Déjà premièrement je remercie les personnes qui ont pris le temps de laisser un petit commentaire, ça me fait toujours plaisir ^^.
Meredith Sock : J'avoue que j'aurais dû plus relire mon chapitre avant de le poster. J'espère que celui-ci te plaira plus, j'ai pris en compte tout ce que tu m'as dis et j'ai corrigé mes erreurs sur ce chapitre ^-^.
Skully : Merci beaucoup de suivre :3.
Chapitre III.
Analia se prit la tête entre les mains en regardant trois soldats passer devant elle en toute décontraction. Elle s'approcha de sa monture et caressa du plat de la main son encolure couleur isabelle. C'était son rituel avant une bataille, passer du temps avec son cheval, cela lui permettait de réfléchir calmement aux combats.
Elle se tourna vers la grande tente sur la colline surplombant Blancherive, la ville que les Sombrages devaient attaquer plus tard dans la journée. Ulfric Sombrage parlait stratégie avec son lieutenant, celui-là même qui les avait si impoliment interrompus à leur première rencontre.
Analia ne supportait pas Galmar, pas plus qu'il ne l'appréciait, elle. Si elle n'avait pas eu une mission à accomplir, elle lui aurait tranché la gorge, et celle d'Ulfric avec. Leur impertinence envers elle, envoyée de Shor, la laissait incrédule et furibonde. Mais elle avait mis ses ressentiments de côté lorsqu'il lui avait proposé de se joindre à eux pendant la conquête de Blancherive. Mais la tâche semblait plus ardue que lorsqu'il lui avait expliqué. Premièrement, ils devaient être une bonne vingtaine à tout casser, et contre une ville armée jusqu'au dernier paysan, ça la faisait mal en tant qu'«armée de guerre invincible ». Deuxièmement, Ulfric ne participait pas aux combats, même s'il était présent, à cause de son état de fatigue extrême. Ce n'était pas le plus dérangeant, mais Analia savait, par expérience, que l'absence d'un chef de guerre pouvait réduire à néant l'ardeur d'une armée. Et tant que Galmar ne se proclamait pas son remplaçant, Analia n'avait pas à s'inquiéter.
« Rassemblement soldats ! Tous dans le champ en contrebas, hurla Galmar en sortant de la tente. Vous aussi la demie-morte ! Rajouta-t-il en se tournant vers Analia. »
Elle serra les poings, ravala entre ses dents un commentaire cinglant et le suivit vers la plaine. Elle serra entre ses doigts le pommeau de son épée et se posta dans les derniers rangs. Elle n'accorda qu'un intérêt limité au speech de Galmar et se tourna vers la colline. Elle aperçut Ulfric, adossé à un poteau portant la bannière Sombrage, se tenant à la corde qui permettait de l'élever. Elle eut un sourire ironique et se détourna. Tu m'étonnes qu'il ait eu besoin d'une aide supplémentaire de l'au-delà, pensa-t-elle en riant sous cape, s'il n'est pas capable de se tenir sur ses jambes.
Des cris de guerre autour d'elle la sortirent de sa rêverie ; les soldats se ruaient vers les portes de la ville, les armes sorties. Elle dégaina ses deux épées et se lança à la suite des soldats, ce qui équivalait pour elle à une mission suicide. Si les soldats avaient été sous son commandement, pensa-t-elle en détruisant la barricade et en esquivant un mouvement d'épée, elle les aurait envoyé par les égouts de la ville, pour attaquer Blancherive à l'intérieur, ce qui aurait été plus judicieux. Elle se faufila jusque sur les remparts pendant que les combats faisaient rage, et abaissa le pont-levis. Les soldats de Blancherive, voyant la marée rebelle qui déferlait sur eux, s'enfuirent en courant à l'intérieur, poursuivis par les soldats encore vivants d'Ulfric.
Analia, qui s'était prise une flèche dans l'épaule, s'arrêta pour l'enlever, ce qui lui arracha un cri de douleur. Elle se laissa tomber contre un mur écroulé, retenant des cris inutiles lorsque la blessure la lançait. Puis, lorsqu'elle fut en état de continuer, elle poursuivit sa route jusqu'à Fort-Dragon, bastion du jarl. Elle poursuivait son chemin lorsqu'un garde lui barra la route, brandissant sa hache de guerre. Il la souleva au dessus de sa tête, mais avant que la lame meurtrière ne frappe sa cible, Analia lui avait déjà enfoncé ses deux épées dans le ventre, le transperçant de part en part. Il s'écroula au sol, le souffle court. Elle poussa le cadavre dans l'eau qui ruisselait à côté, et poursuivit sa route. Elle perça une dernière barricade et fonça vers la double porte, suivie par Galmar.
Dans le hall de Fort-Dragon, elle fut assaillie par le calme froid qui y régnait, en total contraste avec le bruit assourdissant que l'on entendait encore venant de la ville. Trois gardes se jetèrent sur Galmar et elle, mais ils finirent bien vite à terre. La huscarl du jarl, une elfe noire, tenta une dernière fois de sommer les rebelles de se rendre, mais voyant que les deux derniers gardes s'effondraient, elle ravala ses paroles et se jeta dans la bataille, fonçant sur Analia.
La nordique observa froidement son adversaire, qui venait de lancer un sort l'enveloppant d'une lueur bleue turquoise. Sans lui laisser le temps de recommencer, Analia fit pleuvoir une salve de coups avec ses deux épées, destinée à saper la vigueur de la huscarl. La technique fonctionna, et l'elfe noire finit bien vite à terre, malgré le sort de foudre que la Nordique avait encaissé.
Le jarl s'effondra, reprenant sa respiration. Un vieil homme entra dans Fort-Dragon et se dirigea vers le lieu du combat.
« Balgruuf ! lança-t-il en croisant les bras.
- Vignar Grisetoison, dit le jarl en se relevant. Je me disais bien que votre famille avait brillée par son absence sur les remparts. Alors quoi ? Une dague dans le dos n'aurait pas suffit ?
- Vous pensez que c'est une affaire personnelle ? dit Vignar en levant les sourcils. L'Empire n'a plus rien à faire en Bordeciel, vous le saviez. Et quant à vous, vous n'avez plus rien à faire à Blancherive.
- C'est une position confortable pour le moment, mais je vous le dis, dans peu de temps Ulfric dispersera sa rébellion, et que se passera-t-il alors ? Nous autres Nordiques sommes l'Empire, c'est notre sang qui l'a crée, qui le fait vivre ! Nous ne devons pas lui tourner le dos.
- Si c'était mon empire, je pourrais adorer qui je veux. Vous voulez un empire sans Talos ? Sans son âme ? Bordeciel a besoin d'un haut-roi qui se batte pour sa nation, et Blancherive a besoin d'un jarl qui fasse de même ! ajouta Vignar en se détournant.
Analia essuya le sang sur son visage et regarda fixement le jarl déchu. Elle ajouta d'un air agacé :
- Ulfric n'est certainement pas quelqu'un qui arrêterait une rébellion en si bon chemin, surtout lorsqu'elle vient de rallier une châtellerie à sa cause.
Balgruuf se retourna et observa la jeune femme, un sourire ironique et moqueur sur son visage. Il renifla avec mépris et s'en alla vers ses appartements pour rassembler sa famille. Galmar observa la Nordique, surpris par ses paroles. Mais il n'eut pas le temps de s'émouvoir davantage, Analia s'éloignant déjà vers les portes du palais. Il la héla du haut des marches :
« Allez au camp, et prévenez Ulfric de notre victoire !
- C'est ça, et y'a marqué « Messager » sur mon front peut-être ? Répondit Analia en passant les portes. »
Elle marcha dans la ville, observant les cadavres au sol. Elle enjamba un banc fracassé, et observa la statue de Talos qui semblait épargnée par les flammes.
« Quand je pense que tout ça, c'est à cause de toi, Talos, pensa Analia en soupirant. Si seulement tu n'avais pas voulu t'élever plus haut que ta condition..
- Tu ne crois pas que tu as autre chose à faire que de faire la morale à Talos ? dit la voix agacée de Shor dans sa tête.
- Shor ?! Me retirer de Sovngarde ne vous a pas suffit, il faut en plus que vous me poursuiviez dans mon esprit ?
- Arrête ton cirque Analia. Concentre toi sur ta mission, ou tu pourrais bien ne pas repasser le portail de Sovngarde !
- Attendez, vous n'êtes pas sérieux ! Shor ! SHOR !
- A qui parlez-vous, Analia ? »
Analia se retourna, haletante. Sous l'effet de la surprise, elle ne s'était pas rendue compte qu'elle avait parlé à voix haute. Galmar la regardait, mi-amusé, mi-éberlué. Il avait entendu la fin de sa phrase, et ne comprenait pas en quoi elle appelait le seigneur des morts.
- Je... je...
- Si vous avez besoin de vous recueillir sur vos morts, faîtes le en silence, ne hurlez pas ainsi, vous allez effrayer les quelques survivants, dit Galmar en riant.
- Non je .., commença Analia mais le guerrier s'était déjà détourné vers ses soldats. »
Analia tâcha de rattraper les autres et fit profil bas jusqu'à l'arrivée au campement. Elle s'installa sur une pierre à côté de l'intendant et inspecta ses épées pour déceler un dysfonctionnement. Curieusement, elle vit passer devant elle deux paysannes qui marchaient en gloussant. Analia les suivit du regard et vit qu'elles passaient sous les tentures de la tente d'Ulfric. La guerrière arqua un sourcil et tâcha d'oublier ces deux gamines, mais des cris étouffés vinrent rythmer l'ambiance du campement. Exaspérée, elle finit par se lever et se dirigea vers les deux sentinelles postées devant la fameuse tente.
« Qu'est-ce qu'il se passe au juste ?! Demanda-t-elle.
- Sérieusement, vous l'ignorez vraiment ? Sourit un garde.
- Je sais qu'Ulfric est en train de se taper deux paysannes, ce que je demande, c'est pourquoi. Il n'a pas combattu ni rien.
- Bah.. privilège de jarl, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
- Alors vous êtes en train de me dire que lui qui se touchait la nouille se permet de «kidnapper » des jeunes filles pour se les faire et vous qui avez combattu vous n'avez droit qu'à un morceau de pain ? S'indigna-t-elle.
- Et alors ? De toute façon il n'y avait pas de paysans à proximité, vous n'auriez même pas pu participer ! Ajouta la voix d'Ulfric qui venait de sortir de sa tente, un pantalon de toile autour des reins, torse nu. »
Analia se tourna vers lui, tandis que les deux paysannes sortaient de la tente en gloussant. Elle les regarda passer, puis son regard retourna se poser sur Ulfric.
« Entrez donc, on va pouvoir régler ce .. différend, maintenant, dit-il en passant les tentures, suivit de près par Analia. Alors, pourquoi cette scène devant mes gardes ? Demanda-t-il.
- Je trouve scandaleux que vous vous permettiez des .. des..
- Des femmes de joie ? Sourit Ulfric.
- Exactement ! Dit Analia en s'empourprant. Tandis que vos hommes qui eux, se sont démerdés à survivre et à se battre pour vous, n'ont comme récompense qu'un repas et le privilège de ne pas être tombé au combat ?!
- Privilège du seigneur sur ses soldats. Vous n'aviez pas ça, à l'époque ?
- Si, mais nos chefs de guerre ne l'utilisaient que rarement !
- C'était des chefs avec un sens de l'honneur sur-développé, apparement.
- Oui, et visiblement l'honneur s'est perdu pendant un âge, répliqua-t-elle froidement.»
Ulfric souleva les sourcils, visiblement surpris. Il ne pensa pas qu'elle allait lui reparler de cette façon, et surement pas envers ses compatriotes. Puis, il alla s'asseoir sur son lit défait, et fit signe à Analia de venir s'y asseoir. Elle croisa les bras, mais vint tout de même s'asseoir à l'extrême opposé du chef Sombrage. Il prit plusieurs inspirations, mais ne se décida pas à parler. Ce fût elle qui brisa le silence en déclarant :
« Vous vouliez me dire quelque chose ?
- Oui.. enfin euh.. je ne sais pas si je..
- Posez la, votre question, qu'on en finisse, soupira-t-elle en levant les yeux au ciel.
- C'est-à-dire que.. Enfin, vous risqueriez de mal le prendre.. et déjà que vous ne m'appréciez pas..
- Au fait, Ulfric, au fait..
- Est-ce que vous.. accepteriez de me parler de votre vie.. d'avant ? Enfin je veux dire..avant que vous ne reveniez ici..
Analia ouvrit des yeux ronds. Elle se serait attendue à toutes les questions, sauf à celle-ci. Elle prit une inspiration, et contre toute attente, elle lui sourit d'un air ironique.
- Ca veut dire que vous me croyez quand je dis venir de Sovngarde ?
- Je ne sais pas encore si je vous crois ou non, se renfrogna Ulfric. Alors ? Reprit-il plus doucement.
La guerrière ne répondit pas tout de suite. Elle prit le soin d'enlever une particule de poussière qui couvrait son armure, se tourna vers Ulfric et dit en riant.
- Très bien, je vais vous en parler. Mais prenez un parchemin et une plume, je n'ai pas l'intention de la répéter trois fois ! »
Voilà donc ce troisième chapitre! J'espère qu'il vous a plu ; vous connaissez la chanson, si vous avez des remarques à me faire, une petite review et j'en tiendrais compte! :).
Et enfin donc bonne journée ! (ou bonne soirée, je ne peux pas prévoir l'heure où vous verrez ce chapitre A_A )
