Bonjour à toutes, bonjour à tous !
C'est l'heure du chapitre de Frères de cœur !
Quelques retours sur le chapitre précédent pour commencer. L'unanimité absolue pour Scorpius en aigle, content de vous avoir surpris et convaincus ! Un peu moins évident pour le border collie d'Al, voici donc mon raisonnement pour les deux.
Scorp est défini par son côté poète, son besoin de lâcher-prise et bien sûr son amour pour le vol. L'oiseau vient de là, c'est très classique comme métaphore d'ailleurs pour les poètes de se représenter comme des oiseaux, pris entre deux mondes. L'aigle, c'est pour son intelligence, son côté crâneur malfoyesque, et parce que je voulais un oiseau qui soit particulièrement habile en voltige. J'aurais préféré un oiseau qui soit tout cela sans être un rapace, mais ça ne fonctionnait pas autant. Donc j'ai choisi l'un des plus dociles rapaces. L'aigle royal chasse pour manger, mais n'est pas territorial ni agressif naturellement, ce qui n'aurait pas convenu à Scorp.
Al est défini par l'importance qu'ont pour lui les valeurs de l'amitié. Et quel animal peut-on choisir d'autre qu'un chien pour décrire un grand ami ? Aucun... J'aurais voulu quelque chose d'un brin plus rare, mais aucun animal de définissait mieux un être aussi amical que Al qu'un chien. Le Border Collie est l'un des chiens les plus loyaux et intelligent dans sa compréhension des humains, en plus d'être très joyeux et dynamique, ce qui correspondait aussi à Albus. Voilà les raisons !
Pour finir, une chose dont j'ai oublié de vous parler la semaine dernière mais ceux qui suivent mon compte ont sans doute vu apparaître un nouvel OS ! Il s'appelle le Crépuscule des jours et a été écrit dans le cadre d'un défi d'écriture du Discord Potterfictions. Je me suis imposé un exercice de style pour essayer d'aller vers un travail plus romanesque, plus engagé, et c'est inspiré de la chanson "The kids are not alright" de The Offspring, ce qui fait un résultat très mélancolique mais plutôt poétique. Enfin, je l'espère. Allez le lire si vous le souhaitez, j'espère que ça vous plaira !
Mille mercis à tous ceux qui laissent des reviews, que ça soient ceux qui reviewent depuis le début ou ceux qui rejoignent en cours de route, ceux qui laissent des reviewent à chaque chapitre et les revieweurs occasionnels... Vous comptez toutes et tous pour moi, vos messages sont ma récompense et mon gagne-pain, merci merci merci !
Shoutout à Pouik et Shik-Aya-chan pour la relecture, et bonne lecture !
Chapitre 25
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Vacances de Pâques
Durant les trois jours qui restaient avant le début des vacances, les deux garçons vécurent presque autant de hauts que de bas. La joie qui suivit leur première transformation dura toute la soirée qui suivit, mais elle retomba bien vite lorsque la nuit venue, ils furent obligés de se coucher dans leurs lits respectifs et de reprendre leur petite comédie devant Nigel et Kyle. À peine furent-ils seuls derrière les rideaux de leurs baldaquins, qu'Albus sentit Oriana revenir à la charge dans les pensées de Scorpius.
Lors du petit-déjeuner du lendemain, Scorpius paraissait perdu quelque part entre la déprime intense des jours précédents et la joie extatique de la veille. Lorsqu'Albus lui parlait, il répondait volontiers et avec des phrases construites, mais sans effort pour poursuivre la conversation.
Albus s'en contentait. Il était conscient que cela prendrait du temps à son petit ami pour oublier Oriana et il ne pouvait pas le lui reprocher. Après tout, elle avait été sa plus proche confidente pendant tous ces mois où, à cause de lui, Scorpius s'était retrouvé seul et sans personne à qui parler. S'il s'était rendu compte qu'il ne l'aimait pas, cela ne changeait rien à ce qu'ils avaient partagé. Albus savait depuis longtemps que Scorpius s'en voudrait de lui briser le cœur, or cela s'était sans doute passé de la pire des manières. Il lui faudrait du temps.
Toutefois, Albus redoutait la séparation qu'apporteraient, inexorables, les vacances de Pâques. Pour la famille Potter, ces vacances étaient toujours réservées par Molly Weasley le temps d'une grande réunion au Terrier. Il passerait donc deux semaines loin de Scorpius, alors qu'il était dans un état assez lamentable. La seule chose qui le rassurait un peu était de le savoir bien à l'abri derrière les protections du manoir des Malefoy.
Albus n'avait pas oublié la menace qui pesait sur lui. Maury avait beau s'être tu, il restait dans l'air un sentiment d'insécurité qui s'exprimait à travers les agressions régulières de sorciers de sang pur que des petits groupes ciblaient et tabassaient en les accusant d'être des anciens Mangemorts. La menace ne l'empêchait pas de dormir, mais elle tiquait dans un coin de sa tête en permanence, comme une idée obsédante dont il ne pouvait se défaire. La sécurité de Poudlard avait été grandement renforcée à la suite de l'infiltration des Fils du Phénix. Quitter ses murs était dangereux.
Cependant, ce qui l'agaçait le plus en ce moment, c'était la désespérante comédie que Scorpius et lui étaient obligés de maintenir pour le reste de l'école. Les cours où ils passaient des heures sans pouvoir se toucher, les soirées au coin de feu où ils devaient résister à l'envie de se glisser dans les bras l'un de l'autre, les soudaines bouffées d'affection qu'ils ne pouvaient satisfaire d'un baiser, et surtout les nuits, solitaires, dans le froid de leur lit où manquait toujours un autre garçon…
Sans compter que les cours étaient devenus ennuyeux à présent qu'il maîtrisait tout si vite. De bon à rien, il était passé à excellent en tout, si bien que certains professeurs visiblement hors du cercle fermé qui connaissait la situation particulière entre Scorpius et lui l'accusaient de tricher. Il devait alors faire semblant de galérer, ce qui l'agaçait encore plus. Il ne regrettait pas l'ancien temps où il était un cancre, mais la satisfaction d'avoir appris et compris quelque chose par lui-même sans que cela lui soit livré sur un plateau lui manquait.
Le dernier jour de cours, ils eurent rendez-vous dans la salle de métamorphose pour la dernière séance d'entraînement du trimestre. Comme leur professeur le leur avait promis, tout le gratin était là : Neville, Harry, Drago, Luna, Hannah, tous ! Albus écarquilla les yeux en retrouvant même sa mère, dans la foule, qui l'accueillit d'un câlin chaleureux. Elle avait été prévenue par son père et était venue spécialement en poudre de cheminette.
Albus sentit avec clarté le pincement dans le cœur de Scorpius tandis que sa mère le serrait contre lui. Il aurait voulu le prendre dans ses bras pour le rassurer, ou l'inviter dans cette étreinte maternelle, mais il y avait bien trop de monde présent pour qu'il ne s'autorise cela.
Pour être sincère, il trouvait la présence de tout ce public assez malvenue. Tous étaient là pour les regarder se transformer, faire un tour, puis redevenir humains. Cela avait l'allure d'un spectacle de cirque où ils seraient les animaux savants et ça ne lui plaisait pas du tout. Il avait envie d'en finir vite.
Il ne s'était pas retransformé depuis la dernière séance, comme il l'avait promis à son professeur, si bien qu'il se demandait un peu s'il parviendrait à déclencher la transformation. De plus, ils n'avaient pas de potion anesthésiante cette fois-ci et son corps n'était pas encore habitué, aussi il craignait la douleur.
— Quand vous voulez, messieurs ! annonça joyeusement Edward. Je n'ai rien dit à vos parents, donc ce sera une surprise !
Scorpius, qui s'était déjà transformé trois fois, se retrouva en quelques secondes à peine sous sa forme d'aigle royal et majestueux, au plumage brun, à l'air crâneur et au regard fier et perçant. Toute l'assemblée parut sous le choc de le voir ainsi, certains applaudirent, mais Albus se délecta tout particulièrement de l'air abasourdi de son professeur de potion. Il ne l'avait jamais vu perdre ainsi sa contenance auparavant.
— Incroyable ! jubilait Drago. Un aigle ! Tu as vu ça, Potter ? Un aigle ! Et un magnifique aigle qui plus est !
Albus soupira en voyant la rivalité entre leurs deux pères jouer une fois de plus avec eux. Cela dit il était bien d'accord avec Drago : Scorpius était magnifique. Il l'observa avec un genre de fierté s'approcher de son fils qui tendait le cou, déployait ses ailes et faisait le beau devant l'assemblée. Albus savait qu'il n'aurait pas l'arrogance d'essayer de voler ou de faire un pas, car si tout ce beau monde voyait qu'il se déplaçait avec la grâce d'un canard boiteux, cela casserait le mythe.
Albus fixa son père, sur le visage duquel l'étonnement le plus total se lisait encore. Puis celui-ci lui rendit son regard. Dans ses yeux, Albus ne décela aucune attente, aucun défi. Juste sa volonté de l'encourager à tout donner et montrer ce dont il était capable.
Albus chercha au fond de lui, localisa la seconde source qui vibrait doucement et essaya de s'y connecter. Cela fut plus facile que ce à quoi il s'était attendu. En revanche, le processus de transformation se révéla presque aussi difficile que la première fois, car bien qu'il fût plus rapide, l'absence d'antidouleur rendit l'expérience horrible. La modification rapide de ses os lui donna presque envie de s'arracher les membres pour que cela cesse, sans compter ce moment où ses vêtements, devenus rêches et tranchants comme du verre, fusionnèrent avec sa peau.
Il ne perdit pas connaissance cette fois-ci, mais les trois secondes que dura la transformation lui parurent une éternité. Lorsqu'enfin elle s'acheva, il lui fallut un peu de temps pour reprendre ses esprits, mais il fut bien vite rattrapé par l'euphorie canine qu'il ressentait.
Ses sens étaient saturés par les multiples odeurs et voix qui lui parvenaient, d'autant que chacune l'emplissait de joie et lui donnait envie de sauter sur son propriétaire. Il se demandait si tous les chiens ressentaient toujours cette joie bondissante à l'idée d'être entouré du monde qu'ils aimaient.
La séance dura une bonne heure, joyeuse et bonne enfant, où tous les adultes s'amusèrent à essayer de retrouver des airs de famille dans leurs aspects animaux et passèrent du temps à les complimenter pour leur exploit. Puis, leurs parents et eux signèrent quelques papiers apportés par Neville et qui avaient pour but de commencer la procédure de signalement au ministère.
Lorsqu'ils furent revenus dans la salle commune de Serpentard après avoir dit au revoir à tout le monde, il était presque vingt heures. Ils devaient encore faire leurs valises pour être prêts à partir dès onze heures le lendemain, mais malgré cela ils décidèrent de rester un peu auprès du feu. La salle commune était presque déserte à l'exception de deux amies en train de s'affairer sur un long morceau de parchemin, à plusieurs mètres d'eux. Ici, ils pourraient parler sans craindre qu'on les écoute, contrairement à leur dortoir où se trouvaient sans doute Nigel et Kyle.
Albus se laissa tomber dans un épais canapé, et Scorpius le rejoignit rapidement en se maintenant à quelques centimètres de lui. Albus soupira. Cette distance le frustrait.
— On n'est pas seuls, murmura Scorpius en pointant les filles qui leur tournaient le dos.
— Je sais, je sais, grommela Albus en levant les bras. Vivement qu'on soit un peu tous les deux.
— Tu crois qu'on pourra se voir pendant les vacances ? Tu sais que tu peux venir quand tu veux au manoir, hein ? Mon père sera d'accord !
Albus émit une petite plainte.
— Si tu savais à quel point j'en ai envie !
Il était sincère. Rien que l'idée de repasser une journée comme celle des précédentes vacances, à alterner entre jeux, piscine, sauna, à juste passer du temps l'un avec l'autre, pour finir par dormir ensemble dans le lit de Scorpius, rien que ces idées produisaient en lui une envie lancinante. Et un désir brûlant.
— Tu ne peux pas ? s'inquiéta Scorpius avec un ton angoissé dans la voix qui prit la gorge d'Albus en tenaille.
— Non. Certain que non. Les vacances de Pâques, on va toujours au Terrier chez ma grand-mère, avec tout le monde, tu sais, toute la famille… Et mes parents accepteront jamais que je ne sois pas là.
— Oh…
Albus pouvait sentir le poids de deux semaines à passer seul dans le manoir vide tomber sur les épaules de Scorpius. L'abandonner dans cette grande maison, sans sa mère, sans lui, à ruminer Oriana, cela lui brisait le cœur. C'est alors qu'il eut soudain une idée.
— Tu sais, je pourrais demander que toi tu viennes en revanche !
— Tu ferais ça ? s'exclama Scorpius en se tournant vers lui, les yeux brillants.
— Évidemment que je ferai ça, répondit Albus, le regard au ciel. Mais ne t'emballe pas, tu sais… Je suis pas sûr du tout que ça arrivera et, si oui, je suis certain que tu serais invité genre qu'une semaine sur les deux…
— Je m'en moque. Tant que tu demandes, je suis content. Si je sais que je vais pouvoir te voir un peu, j'aurais quelque chose à attendre et espérer.
Albus sourit.
— Tu auras assez de Rimbaud pour tenir tous ces jours loin de moi ?
— Pff, tu parles. J'ai déjà tout lu une bonne centaine de fois je crois. Il n'a plus rien écrit dès qu'il est devenu un peu adulte…
— Oh merde, tu veux dire que je vais devoir dénicher un autre écrivain de sa trempe pour pas que tu te languisses trop de moi ?
— Tu es bête, Al ! Où est-ce que tu as appris un mot comme « languisses » en plus ?
— J'l'ai lu dans « cent une leçons pour gérer un garçon romantique ridicule. »
— Ah, oui, voilà, là c'est le vocabulaire et la classe que je connais d'Al le Fragile !
Albus, piqué, s'assura que personne ne le regardait puis s'approcha de Scorpius et vint lui glisser à l'oreille :
— Tu me paieras ça la prochaine fois que j'aurais l'occasion de te faire crier.
Scorpius frissonna.
— Ah ? Que… Tu penses à quoi ? bafouilla-t-il, rougissant.
— J'ai pas encore décidé. Mais je promets pas de pas m'en prendre à tes fesses.
Albus se délecta de voir l'anticipation s'inscrire si visiblement sur le visage de son petit ami.
— Tu… Euh, tu crois ? Déjà ?
— T'as pas envie ?
— Je ne sais pas trop. Enfin, euh… Si, je crois que si. Merlin, si, j'ai trop envie…
— Ça te fera au moins de belles images pour tenir cette nuit !
Ginny, confortablement allongée dans son lit et adossée à sa tête, leva les yeux de son calepin lorsqu'elle entendit la porte de la chambre se refermer doucement. Dehors, la nuit était tombée sur le Terrier et la maison, si pleine de vie lorsque tous y venaient ainsi au milieu du printemps, sombrait dans le silence tandis que chacun plongeait dans un repos mérité, la tête pleine des insouciances et des joies d'être ensemble.
Elle aimait ces vacances. Chaque fois qu'elle revenait dans la maison où elle avait grandi, elle pouvait presque sentir les souvenirs façonner cette joie infaillible en elle. Y retrouver ses frères, ses neveux et ses nièces, y voir ses propres enfants profiter du jardin et du temps long qui s'y écoulait, entre cousins, cela mettait son âme en paix pour plusieurs jours.
En voyant la mine déconfite de son époux qui fermait la porte derrière lui, elle rangea avec un soupir sa plume dans le compartiment de son écritoire et déposa l'objet ainsi que son calepin sur sa table de nuit. Son article sur Chris Hemfield, le prodige de dix-huit ans qui terminait une brillante saison de Quidditch en ligue nationale avec les Étoiles de Tottenham attendrait. Elle savait d'où revenait Harry et sa moue n'annonçait rien de bon.
— Alors ? demanda-t-elle, constatant que son mari ne prendrait pas la parole en premier.
— Alors c'est un gosse amoureux, et comme tous les gosses amoureux, il est complètement abruti… se plaignit Harry en soupirant.
— Oh, Harry ! Comment tu parles de ton fils ? gronda-t-elle avec un sourire en coin.
— Je te jure, je… J'étais pas comme ça moi, quand j'étais ado ! Je comprenais les soucis ! Lui, on dirait qu'il va juste mourir s'il reste séparé de Scorpius plus de trois jours ! Je suis déjà surpris qu'il ait mis autant de temps à me demander quand il pourrait nous rejoindre !
— Pour être honnête, Harry, tu n'as pas vraiment eu d'adolescence.
Harry lui avait expliqué comment s'étaient passés les derniers jours à Poudlard, avant le début des vacances. Rien de bien inquiétant, à dire vrai, si ce n'était l'anxiété visible chez les deux garçons à l'idée d'être séparés. Apparemment, Al était venu demander à son père si Scorpius pourrait les rejoindre pendant les vacances plutôt que de rester seul, enfermé au manoir. Harry avait esquivé le sujet, disant qu'on verrait, mais que cela n'arriverait certainement pas dans les premiers jours. En ceci, il avait eu raison, pensait Ginny, car pour Molly cet instant où tous ses enfants et petits-enfants étaient réunis était vital. Elle s'en nourrissait comme d'un met divin. Or la chose serait différente dès l'instant où Scorpius franchirait le portail du Terrier.
Bien sûr, Molly et Arthur feraient sans doute de leur mieux pour le faire se sentir bienvenu, par simple politesse et amour pour Al. Ginny savait que ses parents n'oseraient rien dire sitôt qu'ils sauraient la situation entre les deux garçons, cela dit… Les choses seraient différentes, et Ginny appréciait que Harry y ait pensé.
Son époux, déshabillé pour la nuit, s'affala sur le lit à ses côtés.
— Tu as raison, j'ai pas eu d'adolescence moi… répondit-il. Plus j'y pense, plus je crois que c'est ce qui fait que je comprends pas ce gosse. Comment peut-on être à ce point dramatique dans tout ce qu'on fait, tout ce qu'on ressent, alors qu'on a que seize ans ? Ce n'est pas arrivé avec James parce qu'il a eu la vie facile à Poudlard et je m'attends à ce que cela soit la même chose avec Lily, mais Albus…
— Albus, reprit Ginny, est un ado à qui il arrive un truc pas simple à gérer. À une époque où on comprend déjà rien à ce qui nous arrive, devoir gérer de tomber amoureux d'un autre garçon, qui plus est son meilleur ami, c'est une épreuve pour lui.
Harry eut une petite plainte.
— J'ai tellement de mal à me faire à cette idée, grogna-t-il.
Ginny leva les yeux au ciel.
— Personne ne te demande ton avis.
— Je sais bien ! Tu penses, ça fait un mois que j'ai compris, je me suis fait une raison. N'empêche ! Déjà, mon fils est gay, et puis après, le fils de Malefoy ! Toute la planète pour lui et il me choisit le fils de putain de Malefoy !
— Tu es tellement de mauvaise foi ! rit Ginny. Déjà tu l'aimes bien, le gamin Malefoy, mais en plus j'ai cru comprendre dans les lettres de Neville que même avec Drago tu t'entends mieux, ces dernières semaines.
Harry eut un petit rire, presque un peu jaune.
— Dire qu'il aura fallu que mon fils se tape celui de Malefoy pour qu'on se parle enfin calmement !
Ginny roula une nouvelle fois des yeux.
— Ils ont seize ans, je pense pas que qui que ce soit se tape qui que ce soit !
— Oh alors là, soit tu es naïve, soit c'est parce que t'es une fille que tu dis ça ! Moi à quinze ans, j'me serais tapé Cho au milieu d'un cours de l'AD si j'en avais eu l'occasion !
— T'es dégueulasse, Harry ! Cette grognasse, en plus… Et puis, t'y connais rien aux filles. Moi aussi, à quinze ans, j'aurais pu sauter sur Dean. Ce qui me retenait c'était justement que c'était Dean ! Toute la Tour de Gryffondor aurait été au courant, juste parce que Dean aurait placardé sur la porte de sa chambre qu'on l'avait fait pour pouvoir se la péter.
— Ben alors ? Là rien ne les retient, tous les deux, qu'est-ce qui te fait croire qu'ils l'ont pas déjà fait ?
— Tss, ça ne nous regarde pas de toute façon !
— Oh, comme si ça t'intéressait pas ! J'me souviens encore de ta tête quand James nous a présenté sa première petite amie ! rit Harry de bon cœur.
Il y eut un petit silence, puis il reprit d'un ton plus doux.
— Ça va pas être simple de faire avaler ça à tes parents… Ils sont un peu vieux jeu, si tu vois ce que je veux dire. Et puis, il n'y a jamais eu de précédent dans la famille.
— Tu exagères, Harry, tu connais ma mère. Dès qu'elle comprendra que son petit-fils est heureux avec lui, elle l'accueillera comme si elle l'avait toujours connu. Sans compter que Scorpius est un garçon merveilleux pour Albus. Il suffit de les voir deux secondes ensemble pour comprendre que ce qui les lie est inébranlable. C'est le temps que ça m'a pris quand je les ai vus à Poudlard.
— C'est vrai, c'est vrai, tu as raison… Et Scorpius n'est pas un Malefoy comme les autres. Il est modeste et réfléchi. C'est étonnant, à dire vrai, qu'il n'ait pas développé l'arrogance génétique des Malefoy !
— Peut-être que c'est grâce à Albus qu'il est décent.
— Peut-être.
— En tout cas, ce qu'il partage avec Albus a fait d'eux de sacrés sorciers. Animagus…
— Et excellent en sortilèges, potions, métamorphose, bref toutes les matières pratiques… Oui, sacré truc en effet que ce lien.
Il s'écoula encore quelques secondes, puis Ginny posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis plusieurs minutes.
— Et du coup, pour Albus, tu veux faire quoi ?
— Comment ça ?
— Eh bien, si tu refuses purement et simplement que Scorpius ne vienne, ça ne va pas arranger ta relation avec Albus.
— Je sais, je sais, tu penses bien que je sais ! Mais je peux pas dire oui ! Tu as entendu les nouvelles d'Hermione, tout le bureau des aurors est en alerte, ils pensent qu'à l'instant où les Fils du Phénix savent que Scorpius n'est plus en sécurité au manoir ou à Poudlard, ils tenteront quelque chose. Et, sincèrement, je me suis attaché au garçon. Je m'en voudrais s'il lui arrivait malheur. Et puis pour le coup, je crois que Malefoy m'assassinerait.
— Je peux essayer de lui dire moi, si tu veux…
— Ça ne changera rien. Tu vois comme moi qu'il est pas vraiment là, c'est fou comme la distance l'affecte. J'ai l'impression de le revoir aussi mélancolique qu'au début de l'année, quand il ne me parlait pas, ni à moi ni à Scorpius, ni à personne ! Quitte à ce qu'il déteste quelqu'un, autant que ça reste moi ? Si tu lui dis toi, il t'en voudra à mort.
— Et tu ne crois pas qu'il existe un moyen de sécuriser le Terrier pour pouvoir l'accueillir ?
— Malefoy n'acceptera jamais et je le comprends, honnêtement. Tous nos talents combinés n'auront jamais la puissance de bâtisses millénaires comme Poudlard ou le manoir.
Ginny réfléchit un moment. Il fallait trouver une solution limitée dans le temps qui pourrait permettre d'assurer la sécurité du garçon le temps que les Fils du Phénix se rende compte qu'il avait été déplacé.
— On pourrait proposer à Al qu'il vienne le dernier jour des vacances. Il arrive dans la journée, mange avec nous, dort ici, et le lendemain ils repartent tous à Poudlard. Les Fils du Phénix auront pas le temps de réagir, et Albus n'aura pas l'impression qu'on lui en veut personnellement.
— Hmm, ça peut marcher, mais… Albus va quand même râler de ne le voir que peu de temps. Tu crois qu'on peut lui expliquer l'histoire des Fils du Phénix ?
— Non, je ne pense pas que ça soit une bonne idée. Tu m'as dit qu'il craignait déjà que Scorpius ne soit plus en sécurité à Poudlard… Si on lui raconte qu'il peut venir au Terrier mais qu'il ne peut y rester que vingt-quatre heures car il est en danger, Albus va paniquer et n'en profitera pas. Peut-être même qu'il refusera.
Harry réfléchit un instant, pesa le pour et le contre, puis finalement il approuva.
— Tu as raison. Faisons comme ça, j'écrirai à Malefoy demain pour avoir son avis. Mais assez parlé de lui, viens un peu par-là, toi !
Ginny rigola en se laissant embrasser.
— C'est ton fils, Harry ! protesta-t-elle avec un sourire.
— Pour le meilleur et pour le pire !
Il était à peine huit heures du matin. Son père était venu le réveiller pour lui parler, ce qui avait le don de l'agacer au plus haut point.
Albus était en vacances. Cela faisait treize jours que Scorpius et lui étaient séparés. Et il lui manquait, Merlin ce qu'il lui manquait ! Treize jours plus tôt, dans le Poudlard Express, ils avaient fait le trajet du retour dans l'un des discrets compartiments de l'arrière du train, où personne ne va jamais. Malgré cela, ils avaient été envahis par pas moins de trois Serdaigles qui ne leur adressèrent pas un regard. C'était à peine s'ils se parlaient entre eux.
Néanmoins, ils étaient là. Par conséquent, Albus dut supporter le trajet de retour sans pouvoir câliner, embrasser, ou parler à cœur ouvert avec Scorpius. Tout cela alors qu'il le voyait sans doute pour la dernière fois avant plus de deux semaines… Foutus Serdaigles ! Albus les maudissait dans sa tête.
Une fois sur le quai de King's Cross, la cohue était telle qu'il y avait forcément une paire d'yeux sur eux en permanence. Tout le monde se saluait, courait, s'étreignait sans se soucier d'eux, et malgré cela si les deux garçons avaient eu l'imprudence de s'embrasser, le monde entier se serait arrêté de tourner pour les fixer de mille regards étonnés, dégoûtés, furieux…
Scorpius lui effleura tout de même la main d'un geste furtif tandis qu'ils s'avançaient vers la famille Potter. Le cœur d'Albus se serra à ce contact, incapable d'imaginer ne pas y avoir droit pendant plus de quatorze jours. Scorpius sentit cela à travers son esprit et tenta de l'apaiser comme il le pouvait. De douces ondes de chaleur traversèrent l'esprit d'Albus et vinrent lui donner un doux sourire et des papillons dans le cœur. Il sentit un élan d'affection pour Scorpius s'emparer de ses veines.
Lorsqu'ils arrivèrent à portée de Ginny, celle-ci embrassa son fils et salua poliment Scorpius qui lui répondit avec entrain. Drago rejoignit son fils dans la foulée, salua rapidement la petite famille puis tendit sa main vers Scorpius. Albus savait ce que cela signifiait : ils transplaneraient sitôt qu'il la prendrait.
Les deux garçons se retrouvèrent l'un en face de l'autre, les bras ballants et les regards désemparés. Tous deux savaient que ces vacances allaient être longues et tristes. Tous deux mouraient d'envie de se prendre dans les bras, de s'embrasser, de se câliner une dernière fois. Mais ni l'un ni l'autre ne pouvait ignorer que le monde autour d'eux les fixait comme des perroquets dans une volière.
Alors, Scorpius murmura simplement :
— Salut Al, vieux.
Sa voix transpirait d'une angoisse sourde, retenue. Son esprit irradiait cette anxiété, trahissant tous les mots qu'il aurait voulu dire à la place de ces trois-là, si creux. Albus, le cœur lourd, n'y tenait plus. Il agrippa son petit ami par les épaules et le tira à lui et dans un geste vif, passionné, le serra contre lui. Scorpius resta là, les bras ballants le long du corps, comme tétanisé. Albus enfouit sa tête dans le creux de son cou pendant quelques secondes à peine, le temps de murmurer :
— Quinze jours, c'est pas si terrible.
— Un peu, quand même, rétorqua l'autre d'une voix tremblante.
Sa tristesse lui déchira le cœur. Tous les autres avaient détourné le regard, sauf James qui observait la scène, rouge de colère.
— Al ! s'exclama-t-il, furieux. Je t'avais dit de me prévenir, enfoiré !
Albus se sépara de l'autre garçon et, les mains levées en guise d'excuse, il répondit :
— Désolé, ma vie a été un peu bordélique ces derniers mois.
— C'est pas une excuse, espèce de débile ! J'aurais pu t'aider !
— En route, Scorpius, souffla Drago d'une voix à la fois gênée et autoritaire.
Albus ignora son frère et fixa une dernière fois les yeux bleus et clairs de Scorpius. Il essaya de détailler son visage, ses beaux habits qui mettaient en valeur les courbes de son torse, il voulut envoyer à travers leur lien tous ces sentiments chauds que lui faisaient ressentir son petit ami… Scorpius eut un petit sourire, puis il saisit la main de son père. Ils disparurent dans un craquement sonore. La présence du garçon dans l'esprit d'Albus s'éteignit aussitôt en emportant avec elle chaleur et passion. À la place, son cœur s'alourdit et son esprit se fit mélancolique et lourd.
C'était ainsi depuis treize jours. L'absence de Scorpius dans sa tête s'était depuis faite si présente qu'il avait même du mal à sourire. Pendant les premiers jours des vacances, ses cousins, cousines, oncles et tantes parvinrent à lui changer un peu les idées, mais désormais le manque était trop important. Son esprit était vide sans la flamme de Scorpius. Les journées étaient longues et pesantes. Alors il avait voulu demander à son père ce qu'il en était de sa requête, est-ce que vraiment Scorpius ne pourrait pas venir passer même un jour avec eux au Terrier ? Il avait promis qu'ils seraient sages, que Scorpius n'était pas comme les autres Malefoy et qu'il s'intégrerait parfaitement dans la vaste famille !
Cela avait été inutile. Son père avait esquivé la question avec la vivacité d'une anguille. Il avait fait une croix sur l'idée, désormais, ce qui acheva de le rendre morne et irascible. Même l'idée de revoir Scorpius dans deux jours ne parvenait pas à le faire patienter : il lui faudrait encore attendre quarante-huit heures et il doutait d'en avoir la force. Il était devenu difficile à vivre pour tout le monde, son frère et sa sœur en premier, contre lesquels il évacuait sa frustration à la moindre occasion.
Le manque de sommeil était sans doute la raison première de son irritabilité. Il avait du mal à dormir tant l'absence de Scorpius dans son esprit le rongeait et voilà que son père venait le réveiller dès l'aurore pour une chose aussi vulgaire qu'une discussion. Peuh !
Il avait ouvert deux yeux aussi endormis que colériques, mais son attitude changea lorsqu'il comprit ce que Harry venait lui annoncer. Il avait discuté avec Monsieur Malefoy et aussi avec sa mère et sa grand-mère, et ils s'étaient mis d'accord pour que Scorpius vienne demain dans la matinée ! Pour des nouvelles pareilles, il voulait bien être réveillé avant même le Soleil ! Sitôt que Harry eut refermé la porte de sa chambre et sans même s'habiller, Albus se précipita sur le petit bureau, sortit son stylo plume et se mit à gratter un morceau de parchemin avec une fébrilité rare, tiraillé entre la joie et l'excitation.
« Scorp,
J'ai réussi mon vieux ! J'ai fait craquer mon père ! Oh, je te rassure, il fait le vieux gobelin grincheux en croyant que ça lui évite de perdre la face, mais il a tout de même dit oui !
Il a pas arrêté d'utiliser ma grand-mère comme excuse pour se justifier de nous avoir fait attendre pendant deux semaines… On va dire que c'est le résultat qui compte. Bref, tu peux venir le dernier jour et la dernière nuit des vacances. Dans leurs têtes ça fait qu'on se retrouve demain matin, puis on va à King's Cross tous ensemble après-demain. Dans leurs têtes.
Le plan est testé et validé ? Oh bordel, Scorp, dis-moi que oui, parce que rien qu'à l'idée qu'on se retrouve dès ce soir et pas demain, je crois que je vais m'évanouir.
J'ai trop, trop, trop hâte de te serrer contre moi. Je t'aime.
Al »
Albus plia la lettre et écrivit le nom de son petit ami sur le rabat. Il ne prit même pas le temps de trouver une enveloppe. À la place, il enfila un boxer propre et se jeta dans la volée de marches qui le conduisit au rez-de-chaussée, où il prit la première chouette qui se trouvait sur son chemin pour lui confier sa missive. Ce fut le petit hibou fringant de son oncle Ron qui fut désigné pour le voyage. Albus se précipita près de la fenêtre de la salle à manger, l'ouvrit en grand et relâcha le volatile qui s'envola en piaillant joyeusement. Il l'observa s'éloigner, le souffle court, un petit sourire satisfait gravé sur le visage.
— Bonjour Albus !
Il sursauta si violemment que sa tête heurta la poignée de la fenêtre dans un grand fracas.
— Aïe ! Putain !
Il se massait le sommet du crâne des deux mains tandis qu'il se retournait, pour se retrouver devant ses grands-parents, ses parents, mais aussi ses oncles Ron, Percy, Charly, Bill et George, ses tantes Hermione, Audrey, Angélina et Fleur, sans compter Teddy ainsi que pour finir Victoire et Rose, ses cousines, tous en train de prendre le petit-déjeuner. Il n'était toujours vêtu que d'un sous-vêtement.
La moitié de la tablée, y compris son père, l'observait en se retenant d'éclater de rire tandis que l'autre moitié devait probablement le croire complètement débile. Albus eut envie de décéder, là, sur le champ. S'il existait un moyen de mourir de honte, il voulait en profiter à l'instant. Il devint écarlate en un éclair et tenta de se justifier comme il le pouvait.
— Je… J'cherchais… Je, euh… J'vais prendre… douche.
Pourquoi était-ce toujours dans ces moments que son cerveau décidait de le faire passer pour le plus grand des babouins incapables de s'exprimer ? La fuite était sa meilleure option : il se propulsa en deux enjambées dans l'escalier, monta les marches quatre à quatre, puis voulut s'élancer dans la salle de bain qui faisait face à sa chambre, mais la porte resta fermée. Emporté par son élan, il s'écrasa le visage sur le panneau dans un raffut grandiose.
— Bon ben ça va, ça va, j'avais fini de toute façon ! l'enguirlanda la voix indignée de sa sœur depuis l'intérieur.
La serrure cliqueta, puis la porte s'ouvrit.
— Al ? C'est toi qui frappes à la porte comme un fou ? Tu m'as faite sursauter !
Albus, encore rouge de gêne, ne répondit pas. Il plongea dans la salle de bain et referma la porte derrière sa sœur. Il se prit le visage entre les mains. L'enchaînement particulièrement honteux ne quitterait probablement jamais ses souvenirs. Sa tête et son visage douloureux parachevaient l'humiliation. Pas qu'il soit pudique, mais se retrouver aussi bêtement quasi-nu devant une quinzaine de paires d'yeux inquisitrices, y compris son professeur et les magnifiques filles Delacour, c'était pire que tout !
En plus, il ne pouvait même pas leur raconter la raison de son excitation : sa relation avec Scorpius était encore inconnue de sa famille. Sans compter leur plan clandestin ! Seuls ses parents et Teddy savaient pour Scorpius et lui, d'ailleurs il avait bien cru voir un éclair de compréhension passer dans les yeux de son professeur tandis qu'il devinait la raison de sa joie.
— J'suis quand même un bon gros boulet, se plaignit-il pour lui-même.
— Clairement ! lui cria la voix de sa sœur à travers la porte.
Il l'entendit ensuite dévaler l'escalier en riant. Albus soupira.
Il prit une douche rapide et acheva sa toilette en quelques minutes à peine. Si Scorpius venait finalement ce soir, il aurait tout le temps de se faire beau d'ici là. Et s'il ne venait que demain, cela attendrait demain.
Il retourna dans sa chambre pour finir de s'habiller. Il récupéra une chemise bleu nuit dont certaines trames étaient faites de fil blanc qui dessinaient de fins carreaux. Il l'avait achetée quelques jours plus tôt, en profitant d'un voyage à Londres de son père. Il avait également un pantalon de couleur ocre que la vendeuse lui avait conseillé de porter pour accompagner la chemise. Il ne savait pas si l'assortiment obtiendrait l'approbation de Scorpius, mais il se trouvait beau, ce qui était déjà bon signe.
Tandis qu'il boutonnait sa chemise, ses yeux furent attirés par une photo sur sa table de nuit. Il l'avait découverte il y a peu, cette photo. À vrai dire, il l'avait presque oubliée, depuis le temps qu'elle avait été prise… Quand il y repensait, cela lui paraissait tellement loin, tellement étranger, tant tout depuis avait basculé…
James avait ramené ce colis qui était arrivé pour lui à Godric's Hollow des mois plus tôt. Lorsqu'il ouvrit le paquet, il y trouva un cadre en bois d'olivier qui protégeait une photo dans laquelle on pouvait voir deux adolescents dans une piscine, les cheveux plaqués sur le crâne et d'étranges lueurs dans les yeux. Albus, au premier plan, alternait entre une expression surprise et des yeux qui trahissaient un contentement absolu en sentant contre lui les bras de Scorpius qui l'enlaçaient. Scorpius, au second plan, l'enserrait au niveau des épaules et son visage trahissait de la complexité des émotions qui bouillonnaient en lui alors. Entre la perte de sa mère, la joie d'être avec Al, la tension entre les deux garçons et l'amour qui les liait déjà, tous les deux étaient comme deux bombes prêtes à exploser sur cette image.
Cette photo, elle le travaillait. Peut-être était-ce parce qu'il savait à présent ce qui brillait dans leurs yeux, ou peut-être était-ce parce qu'elle rayonnait d'une innocence et d'une naïveté qui auraient fait fondre le plus dur des cœurs de pierre… Mais elle le touchait.
Scorpius était beau, sur cette photo. Son visage transpirait l'affection qu'il lui portait et à travers les reflets de l'eau, on pouvait distinguer son torse diaboliquement attirant. Bon sang, qu'est-ce qu'il lui manquait…
Il n'avait pas achevé de boutonner sa chemise qu'il chut sur le lit. Les yeux fermés, il se laissa assaillir par les images qui lui venaient. Scorpius habillé comme il l'était tous les jours, de manière sexy à s'en damner. Scorpius habillé pour le vol, avec ce pantalon couleur crème qui moulait ses fesses et ses cuisses. Scorpius en boxer, qui se pavanait devant lui en sortant de la douche, d'un air innocent.
Bon sang, il pourrait passer des heures et des heures à se remémorer le corps absolument parfait de son petit ami. Et son air si adorable et innocent sitôt qu'ils se retrouvaient nus l'un contre l'autre !
Les autres images commençaient à s'écouler dans son esprit. Scorpius, nu et bandant, contre qui il venait se blottir, Scorpius excité, recroquevillé dans ses bras et qu'il faisait gémir du bout des doigts, Scorpius encore plus excité qui s'étouffait en surestimant ses capacités buccales…
Oh Merlin, cette dernière image ! Ils ne l'avaient fait qu'une fois, ça, quelques jours avant de quitter l'annexe de l'infirmerie. Ce qui avait été curieux, ce fut que ce qui le transporta à des sommets de plaisir ne furent pas tant les sensations qui étaient certes nouvelles mais aussi assez archaïques, entre plaisir et coup de dent malvenu… Non, ce qui l'acheva, ce furent les images. Voir Scorpius luisant de sueur essayer de l'engloutir d'un seul coup sans trop y arriver, puis continuer sa besogne avec une attention de chaque instant au moindre de ses frissons… Il avait fait ça avec une telle tendresse, une telle naïveté, que cela seul avait réussi à le faire jouir. Avant, bien entendu, qu'il ne lui rende la pareille… L'acte en lui-même était foutrement excitant, il fallait bien le dire !
Albus était allongé sur le lit, les yeux fermés. Ses mains descendirent d'elles-mêmes le long de son torse jusqu'au niveau de son pantalon, puis elles glissèrent sous l'élastique de son boxer… Merlin, qu'est-ce que ce garçon pouvait lui manquer…
Albus se redressa tout à coup. Il se secoua. Certes, il s'était pas mal adonné aux plaisirs solitaires pendant ces vacances, puisqu'à peu près chaque fois que quelque chose lui faisait penser à Scorpius il fallait qu'il s'exorcise avant de pouvoir reprendre le cours d'une journée normale, or il n'y avait pas de moyen plus efficace que celui-ci pour passer à autre chose ! Seulement voilà, il y avait à présent une infime chance que Scorpius puisse être avec lui, dans ce lit même, dès ce soir. Et si cela devait être le cas, Albus voulait être en pleine forme pour lui ! Quitte à ne pas tenir plus de trente secondes, comme cette première fois dans l'infirmerie. Plus vite ils terminaient, plus vite ils pourraient recommencer !
Albus acheva de s'habiller et rejoignit son frère, sa sœur et le reste de sa famille au rez-de-chaussée.
Merci de m'avoir lu ! J'espère que ça vous a plu !
Al et Scorp vont bel et bien pouvoir se retrouver au Terrier ! Je vous l'ai annoncé il y a déjà quelques semaines, mais le chapitre 26 est ce chapitre. Le plus long de l'histoire, au passage. Alors comment réagira Molly en apprenant la relation de son petit-fils avec un Malefoy ? Scorpius parviendra-t-il à rejoindre Albus plus tôt que prévu ? Et comment réussira-t-il à s'intégrer parmi les Weasley ? La réponse, c'est pour le chapitre de Noël ! Le vendredi 23 décembre, le fameux chapitre 26 : Ces deux grands yeux bleus !
C'est super cool si vous arrivez à prendre trente secondes même juste pour me dire "merci à plus", ça compte de ouf pour moi et ça me permet de me motiver à écrire encore et encore, tout en attirant plus de lecteurs et lectrices ! On gagne pas grand chose en bossant deux ans sur des fanfics, si ce n'est cette petite reconnaissance... alors je la chéris autant que possible chaque fois que j'en ai un peu !
Merci d'être là, et à la semaine prochaine !
