« Miss Lewis »

Charlotte était à présent assise face à face avec Charles Widmore, et elle pouvait dire avec certitude qu'elle n'était pas cet homme. Il était à l'image de la demeure, cynique, froid et fat.

« Mister Widmore » répondit-elle sur un ton aussi glacial que celui qu'il lui avait adressé.

« Est-ce que vous connaissez cet homme ? » demanda Charles en lui tendant une photo. L'homme avait des yeux vicieux et une coupe en brosse qui le faisait ressembler à un rat. Charlotte secoua la tête en signe de négation.

« Benjamin Linus » cracha Widmore sur un ton qui ne laissait guère de doutes sur ses sentiments envers cet homme.

« J'ai oui dire que vous recherchiez Staples Lewis »

Devant le regard interdit de Charlotte, il ajouta :

« Oui j'ai connu votre père Charlotte. J'ai moi-même vécu sur l'île pendant une longue période, mais ce petit moins que rien de Linus m'a fait expulser. Je veux sa peau vous m'entendez, je veux sa peau, écorchée vive ! »

« Et en quoi cela me regarde-t'il ? » demanda Charlotte qui ne voyait vraiment pas ou le vieux Widmore voulait en venir.

« Cela fait des mois que je recherche des scientifiques pour ce projet. J'en ai trouvés, des dizaines, certains beaucoup plus brillants que vous sans vouloir vous offenser. Mais ce que vous avez de plus qu'eux, c'est votre hargne. Vous voulez aller sur l'île et vous voulez retrouver votre père. Je sais comment vous faire accéder à l'île, si en échange vous acceptez de me ramener la peau de cette murène de Linus. »

Un long silence suivit les paroles de Widmore.

« Qu'est-ce que vous en dites Charlotte ? Je peux vous laisser plus de temps pour y réfléchir si c'est ce que vous voulez. »

Charlotte ne voulait pas plus de temps, sa décision était prise.

« J'accepte. »

Daniel regarda Charlotte sortir de la demeure Widmore et il décida de suivre sa voiture.

Après une heure de route sur la nationale, sa voiture s'arrêta devant un cimetière. Daniel s'arrêta un peu plus loin et la suivit. Il la repéra immédiatement, debout devant une tombe, à une cinquantaine de mètres. Il s'approcha doucement sans qu'elle ne s'en aperçoive.

« Maman » disait-elle et il était évident à sa voix que la jeune femme sanglotait.

« Je vais peut-être retrouver Papa. Je sais que tu as voulu me préserver en me faisant croire que l'île n'existait pas. Mais je le savais au plus profond de moi et j'ai ce besoin d'y retourner. J'ai essayé de m'en détourner mais je suis attirée par elle comme un aimant. Je … je suis désolée Maman. Je t'aime tellement. Je vous aime tellement, toi Rachael et Elizabeth. Et vous me manquez. J'aime penser que je suis une aventurière, forte et indépendante mais je me mens à moi-même. Je me sens tellement seule parfois. Papa est peut-être la dernière famille qu'il me reste. Je me montre dure et arrogante avec tout le monde car j'ai peur que l'on voie que je suis faible. Mon seul ami, c'est Sawyer et je l'aime vraiment beaucoup même si je n'ai pas ce lien, ce lien que j'aurais pu peut-être avoir avec Daniel, s'il ne s'était pas conduit comme le dernier des idiots. J'aurais pu le lui pardonner s'il était venu s'excuser, j'aurais pu l'aimer de tout mon cœur et de toute mon âme, mais pas une nouvelle pendant presque 7 ans. Je dois partir maman. Je n'ai rien ici, pas de réelle attache, pas de carrière ... Je dois partir et j'espère vraiment que tu me comprends.

Je t'aime Maman … Je t'aime Rachael … Je t'aime Elizabeth … »

Charlotte éclata en sanglots.

Daniel avait les larmes aux yeux. Les paroles de la jeune femme lui avaient brisé le cœur. Il aurait du être là au cours des dernières années. Il pensait que cette distance entre eux était pour le mieux. Il en avait énormément souffert mais Charlotte avait l'air si heureuse avec Sawyer et c'est pourquoi il s'était retiré. Pauvre Charlotte. Il avait appris qu'elle n'avait plus de famille quelques années plus tôt en faisant des recherches sur elle. Au cours d'un voyage en Corée, sa mère, ses deux sœurs et elle-même avaient été attaquées par un groupe de communistes extrémistes. Charlotte était la seule survivante. Elle n'avait alors que 16 ans. Personne ne méritait ça, surtout pas elle. Il ne pensait pas que la tristesse de la jeune femme était encore aussi forte et il comprenait à présent pourquoi il était vital pour elle de retrouver l'île et son père. S'il ne pouvait pas l'en empêcher, il l'aiderait.

Soudain, la jeune femme se retourna et elle l'aperçut à quelques mètres d'elle. Elle était proprement furibonde Ses yeux brillaient de colère et elle s'avança vers lui en trépignant le sol sur son passage.

« Tu m'as suivi ? Espèce de … » cracha-t'elle.

« Charlotte, calmes-toi … » dit Daniel dans une tentative d'apaiser la jeune femme.

« Tu n'es qu'une sale petite fouine ! J'en ai plein le dos que tu me suives comme ça ! J'ai une vie privée bon sang je croyais que c'était clair ! Mêles-toi de tes affaires et fiches-moi la paix ! »

Elle lui envoya une baffe cinglante et sortit du cimetière en trombe. Une vraie furie. Daniel savait très bien qu'il n'arriverait pas à le retenir.

Il soupira. Cette femme lui faisait faire vraiment n'importe quoi.