de son environnement. Elle était allongée sur un lit au milieu d'une chambre d'hôtel et Daniel était assis à côté d'elle. Il y avait un miroir en face du lit, et elle fut horrifiée par la vue de son reflet. Sa peau était maculéee de croutes rougeâtres, elle était proprement affreuse. Daniel semblait vraiment inquiets. Il posa un léger baiser dans ses cheveux, prenant garde de ne pas lui faire mal.
"Je vais te laisser Charlotte. Tu as vraiment besoin de repos…"
"Restes" dit-elle dans un murmure.
Daniel ne discuta pas, il s'allongea à côté d'elle.
"Plus près" souffla-t'elle.
Daniel se rapprocha doucement de manière ce que leurs deux corps soient l'un contre l'autre.
"Merci" dit-elle en se blottissant contre lui.
Quelques minutes plus tard, elle s'endormait paisiblement.
"Daniel" murmura Charlotte.
Elle venait de se réveiller au milieu de la nuit. Daniel se redressa brusquement. Il ne dormait pas. Il caressa tendrement ses cheveux.
"Rendors-toi Charlotte."
"Non Dan. Je vais mieux. Je veux te parler."
"Non Charlotte tu n'es pas encore remise"
Charlotte se redressa à son tour et lui adressa une moue implorante.
"Bon ok… Tu es trop mignonne, je ne peux pas te resister."
"Prends moi dans tes bras" demanda-t'elle.
La chaleur de Daniel lui manquait. Il lui ouvrit ses bras et elle vint se pelotonner contre son torse. Il lui caressa tendrement les cheveux.
"Tu veux que je te dises ce que je fais là, pas vrai?"
"Hmmhmm" acquiesca-t'elle en blotissant sa tête contre son épaule.
Daniel soupira.
"Tu ne vas pas être contente Charlotte, mais je te dois la vérité. Tu sais quand je t'ai promis il y a un an que je ne chercherais pas à te revoir. Je n'ai pas tenu ma promesse. J'ai fait mes recherches et j'ai appris que tu partais en Corée. Le lendemain, j'apportais ma lettre de démission à Oxford et achetais un billet d'avion pour la Corée. Charlotte, ça fait un an que je te suis partout où tu vas et que je veille sur toi. Je ne pouvais pas t'imaginer loin de moi. J'avais besoin d'être la pour toi. Je sais que tu es une femme forte et indépendante et que tu as besoin de personne mais moi j'avais besoin d'être près de toi, de savoir que tu allais bien… Quand j'ai parlé à ton coéquipier -Sawyer c'est ça? - et dis-moi que tu ne m'en veux pas, je t'en supplie …"
Charlotte dégagea son visage de son torse, et le regarda dans droit dans les yeux.
"Dan, tu m'as sauvé la vie … La seule chose que je ressens en ce moment, c'est de la gratitude … Jamais personne n'en a fait autant pour moi."
Charlotte vint déposer un bisous sur la joue de Dan.
