Chapitre VI : Dorénavant, nous sommes amis.

{Hinako}

Adèle – Turning Tables [Musique que j'écoutais en écrivant ce passage]

Je respire un grand coup. Aller, ce n'est rien. Peut-être est-elle seulement partie dans la salle de bain. Je frappe et ouvre la porte après quelques secondes d'attente. Pas de trace de Noréla. J'essaie de me rassurer du mieux que je peux en me disant qu'elle est forcément quelque part dans l'hôpital. Elle ne peut pas être partie bien loin vu dans l'état dans lequel elle est. Je pars donc m'aventurer dans le bâtiment espérant la retrouver. Je passe à la cafétéria, dans les toilettes publics et dans toutes les salles d'attentes. Pas de Noréla. Je me décide de passer par la chambre de son père... Son père adoptif. Peut-être est-elle allée le voir.

Avant d'entrer, j'observe par la petit fenêtre de porte si quelqu'un est présent. Je ne voudrais pas réveiller Jonas ni même le déranger. De plus, j'avoue que cette homme me fait peur et je ne serais vraiment pas quoi lui dire si j'avais à lui expliquer mon irruption dans sa chambre. J'aperçois une tête blonde qui me tourne le dos. Cependant, ce n'est pas Noréla. En effet, la femme porte les vêtement d'infirmière de l'hôpital. Déçue et frustrée, je commence à sérieusement à m'inquiéter.

Pourquoi est-elle partie ? Qu'elle mouche l'a piqué ? Je ne comprends pas, elle n'est pas du tout en état pour quitter l'hôpital. Le stress monte en moi, et mes larmes me piquent les yeux. Pourquoi je me mets dans un état pareil ? Elle et moi, on ne se connaît pas ! … Je crois que je dois avoir un problème psychologique ! Je me rends vraiment malade pour rien.

Ou peut-être que le fait que cette fille est vécue une fausse vie, sous une fausse identité depuis le début de sa vie me rend triste pour elle ? Je ne sais pas. Et le fait que cette dernière m'ait toujours intrigué n'arrange rien. A cette pensée, je ne me retiens plus, je laisse mes larmes dévaler le long de mes joues mais je reste avec une expression vide sur le visage. Soudain, je pense à Gale. Je cours au plus vite dans notre chambre et le vois, assit sur son lit, habillé, en train de mettre ses chaussures :

_ Bonjour Hinako ! Lâche-t-il simplement d'humeur normale.

_ Noréla n'est plus là. J'émets directement du tac-o-tac.

_ Pardon ? Répond-t-il après quelques secondes de réflexion en décryptant sur mon visage que je ne mens pas.

_ Je suis sérieuse. Elle n'est plus dans sa chambre, j'ai fait le tour de l'hôpital et elle n'est pas là. Je continue d'informer difficilement avec ma voix enrouée par les larmes qui continuent de se déverser sur mes joues.

_ Pourquoi tu pleures ?

J'écarquille les yeux mais reste avec un visage neutre. Soudain, la colère m'envahit :

_ Peut-être que tout cela ne serait pas arrivé, si tu ne lui avais pas menti pendant toutes ses années.

_ Qu'est-ce qui te prends Hinako ? Tu ne connais pas Noréla...

_ TOI NON PLUS, je hurle en le coupant.

_ Si ! Tonne-t-il.

_ NON ! Tu l'as abandonné et laissé à des inconnus ! Des gens que tu ne connaissais pas ! Je t'interdis de dire que tu la connais ! Entre nous, je pense la connaître un peu mieux que toi pour savoir à quel point elle est forte : toi, tu ne te renseignais que par moi, je débite à toute allure, alors OUI, je pleure ! Oui Gale, parce qu'elle a souffert toute sa vie et qu'elle souffre encore de la non connaissance des ses parents et de sa vie totalement fausse ! Le pire est que tu es le meilleur ami de sa mère et que tu as été incapable de rester avec elle...

_Est-ce que tu sais au moins POURQUOI je l'ai abandonné Hinako ? Me coupe-t-il à son tour.

Je reste sans voix. C'est vrai. Je ne sais pas :

_ Je le serais. Tu vas me le dire quand on aura retrouvé Noréla !

_ Elle sait.

_ Quoi ?

C'est comme si je venais me prendre une gifle. Je reste muette et surprise :

_ Cette nuit, à cinq heures du matin, elle m'a demandé de lui raconter...

_ Tu crois qu'elle est partie... A cause de ça ? Je reprends toujours surprise.

_ Je pense... Elle c'est enfermée dans la salle de bain en pleurant avant que je parte.

_ Raconte moi !

_ Ça t'avancerai à quoi ?

_ A connaître les raisons pour lesquelles elle est partie.

Pendant peut-être deux minutes, il se passe un défi de regard entre nous. Je souhaite connaître cette fin d'histoire, même si ça le fait souffrir. Tant pis pour lui. Il n'avait qu'à lui dire la vérité dés le départ et puis, à moi aussi. J'ai tout de même le droit savoir pourquoi je devais veiller sur Noréla. Il fini par baisser le regard et à souffler bruyamment pour me montrer son mécontentement. Ce n'est pas grave. Il s'en remettra. Il me fait signe de m'asseoir, ce que je fais et il commence.


{Noréla}

Safetysuit – Life in the Pain [Musique que j'écoutais en écrivant ce passage]

Il fait plutôt très beau pour un mois de février. Les rayons du soleil en contact avec mon visage me réchauffe tout le corps. Mon corps si faible et si froid depuis que je suis partie de cette endroit que je n'aime guerre. J'ai l'impression de revivre depuis que je suis affalée sur mon banc. Celui du parc, qui accepte chaque matins la fin de mes nuits si peu complètes. Mes yeux se font lourds et je sens que je m'assoupis peu à peu. Il est vrai que je me sens très incapable de faire quoique se soit de plus que le trajet que j'ai fait pour venir jusqu'ici. Cela m'a totalement épuisée.

Toutes les personnes qui me voient me dévisage en voyant le pansement que j'ai au nez ainsi que pour mes "non réactions". En effet, j'ai l'air d'une fille ayant énormément bu au point de rester là, assise, à fixer les par-terres de fleurs encore dans leur bourgeons. Ce qui, bien sûr, n'est pas le cas... C'est simplement que, le tee-shirt à manche longue noir, que j'ai enfilé après l'avoir piqué je ne sais où dans l'hôpital, se frotte au bandage installé par les médecins la veille... Ce dernier commence à se desserrer. Et c'en est plutôt désagréable. Heureusement que le jogging que je porte, lui aussi pris à l'hôpital, est agréable et assez large pour moi.

Pour résumer, je ressemble à une blonde racaille shootée après avoir bu un litre de vodka pure !

Que de joie.

Ok, j'exagère. Mais toujours est-il que je ressemble quand même à une racaille. De plus, mes long cheveux sont ramenés en chignon fait à la va vite, qui, pas assez serrer, tombe légèrement en arrière.

Soudain, et tout en restant neutre, j'aperçois Zenkô. Heureusement, il est seul. Mais pour le moment, il semble ne pas m'avoir vu. Je fais en sorte de rester invisible. Qu'est-ce qu'il fait ici ? Il ne devrait pas être la ! Je ne croise jamais aucun élève de mon lycée dans ce parc d'habitude...

En même temps, de quoi je m'inquiète ? Il ne viendra pas taper la discute avec moi. A part ruiner sa «grande» réputation, il ne gagnera rien d'autre. Il n'empêche pas que lorsque son regard tombe sur moi, il s'arrête, surpris, puis, non sans avoir lancé un petit sourire qui lui est bien connu, s'approche à allure joyeuse vers moi.

C'est quoi son problème ? Qu'est-ce qu'il veut ? Malgré son approche, je reste complètement indifférente de l'extérieur. Je suis même plutôt lasse de savoir que je vais ouvrir la bouche au moment où il me lance :

_ Alors Minato, on somnole ?

Minato ? Euh, deux minutes là... Minato ? OH MON DIEU ! Après une réflexion immense dans ma tête, je percute. Nadeshiko Minato. C'est vrai. Il ne connaît pas toute l'histoire lui. Mais j'ai vraiment aucune envie de parler de ça maintenant.

Je suis une fille sans passé, sans souvenirs, qui fait des rêves ou des cauchemars de choses qui se sont peut-être réellement passés dans ma vie sans le savoir. Je ne connais pas mes vrais parents, je sais juste qu'ils sont Américains et que peut-être je ne les verrais jamais de ma vie. Je n'ai jamais été Japonaise d'origine et Jonas ainsi qu'Alarice sont deux gros menteurs. Celui qui me sert de père n'est qu'un malade mental et celle qui me sert de mère m'a quitté sans mot. Gale, le meilleur ami de ma mère, m'a laissé tomber parce que je ressemblais, et ressemble toujours, trop à mon père. Mon vrai père. Celui que je ne connais pas. Je sais juste que tous les deux se détestent et que Gale était amoureux de ma mère, Katniss. Bonjour la belle histoire.

Vu qu'aucunes paroles ne sortent de ma bouche Zenkô me dévisage :

_ Pourquoi mademoiselle Nadeshiko ne répond-t-elle pas ?

Il semble s'amuser, pas moi. Bizarrement, ce prénom 'Nadeshiko' me fait comme un effet de torture. Parce que ce n'est pas mon prénom. Je pense que l'on m'a déjà bien assez menti comme ça dans ma vie pour que l'on continu... De m'appeler comme ça :

_ Ne m'ap..pelle pas com...! Je souffle difficilement.

_ Quoi ? Ricane-t-il toujours aussi amusé.

Je me sens tellement faible, si faible, trop faible pour parler correctement. Je sens que je divague. Je vois un voile noir brouiller ma vue et je comprends que je n'ai plus le contrôle de moi-même. Mes griffures au ventre me brûlent, mon dos me fait mal et il ne manquerait plus que mon nez ne saigne pour que toutes les blessures de Jonas ne me refassent le même effet que le soir où il me les a affligé :

_ Euh... Nadeshiko, tu vas bien ? Commence-t-il plus sérieusement.

Je tombe lamentablement vers l'avant, mais me rattrape en mettant mes mains sur les avant-bras de Zenkô. Pris sous le fait accompli, il agrippe à son tour mes coudes et se baisse légèrement pour trouver un bon appuie. Je l'entends répéter plusieurs fois « ça va ? » mais je me sens complètement incapable de répondre. Je veux juste dormir.

-The Island (Feat. Jasmine Mathé) - Art Love- [Musique que j'écoutais en écrivant ce passage]

Lorsque mes yeux s'ouvrent, je suis allongée sur un lit bien confortable. Je crois d'abord être de retour à l'hôpital, mais je me dis que les lits ne sont pas aussi agréables que celui-ci pour mon dos. Alors je me relève avec délicatesse et m'assois. J'observe les alentours et je suis finalement dans une chambre... Que je ne connais pas. Les couleurs sont sobres, rien ne vient encombrer les murs qui sont peints en noir et blanc. Deux fenêtres, qui encadrent le lit dans lequel je suis, éclairent toute la pièce et contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'ambiance qui y règne est apaisante. Ce n'est qu'après quelques minutes que je réalise dans quelle tenue je suis vêtue. Je porte un pull large qui me retombe jusqu'au genoux, ci n'est pas légèrement au dessus, puis, seul un tee-shirt à bretelles blanc se trouve en dessous. Sans ces deux vêtements, je ne serrais qu'en sous-vêtement. De plus, mes pansements ont été changés. Je ne sens plus cette douleur que j'avais sur mes plaies. Et mes cheveux blond sont détachés et me retombent jusqu'aux épaules.

Je me souviens du dernière événement et commence à prendre panique. J'étais avec Zenkô. Qu'est-ce qui a bien pu se passer après ma perte de conscience ? Qu'a fait Zenkô ?

Puis, soudain, le porte s'ouvre. J'aperçois ses cheveux roux en bataillent rentrer dans la pièce, puis, il s'arrête, voyant que je suis réveillée :

_ Tu vas bien ?

Sont les premiers mots qu'il me dit. Si je vais bien ? Je suis en petite tenue dans un lit étranger, que je suppose, est le sien, je n'ai aucune idée de ce qui c'est passé pendant mon inconscience, mes pansements sont changés et... OK, zen Noréla. Il ne c'est rien passé ! Pourquoi il aurait fait ça ? C'est absurde ! Arrête d'être paranoïaque.

Après quelques secondes à le regarder, je réponds d'une voix timide en secouant la tête de haut en bas comme pour appuyer mes paroles :

_ Oui... Euhm...

_ Bienvenue dans ma chambre ! Me coupe Zenkô devinant la question que j'allais poser. Oui, je sais, je n'imaginais pas que tu découvres ma maison comme ça mais... J'ai pas trop eu le choix !

_ Que c'est-il passé ? Je demande directement.

_ Tu t'es mi-endormie, mi-évanouie et du coup, je t'ai ramené chez moi ne sachant pas ou tu habites.

Heureusement que tu ne sais pas ou j'habite...

En effet, l'appartement a été déserté depuis l'incident. Il reste donc encore les traces de sang dans ma chambre et puis... Ce n'est pas le luxe contrairement à ici. De toute manière, il sait à présent qu'il c'est passé quelque chose étant donné que je me suis « mi-endormie, mi-évanouie » dans ses bras et que mes bandages sont changés. D'ailleurs, je redoute le moment ou il me demandera ce qui m'est arrivée :

_ Comment tu as fait ? Je continue.

_ Pas trop dur de te porter, tu n'es pas tellement lourde et puis, j'habite juste en face du parc alors...

_ Ah oui ? Je le coupe. C'est drôle, je ne t'ai jamais vu dans ce parc ni même aux alentours...

_ Moi je te voyais.

Ah. Voila mes pensées. Que veut-il que je réponde ?

_ Pourquoi tous les matins tu dormais sur un banc ?

_ Pourquoi n'es-tu jamais venu me parler avant ?

Tu te lances dans des questions qui concerne ma vie Zenkô, attention, le feu, ça brûle.

Après un court silence et un jeu de regard de défie, il reprend :

_ Pourquoi t'es toujours toute seule ?

_ Pourquoi cette question ?

_ Pourquoi tu te laisses toujours faire par les autres ? (par la même occasion, il se rapproche du lit sur lequel je suis)

_ Pourquoi tu te fous de moi avec tes questions idiotes ? (je tire la couette un peu plus sur moi)

_ Pourquoi ton corps est complètement meurtri ? Pourquoi étais-tu à l'hôpital ? (il finit par s'asseoir non loin de moi)

Voilà. Nous y arrivons :

_ C'est toi ? Est-ce que c'est toi qui as changé mes...

_ Non. Je n'aurais pas osé. C'est ma mère. Elle dort à présent. C'est elle qui c'est occupée de toi cette nuit. Elle était surprise de me voir revenir à la maison avec toi dans mes bras d'ailleurs. Explique-t-il.

_ Et... Elle ne t'a pas expliqué, elle ne t'a rien dit sur les raisons pour lesquelles j'étais la bas ?

_ Même si je suis très proche des ma mère, je ne parle pas trop de ça avec elle. En règle général, lorsqu'elle me raconte, c'est parce que ce sont des personnes qui sont venus pour des raisons idiotes. Et pas pour des raisons sérieuses. Je suppose que ton cas était du sérieux et d'après ce que j'ai pu voir...

Il ne continu pas sa phrase et pose son regard dans le mien. Gênée de ce qu'il vient de dire, je détourne le regard. Je suis rassurée de savoir que ce n'est pas lui qui m'a prise en charge, mais sa mère. Je crois que j'aurais été encore plus mal alaise que je ne le suis déjà si cela avait été le cas :

_ Tu sais Nadeshiko, je ne suis jamais venu te voir dans le parc parce que... A vrai dire, tu m'as toujours paru très mystérieuse et inaccessible. Je ne savais pas comment t'approcher et même si j'avais su, je ne n'aurais jamais eu le courage de débuter une conversation avec toi. Je ne sais pas pourquoi.

_ Je t'impressionne ? Je commente particulièrement assourdie par ce qu'il m'avoue.

_ Ouais, ça doit être ça. Le fait que tu sois toujours restée toute seule et que tu ais supporté tout ce qui venait des autres...

Encore une fois, il se stop. Mais je devine la suite. Il ne voulait tout simplement pas se répéter. Pour le coup, je ne m'attendais vraiment pas à cela. Je ne m'attendais pas qu'il me dise ça et encore moins que ça sorte de ça bouge à lui, Zenkô, Zenkô Shiina, le mec le plus populaire du lycée... Soudain, un petit sourire en coin se dessine sur mon visage et je le nargue :

_ Heureusement pour toi que tu ne me dis pas ça au lycée ! Que serait devenu t'a réputation ? T'es sûr qu'il n'y a pas de caméra caché dans ta chambre ?

Oui, après tout, ce qui se passe maintenant paraît si irréel que c'est fort possible que ça soit une blague. Mais son air sérieux et ses yeux plantés dans les miens me mettent très vite très mal alaise. J'ai l'impression qu'il cherche à me faire regretter mes paroles et si ce n'est pas le cas, c'est tout de même réussi. De plus, il ne me répond pas, ce qui commence à devenir très lourd à supporter. Certes, ce n'est que quelques secondes, mais elles me paraissent infiniment longues ces quelques secondes :

_ Je ne crois pas t'avoir fait quelque chose en particulier qui puisse t'avoir blessé Nadeshiko.

_ Je n'ai pas dit cela...

_ C'est tout comme.

_ Mais ce n'est pas le cas, j'insiste.

_ Alors, pourquoi tu dis cela ?

_ Peut-être parce que, toi et moi, c'est la première fois que l'on se parle et que tu me confis directement des choses pareilles !

_ Tu m'as posé la question : je te réponds.

Oh, génial ! Si je comprends bien, moi aussi, je vais devoir répondre à ses questions...

Je soupire. Il est comme tout les autres, sinon, il serait venu me parler au parc même si je « l'impressionne ». D'ailleurs, je ne comprends pas trop en quoi je « l'impressionne » m'enfin bon :

_ Tu me crois comme tous les autres, pas vrai ?

Ahahahahah ! C'est le rire jaune dans ma la tête. Aurait-il lu dans mes pensées ? Ou... Est-ce que ça se lit autant sur mon visage que je pense qu'il se fiche de moi ? J'avale avec difficulté ma salive, relève la tête et pose mon regarde dans le sien. Je crois n'avoir jamais vu Zenkô aussi sérieux depuis ma rentrée au lycée. En même temps, lui et moi, on ne se connaît pas et je suis la mieux placée pour savoir que chacun d'entre nous à une double personnalité. Une chez soi, une au lycée. Parfois même, on en a plus de deux en fonction des situations, des gens avec qui nous sommes... Moi, je suis lunatique. Je change de caractère comme deux chemises alors je suis plutôt très imprévisible. Enfin, j'arrive quand même à me gérer convenablement, mais par moment, j'y arrive plus ! Et je passe du rire aux larmes et inversement puis d'autres émotions viennent s'entremêler, c'est comme un spectacle qui peut faire peur. Peut-être qu'un jour, j'arriverai à me stabiliser sur mon caractère avec certaines personnes... Faut-il encore que mon entourage reste le même et que ma vie ne soit plus un mensonge.

En bref, je ne sais pas si Zenkô se fiche de moi ou non, mais, étant donné que toute ma vie a tourné autour d'un mensonge, je penche toujours sur cette option désormais. Je ne réponds rien et me contente de l'observer dans les blanc des yeux avec un visage complètement neutre. Je dois avouer qu'il m'intimide un peu. Mais il dégage de lui cette aura rassurante qui m'envahie et qui arrive à me détendre un peu de la situation, puis il est très attirant. Il est beau, c'est dingue ! J'en oublie presque je suis dans son lit en tenue légère :

_ Si tu veux savoir, je ne le suis pas. Termine-t-il par dire voyant que je ne réagis pas. Sinon, si je l'avais été, je t'aurais laissé dans ce parc agoniser avec tes blessures.

_ Agoniser ? Je m'impressionne à sourire.

_ C'est de l'hyperbolisme madame ! S'exclame-t-il, fier de sa bêtise.

_ Bien Zenkô ! Je ris alors doucement.

_ Bref, je ne le suis pas.

_ Pourquoi ?

_ Parce que tu n'as rien fait. Je ne sais même pas pourquoi Aiko a décidé de s'en prendre à toi.

_ Pourquoi personne ne m'aide alors ? Je m'écris.

_ Qui oserait défier Aiko à part, toi ? Sourit-il.

_ Alors quoi ? C'est elle qui décide dans ce lycée ? Je continue perdant toute envie de rire.

_ Faut croire.

_ Ça ne devrait pas.

Les gens sont encore plus minables que je ne le pensais. Même Zenkô est minable finalement. Même s'il ne m'a rien fait : il se laisse influencer par Aiko. Et ça, ça, c'est minable. Pathétique :

_ Écoutes, je suis désolé de ne pas être intervenu mais j'avais d'autres choses à faire.

_ Tu... Tu avais d'autres choses à faire ?

Je me lance alors dans un fou rire incontrôlable. Non mais vous entendez ça ? Il avait autre chose à faire ! Ah oui, pardon, fricoter avec des filles et les faire passer pour des bouffonnes, c'est sûr que c'est plus important que de se laisser influencer par une seconde de son âge. Je le croyais plus combatif, je pensais qu'il ne se laissait pas faire, pas commander par les autres mais en réalité, c'est quelqu'un qui, juste pour ne pas se faire mal voir, fait comme tout le monde :

_ Minable Zenkô, vraiment, je reprends passant mon doigt sous l'œil pour essuyer les larmes qui commençait à me chatouiller, tu avais d'autres préoccupations. C'est vrai que prendre les filles pour des connes, c'est tellement plus intéressant que de faire voir autres que l'on va l'encontre de l'avis de la « meneuse du lycée », qui au passage, je te le rappelle, et seulement en seconde, comme toi et moi.

_ Voilà donc ce que tu penses de moi ? Relève-t-il, que je joue avec les filles ?

_ Parfaitement, je confirme en appuyant sur le mot, au lycée, un amas de filles te sont collées dessus pourtant, ça n'a pas l'air de te déranger plus que ça et puis, une fois en dehors, tu profites d'Hinako. Excuses moi de m'imaginer des choses comme la possibilité que puisse bien t'amuser en leur compagnie.

_ J'ai l'impression que tu ne vas pas être facile à convaincre. Lâche-t-il.

_ Je ne vais pas l'être.

_ Tu n'as rien à te reprocher peut-être, toi ? Insinue-t-il en me regardant avec insistance.

_ Je te demande pardon ?

_ Ne fais l'innocente, je t'ai retrouvé dans un parc, somnolente telle une bourrée sur un banc. Et les marques que tu as sur le corps peuvent venir de n'importe quoi, si tu vois ce que je veux dire.

_ Tu retournes la situation contre moi en fait, je soupire un petit sourire un coin mais avec les sourcils froncés pour lui montrer que mon sourire est ironique.

_ Comment peux-tu dire des choses sur moi sans me connaître ?

_ COMMENT TOI TU PEUX DIRE DES CHOSES SUR MOI SANS ME CONNAITRE, MOI, ALORS QUE JE NE ME CONNAIS MÊME PAS !

_ Quoi ?

Parfois, je déteste être lunatique. Cela me fait dire des choses que je ne veux forcément dire et puis après, je suis obligée d'expliquer mes paroles. Je baisse la tête et baladent mes yeux à l'opposé du sien. Je me mords la lèvre inférieure et me maudis au plus profond de moi. Il n'y a pas si longtemps, je souriais de ses bêtises, ensuite, je me suis énervée puis je termine gênée et triste en pensant à la vérité. De nouveau, le silence reprend place. Zenkô pousse un soupir puis fini par dire :

_ Je crois que cette conversation est inutile pour le moment Nadeshiko. Il y a trop de questions auxquelles je dois te répondre et, pour toi, c'est pareil. Et puis, il faudrait aussi pour ça que tu me crois et que j'ai confiance en toi.

_ A qui le dis-tu ? Je réponds du tac-o-tac toujours la tête tournée.

_ Tu sais ce que l'on va faire ? Demande-t-il.

Sans réponse, je porte une nouvelle fois mon attention sur lui puis fais « non » de la tête :

_ Dorénavant, on est ami.

_ Quoi ? Je balance, interloquée.

_ On se parle, on apprend à se connaître puis petit à petit, on répondra à toutes ces questions posées aujourd'hui. D'accord ?

Je reste époustouflée de sa demande mais vu son sourire éclatant et plein de sincérité, je ne pense pas qu'il se fiche de moi. Il me semble vrai et je me dis que avoir un copain serait tout de même sympa... Enfin, j'espère. Et puis, peut-être pourrions-nous devenir ami ? S'il ne me fait pas de mauvais coup, je pourrais peut-être lui accorder ma confiance et puis, je me sentirais moins seule. J'ai beau être forte dans les mauvais moment, je n'en ressens pas moins mon sentiment de solitude. Alors, je réponds avec petit sourire :

_ D'accord.


Hey ! Oui je sais, il est pas long Désolée ! Je voulais vous faire une petite surprise ! Je suis en vacances mais... Le bac oral (même si c'est un bac blanc) se prépare et compte pour la moyenne alors... Ça va être des vacances chargées ! Je ne sais pas quand je publierai la suite par conséquent...

Je remercie toute les personnes qui ont lu ce chapitres et toutes celles qui le commentent, vous êtes des amours !

Dites moi ce que vous avez pensées du chapitre :)