Salut à tous, merci infiniment pour vos reviews, ça fait plaisir ! Pour répondre à Whiteberry, je pense que ce sera un happy end parce que je déteste les fics qui se finissent mal (sauf rares exceptions), mais ce ne sera quand même pas tout rose pour les persos haha !
Je vous laisse à votre lecture :)
Chapitre 2 : Nouveau voisin
Le noir. Le noir absolu. Celui de la mort ? Un bruit répétitif et régulier se faisait entendre. Des battements de cœur. Où était-elle ? Qui était là ? Plus aucune sensation, sauf celle de flotter, dans l'espace, ou peut-être dans les abysses, elle ne savait pas. Et ce rythme incessant... Soudain la vérité s'imposa à elle. C'était ses propres battements...
Elle ouvrit les yeux.
La lumière bien trop vive lui fit refermer les paupières presque immédiatement.
- Elle s'est réveillée, entendit-elle.
Une voix visiblement soulagée.
À travers ses cils, elle vit des ombres se pencher sur elle. Sa vision se stabilisa, et elle reconnu Harry et Ginny, le visage crispé par l'inquiétude.
- Comment te sens-tu ? demanda doucement sa meilleure amie, comme si elle avait peur qu'il arrive malheur si elle parlait trop fort.
Hermione se redressa avec lenteur et regarda autour d'elle. Ses amis avaient du la conduire à Ste Mangouste pendant sa période d'inconscience car elle se trouvait dans une petite chambre d'hôpital. S'adossant à son oreiller avec des mouvements encore peu assurés, elle étudia les sensations de son corps. Etonnamment, elle se sentait parfaitement normale.
- Plutôt bien.
- Tant mieux, dit Harry.
En bougeant, elle sentit quelque chose sur sa tempe et découvrit qu'ils lui avaient mis un pansement.
- En tombant dans la salle de bain tu as heurté le coin du lavabo, expliqua Ginny devant son regard interrogateur. Le bruit nous a alerté et nous t'avons découverte sur le sol, dans une mare de sang. Finalement la blessure n'était pas grave mais tu n'as pas repris connaissance alors tu es restée à l'hôpital toute la nuit. J'étais très inquiète.
De grandes cernes violettes soulignaient en effet ses yeux marrons, et des plis déformaient encore son front.
- Hermione, sais-tu pourquoi tu as perdu connaissance ? demanda Harry, très sérieux.
- Non, c'est arrivé soudainement, mais je me sentais mal depuis le début du repas...
Elle avait du mal à décrire ce qu'elle avait ressenti la soirée précédente.
- J'étais très fatiguée, comme si je n'avais pas dormi depuis des jours, et ma tête tournait et...
Le souvenir du mystérieux tatouage bloqua les mots dans sa gorge. Comment avait-elle pu oublier ce qu'elle avait vu dans la salle de bain ? Son cœur s'accéléra. Devait-elle leur en parler ? Elle n'hésita pas longtemps : l'attitude du couple la poussait à leur cacher ce détail. Elle ne voulait pas qu'ils s'inquiètent trop pour elle, et elle leur avait suffisamment fait peur. Et après tout, ce n'était peut-être rien.
Pourtant lorsqu'elle se remémorait le sablier mouvant, un sentiment de danger presque instinctif la faisait frissonner. Ce tatouage lui faisait froid dans le dos.
- Et c'est tout ce dont je me souviens, finit-elle.
Elle détourna le regard pour qu'ils ne voient pas qu'elle mentait, et regarda par la fenêtre les pâles rayons de soleil qui tentaient de se frayer un passage à travers les nuages. Ses sourcils se froncèrent.
- Quelle heure est-il ?
- Presque midi pourquoi ?
Poussant un cri, elle rejeta ses couvertures et bondit de son lit. Ses chaussures se trouvaient dans un coin et elle se dirigea vers elles pour les enfiler.
- On dirait que tu as repris des forces, nota Harry avec un sourire en coin.
- Où vas-tu comme ça ? demanda Ginny.
- On est le 1er novembre, j'emménage aujourd'hui dans mon nouvel appartement, je vous l'ai dit hier, s'exclama la lionne en enfilant son manteau.
- Mais...
Sans écouter les protestations de ses amis, Hermione se dépêcha de sortir de l'hôpital, slalomant entre les infirmières à travers les couloirs blancs et stérilisés. Une fois dans la rue, elle hésita à transplaner. Elle était surement encore un peu faible et devait s'épargner tout effort. Elle jeta un œil à sa montre, qu'elle avait récupéré avec son sac à l'hôpital, et l'heure avancée lui fit prendre sa décision. Il n'y avait pas de temps à perdre.
Elle tourna sur elle même de plus en plus vite, et disparut.
Lorsqu'elle atterrit dans sa nouvelle rue, les déménageurs sorciers étaient déjà là. Leur rôle, différent de ceux des moldus, consistait à miniaturiser tous les meubles, une besogne simple mais longue et fastidieuse. Puis ils les transportaient jusqu'au nouveau domicile où ils remettaient tout à taille normale.
Son ancien appartement était situé en périphérie du centre de Londres, dans un coin plutôt tranquille. Il paraissait avoir tout pour plaire mais l'immeuble lui avait fait bien des surprises tout au long de l'année où elle y avait habité. Les problèmes techniques s'y enchainaient sans cesse, allant des toilettes bouchés aux fréquentes coupures de courant. Hermione n'en pouvait plus de devoir sans cesse appeler un réparateur et lorsque ses parents lui avaient offert de lui payer un nouvel appart, elle avait accepté sans hésiter.
Celui-ci allait être bien mieux que l'ancien, au cœur de Londres, et dans un immeuble peuplé uniquement de sorciers. Non pas qu'Hermione ne désire plus la compagnie des moldus, au contraire, mais il fallait tout de même dire que cela présentait beaucoup d'avantages.
- On a fini, mademoiselle, lui annonça un des hommes, passant sa main sur son crâne rasé. On vous a pas vu venir mais comme on avait les clés on a fait le boulot normalement.
Il avait déjà sorti une cigarette sorcière, prêt à partir.
- Merci, dit-elle en prenant les clés qu'il lui tendait.
Elle se dirigea alors vers sa nouvelle demeure, impatiente. La porte de l'immeuble était bleu nuit et lorsqu'elle pénétra dans l'entrée, elle fut abasourdie devant la grandeur des lieux en comparaison avec son ancien immeuble. Ses parents ne lui avaient pas laissé visiter l'endroit plut tôt, car ils voulaient qu'elle aie la surprise. C'était réussi. Le concierge ne se trouvait pas dans sa loge, qui ressemblait à un bocal vide, et l'immeuble était plus silencieux qu'une tombe. Elle monta les marches deux à deux jusqu'au second et identifia sa porte, surplombée du numéro 2C.
La première chose qu'elle vit en entrant dans son appartement fut un petit couloir menant à son salon. Il y avait une petite cheminée, ainsi que de confortables fauteuils bordeaux. Elle connaissait ses meubles mais en les voyant dans ce nouvel agencement elle avait l'impression d'être chez quelqu'un d'autre. Pourtant l'ensemble lui plut immédiatement. La pièce était lumineuse, et les murs couleur crème lui donnaient une teinte chaude. Le reste était également parfait : la salle de bain décorée de jolies mosaïques vertes, la petite cuisine bien équipée ainsi que la chambre spacieuse.
Elle sortit sa baguette et déplaça certaines choses pour que l'ensemble soit parfaitement à son goût. Une fois satisfaite, elle allait s'assoir, heureuse, lorsque des bruits de voix attirèrent son attention dans les escaliers. Pensant que cela pouvait être une bonne occasion pour rencontrer ses voisins, elle ouvrit sa porte d'entrée.
Un homme, de dos par rapport à Hermione, était en train de se disputer avec une femme, dont elle voyait le visage déformé par la colère.
- Tu me prends pour une idiote ? criai t-elle. Je te vois embrasser une autre sous mon nez et tu me sers une excuse aussi lamentable ? Tu t'imagines surement que je vais retomber dans tes bras comme la dernière fois... Et bien non, je te le jure, c'est terminé ! J'aurais du écouter Jeanne quand elle m'avait mise en garde contre les mecs comme toi...
Elle était plus déchainée qu'une vraie furie et frappait le sol avec ses talons.
- Salaud ! hurla t-elle pour finir avant de faire une sortie magistrale, drapée dans sa dignité.
On entendit la porte de l'immeuble claquer en bas. Hermione reporta alors son attention sur la chevelure blonde de l'homme, dont elle ne voyait pas encore le visage. Une chevelure blonde qui ne lui était pas inconnue...
Au moment même où la vérité commençait à se faire un chemin dans l'esprit de la lionne, Drago Malefoy se retourna, et leurs yeux se croisèrent. Leur étonnement commun fut si vif qu'il ne purent faire autre chose que se fixer, ne pouvant croire ce qu'ils voyaient.
Au premier abord, on aurait pu croire qu'il n'avait pas changé mais elle se rendit ensuite compte de certaines différences avec le Malefoy qu'elle avait connu. Il avait encore grandi, ou peut-être avait-elle juste oublié à quel point il était immense. Ses cheveux n'étaient plus tirés en arrière et retenus avec du gel, au contraire ses mèches semblaient dans le désordre le plus absolu et tombaient autour de son visage avec sauvagerie. Bien que toujours aussi métalliques, ses yeux abritaient une lueur étrange, bien loin de la suffisance qu'il arborait à Poudlard, plus froide, plus dure. En réalité, tout son être dégageait un aura magnétique incroyable, comme si l'air vibrait autour de lui. C'était... hypnotisant.
Hermione fut tirée de ses observations lorsque l'homme qui lui faisait face fronça les sourcils et afficha une mine pas vraiment accueillante.
- Qu'est ce que tu fiches ici ? Dans mon immeuble ? demanda t-il, agressif.
- Puisque tu veux le savoir Malefoy, répondit-elle par pure habitude, je viens d'emménager. Je sais que les fouines n'ont pas de très bons yeux mais je suis devant la porte ouverte de mon appartement, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué.
- Je ne pouvais pas le voir, ta masse informe de cheveux remplissait mon champ de vision, rétorqua t-il d'une voix venimeuse.
Elle fut surprise de voir à quel point ce début de discussion semblait familier. Ils ne s'étaient pas vus depuis la fin de la guerre, et pourtant leurs disputes reprenaient comme s'ils s'étaient parlé la veille. Soudain une question se posa avec violence. N'avait-elle pas évolué depuis Poudlard ? À en voir l'attitude puérile qu'elle venait de montrer en se moquant de l'ancien serpentard, pas tant que ça. Un sentiment de honte la fit rougir. En aucun cas elle ne voulait subir à nouveau les railleries de Malefoy, et comme cet insupportable blondinet semblait vivre dans le même endroit qu'elle, autant ne pas s'en faire de nouveau un ennemi. Le pardon était-il possible ? L'espoir de repartir sur de bonnes bases la fit sourire légèrement.
- Écoute, Malefoy, dit-elle d'une voix posée. Je ne veux pas qu'on recommence à se lancer l'un l'autre toutes ces moqueries et ces méchancetés comme à Poudlard. Si on faisait une trève ?
Voyant qu'il ne répondait pas et se contentait de la fixer, elle continua, fière de son attitude.
- On est des adultes après tout, parfaitement capables de se comporter en bons voisins.
Il bougea alors, si rapidement et avant tant de fluidité que soudain, il fut là, tout près d'elle. Elle recula et son dos cogna douloureusement contre l'embrasure de la porte. Le visage de Malefoy s'approcha dangereusement du sien, et plantant son regard dans les yeux écarquillés d'Hermione comme il l'aurait fait avec un poignard, il saisit sa gorge avec une poigne de fer.
- Je ne suis pas un bon voisin, Granger, murmura t-il entre ses dents. Je ne veux pas faire de trêve, et je ne veux surtout pas, alors surtout pas, croiser ton chemin à nouveau.
Puis il la lâcha brusquement, et se dirigea vers la porte qui faisait face à celle d'Hermione. Sans un regard derrière lui, il disparut dans son appartement après que le bruit sonore du battant qu'il claqua eut résonné.
C'était l'appartement 2A.
Hermione rentra à son tour chez elle et trouva refuge dans le fauteuil moelleux près de la cheminée, comme un oisillon retournant dans son nid. Un coup de baguette plus tard, l'âtre abritait un feu joyeux et crépitant et une délicieuse chaleur réchauffa la pièce. Un profond soupir s'échappa de sa bouche. Son cœur battait encore rapidement, et elle tendit les mains vers la cheminée rassurante. Comme elle avait été idiote de croire que Malefoy allait accepter sa proposition de trêve ! Il n'avait pas changé, à part la violence qu'il avait montré et qu'elle ne lui connaissait pas. Bien qu'il n'ait jamais été tendre, ses attaques se limitaient toujours aux piques verbales, jamais il n'était allé jusqu'à la toucher comme aujourd'hui. Elle passa sa main sur sa gorge, là où il l'avait serré.
Et la fille avait qui il s'était disputé tout à l'heure... Qui était-elle ? L'explication la plus probable était que Malefoy l'avait séduit un soir, lui promettant la lune, et bien évidemment rejeté le lendemain matin. Un jour, Hermione était tombé sur un magasine people dont il faisait la une, vêtu d'un costume noir et surement très coûteux. Cela avait piqué sa curiosité et elle n'avait pu s'empêcher de jeter un coup d'œil à l'article qui lui était consacré. Elle avait ainsi appris sa réputation de tombeur. On disait qu'il jouait avec les femmes comme avec des marionnettes et que personne ne l'avait jamais vu deux fois avec la même conquête.
Un seul passage de l'article avait remonté Malefoy un tout petit peu dans son estime, celui qui faisait part de ses aspirations à devenir médicomage. Peut-être servirait-il à quelque chose, pour une fois, bien qu'elle aie du mal à l'imaginer en train de sauver des vies.
Hermione eut envie de se dégourdir les jambes pour chasser Malefoy de ses pensées. Sans même regarder l'heure, le bruit que fit son estomac lui indiqua qu'il était plus que temps d'aller manger. Elle attrapa alors son sac et sortit de chez elle, avec en tête un bon petit restaurant où elle pourrait se détendre.
En passant devant la porte sombre de l'appartement 2A, elle frissonna.
